Ils dansaient comme si le monde retenait son souffle
31 décembre 2050
PLACE ARMAND MALEFOY

PLACE ARMAND MALEFOY
Bal de la nouvelle année
Il y a eu Annabelle pour laquelle une danse entière a été nécessaire pour lui rendre son éclat intérieur. Elle a fini par rire à l'une de ses blagues. Christopher l'a fait tournoyer à ce moment précis pour ne pas qu'elle voit le regard réprobateur que posaient sur elle Xavier et derrière Xavier leur mère. Christopher s'est abreuvé à son rire, déjà triste à l'idée qu'il s'éteigne.
Il y a eu Jude et ses mains chaudes dans sa nuque, son regard taquin, la forme familière de son corps entre ses mains et leur connaissance parfaite l'un de l'autre qui fait de chacun le cavalier idéal de l'autre. Ses sourires et leurs secrets échangés le temps d'une danse, une étreinte de laquelle Christopher a eu du mal à se détacher, le baiser de Jude dans sa nuque, le sien sur sa joue, trop près des lèvres.
Il y a eu Zakary et son sourire plus grand que le monde, le creux de ses fossettes dans ses joues, ses immenses mains qui se sont posées dans le dos de Christopher qui a frissonné, la tête de Zakary penchée vers lui, sa nuque à lui qui lui faisait mal à force de se courber pour le regarder. Les souvenirs qui affluaient, leurs taquineries, l'insolence, la provocation des deux côtés.
Il y a eu Thomas et la difficulté à rester sérieux en sa compagnie, les rires et l'effet de Paris de retour au creux de son corps. « Tu peux monter sur mes pieds si tu veux, mon bonhomme » et le cri indigné de Tommy, voyant ses souliers tachés quand Christopher s'est exécuté. Leur danse affolée et affolante, le rythme maîtrisé, les regards plissés par les sourires. Leurs yeux qui à intervalle régulier se tournaient vers Alice, les commentaires graveleux de Thomas et lui qui renchérissait. Et au milieu : « S'il te plait, fais danser Anna. Mais si tu me parles encore de ses fesses, je te jure que je t'emballe devant toute la salle, qu'importe ta réputation et celle de ta sœur ! ». Son odeur de santal et l'éclat argenté de son regard.
Christopher s'éloigne de la piste de danse, essoufflé par les pas qu'il a enchaînés. D'autres ont suivi. Des danseurs et des danseuses. Les enchainer pour ne pas être coincé par sa mère ou par son père, les enchaîner pour ne pas que Donovan puisse lui adresser la parole. Retrouver Alice après sa danse avec ses neveux, se moquer des gestes maladroits de Derek. La retrouver après sa danse avec la sœur de Zakary, la chambrer sur leur proximité et se prendre une vilaine réplique en retour sur ledit Zakary. Il a même valsé avec Victoria qui ne l'a pas regardé une seule fois mais qui n'a pas laissé une seule de ses répliques sans réponse. Et puis maintenant reprendre son souffle, trouver son prochain cavalier, sa prochaine source de joie.
Il attrape un verre. Whisky-pur-feu. Il en boit une longue gorgée. La brûlure dans son œsophage le fait grimacer. Christopher essaie de trouver Thomas dans la foule ou Alice ou Jude. Mais c'est un tout autre profil qu'il trouve à quelques pas de là. Comment a-t-il pu le manquer ? Cette peau délicieusement ambrée, ses longs cheveux, son regard calme. Le cœur de Christopher s'emballe d'impatience. Tout à l'heure, à table, il se demandait quand leur danse arriverait. Il l'a vu enchaîner les danses au bras de quelques partenaires puis après il disparaissait pendant un long moment. Et maintenant, il est là. La musique est lente, le prochain morceau se prépare. C'est maintenant. Pas parce que c'est « maintenant ou jamais », mais parce que c'est maintenant que Christopher en a envie.
Il avale une nouvelle gorgée, raisonnable celle-ci, et longe la table pour venir trouver Alden. Il prend soin de rester hors de son champ de vision mais peut-être l'homme fait-il partie de ces personnes impossibles à surprendre. Avant d'arriver, Christopher se passe la main dans les cheveux pour remettre de l'ordre dans ses mèches et tire sur son col pour s'assurer que son costume retombe comme il faut.
Enfin, il arrive près de lui. Ses yeux dévalent le long du corps svelte d'Alden. Ils accrochent les détails de sa tenue. Christopher fait un pas de côté pour apparaître face à l'homme, la tête penchée sur le côté et un sourire taquin qui relève le coin droit de ses lèvres.
« Maintenant ? » questionne-t-il à mi-voix, la main tendue paume vers le haut.
_____
@Alden Wells, maintenant ?
Pour les mentions :
@Alice Sangblanc, pour mon Tommy.
@Lloyd River, pour ma merveilleuse Jude.
@Aelle Bristyle, pour ton intense Zakary.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Ils dansaient comme si le monde retenait son souffle
31 décembre 2050
Place Armand Malefoy
PNJ - Alicia Wells
Place Armand Malefoy
PNJ - Alicia Wells
Reducio
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La chaleur de la foule coule délicieusement sur ma peau, remplacant le froid des sanitaires, quand mes pas me mènent au tourbillon de mouvement. Le bruit, la lumière, tout me semble un peu plus imposant, et je me fais avaler dans la piste quelques instants, trouvant mes pas pour m'en échapper, pour prendre place en son dehors. Ai-je envie de danser ? Peut-être. J'ai envie de retrouver cette légèreté qui m'a quitté lorsque j'ai passé mes mains sous l'eau et que j'ai entendu ses pleurs. Celle qui s'est envolée quand Miya a crispé ses doigts dans mon haut et que j'ai senti son pouls sous ma paume. Alors, la danse me semble une chose sensible à faire, une distraction saine et amusante qui pourrait m'aider à la retrouver, cette légèreté. Peut-être pourrais-je même trouver des ailes sur mon dos à la fin de la soirée. Mais même lorsque je tire mon cou vers le haut, lorsque j'essaie de voir un visage familier dans la troupe qui s'élance devant moi, puis dans mon dos, là où les gens sont toujours assis comme des statuettes entreposées, je ne vois personne. Pénible.
Un léger soupire m'échappe. Machinalement, ma main trouve quelque chose à boire sur l'une des longues tables qui cachent presque la piste, et le liquide est réconfortant, même s'il ne devrait pas l'être—qu'est-ce que ça dit de moi, qu'un cocktail soit réconfortant, qu'il me redonne du vivant ? Je me fiche guère de ce que les gens peuvent penser, alors le verre est rapidement terminé. Un film sucré reste sur ma langue. Je me demande si elle est bleue, même couleur que le faux ciel qui nous couvre.
Entre Miya et son Lloyd, mes propres peines, celle de Sulien, je ne sais plus quoi penser. J'aurais espéré pour cette soirée de glisser doucement, lentement, de nous permettre de prendre le changement d'année avec de grands sourires et des âmes apaisées, mais il ne semblerait pas que ce soit une possibilité, pas ce soir. J'imagine que c'est ce qui se passe quand on laisse nos soucis devenir de lourds poids sur nos épaules.
Bon sang, j'ai envie de m'amuser. Je ne veux plus penser aux autres, plus pour ce soir, même s'ils resteront dans un coin de mon crâne à soupirer leurs douleurs, mais je veux les pousser loin, très loin, juste le temps de quelques jolies danses.
C'est là que mes pensées se tournent vers cet homme si charismatique qui siégait face à moi lors du repas, celui aux yeux sombres qui me suivaient et me lisaient, et un frisson me parcoure l'échine. Cette sensation d'être vu, d'être voulu d'une certaine manière, elle est presque nouvelle pour moi. Je ne l'ai pas ressentie depuis longtemps, et elle a rarement été si réciproque, et je ne veux rien connaître de sa vie, mais je veux ses sourires en coin et son regard pour moi, et seulement pour moi, quelques instants. Que pour ce soir. Demain, j'oublierais tout, je ne reverrais jamais cet homme, donc tout est permis, il me semble.
Une silhouette se glisse à mes côtés et mes épaules se haussent en un petit sursaut. Un sourire que je n'arrive pas à contenir se plaque sur mon visage quand je le vois, lui, comme si je l'avais appelé à moi avec seulement mes envies, et mon regard glisse le long de son corps avec bien moins de retenue que plus tôt. Sa main est tendue vers moi, paume dirigée vers le ciel comme un suppliant. Mes phalanges glissent le long des siennes, retrouvant le creux de sa paume. « Maintenant », je murmure en retour. Mon verre est délaissé sur la table et mes pas nous mènent déjà vers la foule. Je ne tire pas, et mes doigts s'échappent des siens quelques instants. Je tourne légèrement la tête pour le voir, un sourire qui étire mes lèvres, et je me laisse avaler par ce nuage d'idiotie et d'envie qui flâne autour de nous.
Je ne l'ai pas vu danser. Je ne sais pas ce qu'il me réserve, je ne sais pas si le doux slow qui est lancé laissera place à quelque chose de mouvementé, je ne sais pas si nous serons si proches que je pourrai sentir son souffle contre moi, ou s'il gardera une distance saine entre nous. Je ne sais rien, et c'est peut-être ça qui fait vibrer mon cœur aussi fort lorsque je reprends sa main dans la mienne. « Tu as tardé à me trouver. » Les mots sont soufflés au creux de son oreille, un ton taquin qui dirige mes paroles. « Il me sera difficile d'imaginer que nous sommes dans ma cuisine, mais je pense danser assez bien pour te satisfaire », j'ajoute, reculant d'un pas. Un sourcil arqué, je le regarde—je veux voir ce qu'il va faire de ce moment, comment il décidera de nous mener, s'il décide de nous mener. Les bijoux attachés à mon haut scintillent doucement contre la lumière et font un petit bruit qui m'est maintenant familier.
@Christopher Hangoover, maintenant.
Vétérinomage aux Hébrides (12.50) | #6b5884
Ils dansaient comme si le monde retenait son souffle
Christopher se laisse regarder avec plaisir. Si le regard d'Alden était une caresse, il l'aurait sentie couler le long de son corps et en aurait apprécié la chaleur. Son sourire se fait moins grand mais plus sincère, il dépose ses yeux dans ceux de l'homme, heureux d'y trouver ce qu'il est venu y chercher et ce qu'il y a laissé lorsqu'il a quitté la table tout à l'heure. Alden ne met pas longtemps avant de glisser ses doigts le long de sa paume, il n'a pas hésité. Sa peau est chaude sur la sienne. Christopher lie sa main à la sienne, content que l'homme prenne les devants pour les emmener sur la piste de danse, avec sur les lèvres ce seul mot répété, comme une promesse. Maintenant, et c'est la seule chose qui compte. Maintenant et son visage qui se tourne vers lui à travers la foule pour lui lancer un sourire qui fait naître des frissons dans le bas de son dos. Maintenant et sa main qui quitte la sienne, ce qui tord les lèvres de Christopher en une moue mécontente. Maintenant et les notes lentes d'un slow qui leur promet ce qu'ils désirent tous les deux, à savoir une proximité dans laquelle il y a tout à découvrir.
Si Christopher reste conscient de ce qui l'entoure, conscient d'où se trouve Thomas dans la salle, d'où se trouve Alice, d'où se trouve sa famille qu'il souhaite éperdument éviter, il ne se laisse pas moins emporter par l'instant et par la vision de ce grand homme qui ne regarde que lui à ce moment précis. Il en a vécu des dizaines, de moments comme celui-ci, des trentaines. Il se rappelle de certains, d'autres non. Parfois il ne ressentait rien, parfois il ressentait tout. Ce soir est un soir où il ressent. L'attirance, le désir de découvrir ce que cache le caractère de cet homme au regard si doux, le besoin de remplir le silence qu'a laissé Paris à l'intérieur de sa tête de la présence d'une personne de laquelle il pourra être proche.
