RPG-PV Les jours où les mots pèsent trop lourd

✎ ─── NOTES ÉCRITES DANS LA MARGE ───
« Apparemment, même quand je me tais, j'arrive encore à déranger. »
20 Octobre 2051 · Fin d'après-midi · Palier près des Cuisines
Deuxième année · avec @Morgan Griffin

Le petit Stevens avait toujours eu la réponse facile.

Une plaisanterie, une remarque bien placée, une grimace suffisamment ridicule pour arracher un sourire à quelqu'un. Généralement, il n'avait même pas besoin d'y réfléchir et les mors sortaient tout seuls, parfois avant même qu'il ait eu le temps de se demander s'ils étaient vraiment appropriés.

Cet après-midi-là pourtant, il aurait préféré ne rien avoir dit du tout.

Une bêtise avait tout commencé. Une de ces petites disputes entre camarades qui, d'ordinaire, s'oublient avant même le dîner. Quelqu'un avait été contrarié par une remarque de Matthew et celui-ci, en essayant de détendre l'atmosphère avec une autre plaisanterie, avait empiré les choses. Peut-être il fallait juste qu'il s'excuse, sauf qu'il s'était senti attaqué à son tour et qu'au lieu de reconnaître sa maladresse, il avait répliqué.

Puis il y avait eu cette phrase.

"Tu peux pas être sérieux deux minutes ? C'est fatiguant, à la fin."

Ce n'était même pas la remarque la plus méchante qu'on lui ait faite depuis son arrivé à Poudlard. Seulement, pour une raison qu'il aurait été bien incapable d'expliquer, elle lui était restée en travers la gorge.

Évidemment qu'il savait être sérieux. Il travaillait, s'inquiétait pour ses amis, essayait de les aider lorsqu'ils avaient des problèmes et réfléchissait parfois à des choses qu'il ne racontait à personne. Ce n'était pas parce qu'il préférait en rire des situation plutôt que de faire la tête toute la journée qu'il prenait rien au sérieux.

Mais sur le moment, il n'avait trouvé aucune façon de le dire sans avoir l'impression de se justifier. Alors, il était parti.

Et maintenant, après avoir traversé une bonne partie du château sans destination précise, il se retrouvait assis sur une marche d'un petit palier, non loin des cuisines.

Un endroit particulièrement mal choisi, quand on y réfléchissait. Il y avait régulièrement du passage à cette heure-ci. Des élèves descendaient chercher quelque chose à grignoter, d'autres remontaient vers le hall, et Matthew avait déjà dû déplacer ses jambes à deux reprises pour laisser passer quelqu'un. Mais il n'avait pas envie de chercher un autre endroit.

Il était assis là depuis une dizaine de minutes, les coudes appuyés sur les genoux, à examiner distraitement un morceau de parchemin qu'il avait sorti de sa poche. Il s'agissait d'une vieille liste de choses à faire, à moitié froissé, sur laquelle il avait griffonné quelques idées pendant un cours.

Il l'avait lue trois fois sans vraiment retenir ce qui était écrit.

C'est quand même ridicule de se mettre dans cet état pour une phrase.

Matthew replia le parchemin puis le déplia aussitôt. Le pire c'était qu'il ne pouvait même pas prétendre avoir été irréprochable. Il avait bien vu sa première plaisanterie n'avait pas été appréciée. Il aurait dû s'arrêter là, plutôt que de chercher absolument à avoir le dernier mot.

Cette pensée l'agaça davantage.

Il enfonça le parchemin dans sa poche et laissa tomber sa tête contre le mur derrière lui.

Au fond, il aurait aimé que quelqu'un vienne lui dire qu'il avait raison, que son camarade avait exagéré, que cette histoire ne méritait pas qu'il s'en veuille et qu'il pouvait retourner tranquillement à ses occupations.

Sauf qu'il savait très bien qu'on ne lui dirait probablement pas ça et, surtout, il n'avait aucune envie de raconter ce qui s'était passé.

Un bruit de pas résonna quelque part dans l'escalier et Matthew ferma brièvement les yeux.

Évidemment. On ne peut même plus bouder tranquillement dans ce château.

Il aurait pu se lever, faire semblant d'avoir quelque chose d'urgent à faire, rejoindre sa salle commune et éviter toute conversation. C'était probablement la solution la plus raisonnable, mais il était fatigué de faire semblant.

Alors, il resta exactement ou il était, une jambe repliée contre lui et l'autre étendue sur la marche inférieure.

Les pas se rapprochaient et Matthew finit par tourner légèrement la tête, sans prendre la peine d'afficher son sourire habituel et en marmonnant.


— Si je gêne le passage, tu peux le dire.

Sa voix était un peu plus sèche qu'il ne l'avait voulu, il baissa les yeux vers ses chaussures, puis ajouta après une courte hésitation :

— Enfin, je peux aussi me pousser. C'est pas interdit, je crois.

Une tentative de plaisanterie, peut être, ou simplement une manière maladroite de prévenir qu'aujourd'hui, il n'était pas particulièrement d'humeur à faire la discussion.

✦ 722 mots

✦ Gryffondor 2A • #7A4338
Fiche ✧ PR · Chrono · Rapeltout

RPG-PV Les jours où les mots pèsent trop lourd
morgan troisième annee
Aux portes des Cuisines
Avec Matthew Stevens
Vendredi 20 octobre 2051


Depuis le début de la semaine les couleurs ne m’attirent plus. Avant je m’étais du rouge, du jaune, du bleu, sans problème. Cependant je ne portais que du terne. Jamais de couleur trop flashy car ça attire trop l’attention. Mais on est déjà vendredi et je me sens bien mieux dans mon large jean, mes convers, mon t-shirt et ma veste un peu ample, noirs. Je crois que ce style s’appelle gothique. C’est en utilisant ce therme que mon frère m’a fait remarquer le changement de style.

C’est les mains dans les poches, le regard sur l’étage du dessous et les élèves qui se précipitent ou ou crient pour trouver l’attention de leurs amis que je prends la direction des escaliers qui descendent aux cuisines. J’ai laissé mon sac de cours dans un couloir entre deux salles. Il me reste une vingtaine de minutes pour trouver une pomme et la manger, ce qui fera mon goûter.

Alors que je me rapproche de la porte pas le moins du monde pressé (j’ai le temps), un garçon me barre la route avec ses jambes. On ne va pas s’énerver pour rien, il doit bien avoir une raison pour me bloquer. Dans tous les cas, il ne me dit rien, ce ne doit pas être moi qui lui ai causé du tord.

« Tu gênes dans ce cas. » Donc décale toi.

Mais je ne le dis pas. Il l’a compris, il le sait, pas besoin de le lui rappeler. Dans tout les cas mon ton n’avait pas été provocateur. Je lui ai dit ce qu’il voulait entendre, maintenant laisse moi passer car je n’ai pas toute ma fin de journée (même si je sens que ces vingt prochaines minutes à me tourner les pouces vont être longues).
294
@Matthew Stevens :wise:

Volière ≈ champ libre ! ⋆ Morg l’Extra-terrestre (par Lewis) ⋆ Coucou Rapeltout ⋆ Membre du Fich'tre ! 2.0 et de Magic in the hair ⋆ 3A
« — color = anglais #bb891b | japonais #5e876a | langue des signes #bb891b »

RPG-PV Les jours où les mots pèsent trop lourd
Matthew leva les yeux vers le garçon. Il avait demandé qu'on lui dise s'il gênait, d'accord, mais il ne s'attendait pas à une réponse aussi directe.

Il le fixa deux secondes, les sourcils froncés, avant de ramener ses jambes contre lui.


— Oui, bon, ça va, je me pousse.

Il se décala jusqu'à toucher le mur de son épaule. Voilà, il y avait maintenant assez de place pour faire passer trois personnes, ou presque. Il n'allait quand même pas devoir se lever en plus ?

Un « s'il te plaît », ça existe aussi.

Il faillit le dire à voix haute, mais se ravisa. C'était un peu idiot de réclamer de la politesse alors qu'il venait lui-même d'accueillir ce garçon comme s'il lui avait volé son goûter.

Matthew baissa les yeux vers ses baskets. Son lacet gauche était défait. Il tira dessus sans grande conviction, fit un nœud qui ressemblait vaguement à quelque chose, puis releva la tête.

L'autre était toujours là, ou du moins suffisamment près pour l'entendre. Avec ses vêtements entièrement noirs, il avait un drôle de style. Matthew se demanda s'il s'habillait toujours comme ça. Lui aurait probablement réussi à se faire remarquer à trois couloirs de distance avec une tenue pareille.

Il ouvrit la bouche, puis la referma.

Non. Pas de commentaire sur les vêtements. Il avait déjà assez donné pour aujourd'hui.

À la place, il se frotta le nez et marmonna :


— Désolé, j'suis de mauvaise humeur.

Il haussa une épaule, embarrassé d'avoir dit ça à quelqu'un qu'il ne connaissait même pas. Puis il observa brièvement l'escalier qu'il venait de libérer.

— Enfin, t'as rien fait, toi.

Matthew se remit à tripoter son lacet. Il n'avait pas spécialement envie de raconter sa journée, mais il n'avait pas non plus envie que ce garçon pense qu'il lui en voulait personnellement.

Il finit par lever le menton dans sa direction.


— Voilà, tu peux passer.

Et cette fois, il garda pour lui la petite remarque qui lui était venue juste après. C'était déjà un progrès.

✎ ── 379 mots, @Morgan Griffin

✦ Gryffondor 2A • #7A4338
Fiche ✧ PR · Chrono · Rapeltout

RPG-PV Les jours où les mots pèsent trop lourd
J’attends patiemment. Et cela finit par payer, il décale ses jambes m’invitant à me faire passer. Mais la façon toute molle qu’il a de se déplacer ne correspond pas avec son physique. Je le verrai plus tout sourire qu’à tirer la tronche et embêter des élèves sans raison.
J’aurais juré qu’il s’apprêtait à faire une remarque. Sur ma façon de lui parler, mon style ou que sais-je. Mais il s’était ravisé, ne laissant pas de son sortir alors que ses lèvres s’étaient entrouvertes.
À la place il tripota son lacet, baissant la tête pour me faire comprendre qu’il n’était pas d’humeur. Il finit même par s’excuser en lâchant un désolé, suivit d’une explication.

Je finit par passer. J’entre dans la cuisine, fait un petit tour sur moi même avant d’apercevoir le panier de pomme. J’en prends une et mets un premier croc dedans.
Je n’arrive pas à me détacher de cet air triste, un peu en colère si on observe bien, que porte le garçon à l’entrée. J’hésite à aller le voir, lui demander qu’il m’en dise plus pour comprendre ce qui le chagrine et trouver une solution, mais ça ne me ressemble pas. En restant fidèle à moi même, je repasserai devant lui sans lui adresser la parole et trouverai un coin ou me planquer en attendant mon prochain cours.
J’arrive finalement à faire un choix. Ce n’est pas forcément celui que j’aurais fait hier ou demain, et puis il ne me correspond pas. C’est le choix qu’aurait fait un Poufsouffle. Je crois que je ne suis toujours pas convaincu que c’est cette maison qui a été choisi pour moi. Même au bout de deux années pleine ici.

Je prends le chemin de la sortie. Le garçon est toujours là, assis sur le côté. Je passe à côté de lui, mais au lieu de continuer je m’assois sur cette même marche et prends un deuxième morceau de pomme.

« Tu t’appelles comment ? »

Je dois etre ridicule à peiné de prononcer trois mots avec la nourriture toujours dans ma bouche. Mais je suis là pour l’aider - ou au moins essayer - faut bien commencer par quelque part.
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@Matthew Stevens

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RPG-PV Les jours où les mots pèsent trop lourd
Matthew avait fini par abandonner son lacet. Le nœud était de travers, mais il tenait, et c'était bien suffisant. Il ramena ses jambes contre lui, posa son menton sur ses genoux et regarda le garçon disparaître dans les cuisines.

