OS.Tentée
10.08.2048
La brutalité des choses.
Meaningless
@Dawn Green @Ruby Everheart
Trois heures du matin, je me retourne sous ma couette.
Dans deux semaines, Ruby viendrait à la maison.
Dans deux semaines. Son arrivée semblait si lointaine. Comment deux semaines pouvaient-elles me sembler aussi longues ? On avait passé du temps ensemble depuis que l’on s’était retrouvées il y a plus d’un an et, étrangement, je me sentais bien en sa compagnie. Sauf que beaucoup de choses se bousculaient dans mon esprit.
Il fallait admettre en premier lieu que Dawn y avait laissé son empreinte. Je n’aurais jamais pu décrire ce qui s’était passé entre nous ni dire avec certitude si j’avais éprouvé de réels sentiments amoureux pour elle, mais j’avais été bouleversée par cette rencontre. Lorsque nous avions dit stop en mai de l’an passé, un soulagement immense s’était emparé de moi tout en me laissant un arrière-goût amer : Dawn n’avait pas mérité mon abandon. Elle n’avait pas mérité de subir ma lâcheté. Et pourtant, je considérais encore qu’elle aussi avait contribué à nous mener là. Nous ne nous voyions pas, ou si peu, comme si une honte nous enveloppait sans cesse. Comme si le bisou au lac avait scellé un couple qui n’aurait jamais dû l’être. Alors oui, cette séparation avait été une bonne chose. Alors oui, Dawn, tu m’avais marquée. Mais je me devais d’avancer, d’évoluer et de me permettre de penser à… celle qui semblait désormais prendre toute la place dans mes pensées volatiles.
Je me pose. Je réfléchis. Tente de réfléchir, finalement, car la réussite n’est pas au rendez-vous. Je me questionne. Je tâtonne. J’évalue. Je soupèse. Non, je ne sais toujours pas. Est-ce mon cœur qui parle, ou ma tête qui s’invente des histoires ? Les deux ? Aucun ? Serais-je en train de me voiler la face, aveugle à ce que je ressens, ou, au contraire, de construire de fabuleux et synthétiques sentiments ? Que sais-je ? Justement, rien. Et cela est vertigineux. Que dire d’autre ? Je regarde, j’explore, j’imagine. Et que ces pensées sont belles, oui. Mais que dis-je ? Le rouge me prend jusqu’aux tempes. Cela est un signe, pour sûr, mais lequel ? Diantre, que me voilà bien paumée. Toutes mes émotions semblent voltiger sans raison valable. Je suis visiblement douée pour amorcer les bombes, mais je suis loin d’être démineuse.
Quatorze jours. Je regarde le calendrier comme si recompter les cases allait les faire disparaître. Le 24, elle sera là, à quelques pas de moi. Je pourrai lui parler, entendre son rire, la regarder sans devoir me contenter de mes souvenirs. Rien que d’y penser, je souris. C’est déjà une réponse, non ? J’ai envie de la revoir. Vraiment. Peut-être qu’en la revoyant, j’arrêterai enfin de me poser autant de questions. Ou que ce sera pire.
J’ai qu’à dire à Ruby que je l’aimerai seulement si elle me donne des conseils pour savoir comment le faire. En attendant, comme l’affirme le dicton, la nuit porte conseil.
La brutalité des choses.
Meaningless
@Dawn Green @Ruby Everheart
Trois heures du matin, je me retourne sous ma couette.
Dans deux semaines, Ruby viendrait à la maison.
Dans deux semaines. Son arrivée semblait si lointaine. Comment deux semaines pouvaient-elles me sembler aussi longues ? On avait passé du temps ensemble depuis que l’on s’était retrouvées il y a plus d’un an et, étrangement, je me sentais bien en sa compagnie. Sauf que beaucoup de choses se bousculaient dans mon esprit.
Il fallait admettre en premier lieu que Dawn y avait laissé son empreinte. Je n’aurais jamais pu décrire ce qui s’était passé entre nous ni dire avec certitude si j’avais éprouvé de réels sentiments amoureux pour elle, mais j’avais été bouleversée par cette rencontre. Lorsque nous avions dit stop en mai de l’an passé, un soulagement immense s’était emparé de moi tout en me laissant un arrière-goût amer : Dawn n’avait pas mérité mon abandon. Elle n’avait pas mérité de subir ma lâcheté. Et pourtant, je considérais encore qu’elle aussi avait contribué à nous mener là. Nous ne nous voyions pas, ou si peu, comme si une honte nous enveloppait sans cesse. Comme si le bisou au lac avait scellé un couple qui n’aurait jamais dû l’être. Alors oui, cette séparation avait été une bonne chose. Alors oui, Dawn, tu m’avais marquée. Mais je me devais d’avancer, d’évoluer et de me permettre de penser à… celle qui semblait désormais prendre toute la place dans mes pensées volatiles.
Je me pose. Je réfléchis. Tente de réfléchir, finalement, car la réussite n’est pas au rendez-vous. Je me questionne. Je tâtonne. J’évalue. Je soupèse. Non, je ne sais toujours pas. Est-ce mon cœur qui parle, ou ma tête qui s’invente des histoires ? Les deux ? Aucun ? Serais-je en train de me voiler la face, aveugle à ce que je ressens, ou, au contraire, de construire de fabuleux et synthétiques sentiments ? Que sais-je ? Justement, rien. Et cela est vertigineux. Que dire d’autre ? Je regarde, j’explore, j’imagine. Et que ces pensées sont belles, oui. Mais que dis-je ? Le rouge me prend jusqu’aux tempes. Cela est un signe, pour sûr, mais lequel ? Diantre, que me voilà bien paumée. Toutes mes émotions semblent voltiger sans raison valable. Je suis visiblement douée pour amorcer les bombes, mais je suis loin d’être démineuse.
Quatorze jours. Je regarde le calendrier comme si recompter les cases allait les faire disparaître. Le 24, elle sera là, à quelques pas de moi. Je pourrai lui parler, entendre son rire, la regarder sans devoir me contenter de mes souvenirs. Rien que d’y penser, je souris. C’est déjà une réponse, non ? J’ai envie de la revoir. Vraiment. Peut-être qu’en la revoyant, j’arrêterai enfin de me poser autant de questions. Ou que ce sera pire.
J’ai qu’à dire à Ruby que je l’aimerai seulement si elle me donne des conseils pour savoir comment le faire. En attendant, comme l’affirme le dicton, la nuit porte conseil.