Note pour trop tard
xx avril 2043
Kallias, Ava [PNJs actifs]
Kallias, Ava [PNJs actifs]
tw : consommation d'alcool, état d'ébriété
En boite la musique n'est pas celle de Lloyd. En boite la musique me déchire les tympans, elle me brûle la gorge, elle fait vibrer tout mon corps. Mais c'est pas celle de Lloyd. En boite y'a personne pour me chanter des mots d'amour à l'oreille, y'a personne pour m'attraper par la taille, me faire tournoyer ou me jeter sur le canap', y'a personne pour m'embrasser et dire que mes baisers ont le goût du whisky et des malboro que je fume. Y'a personne pour m'aimer comme Lloyd m'aimait. Il y'a personne pour être Lloyd. Personne pour me m'appeler "Ryuk" ou "dragonette", personne pour caresser mes tatouages du bout des doigts. En boite, y'a personne pour savoir que je suis Miya. Et d'après Kal', c'est ce dont j'ai besoin. Plus de I'll Die For You Miya, plus de Lloyd. Plus de Miya.
Et Kal', il est où ?
Je lève les yeux de mon verre, le cherche à travers la foule. Il est facile à repérer Kallias, avec son mètre quatre-vingt-dix, ses tatouages sur les bras et ses cheveux mi-longs. Dès que je le vois, j'ai le réflexe absurde de chercher les traits de Lloyd en lui. L'angle de sa mâchoire. La façon dont il plisse la bouche. Sa fossette. Ses mèches colorées. La courbe de ses muscles. Il parait que je dois arrêter. Il parait que c'est pas bon pour ce que j'ai. "Ce que j'ai". Qu'est-ce que j'ai ? Une peine de coeur ? Kallias me voit, il me sourit, continue de danser. Non, c'est pas un bête chagrin d'amour.
C'est un trou dans la poitrine, un vide dans le corps, une absence trop présente. Je descends mon verre, en commande un autre. Kallias danse avec une jolie blonde. Et toi Lloyd, tu fais quoi ? Je me demande s'il pense encore à moi. Je me demande s'il a aimé une autre fille. Mais cette pensée me fait mal, alors je la chasse. Je la noie dans mon verre. En boite, l'alcool est fort. J'aime bien.
J'aime bien boire jusque pas d'heure, perdre le compte du temps, m'évader toute la nuit. J'aime le faire avec Kal', avec des inconnus, toute seule. Ma propre compagnie me suffit pour m'éclater. Je prends des trucs, je fume, je regarde le lever du soleil et je demande aux passants quel jour on est. Ça inquiète Kallias. Je rentre le soir, le matin, le lendemain, le surlendemain. Mais je finis toujours par rentrer. Je sens mauvais, je suis sale, j'ai les cheveux en bataille, les pupilles grandes ouvertes et je suis assoiffée. Il m'aide comme il peut, Kallias. Il prend soin de moi. Quand je vomis il tient mes cheveux, il caresse mon dos, il me réconforte, m'abreuve de ces mensonges qu'on sert aux enfants qui ont peur le soir dans le noir. Quand je me réveille la nuit en hurlant, il accourt dans la chambre, il me prend dans ses bras, il embrasse mon front, il me fredonne la berceuses qu'il fredonne toujours quand je vais mal, il reste dormir avec moi. Quand je passe des heures, des jours, des semaines à me taire, il ne me force pas à parler, il se contente de mes signes de tête, de mon regard vide, de ma présence inerte. Quand je refuse de manger, il prend le temps de me faire avaler de l'eau, il m'aide à ingérer un peu de purée, il me fait goûter le plat du bout des lèvres, il fait les courses pour me cuisiner quelque chose que je pourrais aimer.
Chancelante sur mon tabouret haut, le regard dans le néant, je pense à Kallias. Je me demande si il regrette parfois de m'avoir rencontrée, de m'avoir hébergée, de prendre soin de moi. Personne ne peut être heureux d'accueillir un tel boulet. Personne ne peut être patient pour s'occuper de la sorte d'une fille presque morte. Personne ne peut aimer une loque. Pourtant, Kallias le fait. Tout ça, il le fait sans s'arrêter, il le fait en continu, en même temps que son taf, en même temps que sa vie, en même temps que sa routine. Il prend soin de moi comme si c'était normal.
Ce n'est pas normal. Je ne suis pas normale. Pourtant Kal' s'en moque. Kal' s'occupe de moi.
Kal' danse toujours avec la jolie blonde. Je souris dans mon cocktail, amusée. Il ne la ramènera à la maison que si je lui dis que ça me dérange pas. Il dit qu'il ne veut pas me déranger avec ça.
Je demande un autre cocktail, n'importe lequel, sans lâcher le japonais du regard. Il est bien fait Kal', je parie qu'il plait à la jolie blonde. Je parie qu'il pourrait me plaire. Mais c'est pas Lloyd. Et ceux qui sont pas Lloyd ne sont pas assez intéressants pour que je les veuille. Alors je me contente des jolies filles. Les jolies blondes, les petites brunes, les féroces rouquines. Elles sont belles, les filles à Tokyo. Elles sont belles et elles ne sont pas tristes comme les filles de Londres. Il parait qu'elles sont un peu folles, les filles à Tokyo, mais moi je les trouves très saines. Elles se déchainent, elles vivent, elles dansent, elles flirtent, elles rient fort. Elles me plaisent bien.
Mais elles sont pas Lloyd. Alors je m'attache pas à elle, je les regarde pas pareil. Mais je les aime fort, les filles à Tokyo. J'aime leurs cheveux colorés, leur accent, leur peau claire, leur voix de guerrière, leur silhouette de déesse. Je les aime, les filles à Tokyo. Mais elles sont pas Lloyd.
Je finis mon verre, mon énième verre, je paye et je me tourne vers la piste de danse. Kallias est avec la jolie blonde, ils dansent proches, les yeux fermés, sourires aux lèvres. Et moi ? Je vois la belle rouquine qui m'a payé un verre tout à l'heure s'approcher. Elle sourit. C'est une vraie rousse elle, ça se voit. C'est pas une japonaise, c'est une européenne. Mais elle danse, elle a un verre à la main et, surtout, elle me regarde. Alors je la regarde. Je souris aussi, je me lève. Elle m'attend pour danser, elle m'emmène vers elle. Son regard noisette m'attire vers elle comme un aimant.
Je m'approche, elle sourit. Ses mains glissent vers ma taille, son regard demande l'autorisation. Il faut que je connaisse son prénom. Ma tête dodeline, vient se caler dans son cou. Je demande son prénom dans un murmure. Les lumières sont vives, m'agressent un peu. Mon corps est léger, jsuis un peu plus que pompette. Ava. C'est un joli prénom Ava. Je le lui dis, elle s'esclaffe, demande le mien. J'hésite. Qui suis-je ce soir ? Maya. Maya, c'est moi. Je lui chuchote le prénom. Elle aime, je le vois dans son regard. Ava et Maya. Ava et Maya se sourient, elles s'apprécient, elles dansent. Ses mains sur ma taille, les miennes sur ses hanches. Elle a un collier violet. Aussitôt je cligne des yeux. Violet. Violet comme Lloyd. Comme ses cheveux, le vernis que j'essayais de lui mettre, les chaussettes "rockstar" que je lui ai offertes, son médiator. Lloyd. Lloyd. Lloyd. Ma tête ne chante pas d'autre refrain, elle reste bloquée sur celui-ci. C'est comme un mauvais sort, une malédiction. Malédiction. J'ai les yeux dans le vague. Mon corps bouge tout seul sur le rythme de la musique qui n'est pas celle de Lloyd. Je ferme les paupières. Les rouvre. Ava n'est pas Lloyd. Mais Ava porte un collier violet, violet comme Lloyd. Ava fait partie du mauvais sort, Ava continue la malédiction. Ava est ma malédiction. Ava a été envoyée par Satan et Satan se moque de moi.
Je lui souris machinalement, approche mon visage du sien, dépose un baiser sur sa joue. Ava est jolie, Ava est douce, Ava sent bon. Mais Ava est ma malédiction, Ava est la malédiction.
« Hey beauté, je fais, tant bien que mal. Dis...tu voudrais pas être ma malédiction ? »
Elle glousse, acquiesce. Ce soir, Satan peut me regarder avec joie, il peut jubiler sur son trône. Ce soir, Ava est ma malédiction. Ce soir, je vais danser avec la belle rouquine au collier violet. Je vais lui chuchoter de belles choses, je vais la faire tournoyer. Et demain, je serais encore maudite.
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1380 mots
@Lloyd River pour la mention
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage