Fleurir les tombes
Juillet 2050, cimetière de Godric's Hollow
Cillian profitait des vacances pour rendre une petite visite à son frère Imrinn, mais celui-ci était sorti pour la journée et Cillian se sentait un peu étrange tout seul dans son appartement, aussi il avait décidé de faire un tour dans la ville. Il marchait sans trop savoir où il allait – il ne connaissait pas très bien les lieux – et finit par arriver dans la vieille ville, par-delà les murs. Ses pas le guidèrent jusqu’au cimetière, à l’entrée duquel il prit un temps d’arrêt. Il ne connaissait personne d’enterré ici. Mais le lieu dégageait une sensation de calme qui l’attirait.
Il pénétra donc le cimetière et commença à marcher entre les rangées de tombes. Bien vite, il remarqua la triste apparence de certaines, moussues et dépourvues de fleurs. La plupart, de par les noms qui y étaient inscrits, semblaient appartenir à des moldus. Bien sûr, leurs familles avaient été forcées de quitter la ville, et avaient laisser leurs morts derrières elles. Ils devaient se sentir seuls.
Cillian rebroussa chemin sur un coup de tête, et se mit à longer le chemin des gargouilles, puis à faire le tour du cimetière par l’extérieur, longeant les murs à des endroits où il n’aurait probablement pas dû aller. Ce faisant, il cueilli le long de la route nombre de fleurs et autres jolies plantes qu’il put trouver. Puis, il regagna le cimetière, les bras remplis de fleurs, et commença à former des petits bouquets qu’il déposa sur les tombes vides unes à unes. Il n’en aurait pas assez pour fleurir beaucoup de sépultures, mais c’était déjà ça. Peut-être que ceux qui se reposaient en dessous se sentiraient un peu moins seuls maintenant.
#595d2b
Tu peux me tutoyer horsRP !
Fleurir les tombes
La main fermement vissée dans celle de son grand-père, Aristide arpentait le cimetière. Il ne reconnaissait aucun des noms gravés sur les tombes devant lesquelles ils passaient. Certains membres de sa famille devaient y être enterrés, mais ce devait être des membres si lointain que Aristide n'en connaissait même pas le nom. Il n'en était pas triste, ou alors pas autant à l'idée que le cimetière soit si vide. Lui n'avait personne à qui venir dire bonjour, et pourtant il était là. Où étaient tous les autres ? Evidemment, le Serdaigle appréciait le calme et la tranquillité du lieu mais il aurait presque préféré que les allées soient noires de monde. Il lui semblait triste que le lieu soit si vide. Comme si personne n'avait été suffisamment aimé pour justifier qu'on leur rende visite. Le jour où il mourrait, il espérait bien qu'on viendrait lui parler, lui. Pas tous les jours, bien sûr, parce qu'il aimerait toujours autant le calme de la solitude même six pieds sous terre mais au moins un minimum. Ce devait être triste de passer l'éternité tout seul, sans personne qui vous rende visite, ou alors jamais très longtemps.
Il serra la main de son grand père un peu plus et se blotti presque contre le flanc de l'homme à sa gauche. Le pas habituellement confiant et long de l'adulte avait laissé placé à une marche légère et lente pour que son petit fils puisse le suivre et son regard arpentait les pierres tombales avec douceur. Grand-père commença le plus jeune d'une voix douce Pourquoi est-ce si important pour toi d'être enterré ici ? Tu sais... plus tard. l'idée de la perte d'un être si cher lui était si insupportable que Aristide ne put se résoudre à parler de sa mort à voix haute. Même s'ils étaient en balade pour habituer le plus jeune à cette idée - ou, du moins, c'était ce qu'il en avait comprit, il préférait ne pas en parler. De toute façon, Aristide Sr avait encore de belles années devant lui.
Certains sorciers ne veulent pas être enterrés ici parce qu'ils ne veulent pas partager leur dernière demeure avec des sans pouvoirs. expliqua le plus vieux. Je ne les méprise pas, personnellement, alors je serais là. Aristide laissa le son de sa voix le bercer alors qu'il était conduit devant une tombe. Le nom, indéniablement moldu, était presque effacé par la mousse qui recouvrait la tombe. Aristide fit une petite grimace de compassion, mais ne put se résoudre à frotter la tombe pour lui redonner son éclat. Ce n'est pas juste pour les moldus. dit-il simplement en observant son grand-père du coin de l'œil. L'homme hocha la tête, et Aristide rayonna presque à l'idée d'avoir dit la bonne réponse. Il cherchait toujours l'approbation du plus vieux, c'était comme son oxygène. Sans, il avait l'impression d'étouffer. Heureusement, Aristide Sr aimait tellement son petit fils qu'il aurait approuvé n'importe laquelle de ses décisions et de ses réponses pour peu que celles-ci restent ouvertes d'esprit. Oui. C'est pour ça que je t'ai fait venir avec moi aujourd'hui. Maintenant qu'il y a un sort repousse moldus, ils se retrouvent seuls. Aristide hocha la tête et se remit à suivre son grand père.
Trois allées plus loin, il observa un adulte se redresser devant une tombe et sursauta. Son grand-père, habitué, ne sembla même pas se rendre compte du geste et continua : Ta mère m'a dit que tu avais une amie qui aimait beaucoup le monde des sans magie. C'est très bien. L'élève lui fit un petit sourire gêné, le rouge aux joues. Nyxis. dit-il Je t'en ai déjà parlé, c'est... ma meilleure amie, tu sais. Le Serdaigle laissa son grand-père ébouriffer ses cheveux sans même s'indigner. Elle m'a l'air d'une brave fille. Je vais aller voir la tombe des Potter. Souhaites-tu m'accompagner, ou préfères-tu aller voir l'Eglise ?
Le plus vieux savait à quel point son petit-fils aimait les églises, et cela lui tira un sourire. Le Serdaigle appréciait qu'on s'intéresse à ce qu'il aimait, même quand il n'arrivait pas à le dire à voix haute et son grand-père avait toujours su voir ces choses là. Ou peut-être que son envie de s'arrêter à toutes les églises qu'ils voyaient en partant en vacances l'avaient trahit. Cependant, il secoua la tête. Non, je... je crois que je reconnais quelqu'un, je vais aller lui dire bonjour. chuchota-t-il en faisant un geste vers le roux à quelques dizaines de mètres de là. Son accompagnateur sembla surprit avant de hocher la tête et de lui embrasser le front. Il lui remit ses mèches correctement et s'éloigna avec un C'est bien, je suis fier de toi.
Aristide commença à s'éloigner tout seul, non sans jeter plusieurs fois des regards vers son grand-père, comme pour se donner du courage. Allons bon, il pouvait le faire. L'autre était loin d'être un inconnu, et Aristide était particulièrement surprit de le voir ici. En apercevant les fleurs dans ses mains avec plus de netteté, il se figea et se mordilla les lèvres. Finalement, il réussi à parcourir les quelques derniers mètres qui le séparaient du roux, le pas silencieux et léger. Dans son dos, il fit savoir sa présence en prenant la parole d'une voix douce. Toutes mes condoléances. chuchota-t-il presque à l'intention du plus âgé. Après tout, si on fleurissait des tombes, c'était après la perte d'un être cher, non ?
Il serra la main de son grand père un peu plus et se blotti presque contre le flanc de l'homme à sa gauche. Le pas habituellement confiant et long de l'adulte avait laissé placé à une marche légère et lente pour que son petit fils puisse le suivre et son regard arpentait les pierres tombales avec douceur. Grand-père commença le plus jeune d'une voix douce Pourquoi est-ce si important pour toi d'être enterré ici ? Tu sais... plus tard. l'idée de la perte d'un être si cher lui était si insupportable que Aristide ne put se résoudre à parler de sa mort à voix haute. Même s'ils étaient en balade pour habituer le plus jeune à cette idée - ou, du moins, c'était ce qu'il en avait comprit, il préférait ne pas en parler. De toute façon, Aristide Sr avait encore de belles années devant lui.
Certains sorciers ne veulent pas être enterrés ici parce qu'ils ne veulent pas partager leur dernière demeure avec des sans pouvoirs. expliqua le plus vieux. Je ne les méprise pas, personnellement, alors je serais là. Aristide laissa le son de sa voix le bercer alors qu'il était conduit devant une tombe. Le nom, indéniablement moldu, était presque effacé par la mousse qui recouvrait la tombe. Aristide fit une petite grimace de compassion, mais ne put se résoudre à frotter la tombe pour lui redonner son éclat. Ce n'est pas juste pour les moldus. dit-il simplement en observant son grand-père du coin de l'œil. L'homme hocha la tête, et Aristide rayonna presque à l'idée d'avoir dit la bonne réponse. Il cherchait toujours l'approbation du plus vieux, c'était comme son oxygène. Sans, il avait l'impression d'étouffer. Heureusement, Aristide Sr aimait tellement son petit fils qu'il aurait approuvé n'importe laquelle de ses décisions et de ses réponses pour peu que celles-ci restent ouvertes d'esprit. Oui. C'est pour ça que je t'ai fait venir avec moi aujourd'hui. Maintenant qu'il y a un sort repousse moldus, ils se retrouvent seuls. Aristide hocha la tête et se remit à suivre son grand père.
Trois allées plus loin, il observa un adulte se redresser devant une tombe et sursauta. Son grand-père, habitué, ne sembla même pas se rendre compte du geste et continua : Ta mère m'a dit que tu avais une amie qui aimait beaucoup le monde des sans magie. C'est très bien. L'élève lui fit un petit sourire gêné, le rouge aux joues. Nyxis. dit-il Je t'en ai déjà parlé, c'est... ma meilleure amie, tu sais. Le Serdaigle laissa son grand-père ébouriffer ses cheveux sans même s'indigner. Elle m'a l'air d'une brave fille. Je vais aller voir la tombe des Potter. Souhaites-tu m'accompagner, ou préfères-tu aller voir l'Eglise ?
Le plus vieux savait à quel point son petit-fils aimait les églises, et cela lui tira un sourire. Le Serdaigle appréciait qu'on s'intéresse à ce qu'il aimait, même quand il n'arrivait pas à le dire à voix haute et son grand-père avait toujours su voir ces choses là. Ou peut-être que son envie de s'arrêter à toutes les églises qu'ils voyaient en partant en vacances l'avaient trahit. Cependant, il secoua la tête. Non, je... je crois que je reconnais quelqu'un, je vais aller lui dire bonjour. chuchota-t-il en faisant un geste vers le roux à quelques dizaines de mètres de là. Son accompagnateur sembla surprit avant de hocher la tête et de lui embrasser le front. Il lui remit ses mèches correctement et s'éloigna avec un C'est bien, je suis fier de toi.
Aristide commença à s'éloigner tout seul, non sans jeter plusieurs fois des regards vers son grand-père, comme pour se donner du courage. Allons bon, il pouvait le faire. L'autre était loin d'être un inconnu, et Aristide était particulièrement surprit de le voir ici. En apercevant les fleurs dans ses mains avec plus de netteté, il se figea et se mordilla les lèvres. Finalement, il réussi à parcourir les quelques derniers mètres qui le séparaient du roux, le pas silencieux et léger. Dans son dos, il fit savoir sa présence en prenant la parole d'une voix douce. Toutes mes condoléances. chuchota-t-il presque à l'intention du plus âgé. Après tout, si on fleurissait des tombes, c'était après la perte d'un être cher, non ?
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034f42 -> Ma couleur, que je mets ici pour la retrouver en sachant que j'oublierais que je l'ai mise ici.
Fleurir les tombes
Cillian arrangea les fleurs dans un semblant de bouquet propre sur la terre devant la pierre tombale, puis posa son pouce contre la pierre et gratta la surface moussue pour faire tomber les bouloches vertes, révélant le nom en dessous. Il n’était pas sûr qu’il s’agisse d’un nom moldu, mais la tombe était récente d’après les dates et en mauvais état comme si personne n’était venu la visiter depuis longtemps. Il laissa ses doigts courir encore un peu sur la roche. C’était injuste. Cette personne avait probablement des êtres chers, confus de ne pas pouvoir lui rendre visite. Et elle se sentait peut-être seule, sous cette couche de terre. Il n’était pas sûr de ce qu’il y avait dans la mort, mais c’était sûrement quelque chose, et les morts méritaient aussi un peu d’amour et d’attention.
Cillian se redressa et contempla la tombe encore quelques instants. Il s’apprêtait à continuer son chemin quand une voix familière parvint de derrière lui. Il se retourna et fut surpris de tomber nez à nez avec Aristide Griffiths. Il le voyait souvent à Poudlard, mais il ne s’attendait certainement pas à le voir ici.
« Euh. Merci. »
Il était un peu pris de court et ne savait pas trop quoi répondre. Les remerciements étaient un réflexe et pas vraiment appropriés puisqu’il n’était pas en deuil.
« Je ne suis pas là pour voir quelqu’un en fait. Je me promenais juste et j’ai vu les tombes abandonnées. Je trouvais ça triste. »
Il agita ses fleurs comme si elles parlaient d'elles-même, faisant tomber quelques pétales. Il était un peu perdu dans ses propres mots. Il ne s’attendait pas à devoir parler à quelqu’un et il ne savait pas trop comment expliquer sa démarche. À bien y réfléchir, c’était peut-être étrange de déposer des fleurs pour des gens qu’on ne connaissait pas.
