Après la fête, la défaite
dimanche 2 juillet 2051
aux alentours de deux heures du matin, probablement
aux alentours de deux heures du matin, probablement
TW : Le personnage dans ce RP a été victime de spiking, c'est-à-dire qu'elle a été droguée à son insu au cours d'une soirée. La substance ne sera à priori pas spécifiée outre mesure, ne connaissant pas les possibilités qui existent chez les sorciers.
Elle reste immobile quelques secondes sur le trottoir. Quelques secondes et ça ira mieux, pense-elle tandis que sa main cherche à tâtons le mur le plus proche.
Ses doigts trouvent la façade d’un commerce lambda contre lequel elle se laisse aller avec soulagement, désespérément en quête d’un point d’appui, de quoi se stabiliser, avoir le temps de retrouver ses esprits. Quelques secondes, il lui faut juste quelques secondes de répit. L'air frais de la nuit lui frappe le visage et pendant un instant, elle croit que ça suffira à lui remettre les idées en place. Si seulement…
Autour d’elle, la ville commence à tanguer. Elle a l’impression de se trouver sur un bateau qui monte et descend au gré de vagues impitoyables. Le mur dans son dos semble pencher comme pour se soustraire à son poids tandis que sous ses pieds, le sol se met à tourner. Elle tente un pas prudent en avant, vacille sur ses talons. Ces talons sur lesquels elle a dansé toute la nuit, alors stable et sûre sur ses appuis.
Elle entend l’écho de son propre rire qui se perd dans la musique. Elle se revoit sur la piste de danse, joyeuse, le corps libre et léger.
Elle a le vertige. Une main contre le mur, l'autre tendue en direction du sol, elle plie prudemment les genoux. Maladroitement, elle s'assoit par terre. Elle ferme les yeux. Qu’est-ce qu’elle aimerait se trouver au fond de son lit plutôt qu’ici. Tirer la couverture et dormir ; juste quelques heures et ça ira mieux. Mais son lit est loin, l'ISMI aussi, tout comme ses amies... où est-ce qu'elle se trouve, en fait ? Relevant la tête, elle se résout à rouvrir les paupières. Elle regarde autour d'elle. Elle a l'impression de voir flou – ou plutôt, que son cerveau ne veut plus vraiment procéder ce que ses yeux captent, mais elle est assez sûre qu'elle n'est plus l'Allée des Embrume. Le pavé est trop régulier pour être celui de l'Allée.
Elle se souvient qu'elle est partie aux toilettes pour se rafraîchir le visage avec peu d'eau. Puis elle est sortie prendre l'air. Avec l'intention de retourner à l'intérieur, pourtant : elle n'a pas pour habitude de partir au beau milieu d'une chanson. Alors pourquoi est-elle ici ?
Et surtout : qu'est-ce qui lui arrive ? Elle ne sait pas. C'est peut-être ça le pire : ne pas savoir. Ne pas comprendre, ne pas être en mesure de recoller les morceaux. Elle sent une légère inquiétude mais s'accroche à son courage pour la faire taire. Ce n'est pas la première fois qu'elle va seule à la Fausse Danse. Elle le fait même régulièrement : ses amies n'affectionnent pas particulièrement l'établissement, lui préférant les soirées londoniennes. Ça ne l'empêche pas de venir s’amuser ici, de temps en temps, les samedis. Mais elle est alors d'autant plus prudente : avertit ses amies qu'elle est de sortie, ne boit pas – ou très peu. Elle paie une consommation de bienséance mais rarement plus, suivant une discipline stricte : elle reste consciemment loin de ses limites et veille à toujours être en mesure de transplaner pour rentrer.
Tiens : transplaner. C'est une bonne idée, ça. S'en aller d'ici serait bien, ouais. Et puis surtout, c'est un début de plan. Pourquoi n'y a-t-elle pas pensé plus tôt ? Mais pour ça, elle doit d'abord se relever. Qu'est-ce qu'elle a la flemme ! Pourtant il le faut. Dans un impressionnant effort de volonté tant son corps résiste à l'opération, elle parvient à se mettre debout. Elle s'avance d'un pas, chancelante. Ses doigts se referment plus fermement autour de son catalyseur, elle tente de...
... non. Impossible. Transplaner est impossible. Rien qu'à l'idée, elle a la nausée. Si elle fait le moindre tour sur elle-même, elle sent qu'elle vomira l'intégralité de ses tripes sur le pavé. Sans compter que son corps risque très certainement de finir désartibulé, éparpillé un peu partout sur la chaussée.
Elle souffle. Et là, elle la sent arriver. Ça fait longtemps qu'elle n'a plus eu peur, Leo, mais là, elle la sent. La peur qui commence à peser lourd au fond dans son estomac, qui lui monte à la tête. Et son cœur qui bat vite, tellement plus vite qu'il ne le faudrait.
Elle inspire, essaie de retrouver le contrôle sur sa respiration saccadée. Son regard tombe sur le bracelet de communication à son poignet. Est-ce qu'elle l'a déjà activité pour essayer contacter ses amies ? Elle ne sait plus. Dans le doute et parce qu'elle ne sait pas quoi faire d'autre, elle presse trois fois l'index sur la rune. Yuma', Bertie. Par pitié, soyez réveillées. Par pitié, venez me chercher.
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Note : ce RP avait initialement pour vocation d'être un RP solo se finissant relativement bien (compte tenu des circonstances), avec une amie à Leo qui finirait par la trouver. Cela dit, si quelqu'un a envie de confronter son personnage à la situation, j'y suis totalement ouverte – pour autant que ce soit cohérent de se trouver là au milieu de la nuit – et l'issue peut connaître des variations. J'apprécierais juste un p'tit hibou en mode "coucou, je compte poster" avant
ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin