PNJs, solo Qui est le sage, qui est le fou ? Greenwich

Toi qui me fais l’honneur de me suivre, ou qui tombe ici par hasard pour la première fois, tu découvres ce jour un morceau d’histoire qui met en scène certains de mes PNJs, il faut en profiter car c’est extrêmement rare de ma part.

Aéla Tokélau : dans ce post => sa fiche de PNJ
Gordon Esiason : Je ne sais à partir de quand pour le moment => sa fiche de PNJ


Aéla Tokélau (prononcer Lao) est une sorcière polynésienne. Elle a entre autres enseigné à Jadugara, postes en lien avec la guérison, les soins. Elle réside depuis une quinzaine d’années dans les îles britanniques, son QG se situant en Écosse, sans que l’on en sache vraiment plus (seuls quelques initiés, dont Ivanovna, ont les moyens de la trouver… mais la plupart du temps, les rencontres sont du fait de la plus âgée et sur terrain neutre…).
Elle passe son temps en recherches et publications de celles-ci. Cinq exemplaires de son fameux « Anthologie des anti-poisons magiques et non-magiques » trônent dans les rayons de la bibliothèque de l’Institut Médicomagique et des Sciences Magiques
Elle travaille actuellement sur des contre-poisons visant à guérir les maladies psychosomatiques générées par des substances d’origine magique. L’histoire ne dit pas les raisons de son départ de Jadugara.
Dans son île natale, Raiatéa, on parle français. Elle maîtrise cependant à la perfection l’anglais. A ceci près qu’elle roule les R de façon infernale, ce qui nuit grandement à son charme dans les soirées intimes. En a-t-elle le regret à son âge ? (56 ans)



Aéla Tokélau
Image postée par le membre
Reproduction d'un shoot moldu en 2019, depuis, la sorcière a empêché toute image d'elle.
Vous avez donc ici une version jeune de la professeure.



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Quelque part en Europe...durant l'été 2051.

- Vous vouliez mon avis, je vous le Redis, cette étudiante est de loin la meilleuRe option pouR vous. Je n’ai pas tRavaillé avec elle mais il me suffit de cRoiser les jeunes pour vite m’en faiRe une idée des plus convenables. D’ailleuRs, vous ne seRiez pas là si vous n’aviez pas confiance en mon jugement...

Le trio de sorciers venus dans ce lieu méconnu de bien des sorciers semble circonspect. Faut-il vraiment lui faire confiance ? La Société Munichoise de Transformations les a mandatés pour qu’ils obtiennent de la sorcière le nom des meilleurs étudiants dans son domaine de prédilection. Ils ne veulent pas demander directement aux professeurs de l’Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques, préférant avoir en premier lieu un avis d’expert indépendant. En théorie, rien ne permet de dire qu’une personne extérieure aux études puisse avoir un avis plus pertinent que les enseignants chercheurs des Instituts . Mais dans le cas de Madame Tokélau tout est différent. Elle a une telle aura en matière de lutte contre les poisons que tout le monde cherche à avoir sa… validation. Elle n’est pas forcément très appréciée en Grande-Bretagne. Surtout dans les conditions politiques actuelles. La sorcière demeure néanmoins une pointure, son avis compte.

- Vous semblez cRaindRe quelque chose. En tout cas il est manifeste que vous ne compRenez Rien à la RecheRche. Il ne suffit pas d’exceller. Ce que vous voulez dénicher, c’est la peRle RaRe, la peRsonne capable de tRouver. Il faut un état d’espRit hoRs noRmes. C’est une question subtile…

Il saute aux yeux de qui veut bien prendre un peu de recul qu’elle est en train de les mettre en boîte. Soit ils le comprennent et préfèrent donner l’impression d’une idiotie, auquel cas ils sont de bons diplomates… soit ils ne comprennent effectivement rien et leur affaire est mal embarquée.

- Ivanovna GunnRay n’est pas seulement une étudiante bRillante à mes yeux. Elle a en elle le don du questionnement, la cuRiosité. Mais plus encoRe, elle est travailleuse. Je suis même peRsuadée qu’elle ne se Rend pas compte de son potentiel d’investissement. Le genre de sorcières capables d'oeuvRer jour et nuit pendant des mois tant qu’une question n’a pas de solution satisfaisante à ses yeux. CRoyez-moi, vous ne le RegRetteRez pas.

La Société Munichoise de Transformations est une très vieille maison allemande de prospection en magie curative. Elle est depuis sa fondation en 1648 spécialisée dans la confection d’onguents et autres remèdes permettant de soigner les empoisonnements. Réputée pour ses pommades efficaces contre les atteintes de Stade 1, elle a progressivement étendu son savoir faire aux empoisonnements sévères, la majeure partie de ceux-ci, référencés « Stade 2 », trouvent de la part de la SMT un produit générique efficace. Restent les affections les plus graves, les plus rares aussi. Le Stade 3 résiste à cette entreprise pour une raison simple, la faiblesse de son pôle recherche. En bons stratèges, ils ont décidé depuis quelques années de combler une partie de ce retard par une sorte de croissance externe du secteur recherche, autrement dit par investissement dans des firmes souvent plus petites, sans doute plus agiles en la matière. C’est ainsi qu’ils ont acquis une petite unité familiale réputée, située au Sud de Londres ; Ohara’s research, résurgence d’une vieille entité, la Ohara’s Medical Care, une boutique créée en 1842 par une sorcière revenant d’Afrique, qui y avait collecté bien des substances nouvelles dans le but de soigner les empoisonnements rares. La dernière génération a orienté la maison en direction des recherches fondamentales, devenant rapidement une enseigne réputée grâce à deux découvertes dans le domaine des venins magifiés.
Cette unité grossit à vue d’oeil, elle a besoin de personnel, efficace, motivé. Les allemands amènent les gallions et ambitionnent désormais d’aider au recrutement. La sorcière doute cependant de leur expertise mais après tout, cela est de leur responsabilité décisionnelle.

- Contactez donc sa professeuRe à l’Institut. Marley Robbins est la peRsonne la mieux placée pouR vous convaincRe puisqu’il semble que mon avis vous déRange.

Vexée d’avoir fait tout ce trajet pour se confronter à ce qu’elle considère comme des baltringues, Aéla décide de couper court à l’entretien. Elle apprécie beaucoup la jeune sorcière mais pas au point de se ridiculiser plus avant. Et sait que dans tous les cas Ivanovna excellera. Déjà, elle a fait l’effort de la leur proposer alors qu’elle aurait préféré la voir poursuivre son propre travail laissé en plan depuis des années sur son île natale. Mais elle a compris que ce projet fait peur à l’étudiante, il est trop lointain. Les périphéries du monde sorcier sont bien peu attractives, c’est bien dommage.

- Messieurs, je vous salue.

Elle s’est levée et transplane dans un souffle tournoyant, couleur turquoise, odeur de sel. L’océan pacifique, immensément dangereux. De petits requins émergent du tourbillon, se riant des trois ploucs. L’instant d’après, ils sont décoiffés, médusés. Mais ont au moins un nom et une adresse. N’est-ce pas suffisant ?

Pour être tout à fait complet, il faut préciser que la vision d'Aéla quant aux qualités d'Ivanovna est sans doute... influencée par l'affection qu'elle lui porte. De même... si elle a clairement "chambré" ces rabatteurs, c'est en connaissance de cause. Nous dirons que cette sorcière manipule le sarcasme avec talent. (ces dernies mots pourraient sortir de la bouche de Rat-conteur mais à ce qu'il paraît, le duo de pixies est en villégiature à Zanzibar, ce qui n'est pas banal...)


Dernière modification par Ivanovna Gunnray le 26 sept. 2026, 18:27, modifié 9 fois.

PNJs, solo Qui est le sage, qui est le fou ? Greenwich
Quand les traces du passé existent mais demeurent cachées…

Hibou rédigé selon la méthodologie Kryptos à double croisement d’encodage.
Cette méthodologie est régulièrement utilisée dans les hiboux de la Société Munichoise de Transformations. Elle est sans solutions connues de nos jours encore.

Rapport d’étape numéro 3,
faisant suite au rapport QVB3-150826,
sera référencé dans les archives par vos soins Réf : ??????--- ??????- ???--.

Rapport consécutif à l’entretien conduit le 6 Septembre 2051,
Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques,


Cible : Marley Robbins, Professeur de recherches et analyses en laboratoire,
Objet du ciblage : Pertinence du recrutement d’un stagiaire au sein de la Ohara’s Research,
Source ayant conduit à cet échange : Aéla Tokélau, experte en Anti-poison médical.
Synthèse : L’entretien a duré une heure au cours de laquelle il est apparu une crique d’analyse en comparaison des renseignements glanés auprès de la spécialiste. Ivanovna Gunnray est davantage un élément d’un tout qu’une excellence par elle seule. Le professeur Robbins suggère le recrutement de l’étudiante concernée accompagnée de son binôme Gordon Esiason.

Complément d’enquête : Le professeur Robbins confirme les propos de madame Tokélau. Elle estime cependant que l’étudiante ne peut être dissociée, en termes de compétences théoriques surtout, de son camarade de travail, qui en outre a fini mieux classé aux examens de la fin d’année Hybride 1 2050-2051.
Nous avons discrètement observé les deux étudiants. Leur complicité est évidente mais, respectant les instructions que vous nous avez précisées, nous n’avons pas espionné les deux sorciers dans leurs travaux par quelque moyen magique que ce soit. Il demeure possible de le faire, nous demandons une expertise de la situation de votre part, que nous ayons le temps de confectionner du Polynectar par exemple. Nous confirmons réception de l’injonction d’enquête propre et la respecterons. Préconisation est faite cependant de creuser la question de la famille paternelle de mademoiselle Gunnray. Et nous confirmons les problèmes concernant la famille Esiason, dont nous avions tous raison de penser qu’elle devait être écartée de nos candidatures. Il vous appartiendra de décider si la question demeure rédhibitoire.

Nous suggérons un suivi rapproché des deux étudiants, demandons autorisation de les contacter officiellement au nom de la Société. A cette fin, vous voudrez bien nous faire parvenir, dans les plus brefs délais, un exemplaire du contrat type pour les stagiaires étrangers. Il faudra en outre clarifier un point. Seront-ils, en cas d’accord, incorporés à notre filiale anglaise ou seront-ils engagés directement par la maison mère ? Nous vous mettons en garde sur ce point, rappelant que les contrats de travail de l’administration anglaise diffèrent de beaucoup de nos propres contrats.
Aucun recruteur concurrent connu n’a été croisé pour le moment. Nous confirmons réception de votre autorisation de les écarter au besoin.



Frais engagés ces deux dernières semaines en annexe,
Demande de versement au plus tôt d’une somme de 1000 gallions anglais,
Une rallonge supplémentaire est à prévoir en cas de prolongement du séjour au-delà du 15 Octobre, entre autres pour assurer le renouvellement de certaines autorisations de travail,
Demande de précisions quant à la prochaine mission en Amérique du Nord à fins de préparation de celle-ci.


Le trio se mit en attente de la réponse, dans tous les cas il leur fallait prévoir la suite des événements. Au mieux pour eux, ils auraient franchi l'océan en direction de l'Ouest d'ici la fin du mois. Au pire... ils seraient dans l'obligation de se séparer, au détriment de leur prochaine mission, bien plus périlleuse.
Ils ne savaient pas grand chose de la jeune sorcière, l'ayant aperçu deux ou trois fois, par mégarde en outre. Leurs investigations, aisées dans leurs objectifs, ne les passionnaient pas vraiment. Ils préféraient avoir affaire à des malfrats, l'univers des gens du métier dont ils représentaient les intérêts économiques ne les attiraient pas. Étant des repentis de ce monde de l'obscurité, ils en avaient les codes. Tolérer ce qu'ils appelaient les caprices des scientifiques leur pesait. Mais le métier payant bien, et leur vie ayant été rachetée au prix de l'acceptation de cette noble tâche... ils attendirent la suite.
Dernière modification par Ivanovna Gunnray le 26 sept. 2026, 16:01, modifié 3 fois.

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Hibou rédigé selon la méthodologie Kryptos à double croisement d’encodage.
Cette méthodologie est régulièrement utilisée dans les hiboux de la Société Munichoise de Transformations. Elle est sans solutions connues de nos jours encore.

Le hibou est daté officiellement du 12 septembre. Il fut rédigé le 13 mais la Münchner Umwandlungsgesellschaft, autrement dit la Société Munichoise de Transformations a banni le nombre de tous ses comptes et autres écrits administratifs suite à la catastrophe intervenue dans ses locaux le 13 Juin 1913, à 13 heures 13. Catastrophe ayant entraîné la mort de treize collaborateurs de l’entreprise. Cette incroyable accumulation de 13, causée par une explosion de produits magiques mal conditionnés, pollués par des résidus d’énergie magique primaire, fut la seule fois où le secret de leur existence faillit être trahi aux yeux des moldus munichois. Tout le bâtiment dédié aux recherches disparut dans l’explosion. Les autorités sorcières locales n’intervinrent pas car à cette époque la SMT n’avait pas déclaré toutes ses activités. Et fut obligée de taire ce désastre et en résoudre seule les conséquences. Ce fut un réel traumatisme, qui entraîna en outre la démission du président de la SMT et sa transformation en société de capitaux indépendante et fondée sur les seuls financements sorciers germaniques. Le 13 Juin 1913 demeure la cicatrice indélébile de l’histoire d’une société réputée, respectée. Seuls les plus initiés du monde de la recherche en anti-poison médical sont au courant de cette triste histoire.
Par convention, quand une écriture nécessite une trace différenciant le 12 du 13, les employés écrivent 12-1. Dans le cas de ce hibou, l’approximation ne prête pas à conséquence.


Recrutement d’un stagiaire « Recherches en anti-poison médical »,
Ajustement consécutif au rapport 3,
Référence : 120951-QVB34a-111--


Nouvel ordre de mission



Nous prenons acte des avis du professeur Robbins. Et maintenons notre objectif de ne recruter qu’une personne, Ivanovna Gunnray, en qualité de chercheuse stagiaire rémunérée selon les grilles de la Société Munichoise de Transformations, sous contrat Ohara’s Research afin de ne pas entrer en conflit avec les lois sorcières britanniques. Nous réitérons la nécessité de ne pas se livrer à quelque démarche déloyale envers la personne. Si toutefois des concurrents étrangers, notamment États-Uniens, apparaissaient, nous vous laissons entière liberté quant à leur éloignement. Procédure habituelle.
Dans un délai de trois semaines, prenez contact directement avec elle, exposez-lui nos projets, dans leur intégralité si besoin. Si vous devez aller jusqu’à révéler le coeur de nos recherches, prenez soin de lui faire signer un contrat de non divulgation d’informations. Exposez-lui clairement les détails de ce type d’engagement.
Dans la mesure où nous ne ciblons que l’étudiante, la famille Esiason n’est pas un problème. Les autres inquiétudes familiales ont aussi été traitées.
Nous insistons sur la nécessité pour nous de trouver une personne ressource suite à l’interruption de nos travaux.
Nous vous donnons quatre semaines pour conclure cette tractation et devrez avoir quitté le sol britannique en direction des États-Unis le 14 Octobre. La mission de Saint-Louis demande une préparation spéciale. Notre agent est en train de rassembler les éléments nécessaires à son accomplissement. Vous êtes autorisés à prélever des échantillons de cheveux sorciers à fins de Polynectar, attendez d’être sur le continent américain pour ce faire, que l’on ne puisse pas retracer votre parcours. Les ingrédients que vous rapportez nécessitent de grandes précautions. Le voyage retour vers Munich se fera par voie maritime moldue. Le « Constellation », navire marchand, quitte La nouvelle-Orléans le 12 décembre. Libre à vous de choisir votre couverture. Il arrive à Hanovre au début de l’année 2052. N’utilisez pas les moyens accélérés de déplacement sur le territoire allemand.
Aucun combat magique ne doit avoir lieu à partir du moment où vous serez en possession de la marchandise. L’instabilité de la matière l’interdit. Vous utiliserez exclusivement des moyens défensifs, privilégiant tout moyen de disparition en première intention. Le matériel spécifique le permettant est déjà prévu.
Au besoin, demandez les précisions que vous jugez utiles, kryptage autochtone conseillé.



Les sommes demandées ont été mises à disposition
.

PNJs, solo Qui est le sage, qui est le fou ? Greenwich
Étrange proposition. Inattendue surtout.
Dans l’une des salles de réception de l’Institut régulièrement utilisées pour les entretiens entre les autorités des lieux et les familles ou autres démarcheurs, Ivanovna discute depuis plus d’une heure avec trois sorciers à l’évidence étrangers, sans qu’elle ne puisse déterminer au départ leur origine. Une fois qu’ils ont évoqué la société Munichoise de Transformations, elle se dit qu’ils sont allemands mais sans pouvoir l’affirmer. Et qu’importe… autrichiens, slaves du Nord ou de l’Est… ils viennent d’ailleurs, ont parcouru un long chemin pour la recruter. Un « stage avec perspectives significatives d’embauche  » d’après eux. Elle n’est pas folle, sachant pertinemment qu’un stage réussi offre cette possibilité de manière presque automatique.

Elle a un peu entendu parler de l’antenne londonienne de cette entreprise, la Ohara’s Research mais Ivanovna ignorait tout de son lien avec une entité étrangère. Ce n’est pas en soi un problème, le monde de l’industrie est fait de ce genre de structures internationales. Il faut s’y faire, elle n’y voit pas d’inconvénients. Sans offrir un véritable salaire, la proposition est financièrement attractive, tout comme les conditions annoncées pour ce qui est de la recherche elle-même. Il est, en tout cas sur le papier, question de recherche fondamentale ce qui est très exactement ce qu’elle ambitionne. Ils ne veulent pas en dire davantage, précisant qu’ils ne sont ni habilités à le faire ni en capacité. Manifestement limités dans leurs connaissances, ils sont là comme entremetteurs.
Ivanovna a reçu leur hibou deux jours plus tôt, auquel elle a répondu dans l’instant. Eux sollicitaient un rendez-vous rapide, elle a fait en sorte. Ce vendredi 22 septembre, elle s’est donc présentée face à eux, seule puisque Gordon, qui d’après elle aurait dû en être, ne pouvait pas. Ne voulant pas faire naître en lui des regrets inutiles, elle se tut, décidant qu’il serait temps de lui en parler si la proposition s’avérait consistante. Assez rapidement ils ont démontré avoir bien préparé leur proposition. Ses talents, capacités... Et ont évoqué plusieurs vérités la concernant ; Hérédité maternelle, paternelle… avec tout ce que cela pourrait comporter de néfaste selon elle mais eux n’en parlent pas. Plus que tout, l’avis de Madame Tokélau qu’ils ont donc réussi à rencontrer est abordé... Elle y voit au moins un talent réel, ces trois-là se trouvent être de bons enquêteurs. L’idée que la sorcière qu’elle admire ait fait en sorte de les laisser venir à elle ne l’effleure pas, c'est sa première erreur d’analyse. Qui en entraîne une autre. Peut-être savent-ils d’autres choses sur elle, qu’ils taisent car cela ne mettrait pas en valeur sa candidature. Une arme utilisable dans les négociations à venir…
il n’est pas question d’imprudence de sa part, ils en sont tous au stade des présentations.

- J’aimerais visiter vos locaux. Et rencontrer l’équipe…

Tout serait possible, à les écouter parler ils attendent sa visite avec la plus grande impatience. Ses dernières mésaventures avec la maison de Mallydams Woods la poussent à prendre ces mots pour ce qu’ils sont, sans plus. Il n’est pas question pour elle de sombrer dès à présent dans un enthousiasme béat.
Certaines questions demeurent sans réponse claire, elle pense plutôt d’ailleurs à une remise en question de leur expertise. Pourquoi elle et pas d’autres étudiants aux talents tout aussi prometteurs ? Ils auraient aussi bien pu les réunir tous et ainsi choisir avec de réels critères liés à leur expertise naissante. Au lieu de cela, un entretien exclusif, ce qui la contrarie sur un point mais elle a un plan… Dans tous les cas, leur proposition est une bonne nouvelle puisqu’elle inaugure le temps de cette quête absolument essentielle pour ses études. Elle y voit aussi le signe que les étudiants n’auraient sans doute pas beaucoup d’efforts à fournir si les prétendants à des postes intéressants sont rares au point que les employeurs soient obligés de prendre les devants.

Ils se quittèrent sur une promesse mutuelle de suite à ce premier entretien. Les uns évoquant un hibou à venir très rapidement, la jeune sorcière répondant qu’elle se tiendrait à leur disposition pour honorer le rendez-vous. En sortant de la salle, elle vit les hommes se diriger vers le professeur Robbins qu’ils semblaient connaître. De son côté, les cours n’attendant pas, elle alla en direction du premier étage sans montrer un intérêt indiscret envers cet échange. Tout au plus, en prenant l’escalier, tourna-t-elle les yeux vers eux quatre, constatant que la conversation se poursuivait. Sans pouvoir en tirer une quelconque conclusion.
Le lundi d’après, elle trouva à sa fenêtre un hibou transportant un parchemin très propre, qualité institutionnelle. Le cachet de la Ohara’s Research identifiait sans équivoque l'expéditeur.


Chère Mademoiselle Gunnray,

nous vous invitons par la présente à visiter nos locaux le samedi 30 Septembre 2051 à partir de dix heures. Notre équipe, dirigée par le professeur Cifforino, vous attendra pour une première découverte de notre travail et un échange sur le possible.
Veuillez s’il vous plaît confirmer par retour de hibou que la date proposée vous convient,

Vanessa De Meer
Directrice des ressources sorcières

Des noms exclusivement internationaux, Ivanovna conclut à l’expression d’une excellence transcendant les frontières.

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Samedi 30 Septembre 2051



Un bâtiment planté au milieu de dizaines d’autres, que rien ne distingue d’eux. Qui pourrait donc croire qu’il s’agit d’une construction sorcière ? Les moyens employés pour diluer l’information, la maquiller, elle ne les connaît pas. Si elle savait il y a fort à parier qu’elle serait impressionnée. A l’entrée, il faut montrer patte blanche, un portique comme on en trouve devant bien des usines gigantesques du monde moldu. Il est d’ailleurs surdimensionné, décalé par rapport au reste du site. C’est davantage qu’une simple porte métallique plus épaisse qu’il n’est utile. Des protections magiques vérifient… que rien ne pénètre qui soit illicite. Elle peut même ressentir les protections la passer au crible d’une manière qu’elle trouve…. Intrusive ? Le temps n’est plus aux cabines téléphoniques ou autres toilettes publiques. Les sas transitionnels sont d’une conception avancée, peut-être même l’incarnation de la rigueur germanique célébrée de toute éternité dans le monde moldu européen…
Personne identifiée comme extérieure au personnel, elle est dès après son passage dans cette « chose » suivie par un sorcier, un membre de la sécurité en somme. Poli, discret, il est pour le moins collant, ne la lâchant jamais de plus d’un mètre. Et elle sent bien qu’il se tient prêt à agir s’il le fallait. A Poudlard, la sécurité atteint un niveau déjà élevé mais jamais les élèves ne la perçoivent. Du moins Ivanovna ne s’en souvient pas comme d'une contrainte inquiétante. L’Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques est ouvert aux quatre vents, de son point de vue en tout cas. Mais qui viendrait perturber des étudiants, peu nombreux finalement et calmes durant la semaine ? Étrange rendez-vous que celui qu’elle honore ce jour, un samedi matin. Peut-être ont-ils choisi cette heure pour ne pas entrer en collision avec son planning de cours. A moins qu’ils n’aient le souhait de rester discrets. Il est tout à fait possible qu’ils protègent ainsi leurs propres collaborateurs des yeux purs mais naïfs d’une oie blanche capable ensuite de révéler bien malgré elle des secrets qu’il faut absolument préserver. Ou bien délire-t-elle, se donnant une importance qu’elle est loin d’avoir dans leurs projets.

Le sorcier responsable de la sécurité la conduit dans une salle sans aucune spécificité magique, un lieu dénué de la moindre connexion aux travaux qu’ils sont supposés mener ici. La pièce tient davantage du salon de réception. L’homme l’invite à s’assoir, lui indiquant que les personnes qui l’attendent ne tarderont pas. Si elle n'espérait pas qu’on l’accueille comme une vedette, l’étudiante s’étonne quand même de ce début de rencontre des plus distants… Elle ne s’est pas assise, allant à une fenêtre pour découvrir la banlieue dans sa dimension industrielle moldue. Un paysage urbain qu’elle méconnait, qui pourrait bientôt devenir son lieu de vie… tout au moins de travail. Une chose la surprend durant l’attente, pourquoi a-t-elle été accompagnée de manière aussi suspicieuse pour ensuite être laissée seule. D’une manière ou d’une autre ils doivent avoir un moyen de la surveiller, elle se demande même pourquoi ils ne lui ont pas demandé sa baguette, un sorcier démuni n’est plus du tout un danger ; même si les experts en anti-poison médical peuvent encore sortir quelques méchancetés de leurs chapeaux dans ces conditions de dénuement extrêmes. De cette manière, et l’attente devient salutaire, elle s’est mise en position de méfiance vis à vis d’eux. Il est bien question d’un examen en vue d’une embauche éventuelle, on ne joue plus. Et quand ils entrent enfin dans la pièce, l’invitant à les suivre après qu’ils l’aient saluée, elle se sent prête au combat. Après tout, la vie d’adulte n’est rien d’autre qu’une litanie de luttes, de l’escarmouche à la guerre elle sait depuis longtemps devoir être dans l’épreuve de force permanente. Attendre et voir, ne pas s’arrêter à des impressions par définition parcellaires. Par exemple, la seule à lui avoir serré la main est une sorcière, les trois hommes constituant le reste du « jury » en sont restés à un bonjour non tactile. Faut-il y voir un mauvais présage ?

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Le moins qu’elle puisse dire est que la visite des laboratoires l’impressionne. Jamais auparavant elle n’avait vu de telles installations. Les équipements, leur organisation, une sorte d’agencement dont on sent au premier coup d’oeil qu’elle est pensée pour l’efficacité, le confort d’usage. On est très loin d’un atelier d’amateur éclairé. Ivanovna prend conscience en un instant que jamais elle ne pourra reproduire ne serait-ce que le quart de cette installation dans quelque laboratoire personnel que ce soit. Elle a oublié depuis peu ses rêves de Mallydams Woods, les sous-sols n’y sont que des cercueils potentiels. C’est mieux ainsi d’ailleurs. Mais… même l’Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques paraît indigent en comparaison. Et encore...elle sent qu’on ne lui montre pas tout. Peut-être même certaines parties des pièces qu’ils traversent sont protégées par des sortilèges invisibilisants. Elle ne saurait en être sûre. En tout cas, tout cela fait rêver.
Les odeurs cependant ont bien du mal à disparaître, on sent que des produits étranges sont ici manipulés. Certaines fragrances lui sont familières, d’autres sont clairement des contre-effets supposés amortir ? Étouffer ? Masquer ? ...les poisons étudiés ; ou autres essais auxquels les chercheurs procèdent. Il faut sans doute de puissants sorts pour tout faire disparaître. Ou bien les poisons eux-mêmes, leurs remèdes possibles sont-ils constitués d’éléments « musclés ».
Une chose l’arrête, un niveau entier, dédié à l’accueil de « patients » ? cobayes » ? testeurs ? Plusieurs chambres, dont une aux vitres opacifiées. Cette dernière ne laisse rien transparaître mais on peut se douter qu’elle est identique aux autres. Les autres sont vides. Celle-là aussi ? Déjà elle se retrouve dans une autre aile de l’entreprise, un entrepôt dont une partie semble réservée à des … tests ? Un ring ? Encore une chose étrange, qu’ils ne font que traverser avant de se retrouver dans les bâtiments administratifs. A l’évidence les sorciers ont agrandi les lieux de l’intérieur. Tout donne l’impression d’un gigantisme impossible à concevoir depuis la rue. Mais cela, Ivanovna devait s’y attendre. Surtout si une grande entreprise allemande a des intérêts dans les lieux. Ils ne sont jamais bien loin quand il est question de ces domaines de la magie. Le monde britannique est fait de petites unités de production quand les allemands sont réputés pour être à taille… mondiale… c’est ainsi. Mettre un pied dans une telle organisation est assurément une chance. Encore faut-il s’en assurer. Et là, la jeune étudiante sait ce qu’elle veut, qui sera peut-être à leurs yeux un obstacle. Le temps de la danse nuptiale est terminé. Elle se doute que désormais vont commencer les véritables négociations d’embauche. Elle a pour elle un atout, ils sont venus vers vers elle. Sont donc intéressés. Jusqu’à quel point ?
L’assemblée des présents à cet entretien est désormais attablée à une immense plaque en verre, de forme ovale, une sorte de rectangle arrondi harmonieusement. Celui qui parle est par quelque magie existante avancé quelque peu, et soulevé. Comme s’il était sur un piédestal mouvant. Aucun mécanisme à enclencher, les meubles semblent agir d’eux-mêmes. C’est le plus âgé des sorciers qui prend la parole, expliquant qu’ils ont volonté de développer des recherches sur le stade le plus élevé de poisons. Mais il n’en dit pas plus, manifestement tout le reste relève du secret. Ce que la jeune femme comprend tout à fait. Elle prend alors la parole, expliquant qu’avant toute chose elle veut pouvoir travailler avec son binôme de l’Institut. Elle développe un argumentaire construit en insistant sur sa volonté de ne pas en entendre davantage sans avoir posé cette condition préalable. Ivanovna défend l’idée d’une confiance mutuelle qu’elle inscrit comme la base du reste. « Je ne veux pas vous laisser me révéler des points de vos travaux de manière prématurée ». Elle ne peut pas savoir qu’ils sont déjà au courant de cette éventualité. Leur refus est poli. Mais définitif.
Dans un même mouvement, elle se lève de sa chaise, se retrouvant délestée du mécanisme magique qui la tenait légèrement surélevée l’instant d’avant. Elle en sourit, la sensation induite est surprenante mais drôle. Pourtant elle leur dit à son tour que la chose est définitive.

- Dans ces conditions, nous n’avons plus rien à nous dire.

Son attitude est un peu folle, pour le moins culottée. Un sorcier sage comprendrait très exactement ce qu’elle cache. Ivanovna veut juste le meilleur pour elle sur le plan professionnel. Si elle savait...

PNJs, solo Qui est le sage, qui est le fou ? Greenwich
Vendredi 6 Octobre 2051



- Je suis en total désaccord avec toi Ivanovna… Nous voilà bien avancés maintenant, on a raté une belle opportunité…

Le ton est posé. Gordon et elle ont souvent des discussions de travail révélant des oppositions. Tout se passe toujours dans le plus grand calme. Tous deux sont des animaux de l’hiver, ils ont même constaté un jour qu’ils étaient nés exactement le même jour. Jumeaux de ce point de vue-là, il faudrait interroger les centaures un jour sur les conséquences possibles de cette conjonction pour le moins peu banale. En tout cas elle a bien fait de crever l’abcès même s’il lui a fallu une semaine. Il est donc au courant de la situation mais son analyse est très différente de celle d’Ivanovna. C’était une opportunité extraordinaire…

- ...enfin toi. S’ils ne voulaient pas de moi, ce n’est pas grave. Je trouverai bien quelque chose mais toi. Tu t’es sacrifiée….

- Non. C’est eux qui ne m’ont pas laissé la moindre chance d’expliquer ce que nous pouvions faire tous ensemble. Je sais très bien ce que je te dois. Seule, je suis nettement moins bonne. C’est ainsi, je dois l’admettre mais nous fonctionnons comme deux agents actifs bien plus puissants quand ils sont…

-… mélangés !?! Étrange manière de voir les choses…

- C’est pourtant de cela dont il est question. Gordon, je ne saurais pas l’expliquer. Et puis cela ne change rien au constat. De mon côté, c’est décidé. Ce sera avec toi ou rien.

Il n’est pas habituel cependant qu’une telle radicalité émane d’elle. Une chose est possible, les gens d’Ohara’s research ont peut-être eu des mots maladroits, l’ayant froissé au point de rompre toute possibilité de dialogue. C’est peut-être cela qu’il manque à Vana, une tempérance dans certaines situations. Gordon n’a aucun moyen de confirmer l’hypothèse. Entre temps, il faut ramener un peu de raison dans tout cela.

- Moi aussi j’ai très envie de continuer ce chemin avec toi. Mais je t’ai toujours dit qu’il me semblait ambitieux de faire un stage ensemble. Souviens-toi, à chaque que nous en avons parlé avec les professeurs, ils nous ont dit que c’était impossible…

- Certains ont dit rarissime. Donc cela arrive !

- En tout cas, une refus doit se faire dans les règles. Je veux dire… si tu leur as dit ce que tu me dis que tu leur as dit, on peut dire adieu à cette opportunité !?!

Sa manière d’aborder les choses tente de noyer le poisson par une formulation voulue amusante. Il n’est pas sûr que la critique passe mieux pour autant.

- Gordon, j’ai seulement été claire. Ils pouvaient tout aussi bien nous laisser la chance de montrer ce que nous savons faire… Non, ils ont fermé la porte.

- Mais quand même…

- Non Gordon, pas de quand même qui tienne. Les mots étaient tranchants, on ne parle pas comme ça. Leur expérience ne leur donne pas le droit de nous maltraiter. Si on commence comme ça, tout le travail s’en ressent ensuite. Ils doivent nous respecter comme nous les respectons. Il ne faut jamais transiger sur cet aspect des choses.

Elle lui dirait bien qu’à son avis, il est trop gentil dans ses rapports avec les autres, qu’il a peur du conflit et fait toujours tout pour l’éviter. Mais ce n’est pas utile d’aller plus avant.

- Il n’y a plus qu’à espérer qu’ils ne vont pas nous faire une mauvaise publicité…

- Auprès de qui… Tu les crois capables de chercher à nous faire du tort ? Mais réfléchis un peu, ils révéleraient surtout l’intérêt qu’ils nous portent, à la limite c’est presque à souhaiter dans la situation présente. Et crois-moi, ils ne veulent sans doute pas se faire piquer leur trouvaille…

On pourrait croire à de la suffisance. C’est d’autre chose qu’il s’agit dans son esprit. Elle le clarifie immédiatement d’ailleurs.

- Nous ne sommes pas les seuls, tu sais ce que j’en pense, nous ne devrons jamais avoir l’arrogance de le croire. Mais eux le pensent et c’est bien pour cela qu’ils sont venus si tôt vers nous et pas les autres. Ils ont leurs raisons. Je parierais qu’ils feront tout pour préserver ce qu’ils estiment être leurs intérêts…

Elle dit vrai, rappelant à Gordon qu’elle lui a souvent tenu ce genre de discours, qu’il prenait pour une manière de maintenir un haut niveau d’exigence envers elle-même. D’ailleurs elle ne sait toujours pas d’où ils tiennent tant à elle. Mais comme il le comprend une fois encore tant elle le martèle, ce sera deux ou rien ; elle parle en disant « nous ».
Gordon admire mais des sentiments contradictoires le traversent. En fait, il ne parvient pas à imaginer cette éventualité comme possible. Ce serait trop beau, à tous points de vue un idéal auquel il n’est plus habitué ces derniers mois. Une chose est claire dans son esprit, il ne peut pas la laisser se battre seule, s‘il le faut, il sera de ce combat à ses côtés. D’une certaine manière il trouve exaltant de la suivre. Elle exerce sur lui une influence qu’il trouve vivifiante. En fait, il se souvient souvent de son regard le jour où il lui a dit qu’il l’aimait, ce regard alors qu’elle jetait en l’air son chapeau, elle riait de bon coeur sans comprendre qu’elle le blessait. Mais lui n’avait pas si mal, il ne se rendait pas compte que tout cela avait un sens. Depuis il courre après ces minutes-là. Et se satisfait d’être à ses côtés. Elle a donné un sens à sa vie et peu importe le reste. Il sera expert en anti-poison médical. Et se battra pour elle même si cela signifie qu’il faut lutter contre les avis d’une sorcière parfois figée dans une vision poétique de la vie, pure et froide comme une eau de source des Grampians.

- D’ici là, nous n’avons pas la main. On peut juste attendre et espérer qu’ils changent d’avis.

..dit-il, presque résigné...

- Exactement…

- Ce qui signifie que nous ne pouvons pas les attendre. Il faut candidater tous azimuts.