L'amour de ma vie

You were so mediocre
Tu étais tellement médiocre
And we're so glad it's over now
Et nous sommes si heureux que ce soit fini maintenant
~L'amour de ma vie, Billie Eilish
Tu étais tellement médiocre
And we're so glad it's over now
Et nous sommes si heureux que ce soit fini maintenant
~L'amour de ma vie, Billie Eilish

______________ |
Reducio Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Noah Harper Lien avec le PJ : ex petit-ami Lien dans le répertoire : portolien Ce RP aura-t-il un impact sur mon PJ ? oui Si "oui", impact envisagé sur mon PJ : développer la relation de Miya et Noah pour qu'elle se rende compte qu'il a un comportement toxique envers elle afin qu'elle puisse s'émanciper de cette relation qui l'emprisonne. |
______________ |
─────────☆ ★ ☆ |
Leurs âmes se déchirent, leurs coeurs aussi Et la Vagabonde pleure son amant |
★ ☆ ★───────── |
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
L'amour de ma vie
CHAPITRE I ; LES CENDRES
{ première semaine des vacances de Noël de la GEAD, 2031 }
Je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi je n'arrive pas à faire plus, pourquoi chaque effort que je fais semble aussi vain, pourquoi je me sens limitée à ce point dans ma magie. Quand j'ai intégré la GEAD, je pensais que je ferais d'office de grandes choses, de belles choses. Je disais que j'allais construire un pouvoir nouveau, différent, quelque chose que jamais auparavant je me serais trouvée capable de faire. Alors pourquoi est-ce que j'ai l'impression de stagner, pourquoi je ne fais rien de nouveau ? Ma magie n'est pas nouvelle, je ne la sens pas affluer dans mes veines.
C'est les dents serrées et le visage fermé que j'arrive à la porte de l'appartement de Noah.
Une seconde, je m'arrête. Je laisse la neige se poser en gros flocons sur mon crâne, mes épaules, mes cils, mon sac. Et j'attends. Mais je ne sais pas ce que j'attend. Que quelque chose change, je suppose ? J'attends qu'il ouvre les yeux, qu'il cesse de me promettre certaines choses puis de les remettre à plus tard, j'attends qu'il arrête de s'excuser et de recommencer, j'attends qu'il ne brise plus jamais mon coeur. J'attends. Et je devrais arrêter d'attendre, oh Merlin je sais que je devrais arrêter. Mais c'est plus fort que moi, je n'arrive pas à m'éloigner. Ce garçon est ancré dans mes veines, dans mes os, impossible que je m'en détache aussi facilement, non. Depuis que je le connais je n'ai cessé de le vouloir, de le demander, de faire de lui une quête, un objectif que je me dois atteindre à tout prix. Je le voulais, je le voulais si fort que j'ai pleuré quand je ne l'ai pas eu, quand il m'a rejetée, quand il m'a humiliée. Ces lettres, ces maudites lettres qu'il n'aurait jamais dû envoyer. Oh comme je l'ai haïs, je l'ai haïs de tout mon coeur et de toute ma force. Puis je l'ai eu. Les dieux seuls savent comment je l'ai eu, mais j'ai fini par pouvoir l'appeler "mien", par lier nos souffles, par prendre sa main. Il est devenu mien et depuis je n'ai plus su m'arrêter.
Debout devant la porte de cet appartement, figée dehors, dans la nuit et la neige, j'ai froid. Je me caille, mes poils se hérissent, j'expire un nuage de vapeur, témoin de la température extérieure. Il faut que je rentre, que je pousse la porte et que je m'annonce. Je vais le voir, déposer un baiser sur ses lèvres, sentir son parfum d'eau de toilette pour homme. Je le trouverais assis à son bureau entrain de travailler, parce que c'est tout ce qu'il sait faire. Et moi je prie pour l'avoir lui.
Quand il travaille trop je me permets de me glisser dans son bureau, de m'approcher, de déposer un baiser sur sa joue. En général il tourne la tête, il me regarde, il me sourit. Il m'embrasse et me dit qu'il arrive, qu'il a bientôt terminé, qu'il va venir pour moi. Mais parfois il s'écarte d'un geste sec. Il met une distance entre nous, il dresse une barrière glaciale. Il brise mon coeur encore.
« Je peux le faire, je murmure en japonais, pour me réconforter. Entre dans la maison Miya. C'est chez toi. T'as les clefs. Il t'aime, c'est ton petit ami. Entre, ouvre, annonce toi. »
Pitié fais quelque chose. Ne reste pas plantée ici comme une pauvre idiote incapable d'entrer et de s'annoncer auprès de l'homme qu'elle aime. Je ferme les yeux, prie des dieux qui ne sont pas là pour moi, seul Satan me répondra. Une larme coule. J'ai peur. J'ai peur parce que je ne sais pas ce que je fais à la GEAD. Je n'ai pas l'impression de progresser et lui il est déjà à des années lumières de moi, là où je ne pourrais jamais le rejoindre, là où je n'aurais jamais la force d'aller. Parce que je ne suis pas assez bien, pas assez douée, pas assez forte. Pas assez une vraie sorcière. Cette pensée est un coup de poing dans l'estomac, une brique sur la tête, une droite dans la mâchoire. Pas une vraie sorcière. Pas une vraie sorcière. Une autre larme coule.
J'ai un problème. Ma magie ne fonctionne pas, sinon pourquoi je suis incapable de faire plus ? Je ne veux pas entendre que je travaille pas assez dur, je fais de mon mieux, je... J'essaye. La magie sans baguette, je pensais vraiment que je pourrais réussir à le faire en quelques mois, mais nous sommes en décembre et je n'ai toujours rien réussi à faire. Alors j'abandonne, je baisse les bras. Noah a raison, ces études n'étaient pas faites pour moi. J'aurais jamais dû essayer de faire ça, j'aurais dû me cantonner à autre chose, à quelque chose de mon niveau. Pas ça.
Un claquement sec.
Je relève les yeux, surprise. Mes iris percutent celles de Noah.
Mon
_coeur
__rate
___un
____b
____a
____t
____t
____e
____m
____e
____n
____t.
Je me noie.
« Miya ? lâche Noah, l'air étonné. Qu'est-ce que tu fais là ? »
Je suffoque.
« Miya sérieusement, je t'ai dit de prévenir quand tu viens », s'agace-t-il.
Je m'enfonce dans le sol.
Qui.
Est.
Elle.
?
« C'est qui elle ? je demande, le regard vide. Noah. C'est. Qui. Elle. Cette femme. Avec toi. Chez toi. Qu'est-ce que. Qu'est-ce qui se passe ? Qui est-elle, qui est-ce ? »
J'avance, l'oeil vitreux. Il s'avance aussi, me prend dans ses bras, me serre contre lui. Pendant ce temps, moi, je pense à la femme que j'ai vue à ses côtés. Je pense à son visage bien dessiné, je pense à ses longues boucles blondes, à ses iris d'un bleu pur, à ses joues colorées d'un joli rose, à ses lèvres appétissantes, à son sourire charmant, à sa taille fine, à ses mains gracieuses.
Elle passe à côté de moi. Sans un mot, comme une voleuse, elle sort de la maison et s'éloigne.
Puis Noah descend ses mains sur ma taille. Il me serre contre lui, me murmure des gentils mots à l'oreille, il me promet qu'il n'aime que moi, qu'il ne veut que moi. Il m'embrasse, il me supplie de le pardonner. Il m'explique que c'est une collègue à lui, qu'elle est venue pour un dossier et qu'il n'a aucune intentions envers elle. Il dit qu'il ne l'a jamais touchée, qu'il ne veut pas d'elle dans sa vie, que je suis la plus précieuse à ses yeux. Mais j'ai vu cette femme. Elle était mieux que moi, elle est mieux que moi. Elle est belle, elle a l'air intelligente, je parie qu'elle est drôle et qu'elle parle bien, qu'elle a un bel accent, qu'elle sait s'habiller. Pourquoi j'y accorde de l'importance à tout ça ? Noah n'arrête pas de me répéter qu'il m'aime, qu'il pense sans cesse à moi, que je lui ai manqué pendant tout ce temps. Alors pourquoi je ne le croie pas ? Je devrais le croire, il m'aime, il ne veut que moi. Mais cette femme. Cette femme est tout ce qu'il aurait voulu que je sois et que je ne serais jamais. Je comprends qu'il la préfère, qu'il ne veuille que d'elle.
Je me recule, je m'extrais de son étreinte.
« Zine dyali ? fait-il. Viens à l'intérieur, tu vas attraper froid mon amour. Viens, je veux que tu entres, que tu voies comme j'ai décoré la maison, comme j'ai fait une décoration belle pour toi. Je veux que tu sentes que j'ai cuisiné pour toi, que je me suis préparé à ta visite. Viens zine dyali. »
Je le suis. J'avance comme une automate, j'avance parce que je n'ai pas le choix, parce qu'il tient ma taille, parce qu'il m'invite à le suivre sans m'offrir la possibilité de refuser. C'est tout lui.
Noah Harper n'accepte pas que les autres ne se plient pas à ses exigences, il n'accepte pas que les autres ne fassent pas tel qu'il le souhaite. Si je n'avais pas prévenu que je venais, alors je n'avais pas prévenu, peu importe qu'on ait décidé ça ensemble pendant les vacances d'été dernières, peu importe qu'il m'ait supplié de venir lui rendre visite à la Toussaint, peu importe qu'il m'ait envoyé des lettres me demandant quel jour j'arriverais chez lui. S'il dit que la jolie blonde est une collègue qui n'a rien à voir avec lui, c'est qu'elle n'a rien à voir avec lui et qu'ils travaillent ensemble. Peu importe qu'il avait la main sur sa taille en ouvrant, peu importe qu'il ait un parfum féminin accroché au cou, peu importe que sa chemise soit froissée, que son regard soit chaud. S'il dit que les cheveux courts ne me vont pas parce qu'on voit plus mes oreilles et mon cou, c'est que je ferais mieux de porter les cheveux longs. Peu importe que moi je préfère les avoir courts, peu importe que je me sois habituée à les porter ainsi, peu importe que je me sente plus belle avec les cheveux courts. S'il dit que je vais devoir faire attention à mon tour de taille c'est que je vais vraiment devoir resserrer la ceinture. Peu importe à quel point ses mots me détruisent, peu importe qu'il me brise un peu plus de l'intérieur, peu importe qu'il me fasse perdre confiance en moi.
Alors, ce soir-là, je le laisse faire comme il veut. Je le laisse me bercer à sa guise, je le laisse me dire des choses auxquelles je ne crois pas, je le laisse imaginer notre vie parfaite.
Et tard, très tard le soir, dans notre lit, je pleure.
________
1600 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
L'amour de ma vie
CHAPITRE II ; L'ETINCELLE
{ deuxième semaine de septembre 2033, après la cérémonie des diplômes }
Deux années passées à trimer, à bosser dur, à réviser et à me donner corps et âme dans un bout de papier qui atteste de mes compétences. Des mois et des mois à sacrifier mon sommeil pour la théorie, pour avoir des résultats excellents dans toutes mes matières. Et tout ça pour quoi ? Pour un morceau de papier. Je sais pas vraiment quoi en penser, mais à l'instant je m'en moque. Tout ce à quoi je pense, c'est la fierté dans les yeux de Noah quand je suis allée chercher mon diplôme. Il était fier de moi merde. Noah fucking Harper était fier de moi, et ça a décuplé mon plaisir de cette fin d'études et ce commencement d'un nouveau cycle, d'une toute nouvelle ère.
Main dans celle de Noah, nous marchons dans les rues de Godric's Hollow en direction de chez nous. Chez nous, c'est vraiment entrain de devenir chez nous. Mon coeur galope dans ma cage thoracique, j'arrive à peine à y croire. Tout est si beau, tout est si parfait, tellement beau que j'ai peur de gâcher quelque chose en disant un mot de travers ou en faisant une bourde.
« Quelque chose ne va pas habibti ? demande soudain Noah. T'es pensive. »
Pensive ? Peut-être. Je repense à tous mes efforts, aux larmes et à la sueur que j'ai versées, et aux sourires que j'ai faussés, aux pleurs, aux galères, aux échecs. Je repense à tout ce que j'ai vécu pendant ces deux années à la GEAD, et je me dis que j'ai eu de la chance. Tout a été super, je crois pas me souvenir de quoi que ce soit qui me reste sur le coeur. Oh bien sûr y'a toutes les disputes avec Noah, les malentendus, les blondes, les collègues, les désaccords et les problèmes. Tous les interdits, toutes les critiques, les cruautés. Puis les excuses, les cadeaux et les promesses. Je repense à ses mains sur mon corps, à sa bouche sur la mienne, à ses paroles qui coulent comme du miel, à ses iris chaudes, à son regard de braise, à son sourire charmeur. Je repense à tout ce qu'on a vécu, aux erreurs que j'ai faites, à celles qu'il a faites aussi. Un couple cassé, un couple défait, un couple qui n'aurait pas dû continuer à se retrouver. Deux âmes en peine.
