Au bout des lettres

_______________________
Alors que les longs rouleaux d’azur s’écrasaient dans des éclats d’écume en contrebas, le manoir ancestral de la famille Vane s’agitait plus que d’ordinaire. Les longues cheminées qui surplombaient la mer éternuaient d’âcres nuages de fumée, malgré la météo plus que clémente de l’hiver australien. Depuis les fenêtres qui contemplaient la plage, on pouvait entendre les cris d’affolement d’une mère après son enfant, tandis que, derrière eux, résonnait le rire grave de son père et mari.
— Mais maman ! Lili va arriver dans une seconde ! criait la petite en s’extirpant de la prise maternelle.
Elle retira le ruban bleu qui retenait ses cheveux dans une cascade dorée avant de s’échapper aussitôt vers l’imposante porte de chêne que leurs invités franchiraient d’une seconde à l’autre. Sa mère, bien loin de s’avouer vaincue, rejoignit aussitôt sa fille et noua tant bien que mal le tissu givré parmi ses mèches. Noa n’y prêta pas la moindre attention, le regard toujours rivé sur les lourdes portes qui la séparaient de son amie.
Donatella passa trois coups secs sur la robe bleutée, déjà froissée, de son unique enfant, avant qu’un mince soupir ne s’échappe d’entre ses lèvres. Duval vint l’entourer de ses bras et posa sa tête sur son épaule, sans manquer de tirer la langue à sa fille, qui avait déjà oublié la contemplation de la porte, bien trop intéressée par ses deux parents.
— Je crois bien qu’ils arrivent, souffla-t-il avec un sourire à l’attention de sa fille, qui repartit aussitôt dans son excitation.
Il relâcha sa femme et lui présenta son bras, le regard, lui aussi, tourné vers la porte de chêne.
288 mots
Dernière modification par Noa Vane le 6 août 2026, 07:15, modifié 1 fois.
#d19002 - Tournes-toi vers le soleil, et l'ombre sera derrière toi.
Au bout des lettres
Je suis bien trop excitée. Ce matin déjà, j'ai réussi à engloutir son petit déjeuner en trois minutes, puis je me suis préparée en une dizaine de minutes seulement ! Habituellement, une heure et demie était le temps qu'il me faut pour accomplir ces tâches.
Mon père m'a alors prise par le bras, et après tout un tas de recommandation de ma mère – "Tu as pris ta brosse à dents ?" "Oui, Maman" "Tu penseras à nous appeler, hein !" "Oui, Maman" "Sois sage ! Je t'aime, ma puce." "Moi aussi, je t'aime, Maman" – on a enfin pu décoller. Enfin, pas décoller au sens Moldu, avec les avions et tout ça, mais plutôt transplaner disons.
Et, après tant de semaines, de mois même, d'attente, j'arrive enfin chez Noa. Un immense sourire se dessine sur mon visage. Un manoir se tient devant moi, imposant. Le bruit des vagues non loin se fait entendre.
Noa, j'arrive !
Papa me prend la main avec un petit sourire, et nous avançons. Je sautille en marchant, de hâte. Arrivés sur le perron, je toque à la porte. Trois coups réguliers. Mon cœur bat d'excitation.
La porte s'ouvre, et je la vois.
« Noaaaaa ! » je crie. Je cours et la prends dans mes bras.
Je sais, ce n'est pas très poli envers ses parents, mais ils comprendront. Au bout de quelques minutes, je dessers doucement mon étreinte, et la regarde avec un immense sourire.
242 mots
@Noa Vane
Et voilà
@Noa Vane
Et voilà
Au bout des lettres
Noa l’avait entendue bien avant les tremblements des battants. Elle se serait bien jetée sur son amie en enfonçant les portes de l’entrée, si sa mère ne l’avait pas retenue d’un regard. Un regard vraiment effrayant dont elle avait le secret — même son père ne savait pas le faire. Alors que c’était un adulte aussi. Ce devait être un truc de maman. Comme toujours savoir les bêtises qu’elle avait faites. Ça aussi, c’était un truc de maman.
Mais Ophélia, elle, n’avait pas été retenue par sa mère. À peine la porte ouverte, Lili sauta dans ses bras — au plus grand plaisir de l’Australienne.
— LILIIIIIII !
Leurs voix s’entrechoquèrent autant que leurs mentons se claquèrent dans leur étreinte. Mais ça importait peu. Lili lui avait tellement manqué !
— Viens ! Il faut que je te montre la mer ! Les vagues sont énormes, tu vas voir, je vais t’apprendre le surf, comme promis ! Et puis — faut que je te montre un koala, ils sont trop mignons ! Ils font toujours des câlins aux arbres — peut-être que c’est leur maman ? Après tout, moi, je fais toujours des câlins à ma maman.
Elle pinça les lèvres une seconde, réellement pensive. Avant d’être submergée à nouveau par l’excitation de revoir son amie après tant de mois. Son cœur battait si vite — plus encore qu’un Vif d’or. Il y avait tellement de choses à lui montrer.
La main de Donatella stoppa momentanément les frétillements de sa fille.
— Doucement, Noa. Laisse donc Ophélia respirer avant de lui faire visiter la moitié de l’Australie.
Elle adressa ensuite un sourire chaleureux à la fillette.
— Bienvenue à la maison, Ophélia. J’espère que le voyage n’a pas été trop fatigant ?
Puis son regard se posa sur son père.
— Monsieur Campbel, je suis ravie de vous revoir. Ne vous inquiétez pas pour Noa, elle parle de votre arrivée depuis des semaines.
Son regard retourna vers Noa, qui semblait déjà prête à tirer son amie jusqu’à la plage.
— Et je crois que je peux oublier l’idée d’avoir une maison calme pendant les prochaines semaines.
Mais Ophélia, elle, n’avait pas été retenue par sa mère. À peine la porte ouverte, Lili sauta dans ses bras — au plus grand plaisir de l’Australienne.
— LILIIIIIII !
Leurs voix s’entrechoquèrent autant que leurs mentons se claquèrent dans leur étreinte. Mais ça importait peu. Lili lui avait tellement manqué !
— Viens ! Il faut que je te montre la mer ! Les vagues sont énormes, tu vas voir, je vais t’apprendre le surf, comme promis ! Et puis — faut que je te montre un koala, ils sont trop mignons ! Ils font toujours des câlins aux arbres — peut-être que c’est leur maman ? Après tout, moi, je fais toujours des câlins à ma maman.
Elle pinça les lèvres une seconde, réellement pensive. Avant d’être submergée à nouveau par l’excitation de revoir son amie après tant de mois. Son cœur battait si vite — plus encore qu’un Vif d’or. Il y avait tellement de choses à lui montrer.
La main de Donatella stoppa momentanément les frétillements de sa fille.
— Doucement, Noa. Laisse donc Ophélia respirer avant de lui faire visiter la moitié de l’Australie.
Elle adressa ensuite un sourire chaleureux à la fillette.
— Bienvenue à la maison, Ophélia. J’espère que le voyage n’a pas été trop fatigant ?
Puis son regard se posa sur son père.
— Monsieur Campbel, je suis ravie de vous revoir. Ne vous inquiétez pas pour Noa, elle parle de votre arrivée depuis des semaines.
Son regard retourna vers Noa, qui semblait déjà prête à tirer son amie jusqu’à la plage.
— Et je crois que je peux oublier l’idée d’avoir une maison calme pendant les prochaines semaines.
@Ophelia Campbel
363 mots
Désolée pour l’attente, j’ai été un peu plus occupée que prévu
363 mots
Désolée pour l’attente, j’ai été un peu plus occupée que prévu
#d19002 - Tournes-toi vers le soleil, et l'ombre sera derrière toi.