Son sourire confiant n'a pas quitté ses lèvres et il se transforme en quelque chose de plus complice lorsqu'Alden attrape de nouveau sa main. Ses lèvres à quelques centimètres de son oreille, son souffle chaud dans son cou, la caresse d'une mèche de ses longs cheveux sur sa joue, une odeur subtile, trop pour qu'il puisse mettre un mot dessus. Christopher tourne légèrement la tête vers Alden, il capte son regard, son sourire taquin avant qu'Alden s'éloigne sans le lâcher. Un sourcil s'arque sur le front de Christopher. Il le laisse s'éloigner, son bras se tend pour suivre le mouvement. Il se penche même en arrière l'air de dire : oseras-tu t'éloigner de moi ?
« Et quand bien même tu ne danserais pas bien, je serai quand même satisfait, réplique-t-il en contrôlant la largeur de son sourire.
Mais avant qu'Alden ne puisse vraiment s'éloigner, Christopher tire légèrement sur son bras, ses doigts accrochés aux siens, pour le rapprocher de lui. Sa main libre trouve naturellement sa place dans son dos et exerce une pression sur ses reins. Il l'attire à lui mais prend soin de laisser quelques centimètres entre leur deux corps. Et maintenant, le prix de cette proximité : Christopher doit pencher la tête en arrière pour soutenir le regard d'Alden. Morgane, qu'il est grand ! Moins que Zakary, murmure une voix dans sa tête qu'il s'empresse de faire taire.
« J'ai tardé juste ce qu'il faut pour te laisser danser avec d'autres et te donner envie que je vienne te trouver. » Un sourire mutin ourle ses lèvres. « Ça a fonctionné ? »
Christopher détache doucement, tendrement ses doigts de ceux d'Alden. Il fait glisser sa main le long de son bras et la dépose sur son épaule. Son cavalier étant désormais libre de ses mouvements, Christopher espère qu'il choisira rapidement de placer ses bras autour de lui. Il se demande s'il déposera ses mains autour de ses hanches ou s'il préfèrera les poser sur ses épaules.
Si Christopher reste conscient de ce qui l'entoure, conscient d'où se trouve Thomas dans la salle, d'où se trouve Alice, d'où se trouve sa famille qu'il souhaite éperdument éviter, il ne se laisse pas moins emporter par l'instant et par la vision de ce grand homme qui ne regarde que lui à ce moment précis. Il en a vécu des dizaines, de moments comme celui-ci, des trentaines. Il se rappelle de certains, d'autres non. Parfois il ne ressentait rien, parfois il ressentait tout. Ce soir est un soir où il ressent. L'attirance, le désir de découvrir ce que cache le caractère de cet homme au regard si doux, le besoin de remplir le silence qu'a laissé Paris à l'intérieur de sa tête de la présence d'une personne de laquelle il pourra être proche.
Son sourire confiant n'a pas quitté ses lèvres et il se transforme en quelque chose de plus complice lorsqu'Alden attrape de nouveau sa main. Ses lèvres à quelques centimètres de son oreille, son souffle chaud dans son cou, la caresse d'une mèche de ses longs cheveux sur sa joue, une odeur subtile, trop pour qu'il puisse mettre un mot dessus. Christopher tourne légèrement la tête vers Alden, il capte son regard, son sourire taquin avant qu'Alden s'éloigne sans le lâcher. Un sourcil s'arque sur le front de Christopher. Il le laisse s'éloigner, son bras se tend pour suivre le mouvement. Il se penche même en arrière l'air de dire : oseras-tu t'éloigner de moi ?
« Et quand bien même tu ne danserais pas bien, je serai quand même satisfait, réplique-t-il en contrôlant la largeur de son sourire.
Mais avant qu'Alden ne puisse vraiment s'éloigner, Christopher tire légèrement sur son bras, ses doigts accrochés aux siens, pour le rapprocher de lui. Sa main libre trouve naturellement sa place dans son dos et exerce une pression sur ses reins. Il l'attire à lui mais prend soin de laisser quelques centimètres entre leur deux corps. Et maintenant, le prix de cette proximité : Christopher doit pencher la tête en arrière pour soutenir le regard d'Alden. Morgane, qu'il est grand ! Moins que Zakary, murmure une voix dans sa tête qu'il s'empresse de faire taire.
« J'ai tardé juste ce qu'il faut pour te laisser danser avec d'autres et te donner envie que je vienne te trouver. » Un sourire mutin ourle ses lèvres. « Ça a fonctionné ? »
Christopher détache doucement, tendrement ses doigts de ceux d'Alden. Il fait glisser sa main le long de son bras et la dépose sur son épaule. Son cavalier étant désormais libre de ses mouvements, Christopher espère qu'il choisira rapidement de placer ses bras autour de lui. Il se demande s'il déposera ses mains autour de ses hanches ou s'il préfèrera les poser sur ses épaules.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Ils dansaient comme si le monde retenait son souffle
La paume de Christopher est chaude contre ma peau. C'est vrai que, malgré les danses, malgré les boissons colorées, le repas, il fait frais dans cette bulle de luxe, donc ce n'est pas surprenant qu'un frisson danse le long de mon dos. Je ne regrette plus d'avoir accepté de porter une telle tenue, parce que ça semble lui plaire, et bien que son toucher soit léger dans mon dos, c'est agréable, cette douce chaleur. Je descends le menton pour pouvoir l'observer de si près—il fait quelques centimètres en moins que moi, je n'ai pas l'habitude d'avoir le cou tiré ainsi, Kieran est plus grand que moi de quelques bouts seulement, assez pour que mon visage soit relevé en sa direction à tout moment et—je mordille l'intérieur d'une de mes joues. À bas ces pensées qui ne tournent qu'autour de lui. J'ai un homme intéressé dans mes bras, pourquoi ne suis-je pas satisfait au plus profond de mon âme ?
Ça viendra, je me dis, alors qu'il me parle. Un lent sourire tire mes lèvres et je penche la tête de côté tout légèrement, amusé. « Me donner envie ? » je murmure, mon regard descendant sur ses lèvres et suivant leur forme avec malice. Je ne le reverrais jamais. Nous allons nous quitter après une danse, deux danses, peut-être plus. Je ne repartirais pas avec lui, je ne verrais jamais sa cuisine, je n'y danserais jamais avec un verre de main en main. Alors, je décide de m'amuser. « Oui. »
Sa main le long de mon bras lance des vagues colorées sur l'ensemble de mon corps, comme s'il lui répondait. C'est contrôlé, son mouvement qui s'arrête à mon épaule, et lentement, mes paumes glissent sur ses hanches, pouces contre le tissu de ses vêtements. Ils glissent dans les boucles de sa ceinture pour l'empêcher de m'échapper, hors de mon contrôle. Je suis perdu. Je le tire vers moi doucement, d'un centimètre. La musique est douce pour l'instant, elle m'invite à me balancer, je suis les mouvements de mon partenaire de danse sans grande difficulté—je ne me fais pas confiance, je crois, pas lorsque mon cœur bat si fort et que mes pensées se divisent, qu'elles suivent le contour de sa mâchoire avec mes yeux, et qu'elles cherchent périodiquement un visage familier dans la foule.
Il faut que j'arrête. Mon attention se reporte sur Christopher, gentil Christopher, et je rapproche mes lèvres de son oreille. « Il fait beau, n'est-ce pas ? » je murmure, un rire caché au fond de ma gorge. Quoi de mieux qu'une conversation de plaisance alors que mes mains tiennent ses hanches fermement ? J'ai un peu moins d'équilibre que la norme mais je m'en sors relativement bien, et j'imagine qu'il n'est pas sobre—il ne peut pas l'être, s'il danse avec un presque-inconnu ainsi après un seul repas partagé. Ou peut-être est-il ainsi, peut-être que Christopher est un homme qui aime les douces vagues ourlantes dans son torse qui suivent un regard appuyé, et peut-être que je ne suis qu'une proie parmi tant d'autres. Ça m'aurait attristé, autrefois. Mais je sais dans quoi je m'embarque, je sais que mes mains sur ses hanches ne veulent pas dire grand-chose dans le contexte de ce bal, et que sa main dans mon dos n'est qu'un plaisir temporaire.
Ce n'est pas dérangeant. « Tu connais le nom de ton parfum ? » je dis, comme un idiot, j'en ai l'impression, mais je ne peux pas m'en empêcher. « Trop de mots pour exprimer que tu sens bon. » Un rire m'échappe alors, loin d'être le dernier de cette danse qui fait danser des papillons dans ma cage thoracique. Des papillons, bon sang ! J'ai à nouveau dix-sept ans, je suis en train de me dandiner lors d'une soirée clandestine à Poudlard, les bras autour du cou d'un joli Gryffondor dont je ne me rappelle pas le nom. Mais Christopher n'est pas un aigle, non, c'est un serpent, et mince, est-ce que j'ai un truc pour les Serpentard ? Ça en dit loin. Les mots, ces traitres, m'échappent encore. « Tu sais, tu danses avec un vieil homme. » Un sourire amusé. « Je devais déjà avoir quitté l'école quand tu es devenu un serpent. Ça ne te dérange pas, de savoir que je peux périr à tout moment, dans tes bras ? Mes os deviennent de la poudre avec chaque mouvement. » Il me semble plus jeune de quelques années. Peut-être d'un peu plus que quelques années. Rien d'indécent. Je regarde les courbes de ses sourcils, je suis la surface de ses pomettes, je remonte pour plonger dans ses yeux noirs et m'y perdre quelques instants. « Je raconte n'importe quoi. Parle pour moi, ou je risque de m'humilier. »
Ça viendra, je me dis, alors qu'il me parle. Un lent sourire tire mes lèvres et je penche la tête de côté tout légèrement, amusé. « Me donner envie ? » je murmure, mon regard descendant sur ses lèvres et suivant leur forme avec malice. Je ne le reverrais jamais. Nous allons nous quitter après une danse, deux danses, peut-être plus. Je ne repartirais pas avec lui, je ne verrais jamais sa cuisine, je n'y danserais jamais avec un verre de main en main. Alors, je décide de m'amuser. « Oui. »
Sa main le long de mon bras lance des vagues colorées sur l'ensemble de mon corps, comme s'il lui répondait. C'est contrôlé, son mouvement qui s'arrête à mon épaule, et lentement, mes paumes glissent sur ses hanches, pouces contre le tissu de ses vêtements. Ils glissent dans les boucles de sa ceinture pour l'empêcher de m'échapper, hors de mon contrôle. Je suis perdu. Je le tire vers moi doucement, d'un centimètre. La musique est douce pour l'instant, elle m'invite à me balancer, je suis les mouvements de mon partenaire de danse sans grande difficulté—je ne me fais pas confiance, je crois, pas lorsque mon cœur bat si fort et que mes pensées se divisent, qu'elles suivent le contour de sa mâchoire avec mes yeux, et qu'elles cherchent périodiquement un visage familier dans la foule.
Il faut que j'arrête. Mon attention se reporte sur Christopher, gentil Christopher, et je rapproche mes lèvres de son oreille. « Il fait beau, n'est-ce pas ? » je murmure, un rire caché au fond de ma gorge. Quoi de mieux qu'une conversation de plaisance alors que mes mains tiennent ses hanches fermement ? J'ai un peu moins d'équilibre que la norme mais je m'en sors relativement bien, et j'imagine qu'il n'est pas sobre—il ne peut pas l'être, s'il danse avec un presque-inconnu ainsi après un seul repas partagé. Ou peut-être est-il ainsi, peut-être que Christopher est un homme qui aime les douces vagues ourlantes dans son torse qui suivent un regard appuyé, et peut-être que je ne suis qu'une proie parmi tant d'autres. Ça m'aurait attristé, autrefois. Mais je sais dans quoi je m'embarque, je sais que mes mains sur ses hanches ne veulent pas dire grand-chose dans le contexte de ce bal, et que sa main dans mon dos n'est qu'un plaisir temporaire.
