"Promis, on se reverra"
Juillet 2047
Vacance Scolaire
La voiture filait à travers les rues de Dublin. Eugène avait les yeux rivés sur la vitre et les différents bâtiments qui traversaient son champ de vision. Le GPS les guidait, dans moins d'une vingtaine de minutes, ils seront arrivés à l'aéroport. Il y a une semaine de cela, Emily avait reçu un appel de son mari. Il rentrait enfin à la maison après avoir disparu durant trois années, tout au plus. Si Emily avait hâte de le retrouver, Eugène était bien plus réservé. Beaucoup de choses avaient changé en trois ans, en commençant par lui-même. Il n'était plus le petit garçon que son père avait laissé derrière lui. À présent, Eugène avait quatorze ans et pendant ses trois longues années, il avait vue et entendu des choses qu'un enfant ne devrait pas savoir. Entre le Dominion, cette histoire de Bal d'Halloween tourné en horreur, l'attaque du Poudlard Express ou encore cette pression sur son statut de sang, sa mère avait du faire face à de nombreuses crises d'angoisse. Bien trop vite, Eugène avait prit en maturité à ses dépens. Il était à des années-lumière de ce qu'il avait été, qu'en penserait son père ? Dans tous les cas, Eugène avait conscience d'une chose : il était arrivé à un stade où il s'est éloigné du chemin prévu par Everard Harlow. Et ça, Eugène savait que cela n'allait pas lui plaire.
Ils finissent par arriver à l'aéroport. Eugène descendit de la voiture en premier, suivit par sa mère. Maladroitement, il glisse ses mains dans les poches de sa veste et suit docilement l'ombre d'Emily. Il traînait des pieds et n'avait pas décroché un mot depuis qu'ils avaient quitté la maison. Ils passent les portes de l'aéroport et s'engouffrent dans le hall. Emily regarde les différents écrans qui indiquaient quel vol était arrivé. Elle en pointe un et s'exclame :
— L'avion vient de se poser, vient, ce n'est pas très loin.
Eugène se contente de suivre jusqu'au lieu indiqué où ils patientent sagement. Au bout de longues minutes, les passagers investissaient les lieux. La plupart retrouvaient de la famille ou des amis, tandis que d'autres continuaient leurs chemins. Sur la pointe des pieds, Emily essayait d'apercevoir son mari.
— Oh, Eugène, je le vois, finit par souffler sa mère. Everard ! Par ici !
Contrairement à sa mère, Eugène ne vit pas de suite son père. C'est quand ce dernier fut à leur hauteur qu'il croise son regard. C'était étrange, il ne semblait pas avoir changé. Enfin, si on omettait la barbe et la perte de poids qui était assez flagrante ! Mais mise à part cela, il était le même. Un instant, cela déstabilise Eugène. Longtemps, il avait cru que son père aurait ressemblé à tout autre chose. Sans perdre une seconde, Everard prit sa femme dans ses bras et embrasse tendrement son front, tandis que cette dernière pleurait à chaudes larmes. Quant à Eugène, il regardait la scène sans un mot. Il n'était pas à l'aise et alors qu'il préféra être discret, son père se tourne dans sa direction. Il hésite, prit le temps de dévisager de la tête au pied Eugène. Il était bien plus grand, bien plus élancé que dans ses souvenirs. Son visage s'était également affiné, il ne portait plus les traces de l'enfance. Il n'était plus le petit garçon qu'il avait laissé derrière lui. Soudainement, il s'approcha d'Eugène et le serra dans ses bras.
— Mo mac !
Mais c'est comme si Eugène ne l'entendait pas, ne ressentait pas son étreinte qu'il s'oblige à rendre pour ne pas faire de peine ni à son père, ni à sa mère qui l'observait attentivement. C'était étrange. Eugène avait longuement espéré le retour de son père, mais à présent, il ne savait pas comment réagir avec ce dernier. Il n'avait pas vraiment de raison de se sentir mal, il était juste... perdu ? Déboussolé ? Certainement.
— Comme tu as grandi. Tu as quel âge ? Treize ans ?
— Quatorze, rectifia Eugène, la voix fébrile.
Son père sourit, le serre encore plus contre lui, bienheureux.
— Tu m'as terriblement manqué.
— Toi aussi, assura Eugène comme il le pouvait.
Ce n'était pas un mensonge, son père lui avait manqué et il aimerait se réjouir de son retour. Il se savait plus comment se comporter auprès de lui, ce qu'il devait dire ou non. Eugène n'était plus habitué à sa présence, il avait fini par se faire à son absence.
— Allons à la voiture, indiqua Emily avec empressement. Tes parents ont grande hâte de te revoir, mo cumann.
Main dans la main, les parents Harlow prirent les devant, tandis qu'Eugène hésite avant de les suivre, toujours à la traîne. Il craignait déjà la suite de la journée.
Vacance Scolaire
La voiture filait à travers les rues de Dublin. Eugène avait les yeux rivés sur la vitre et les différents bâtiments qui traversaient son champ de vision. Le GPS les guidait, dans moins d'une vingtaine de minutes, ils seront arrivés à l'aéroport. Il y a une semaine de cela, Emily avait reçu un appel de son mari. Il rentrait enfin à la maison après avoir disparu durant trois années, tout au plus. Si Emily avait hâte de le retrouver, Eugène était bien plus réservé. Beaucoup de choses avaient changé en trois ans, en commençant par lui-même. Il n'était plus le petit garçon que son père avait laissé derrière lui. À présent, Eugène avait quatorze ans et pendant ses trois longues années, il avait vue et entendu des choses qu'un enfant ne devrait pas savoir. Entre le Dominion, cette histoire de Bal d'Halloween tourné en horreur, l'attaque du Poudlard Express ou encore cette pression sur son statut de sang, sa mère avait du faire face à de nombreuses crises d'angoisse. Bien trop vite, Eugène avait prit en maturité à ses dépens. Il était à des années-lumière de ce qu'il avait été, qu'en penserait son père ? Dans tous les cas, Eugène avait conscience d'une chose : il était arrivé à un stade où il s'est éloigné du chemin prévu par Everard Harlow. Et ça, Eugène savait que cela n'allait pas lui plaire.
Ils finissent par arriver à l'aéroport. Eugène descendit de la voiture en premier, suivit par sa mère. Maladroitement, il glisse ses mains dans les poches de sa veste et suit docilement l'ombre d'Emily. Il traînait des pieds et n'avait pas décroché un mot depuis qu'ils avaient quitté la maison. Ils passent les portes de l'aéroport et s'engouffrent dans le hall. Emily regarde les différents écrans qui indiquaient quel vol était arrivé. Elle en pointe un et s'exclame :
— L'avion vient de se poser, vient, ce n'est pas très loin.
Eugène se contente de suivre jusqu'au lieu indiqué où ils patientent sagement. Au bout de longues minutes, les passagers investissaient les lieux. La plupart retrouvaient de la famille ou des amis, tandis que d'autres continuaient leurs chemins. Sur la pointe des pieds, Emily essayait d'apercevoir son mari.
— Oh, Eugène, je le vois, finit par souffler sa mère. Everard ! Par ici !
Contrairement à sa mère, Eugène ne vit pas de suite son père. C'est quand ce dernier fut à leur hauteur qu'il croise son regard. C'était étrange, il ne semblait pas avoir changé. Enfin, si on omettait la barbe et la perte de poids qui était assez flagrante ! Mais mise à part cela, il était le même. Un instant, cela déstabilise Eugène. Longtemps, il avait cru que son père aurait ressemblé à tout autre chose. Sans perdre une seconde, Everard prit sa femme dans ses bras et embrasse tendrement son front, tandis que cette dernière pleurait à chaudes larmes. Quant à Eugène, il regardait la scène sans un mot. Il n'était pas à l'aise et alors qu'il préféra être discret, son père se tourne dans sa direction. Il hésite, prit le temps de dévisager de la tête au pied Eugène. Il était bien plus grand, bien plus élancé que dans ses souvenirs. Son visage s'était également affiné, il ne portait plus les traces de l'enfance. Il n'était plus le petit garçon qu'il avait laissé derrière lui. Soudainement, il s'approcha d'Eugène et le serra dans ses bras.
— Mo mac !
Mais c'est comme si Eugène ne l'entendait pas, ne ressentait pas son étreinte qu'il s'oblige à rendre pour ne pas faire de peine ni à son père, ni à sa mère qui l'observait attentivement. C'était étrange. Eugène avait longuement espéré le retour de son père, mais à présent, il ne savait pas comment réagir avec ce dernier. Il n'avait pas vraiment de raison de se sentir mal, il était juste... perdu ? Déboussolé ? Certainement.
— Comme tu as grandi. Tu as quel âge ? Treize ans ?
— Quatorze, rectifia Eugène, la voix fébrile.
Son père sourit, le serre encore plus contre lui, bienheureux.
— Tu m'as terriblement manqué.
— Toi aussi, assura Eugène comme il le pouvait.
Ce n'était pas un mensonge, son père lui avait manqué et il aimerait se réjouir de son retour. Il se savait plus comment se comporter auprès de lui, ce qu'il devait dire ou non. Eugène n'était plus habitué à sa présence, il avait fini par se faire à son absence.
— Allons à la voiture, indiqua Emily avec empressement. Tes parents ont grande hâte de te revoir, mo cumann.
Main dans la main, les parents Harlow prirent les devant, tandis qu'Eugène hésite avant de les suivre, toujours à la traîne. Il craignait déjà la suite de la journée.
"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
4e année RP | Je parle en gras
4e année RP | Je parle en gras
"Promis, on se reverra"
Juillet 2047
Vacance Scolaire
TW : Propos homophobe et sexiste, mention de maltraitance
Du coin de l’œil, sans piper mot, Eugène prit le temps d’observer son père qui redécouvrait le domaine de son enfance. Les tableaux, les meubles en passant par les photos, son regard ne loupe aucun détail. Quant à Eugène, il éprouvait un étrange sentiment, une sensation de « déjà-vu ». C’était familier, comme s’il avait déjà vécu cette scène. Alors qu’Everard retrouvait ses repères, Emily versait du café dans deux tasses, Eugène ayant du jus de citrouille à sa disposition (il détestait le café.). Everard s’installe à ses côtés et après une courte hésitation, Eugène s’assoit lourdement dans le fauteuil qui faisait face à ses parents. L’adolescent savait qu’il ne pourrait pas monter tout de suite dans sa chambre sans que cela ne soit mal vu. De vous à moi, Eugène aurait apprécié de prendre du temps pour lui et digérer le simple fait que son père était enfin revenu à la maison. À contrario, il se contentait de ravaler son malaise et prétendre à être le garçon parfait qu’Everard avait laissé derrière lui en partant pour l’Afghanistan, si bien qu’il s’efforce de sourire quand ce dernier l’avise.
— Alors, que donne tes études ?
Son sourire faiblit l’espace d’une seconde. Était ça qu’il voulait savoir en premier ? S’il réussissait à l’école ? Eugène croise le regard sévère de sa mère. Il n’avait pas besoin d’être un Legilimens pour savoir de quoi il en retournait. En se rendant à l’aéroport, Emily a été claire sur le sujet : il y a certaines choses qu’Evarad ne devait pas apprendre. Ces choses étaient bien sûr les événements tragiques dont Eugène a été témoin à Poudlard et dont les souvenirs tournaient en boucle dans sa tête, comme un disque rayé.
— Tout ce passe bien, articula Eugène.
Son affirmation n’avait rien de naturelle, mais son père s’en contenta et Emily se montra satisfaite, elle qui sirotait son café.
— Et pour ce qui est des notes ?
— J’ai une bonne moyenne.
— Que tu peux toujours améliorer, ajouta Emily avec encouragement.
Eugène acquiesce. Si sa mère ne comprenait rien à la magie, elle déployait un effort monstre pour l’aider à réviser et à apprendre durant les vacances. Si la moyenne d’Eugène était en hausse, s’était bien grâce à elle, en grande partie en tout cas. Mais pouce qui était d’Everard, savoir que son bulletin ne reflétait pas la perfection de la famille Harlow lui déplaisait. Non sans froncer les sourcils, Everard attrape sa tasse et s’exclame :
— Il faut savoir se surpasser, être meilleur.
— J’essaie, souffla Eugène qui commençait déjà à perdre patience.
L’adolescent vit dans les yeux de son père que son ton ne lui avait pas plu, mais avant qu’il ne fasse la remarque, Emily intervenait :
— Il fait de son mieux, ses notes sont en hausse.
— Et ce n’est pas suffisant.
Eugène redresse légèrement du menton et plisse des yeux. « Ce n’était pas suffisant Sérieusement ? » songe-t-il. Encore une fois, Emily reprit la conversation en main :
— Et il est investi dans les activités scolaires, n’est-ce pas Eugène ?
— Ouais, je suis très investi.
Eugène était ennuyé pas la conversation qui se tenait. Honnêtement, ce n’était pas ce qu’il imaginait. Il pensait que son père s’intéresserait à lui et à ce qu’il était devenu, avant de se soucier de sa scolarité.
— Ah oui ? Que fais-tu donc ?
— Trois fois rien, juste quelques clubs.
— Il faut que tu lui parle des Hel’s Angels !
— Maman…
— Qu’est-ce ? demanda Everard à sa femme.
— Une équipe de Cheerleading qu’il a intégré durant sa deuxième année.
Si sa mère avait bien pris le fait que son fils faisait du Cheerleading et l’avait encouragé sur cette voie, Eugène savait parfaitement que son père aller tiquer. D’ailleurs, cela n’a pas manqué :
— Du Cheerleading ? N’est-ce pas là une activité féminine ?
