C'est pour un ami. Enfin, presque.
✎ ─── NOTES ÉCRITES DANS LA MARGE ───
« Je ne sais pas encore ce qu'il essaie de construire, mais pour l'instant, j'ai l'impression que la corde est en train de gagner. »
Automne 2051 · Salle de Cours de EdM
Deuxième année · avec @Aaron Bagans
Matthew avait découvert quelque chose de formidable.
Enfin, formidable, c'était son avis. Il avait appris qu'il existait un métier qui consistait à inventer des excuses pour expliquer aux Moldus des choses qu'ils n'étaient pas censés voir. Et surtout, il avait appris que Monsieur Bagans avait exercé ce métier avant de devenir professeur.
Depuis, une question le travaillait.
Est-ce qu'on pouvait vraiment être payé pour raconter des mensonges ?
Pas que Matthew ait l'intention d'en faire son métier. Il était plutôt bon pour trouver des excuses tout seul, même si sa mère avait tendance à ne pas les croire. Mais justement, il trouvait ça injuste. Peut-être qu'avec une formation professionnelle, ses excuses auraient davantage de succès.
Il avait donc décidé de mener sa petite enquête.
Ce jour-là, il s'était rendu jusqu'à la salle d'Étude des Moldus avec une feuille pliée dans sa poche. Il avait pris soin d'y noter deux ou trois questions, histoire de ne rien oublier. La première concernait les dragons. La deuxième aussi, mais dans des circonstances différentes. Quant à la troisième, il n'était plus certain qu'elle ait un rapport avec le sujet.
Arrivé devant la porte, il frappa quelques coups avant de passer la tête dans l'entrebâillement.
— Bonjour, Monsieur Bagans ! Vous avez une minute ? Promis, c'est pas pour un devoir.
Il marqua une petite pause, puis ajouta, comme si cette précision pouvait rendre sa visite plus rassurante :
— Et j'ai rien fait de mal non plus.
C'était important de le préciser. À force de poser des questions aux adultes, Matthew avait remarqué qu'ils s'attendaient parfois au pire avant même qu'il ait ouvert la bouche.
Il sortit sa feuille de sa poche et la déplia avec application.
— En fait, j'ai entendu dire qu'avant, vous inventiez des excuses pour les Moldus. Enfin, pas pour eux directement. Pour leur faire croire que la magie, c'était autre chose. C'est vrai ?
Il releva les yeux, visiblement fasciné par cette possibilité.
— Parce que mon père est né-Moldu, alors je connais quand même pas mal de trucs de leur monde. Et franchement, je pense que j'aurais été assez bon à ce métier.
Un silence.
Matthew réfléchit à ce qu'il venait de dire. Il se rappela notamment la fois où il avait essayé de convaincre sa mère qu'un courant d'air avait renversé un pot de confiture dans une pièce dont toutes les fenêtres étaient fermées.
Bon. Peut-être pas si bon que ça.
— Enfin, avec un peu d'entraînement.
Il jeta un regard au tableau de la salle. Voilà qui pourrait être pratique.
Puis il reporta son attention sur le professeur, avec un sourire plein d'espoir.
— Est-ce que je peux vous poser une question ? C'est quoi le plus gros mensonge que vous ayez dû inventer pour que des Moldus ne découvrent pas la magie ?
Il hésita, avant de se corriger :
— Enfin, le plus gros mensonge professionnel. Je veux pas vous attirer des ennuis.
✎ ── 489 mots
Dernière modification par Matthew Stevens le 13 oct. 2026, 02:59, modifié 1 fois.
C'est pour un ami. Enfin, presque.
Les copies des derniers devoirs étendues face à lui, Aaron désespérait devant tant d'erreurs — souvent d'inattention ou par manque de recherche — pour des cours où il mettait son cœur ; il avait cette impression de couler dans un océan de doute. Était-il bon dans ses enseignements ? Avait-il compliqué — à tort — ses théories ? Ou était-ce ce manque de pratique qu'avait déjà exprimé Cináed qui montrait enfin les limites de l'apprentissage des Moldus ? Aaron n'en savait rien... et cela le mettait à mal, si bien qu'il en vint à regretter la chaleur des bureaux du département des inventions des excuses aux Moldus. Il avait aimé ce travail ; imaginer des histoires, des mensonges afin d'offrir une échappatoire aux sorciers — parfois trop sûrs d'eux — malchanceux dans leurs actions dans le monde non-magique ; tout cela lui manquait furieusement.