Bon. Au moins, il n'avait pas réussi à se disputer avec un deuxième élève aujourd'hui.

Il resta quelques instants à observer les marches devant lui. Maintenant qu'il était de nouveau seul, il aurait dû se sentir mieux. Pourtant, il recommençait déjà à repenser à ce qui s'était passé plus tôt. Il revoyait la tête de son camarade, entendait sa voix et, surtout, se rappelait sa propre réponse. Celle qu'il aurait mieux fait de garder pour lui.

J'aurais juste dû dire pardon. C'était pas compliqué, pourtant.

Il froissa un petit bout de son parchemin entre ses doigts, puis le remit dans sa poche. Il commençait sérieusement à en avoir assez de cette histoire.

Des pas le tirèrent de ses pensées. Matthew leva la tête et reconnut le garçon de tout à l'heure, une pomme à la main. Il s'attendait à le voir remonter les escaliers sans lui accorder un regard. Après tout, c'était ce qu'il aurait probablement fait à sa place.

Mais non.

À sa grande surprise, le garçon vint s'asseoir sur la même marche que lui.

Matthew tourna la tête, intrigué. Il observa la pomme, puis son propriétaire, qui venait de lui demander son prénom avec la bouche encore pleine.

Il eut un petit sourire malgré lui.


— Matthew. Et toi ?

Il attendit un instant, puis ajouta en désignant vaguement la pomme d'un mouvement du menton :

— T'aurais pu finir de mâcher, quand même. J'allais pas m'enfuir.

Ce n'était pas vraiment un reproche. D'ailleurs, il trouvait la situation assez drôle. Cinq minutes auparavant, ce garçon voulait simplement qu'il dégage le passage, et maintenant il venait s'installer à côté de lui pour manger son goûter.

Matthew ne savait pas trop quoi en penser.

Il se redressa un peu, histoire de ne plus avoir l'air complètement affalé contre le mur. Il ne connaissait pas ce Poufsouffle, mais quelque chose lui disait qu'il n'était pas spécialement du genre à faire la conversation pour rien.

Ce qui rendait sa présence encore plus étrange.

Peut-être qu'il aime juste s'asseoir dans les escaliers.

Après tout, Matthew était plutôt mal placé pour trouver ça bizarre.

Il jeta un regard vers les cuisines. Une bonne odeur de pain chaud s'en échappait et lui rappela qu'il n'avait pratiquement rien mangé depuis le déjeuner. Son ventre émit d'ailleurs un petit gargouillement qu'il espéra suffisamment discret.

Il baissa les yeux, légèrement embarrassé, puis regarda de nouveau son voisin.


— Je pensais que tu voulais juste passer, tout à l'heure.

Il hésita, cherchant comment formuler la suite sans avoir l'air de lui demander ce qu'il fabriquait là. Ce garçon avait parfaitement le droit de s'asseoir où il voulait, lui aussi.

Alors il finit par hausser les épaules.


— Enfin, ça me dérange pas que tu restes.

Et c'était vrai. Il n'avait toujours pas très envie de raconter sa journée, mais la présence de quelqu'un qui ne lui posait pas immédiatement cinquante questions ne lui déplaisait pas.

Il reporta son regard sur l'escalier, laissant son voisin terminer tranquillement sa pomme.


✎ ── 538 mots, @Morgan Griffin

✦ Gryffondor 2A • #7A4338
Fiche ✧ PR · Chrono · Rapeltout

RPG-PV Les jours où les mots pèsent trop lourd
Je fini de mâcher puis réponds à Matthew.