J'inspire alors doucement, je me hisse sur la pointe des pieds et je dépose un baiser sur sa joue.
« Je me disais juste que j'étais heureuse de vivre ça avec toi, je brode. J'ai officiellement un métier Noah, je vais pouvoir travailler. Est-ce que...est-ce que tu réalises ? »
Son rire chaud s'élève près de mon oreille. Je souris, tourne la tête vers lui et attend mon baiser qui ne tarde pas. Ses lèvres sur les miennes sont douces, familières. J'ai l'habitude de l'embrasser plus que de me faire embrasser par lui, alors cet instant est magique. Un genre de magique qui me donne envie de croire au prince charmant, à l'histoire de contes de fée, et à toutes les belles choses qui vont m'arriver. Je pense à Kieran, à Alden, à mon euphorie. Je pense à mon présent, à mon futur. Je me dis que ma famille est fière de moi, je me dis que, enfin, Père et Mère vont être fiers. J'ai réussi, je suis arrivée au terme de mes deux années d'étude. Pour de vrai.
Je pense à Mel, et mon coeur fait un bond dans ma poitrine. Je me dis que lui aussi est fier de moi, que s'il était là, il me prendrait dans ses bras, il me ferait voltiger dans les rues de Godric's Hollow en me faisant rire, et rire. Cette pensée m'arrache un sourire contre la bouche de Noah.
« A quoi tu penses ? s'enquit mon copain en s'écartant. Je sens ton sourire. »
« Je pensais à Mel, j'avoue, radieuse. Tu sais je t'en parle souvent ? J'ai envie d'aller le voir, lui dire merci pour tout son soutien, tu sais c'est... Noah ? Noah qu'est-ce qui ne va pas ? »
Sa main se détache de la mienne, son visage se fronce.
« Tu veux bien arrêter de me parler d'autres hommes et te concentrer sur moi ? »
Aussitôt, mon coeur s'agite. Pas parce qu'il est charmant, pas parce que je le trouve beau, parce qu'il me fait sourire ou parce que je l'aime. Mais parce que j'ai peur. Peur de l'avoir contrarié, peur que soudain il me fasse une de ces colères froides dont il a le secret, peur de ne plus être la fille qu'il aime, peur de- « Alors vas-y », lâche-t-il froidement.
Mon coeur tombe quelque part au fond de ma poitrine.
Je ne comprends pas ce qui se passe, je ne comprends pas comment on a pu passer de- de s'aimer à ça. A ces colères sombres, à ces peurs, à ces doutes, à cette froideur.
La gorge serrée, je m'éloigne de lui et accélère dans la rue. Il ne me suit pas, ne me rattrape pas. Les doigts nouées, la mâchoire tendue, je prie, j'espère pour l'impossible, pour l'improbable. Je veux qu'il me rattrape, je veux qu'il me suive, qu'il s'excuse. De vraies excuses, pas celles qu'il a l'habitude de me faire juste après s'être emporté, pas celles qu'il me susurre à l'oreille, pas celles qu'il utilise pour mieux revenir enfoncer le couteau dans la plaie ensuite. Je veux qu'il s'excuse auprès de moi, et qu'il s'excuse pour Mel. La jalousie de Mel pourrit notre relation, au sens propre. Je la sens comme un poison qui se répand entre lui et moi. Parfois, je me dis que j'en ai marre, que je vais le quitter, tout recommencer avec quelqu'un, que je serais heureuse. Mais quand on se dispute, il a toujours raison. J'ai besoin de lui, que je le veuille ou non.
J'avance dans les rues de Godric's Hollow, et j'avance mais je vais pas chez Mel. Confuse, perdue je ne sais pas quoi faire. Alors je rentre au seul endroit où j'ai la clef. Chez Noah. Je sais qu'il m'y attend, je sais qu'il a préparé un discours, je sais qu'il va s'excuser, me prier de le pardonner. Je ne veux pas de ces excuses, elles sont trop lisses, trop parfaites, trop surfaites. Non, je veux qu'il se mette à genoux, qu'il embrasse ma bouche, qu'il tienne ma main et me supplie de lui accorder un pardon qu'il ne mérite pas. Une larme unique roule sur ma joue, je ne sais pas pourquoi.
Ce soir, encore, Noah me fait pleurer.
________
1103 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
L'amour de ma vie
CHAPITRE III ; LES BRAISEStw : manipulation, comportement toxique

{ troisième semaine d'avril 2035 }
Mon coeur pèse lourd dans ma poitrine. Haletante, mon estime de moi en pièces à mes pieds, j'ai un spasme nerveux. Je passe une main tremblante dans mes cheveux noirs longs emmêlés tandis que mes iris scrutent Noah avec..crainte. Oui, je le fixe avec crainte. Appréhension. J'attends de voir ce qu'il me veut, ce qu'il va dire. J'attends et cette incertitude me brûle, me consume.
On ne s'est pas engueulés comme ça depuis des lustres. J'étais partie Merlin, pourquoi est-ce que je suis revenue la tête la première dans le piège du loup ? Des larmes par milliers dans mes yeux sombres comme l'obsidienne, je laisse retomber mes bras le long de mon corps. Je suis lasse, j'en suis si lasse, de ce petit jeu qui dure depuis des années, de cette relation qui s'étiole depuis bien trop longtemps. Je n'en peux plus, je suis fatiguée. Et mes muscles se relâchent à cette pensée, comme si mon corps avait compris ce qui n'allait pas, comme si je savais, au fond de moi, que j'ai plus la force de me battre pour cette ébauche de relation, pour ce couple qui prend l'eau depuis si longtemps. Trop longtemps. Je déglutis difficilement, bats des cils et sens une larme rouler sur ma joue. Des années. Des années que je tiens ce couple. Pour quoi ? Pour un homme effacé, un partenaire arrogant, un petit ami froid. Pour trouver une fille dans ma chambre. Je suffoque.
Face à moi, Noah reste stoïque, l'air presque ennuyé. C'est tout, voilà tout ce que je lui inspire. Je ne mérite rien d'autre que des sourcils froncés, des lèvres pincées et un air vaguement intéressé. Il ne m'aime pas, Noah Harper ne m'a jamais aimé. J'en suis certaine maintenant que je le vois dressé, grand et fier dans son costume de travail, son expression figée sur le visage. Il ne m'a jamais aimée sinon comment peut-il rester de marbre, comment peut-il me dire de telles choses sans culpabiliser une seule seconde, comment peut-il me faire mal de la sorte, aussi aisément.
« Tu me dégoûtes. »
La sentence tombe, cruelle. Elle tranche dans le vif, elle coupe, elle me blesse. Je tressaille, baisse les yeux pour tenter de retenir mes larmes. La phrase résonne dans ma tête, ça rebondit sur les parois de ma tête comme un mauvais sort qui ricocherait.
« Quand vas-tu arrêter de te comporter comme une enfant ? »
Deuxième trou dans la poitrine. Je recule d'un pas, blessée. Pourquoi ? Pourquoi continue-t-il de me faire ça ? Ne lui ai-je pas assez sacrifié de moi-même ? Non, de toute évidence ce n'est pas suffisant, ce n'est pas assez. Ce ne sera jamais assez, ce ne sera jamais suffisant. 'Ji me l'a dit, que Noah cherchait en moi quelque chose que je ne pouvais pas lui offrir. Pourquoi, comment a-t-il pu prétendre tout ce temps, toutes ces années, toutes ces fois... Il m'a menti. Les yeux dans les yeux, il m'a menti. Il a fait de moi l'exutoire de ce qu'il n'ose pas appeler "haine" et il m'a transformée en la cible de sa colère, de ses tourments, de ses peines. Noah ne m'aime pas, c'est impossible.
Parce qu'on ne traite pas une personne qu'on aime de la sorte. Personne, je dis bien personne ne traite une personne qu'on aime comme tu me traites, Noah. Comme de la vermine. Comme une moins-que-rien, comme une va-nu-pieds. Comme une de ces filles qui viennent à la maison, une de ces filles que tu aimes voir, une de ces filles du travail comme tu aimes le dire.