Un sursaut le prit. Quittant enfin ses copies, ses yeux découvrirent la présence d'un jeune élève de son ancienne maison. Et telle une véritable bouée de sauvetage, les mots qu'il posa furent le retour à ce souvenir qu'il chérissait ; sa plus grande fierté.
Aaron reprit ainsi contenance, se redressant dans une posture plus humble avant de lever la main et de lui faire signe de s'approcher plus près et de s'asseoir.
— Bonjour Matthew, il n'y a aucun souci ; vous ne me dérangez pas... au contraire. C'est en effet le cas ; je travaillais pour le département des excuses magiques il y a quelques années... et je dois vous avouer qu'il est vrai que ceux ayant une ascendance dans le monde Moldu ou une passion pour ce dernier ont des facilités dans la pratique du métier. Et pour répondre à votre question : j'ai fait partie de l'équipe qui a fabriqué l'excuse d'un spectacle à effets spéciaux lors des incidents de 2044 et 2045. C'est celle dont beaucoup des gens du métier sont fiers, mais aussi celle qui a provoqué pas mal de démissions après sa publication tant elle a puisé notre énergie et notre réflexion. Mais hors de celle-ci, le pire mensonge que j'ai dû fournir était pour expliquer la destruction d'une devanture de magasin pour deux enfants qui avaient découvert leur pouvoir magique en même temps. J'ai sorti l'excuse d'un pavé. Ça tombait bien, la rue était justement dégradée à ce niveau pour que cela fût crédible. Ainsi les jeunes sorciers n'avaient aucun préjudice et le propriétaire pouvait avoir son assurance qui jouait son rôle. Parfois, le meilleur mensonge pouvait être le plus simple ou le plus benêt. Pourquoi ? Vous voulez vous y essayer ?
Un sursaut le prit. Quittant enfin ses copies, ses yeux découvrirent la présence d'un jeune élève de son ancienne maison. Et telle une véritable bouée de sauvetage, les mots qu'il posa furent le retour à ce souvenir qu'il chérissait ; sa plus grande fierté.
Aaron reprit ainsi contenance, se redressant dans une posture plus humble avant de lever la main et de lui faire signe de s'approcher plus près et de s'asseoir.
— Bonjour Matthew, il n'y a aucun souci ; vous ne me dérangez pas... au contraire. C'est en effet le cas ; je travaillais pour le département des excuses magiques il y a quelques années... et je dois vous avouer qu'il est vrai que ceux ayant une ascendance dans le monde Moldu ou une passion pour ce dernier ont des facilités dans la pratique du métier. Et pour répondre à votre question : j'ai fait partie de l'équipe qui a fabriqué l'excuse d'un spectacle à effets spéciaux lors des incidents de 2044 et 2045. C'est celle dont beaucoup des gens du métier sont fiers, mais aussi celle qui a provoqué pas mal de démissions après sa publication tant elle a puisé notre énergie et notre réflexion. Mais hors de celle-ci, le pire mensonge que j'ai dû fournir était pour expliquer la destruction d'une devanture de magasin pour deux enfants qui avaient découvert leur pouvoir magique en même temps. J'ai sorti l'excuse d'un pavé. Ça tombait bien, la rue était justement dégradée à ce niveau pour que cela fût crédible. Ainsi les jeunes sorciers n'avaient aucun préjudice et le propriétaire pouvait avoir son assurance qui jouait son rôle. Parfois, le meilleur mensonge pouvait être le plus simple ou le plus benêt. Pourquoi ? Vous voulez vous y essayer ?
Mot et dessin pour l'Inktober prof
Ma princesse c'est Lila Rose
Vav-mi-ia.
Lieu froid #5f084e | Lieu chaud #500442 | Lieu neutre #53124d
C'est pour un ami. Enfin, presque.
Matthew ne se fit pas prier pour approcher. Il tira une chaise, s'assit en face du professeur et posa sa feuille sur ses genoux, prêt à retenir les informations importantes. Il avait espéré une histoire extraordinaire. Avec des dragons, peut-être. Ou une explosion si impressionnante qu'il aurait fallu inventer trois mensonges différents pour l'expliquer.
En entendant parler des incidents de 2044 et 2045, il ouvrit de grands yeux. Un spectacle à effets spéciaux ! Ça, c'était malin. Les Moldus savaient déjà faire apparaître des choses impossibles dans leurs films, alors pourquoi ne pas leur laisser croire qu'ils en avaient simplement vu une pour de vrai ? Il se demanda tout de même combien de personnes avaient dû travailler sur une excuse pareille. Visiblement, assez pour que certaines ne veuillent plus jamais recommencer.