Ce n'est pas dérangeant. « Tu connais le nom de ton parfum ? » je dis, comme un idiot, j'en ai l'impression, mais je ne peux pas m'en empêcher. « Trop de mots pour exprimer que tu sens bon. » Un rire m'échappe alors, loin d'être le dernier de cette danse qui fait danser des papillons dans ma cage thoracique. Des papillons, bon sang ! J'ai à nouveau dix-sept ans, je suis en train de me dandiner lors d'une soirée clandestine à Poudlard, les bras autour du cou d'un joli Gryffondor dont je ne me rappelle pas le nom. Mais Christopher n'est pas un aigle, non, c'est un serpent, et mince, est-ce que j'ai un truc pour les Serpentard ? Ça en dit loin. Les mots, ces traitres, m'échappent encore. « Tu sais, tu danses avec un vieil homme. » Un sourire amusé. « Je devais déjà avoir quitté l'école quand tu es devenu un serpent. Ça ne te dérange pas, de savoir que je peux périr à tout moment, dans tes bras ? Mes os deviennent de la poudre avec chaque mouvement. » Il me semble plus jeune de quelques années. Peut-être d'un peu plus que quelques années. Rien d'indécent. Je regarde les courbes de ses sourcils, je suis la surface de ses pomettes, je remonte pour plonger dans ses yeux noirs et m'y perdre quelques instants. « Je raconte n'importe quoi. Parle pour moi, ou je risque de m'humilier. »
Vétérinomage aux Hébrides (12.50) | #6b5884
Ils dansaient comme si le monde retenait son souffle
Les mains d'Alden trouvent le chemin jusqu'à ses hanches. Elles se déposent là, contre lui, sur ses vêtements, autour de son corps, et Christopher suit avec plaisir le mouvement qu'elles lui impose : encore un centimètre qui le rapproche de l'homme avec lequel il est en train de danser et dont il ne manque rien de la direction que prend ses yeux. Quand Alden observe son visage, quand il observe ses lèvres, quand il tombe dans ses yeux. Christopher voit tout et il sait qu'Alden voit également tout de ses yeux à lui quand il s'amuse à les faire courir le long de la ligne attirante de sa mâchoire. Cela fait partie du jeu : en étant aussi proches l'une de l'autre, face à face, leurs regards ne peuvent pas mentir. Les murmures des réponses d'Alden créent des frissons qui remonte le long de son dos ; les lèvres de Christopher se soulèvent en réponse et le regard qu'il lance à l'homme signifie : je n'en doutais pas et brille d'un brin d'insolence dont il est parfaitement conscient.
Christopher fait glisser sa main sur l'épaule d'Alden. Elle n'est pas accrochée, elle est seulement posée là, la paume sur son torse, les doigts sur l'épaule, et la chaleur de l'autre homme irradie contre sa peau, que ce soit à travers cette main ou celle qui est posée dans le creux de son dos. Christopher résiste à l'envie d'affirmer son contact et d'approcher Alden de lui, de réduire à néant les centimètres qui les séparent encore. Il en a envie mais il n'en fait rien ; la danse vient à peine de commencer et leur corps ondulent l'un devant l'autre, ses hanches entre les mains d'Alden et celles d'Alden entre ses bras à lui. C'est pour le moment amplement suffisant et Christopher aime profiter de chaque étape sans forcément les brûler.
Son souffle se bloque dans sa gorge lorsque son partenaire courbe sa grande taille pour se pencher vers lui, ses lèvres en quête de son oreille. Sa question est si étonnante qu'un rire échappe à Christopher : s'il fait beau ? Il se recule légèrement pour jeter un regard inquisiteur à son charmant cavalier.
« Vraiment ? » Un coup d’œil au ciel, puis au visage qui lui fait face. « Très beau, ouais, » réplique-t-il, sauf qu'il ne pense pas au ciel ou au temps, dehors, qui est tout sauf beau.
Mais avant qu'il ait pu demander à Alden s'il a apprécié les boissons alcoolisées proposées ce soir, ce qui semble être le cas et ce qui le fait doucement sourire, Alden plonge de nouveau son nez dans son cou avec un aveu bien plus étonnant et audacieux que le précédent qui, en plus de faire bondir le cœur de Christopher dans sa poitrine, lui arrache un grognement amusé. Sa main se fait plus ferme dans le dos d'Alden et ses doigts glissent sur son épaule. Il ne fait que parler et pendant qu'il parle, Christopher observe ses lèvres qui sourient, qui rient, qui s'étirent, qui vivent, et son regard qui brille, qui se plisse, qui parfois se détourne mais si peu, qui coule sur son visage. Son propre sourire s'agrandit en réponse et s'il a entrouvert les lèvres pour répondre à la question d'Alden, voilà qu'il les referme de nouveau parce qu'il a bien compris que l'homme ne parvenait pas à s'arrêter de parler ; l'alcool ou le stress ? Il n'a pas l'air stresser de l'avoir entre ses bras, ses mains sont fermes autour de ses hanches, son corps est relâché entre ses mains. Non, aucun stress. L'alcool. Il a l'alcool amusant, Christopher en profite comme il profiterait d'une bonne boisson en la buvant gorgée par gorgée. Il profite de chaque instant, chaque mot, chaque rire, les dents plantées dans sa lèvre inférieure pour s'empêcher de rire.
Lorsqu'Alden parvient enfin à se taire, Christopher remonte la main qu'il gardait sagement posée dans le creux de son dos jusqu'à atteindre la base de la nuque d'Alden. Ses doigts se mélangent à ses longs cheveux et leur caresse est d'une douceur exquise.
« Tu as l'alcool bavard, hein ? s'amuse-t-il. Ça me plait. Je peux bien parler si ça t'évite de t'humilier, je peux faire ça pour toi. »
Les doigts de sa main droite s'enfoncent un peu plus loin dans la masse des cheveux d'Alden pour atteindre sa nuque qu'il caresse doucement. Ses yeux quittent un instant l'écrin des siens pour se balader sur la lande joliment dorée de sa peau.
« Pour un vieil homme, tu es plutôt bien conservé. Je ne te laisserai pas tomber en poussière entre mes bras, Alden, ce serait dommage que je ne puisse plus profiter de tout ça. »
Ça étant Alden dans son entièreté, ce qu'il précise en baissant les yeux vers son buste et en les remontant comme pour désigner tout son corps. Un fin sourire étire les lèvres de Christopher. Il n'hésite qu'un instant avant de se dresser sur la pointe des pieds pour s'approcher d'Alden, tout en appuyant doucement sur la nuque de celui-ci pour l'encourager à se pencher vers lui. Christopher penche la tête sur le côté comme pour lui offrir son cou — continue de sentir, veut dire ce mouvement. Quant aux yeux de Christopher, plissés par l'amusement insolent qu'il ressent, ils coulent d'une telle manière vers Alden que celui-ci ne pourra pas ignorer être l'objet de la douce moquerie de l'homme qu'il tient entre ses doigts.
« Je connais le nom de mon parfum et même sa composition, dit-il d'une voix faussement fière, je peux te dire où il a été fabriqué et par qui. Je peux même te dire d'où proviennent ses ingrédients et comment ils ont été traités pour donner cette fragrance particulière qui est, je suis d'accord avec toi, particulièrement agréable à sentir. »
Dans la nuque d'Alden, les doigts de Christopher s'entremêlent à ses mèches de cheveux. Il y mélange ses doigts, y coince les cheveux d'Alden sans les tirer, profite de leur douceur et, il le sent d'ici, de leur odeur. Son regard saute d'un œil à l'autre, tombe jusqu'aux lèvres d'Alden, avant de remonter sagement. La musique résonne doucement autour d'eux, mais si lointaine. Christopher se calque sur le mouvement des mains de l'homme sur ses hanches pour bouger les pieds, mais il n'y a pas grand chose de plus qui le rattache à la musique et à ce qui les entoure.
« Ma famille fabrique ces parfums, mais ne parlons pas de ça, c'est d'un ennui mortel. »
Christopher dresse le menton comme pour mieux s'offrir aux yeux d'Alden.
« Continue de parler, implore-t-il dans un sourire qui fait tout le contraire d'implorer. Tu ne t'humilies pas quand tu me parles. Tu as une voix agréable, tu sais, ça ? »
Un petit sourire lui secoue les épaules. Lui aussi a un peu abusé des boissons ce soir, mais il se contrôle encore, malgré la légèreté de ses pensées — mais celle-ci est également due à l'homme avec lequel il danse.
Christopher fait glisser sa main sur l'épaule d'Alden. Elle n'est pas accrochée, elle est seulement posée là, la paume sur son torse, les doigts sur l'épaule, et la chaleur de l'autre homme irradie contre sa peau, que ce soit à travers cette main ou celle qui est posée dans le creux de son dos. Christopher résiste à l'envie d'affirmer son contact et d'approcher Alden de lui, de réduire à néant les centimètres qui les séparent encore. Il en a envie mais il n'en fait rien ; la danse vient à peine de commencer et leur corps ondulent l'un devant l'autre, ses hanches entre les mains d'Alden et celles d'Alden entre ses bras à lui. C'est pour le moment amplement suffisant et Christopher aime profiter de chaque étape sans forcément les brûler.
Son souffle se bloque dans sa gorge lorsque son partenaire courbe sa grande taille pour se pencher vers lui, ses lèvres en quête de son oreille. Sa question est si étonnante qu'un rire échappe à Christopher : s'il fait beau ? Il se recule légèrement pour jeter un regard inquisiteur à son charmant cavalier.
« Vraiment ? » Un coup d’œil au ciel, puis au visage qui lui fait face. « Très beau, ouais, » réplique-t-il, sauf qu'il ne pense pas au ciel ou au temps, dehors, qui est tout sauf beau.
Mais avant qu'il ait pu demander à Alden s'il a apprécié les boissons alcoolisées proposées ce soir, ce qui semble être le cas et ce qui le fait doucement sourire, Alden plonge de nouveau son nez dans son cou avec un aveu bien plus étonnant et audacieux que le précédent qui, en plus de faire bondir le cœur de Christopher dans sa poitrine, lui arrache un grognement amusé. Sa main se fait plus ferme dans le dos d'Alden et ses doigts glissent sur son épaule. Il ne fait que parler et pendant qu'il parle, Christopher observe ses lèvres qui sourient, qui rient, qui s'étirent, qui vivent, et son regard qui brille, qui se plisse, qui parfois se détourne mais si peu, qui coule sur son visage. Son propre sourire s'agrandit en réponse et s'il a entrouvert les lèvres pour répondre à la question d'Alden, voilà qu'il les referme de nouveau parce qu'il a bien compris que l'homme ne parvenait pas à s'arrêter de parler ; l'alcool ou le stress ? Il n'a pas l'air stresser de l'avoir entre ses bras, ses mains sont fermes autour de ses hanches, son corps est relâché entre ses mains. Non, aucun stress. L'alcool. Il a l'alcool amusant, Christopher en profite comme il profiterait d'une bonne boisson en la buvant gorgée par gorgée. Il profite de chaque instant, chaque mot, chaque rire, les dents plantées dans sa lèvre inférieure pour s'empêcher de rire.
Lorsqu'Alden parvient enfin à se taire, Christopher remonte la main qu'il gardait sagement posée dans le creux de son dos jusqu'à atteindre la base de la nuque d'Alden. Ses doigts se mélangent à ses longs cheveux et leur caresse est d'une douceur exquise.
« Tu as l'alcool bavard, hein ? s'amuse-t-il. Ça me plait. Je peux bien parler si ça t'évite de t'humilier, je peux faire ça pour toi. »
Les doigts de sa main droite s'enfoncent un peu plus loin dans la masse des cheveux d'Alden pour atteindre sa nuque qu'il caresse doucement. Ses yeux quittent un instant l'écrin des siens pour se balader sur la lande joliment dorée de sa peau.