Eugène souffle fort.
— Non, c’est une activité mixite.
— Il n’empêche que tu feras autre chose. Il est hors de question que mon fils s’agite comme une femme.
— Je ne me trémousse pas !
— Et toi, tu l’as encouragé ?
— C’est certainement l’unique activité un tant soit peu physique qu’il pouvait faire et ça lui plaît, défendit Emily.
— Ceci n’est pas une activité pour un garçon, insista Everard, borné dans sa vision des choses.
Eugène s’enfonce dans son fauteuil, complètement oublié. Les reproches fusaient ici et là dans un ton acerbe et qui ne faisait que de monter. Il était question d’avoir foutu en l’air son éducation, à quoi Emily rétorquait qu’elle avait fait au mieux pour prendre soin de son enfant, tandis que lui, son mari, était encore partis pour l’autre bout du monde. Eugène ne pouvait lui donner tort, sa mère avait parfaitement raison. Son père aurait pu quitter l’armée et assumer pleinement son rôle de parent.
Son regard se porte en direction de l’escalier principal. Il se détache de cette pseudo-discussion, l’esprit ailleurs. Une étrange sensation fourmillait dans son esprit. Ses yeux s’attardent sur l’escalier, la voix de ses parents monta encore en intensité. C’était familier, une sorte de réminiscence de son enfance. « Pourquoi j'y pense ? » se demande Eugène « Y a quoi de mieux avant ? À part les rires en farandole. À part l’été qui me console. Qu'est-ce qui me manque tant ? Pourquoi j'y pense encore autant ? ». Eugène fronce les sourcils, tandis qu’un souvenir se dessine. Il se renvoyait gamin, cachait dans l’escalier et dans l’obscurité de la nuit. La porte d’entrée venait de claquer et sa mère pleurait à chaudes larmes dans le salon. Il se souvenait vaguement des cris et de la vaisselle brisée. D’un couple au bord du gouffre et qui ne s’entendait plus. Cette nuit-là, son père était parti pendant plusieurs mois. Il n’avait donné aucune nouvelle et il était revenu à Noël comme si de rien n’était. Eugène s’en souvenait maintenant.
Il serre les poings, la colère flambe dans ses yeux. Il se détourne de l’escalier et avise son père. Il se souvenait de tout. Là, sur les lèvres de celui qui parlait fort. Cette voix et ses lois qui le dérangent. Il revient toujours ce même goût de rance. Si Eugène avait voulu lui ressembler, maintenant, il le détestait. Entre les coups et les reproches. La perfection attendue et les responsabilités. Il songe à sa chambre et à l’escalier qui, entre les drames et l’insouciance, supportait ses peurs. Il se souvenait de tout. Everard fit claquer son poing contre l’accoudoir du canapé, arrachant autant un sursaut à Eugène qu’à sa mère.
— Il est hors de question qu’il continue cette activité de bonne femme. Mon fils n’est ni efféminé, ni un de ses détraqués d’homosexuel.
Ce fut de trop pour l’adolescent dont il était question. Eugène se lève d’un bond, attirant sur lui toute l’attention. Il observe sa mère en larme, une fois de plus, une fois de trop. Ses ongles rentrent dans sa peau tant la rage déborde, ses lèvres tremblent. Eugène s’apprêtait à dire une connerie, il en avait parfaitement conscience, c'était certainement ça le pire.
Vacance Scolaire
« Dans le jardin de mon enfance
Entre les arbres et la violence »
Inspiration
Entre les arbres et la violence »
Inspiration
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Du coin de l’œil, sans piper mot, Eugène prit le temps d’observer son père qui redécouvrait le domaine de son enfance. Les tableaux, les meubles en passant par les photos, son regard ne loupe aucun détail. Quant à Eugène, il éprouvait un étrange sentiment, une sensation de « déjà-vu ». C’était familier, comme s’il avait déjà vécu cette scène. Alors qu’Everard retrouvait ses repères, Emily versait du café dans deux tasses, Eugène ayant du jus de citrouille à sa disposition (il détestait le café.). Everard s’installe à ses côtés et après une courte hésitation, Eugène s’assoit lourdement dans le fauteuil qui faisait face à ses parents. L’adolescent savait qu’il ne pourrait pas monter tout de suite dans sa chambre sans que cela ne soit mal vu. De vous à moi, Eugène aurait apprécié de prendre du temps pour lui et digérer le simple fait que son père était enfin revenu à la maison. À contrario, il se contentait de ravaler son malaise et prétendre à être le garçon parfait qu’Everard avait laissé derrière lui en partant pour l’Afghanistan, si bien qu’il s’efforce de sourire quand ce dernier l’avise.
— Alors, que donne tes études ?
Son sourire faiblit l’espace d’une seconde. Était ça qu’il voulait savoir en premier ? S’il réussissait à l’école ? Eugène croise le regard sévère de sa mère. Il n’avait pas besoin d’être un Legilimens pour savoir de quoi il en retournait. En se rendant à l’aéroport, Emily a été claire sur le sujet : il y a certaines choses qu’Evarad ne devait pas apprendre. Ces choses étaient bien sûr les événements tragiques dont Eugène a été témoin à Poudlard et dont les souvenirs tournaient en boucle dans sa tête, comme un disque rayé.
— Tout ce passe bien, articula Eugène.
Son affirmation n’avait rien de naturelle, mais son père s’en contenta et Emily se montra satisfaite, elle qui sirotait son café.
— Et pour ce qui est des notes ?
— J’ai une bonne moyenne.
— Que tu peux toujours améliorer, ajouta Emily avec encouragement.
Eugène acquiesce. Si sa mère ne comprenait rien à la magie, elle déployait un effort monstre pour l’aider à réviser et à apprendre durant les vacances. Si la moyenne d’Eugène était en hausse, s’était bien grâce à elle, en grande partie en tout cas. Mais pouce qui était d’Everard, savoir que son bulletin ne reflétait pas la perfection de la famille Harlow lui déplaisait. Non sans froncer les sourcils, Everard attrape sa tasse et s’exclame :
— Il faut savoir se surpasser, être meilleur.
— J’essaie, souffla Eugène qui commençait déjà à perdre patience.
L’adolescent vit dans les yeux de son père que son ton ne lui avait pas plu, mais avant qu’il ne fasse la remarque, Emily intervenait :
— Il fait de son mieux, ses notes sont en hausse.
— Et ce n’est pas suffisant.
Eugène redresse légèrement du menton et plisse des yeux. « Ce n’était pas suffisant Sérieusement ? » songe-t-il. Encore une fois, Emily reprit la conversation en main :
— Et il est investi dans les activités scolaires, n’est-ce pas Eugène ?
— Ouais, je suis très investi.
Eugène était ennuyé pas la conversation qui se tenait. Honnêtement, ce n’était pas ce qu’il imaginait. Il pensait que son père s’intéresserait à lui et à ce qu’il était devenu, avant de se soucier de sa scolarité.
— Ah oui ? Que fais-tu donc ?
— Trois fois rien, juste quelques clubs.
— Il faut que tu lui parle des Hel’s Angels !
— Maman…
— Qu’est-ce ? demanda Everard à sa femme.
— Une équipe de Cheerleading qu’il a intégré durant sa deuxième année.
Si sa mère avait bien pris le fait que son fils faisait du Cheerleading et l’avait encouragé sur cette voie, Eugène savait parfaitement que son père aller tiquer. D’ailleurs, cela n’a pas manqué :
— Du Cheerleading ? N’est-ce pas là une activité féminine ?
Eugène souffle fort.
— Non, c’est une activité mixite.
— Il n’empêche que tu feras autre chose. Il est hors de question que mon fils s’agite comme une femme.
— Je ne me trémousse pas !
— Et toi, tu l’as encouragé ?
— C’est certainement l’unique activité un tant soit peu physique qu’il pouvait faire et ça lui plaît, défendit Emily.
— Ceci n’est pas une activité pour un garçon, insista Everard, borné dans sa vision des choses.
Eugène s’enfonce dans son fauteuil, complètement oublié. Les reproches fusaient ici et là dans un ton acerbe et qui ne faisait que de monter. Il était question d’avoir foutu en l’air son éducation, à quoi Emily rétorquait qu’elle avait fait au mieux pour prendre soin de son enfant, tandis que lui, son mari, était encore partis pour l’autre bout du monde. Eugène ne pouvait lui donner tort, sa mère avait parfaitement raison. Son père aurait pu quitter l’armée et assumer pleinement son rôle de parent.
Son regard se porte en direction de l’escalier principal. Il se détache de cette pseudo-discussion, l’esprit ailleurs. Une étrange sensation fourmillait dans son esprit. Ses yeux s’attardent sur l’escalier, la voix de ses parents monta encore en intensité. C’était familier, une sorte de réminiscence de son enfance. « Pourquoi j'y pense ? » se demande Eugène « Y a quoi de mieux avant ? À part les rires en farandole. À part l’été qui me console. Qu'est-ce qui me manque tant ? Pourquoi j'y pense encore autant ? ». Eugène fronce les sourcils, tandis qu’un souvenir se dessine. Il se renvoyait gamin, cachait dans l’escalier et dans l’obscurité de la nuit. La porte d’entrée venait de claquer et sa mère pleurait à chaudes larmes dans le salon. Il se souvenait vaguement des cris et de la vaisselle brisée. D’un couple au bord du gouffre et qui ne s’entendait plus. Cette nuit-là, son père était parti pendant plusieurs mois. Il n’avait donné aucune nouvelle et il était revenu à Noël comme si de rien n’était. Eugène s’en souvenait maintenant.
Il serre les poings, la colère flambe dans ses yeux. Il se détourne de l’escalier et avise son père. Il se souvenait de tout. Là, sur les lèvres de celui qui parlait fort. Cette voix et ses lois qui le dérangent. Il revient toujours ce même goût de rance. Si Eugène avait voulu lui ressembler, maintenant, il le détestait. Entre les coups et les reproches. La perfection attendue et les responsabilités. Il songe à sa chambre et à l’escalier qui, entre les drames et l’insouciance, supportait ses peurs. Il se souvenait de tout. Everard fit claquer son poing contre l’accoudoir du canapé, arrachant autant un sursaut à Eugène qu’à sa mère.
— Il est hors de question qu’il continue cette activité de bonne femme. Mon fils n’est ni efféminé, ni un de ses détraqués d’homosexuel.
Ce fut de trop pour l’adolescent dont il était question. Eugène se lève d’un bond, attirant sur lui toute l’attention. Il observe sa mère en larme, une fois de plus, une fois de trop. Ses ongles rentrent dans sa peau tant la rage déborde, ses lèvres tremblent. Eugène s’apprêtait à dire une connerie, il en avait parfaitement conscience, c'était certainement ça le pire.
« Je me souviens de tout
Je me souviens de tout
Je me souviens de tout
Je me souviens »
Je me souviens de tout
Je me souviens de tout
Je me souviens »
Dernière modification par Eugène Harlow le 22 déc. 2022, 18:34, modifié 4 fois.
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4e année RP | Je parle en gras
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"Promis, on se reverra"
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Vacance Scolaire
TW : Homophobie, mention de maltraitance
Ce soir, Eugène avait appris une chose importante : dire les quatre vérités à son géniteur et annoncer en prime son homosexualité n'étaient certainement pas la meilleure des idées. Avec force, il claque la porte de sa chambre, arrachant un sursaut à Cailealta. Cette dernière l’avise sans rien dire et Eugène ne lui prêta pas attention. En bas, la dispute avait repris son cours, mais impossible de déterminer ce qu'il se disait. Mais qu'impose, Eugène s'en foutait. Ce dernier mit la main sur sa Comète 260, récemment acquis, cadeau de sa mère pour ses résultats satisfaisant à ses examens.
— Où comptes-tu aller ? ose demander Cailealta.
— Me promener.
D'un mouvement sec, il ouvre la fenêtre de sa chambre, enfourche son balai et file droit à travers le jardin et le ciel, mettant ainsi fin à la discussion avec le portrait. Le vent le porte, la vitesse également. Eugène prend en hauteur, avant de plonger doucement en direction de la forêt qui avoisine le Domaine du Cerf Blanc. Des hectares d'arbres millénaires qui appartenaient à sa famille depuis des générations. Les branches gifles sont visage, tandis qu'il slalomait entre les conifères et les chênes. Il finit par déboucher sur une rivière qui traversait l'entièreté de la forêt. Il suit son nid et ses nombreux virages, jusqu'à atteindre le lac dans lequel la rivière se jetait. Eugène sourit, nostalgique d'une époque révolue. Il se souvint qu'ici, lui et sa famille venaient s'y baignait quand l'été devenait insupportable. Sa course, loin d'être fini, prit en vitesse. Eugène se cramponne à son balai, afin de prendre à nouveau de la hauteur avec un objectif en tête. L'infinité des ténèbres plane sur ses épaules. Le bruit du silence était aussi assourdissant que ce vent qui giflait son visage. Le tout était semblable à dix milliards de décibels qui éclatent, tandis qu'il fusait à travers le ciel. Il veut décrocher la lune, qu'elle le console comme le ferait une grande sœur. Il tend sa main dans sa direction, son sang battait dans ses tempes. Sa respiration devenait frénétique à chaque palier atteint, jusqu'à celle qui était à la limite du supportable pour l'homme.