« Cesse donc de pleurer et de t'apitoyer sur toi. »
L'ordre claque. Je me redresse, efface nerveusement les perles qui ont fui sur mes pommettes.
Il ne m'aime pas, Noah Harper ne m'aime pas et il ne m'a jamais aimée. Toutes ces fois où il a pu prétendre être amoureux, être fou amoureux, être raide dingue de moi... Toutes ces fois où il a prononcé le mensonge, l'odieux mensonge, l'insupportable mensonge, le triste mensonge. Je ne veux pas y penser. Je ne veux pas penser à ses lèvres dans mon cou, à son parfum contre moi, à son sourire contre le mien, à ses projets de vie future commune, à ses grandes idées, à toutes les promesses qu'il m'a faites. Je ne veux pas penser au futur qu'il m'a laissé entrevoir, à ce dont il me prive ce soir, alors qu'il me dit ces mots froids, glacials même. Dis-moi Noah, quand as-tu cessé de me voir comme la personne la plus chère à tes yeux ? Ai-je un jour eu plus d'importance que toi-même ? Ose me dire que tu ne t'es jamais fait passer avant moi, que tu n'as jamais rien fait d'autre que d'œuvrer pour mon bien, pour mon bonheur, pour ma joie. Dis moi toutes ces choses, je t'en supplie, et nous passerons à autre chose. Je baisserais la tête, je passerais l'éponge, je ne reviendrais plus jamais sur ça, je ne te reprocherais plus jamais de ne pas m'aimer.
Oh, s'il te plait Noah, je t'en supplie, ne me laisse pas. Ne me retire pas ton amour. Emprisonne le loup sauvage que je suis, ne me laisse plus m'échapper, me distraire de la sorte. Ne me laisse pas.
Voilà ce que tu voudrais que je fasse, voilà ce que tu souhaiterais que je dise. N'est-ce pas ? Parce que tu sais que tu n'es rien sans moi, que ton nom est et restera toujours inférieur au mien, parce que Noah Harper n'aura jamais autant d'influence que Miya Ryuū, fut-ce l'influence imposée.
« Veux-tu donc arrêter de te montrer si égoïste, Miya ? Je t'ai tout offert, je t'ai tout donné, je t'ai tout sacrifié. Et toi, tu oses remettre en question mon amour pour toi ? Tu ne vois donc pas à quel point je te suis dévoué, à quel point je suis tiens ? Je t'achète des bijoux, je t'offre les vêtements les plus luxueux, je te permets de vivre dans cette maison haute gamme, je t'accueille sous mon toit, je te nourris des mets les plus fins, je te laisse boire mes breuvages les plus délicieux, je te fais dormir dans un lit de satin, je te parfume des eaux les plus fraiches, les plus agréables. Regarde moi Miya. Regarde. Moi. Tu n'es qu'une enfant capricieuse. Regarde moi ma beauté, je suis à tes pieds, je ne suis que ton dévoué serviteur, je te suis tout, je ne suis rien, je n'attends que ta reconnaissance, que ton regard sur moi, que tes mains, que ton sourire. Uniquement ta présence, est-ce trop demander ? A toi que je ne peux appeler que mon âme soeur, comment peux-tu me faire une chose pareille ? Comment peux-tu sous-entendre que moi, qui suis si fou amoureux de toi depuis des années, j'ai pu te laisser partir et fréquenter une autre. Non. Tu es revenue parce que tu n'as nulle part où aller, parce que je suis celui qui te voit le mieux, celui qui sait le mieux qui tu sais, celui qui voit au travers de ton masque, de ton foutu masque ! Retire le ce foutu masque, Miya ! Laisse le monde te voir telle que tu es réellement, toi qui vide l'âme des autres, toi qui vis à mes dépends sans que je ne dise rien, toi qui as eu le culot de partir et de revenir ! Et regarde. Moi. Regarde moi putain ! Je ne peux pas croire que tu penses ça de moi, je ne peux pas croire que tu penses vraiment que j'aurais pu te faire une telle chose alors que tu sais à quel point je t'aime, à quel point tu m'es précieuse, à quel point tu as tout ce que je pourrais vouloir d'une femme. Je te suis le plus dévoué. Qui d'autre pourrait s'attacher à toi comme ça ? Qui pourrait t'aimer plus que je le fais déjà ? Dis-moi, Miya, dis-moi qui pourrait t'aimer mieux que je le fais. Il n'existe pas, cet homme, et cette femme non plus. Tu veux savoir pourquoi, Miya ? Parce que tu étais faite pour moi. Pour me trouver, moi. Pour m'aimer, moi. Pour me regarder, moi. Personne d'autre que moi ne sera mieux, personne d'autre ne mettra le genou à terre pour toi Miya, per- »
Je coule. Je m'effondre, je sombre, je tombe.
« Arrête. »
C'est d'abord un souffle, un murmure. Puis ça enfle, ça devient un vrai mot, un mantra.
« Arrête. Arrête, arrête, arrête, arrête ! »
Je plaque mes mains sur mes oreilles, en me recroquevillant, désireuse de ne plus l'entendre, un peu plus que terrifiée à l'idée de savoir quelle prochaine horreur il va me déballer. Il ne m'aime pas, il ne peut pas m'aimer, c'est impossible. Mel. Mel, sauve-moi. Sauve-moi je t'en supplie. Tire moi hors de cette maison de feu, loin de cet homme plein de poison, loin de tout. Mais Mel n'est pas là, Mel ne viendra pas, Mel n'a pas de raison de venir. Je suis seule, toute seule.
« Miya Ryuū. Accepterais-tu de m'épouser et de devenir ma femme ? »
Et,
comme dans un cauchemar,
Noah prononce ces mots et met un genou à terre.
Il
me
propose
vraiment
le mariage.
Les larmes coulent par millier sur mes joues, elles continuent de jaillir de mes yeux, elles ne vont pas s'arrêter, elles ne vont jamais cesser. Parce qu'en prononçant les mots qu'il vient juste de dire, Noah a ouvert en moi une vanne que je ne soupçonnais pas et qui s'est avérée terrible. Et impossible à fermer, impossible à condamner, impossible à reboucher. Alors les larmes coulent et coulent tandis que je m'effondre face à cet homme qui a posé le genou à terre. Que s'est-il passé, comment a-t-on pu en arriver à ça ? Je ne comprends pas, je ne suis pas prête, je ne veux pas. Je ne veux pas l'épouser. Il faut que je l'épouse. Je ne suis pas amoureuse de lui. Il faut que je dise oui. Je ne me sens pas en sécurité avec lui. Père et Mère me tueront si un jour ils apprennent que j'ai dis non. Ils vont m'insulter de tous les noms sans ouvrir la bouche, ils vont me fouetter de leur froideur sans faire un seul geste, ils vont faire de moi un martyr sans me toucher.
Je dois m'enfuir. Je ne dois pas laisser cet homme me passer la bague au doigt, je ne dois pas me laisser emprisonner dans cette cage aux barreaux d'or, je ne dois pas me laisser avoir.
Alors je me lève.
Je trébuche.
Je tourne.
Et je fuis.
Je sors de cette pièce, de cette maison.
J'ignore ses cris de rage.
J'ignore les larmes sur mon visage.
Je sors de la maison et je cours dans les rues de Godric's Hollow.
Au milieu de la nuit, le visage strié de larmes, en pyjama, pieds nus, les cheveux emmêlés et le coeur en morceaux, je cours dans les rues. Je cours vers mon sauveur, je cours vers le seul qui me recueillera, le seul qui ne posera pas de questions, le seul qui saura prendre soin de moi, le seul chez qui je sais que je serais en sécurité, le seul qui ne laissera pas Noah entrer.
Mel. Mel, Mel, Mel.
Sauve moi s'il te plait.
Réveille toi je t'en prie.
Protège moi je t'en supplie.
Accueille-moi, serre moi dans tes bras.
Je ne veux plus penser à Noah, ni aux mots qu'il a prononcés, ni à cette bague qu'il a sortie, ni à plus rien d'autre. Je veux me perdre dans l'étreinte de Mel et couler dans le sommeil avec lui.
Ce soir, je pleure.
Je pleure mon amour.
Ma liberté.
Ma santé.
Mon coeur.
Mon âme.
Mon être.
Tout ce que j'ai un jour espéré être aux yeux de Noah.
Je pleure la femme que j'ai faillis devenir, je pleure ce "oui" que j'ai faillis cracher, je pleure cette question qui m'a acculée, qui a fait de moi un animal pris au piège.
Je pleure.
________
2024 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage