Première approche

Il faisait chaud pour un jour de septembre. Le soleil inondait de lumière le quai à travers la verrière et éblouissait la jeune fille, forcée de plisser les yeux pour se repérer. L'agitation qui régnait ici était intimidante ; les élèves se bousculaient sur le quai, marchant d'un pas assuré dans un sens ou dans l'autre. On entendait des cris, des rires et des discussion : l'atmosphère était étouffante. Cette agitation ne rassura pas Alba, qui déjà sentait son cœur battre à tout rompre. Elle était évidemment impatiente de partir mais elle angoissait également de se retrouver seule et perdue au milieu de toute cette agitation. En regardant plus attentivement autour d'elle, Alba remarqua d'autres élèves immobile contre le mur de la gare, de grands yeux ouverts comme pour chercher un point d'accroche, une réponse aux questions qu'ils se
posaient.

Le train venait tout juste de rentrer en gare d'où cette agitation folle : certain voulait retrouver d'anciens camarades qu'ils avaient vu de l'autre coté du quai, d'autres préféraient être à l'avant. Alba vit aussi un élève ressortir précipitamment du wagon en face d'elle pour aller chercher un dernier sac dans les mains de sa mère, une excuse qui lui permit de lui dire au revoir une dernière fois.
Le père d'Alba avait tenu à l'accompagner : c'était un moment très émouvant pour lui puisqu'il se séparait pour la première fois de sa fille aussi longtemps et qu'il la voyait entrer dans le monde de la magie. En voyant cette agitation, ces rires, le train et les pancartes indiquant "quai 9 3/4", il repensa à la première fois qu'il s'était rendu ici. L'ambiance avait été la même et ne l'avait pas trop intimidé : il était occupé à observer les visages de chacun, à la recherche d'un futur partenaire avec qui s'assoir dans le train. Alba faisait exactement la même chose : elle ne voulait surtout pas être seule pendant le voyage et voulait en apprendre le plus possible sur d'autres élèves avant d'arriver à destination. Elle n'avait aucune envie de passer la cérémonie de répartition sans connaitre ne serait-ce qu'un seul autre élève avec qui elle aurait pu espérer être dans la même maison ou discuter tout simplement.
Trop occupée à chercher des yeux un potentiel interlocuteur, Alba avait complétement oubliée qu'elle devait elle aussi prendre ses efforts et se frayer un chemin à travers la foule pour entrer dans le train encore fumant. Son père le lui rappela avec une voix qu'il voulait la plus rassurante et attentionnée. Il lui tendit une valise pleine à craquée qu'Alba avait fait la veille en essayant de mettre le plus de choses possible qu'elle le pouvait. En la voyant faire, son père s'interposa et ensemble ils trièrent : gardèrent au fond de la valise une photo de famille et un foulard brodé offert par sa grand mère brodée aux initiales des Alderidge puis rangèrent le porte bonheur encombrant et un livre déjà lu dans l'armoire de la chambre d'Alba.

La jeune fille fit rapidement ses adieux à son père et sa ville natale ; elle ne voulait pas montrer que quitter de si grands piliers de sa vie la rendait profondément triste. Même si elle savait qu'elle allait rapidement revenir pendant les vacances, elle n'avait aucune envie de quitter son quotidien auquel elle s'était beaucoup attaché. Son père était très ému à la vue du trouble de sa fille, lui même se voyait à nouveau sur le quai 9 3/4 pour la première fois au coté de ses parents qu'il n'avait aucune envie de quitter.
La peine d'Alba s'estompa rapidement pour devenir de l'excitation. La jeune fille avait hâte de vivre sa première aventure de sorcière, même si prendre le Poudlard express pour la première fois est un évènement plutôt banal pour tout les sorciers : personne n'y échappe. Pourtant ce moment était très important pour elle, qui voulait que n'importe quoi arrive pour que son expérience soit différente et pour que sa première aventure en soit vraiment une. Dans ses pensées, Alba trébucha et manquant de tomber sur le sol de la gare. Honteuse, elle fit comme si de rien n'était et garda la tête haute, sans rien laisser paraitre. Son père, qui ne l'avait pas quitté des yeux depuis qu'ils s'étaient quittés, avait remarqué le faux pas de sa fille, ce qui le fit sourire ; elle restait elle même, maladroite mais toujours fière et assurée.

Après cette légère mésaventure, Alba chercha à trouver un wagon où elle pouvait rentrer sans trop se faire bousculer. Sa valise l'encombrait terriblement et elle avait désespérément envie de s'installer confortablement sur une banquette, mais celle-ci restait encore inaccessible puisqu'elle ne cessait de se faire bousculer. Arrivée devant une porte ouverte où une autre élève venait de rentrer précipitamment, Alba attrapa la poignée latérale et se hissa énergiquement dans le wagon. Elle avançait doucement le long des compartiments avant d'en trouver un vide qui l'attira terriblement puisqu'elle n'avait ainsi pas à demander l'autorisation avant de s'assoir de risquer un refus, ou de se retrouver seule au milieu d'autres élèves déjà tous amis entre eux. Elle ouvrit la porte et se précipita à la fenêtre pour chercher son père, qui était à sa gauche. Elle lui fit signe et ils se dirent au revoir de la main doucement. Au même moment, le sifflet retenti et les derniers élèves montèrent précipitamment. Les murs de la gare commencèrent à défiler devant les yeux d'Alba qui commençait sa vie à Poudlard. Londres et la voie 9 3/4 s'éloignaient pour laisser place à un tout autre univers encore inconnu pour elle, qui promettait certainement d'être inoubliable.

Alba Alderidge, 1ère année
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