« Morgan. »
Il désigne ma pomme puis ajoute qu’il ne va pas partir, que je peu finir ma bouché sans me presser.
« Crois pas que je vais me dépêcher pour toi. »

Ce n’était pas agressif, simplement juste. Je me suis posé à côté de lui, il ne m’a pas dégagé, et c’est un exploit que je ne sois pas encore partie, donc laisse moi parler comme je le souhaite.

Je poursuis mon goûter dans le calme. Il n’y a pas de bruit jusqu’à ce que le ventre du Gryffon se mette à gargouiller. Je laisse un sourire un peu moqueur se dessiner sur mes lèvres mais l’efface dès qu’il reprend la parole.

« Ton air déprimé m’a faut changer d’avis. »

C’est vrai. Pas de mensonge là dessus. Ça ne servirait à rien, et puis ça me permet de lui dire pourquoi je suis là, que ce n’est pas juste pour qu’on se regarde dans le blanc des yeux.

Je jette ce qui me reste de ma pomme dans les airs une fois, deux puis trois et croque de nouveau dans la peau, un peu trop dure à mon goût. J’espère bien que ça ne le dérange pas que je sois là, je me serais senti un peu bête si il m’avait envoyé bouler.

« T’as quoi pour être si triste ? »
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@Matthew Stevens

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Matthew tourna la tête vers Morgan, un sourcil levé. Il commençait à comprendre que ce garçon n'était pas du genre à prendre des pincettes. Même pour manger une pomme, apparemment.

— J'ai jamais dit que tu devais te dépêcher !

Il leva les mains en signe d'innocence, puis les reposa sur ses genoux. Ce Morgan avait une drôle de façon de discuter avec les gens. Matthew n'arrivait pas encore à déterminer s'il était désagréable ou simplement incapable de dire les choses autrement.

En revanche, lorsqu'il entendit parler de son « air déprimé », il fit immédiatement la grimace.

— J'ai pas l'air déprimé !

Il se redressa un peu, comme si cela suffisait à prouver le contraire. Puis il réalisa qu'il était assis tout seul dans un escalier depuis un bon moment, à faire la tête devant un mur.

Bon. Peut-être un peu.

Il observa Morgan lancer son trognon de pomme en l'air, les yeux suivant machinalement ses mouvements. Il se demanda si le Poufsouffle finirait par le rater et se le prendre sur le nez. Ça aurait été plutôt drôle, même s'il aurait probablement eu la mauvaise idée de rire.

La question suivante lui fit perdre son petit sourire.

Ah. Voilà. Fallait forcément qu'il demande.

Matthew détourna les yeux vers le bas de l'escalier. Il aurait pu répondre que ça ne le regardait pas, mais Morgan était quand même revenu s'asseoir à côté de lui alors qu'il avait été plutôt désagréable. Ce n'était pas rien.

Il arracha un petit fil qui dépassait de sa manche avant de répondre.

— J'me suis disputé avec quelqu'un. C'est tout.

Il fit tourner le fil entre ses doigts, puis ajouta, après quelques secondes :

— J'ai fait une blague, il l'a mal prise. Après, j'en ai fait une autre pour arranger les choses, sauf que c'était encore pire.

Il haussa les épaules. Racontée comme ça, l'histoire avait franchement l'air stupide.

— Et après, il m'a dit que j'étais fatigant et que je savais jamais être sérieux.

Matthew pinça les lèvres. Il n'avait pas prévu d'en dire autant, surtout à quelqu'un dont il venait à peine d'apprendre le prénom.

— Sauf que c'est pas vrai. Enfin, pas tout le temps.

Il regarda brièvement Morgan, puis baissa les yeux vers ses chaussures.

— Bon, j'aurais peut-être dû m'excuser au lieu de répondre. Mais lui aussi, il aurait pu être moins méchant.

Une seconde passa, puis Matthew reprit, un peu plus méfiant :

— Pourquoi ? Tu vas me dire qu'il avait raison, toi aussi ?

Il espérait que non. Mais quelque chose lui disait que Morgan n'allait certainement pas lui raconter ce qu'il voulait entendre juste pour lui faire plaisir.

✎ ── 445 mots, @Morgan Griffin

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