« Pour un vieil homme, tu es plutôt bien conservé. Je ne te laisserai pas tomber en poussière entre mes bras, Alden, ce serait dommage que je ne puisse plus profiter de tout ça. »
Ça étant Alden dans son entièreté, ce qu'il précise en baissant les yeux vers son buste et en les remontant comme pour désigner tout son corps. Un fin sourire étire les lèvres de Christopher. Il n'hésite qu'un instant avant de se dresser sur la pointe des pieds pour s'approcher d'Alden, tout en appuyant doucement sur la nuque de celui-ci pour l'encourager à se pencher vers lui. Christopher penche la tête sur le côté comme pour lui offrir son cou — continue de sentir, veut dire ce mouvement. Quant aux yeux de Christopher, plissés par l'amusement insolent qu'il ressent, ils coulent d'une telle manière vers Alden que celui-ci ne pourra pas ignorer être l'objet de la douce moquerie de l'homme qu'il tient entre ses doigts.
« Je connais le nom de mon parfum et même sa composition, dit-il d'une voix faussement fière, je peux te dire où il a été fabriqué et par qui. Je peux même te dire d'où proviennent ses ingrédients et comment ils ont été traités pour donner cette fragrance particulière qui est, je suis d'accord avec toi, particulièrement agréable à sentir. »
Dans la nuque d'Alden, les doigts de Christopher s'entremêlent à ses mèches de cheveux. Il y mélange ses doigts, y coince les cheveux d'Alden sans les tirer, profite de leur douceur et, il le sent d'ici, de leur odeur. Son regard saute d'un œil à l'autre, tombe jusqu'aux lèvres d'Alden, avant de remonter sagement. La musique résonne doucement autour d'eux, mais si lointaine. Christopher se calque sur le mouvement des mains de l'homme sur ses hanches pour bouger les pieds, mais il n'y a pas grand chose de plus qui le rattache à la musique et à ce qui les entoure.
« Ma famille fabrique ces parfums, mais ne parlons pas de ça, c'est d'un ennui mortel. »
Christopher dresse le menton comme pour mieux s'offrir aux yeux d'Alden.
« Continue de parler, implore-t-il dans un sourire qui fait tout le contraire d'implorer. Tu ne t'humilies pas quand tu me parles. Tu as une voix agréable, tu sais, ça ? »
Un petit sourire lui secoue les épaules. Lui aussi a un peu abusé des boissons ce soir, mais il se contrôle encore, malgré la légèreté de ses pensées — mais celle-ci est également due à l'homme avec lequel il danse.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Ils dansaient comme si le monde retenait son souffle
Je n'aurais pas dû tant boire. Peut-être aurais-je été plus vif, plus apte à ce petit jeu entre nous, moins propice à l'humiliation à laquelle je me suis soumis avec mes mots. Christopher n'a pas l'air touché—il a l'air amusé, même. J'aime la façon dont ses lèvres se courbent pour créer ce sourire, et j'ai presque envie de lui demander de toujours sourire en ma compagnie, parce que ça lui va bien, cet air taquin et cette lueur dans ses yeux.
Sa main dans ma nuque. Mon mouvement est involontaire, guidé par ce confort d'avoir une nouvelle chaleur contre ma peau. Je m'abandonne à son toucher quelques instants, menton relevé alors que je m'enfonce dans sa paume. Je partage bien plus avec les animaux que je soigne que je n'ose le mentionner, et j'imagine qu'avoir perdu la moitié de mon bon sens dans les longs verres alcoolisés que j'ai ravagé cette soirée ne m'aide pas particulièrement pour combattre cette sensation si douce qui me parcoure tout en entier lorsque Chris commence à me prendre pour un chat. Ses mots me parviennent tardivement et mon regard se pose sur lui, d'abord confus, puis amusé.
Je n'ai pas le temps de répondre, ni de penser—non, c'est tout flou dans ma tête, je ne vois que lui et je ne ressens que ses doigts contre ma nuque qui m'ancrent, me tirent vers lui. Comment résister ? Je n'en ai pas envie, dans tous les cas, alors je me laisse aller vers l'avant. Mes lèvres sont à quelques centimètres de sa peau, je vois le flot de monde tout autour de nous par-dessus son épaule, aucun visage défini dans le lot, et j'ai l'impression de boire son parfum et de me perdre un peu plus. Je n'aurais pas dû boire du tout.
Tout s'explique. Mon cœur palpite à l'idée d'être face à quelqu'un qui laisse glisser tant de savoir de ses lèvres, sans une once de difficulté. Je n'ai jamais porté une attention absolue aux parfums que je m'offre, la majorité de ce que porte sur ma peau noyée dans les effluves d'encens que je m'entête à allumer lorsque je rentre chez moi. Les dragons ne sentent pas très bon, et j'ai parfois l'impression que leur odeur bien spécifique me suit partout où je vais. Ce sont donc des tons forts et brusques qui me suivent dans mon quotidien. Ce soir ? Je ne sais plus. Alicia m'a aspergé de quelque chose avant de partir, quelque chose de doux et de sucré, rien que je ne m'autorise, mais je pense que la légèreté du parfum m'a déjà quitté.
« C'est très impressionnant, » je murmure au creux de son oreille. « D'un ennui mortel ? Christopher, » j'ajoute avec un rire léger. Je me retrouve encore une fois dans les bras d'un homme de statut bien plus élevé que le mien—est-ce que j'ai un petit quelque chose pour les hommes riches ? « Je m'humilie quand je parle avec bien trop de litres d'alcool dans le sang, » je lance en rétorque amusée. « Ne peux-tu donc pas me décrire ton parfum ? Ça m'intéresse. » Tu m'intéresses.
Je glisse une main dans son dos, mon pouce faisant des va et viens contre le doux tissu de son haut. « Tu aimes juste l'idée de pouvoir me faire du chantage lorsque je ne serais plus à moitié ivre, » je murmure, un sourcil levé. Je résiste l'envie de le tirer vers moi, de faire disparaître cet espace entre nous. Je ne résiste pas à son imploration, malheureusement, et un léger soupir m'échappe. « Si tu estimes qu'une famille qui nage dans la fabrique de parfums est ennuyante, » je commence, « Tu trouvera sûrement l'occupation de ma famille assommante. » Une légère pause que je compte combler immédiatement, parce que me voilà reparti pour un tour, mes lèvres s'ouvrant avant que je ne puisse finir une pensée. « Mes parents ont une ferme. Ma mère est vétérinaire. Moldue. » Il me semble important de le mentionner, pour une quelconque raison. Parce que c'est la moitié de mon identité ? Parce que je sais à présent que Chris cache un passé aisé derrière lui, et que je préfère qu'il me rejette maintenant, plutôt que plus tard, dans une situation bien plus humiliante ? Mes épaules se tendent quelques instants.
Je ne le connais pas assez pour présumer qu'il est assez ouvert d'esprit sur le sujet. L'alcool me rend plus émotif, j'en ai l'impression, parce que je ne sais pas ce que je ferai s'il me pousse et me regarde avec dégoût, alors, je distrait. « Ma sœur est… » je continue, mais le mot m'échappe. « Elle fait…les ongles de gens. De très jolies choses. Je n'y comprends rien, mais elle est douée. Elle gagne bien sa vie, et ne fait pas assez attention à elle. Tu l'aimerais, » je lui avoue. Puis, mon regard se fait dur. « Ne pose pas tes pattes sur elle. Un Wells c'est bien assez pour toi, » je décide, un sourire amusé sur mes lèvres. Puis, un petit rire. « Wells, c'est notre nom. Je ne sais plus si je m'étais présenté avec ou non. Oh, tu vas pouvoir me retrouver—tu sais où je travaille, tu connais mon nom…ne me fais pas de chantage, s'il te plaît. Ne fait pas ça à un vieil homme. »
J'exhale mon anxiété que je n'avais pas senti monter. Peu importe s'il n'aime pas les sangs-mêlés. J'aurais gagné un début de soirée amusant, une danse, quelques caresses. « C'est une jolie petite ferme. Nous avons de tout. Mon père passe plus de temps à donner qu'à vendre, ce qui explique leur difficulté à payer leurs factures. Ils aiment beaucoup trop adopter mes amis—j'ai deux meilleurs amis, qui viennent tous deux de familles sorcières aisées, et…bon, les familles sorcières aisées, » je dis avec un haussement des épaules. Familles sorcières aisées ne veut que dire maltraitance et violence pour moi, et je ne sais pas si cela va de même pour Chris, mais mon sous-entendu est assez lourd, en tout cas je l'espère—je ne sais pas, je suis perdu quelques instants dans mes souvenirs avant de revenir à Chris, à sa chaleur et à ses sourires, et je n'ai plus envie de m'en séparer. Oh, il me manquera le matin venu. Je pense que j'arriverais à l'oublier en quelques semaines, si je ne m'autorise pas à me remémorer cette soirée.
Sa main dans ma nuque. Mon mouvement est involontaire, guidé par ce confort d'avoir une nouvelle chaleur contre ma peau. Je m'abandonne à son toucher quelques instants, menton relevé alors que je m'enfonce dans sa paume. Je partage bien plus avec les animaux que je soigne que je n'ose le mentionner, et j'imagine qu'avoir perdu la moitié de mon bon sens dans les longs verres alcoolisés que j'ai ravagé cette soirée ne m'aide pas particulièrement pour combattre cette sensation si douce qui me parcoure tout en entier lorsque Chris commence à me prendre pour un chat. Ses mots me parviennent tardivement et mon regard se pose sur lui, d'abord confus, puis amusé.
Je n'ai pas le temps de répondre, ni de penser—non, c'est tout flou dans ma tête, je ne vois que lui et je ne ressens que ses doigts contre ma nuque qui m'ancrent, me tirent vers lui. Comment résister ? Je n'en ai pas envie, dans tous les cas, alors je me laisse aller vers l'avant. Mes lèvres sont à quelques centimètres de sa peau, je vois le flot de monde tout autour de nous par-dessus son épaule, aucun visage défini dans le lot, et j'ai l'impression de boire son parfum et de me perdre un peu plus. Je n'aurais pas dû boire du tout.
Tout s'explique. Mon cœur palpite à l'idée d'être face à quelqu'un qui laisse glisser tant de savoir de ses lèvres, sans une once de difficulté. Je n'ai jamais porté une attention absolue aux parfums que je m'offre, la majorité de ce que porte sur ma peau noyée dans les effluves d'encens que je m'entête à allumer lorsque je rentre chez moi. Les dragons ne sentent pas très bon, et j'ai parfois l'impression que leur odeur bien spécifique me suit partout où je vais. Ce sont donc des tons forts et brusques qui me suivent dans mon quotidien. Ce soir ? Je ne sais plus. Alicia m'a aspergé de quelque chose avant de partir, quelque chose de doux et de sucré, rien que je ne m'autorise, mais je pense que la légèreté du parfum m'a déjà quitté.
« C'est très impressionnant, » je murmure au creux de son oreille. « D'un ennui mortel ? Christopher, » j'ajoute avec un rire léger. Je me retrouve encore une fois dans les bras d'un homme de statut bien plus élevé que le mien—est-ce que j'ai un petit quelque chose pour les hommes riches ? « Je m'humilie quand je parle avec bien trop de litres d'alcool dans le sang, » je lance en rétorque amusée. « Ne peux-tu donc pas me décrire ton parfum ? Ça m'intéresse. » Tu m'intéresses.
Je glisse une main dans son dos, mon pouce faisant des va et viens contre le doux tissu de son haut. « Tu aimes juste l'idée de pouvoir me faire du chantage lorsque je ne serais plus à moitié ivre, » je murmure, un sourcil levé. Je résiste l'envie de le tirer vers moi, de faire disparaître cet espace entre nous. Je ne résiste pas à son imploration, malheureusement, et un léger soupir m'échappe. « Si tu estimes qu'une famille qui nage dans la fabrique de parfums est ennuyante, » je commence, « Tu trouvera sûrement l'occupation de ma famille assommante. » Une légère pause que je compte combler immédiatement, parce que me voilà reparti pour un tour, mes lèvres s'ouvrant avant que je ne puisse finir une pensée. « Mes parents ont une ferme. Ma mère est vétérinaire. Moldue. » Il me semble important de le mentionner, pour une quelconque raison. Parce que c'est la moitié de mon identité ? Parce que je sais à présent que Chris cache un passé aisé derrière lui, et que je préfère qu'il me rejette maintenant, plutôt que plus tard, dans une situation bien plus humiliante ? Mes épaules se tendent quelques instants.
Je ne le connais pas assez pour présumer qu'il est assez ouvert d'esprit sur le sujet. L'alcool me rend plus émotif, j'en ai l'impression, parce que je ne sais pas ce que je ferai s'il me pousse et me regarde avec dégoût, alors, je distrait. « Ma sœur est… » je continue, mais le mot m'échappe. « Elle fait…les ongles de gens. De très jolies choses. Je n'y comprends rien, mais elle est douée. Elle gagne bien sa vie, et ne fait pas assez attention à elle. Tu l'aimerais, » je lui avoue. Puis, mon regard se fait dur. « Ne pose pas tes pattes sur elle. Un Wells c'est bien assez pour toi, » je décide, un sourire amusé sur mes lèvres. Puis, un petit rire. « Wells, c'est notre nom. Je ne sais plus si je m'étais présenté avec ou non. Oh, tu vas pouvoir me retrouver—tu sais où je travaille, tu connais mon nom…ne me fais pas de chantage, s'il te plaît. Ne fait pas ça à un vieil homme. »
J'exhale mon anxiété que je n'avais pas senti monter. Peu importe s'il n'aime pas les sangs-mêlés. J'aurais gagné un début de soirée amusant, une danse, quelques caresses. « C'est une jolie petite ferme. Nous avons de tout. Mon père passe plus de temps à donner qu'à vendre, ce qui explique leur difficulté à payer leurs factures. Ils aiment beaucoup trop adopter mes amis—j'ai deux meilleurs amis, qui viennent tous deux de familles sorcières aisées, et…bon, les familles sorcières aisées, » je dis avec un haussement des épaules. Familles sorcières aisées ne veut que dire maltraitance et violence pour moi, et je ne sais pas si cela va de même pour Chris, mais mon sous-entendu est assez lourd, en tout cas je l'espère—je ne sais pas, je suis perdu quelques instants dans mes souvenirs avant de revenir à Chris, à sa chaleur et à ses sourires, et je n'ai plus envie de m'en séparer. Oh, il me manquera le matin venu. Je pense que j'arriverais à l'oublier en quelques semaines, si je ne m'autorise pas à me remémorer cette soirée.
Vétérinomage aux Hébrides (12.50) | #6b5884
Ils dansaient comme si le monde retenait son souffle
La main d'Alden dans son dos, son sourire au-dessus de lui, le mouvement de sa nuque quand il se penche et quand il se redresse, les muscles qui roulent sous sa peau et dont Christopher sent tout avec sa main posée sur son épaule. Tout d'Alden attire son regard et il n'en manque rien. Ses yeux ont du mal à rester dans les siens. Ils préfèrent naviguer, voyager, se perdre, apprécier, dévorer. Christopher ne s'en cache pas. Le monde autour d'eux n'existe que de très loin. Il se fiche de ce qui les entoure. L'attirance ressentie ce soir ressemble à des centaines d'autres mais comme toujours, elle lui paraît unique, précieuse et il se laisse être à sa merci. Christopher aime ce qu'il voit dans les yeux d'Alden, il aime ce qu'il lit dans son sourire et il aime ce qu'il sent sous ses mains. Et quand son prénom vient habiller les lèvres de l'homme, il sent des frissons couler dans sa nuque.
La nuque tendue vers lui, les yeux levés dans sa direction, Christopher sourit en voyant qu'Alden le prend au mot : il parle, il parle, il parle tant qu'il raconte des choses inattendues. Lui, il écoute tout cela avec un léger sourire aux lèvres, conscient de ses doigts qui continuent leur caresse dans la nuque d'Alden et de ceux de son autre main qui glissent sur le tissu de son vêtement au niveau de son épaule et de son torse. Il écoute, il écoute, bercé par cette voix qu'il découvre apprécier et par l'alcool qui coule dans son sang et qui rend ses pensées et son corps légers, sensation bien familière qu'il sait encore sous son contrôle.
Il lui faut un moment pour comprendre que quelque chose a changé. En fait, il faut qu'Alden ouvre les lèvres pour exhaler un souffle tremblant pour qu'il commence à prendre conscience de la chose. Ses mots et ce qu'il vient de lui avouer tournent dans sa tête sans que ça prenne vraiment sens. Sa sœur qui s'occupe des ongles des gens, sa famille moldue, la ferme de ses parents, son nom de famille. Tout cela se mélange et forme un tableau assez flou de l'homme qu'il a face à lui. À vrai dire, il se fiche un peu de tout ça, il se serait contenté d'une danse sans ne rien apprendre de plus sur celui qu'il tenait entre ses mains, une danse faite de discussions sans conséquence et sans importance. Mais tout cela, toutes ces choses semblent avoir de l'importance pour Alden et c'est peut-être pour ça, plus qu'à cause de l'alcool cette fois, qu'il continue de parler encore et encore, sans s'arrêter, et qu'il tourne en boucle sur cette ferme. Et puis il finit par dire une chose, une seule qui s'ancre profondément dans l'esprit de Christopher et qui allume toutes les alarmes dans sa tête, qui le fait redescendre subitement, violemment presque, car c'est la preuve que quelque chose ne va pas et c'en est aussi l'explication : « et… bon, les familles sorcières aisées, » dit Alden. Et tout à coup, c'est impossible d'ignorer la tension qui tend ses épaules et l'anxiété qui est apparu sur son visage.
Christopher cligne des yeux, un peu surpris de la tournure de la conversation. Il fait le lien entre cette dernière phrase et sa façon de parler de sa famille de parfumeurs, un peu plus tôt. Le mot « assommante » pour parler de ses parents se heurte à l'incohérente mention aux familles aisées de ses amis... À la sienne. Parce qu'il est habitué à faire face à des gens parfois impressionnés par le statut de sa famille, que ce soit parce qu'ils connaissent son nom ou parce qu'ils se font une idée du statut social de quelqu'un dont la famille bosse dans la parfumerie, Christopher finit par comprendre le double problème auquel fait face Alden : sa famille de moldus et son statut social. Par Morgane... Pense-t-il sérieusement que cela a la moindre importance pour lui ?! Un brin agacé par la tournure de la conversation, Christopher ne songe même pas à réfléchir avant d'agir. Il a dans l'idée d'effacer ce qu'il a cru voir dans les yeux d'Alden, c'est tout.
Il enlève sa main de sa nuque pour la faire glisser sur le visage qui le surplombe. Ses doigts parcourent la mâchoire d'Alden, sa joue qu'ils prennent en coupe, remontent jusque sur sa tempe, passent sous son oreille pour saisir la tête et forcer son regard à se fixer sur lui. Christopher se hisse sur la pointe des pieds pour rapprocher son regard de celui de l'homme.
« Alden Wells, » commence-t-il d'une voix rauque qui fait traîner les syllabes. Ses yeux sautent de sa pupille droit à la gauche. « Si je devais utiliser ces informations pour te retrouver, ce ne serait pas pour te faire du chantage mais plutôt pour t'inviter... » À quoi ? Il hésite un instant. « ...à faire tout ce que tu désireras faire. »
Ses yeux papillonnent vers les lèvres qui l'attirent avant de remonter vers un horizon plus raisonnable, à savoir le regard d'Alden.
« Une ferme, hein ? murmure-t-il, le coin droit de ses lèvres se relevant. J'aurais trouvé bien plus assommant que tu me parles d'une famille sorcière aisée. » Un petit rire lui échappe. Il hausse les épaules et lève les yeux au ciel. « Les familles sorcières aisées, répète-t-il en appuyant bien sur les mots et en prenant un ton profondément ennuyé. Tout ce que tu me diras sur cette ferme sera toujours plus intéressant que tout ce que je pourrais te dire sur mon parfum. Tout est une question de point de vue. Pour moi, c'est assommant d'avoir une famille qui m'a appris à connaître la différence entre une note de tête et une note de fond ou à différencier les yeux fermés la présence du poivre du Sichuan dans mon parfum de celle de la bergamote. Les deux se lient parfaitement bien, d'ailleurs. »
L'alcool l'empêche de retenir l'aigreur qui s'immisce dans ses paroles. Christopher n'aime pas parler de sa famille et il n'aime pas parler de parfum non plus. Il veut que n'existe entre Alden et lui qu'eux deux. Pas leur famille. Alors il chasse la rancœur avec une aisance née de l'habitude et habille ses lèvres d'un sourire taquin.
« Et... »
Sa main gauche glisse sur l'épaule d'Alden, le bout de ses doigts caresse ses omoplates, sa paume parcoure d'un geste léger son cou et remonte sur le côté de son visage. Il serait facile de prendre sa tête en coupe de ses deux mains et de l'attirer à lui pour un baiser. Pourtant, il n'en fait rien. Les mains de Christopher se retrouvent derrière la nuque d'Alden, ses bras reposant sur ses épaules. Comme cela, leur différence de taille est plus évidente encore. Ses talons retombent sur le sol, tant pis si ça force Alden à se pencher.
« Des Wells, je ne veux qu'Alden. Ça tombe bien, il est là, poursuit Christopher avec un sourire joueur. Entre mes mains. Pourvu que la musique ne se termine pas maintenant ou je serai forcé de te voler pour une seconde danse. »
_____
Alden m'a tellement touchée, son anxiété est palpable, c'est terrible.
Et j'ai trop tardé pour ma réponse, pardon !
La nuque tendue vers lui, les yeux levés dans sa direction, Christopher sourit en voyant qu'Alden le prend au mot : il parle, il parle, il parle tant qu'il raconte des choses inattendues. Lui, il écoute tout cela avec un léger sourire aux lèvres, conscient de ses doigts qui continuent leur caresse dans la nuque d'Alden et de ceux de son autre main qui glissent sur le tissu de son vêtement au niveau de son épaule et de son torse. Il écoute, il écoute, bercé par cette voix qu'il découvre apprécier et par l'alcool qui coule dans son sang et qui rend ses pensées et son corps légers, sensation bien familière qu'il sait encore sous son contrôle.
Il lui faut un moment pour comprendre que quelque chose a changé. En fait, il faut qu'Alden ouvre les lèvres pour exhaler un souffle tremblant pour qu'il commence à prendre conscience de la chose. Ses mots et ce qu'il vient de lui avouer tournent dans sa tête sans que ça prenne vraiment sens. Sa sœur qui s'occupe des ongles des gens, sa famille moldue, la ferme de ses parents, son nom de famille. Tout cela se mélange et forme un tableau assez flou de l'homme qu'il a face à lui. À vrai dire, il se fiche un peu de tout ça, il se serait contenté d'une danse sans ne rien apprendre de plus sur celui qu'il tenait entre ses mains, une danse faite de discussions sans conséquence et sans importance. Mais tout cela, toutes ces choses semblent avoir de l'importance pour Alden et c'est peut-être pour ça, plus qu'à cause de l'alcool cette fois, qu'il continue de parler encore et encore, sans s'arrêter, et qu'il tourne en boucle sur cette ferme. Et puis il finit par dire une chose, une seule qui s'ancre profondément dans l'esprit de Christopher et qui allume toutes les alarmes dans sa tête, qui le fait redescendre subitement, violemment presque, car c'est la preuve que quelque chose ne va pas et c'en est aussi l'explication : « et… bon, les familles sorcières aisées, » dit Alden. Et tout à coup, c'est impossible d'ignorer la tension qui tend ses épaules et l'anxiété qui est apparu sur son visage.
Christopher cligne des yeux, un peu surpris de la tournure de la conversation. Il fait le lien entre cette dernière phrase et sa façon de parler de sa famille de parfumeurs, un peu plus tôt. Le mot « assommante » pour parler de ses parents se heurte à l'incohérente mention aux familles aisées de ses amis... À la sienne. Parce qu'il est habitué à faire face à des gens parfois impressionnés par le statut de sa famille, que ce soit parce qu'ils connaissent son nom ou parce qu'ils se font une idée du statut social de quelqu'un dont la famille bosse dans la parfumerie, Christopher finit par comprendre le double problème auquel fait face Alden : sa famille de moldus et son statut social. Par Morgane... Pense-t-il sérieusement que cela a la moindre importance pour lui ?! Un brin agacé par la tournure de la conversation, Christopher ne songe même pas à réfléchir avant d'agir. Il a dans l'idée d'effacer ce qu'il a cru voir dans les yeux d'Alden, c'est tout.
Il enlève sa main de sa nuque pour la faire glisser sur le visage qui le surplombe. Ses doigts parcourent la mâchoire d'Alden, sa joue qu'ils prennent en coupe, remontent jusque sur sa tempe, passent sous son oreille pour saisir la tête et forcer son regard à se fixer sur lui. Christopher se hisse sur la pointe des pieds pour rapprocher son regard de celui de l'homme.
« Alden Wells, » commence-t-il d'une voix rauque qui fait traîner les syllabes. Ses yeux sautent de sa pupille droit à la gauche. « Si je devais utiliser ces informations pour te retrouver, ce ne serait pas pour te faire du chantage mais plutôt pour t'inviter... » À quoi ? Il hésite un instant. « ...à faire tout ce que tu désireras faire. »
Ses yeux papillonnent vers les lèvres qui l'attirent avant de remonter vers un horizon plus raisonnable, à savoir le regard d'Alden.
« Une ferme, hein ? murmure-t-il, le coin droit de ses lèvres se relevant. J'aurais trouvé bien plus assommant que tu me parles d'une famille sorcière aisée. » Un petit rire lui échappe. Il hausse les épaules et lève les yeux au ciel. « Les familles sorcières aisées, répète-t-il en appuyant bien sur les mots et en prenant un ton profondément ennuyé. Tout ce que tu me diras sur cette ferme sera toujours plus intéressant que tout ce que je pourrais te dire sur mon parfum. Tout est une question de point de vue. Pour moi, c'est assommant d'avoir une famille qui m'a appris à connaître la différence entre une note de tête et une note de fond ou à différencier les yeux fermés la présence du poivre du Sichuan dans mon parfum de celle de la bergamote. Les deux se lient parfaitement bien, d'ailleurs. »
L'alcool l'empêche de retenir l'aigreur qui s'immisce dans ses paroles. Christopher n'aime pas parler de sa famille et il n'aime pas parler de parfum non plus. Il veut que n'existe entre Alden et lui qu'eux deux. Pas leur famille. Alors il chasse la rancœur avec une aisance née de l'habitude et habille ses lèvres d'un sourire taquin.
« Et... »
Sa main gauche glisse sur l'épaule d'Alden, le bout de ses doigts caresse ses omoplates, sa paume parcoure d'un geste léger son cou et remonte sur le côté de son visage. Il serait facile de prendre sa tête en coupe de ses deux mains et de l'attirer à lui pour un baiser. Pourtant, il n'en fait rien. Les mains de Christopher se retrouvent derrière la nuque d'Alden, ses bras reposant sur ses épaules. Comme cela, leur différence de taille est plus évidente encore. Ses talons retombent sur le sol, tant pis si ça force Alden à se pencher.
« Des Wells, je ne veux qu'Alden. Ça tombe bien, il est là, poursuit Christopher avec un sourire joueur. Entre mes mains. Pourvu que la musique ne se termine pas maintenant ou je serai forcé de te voler pour une seconde danse. »
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Alden m'a tellement touchée, son anxiété est palpable, c'est terrible.
Et j'ai trop tardé pour ma réponse, pardon !
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Ils dansaient comme si le monde retenait son souffle
Comme j'aurais apprécié m'accrocher à ses mots qui glissent sur ma peau lorsqu'il les parle, au lieu de fixer ses lèvres éperdument, pensées divergentes : est-ce qu'il n'a qu'un seul parfum, ou une rotation de plusieurs senteurs pour chaque événement de sa vie ? Est-ce que si je le tiens assez proche de moi, les doux effluves qui émanent de lui colleront à mes vêtements pour me rappeler cette danse le matin venu ? Je devrais écouter ce qu'il dit, il semble si sérieux, sa voix rauque raclant contre mes tempes, ses doigts sur mon visage, mais j'ai du mal à me concentrer. Il a cet effet sur ma psyché que je ne peux soustraire aux cocktails qui ont dessiné ma soirée. Non, non, il me déroute avec ses mots et ses mains vagabondes, et il me capte avec son regard. J'en suis enclin, à cet effet qu'il a sur moi, et je n'ai aucune volonté de me défaire de lui ou de ses bras dans les minutes à suivre. J'aimerais bien danser avec lui toute la soirée, mais il se lasserait.
Il est si proche de moi. Avec un léger mouvement vers l'avant, je pourrais briser cet espace entre nous et l'empêcher de finir ce qu'il souhaite conter à mes oreilles. Je suis perdu, ce soir, dans cette envie de connexion avec l'autre, tant perdu que j'aimerais embrasser Christopher comme j'ai embrassé Sulien, bien qu'il y ait un petit quelque chose en plus avec l'homme qui me fait face et qui parle encore.
J'écoute, enfin. Mon sourire s'élargit lentement. Son regard, je le vois, glisse à mes lèvres étendues, et je prie silencieusement pour qu'il s'approche un peu plus, pour qu'il soit aussi audacieux que j'ai pu l'être quelques heures auparavant, mais il n'en est rien, et je le remercie presque pour cette attente qui me donne tout bonnement envie de danser avec lui jusqu'à la fin de cette soirée maudite. « Mhm, une ferme, » je murmure en réponse à ses paroles, à peine présent. Je suis ivre, mais pas assez pour ne pas déceler l'agacement dans son ton, qui traîne autour de mon cou comme ses doigts le font. Est-ce ma faute ? Ou, est-ce le sujet qui n'est pas propice à une conversation mondaine de soirée ? Peut-être que, comme toute autre personne que je connaisse qui est né avec une cuillère en or entre les lèvres, Christopher n'est pas proche de sa famille. Et peut-être qu'il ne souhaite pas en parler. Mais des parfumeurs, c'est rare dans mon monde, et ma curiosité devient un monstre lorsqu'il parle de notes. « Fond ? Tête ? » je répète, sous le charme. « Explique-moi. » Les mots sortent tout seuls, une plaidoirie presque silencieuse.
Je veux qu'il remplisse ma tête de nouvelles choses. De nouvelles possibilités comme il le fait lorsque son regard me parcourt et qu'il me dévore. La danse que sa paume fait contre ma peau est assez pour me permettre d'oublier toutes les choses que j'ai voulu délaisser dans mes verres lors du repas, et lorsqu'il repose ses talons au sol, je me penche, obéissant sans un rechignement. « Une seconde, une troisième, une quatrième—vole-moi le temps que tu souhaites, » je taquine, mes bras glissant pour se poser sur ses hanches, mains nouées dans son dos.
Avec un rire léger, je glisse un pouce le long de sa colonne. « Dans tous les cas, ma sœur est prise, d'une certaine manière, » je lui explique. La foi de tirailler sur la relation entre ma sœur et son meilleur ami me quitte lorsque je me rappelle du mien, et l'ironie ne m'échappe pas, même sous le poids de l'alcool qui coule en moi—la pomme ne tombe pas loin de l'arbre, quelque chose du genre.
C'est rassurant de savoir qu'il ne me jettera pas pour un statut que je n'ai jamais demandé. C'est peut-être futile de s'inquiéter ainsi, mais c'est toute une enfance passée dans l'incompréhension, puis une adolescence dans la colère, et enfin, une vie d'adulte passée loin des codes et surtout loin des sorciers, qui font de moi un être craintif. Au moins, c'est sorti, j'ai compris, et notre danse peut se prolonger, même si nous ne dansons plus vraiment, et que mes mouvements se font lents. « Poivre de Sichuan, huh ? » je dis quand les mots de mon partenaire me reviennent. « Et…bergamote ? Quoi d'autre ? » je demande, yeux dans les siens, un sourcil arqué sur mon front. Peut-être qu'il n'aime pas parler de ces apprentissages qui lui furent imposés, mais j'ai envie de savoir ce qui se cache sous cet air taquin. « Je ne pense pas pouvoir deviner. Vois-tu, je ne suis pas très doué, et mes journées sont passées auprès de dragons, qui ne sentent pas la bergamote, malheureusement. » Mes paroles coulent plus difficilement. Je me perds dans son regard, j'observe les quelques lignes d'encre le long de sa peau, je prends plaisir à sentir ses muscles sous mon toucher, et je n'ai plus envie de parler, pas quand il y a tant à apprendre de cet homme qui ne deviendra qu'un fantôme dans mon esprit dans deux semaines. C'est malheureux, peut-être, mais il me montre que je peux recevoir, que je peux avoir, et que je ne suis pas coincé dans cette tristesse qui me hante depuis des années.
Quelle belle idée j'ai eue de me laisser aller ce soir, bien que l'Alden qui se réveillera le matin venu sera bien embarrassé par mon comportement abruti. Le monde s'offre à moi quand j'ose regarder ailleurs que dans les prunelles de mon meilleur ami, et peut-être que je m'en porte bien mieux. Peut-être pas, je ne sais pas, je n'ai pas décidé. Ma main droite se pose sur l'épaule de Chris et glisse le long de son bras, suivant la courbe de ses muscles avant de se loger autour de son poignet. Tête tournée vers celui-ci, je frôle sa peau du bout du nez, cherchant ce parfum délicat qui est la parfaite représentation de l'homme face à moi.
Il est si proche de moi. Avec un léger mouvement vers l'avant, je pourrais briser cet espace entre nous et l'empêcher de finir ce qu'il souhaite conter à mes oreilles. Je suis perdu, ce soir, dans cette envie de connexion avec l'autre, tant perdu que j'aimerais embrasser Christopher comme j'ai embrassé Sulien, bien qu'il y ait un petit quelque chose en plus avec l'homme qui me fait face et qui parle encore.
J'écoute, enfin. Mon sourire s'élargit lentement. Son regard, je le vois, glisse à mes lèvres étendues, et je prie silencieusement pour qu'il s'approche un peu plus, pour qu'il soit aussi audacieux que j'ai pu l'être quelques heures auparavant, mais il n'en est rien, et je le remercie presque pour cette attente qui me donne tout bonnement envie de danser avec lui jusqu'à la fin de cette soirée maudite. « Mhm, une ferme, » je murmure en réponse à ses paroles, à peine présent. Je suis ivre, mais pas assez pour ne pas déceler l'agacement dans son ton, qui traîne autour de mon cou comme ses doigts le font. Est-ce ma faute ? Ou, est-ce le sujet qui n'est pas propice à une conversation mondaine de soirée ? Peut-être que, comme toute autre personne que je connaisse qui est né avec une cuillère en or entre les lèvres, Christopher n'est pas proche de sa famille. Et peut-être qu'il ne souhaite pas en parler. Mais des parfumeurs, c'est rare dans mon monde, et ma curiosité devient un monstre lorsqu'il parle de notes. « Fond ? Tête ? » je répète, sous le charme. « Explique-moi. » Les mots sortent tout seuls, une plaidoirie presque silencieuse.
Je veux qu'il remplisse ma tête de nouvelles choses. De nouvelles possibilités comme il le fait lorsque son regard me parcourt et qu'il me dévore. La danse que sa paume fait contre ma peau est assez pour me permettre d'oublier toutes les choses que j'ai voulu délaisser dans mes verres lors du repas, et lorsqu'il repose ses talons au sol, je me penche, obéissant sans un rechignement. « Une seconde, une troisième, une quatrième—vole-moi le temps que tu souhaites, » je taquine, mes bras glissant pour se poser sur ses hanches, mains nouées dans son dos.
Avec un rire léger, je glisse un pouce le long de sa colonne. « Dans tous les cas, ma sœur est prise, d'une certaine manière, » je lui explique. La foi de tirailler sur la relation entre ma sœur et son meilleur ami me quitte lorsque je me rappelle du mien, et l'ironie ne m'échappe pas, même sous le poids de l'alcool qui coule en moi—la pomme ne tombe pas loin de l'arbre, quelque chose du genre.
C'est rassurant de savoir qu'il ne me jettera pas pour un statut que je n'ai jamais demandé. C'est peut-être futile de s'inquiéter ainsi, mais c'est toute une enfance passée dans l'incompréhension, puis une adolescence dans la colère, et enfin, une vie d'adulte passée loin des codes et surtout loin des sorciers, qui font de moi un être craintif. Au moins, c'est sorti, j'ai compris, et notre danse peut se prolonger, même si nous ne dansons plus vraiment, et que mes mouvements se font lents. « Poivre de Sichuan, huh ? » je dis quand les mots de mon partenaire me reviennent. « Et…bergamote ? Quoi d'autre ? » je demande, yeux dans les siens, un sourcil arqué sur mon front. Peut-être qu'il n'aime pas parler de ces apprentissages qui lui furent imposés, mais j'ai envie de savoir ce qui se cache sous cet air taquin. « Je ne pense pas pouvoir deviner. Vois-tu, je ne suis pas très doué, et mes journées sont passées auprès de dragons, qui ne sentent pas la bergamote, malheureusement. » Mes paroles coulent plus difficilement. Je me perds dans son regard, j'observe les quelques lignes d'encre le long de sa peau, je prends plaisir à sentir ses muscles sous mon toucher, et je n'ai plus envie de parler, pas quand il y a tant à apprendre de cet homme qui ne deviendra qu'un fantôme dans mon esprit dans deux semaines. C'est malheureux, peut-être, mais il me montre que je peux recevoir, que je peux avoir, et que je ne suis pas coincé dans cette tristesse qui me hante depuis des années.
Quelle belle idée j'ai eue de me laisser aller ce soir, bien que l'Alden qui se réveillera le matin venu sera bien embarrassé par mon comportement abruti. Le monde s'offre à moi quand j'ose regarder ailleurs que dans les prunelles de mon meilleur ami, et peut-être que je m'en porte bien mieux. Peut-être pas, je ne sais pas, je n'ai pas décidé. Ma main droite se pose sur l'épaule de Chris et glisse le long de son bras, suivant la courbe de ses muscles avant de se loger autour de son poignet. Tête tournée vers celui-ci, je frôle sa peau du bout du nez, cherchant ce parfum délicat qui est la parfaite représentation de l'homme face à moi.
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Ils dansaient comme si le monde retenait son souffle
Il se penche si naturellement vers lui lorsque Christopher le lui demande implicitement que ce dernier ne désire qu'une chose : se hisser de nouveau sur la pointe des pieds pour détruire la distance qui existe encore entre eux. L'envie est là, brûlante et dévorante. Christopher la regarde de loin, l'écoute, l'entend, mais ne la laisse pas gagner. Chaque chose viendra en son temps. Il apprécie à sa juste valeur la brûlure du désir dans son corps et laisse faire pendant que dans son dos, les doigts liés d'Alden caressent sa colonne vertébrale. Comme si chaque instant était détaché les uns des autres. Il y a ses mains d'un côté, son regard de l'autre, sa bouche encore ailleurs, ses paroles à côté. Et tout cela forme un ensemble, un ensemble dont chaque partie lui apporte un bien-être différent.
Un sourire amusé vient ourler les lèvres de Christopher. Alden ne poursuit pas sur ses doutes à propos de son héritage, mais enchaîne plutôt avec la curiosité à propos de celui-ci. Si Christopher aurait bien aimé passer à autre chose, il ne peut qu'être rassuré que son partenaire préfère le questionner sur l'art de la parfumerie plutôt que sur le nom de ses parents ou sur le commerce de sa famille. Alors c'est un sourire qui grimpe sur ses lèvres plus qu'une moue affligée. Et puis, lorsqu'un homme aussi charmant que celui qu'il a entre les bras le supplie de lui expliquer de cette façon-là, il n'a qu'une envie : lui expliquer.
Alden agit avec une sorte de détachement plaisant, qui provient certainement de l'alcool, ce qui permet également à Christopher de savoir où seront leurs limites ce soir — ou en tout cas les siennes. Cela ne l'empêche pas d'apprécier la proximité de l'homme, ses envies de danser avec lui le temps qu'il le désirera et son regard qui ne se détache pas de lui. Amusé entre ses bras, Christopher le laisse parler, la tête un peu à ses mots mais surtout au langage de son corps.
Un souffle s'expulse des lèvres de Christopher ; un rire léger.
« Tu ne pourras pas deviner, explique-t-il d'une voix rauque et languissante, parce que... »
Ses pensées et ses mots s'embrouillent. Il est distrait par la main d'Alden qui se balade, qui va jusqu'à son épaule et qui descend jusqu'à son poignet pour s'en saisir. En reprenant la parole, Christopher fouille le visage de l'homme au-dessus de lui comme pour deviner la teneur de ses pensées.
« ...les effluves se mélangent parfaitement au point d'en devenir indiscernables pour qui n'est pas formé à le faire. Que tu travailles avec des dragons ou non, tu n'aurais pas pu... »
Alden le quitte des yeux. L'instant d'après son nez frôle la peau délicate de son poignet et le pouls de Christopher s'emballe. Les lèvres entrouvertes et clairement surpris, Christopher se perd dans la contemplation de l'homme qui respire son poignet avant de réussir à retrouver le cours de ses pensées. Et quand il le fait, c'est avec caché dans le creux de sa voix un tendre amusement. Alors comme ça, il a envie de trouver les différentes teintes de son parfum ? Christopher en connait la liste avec une telle exactitude qu'il ne peut que se laisser prendre au jeu : il sait qu'Alden n'en connaîtra pas la moitié. Et cela vaut peut-être mieux que de le questionner sur cette phrase mystérieuse qu'il a prononcé a propos de sa sœur.
« Bon, si tu le désires... La note de tête, commence-t-il d'une voix volontairement lente, c'est les premières odeurs que tu sens. »
Il se détache délibérément du vocabulaire professionnel avec lequel s'exprime sa mère et sa sœur, ses cousins, sa grande-tante, même s'il le connait et sait l'utiliser. Ce soir, il ne veut pas être un Hangoover. Surtout pas après la scène de tout à l'heure.
« Bergamote, mandarine, feuille de shiso... Poivre de Sichuan. »
Son sourire dévoile un instant ses dents. Il sait bien qu'Alden ne connaîtra sûrement rien de ces deux dernières notes. Les doigts de sa main emprisonnée s'ouvrent doucement et sans chercher à se libérer de l'étreinte d'Alden, ils s'allongent pour venir caresser la tempe de celui-ci.
« Thé vert, poursuit-il sans vraiment y penser, plus intéressé par les traits du visage de son cavalier que par son propre parfum. Les notes de cœur, c'est l'essence même du parfum. C'est sa... Personnalité. Osmanthus, commence-t-il à lister avec un sourire taquin, en ayant l'impression de parler une langue ancienne qui ne lui est plus familière mais qui est trop ancrée en lui pour qu'il ait pu réellement l'oublier. Fleur de lotus blanc, thé noir. Fumé, c'est important. Bambou et... »
Il quitte Alden du regard, ses yeux papillonnent vers le plafond sur lequel s'écrivent les constellations. Et quoi ? Difficile de réfléchir ce soir, entre ces bras, avec l'alcool bu plus tôt. Il lui faut un instant pour se souvenir.
« Gimgembre. Les notes de fond, c'est les odeurs qui persistent le plus longtemps sur la peau. Celle que tu pourrais... Sentir le soir sur ma peau si je m'étais parfumé le matin, » ajoute-t-il en faisant un pas en avant pour éliminer une partie de la distance qui le sépare encore d'Alden. Son torse frôle le sien. Il pousse un soupir d'aise. « Résine de benjoin, musc, blanc, bois d'agar, cèdre, bois de santal... » Un petit rire roule dans le fond de sa gorge. « Ça faisait bien longtemps que j'avais pas décrypté mon parfum. »
Mais avec Alden, il découvre que ce n'est pas désagréable. Pas comme quand sa mère fait semblant d'avoir oublier la composition de Brume de Longjing, qui est une création de son arrière grand-mère et que Lillian a détesté le voir choisir, pour lui demander de lui rappeler quelles sont ses notes de cœur. Lillian aurait préféré qu'il choisisse l'une de ses œuvres à elle, évidemment, beaucoup plus occidentales, ce qui aurait fait se retourner la vieille Ah Lam dans sa tombe. Christopher s'est fait un plaisir de piocher dans les vieilles créations de la famille juste pour l'agacer.
« Tu sais, reprends Christopher en profitant de sa main libre pour reprendre ses caresses dans la nuque d'Alden, tu sentiras une odeur différente en fonction du moment de la journée. Là, tu sens les notes de cœur mais... Je pense que tu aimerais les notes de fond.»
Il tend le menton dans un geste insolent, mais n'incite pas l'homme à se pencher vers lui. Il préfère au contraire lui jeter un dernier regard amusé avant de faire un pas sur le côté pour faire tournoyer leur deux corps en rythme avec la musique qui résonne loin, si loin d'eux.
Un sourire amusé vient ourler les lèvres de Christopher. Alden ne poursuit pas sur ses doutes à propos de son héritage, mais enchaîne plutôt avec la curiosité à propos de celui-ci. Si Christopher aurait bien aimé passer à autre chose, il ne peut qu'être rassuré que son partenaire préfère le questionner sur l'art de la parfumerie plutôt que sur le nom de ses parents ou sur le commerce de sa famille. Alors c'est un sourire qui grimpe sur ses lèvres plus qu'une moue affligée. Et puis, lorsqu'un homme aussi charmant que celui qu'il a entre les bras le supplie de lui expliquer de cette façon-là, il n'a qu'une envie : lui expliquer.
Alden agit avec une sorte de détachement plaisant, qui provient certainement de l'alcool, ce qui permet également à Christopher de savoir où seront leurs limites ce soir — ou en tout cas les siennes. Cela ne l'empêche pas d'apprécier la proximité de l'homme, ses envies de danser avec lui le temps qu'il le désirera et son regard qui ne se détache pas de lui. Amusé entre ses bras, Christopher le laisse parler, la tête un peu à ses mots mais surtout au langage de son corps.
Un souffle s'expulse des lèvres de Christopher ; un rire léger.
« Tu ne pourras pas deviner, explique-t-il d'une voix rauque et languissante, parce que... »
Ses pensées et ses mots s'embrouillent. Il est distrait par la main d'Alden qui se balade, qui va jusqu'à son épaule et qui descend jusqu'à son poignet pour s'en saisir. En reprenant la parole, Christopher fouille le visage de l'homme au-dessus de lui comme pour deviner la teneur de ses pensées.