Le froid le tétanise, ses doigts s'engourdissent, alors qu'un acouphène vrille ses oreilles. Eugène laisse tomber la lune et sa consolation. Il ferme les yeux et se laisse porter par le vent. Les forces de la gravité le prennent, l'emmènent. Toute apesanteur l'abandonne. "Oh, cette attraction est astronomique" songe-t-il en chutant en piqué, attiré par cette inconnue, cette adrénaline qui coule dans ses veines qu'il ressent pour la première fois. Il en perd le souffle, rate quelques battements de cœur. Un court instant, il s'imagine rentrer en collision avec le mur d'eau qui s'offrait à lui. Eugène rouvre les yeux, tire sur le manche de sa Comète qui se redresse soudainement. Il reprend en hauteur, se stabilise à quelques mètres de l'étendue d'eau et vint caresser sa surface du bout de ses doigts. Sonné, déboussolé, mais étrangement vivant, si bien qu'Eugène souhaitait recommencer. Encore et indéfiniment. Au bout du compte, l'adolescent finit par mettre pied à terre et s'asseoir au bord du lac, avant de s'allonger dans l'herbe humide. Il respire un bon coup, remit de l'ordre dans ses pensées chamboulé. Il observait la lune si grosse, tandis que lui était si petit. Un petit point insignifiant perdu dans l'immensité de l'univers.
Eugène se détache de sa contemplation quand son téléphone se mit à vibrer avec force. Il se redresse et mit la main sur ce dernier. Aussitôt, il fronce les sourcils en lisant les différents messages de sa mère. Premièrement, il était question du fait que son géniteur venait de prendre la voiture et de partir en ville, "Il est sûrement partie se morfondre dans un bar" suppose Eugène. La suite déplut au jeune sorcier. Everard voulait qu'il suive une thérapie de conversion. L'adolescent serre son téléphone entre sa main et se lève d'un bond. Furieusement, il jette ce dernier au loin et le regarde couler au fond du lac sans le moindre remord. Il autant en colère contre lui-même que le monde entier, mais si vous n'avez pas idée d'a quel point il était soulagé, comme si on venait de lui retirer une épine du pied. Il était heureux d'être sortie une bonne fois pour toute du placard.
Eugène attrape son balai, l'enfourche, puis s'envole en direction du domaine. Là, sans le moindre bruit, il pénètre dans sa chambre plongée dans l'obscurité. Alors qu'il referme la fenêtre, la lumière s'allume. Eugène avise alors sa mère qui l'attendait de pied ferme avec Cailealta. D'ailleurs, l'adolescent serait incapable de dire qui était la plus inquiète. Emily bondit de son siège et attrape en passant la valise sans fond de son fils.
— Je vais t'aider à faire ta valise, dit-elle. Il est hors de question que mon enfant suive une pseudo-thérapie.
Elle ouvre le placard et sort plusieurs vêtements, les affaires du rat d'Eugène et un plaide. Ce dernier était comme paralysé par l'information qui venait de tomber. Sa mère ne veut pas qu'il suive une thérapie ?
— Je vais m'arranger avec Lydia ou encore Deaglan pour qu'ils te prennent en charge, poursuit Emily. Le temps que je m'occupe de ton père.
Elle passe à côté de son fils en plonge tout ce qu'elle tenait dans la valise.
— Mais en attendant, il faudrait trouver quelque chose en urgence. Des amis peuvent t'héberger ?
Eugène ne donne aucune réponse, toujours saisit par la surprise. Sa mère ne veut pas le "guérir" ? Elle veut le mettre à l'abri ? Il regarde Cailealta.
— Nous avons discuté, indique simple cette dernière.
"Ceci explique cela" songe Eugène qui finit par réagir :
— Non, je ne souhaite pas m'imposer comme ça, mais il y a le Chaudron Baveur ?
— L'auberge au chemin de Traverse ? Cela fera l'affaire et s'il souhaite te retrouver, il ne le pourra pas.
Elle boucle la valise avec résolution.
— Va dans la voiture, je vais te rejoindre. Avec un peu de chance, nous pourrons prendre un ferry à Dublin.
Sur ses mots, Emily quitte la chambre. Quant à Eugène, il glisse son rat dans une poche et soulève sa valise, avant de regarder son ancêtre.
— Il faut croire que c'est de famille de fuguer, dit-elle. J'imagine que ça forge le caractère.
— J'aurais aimé que ça se passe autrement.
— Moi aussi, j'aurais aimé que mon père me comprenne.
— Tu crois qu'il finira par me comprendre ?
— Je ne sais pas, souffla Cailealta.
Eugène baisse la tête.
— Faut que j'y aille.
— J'espère te revoir.
— Promis, on se reverra.
Il quitte sa chambre, puis la bâtisse. Il glisse la valise dans le coffre et s'installe devant. Eugène n'attendit pas longtemps sa mère qui prit le volant. Elle démarre la voiture d'un coup de clé et se mit en route sans perdre plus de temps. Quand Everard rentrera au domaine une heure plus tard, il ne trouvera ni sa femme, ni son fils.
Vacance Scolaire
I'm drawn to the unknown, where shadows hide
A slave to the powers that magnetize
There's something inside of me I can't fight
Inspiration
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There's something inside of me I can't fight
Inspiration
TW : Homophobie, mention de maltraitance
Ce soir, Eugène avait appris une chose importante : dire les quatre vérités à son géniteur et annoncer en prime son homosexualité n'étaient certainement pas la meilleure des idées. Avec force, il claque la porte de sa chambre, arrachant un sursaut à Cailealta. Cette dernière l’avise sans rien dire et Eugène ne lui prêta pas attention. En bas, la dispute avait repris son cours, mais impossible de déterminer ce qu'il se disait. Mais qu'impose, Eugène s'en foutait. Ce dernier mit la main sur sa Comète 260, récemment acquis, cadeau de sa mère pour ses résultats satisfaisant à ses examens.
— Où comptes-tu aller ? ose demander Cailealta.
— Me promener.
D'un mouvement sec, il ouvre la fenêtre de sa chambre, enfourche son balai et file droit à travers le jardin et le ciel, mettant ainsi fin à la discussion avec le portrait. Le vent le porte, la vitesse également. Eugène prend en hauteur, avant de plonger doucement en direction de la forêt qui avoisine le Domaine du Cerf Blanc. Des hectares d'arbres millénaires qui appartenaient à sa famille depuis des générations. Les branches gifles sont visage, tandis qu'il slalomait entre les conifères et les chênes. Il finit par déboucher sur une rivière qui traversait l'entièreté de la forêt. Il suit son nid et ses nombreux virages, jusqu'à atteindre le lac dans lequel la rivière se jetait. Eugène sourit, nostalgique d'une époque révolue. Il se souvint qu'ici, lui et sa famille venaient s'y baignait quand l'été devenait insupportable. Sa course, loin d'être fini, prit en vitesse. Eugène se cramponne à son balai, afin de prendre à nouveau de la hauteur avec un objectif en tête. L'infinité des ténèbres plane sur ses épaules. Le bruit du silence était aussi assourdissant que ce vent qui giflait son visage. Le tout était semblable à dix milliards de décibels qui éclatent, tandis qu'il fusait à travers le ciel. Il veut décrocher la lune, qu'elle le console comme le ferait une grande sœur. Il tend sa main dans sa direction, son sang battait dans ses tempes. Sa respiration devenait frénétique à chaque palier atteint, jusqu'à celle qui était à la limite du supportable pour l'homme.
Le froid le tétanise, ses doigts s'engourdissent, alors qu'un acouphène vrille ses oreilles. Eugène laisse tomber la lune et sa consolation. Il ferme les yeux et se laisse porter par le vent. Les forces de la gravité le prennent, l'emmènent. Toute apesanteur l'abandonne. "Oh, cette attraction est astronomique" songe-t-il en chutant en piqué, attiré par cette inconnue, cette adrénaline qui coule dans ses veines qu'il ressent pour la première fois. Il en perd le souffle, rate quelques battements de cœur. Un court instant, il s'imagine rentrer en collision avec le mur d'eau qui s'offrait à lui. Eugène rouvre les yeux, tire sur le manche de sa Comète qui se redresse soudainement. Il reprend en hauteur, se stabilise à quelques mètres de l'étendue d'eau et vint caresser sa surface du bout de ses doigts. Sonné, déboussolé, mais étrangement vivant, si bien qu'Eugène souhaitait recommencer. Encore et indéfiniment. Au bout du compte, l'adolescent finit par mettre pied à terre et s'asseoir au bord du lac, avant de s'allonger dans l'herbe humide. Il respire un bon coup, remit de l'ordre dans ses pensées chamboulé. Il observait la lune si grosse, tandis que lui était si petit. Un petit point insignifiant perdu dans l'immensité de l'univers.
Eugène se détache de sa contemplation quand son téléphone se mit à vibrer avec force. Il se redresse et mit la main sur ce dernier. Aussitôt, il fronce les sourcils en lisant les différents messages de sa mère. Premièrement, il était question du fait que son géniteur venait de prendre la voiture et de partir en ville, "Il est sûrement partie se morfondre dans un bar" suppose Eugène. La suite déplut au jeune sorcier. Everard voulait qu'il suive une thérapie de conversion. L'adolescent serre son téléphone entre sa main et se lève d'un bond. Furieusement, il jette ce dernier au loin et le regarde couler au fond du lac sans le moindre remord. Il autant en colère contre lui-même que le monde entier, mais si vous n'avez pas idée d'a quel point il était soulagé, comme si on venait de lui retirer une épine du pied. Il était heureux d'être sortie une bonne fois pour toute du placard.
Eugène attrape son balai, l'enfourche, puis s'envole en direction du domaine. Là, sans le moindre bruit, il pénètre dans sa chambre plongée dans l'obscurité. Alors qu'il referme la fenêtre, la lumière s'allume. Eugène avise alors sa mère qui l'attendait de pied ferme avec Cailealta. D'ailleurs, l'adolescent serait incapable de dire qui était la plus inquiète. Emily bondit de son siège et attrape en passant la valise sans fond de son fils.
— Je vais t'aider à faire ta valise, dit-elle. Il est hors de question que mon enfant suive une pseudo-thérapie.
Elle ouvre le placard et sort plusieurs vêtements, les affaires du rat d'Eugène et un plaide. Ce dernier était comme paralysé par l'information qui venait de tomber. Sa mère ne veut pas qu'il suive une thérapie ?
— Je vais m'arranger avec Lydia ou encore Deaglan pour qu'ils te prennent en charge, poursuit Emily. Le temps que je m'occupe de ton père.
Elle passe à côté de son fils en plonge tout ce qu'elle tenait dans la valise.
— Mais en attendant, il faudrait trouver quelque chose en urgence. Des amis peuvent t'héberger ?
Eugène ne donne aucune réponse, toujours saisit par la surprise. Sa mère ne veut pas le "guérir" ? Elle veut le mettre à l'abri ? Il regarde Cailealta.
— Nous avons discuté, indique simple cette dernière.
"Ceci explique cela" songe Eugène qui finit par réagir :
— Non, je ne souhaite pas m'imposer comme ça, mais il y a le Chaudron Baveur ?
— L'auberge au chemin de Traverse ? Cela fera l'affaire et s'il souhaite te retrouver, il ne le pourra pas.
Elle boucle la valise avec résolution.
— Va dans la voiture, je vais te rejoindre. Avec un peu de chance, nous pourrons prendre un ferry à Dublin.
Sur ses mots, Emily quitte la chambre. Quant à Eugène, il glisse son rat dans une poche et soulève sa valise, avant de regarder son ancêtre.
— Il faut croire que c'est de famille de fuguer, dit-elle. J'imagine que ça forge le caractère.
— J'aurais aimé que ça se passe autrement.
— Moi aussi, j'aurais aimé que mon père me comprenne.
— Tu crois qu'il finira par me comprendre ?
— Je ne sais pas, souffla Cailealta.
Eugène baisse la tête.
— Faut que j'y aille.
— J'espère te revoir.
— Promis, on se reverra.
Il quitte sa chambre, puis la bâtisse. Il glisse la valise dans le coffre et s'installe devant. Eugène n'attendit pas longtemps sa mère qui prit le volant. Elle démarre la voiture d'un coup de clé et se mit en route sans perdre plus de temps. Quand Everard rentrera au domaine une heure plus tard, il ne trouvera ni sa femme, ni son fils.
Anybody. Can anybody stop me ?
Anybody stop me
Oh, this pull is astronomical
Anybody stop me
Oh, this pull is astronomical
"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
4e année RP | Je parle en gras
4e année RP | Je parle en gras
"Promis, on se reverra"
Juillet 2047
Vacance Scolaire
Si ce soir, Eugène avait appris une chose au sujet de son père, il en était de même avec sa mère. Le silence était d'or dans l'habitacle, seul le moteur de la voiture osait être bruyant. Hillbilly dormait sur les genoux d'Eugène, tandis que ce dernier fixait la vitre. Il n'y avait rien à voir, la nuit était sans lune, absolu. L'adolescent était perdu. Il n'assimila pas tout de suite qu'il fuyait la maison et les vallées, car la haine est incendiaire. Eugène déglutit et essaya de se ressaisir. Il jette un coup d'œil dans le rétroviseur, une voiture venait de les dépasser. Sa mère semblait imperturbable, elle qui gardait une vitesse constante et une mine ferme. Seules ses mains la trahissaient, eux qui tremblaient. L'adolescent ferma les yeux. Il aimerait dormir, sans succès. Ils étaient loin de Wexford, dans une bonne trentaine de minutes, ils seront à Dublin. C'est là que sa mère avait décidé de lâcher la bombe :
— Je suis non-binaire.
Est-ce qu'Eugene avait bien entendu ? Sa mère n'était pas une femme cisgenre ? Ou bien son esprit aussi bien épuisé que déboussolé venait d'inventer ça ? Il avise celle qui l'avait mis au monde, incertain. Elle ne dit rien de plus, elle laisse le silence prendre toute la place. Eugène fit de même par mimétisme. Pas un mot en retour. Juste l'observation, si bien qu'il le vit : l'épuisement dans les yeux de sa mère. Combien d'années avait-elle passé à naviguer contre vents et marées ?
— Aussi loin que je puisse me souvenir, je ne me suis jamais considéré.e comme une femme, finit-iel par raconter. C'est une chose que j'ai toujours sue et ça, depuis l'enfance. Les rares fois où mes cheveux étaient courts, on me confondait souvent avec un garçon et ça me plaisait. Je ne voulais pas être genré.
Eugène s'était complètement retourné dans sa direction, les yeux écarquiller par cette confession à laquelle il ne s'attendait pas. Il lae connaissait si mal ? Depuis combien de temps iel jouait le jeu ? Les questions débordaient dans son esprit, si bien qu'il ne savait pas par quoi commencer, ni s'il pouvait se permettre d'interroger saon parent.
— Si tu as des questions, n'hésite surtout pas.
À croire qu'iel était en prime legilimens.ienne ! Eugène bafouille un instant, avant de marmonner, quelque peu sur la défensif :
— Pourquoi tu n'as rien dit ?
— Car je ne t'ai pas donné l'éducation que j'aurais aimé t'offrir. Ton père n'aurait guère aimé que je t'inculque la bienveillance et la tolérance, que je te parle d'identité de genre ou encore d'orientation sexuelle. Je craignais que tu ne puisses pas comprendre à cause de ça. Je sais que j'aurais dû le faire en dépit de ce que ton père voulait, mais...
— T'as peur de lui ?
Emily acquiesçait après une courte hésitation.
— Il n'a pas arrêté de me rabâcher que les choses devaient se faire de telle manière, que je devais m'y plier. Cela a été le sujet de nombreuses disputes, il m'a menacé de divorcer et de t'emmener avec lui. Je voulais ni l'un, ni l'autre.
— Pourquoi tu ne veux pas divorcer ?
— C'est une chose que tu vas très vite comprendre, mon enfant : l'amour rend aveugle et vulnérable. Elle est la porte des pires vices, mais également des choses les plus merveilleuses. Au début, c'était idyllique, mais ça a viré au cauchemar et quand je m'en suis rendu compte, il était déjà trop tard. Quand par amour, tu es sous l'emprise de quelqu'un, c'est difficile de s'en défaire, surtout quand ton enfant rentre en compte.
— Comment ça ?
— Je pensais à tort qu'il te fallait un père, on m'a fait croire qu'il était vital pour un enfant d'avoir deux parents. Je ne me suis jamais autant trompé, surtout qu'il n'avait guère fait l'effort d'être présent quand tu en avais besoin. Mais en pensant que c'était pour ton bien, je me suis fait à l'idée que je devais subir.
Eugène regarde saon parent avec compassion. Iel avait tout enduré.e pour lui et ce n'est que maintenant qu'il le remarquait.
— Et maintenant ? demande subitement Eugène.
— De quoi ?
— tu va divorcer ?
La réponse tarde à venir. Emily humidifie ses lèvres d'un coup de langue. Iel était nerveux.se.
— Je ne sais pas, dit-iel d'une voix blanche. Je n'en sais rien. J'ai besoin d'un peu de temps pour réfléchir et te mettre à l'abri est ma priorité. Le reste attendra encore un peu.
Eugène n'insiste pas plus et s'enfonce dans son siège. Au loin, Dublin finissait par doucement apparaître.
— Papi et mamie le savent ? Que tu es non-binaire ?
— Oui, tout comme Lydia et Deaglan. Mais si eux m'ont toujours soutenu, ce n'est guère le cas avec nos parents. Ils n'ont clairement pas aimé. Eux aussi, ils m'ont menacé de m'envoyer en thérapie de conversion. J'ai réussi à y échapper en faisant croire que ce n'était qu'une passade, que je voulais juste être cool auprès des autres. Ça a été très dur, mais nécessaire et je refuse que tu vives la même chose, dit-iel résolument.
— Merci.
— Pourquoi me remercies-tu ?
— Pour tout ça.
— Voyons Eugène, tu es mon enfant. Ton arrivé était inespéré, tu as changé beaucoup de choses dans ma vie. Sans toi, je n'aurais pas pu tenir. C'est également mon devoir de parent de te protéger et veiller sur ton bien-être.
La voiture pénètre dans la capitale. Emily ralentit afin de respecter la limite autorisée.
— Mais c'est assez étrange.
Eugène interroge saon parent du regard.
— Tout est différent, mais pourtant, tout se ressemble. En toi, j'ai l'impression de me revoir quand j'étais ado. Tout aussi rebelle, mais plus rock que punk.
— Vraiment ?
— Oui, j'avais même les cheveux teints ! Ma mère était verte et mon père dépité. C'était assez drôle.
— Je pourrais me teindre aussi les cheveux ?
— Oh que non, je te rappelle que c'est interdit dans le règlement de ton école.
— S'il te plaît, aller, quelques mèches !
— Non et ne me fait pas tes yeux de chiot, je ne changerais pas d'avis.
— D'accord, je m'avoue vaincu !
— Mais je veux bien t'acheter du maquillage.
— C'est vrai ? Quoique, attend, comment tu sais que je me maquille ?
— Eugène, tu ne sais pas cacher tes affaires.
— Ah...
— Et arrête de prendre mon rouge à lèvre.
— Mais j'aime trop la couleur !
— Je t'en achèterais.
— Merci.
— De rien.
Il était tard à Dublin, si bien que circuler en ville était agréable et qu'ils arrivaient rapidement au port. Avec beaucoup de chance, ils réussissent à prendre le dernier ferry en direction de Liverpool. À partir de là, Eugène s'accorda une pause bien méritée. Il s'endort aussitôt, bercé par les vagues qui faisaient tanguer le bateau. Emily l'observe avec tendresse et vint embrasser son front, avant d'enrouler le plaide autour d'Eugène qui dormait à poings fermés.
— Je t'aime, murmura-t-iel. Je suis si fier.e de toi.
Vacance Scolaire
Remonter le temps
Pour tout savoir de ton passé
Toi, t'as fait comment
Pour te trouver sans te blesser?
Pour tout savoir de ton passé
Toi, t'as fait comment
Pour te trouver sans te blesser?
Si ce soir, Eugène avait appris une chose au sujet de son père, il en était de même avec sa mère. Le silence était d'or dans l'habitacle, seul le moteur de la voiture osait être bruyant. Hillbilly dormait sur les genoux d'Eugène, tandis que ce dernier fixait la vitre. Il n'y avait rien à voir, la nuit était sans lune, absolu. L'adolescent était perdu. Il n'assimila pas tout de suite qu'il fuyait la maison et les vallées, car la haine est incendiaire. Eugène déglutit et essaya de se ressaisir. Il jette un coup d'œil dans le rétroviseur, une voiture venait de les dépasser. Sa mère semblait imperturbable, elle qui gardait une vitesse constante et une mine ferme. Seules ses mains la trahissaient, eux qui tremblaient. L'adolescent ferma les yeux. Il aimerait dormir, sans succès. Ils étaient loin de Wexford, dans une bonne trentaine de minutes, ils seront à Dublin. C'est là que sa mère avait décidé de lâcher la bombe :
— Je suis non-binaire.
Est-ce qu'Eugene avait bien entendu ? Sa mère n'était pas une femme cisgenre ? Ou bien son esprit aussi bien épuisé que déboussolé venait d'inventer ça ? Il avise celle qui l'avait mis au monde, incertain. Elle ne dit rien de plus, elle laisse le silence prendre toute la place. Eugène fit de même par mimétisme. Pas un mot en retour. Juste l'observation, si bien qu'il le vit : l'épuisement dans les yeux de sa mère. Combien d'années avait-elle passé à naviguer contre vents et marées ?
— Aussi loin que je puisse me souvenir, je ne me suis jamais considéré.e comme une femme, finit-iel par raconter. C'est une chose que j'ai toujours sue et ça, depuis l'enfance. Les rares fois où mes cheveux étaient courts, on me confondait souvent avec un garçon et ça me plaisait. Je ne voulais pas être genré.
Eugène s'était complètement retourné dans sa direction, les yeux écarquiller par cette confession à laquelle il ne s'attendait pas. Il lae connaissait si mal ? Depuis combien de temps iel jouait le jeu ? Les questions débordaient dans son esprit, si bien qu'il ne savait pas par quoi commencer, ni s'il pouvait se permettre d'interroger saon parent.
— Si tu as des questions, n'hésite surtout pas.
À croire qu'iel était en prime legilimens.ienne ! Eugène bafouille un instant, avant de marmonner, quelque peu sur la défensif :
— Pourquoi tu n'as rien dit ?
— Car je ne t'ai pas donné l'éducation que j'aurais aimé t'offrir. Ton père n'aurait guère aimé que je t'inculque la bienveillance et la tolérance, que je te parle d'identité de genre ou encore d'orientation sexuelle. Je craignais que tu ne puisses pas comprendre à cause de ça. Je sais que j'aurais dû le faire en dépit de ce que ton père voulait, mais...
— T'as peur de lui ?
Emily acquiesçait après une courte hésitation.
— Il n'a pas arrêté de me rabâcher que les choses devaient se faire de telle manière, que je devais m'y plier. Cela a été le sujet de nombreuses disputes, il m'a menacé de divorcer et de t'emmener avec lui. Je voulais ni l'un, ni l'autre.
— Pourquoi tu ne veux pas divorcer ?
— C'est une chose que tu vas très vite comprendre, mon enfant : l'amour rend aveugle et vulnérable. Elle est la porte des pires vices, mais également des choses les plus merveilleuses. Au début, c'était idyllique, mais ça a viré au cauchemar et quand je m'en suis rendu compte, il était déjà trop tard. Quand par amour, tu es sous l'emprise de quelqu'un, c'est difficile de s'en défaire, surtout quand ton enfant rentre en compte.
— Comment ça ?
— Je pensais à tort qu'il te fallait un père, on m'a fait croire qu'il était vital pour un enfant d'avoir deux parents. Je ne me suis jamais autant trompé, surtout qu'il n'avait guère fait l'effort d'être présent quand tu en avais besoin. Mais en pensant que c'était pour ton bien, je me suis fait à l'idée que je devais subir.
Eugène regarde saon parent avec compassion. Iel avait tout enduré.e pour lui et ce n'est que maintenant qu'il le remarquait.
— Et maintenant ? demande subitement Eugène.
— De quoi ?
— tu va divorcer ?
La réponse tarde à venir. Emily humidifie ses lèvres d'un coup de langue. Iel était nerveux.se.
— Je ne sais pas, dit-iel d'une voix blanche. Je n'en sais rien. J'ai besoin d'un peu de temps pour réfléchir et te mettre à l'abri est ma priorité. Le reste attendra encore un peu.
Eugène n'insiste pas plus et s'enfonce dans son siège. Au loin, Dublin finissait par doucement apparaître.
— Papi et mamie le savent ? Que tu es non-binaire ?
— Oui, tout comme Lydia et Deaglan. Mais si eux m'ont toujours soutenu, ce n'est guère le cas avec nos parents. Ils n'ont clairement pas aimé. Eux aussi, ils m'ont menacé de m'envoyer en thérapie de conversion. J'ai réussi à y échapper en faisant croire que ce n'était qu'une passade, que je voulais juste être cool auprès des autres. Ça a été très dur, mais nécessaire et je refuse que tu vives la même chose, dit-iel résolument.
— Merci.
— Pourquoi me remercies-tu ?
— Pour tout ça.
— Voyons Eugène, tu es mon enfant. Ton arrivé était inespéré, tu as changé beaucoup de choses dans ma vie. Sans toi, je n'aurais pas pu tenir. C'est également mon devoir de parent de te protéger et veiller sur ton bien-être.
La voiture pénètre dans la capitale. Emily ralentit afin de respecter la limite autorisée.
— Mais c'est assez étrange.
Eugène interroge saon parent du regard.
— Tout est différent, mais pourtant, tout se ressemble. En toi, j'ai l'impression de me revoir quand j'étais ado. Tout aussi rebelle, mais plus rock que punk.
— Vraiment ?
— Oui, j'avais même les cheveux teints ! Ma mère était verte et mon père dépité. C'était assez drôle.
— Je pourrais me teindre aussi les cheveux ?
— Oh que non, je te rappelle que c'est interdit dans le règlement de ton école.
— S'il te plaît, aller, quelques mèches !
— Non et ne me fait pas tes yeux de chiot, je ne changerais pas d'avis.
— D'accord, je m'avoue vaincu !
— Mais je veux bien t'acheter du maquillage.
— C'est vrai ? Quoique, attend, comment tu sais que je me maquille ?
— Eugène, tu ne sais pas cacher tes affaires.
— Ah...
— Et arrête de prendre mon rouge à lèvre.
— Mais j'aime trop la couleur !
— Je t'en achèterais.
— Merci.
— De rien.
Il était tard à Dublin, si bien que circuler en ville était agréable et qu'ils arrivaient rapidement au port. Avec beaucoup de chance, ils réussissent à prendre le dernier ferry en direction de Liverpool. À partir de là, Eugène s'accorda une pause bien méritée. Il s'endort aussitôt, bercé par les vagues qui faisaient tanguer le bateau. Emily l'observe avec tendresse et vint embrasser son front, avant d'enrouler le plaide autour d'Eugène qui dormait à poings fermés.
— Je t'aime, murmura-t-iel. Je suis si fier.e de toi.
Dans tous les cas
Je suis là
Tu peux m'apprendre
À être moi
Je suis là
Tu peux m'apprendre
À être moi
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