« Et, euh, toi ? Tu viens visiter quelqu’un ? »
Question qui pourrait s’avérer très gênante s’il venait de perdre un être cher, réalisa Cillian juste après l’avoir posé.
Cillian se redressa et contempla la tombe encore quelques instants. Il s’apprêtait à continuer son chemin quand une voix familière parvint de derrière lui. Il se retourna et fut surpris de tomber nez à nez avec Aristide Griffiths. Il le voyait souvent à Poudlard, mais il ne s’attendait certainement pas à le voir ici.
« Euh. Merci. »
Il était un peu pris de court et ne savait pas trop quoi répondre. Les remerciements étaient un réflexe et pas vraiment appropriés puisqu’il n’était pas en deuil.
« Je ne suis pas là pour voir quelqu’un en fait. Je me promenais juste et j’ai vu les tombes abandonnées. Je trouvais ça triste. »
Il agita ses fleurs comme si elles parlaient d'elles-même, faisant tomber quelques pétales. Il était un peu perdu dans ses propres mots. Il ne s’attendait pas à devoir parler à quelqu’un et il ne savait pas trop comment expliquer sa démarche. À bien y réfléchir, c’était peut-être étrange de déposer des fleurs pour des gens qu’on ne connaissait pas.
« Et, euh, toi ? Tu viens visiter quelqu’un ? »
Question qui pourrait s’avérer très gênante s’il venait de perdre un être cher, réalisa Cillian juste après l’avoir posé.
#595d2b
Tu peux me tutoyer horsRP !
Fleurir les tombes
Le silence s'étira quelques secondes après les remerciements de l'autre. Aristide ne savait pas trop quoi dire non plus, et il semblait que l'adulte soit dans le même cas. Alors, il se contenta de baisser les yeux sur la tombe dont le nom venait d'être découvert, surprit de ne pas voir celui de l'adulte à ses côtés dessus. Mais tous les membres d'une même famille n'avaient pas le même nom de famille alors.... Quoique celui-ci semblait bien loin d'être Irlandais. Et Irlandais, Aristide aurait mis sa main à couper que le roux l'était. Ca s'entendait à son accent, se lisait à son nom et se voyait à sa chevelure rousse flamboyante. Un Irlandais de bout en bout, et que Merlin en mange son chapeau si ce n'était pas le cas.
La confirmation tomba quelques secondes après, et Aristide essaya de bredouiller quelque chose qui devait ressembler de très loin à un "Désolé" alors que son visage prenait trois teintes de rouges en plus. Il fit un pas vers l'arrière, manquant de trébucher en ouvrant de grands yeux. Mais l'autre ne se mit pas à lui rire au nez, et Aristide ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi il continuait à en avoir peur. L'autre n'avait jamais été que gentil avec lui. Avec le temps, il aurait dû se sentir plus à l'aise en sa présence mais la réalité était... plus difficile que les fantasmes. En réalité, il se sentait plus à l'aise avec l'autre mais ça n'empêchait pas son cerveau de se créer quatorze possibilités à chaque interactions. Possibilités qui se finissaient souvent avec son interlocuteurs qui lui riait au nez, ou pire. La vague de soulagement qu'il ressentait à chaque fois qu'il comprenait qu'il avait eu tort n'était rien comparée à l'anxiété qu'il ressentait quelques secondes avant alors son cerveau devait continuer à penser que les autres étaient un danger, même s'ils ne faisaient rien pour lui prouver l'affirmative.
J-je... euh... Il secoua la tête et chercha du regard son grand-père qui tenait plus de la tache colorée vu la distance qui les séparaient. Il le pointa tout de même du doigt, oubliant momentanément que ce n'était pas poli. Je suis venu avec mon grand-père. Il... Il voulait me parler de... euh... Il regarda autour de lui et se mordit les lèvres, incapable de continuer à regarder l'adulte en face. Il me donne des leçons sur le monde, aujourd'hui il m'expliquait pourquoi il veut être enterré ici. Vous savez, quand il partira. Il frotta se bout de son pied par terre tout en se tortillant les doigts.
Aristide reposa son regard sur la tombe devant eux, la trouvant bien plus joyeuse que toutes celles recouvertes de mousses et vides de fleurs devant lesquelles il était passé. Il hocha la tête pour lui-même, se répétant intérieurement les mots de l'autre. Cillian aurait pu porter une auréole dorée qu'il aurait moins ressemblé à un ange qu'à cet instant, les mains pleines de fleurs. Tellement gentil qu'Aristide en avait presque envie de pleurer, alors même qu'il n'était proche d'aucun des défunts enterrés ici. Si... Si j'étais un défunt, je pense que je serais content qu'on vienne me déposer des fleurs. ajouta-t-il maladroitement. Les mots ne lui venaient pas naturellement, et à cet instant il n'avait aucun protocole en tête. Aucune phrase toute faite à ressortir, parce qu'il ne s'amusait pas à chercher dans des bibliothèques l'étiquette à avoir aux enterrements. Vous... Vous pensez qu'ils le savent ? chuchota-t-il finalement en observant les quelques fleurs rouler sous la légère brise qui balayait le sol. Est-ce que les morts avaient encore conscience que les gens de la surface les aimaient ? Pour Aristide, les croyances sur la mort étaient essentiellement moldues, puisque les sorciers avaient toujours la nécromancie et la divination pour se rapprocher de l'au delà s'ils le souhaitaient, mais la question lui tournait tout de même en tête. Est-ce que, même sans un sortilège probablement hautement illégal, on pouvait faire savoir aux défunts qu'on était là ? Et eux, pouvaient-ils nous accompagner même après avoir dépassé le voile de la vie ?
La confirmation tomba quelques secondes après, et Aristide essaya de bredouiller quelque chose qui devait ressembler de très loin à un "Désolé" alors que son visage prenait trois teintes de rouges en plus. Il fit un pas vers l'arrière, manquant de trébucher en ouvrant de grands yeux. Mais l'autre ne se mit pas à lui rire au nez, et Aristide ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi il continuait à en avoir peur. L'autre n'avait jamais été que gentil avec lui. Avec le temps, il aurait dû se sentir plus à l'aise en sa présence mais la réalité était... plus difficile que les fantasmes. En réalité, il se sentait plus à l'aise avec l'autre mais ça n'empêchait pas son cerveau de se créer quatorze possibilités à chaque interactions. Possibilités qui se finissaient souvent avec son interlocuteurs qui lui riait au nez, ou pire. La vague de soulagement qu'il ressentait à chaque fois qu'il comprenait qu'il avait eu tort n'était rien comparée à l'anxiété qu'il ressentait quelques secondes avant alors son cerveau devait continuer à penser que les autres étaient un danger, même s'ils ne faisaient rien pour lui prouver l'affirmative.
J-je... euh... Il secoua la tête et chercha du regard son grand-père qui tenait plus de la tache colorée vu la distance qui les séparaient. Il le pointa tout de même du doigt, oubliant momentanément que ce n'était pas poli. Je suis venu avec mon grand-père. Il... Il voulait me parler de... euh... Il regarda autour de lui et se mordit les lèvres, incapable de continuer à regarder l'adulte en face. Il me donne des leçons sur le monde, aujourd'hui il m'expliquait pourquoi il veut être enterré ici. Vous savez, quand il partira. Il frotta se bout de son pied par terre tout en se tortillant les doigts.
Aristide reposa son regard sur la tombe devant eux, la trouvant bien plus joyeuse que toutes celles recouvertes de mousses et vides de fleurs devant lesquelles il était passé. Il hocha la tête pour lui-même, se répétant intérieurement les mots de l'autre. Cillian aurait pu porter une auréole dorée qu'il aurait moins ressemblé à un ange qu'à cet instant, les mains pleines de fleurs. Tellement gentil qu'Aristide en avait presque envie de pleurer, alors même qu'il n'était proche d'aucun des défunts enterrés ici. Si... Si j'étais un défunt, je pense que je serais content qu'on vienne me déposer des fleurs. ajouta-t-il maladroitement. Les mots ne lui venaient pas naturellement, et à cet instant il n'avait aucun protocole en tête. Aucune phrase toute faite à ressortir, parce qu'il ne s'amusait pas à chercher dans des bibliothèques l'étiquette à avoir aux enterrements. Vous... Vous pensez qu'ils le savent ? chuchota-t-il finalement en observant les quelques fleurs rouler sous la légère brise qui balayait le sol. Est-ce que les morts avaient encore conscience que les gens de la surface les aimaient ? Pour Aristide, les croyances sur la mort étaient essentiellement moldues, puisque les sorciers avaient toujours la nécromancie et la divination pour se rapprocher de l'au delà s'ils le souhaitaient, mais la question lui tournait tout de même en tête. Est-ce que, même sans un sortilège probablement hautement illégal, on pouvait faire savoir aux défunts qu'on était là ? Et eux, pouvaient-ils nous accompagner même après avoir dépassé le voile de la vie ?
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034f42 -> Ma couleur, que je mets ici pour la retrouver en sachant que j'oublierais que je l'ai mise ici.