Une enfance pour un héritage
Avec : Hector Montmort et Melité Boisderose (mes PNJ ici)
Samedi 22 septembre 2029
Fête de Mabon
Toute occasion était propice à l'organisation de rencontres mondaines pour les sorciers de sang-purs. Le français peut-être plus que tout autre. Aussi se relayaient-il pour organiser divers banquets ou réceptions lors des fêtes sorcières tout au long de l'année. La famille Montmort avait coutume de donner une réception pour Samain, mais aujourd'hui, c'était une autre famille qui soignait ses relations à l'occasion de Mabon. Plusieurs petites activités avaient été mises à disposition des jeunes enfants afin que ceux-ci ne dérangent pas les adultes dans leurs discussions. C'est ainsi que Léandre avait été séparé de ses grands-parents Hector et Melité pour se retrouver avec des enfants de tout âge n'ayant pas encore fait leur rentrée à Beauxbâtons. Le couple Montmort ne manquait d'ailleurs pas une occasion de mentionner que leur petit fils avait déclaré ses pouvoirs au cours de l'année précédente, ce qui assurait son inscription dans l'école française.
Pendant ce temps, ce dernier se tenait avec perplexité devant un chaudron fumant dont la cuisinière de la demeure avait la charge. La chemise blanche et le pantalon anthracite dont il était vêtu ne lui avaient pas permis de se mêler aux enfants partis dans la forêt domaniale pour ramasser feuilles mortes, pommes de pins, glands et a peu près tout ce qu'ils trouveraient d'autre. Léandre avait hésité à se joindre à eux, mais le regard tranchant de Mélité l'avait poussé à s'en abstenir. Toutefois, cela faisait bientôt une heure qu'ils étaient partis et l'odeur de caramel, de romarin, de romarin et de cardamome qui commençait à s'échapper du chaudron rameutait doucement les plus gourmands d'entre eux. Les retardataires étaient accompagnés du majordome de la maison, les bras chargés d'un panier garnit de pommes écarlates. Alors que la sorcière leur expliquait le rituel ancestral de la pomme de Mabon, l'homme coupait celles-ci avec précision. Tandis que les enfants négociaient leur moitié de pomme entre eux, monnayant ainsi leurs amitiés, Léandre s'enquit d'une assiette et de fourchettes qu'un elfe de maison ne tarda pas à apporter. Sans s'inquiéter davantage des autres enfants, ses deux moitiés de pommes sagement disposées sur l'assiette immaculée, il se dirigea vers le couple Monmort.
" Grand-mère ? " *
Mélité baissa les yeux en direction de son petit fils, interrompant brièvement sa discussion avec l'hôtesse de la réception.
" Oui Léandre ? " *
Assiette présentée bien à plat devant lui, le manche de l'une des fourchettes déjà orienté en direction de la sorcière, buste droit, diction impeccable, il demanda : " Voudriez-vous partager avec moi cette pomme de Mabon ? " *
Son initiative fut récompensé d'un sourire fier tandis que la sorcière avec qui Melité parlait un instant plus tôt s'extasiait devant la bonne éducation du jeune garçon, déplorant que son propre fils n'ait pas songé un instant à lui offrir sa moitié de pomme. Léandre savait combien le couple Montmort appréciait recevoir des louanges à son propos, tout comme il savait que manger avec les doigts répugnait sa grand-mère. Faire honneur à son éducation, recevoir les compliments des adultes, être ce que l'on attendait de lui, ne pas être un enfant...
*Les dialogues sont en français.
Une enfance pour un héritage
Décembre 2027
" Et puis il salua la Mort comme une vieille amie, il partit avec elle bon gré mal gré et, sur un pied d'égalité, ils quittèrent cette vie. " *
Sur ses mots, Melité Montmort referma la couverture de cuir rigide du livre de contes. Son petit fils, enfoui sous les couvertures, semblait d'autant plus minuscule que son lit était à taille adulte. Tout dans cette chambre et dans le manoir était à taille adulte. Malgré son silence, elle pouvait voir la paire d'yeux noisette braqué sur elle. Pas encore endormi, ni même ensommeillé, il était plutôt pensif. Le conte des trois frères le plongeait dans la perplexité.
" Grand-mère, pourquoi il est parti avec la mort ? C'était pourtant pour lui échapper qu'il avait demandé la cape non ? " *
C'était incompréhensible. Il avait réussi, obtenu ce qu'il voulait, pourquoi finalement y renoncer ? Pourquoi aller vers ce qu'il avait toujours cherché à fuir ? Etait-ce parce que l'on ne pouvait pas échapper à son destin ? Quoi que l'on fasse, son chemin était déjà tout tracé ? Le sien l'était. Ses grands-parents le lui disaient souvent. Et s'il n'était pas possible de le changer même en ayant en sa possession le moyen de le faire, alors a quoi bon même essayer ?
" Quelle relique de la mort aurais-tu choisie Léandre ? " *
" La cape d'invisibilité. " *
La réponse avait fusée comme une évidence tirant un sourire à la sorcière : " C'est une preuve de sagesse. " *
Léandre ne savait pas en quoi cela était une preuve de sagesse. S'il avait une telle cape, ce n'est pas la mort qu'il chercherait à fuir. Il se cacherait jusqu'à ce que tous oublient son existence. Jusqu'à ce que plus personne n'attende quoique ce soit de lui. Et alors, peut-être que...
" Et puis il salua la Mort comme une vieille amie, il partit avec elle bon gré mal gré et, sur un pied d'égalité, ils quittèrent cette vie. " *
Sur ses mots, Melité Montmort referma la couverture de cuir rigide du livre de contes. Son petit fils, enfoui sous les couvertures, semblait d'autant plus minuscule que son lit était à taille adulte. Tout dans cette chambre et dans le manoir était à taille adulte. Malgré son silence, elle pouvait voir la paire d'yeux noisette braqué sur elle. Pas encore endormi, ni même ensommeillé, il était plutôt pensif. Le conte des trois frères le plongeait dans la perplexité.
" Grand-mère, pourquoi il est parti avec la mort ? C'était pourtant pour lui échapper qu'il avait demandé la cape non ? " *
C'était incompréhensible. Il avait réussi, obtenu ce qu'il voulait, pourquoi finalement y renoncer ? Pourquoi aller vers ce qu'il avait toujours cherché à fuir ? Etait-ce parce que l'on ne pouvait pas échapper à son destin ? Quoi que l'on fasse, son chemin était déjà tout tracé ? Le sien l'était. Ses grands-parents le lui disaient souvent. Et s'il n'était pas possible de le changer même en ayant en sa possession le moyen de le faire, alors a quoi bon même essayer ?
" Quelle relique de la mort aurais-tu choisie Léandre ? " *
" La cape d'invisibilité. " *
La réponse avait fusée comme une évidence tirant un sourire à la sorcière : " C'est une preuve de sagesse. " *
Léandre ne savait pas en quoi cela était une preuve de sagesse. S'il avait une telle cape, ce n'est pas la mort qu'il chercherait à fuir. Il se cacherait jusqu'à ce que tous oublient son existence. Jusqu'à ce que plus personne n'attende quoique ce soit de lui. Et alors, peut-être que...