Mais c'est la deuxième anecdote qui le fit réagir.
— Un pavé ?
Il regarda Monsieur Bagans, incrédule.
— Juste un pavé ? Moi, j'aurais sûrement raconté qu'un dragon avait foncé dans la vitrine.
Il s'interrompit une seconde.
— Ah. Non. Ça aurait été une très mauvaise excuse, en fait.
Matthew baissa les yeux vers sa feuille, un peu vexé de s'être fait battre par un morceau de trottoir avant même d'avoir commencé. Pourtant, il y avait autre chose dans cette histoire qui le surprenait.
— Et vous avez pensé à l'assurance du monsieur aussi ? Je croyais que votre travail, c'était seulement d'empêcher les Moldus de découvrir la magie. J'avais pas pensé qu'il fallait aussi que les gens puissent réparer les dégâts après.
Il releva la tête lorsque le professeur lui proposa d'essayer. Son sourire revint immédiatement.
— Oh oui ! Je veux bien ! Mais attendez, laissez-moi essayer avec votre devanture, pour voir.
Il posa sa plume sur le parchemin, réfléchit intensément et annonça :
— Un camion de livraison a reculé et cassé la vitrine. Voilà !
Un instant, il fut assez satisfait de lui. Puis ses sourcils se rapprochèrent.
— Sauf que... s'il n'y a pas de camion, les gens vont demander où il est passé. Et peut-être qu'il y avait des témoins. Et le chauffeur imaginaire va avoir des ennuis alors qu'il existe même pas.
Il raya son idée d'un trait résigné, puis nota à côté : « Ne pas inventer de camion. » En dessous, il ajouta : « Les pavés, c'est mieux. »
— Bon. Je crois que je comprends pourquoi c'était un vrai métier.
Il leva les yeux vers Aaron, plus enthousiaste que découragé.
— Vous pouvez me donner une situation ? Une vraie situation compliquée, avec des témoins et tout ! Enfin, pas la pire de votre carrière non plus, hein. Je suis débutant.
Il hésita, puis ajouta avec un sérieux qui ne dura pas tout à fait jusqu'au bout :
— Et si je trouve une bonne excuse, est-ce que j'ai le droit de me dire apprenti inventeur d'excuses ? Même juste pour aujourd'hui ?
En entendant parler des incidents de 2044 et 2045, il ouvrit de grands yeux. Un spectacle à effets spéciaux ! Ça, c'était malin. Les Moldus savaient déjà faire apparaître des choses impossibles dans leurs films, alors pourquoi ne pas leur laisser croire qu'ils en avaient simplement vu une pour de vrai ? Il se demanda tout de même combien de personnes avaient dû travailler sur une excuse pareille. Visiblement, assez pour que certaines ne veuillent plus jamais recommencer.
Mais c'est la deuxième anecdote qui le fit réagir.
— Un pavé ?
Il regarda Monsieur Bagans, incrédule.
— Juste un pavé ? Moi, j'aurais sûrement raconté qu'un dragon avait foncé dans la vitrine.
Il s'interrompit une seconde.
— Ah. Non. Ça aurait été une très mauvaise excuse, en fait.
Matthew baissa les yeux vers sa feuille, un peu vexé de s'être fait battre par un morceau de trottoir avant même d'avoir commencé. Pourtant, il y avait autre chose dans cette histoire qui le surprenait.
— Et vous avez pensé à l'assurance du monsieur aussi ? Je croyais que votre travail, c'était seulement d'empêcher les Moldus de découvrir la magie. J'avais pas pensé qu'il fallait aussi que les gens puissent réparer les dégâts après.
Il releva la tête lorsque le professeur lui proposa d'essayer. Son sourire revint immédiatement.
— Oh oui ! Je veux bien ! Mais attendez, laissez-moi essayer avec votre devanture, pour voir.
Il posa sa plume sur le parchemin, réfléchit intensément et annonça :
— Un camion de livraison a reculé et cassé la vitrine. Voilà !
Un instant, il fut assez satisfait de lui. Puis ses sourcils se rapprochèrent.
— Sauf que... s'il n'y a pas de camion, les gens vont demander où il est passé. Et peut-être qu'il y avait des témoins. Et le chauffeur imaginaire va avoir des ennuis alors qu'il existe même pas.
Il raya son idée d'un trait résigné, puis nota à côté : « Ne pas inventer de camion. » En dessous, il ajouta : « Les pavés, c'est mieux. »
— Bon. Je crois que je comprends pourquoi c'était un vrai métier.
Il leva les yeux vers Aaron, plus enthousiaste que découragé.
— Vous pouvez me donner une situation ? Une vraie situation compliquée, avec des témoins et tout ! Enfin, pas la pire de votre carrière non plus, hein. Je suis débutant.
Il hésita, puis ajouta avec un sérieux qui ne dura pas tout à fait jusqu'au bout :
— Et si je trouve une bonne excuse, est-ce que j'ai le droit de me dire apprenti inventeur d'excuses ? Même juste pour aujourd'hui ?
✎ ── 490 mots, @Aaron Bagans
C'est pour un ami. Enfin, presque.
Un éclat de rire. Aaron n'était nullement moqueur, mais la spontanéité de l'adolescent venait d'ouvrir — avec violence — la vanne de son plaisir ; il s'était attendu à tout sauf à cette réponse. Les excuses pour les Moldus n'étaient pas simples, il le savait parfaitement — après des années de pratique —, pourtant, l'innocence de ce jeune sorcier montrait que le métier n'était pas forcément compris. Aaron allait devoir remettre les pendules à l'heure, expliquer en détails ce que l'on attendait véritablement des inventeurs de ce département du Secret Magique.
Il s'adossa à sa chaise, comme s'il se trouvait dans le petit salon d'une salle de spectacle et retira ses lunettes afin de les essuyer ; cela lui permettant de reprendre sa respiration face à ce fou rire l'ayant terrassé.
— Doucement, molo, Matthew. Le département des excuses aux Moldus se doit d'utiliser des éléments provenant directement des Moldus. C'est à eux que nous devons mentir ; alors même si l'idée de sortir un dragon fonctionnerait chez nous, chez les Moldus, les dragons ne sont que des créatures imaginaires. Il faut donc prendre ce qui pourrait détruire une vitre. C'était une rue à pavée, donc on prend cet élément de décor pour faciliter le mensonge. Et pour un camion — qui est une excellente idée au passage — cela aurait été difficile dans le contexte, car c'était dans un piétonnier1. Souvent, les inventeurs vont sur le terrain avec les Aurors ou les Manteaux Noirs et il faut être réactif avec tout ce que nous possédons sous les yeux. Car sans contexte, pas d'excuses viables, et sans excuse plus aucun Secret Magique.
Cette pratique lui manquait tellement, le terrain, aller à la rencontre de la technologie, de leurs développements et sortir des excuses cohérentes : tout cela était si différent de ce qu'il enseignait aujourd'hui.
Aaron porta son regard sur Matthew tout en repensant à son idée de mise en situation et un sourire immense vint se plaquer sur son visage ; il voulait jouer avec les excuses, Aaron n'allait donc nullement le laisser sans rien.
— Allez, tu as gagné. Si tu réussis, qu'est-ce que tu souhaites en échange ? Ton prix est le mien ! Mais voilà la situation : tu es dans Regent's Park à Londres, c'est la canicule. Il fait 47°C, tu cherches un coin d'ombre et soudainement, tu découvres un arbre gelé où des dizaines de personnes sont adossés à ce dernier. Un miracle pour eux — mais en tant que sorcier — tu te doutes qu'un Glacius a été lancé par un sorcier imprudent. Quelle excuse vas-tu créer pour qu'on ne croit ni au miracle soudain, ni à la magie ?
___________
1. Un piétonnier : n.m. Belgicisme indiquant une zone piétonne.
Il s'adossa à sa chaise, comme s'il se trouvait dans le petit salon d'une salle de spectacle et retira ses lunettes afin de les essuyer ; cela lui permettant de reprendre sa respiration face à ce fou rire l'ayant terrassé.
— Doucement, molo, Matthew. Le département des excuses aux Moldus se doit d'utiliser des éléments provenant directement des Moldus. C'est à eux que nous devons mentir ; alors même si l'idée de sortir un dragon fonctionnerait chez nous, chez les Moldus, les dragons ne sont que des créatures imaginaires. Il faut donc prendre ce qui pourrait détruire une vitre. C'était une rue à pavée, donc on prend cet élément de décor pour faciliter le mensonge. Et pour un camion — qui est une excellente idée au passage — cela aurait été difficile dans le contexte, car c'était dans un piétonnier1. Souvent, les inventeurs vont sur le terrain avec les Aurors ou les Manteaux Noirs et il faut être réactif avec tout ce que nous possédons sous les yeux. Car sans contexte, pas d'excuses viables, et sans excuse plus aucun Secret Magique.
Cette pratique lui manquait tellement, le terrain, aller à la rencontre de la technologie, de leurs développements et sortir des excuses cohérentes : tout cela était si différent de ce qu'il enseignait aujourd'hui.
