OS Entre départ, solitude & espoirs

L’air sentait la fumée et le charbon, le brouhaha alentour du quai 9¾ se mélait au sifflement strident de la locomotive. Ormen resta figé quelques secondes la main serrée sur la poignée de sa malle chargé. Tout ici était trop bruyant, trop vivant, trop magique... Il avait traversé la barrière sans encombre en suivant les recommandations que lui avait donné son guide de Poudlard malgré la crainte qui lui avait saisi les entrailles, il devait marcher droit, ne pas ralentir et surtout ne pas hésiter. Ahah comme si cela était facile surtout pour un enfant né-moldu comme lui. Une fois arrivé sur le quai, il s'était retrouvé devant un vrai spectacle vivant si bien qu'il ne savait pas où poser les yeux entre les familles qui se serraient dans les bras dans de longs adieux, des élèves vêtus de robes de toutes les couleurs qui souriaient de se retrouver ou s'amusaient de farces concoctées pour leurs retrouvailles et le train qui était d'un rouge étincelant autour duquel tous se regroupaient.

Le jeune garçon tira maladroitement le chariot sur lequel était posé toutes ses affaires, le trainant derrière lui avec sa roue qui grinçait et se coinçait parfois. Chaque pas lui donnait l’impression d’être un intrus dans un univers où tout le monde semblait déjà à sa place alors que lui peinait encore à en saisir les éléments les plus important. Ses yeux se posèrent sur une scène qui lui comprima le coeur et lui fit venir les larmes aux yeux, une jeune fille de son âge était aggripée au manteau de celui qui devait être son père riant d'une blague et qui fut ensuite hissée dans le train par une grande sœur qui lui ébouriffa tendrement les cheveux et qui la conduisa dans la rame pour trouver sa place. Tout autour d'Ormen, des mères lissaient des capes, des grands-parents donnaient un dernier petit cadeau aux futurs sorciers, des baisers étaient échangés, des promesses réalisées et des encouragements reçus. .

Ormen, lui n’avait qu'une lettre pliée dans la poche intérieure de sa cape, un dernier mot d'encouragement de sa mère. Malheureusement en tant sorcier né dans une famille moldue, il n'avait pas ce matin là de mains à serrer, ni de voix pour l'encourager encore moins une promesse à énoncer. Il ne possédait que ce morceau de papier et le silence qui l'accompagnait, il était invisible perdu entre la fumée blanche du train et les sorciers postés aux alentours. Il inspira profondément pendant qu'il déposait au même instant la paume de sa main sur la paroi métallique rouge et noire de la locomotive qui le ménerait tout droit vers sa nouvelle existence. Malgré la mélancolie qu'il ressentait, un mince sourire étira ses lèvres et dans un dernier encouragement pour lui-même se murmura à lui seul

— Voilà c’est parti... !

Finalement, Ormen monta sur le marche-pied et atteignit l'intérieur du train partagé entre l'excitation de son départ, la solitude qui le pesait et les espoirs qui gardaient en lui pour sa scolarité à venir.

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4ème année RP - - Couleur RP : #5a69b5 - Fiche PR