++ Traitre à son sang

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Robert Pryor (#A47551) & Hélène Pryor (#970C10)
20 juin 2049

Les cartons commencent à s'empiler ici et là, certains devant suivre durant les déménagements et d'autres devant être jetés, ainsi que leur contenu. Les Pryor ont décidé de changer d'air, de quitter leur maison de la vieille ville pour quelque chose de plus prestigieux à leur goût : un appartement en duplex au centre-ville, notamment pour que Robert soit plus près de son lieu de travail, le Consilium. Ce dernier est enfermé dans son bureau, la mine contrite. De nombreuses préoccupations l'accablent : les derniers cartons, le tri de ses affaires et son fils ingrat. Ce dernier point l'exaspère peut-être le plus. Il s'est efforcé d'offrir la meilleure vie à sa famille et comptait les mettre à l'abri en gagnant les faveurs du conseil. Seulement, ce petit effronté en a décidé autrement en engrossant sa moldue. Las, Robert se laisse aller dans son fauteuil, ses doigts pinçant l'arête de son nez. La honte l'accable et, si cette histoire venait à se répandre au-delà de la famille, de quoi auraient-ils l'air ? Lui qui était sur le point de pouvoir demander l'inscription de son nom dans le registre des sangs purs, mais son ingrat de fils a tout gâché !

On frappe à la porte et sa douce femme entre sans attendre d'y être invitée. Il accepte volontiers la tasse de thé qu'elle lui tend, la remerciant ensuite pour cette attention. Il avale une longue gorgée, ignorant l'eau chaude qui brûle ses lèvres et sa langue. Le vieil homme regrette de ne pas avoir eu un second enfant, un qui aurait pu lui apporter fierté et honneur. Du coin de l'œil, il observe Hélène empiler les quelques cartons qu'il a bouclés, bien qu'il reste encore beaucoup de choses à trier. Elle les dépose à l'entrée, où un elfe de maison nouvellement embauché les récupère pour les ranger avec les autres. Puis, tous deux s'observent en silence, avec autant de douceur, d'amour que d'exaspération.

— Que fait-on de ses affaires ? Celles qu'il avait enfant ?
— Brûle-les, répond Robert avec amertume.

Et même s'il n'en montre rien, cela ne le laisse pas indifférent. Tout aurait put être différent si Robert avait été plus strict avec lui, il le sait. Il a tracé tout un chemin de vie pour Kasey, mais il a cédé dès que ce dernier a refusé de suivre la filière auror, préférant s'amuser avec de l'argile plutôt que de protéger sa communauté. Ce fut là sa première erreur. Elle quitte la pièce, probablement pour se diriger vers l'ancienne chambre de leur fils ; il est temps pour eux de tourner la page. Ils ont déjà essayé de lui faire entendre raison, mais c'est comme parler à un mur. Même un âne est moins têtu et certainement plus obéissant ! Hélène et lui ont tout fait pour élever Kasey dans les meilleures conditions, lui offrant une éducation rigoureuse et les valeurs de leur famille. Et pourtant, il a tout rejeté.

Robert ne comprend pas.

Cet insolent a, en plus de cela, osé frapper à leur porte en mai dernier avec sa progéniture. Hélène a aussitôt refermé la porte, accablée de chagrin. Robert soupire profondément en se rappelant ce jour-là. La honte et la colère l'avaient envahi. Heureusement, aucun voisin n'a vu cette scène ; du moins, il n'en aurait déjà entendu parler. La voisine d'en face est une vraie commère, elle aurait aussitôt frappé à sa porte pour en savoir plus, chose qu'elle n'a pas faite. Mais que se passera-t-il si cette histoire se sait ? Il ferme les yeux et se demande s'il y a encore moyen de faire revenir Kasey sur le droit chemin et, si oui, comment. Voilà plusieurs mois que cette question le taraude. Il y a forcément un moyen de lui faire entendre raison, ou peut-être espère-t-il simplement sauver les apparences. Il a même songé à effacer la mémoire de son fils et de cette moldue, remplaçant les souvenirs perdus par des faux, ou prétendant que Kasey souffre d'amnésie traumatique après sa détention par les Ramdani ou bien suite à un accident.

Il aperçoit sa femme dans le couloir, les bras chargés d'une petite pile de cartons, Fleur, l'elfe de maison, la suite avec une docilité exemplaire. Derrière eux, d'autres cartons lévitent sagement. Robert prend appui contre l'accoudoir tandis qu'il se lève, quittant son bureau pour se tenir à l'encadrement de la porte. Il interpelle sa femme d'une voix empreinte de résolution :

— On ne brûle pas ces cartons.

Son épouse se tourne lentement vers lui, le regard interrogatif.

— J'ai peut-être une solution à notre problème, commence Robert, luttant contre une nervosité grandissante : il craint que sa femme se braque et refuse une telle solution. J'y pense depuis un moment et je crois que ça pourrait tout arranger.

Hélène ajuste sa prise sur les cartons qui l'encombre, une fatigue accablante marque son visage ridé.

— Robert, tu sais qu'il n'entendra jamais raison.
— Je le sais bien, mais justement : et si on lui effaçait la mémoire, ainsi que celle de cette moldue ?

Hélène le jauge longuement, abasourdie par la suggestion et pourtant elle y réfléchit sérieusement malgré elle. Ses doigts se crispent sur les cartons et elle secoue la tête sans grande conviction :

— C'est une décision radicale, Robert. Et si ça ne marche pas ?

Robert s'approche d'elle et agrippe ses épaules. elle se demande s'il ne perd pas la tête, il faut dire que cette situation l'obsède un peu trop à son gout.

— Il y a des risques, mais c'est peut-être notre seule chance de le ramener.

Hélène inspire profondément, son regard se perdant un instant dans le vide. Son époux se demande alors jusqu'où elle est prête à aller pour revoir leur fils. Finalement, elle lève les yeux au ciel.

— D'accord, essayons, murmure-t-elle avec hésitation. Mais faisons-le avec prudence. Je ne veux pas que notre fils souffre davantage si le sort est mal lancé.

Il hoche la tête, rassuré à l'idée que sa femme le suivet, en espérant que cette dernière solution ramènerait Kasey dans leur famille, dans leur monde. Mais un autre problème le rattrape rapidement :

— Et ses filles ?
— Comment ça, ses filles ?
— Que fait-on d'elles ?
— En quoi est-ce que ça nous regarde ? marmonne Robert, agacé.
— Et si elles sont des sorcières ?
— Eh bien, ce sera le problème de cette moldue, pas le nôtre.

Il croise les bras, son visage marqué par l'agacement. Il fixe sa femme, attendant une réponse qu'il redoute. Sa bien aimée soupire, posant délicatement les cartons sur le sol. Elle s'approche de Robert, ses yeux emplis d'une préoccupation sincère.

— Chéri, j'y ai beaucoup réfléchi depuis que Kasey est venu avec elles, ce sont nos petites-filles et...
— Elles ne sont pas de notre monde, coupe-t-il sèchement. Elles n'ont rien à voir avec nous, ni avec notre nom.

Elle fronce les sourcils, peinant à contenir son exaspération devant l'attitude inflexible de son mari.

— Tu ne peux pas simplement ignorer cela, Robert.
— Elles menacent la pureté de notre sang, réplique-t-il avec amertume. Accepter leur présence va compromettre énormément de choses. Et de quoi aurais-je l'air au Consilium ? Devant tous ces gens attachés à la pureté ?

Hélène baisse les yeux un instant, cherchant ses mots avec précaution.

— Ce sont nos petites-filles, Robert. Elles n'y sont pour rien dans tout cela.

Il soupire profondément :

— Kasey aurait dû y réfléchir à deux fois avant d'engrosser cette moldue, la faute lui revient entièrement.

Sa femme pose une main sur son bras, tentant de le ramener à une perspective plus humaine.

— Peut-être devrions-nous simplement les accepter. Trouver un moyen de concilier tout cela.

Robert détourne le regard, sentant le poids des décisions à venir, mais il se doit d'être inflexible.

— Non.

Le silence s'installe, pesant. Hélène reprend ses cartons et sa route, suivit par Fleur qui faisait mine de ne pas écouter.

Anxiété sociale : introverti
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"Je préfère pas, raconter ça, personne n’y croit"
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Activité : grosse baisse