« ...les effluves se mélangent parfaitement au point d'en devenir indiscernables pour qui n'est pas formé à le faire. Que tu travailles avec des dragons ou non, tu n'aurais pas pu... »
Alden le quitte des yeux. L'instant d'après son nez frôle la peau délicate de son poignet et le pouls de Christopher s'emballe. Les lèvres entrouvertes et clairement surpris, Christopher se perd dans la contemplation de l'homme qui respire son poignet avant de réussir à retrouver le cours de ses pensées. Et quand il le fait, c'est avec caché dans le creux de sa voix un tendre amusement. Alors comme ça, il a envie de trouver les différentes teintes de son parfum ? Christopher en connait la liste avec une telle exactitude qu'il ne peut que se laisser prendre au jeu : il sait qu'Alden n'en connaîtra pas la moitié. Et cela vaut peut-être mieux que de le questionner sur cette phrase mystérieuse qu'il a prononcé a propos de sa sœur.
« Bon, si tu le désires... La note de tête, commence-t-il d'une voix volontairement lente, c'est les premières odeurs que tu sens. »
Il se détache délibérément du vocabulaire professionnel avec lequel s'exprime sa mère et sa sœur, ses cousins, sa grande-tante, même s'il le connait et sait l'utiliser. Ce soir, il ne veut pas être un Hangoover. Surtout pas après la scène de tout à l'heure.
« Bergamote, mandarine, feuille de shiso... Poivre de Sichuan. »
Son sourire dévoile un instant ses dents. Il sait bien qu'Alden ne connaîtra sûrement rien de ces deux dernières notes. Les doigts de sa main emprisonnée s'ouvrent doucement et sans chercher à se libérer de l'étreinte d'Alden, ils s'allongent pour venir caresser la tempe de celui-ci.
« Thé vert, poursuit-il sans vraiment y penser, plus intéressé par les traits du visage de son cavalier que par son propre parfum. Les notes de cœur, c'est l'essence même du parfum. C'est sa... Personnalité. Osmanthus, commence-t-il à lister avec un sourire taquin, en ayant l'impression de parler une langue ancienne qui ne lui est plus familière mais qui est trop ancrée en lui pour qu'il ait pu réellement l'oublier. Fleur de lotus blanc, thé noir. Fumé, c'est important. Bambou et... »
Il quitte Alden du regard, ses yeux papillonnent vers le plafond sur lequel s'écrivent les constellations. Et quoi ? Difficile de réfléchir ce soir, entre ces bras, avec l'alcool bu plus tôt. Il lui faut un instant pour se souvenir.
« Gimgembre. Les notes de fond, c'est les odeurs qui persistent le plus longtemps sur la peau. Celle que tu pourrais... Sentir le soir sur ma peau si je m'étais parfumé le matin, » ajoute-t-il en faisant un pas en avant pour éliminer une partie de la distance qui le sépare encore d'Alden. Son torse frôle le sien. Il pousse un soupir d'aise. « Résine de benjoin, musc, blanc, bois d'agar, cèdre, bois de santal... » Un petit rire roule dans le fond de sa gorge. « Ça faisait bien longtemps que j'avais pas décrypté mon parfum. »
Mais avec Alden, il découvre que ce n'est pas désagréable. Pas comme quand sa mère fait semblant d'avoir oublier la composition de Brume de Longjing, qui est une création de son arrière grand-mère et que Lillian a détesté le voir choisir, pour lui demander de lui rappeler quelles sont ses notes de cœur. Lillian aurait préféré qu'il choisisse l'une de ses œuvres à elle, évidemment, beaucoup plus occidentales, ce qui aurait fait se retourner la vieille Ah Lam dans sa tombe. Christopher s'est fait un plaisir de piocher dans les vieilles créations de la famille juste pour l'agacer.
« Tu sais, reprends Christopher en profitant de sa main libre pour reprendre ses caresses dans la nuque d'Alden, tu sentiras une odeur différente en fonction du moment de la journée. Là, tu sens les notes de cœur mais... Je pense que tu aimerais les notes de fond.»
Il tend le menton dans un geste insolent, mais n'incite pas l'homme à se pencher vers lui. Il préfère au contraire lui jeter un dernier regard amusé avant de faire un pas sur le côté pour faire tournoyer leur deux corps en rythme avec la musique qui résonne loin, si loin d'eux.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Ils dansaient comme si le monde retenait son souffle
Pour la première fois de la soirée, je pense l'avoir déstabilisé. Quelques instants, quelques secondes seulement, mais ses paroles ne coulent pas comme elles l'ont fait lors de cette danse. Son pouls sous mon pouce est frénétique. C'est revigorant. Je ne peux empêcher un léger sourire, le regard porté sur lui, sur son visage si délicat, ma joue contre sa peau. Son parfum m'entoure mais je ne sais pas déceler les notes qu'il commence à me décrire. Je ne peux que le croire quand il parle de mandarine, d'osmanthus, de thé. Je me demande comment il est possible de mélanger tant d'odeurs en une chose sans se retrouver avec un foutoir pas possible, comment il est possible de formuler un parfum si magnifique sans se perdre dans ses ingrédients, mais je n'en dis rien, parce qu'il parle et cette fois-ci, l'écouter n'est pas difficile.
J'aime les hommes qui parlent avec confiance. Qui savent ce qu'ils racontent. Qui peuvent passer des heures à parler de tout ce qui les intéresse sans rechigner. Donc, je l'écoute, regard perdu dans le sien jusqu'à ce qu'il lève les yeux au ciel, qu'il cherche ses mots, qu'il me montre qu'il est humain et qu'il ne contrôle pas tout ce qui émane de lui à chaque moment de sa vie.
L'attrait de m'essayer à l'imaginaire des différentes phases de son parfum est fort, mais je ne suis pas assez capable dans le domaine. Même si j'aime les choses qui sentent bon, à l'encontre de la cigarette, par exemple, je ne sais pas les distinguer. Et je ne pense pas pouvoir apprendre cet art un jour. Je ne pense pas en avoir l'envie, sauf si ce n'est que pour pouvoir faire plaisir à cet homme qui me parle, mais je doute qu'il recherche quelque chose de sérieux. Son parfum me restera en mémoire, bien plus que son visage, et ce sera assez comme souvenir pour le restant de mes jours.
« Tu crois ? » je demande, sourire rieur aux lèvres. Il a sûrement raison. « Quel dommage. Je ne sais pas si j'aurai la chance de les découvrir, ces notes de fond. » Je relâche son poignet doucement, y laissant un doux baiser avant de ramener ma main à ses hanches. Il s'est rapproché de moi, nous sommes si proches, il joue avec moi, j'aime ça, je n'ai pas envie de me détacher de lui. Mon corps est malléable sous son toucher, mes jambes suivant le mouvement qu'il impose lorsqu'il nous fait virevolter au son d'une musique que je n'entends plus depuis longtemps. Je me demande alors si des regards se sont posés sur nous lors de notre danse. Si des questions ont fleuri dans ces regards, si nous ressemblons à deux idiots ou à autre chose, si Miya m'a repéré être stupide au loin.
Une lueur amusée dans les yeux, je me penche vers lui légèrement. « À mon tour. Qu'est-ce que je sens ? » je lui demande alors. Lorsqu'Alicia m'a aspergé de parfum avant de quitter mon appartement, tout ce que j'ai retenu de ces notes, c'était du sucré. Du sucré et du printemps, rien en phase avec la soirée ou la période de l'année. Rien que je m'autorise dans mon quotidien. C'est une habitude maintenant d'utiliser le parfum que Miya m'a offert il y a tant d'années, celui qui ne m'a jamais quitté depuis. À vrai dire, je ne sais pas quoi rechercher dans un parfum. Il est plus simple pour moi de m'accrocher à ce qu'on me donne. « Je n'ai pas pour habitude de porter ce parfum. Je ne connais pas ses tons, ni ses notes. Je peux par contre te donner le nom de celui que je porte tous les jours, si ça peut t'offrir une quelconque indication de qui je suis. » Comme tout choix de boisson, tout choix de vice, j'imagine qu'un parfum en dit long sur une personne.
Peut-être que j'aurais pu analyser Christopher à travers le sien, mais j'en suis incapable dans l'immédiat, et je ne me souviendrais pas de la moitié de notre discussion le matin venu, donc j'y vois peu d'utilité. « Le nom…m'échappe, » je soupire. « C'est ma meilleure amie qui me l'a offert. Elle avait trouvé le nom amusant. Je sais plus ce qu'elle avait dit—peut-être que ça collait bien ? Ou elle voulait simplement se ficher de moi. » j'imite Christopher, les yeux au ciel, suivant les étoiles en quête de ce nom. Il me revient d'un coup et mon sourire se fait large. « Father Figure. De Phlur. »
J'aime les hommes qui parlent avec confiance. Qui savent ce qu'ils racontent. Qui peuvent passer des heures à parler de tout ce qui les intéresse sans rechigner. Donc, je l'écoute, regard perdu dans le sien jusqu'à ce qu'il lève les yeux au ciel, qu'il cherche ses mots, qu'il me montre qu'il est humain et qu'il ne contrôle pas tout ce qui émane de lui à chaque moment de sa vie.
L'attrait de m'essayer à l'imaginaire des différentes phases de son parfum est fort, mais je ne suis pas assez capable dans le domaine. Même si j'aime les choses qui sentent bon, à l'encontre de la cigarette, par exemple, je ne sais pas les distinguer. Et je ne pense pas pouvoir apprendre cet art un jour. Je ne pense pas en avoir l'envie, sauf si ce n'est que pour pouvoir faire plaisir à cet homme qui me parle, mais je doute qu'il recherche quelque chose de sérieux. Son parfum me restera en mémoire, bien plus que son visage, et ce sera assez comme souvenir pour le restant de mes jours.
« Tu crois ? » je demande, sourire rieur aux lèvres. Il a sûrement raison. « Quel dommage. Je ne sais pas si j'aurai la chance de les découvrir, ces notes de fond. » Je relâche son poignet doucement, y laissant un doux baiser avant de ramener ma main à ses hanches. Il s'est rapproché de moi, nous sommes si proches, il joue avec moi, j'aime ça, je n'ai pas envie de me détacher de lui. Mon corps est malléable sous son toucher, mes jambes suivant le mouvement qu'il impose lorsqu'il nous fait virevolter au son d'une musique que je n'entends plus depuis longtemps. Je me demande alors si des regards se sont posés sur nous lors de notre danse. Si des questions ont fleuri dans ces regards, si nous ressemblons à deux idiots ou à autre chose, si Miya m'a repéré être stupide au loin.
Une lueur amusée dans les yeux, je me penche vers lui légèrement. « À mon tour. Qu'est-ce que je sens ? » je lui demande alors. Lorsqu'Alicia m'a aspergé de parfum avant de quitter mon appartement, tout ce que j'ai retenu de ces notes, c'était du sucré. Du sucré et du printemps, rien en phase avec la soirée ou la période de l'année. Rien que je m'autorise dans mon quotidien. C'est une habitude maintenant d'utiliser le parfum que Miya m'a offert il y a tant d'années, celui qui ne m'a jamais quitté depuis. À vrai dire, je ne sais pas quoi rechercher dans un parfum. Il est plus simple pour moi de m'accrocher à ce qu'on me donne. « Je n'ai pas pour habitude de porter ce parfum. Je ne connais pas ses tons, ni ses notes. Je peux par contre te donner le nom de celui que je porte tous les jours, si ça peut t'offrir une quelconque indication de qui je suis. » Comme tout choix de boisson, tout choix de vice, j'imagine qu'un parfum en dit long sur une personne.
Peut-être que j'aurais pu analyser Christopher à travers le sien, mais j'en suis incapable dans l'immédiat, et je ne me souviendrais pas de la moitié de notre discussion le matin venu, donc j'y vois peu d'utilité. « Le nom…m'échappe, » je soupire. « C'est ma meilleure amie qui me l'a offert. Elle avait trouvé le nom amusant. Je sais plus ce qu'elle avait dit—peut-être que ça collait bien ? Ou elle voulait simplement se ficher de moi. » j'imite Christopher, les yeux au ciel, suivant les étoiles en quête de ce nom. Il me revient d'un coup et mon sourire se fait large. « Father Figure. De Phlur. »
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