Aaron porta son regard sur Matthew tout en repensant à son idée de mise en situation et un sourire immense vint se plaquer sur son visage ; il voulait jouer avec les excuses, Aaron n'allait donc nullement le laisser sans rien.
— Allez, tu as gagné. Si tu réussis, qu'est-ce que tu souhaites en échange ? Ton prix est le mien ! Mais voilà la situation : tu es dans Regent's Park à Londres, c'est la canicule. Il fait 47°C, tu cherches un coin d'ombre et soudainement, tu découvres un arbre gelé où des dizaines de personnes sont adossés à ce dernier. Un miracle pour eux — mais en tant que sorcier — tu te doutes qu'un Glacius a été lancé par un sorcier imprudent. Quelle excuse vas-tu créer pour qu'on ne croit ni au miracle soudain, ni à la magie ?
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1. Un piétonnier : n.m. Belgicisme indiquant une zone piétonne.
Mots pour l'Inktober prof + Dessin
Ma princesse c'est Lila Rose
Vav-mi-ia.
Lieu froid #5f084e | Lieu chaud #500442 | Lieu neutre #53124d
C'est pour un ami. Enfin, presque.
Matthew avait d'abord ouvert la bouche pour défendre son dragon, avant de la refermer. Monsieur Bagans avait raison : un dragon, pour un Moldu, c'était surtout une raison de ne pas croire un seul mot de l'histoire. Et un camion dans une rue où les camions ne circulaient pas... Il nota « regarder autour de soi » au bas de sa feuille, juste sous son avertissement concernant les pavés.
Le rire du professeur ne l'avait pas vexé. Au contraire, Matthew trouvait assez rassurant de voir qu'on pouvait travailler des années à inventer des mensonges et continuer à trouver ça drôle.
— D'accord. Donc il faut inventer une explication qui ressemble à ce que les gens connaissent déjà. Et vérifier qu'elle tient debout avec ce qu'il y a autour.
Il leva sa plume.
— J'aurais dû penser à la rue piétonne. Mon camion aurait eu du mal à passer inaperçu.
Puis Aaron annonça son défi. À « quarante-sept degrés », Matthew fit une grimace, à « arbre gelé », il se redressa, et à « des dizaines de personnes », son enthousiasme prit un sérieux coup. Des dizaines de témoins, c'était tout de même beaucoup de gens à convaincre. Surtout s'ils avaient posé leurs mains contre la glace.
— Quarante-sept degrés ? À Londres ? Mon père dirait déjà qu'il y a quelque chose qui cloche.
Il tira son parchemin à plat sur la table et dessina un arbre à la hâte. Les branches ressemblaient un peu à des fourchettes, mais ce n'était pas un cours de dessin.
— Bon. Je pourrais dire que c'est une installation pour rafraîchir le parc. Comme les machines qui font de l'air froid, mais pour un arbre entier. Un essai de la mairie, par exemple.
Il contempla son croquis quelques secondes, puis traça un petit rectangle au pied du tronc.
— Sauf qu'il faudrait une machine. Ou des tuyaux. Quelque chose que les gens puissent voir. Sinon, ils vont chercher comment ça marche, et je serai encore obligé d'inventer un camion pour transporter la machine.
Cette fois, il s'arrêta de lui-même avant d'empiler les mensonges. Il commençait à comprendre pourquoi Monsieur Bagans avait insisté sur le terrain.
— Est-ce que j'ai le droit de regarder autour de l'arbre avant de donner ma réponse définitive ? Parce que s'il y a un panneau, des travaux ou même quelqu'un qui vend des glaces pas loin, ça peut changer toute mon histoire.
Il faillit oublier le prix promis. La perspective lui revint soudain, et il sourit.
— Ah, et si je réussis... je voudrais bien un petit diplôme. Pas un vrai du Ministère ! Juste un bout de parchemin avec « apprenti inventeur d'excuses » écrit dessus, et votre signature. Je pourrais le mettre dans mon carnet.
Il baissa les yeux vers son dessin d'arbre-fourchette.
— Mais vous pouvez attendre de voir si je mérite le titre.
Le rire du professeur ne l'avait pas vexé. Au contraire, Matthew trouvait assez rassurant de voir qu'on pouvait travailler des années à inventer des mensonges et continuer à trouver ça drôle.
— D'accord. Donc il faut inventer une explication qui ressemble à ce que les gens connaissent déjà. Et vérifier qu'elle tient debout avec ce qu'il y a autour.
Il leva sa plume.
— J'aurais dû penser à la rue piétonne. Mon camion aurait eu du mal à passer inaperçu.
Puis Aaron annonça son défi. À « quarante-sept degrés », Matthew fit une grimace, à « arbre gelé », il se redressa, et à « des dizaines de personnes », son enthousiasme prit un sérieux coup. Des dizaines de témoins, c'était tout de même beaucoup de gens à convaincre. Surtout s'ils avaient posé leurs mains contre la glace.
— Quarante-sept degrés ? À Londres ? Mon père dirait déjà qu'il y a quelque chose qui cloche.
Il tira son parchemin à plat sur la table et dessina un arbre à la hâte. Les branches ressemblaient un peu à des fourchettes, mais ce n'était pas un cours de dessin.
— Bon. Je pourrais dire que c'est une installation pour rafraîchir le parc. Comme les machines qui font de l'air froid, mais pour un arbre entier. Un essai de la mairie, par exemple.
Il contempla son croquis quelques secondes, puis traça un petit rectangle au pied du tronc.
— Sauf qu'il faudrait une machine. Ou des tuyaux. Quelque chose que les gens puissent voir. Sinon, ils vont chercher comment ça marche, et je serai encore obligé d'inventer un camion pour transporter la machine.
Cette fois, il s'arrêta de lui-même avant d'empiler les mensonges. Il commençait à comprendre pourquoi Monsieur Bagans avait insisté sur le terrain.
— Est-ce que j'ai le droit de regarder autour de l'arbre avant de donner ma réponse définitive ? Parce que s'il y a un panneau, des travaux ou même quelqu'un qui vend des glaces pas loin, ça peut changer toute mon histoire.
Il faillit oublier le prix promis. La perspective lui revint soudain, et il sourit.
— Ah, et si je réussis... je voudrais bien un petit diplôme. Pas un vrai du Ministère ! Juste un bout de parchemin avec « apprenti inventeur d'excuses » écrit dessus, et votre signature. Je pourrais le mettre dans mon carnet.
Il baissa les yeux vers son dessin d'arbre-fourchette.
— Mais vous pouvez attendre de voir si je mérite le titre.
✎ ── 479 mots, @Aaron Bagans
C'est pour un ami. Enfin, presque.
Un immense sourire plein de malice se posa sur le visage du professeur ; Matthew avait énormément de répondant — mais surtout une logique redoutable — qui faisait le bonheur de l'aîné. L'analyse du jeune Gryffondor sur la nécessité de voir ce qui l'entourait afin de pouvoir justifier le moment montrait à Aaron que la compréhension du métier se faisait réellement ; il ne brodait pas autour du vide comme précédemment, il ancrait son mensonge à la réalité que vivait les Moldus. Aaron hocha la tête ne pouvant s'empêcher de penser que même le Grand Harry Potter — dont la mort restait encore gravée dans les esprits — aurait apprécié un tel niveau d'intuition chez les élèves de sa maison. Surtout chez un sorcier de seconde année.
— Regarder autour de soi ? Excellent choix de procédure ! C'est précisément ce qu'un inventeur professionnel fait en arrivant sur place ! Tu marques donc ton premier point, Matthew. Malheureusement pour nous — je te complique un peu la tâche — à Regent's Park ce jour-là, pas l'ombre d'un chantier ni d'un vendeur de glaces à l'horizon. Juste de la pelouse brûlée par le soleil ; des Londoniens en nage qui fondent comme Glacius sous Incendio ; et cet arbre totalement givré.
Aaron se leva calmement pour s'approcher du tableau et ajouter quelques détails techniques ; sur le plan, il y plaça l'étang, les quelques bâtiments présents aux alentours et au loin la croix indiquant la position de l'arbre à l'opposé de ses deux points. Le souvenir de cette situation le tenait vraiment par le cœur tant il n'oubliait pas la tête des Moldus devant ce fait, ni même celle du sorcier aux fondations de cet incident.
— L'idée de l'installation de la mairie paraît excellente aux premiers abords, je te rassure ; mais puisque le sortilège n'a laissé aucun matériel visible, il te faut obligatoirement utiliser l'environnement. Si tu dis que c'est un test secret de climatisation végétale urbaine, les gens vont vouloir toucher, analyser et donc tu ne pourras pas créer une excuse réelle sans qu'ils ne mettent de vidéos sur le net ni qu'ils amènent plusieurs Moldus à rejoindre l'évènement en direct. Tu dois donc analyser, rester discret tout en cherchant quelque chose de simple, d'efficace et de totalement logique qui leur feront oublier cet incident. Car attention, c'est aux Manteaux Noirs qui sont avec toi sur le terrain que tu vas devoir dire cette excuse afin qu'ils puissent décrire l'incident après avoir fait usage — sur les Moldus — du sortilège oubliette ou de confusion. Et si tu y arrives, je te ferais volontiers ce diplôme avec un sceau en cire et te laisserai même te servir en chocogrenouilles dans ma réserve personnelle.
— Regarder autour de soi ? Excellent choix de procédure ! C'est précisément ce qu'un inventeur professionnel fait en arrivant sur place ! Tu marques donc ton premier point, Matthew. Malheureusement pour nous — je te complique un peu la tâche — à Regent's Park ce jour-là, pas l'ombre d'un chantier ni d'un vendeur de glaces à l'horizon. Juste de la pelouse brûlée par le soleil ; des Londoniens en nage qui fondent comme Glacius sous Incendio ; et cet arbre totalement givré.
Aaron se leva calmement pour s'approcher du tableau et ajouter quelques détails techniques ; sur le plan, il y plaça l'étang, les quelques bâtiments présents aux alentours et au loin la croix indiquant la position de l'arbre à l'opposé de ses deux points. Le souvenir de cette situation le tenait vraiment par le cœur tant il n'oubliait pas la tête des Moldus devant ce fait, ni même celle du sorcier aux fondations de cet incident.
— L'idée de l'installation de la mairie paraît excellente aux premiers abords, je te rassure ; mais puisque le sortilège n'a laissé aucun matériel visible, il te faut obligatoirement utiliser l'environnement. Si tu dis que c'est un test secret de climatisation végétale urbaine, les gens vont vouloir toucher, analyser et donc tu ne pourras pas créer une excuse réelle sans qu'ils ne mettent de vidéos sur le net ni qu'ils amènent plusieurs Moldus à rejoindre l'évènement en direct. Tu dois donc analyser, rester discret tout en cherchant quelque chose de simple, d'efficace et de totalement logique qui leur feront oublier cet incident. Car attention, c'est aux Manteaux Noirs qui sont avec toi sur le terrain que tu vas devoir dire cette excuse afin qu'ils puissent décrire l'incident après avoir fait usage — sur les Moldus — du sortilège oubliette ou de confusion. Et si tu y arrives, je te ferais volontiers ce diplôme avec un sceau en cire et te laisserai même te servir en chocogrenouilles dans ma réserve personnelle.
Mot pour l'Inktober prof + dessin
Ma princesse c'est Lila Rose
Vav-mi-ia.
Lieu froid #5f084e | Lieu chaud #500442 | Lieu neutre #53124d
C'est pour un ami. Enfin, presque.
Un point. Il avait marqué un point ! Matthew baissa aussitôt les yeux vers sa feuille pour y inscrire un petit « 1 » entouré, comme si quelqu’un risquait de contester cette victoire. Il avait encore le sourire aux lèvres lorsque Monsieur Bagans se leva pour dessiner le parc au tableau.
Son sourire s’effaça un peu à mesure que les détails apparaissaient. Pas de chantier, pas de vendeur de glaces, rien à proximité de l’arbre. L’étang était trop loin pour qu’il puisse inventer une histoire de tuyau d’arrosage, et les bâtiments ne l’aidaient pas davantage. Matthew tapota sa plume contre son menton.
Puis il entendit les mots « sceau en cire » et « chocogrenouilles ».
— Avec un vrai sceau ? Et des chocogrenouilles ?
Il se redressa d’un coup. Il avait soudain très envie de gagner, ce qui n’améliorait pas forcément sa capacité à réfléchir. Pendant quelques secondes, il envisagea de proposer qu’une tempête de neige s’était trompée de saison. Il eut au moins la bonne idée de garder cette proposition pour lui.
Il relut ce qu’il avait noté : « Regarder autour de soi ». Puis il ajouta juste en dessous : « Ne pas inventer des choses qui n’y sont pas. »
Ses yeux revinrent au tableau. Il y avait un arbre, des gens épuisés par la chaleur et… des Manteaux Noirs. Il fronça les sourcils.
— Attendez. Vous avez dit qu’ils utiliseraient un sortilège d’Oubliettes ou de Confusion, c’est ça ?
Il prit quelques instants pour remettre ses idées dans le bon ordre. Son premier réflexe avait été de trouver comment expliquer la glace. Mais si les Moldus n’en gardaient aucun souvenir, peut-être que ce n’était pas la bonne question.
— Alors… pourquoi leur parler de l’arbre gelé ? Je veux dire, si les Manteaux Noirs leur font oublier la glace, on n’a plus besoin de leur expliquer comment elle est arrivée. On doit juste leur donner une raison normale d’être tous au même endroit.
Il désigna l’arbre du bout de sa plume.
— Il fait quarante-sept degrés. Ils ont chaud, ils voient de l’ombre, ils vont s’y mettre. Ça, personne ne trouvera ça bizarre. Même mon père ferait pareil, et pourtant il prétend toujours qu’il supporte très bien la chaleur.
Matthew s’arrêta, peu certain d’avoir réussi ou d’avoir trouvé une manière très compliquée de tricher.
— Par contre, il faudrait faire disparaître la glace pour de vrai. Et… s’il y a déjà des photos sur les téléphones ? Vous pouvez leur faire oublier ce qu’ils ont vu, mais les photos, elles, elles n’oublient rien.
Il regarda Aaron, soudain moins préoccupé par son diplôme que par ce nouveau problème.
— J’ai le droit de demander aux Manteaux Noirs de s’occuper de ça aussi, ou ça fait partie de mon travail ? Parce que si je dois effacer toutes les photos de Londres, je crois que je vais avoir besoin d’un assistant.
Petit passage HRP pour dire que j’adore ton dessin !!
Le style, les couleurs, les cheveux en bataille… Il a vraiment beaucoup de charme ! C’est trop chouette de découvrir tes illustrations au fil du RP, merci pour ce joli partage !
Son sourire s’effaça un peu à mesure que les détails apparaissaient. Pas de chantier, pas de vendeur de glaces, rien à proximité de l’arbre. L’étang était trop loin pour qu’il puisse inventer une histoire de tuyau d’arrosage, et les bâtiments ne l’aidaient pas davantage. Matthew tapota sa plume contre son menton.
Puis il entendit les mots « sceau en cire » et « chocogrenouilles ».
— Avec un vrai sceau ? Et des chocogrenouilles ?
Il se redressa d’un coup. Il avait soudain très envie de gagner, ce qui n’améliorait pas forcément sa capacité à réfléchir. Pendant quelques secondes, il envisagea de proposer qu’une tempête de neige s’était trompée de saison. Il eut au moins la bonne idée de garder cette proposition pour lui.
Il relut ce qu’il avait noté : « Regarder autour de soi ». Puis il ajouta juste en dessous : « Ne pas inventer des choses qui n’y sont pas. »
Ses yeux revinrent au tableau. Il y avait un arbre, des gens épuisés par la chaleur et… des Manteaux Noirs. Il fronça les sourcils.
— Attendez. Vous avez dit qu’ils utiliseraient un sortilège d’Oubliettes ou de Confusion, c’est ça ?
Il prit quelques instants pour remettre ses idées dans le bon ordre. Son premier réflexe avait été de trouver comment expliquer la glace. Mais si les Moldus n’en gardaient aucun souvenir, peut-être que ce n’était pas la bonne question.
— Alors… pourquoi leur parler de l’arbre gelé ? Je veux dire, si les Manteaux Noirs leur font oublier la glace, on n’a plus besoin de leur expliquer comment elle est arrivée. On doit juste leur donner une raison normale d’être tous au même endroit.
Il désigna l’arbre du bout de sa plume.
— Il fait quarante-sept degrés. Ils ont chaud, ils voient de l’ombre, ils vont s’y mettre. Ça, personne ne trouvera ça bizarre. Même mon père ferait pareil, et pourtant il prétend toujours qu’il supporte très bien la chaleur.
Matthew s’arrêta, peu certain d’avoir réussi ou d’avoir trouvé une manière très compliquée de tricher.
— Par contre, il faudrait faire disparaître la glace pour de vrai. Et… s’il y a déjà des photos sur les téléphones ? Vous pouvez leur faire oublier ce qu’ils ont vu, mais les photos, elles, elles n’oublient rien.
Il regarda Aaron, soudain moins préoccupé par son diplôme que par ce nouveau problème.
— J’ai le droit de demander aux Manteaux Noirs de s’occuper de ça aussi, ou ça fait partie de mon travail ? Parce que si je dois effacer toutes les photos de Londres, je crois que je vais avoir besoin d’un assistant.
✎ ── 486 mots, @Aaron Bagans
Petit passage HRP pour dire que j’adore ton dessin !!
Le style, les couleurs, les cheveux en bataille… Il a vraiment beaucoup de charme ! C’est trop chouette de découvrir tes illustrations au fil du RP, merci pour ce joli partage !