Véhémente Négation
Sa main se posa fermement sur la poignée froide tandis qu’elle tourna d’un geste le verrou de l’autre. Libérée de la cabine, l’adolescente se dirigea vers les lavabos devant elle et entreprit de se laver soigneusement les mains en observant son reflet sur la glace lui faisant face. Elle lui renvoyait la partie haute de son corps, sa petite taille l’empêchait de voir beaucoup en-dessous. Une ligne commençait à se tracer sur son front alors que ses sourcils se rapprochaient doucement. Son visage par ces plis qui se dessinaient trop vite, trop visiblement communiquait plus qu’il ne le devait. Elle tenta de lâcher la tension pour redevenir lisse, de sorte qu’il ne soit plus possible de la lire. Bien des mois s’étaient écoulés depuis la dernière fois qu’elle avait réellement contemplé son double d’un miroir. Elle était méconnaissable. Une teinte plus sombre semblait s’être incrustée sous ses yeux, ces cernes qui lui rappelaient l’hostilité des dortoirs dans lesquels elle parvenait rarement à trouver le repos. Elles lui rappelaient la fatigue physique entraînée par la pratique intensive de l’exercice sportif, la fatigue intellectuelle provoquée la sollicitation perpétuelle de son esprit, dirigé jamais arrêté. Sa peau était aussi d’une pâleur mortelle, en avait-il toujours été ainsi ou bien était-ce la rareté de ses rencontre avec le Soleil qui avait aspiré toutes les couleurs de ses joues autrefois plus colorées ? La jeune sorcière entreprit de bien sécher ses mains humides avant de se placer vraiment devant la surface argentée, se redécouvrant.
Elle avait l’impression de revoir une connaissance après non l’avoir réellement oubliée, mais l’avoir rappelée ponctuellement à son souvenir sans jamais oser venir à elle. Et là enfin surgissant de nulle part ce message timide et incertain, la relation demeurait-elle inchangée ou y aurait-il incompatibilité… La forme de sa tête était différente, ses traits s’étaient durcis, avaient perdus d’une douceur et finesse de la jeunesse. La petite Swan descendit un peu, glissa sur le relief de ses clavicules avant d’atteindre le niveau de sa poitrine. Alors qu’elle était encore parvenue à l’ignorer et à faire comme si rien ne s’était passé quand cela avait commencé plus de deux ans auparavant, ces derniers mois il avait été de plus en plus difficile de l’occulter et de l’effacer. Elle avait pris du volume à ce niveau et ne pouvait plus le dissimuler, cette marque semblait gravée sur elle, impossible à cacher. Ses contours se modifiaient. Quand ils avaient commencé uniquement à se flouter, Phœbe avait pu y faire abstraction. Cependant les changements devenaient indéniables, redevenaient nets pour être parfaitement autres. Sa Silhouette adoptait des virages refusés, qu’elle ne se reconnaissait pas. Le dos des mains à quelque distance de sa taille, la Serpentard se voyait les suivre pour appréhender ces courbes inconnues et nouvelles, ses hanches aussi n’étaient pas comme avant. Elle avait réalisé que quelques vêtements ne passaient plus, la vraie raison était ces formes inédites, mais l’argentée avait repoussé ce souci en mettant sur le compte de la croissance. Seulement l’adolescente n’était pas confrontée à une innocente croissance d’enfant. Les évolutions étaient de toute autre nature. Elle refusait de le reconnaître, de le réaliser. Qu’elle devenait… ce qu’elle n’était pas.
Psyché lui avait appris ce que signifiaient ses douleurs mensuelles quand elles étaient survenues, l’un de ces premiers pas en ce chemin cloisonné, l’une des voies hermétiques d’adulte qui se crée. Pour autant la Verte et Argent ne voulait pas lui demander cette fois. Elle ne voulait pas se dire qu’elle devenait comme Psyché, comme Æglé, comme ces… comme ces… Mot qu’elle ne se rattachera pas. Qu’elle s’écartait surtout de plus en plus d’une période plus simple de sa vie. Où était passé son corps d’enfant, celui de l’indétermination ? L’âge où elle n’avait pas besoin d’être plus qu’un Enfant. Quand être soi suffit. Elle veut y retourner, à ce Temps. Fille et garçon n’ont pas le même sens que femme et homme. L’adolescente ne veut pas devenir femme. N’en est pas capable. Elle refuse de se transformer en ce qu’elle n’est pas. Et pourquoi ‘elle’ déjà ? L’enfant peut se définir librement, fillette ou garçonnet, son corps ne le contredisait pas. Ce détail n’importait pas jusqu’à ce moment où il semble impossible de revenir en arrière. Le premier Âge a cessé de la protéger. Aujourd’hui son corps le premier la trahit, bientôt les regards la définiront par ce qu’il est. Les contours physiques définissent les êtres. C’est si abject. La vraie Forme est ailleurs mais personne ne daigne la voir.
« Non ! »
Sa main a frappé avec force la glace en coup de poing, Phœbe est à présent prostrée sous le fulgurant éclair qui a traversé son membre et est remonté jusque son tronc. Ça picote, son regard voit trouble tandis que des larmes réflexes se forment au coin de ses paupières. Son cri a été lancé si fort qu’elle en perçoit encore les échos tout autour d’elle, la résonance des toilettes est importante, à moins que ce ne soient des hallucinations auditives. Ses cordes vocales lui font mal, témoignent de la force jetée en cette exclamation du Déni. Ça fait mal. Partout.
Elle avait l’impression de revoir une connaissance après non l’avoir réellement oubliée, mais l’avoir rappelée ponctuellement à son souvenir sans jamais oser venir à elle. Et là enfin surgissant de nulle part ce message timide et incertain, la relation demeurait-elle inchangée ou y aurait-il incompatibilité… La forme de sa tête était différente, ses traits s’étaient durcis, avaient perdus d’une douceur et finesse de la jeunesse. La petite Swan descendit un peu, glissa sur le relief de ses clavicules avant d’atteindre le niveau de sa poitrine. Alors qu’elle était encore parvenue à l’ignorer et à faire comme si rien ne s’était passé quand cela avait commencé plus de deux ans auparavant, ces derniers mois il avait été de plus en plus difficile de l’occulter et de l’effacer. Elle avait pris du volume à ce niveau et ne pouvait plus le dissimuler, cette marque semblait gravée sur elle, impossible à cacher. Ses contours se modifiaient. Quand ils avaient commencé uniquement à se flouter, Phœbe avait pu y faire abstraction. Cependant les changements devenaient indéniables, redevenaient nets pour être parfaitement autres. Sa Silhouette adoptait des virages refusés, qu’elle ne se reconnaissait pas. Le dos des mains à quelque distance de sa taille, la Serpentard se voyait les suivre pour appréhender ces courbes inconnues et nouvelles, ses hanches aussi n’étaient pas comme avant. Elle avait réalisé que quelques vêtements ne passaient plus, la vraie raison était ces formes inédites, mais l’argentée avait repoussé ce souci en mettant sur le compte de la croissance. Seulement l’adolescente n’était pas confrontée à une innocente croissance d’enfant. Les évolutions étaient de toute autre nature. Elle refusait de le reconnaître, de le réaliser. Qu’elle devenait… ce qu’elle n’était pas.
Psyché lui avait appris ce que signifiaient ses douleurs mensuelles quand elles étaient survenues, l’un de ces premiers pas en ce chemin cloisonné, l’une des voies hermétiques d’adulte qui se crée. Pour autant la Verte et Argent ne voulait pas lui demander cette fois. Elle ne voulait pas se dire qu’elle devenait comme Psyché, comme Æglé, comme ces… comme ces… Mot qu’elle ne se rattachera pas. Qu’elle s’écartait surtout de plus en plus d’une période plus simple de sa vie. Où était passé son corps d’enfant, celui de l’indétermination ? L’âge où elle n’avait pas besoin d’être plus qu’un Enfant. Quand être soi suffit. Elle veut y retourner, à ce Temps. Fille et garçon n’ont pas le même sens que femme et homme. L’adolescente ne veut pas devenir femme. N’en est pas capable. Elle refuse de se transformer en ce qu’elle n’est pas. Et pourquoi ‘elle’ déjà ? L’enfant peut se définir librement, fillette ou garçonnet, son corps ne le contredisait pas. Ce détail n’importait pas jusqu’à ce moment où il semble impossible de revenir en arrière. Le premier Âge a cessé de la protéger. Aujourd’hui son corps le premier la trahit, bientôt les regards la définiront par ce qu’il est. Les contours physiques définissent les êtres. C’est si abject. La vraie Forme est ailleurs mais personne ne daigne la voir.
« Non ! »
Sa main a frappé avec force la glace en coup de poing, Phœbe est à présent prostrée sous le fulgurant éclair qui a traversé son membre et est remonté jusque son tronc. Ça picote, son regard voit trouble tandis que des larmes réflexes se forment au coin de ses paupières. Son cri a été lancé si fort qu’elle en perçoit encore les échos tout autour d’elle, la résonance des toilettes est importante, à moins que ce ne soient des hallucinations auditives. Ses cordes vocales lui font mal, témoignent de la force jetée en cette exclamation du Déni. Ça fait mal. Partout.
Reducio
Libre à une personne
Éternelle nouvelle Lune
Sombre Ciel
Véhémente Négation
J'arpente les couloirs de l'école sans but précis, me laissant guider par les escaliers mouvants tout en ruminant ma frustration et ma colère. Je venais de me faire enguirlander par Gaïa, une cousine, puis par Edward, un cousin aussi. Je comprend qu'ils s’inquiètent pour moi, en ne me voyant pas intégrée au sein de l'école, ni de ma maison. Je comprend aussi que mon refus d'oublier le patin et l'escrime ou au moins, de les mettre en arrière plan, et si je veux en faire, du sport, me mettre au quidditch les exaspère.
Mais cela ne m'empêche pas d'être triste et de me sentir seule contre tous (surtout si l'on considère qu'ils ne se sont pas consultés : ils ne sont pas très proches). Je ne comprend pas pourquoi, pourquoi personne ne veut comprendre à quel point aller vers les autres, discuter, et ces choses là me fatiguent. En cas de besoin, je peux les faire, mais je n'aime pas cela. C'est éreintant. Fatigant.
Je ne comprend pas non plus pourquoi ils ne comprennent pas que le quid ne me plait pas plus que ça, et que c'est dur pour moi de devoir choisir entre ma nature de sorcière et entre mon goût pour le sport de compétition. Deux parties de moi ne pouvant pas exister ensemble. Deux parties de moi sans lesquelles hé ne serais pas moi, sans lesquelles je ne suis pas vivante, mais deux parties qui sont opposées.
Je m'arrête pour essuyer une larme, puis une autre. Je ne sais pas quand elles ont commencé à couler.
Heureusement, je me trouve devant les toilettes des filles.
Alors que j'ouvrais la porte, j'entends un cri, un "non", puis un bruit de verre brisé. La porte s'ouvre, et je vois une fille prostrée, avec devant elle un miroir brisé par un coup. De poing, je pense.
Je regarde plus attentivement cette fille et je reconnais Swan, la gardienne des Serpentard.
Je m'approche d'elle en tendant la main vers la sienne
Ne te blesse pas, pas si près du match entre ton équipe et les aïe aïe aïe !
J'ai envie de me cacher dans un trou du lavabo, tellent je me sens bête. Swan souffre visiblement, et moi, tout ce que je trouve à lui dire est en rapport à un stupide match. Je m’arrête près d'elle, ma main toujours près de son bras.
Euh. Excuse moi pour ces paroles idiotes. Tu t'es blessée ?
J'attend sa réaction, toujours sans le mem postion.
J'espère que cela ne te dérange pas,
la façon dont j'ai répondu. Su cela ne te conviens pas, fais le moi savoir et j'effacerai ce post
Mais cela ne m'empêche pas d'être triste et de me sentir seule contre tous (surtout si l'on considère qu'ils ne se sont pas consultés : ils ne sont pas très proches). Je ne comprend pas pourquoi, pourquoi personne ne veut comprendre à quel point aller vers les autres, discuter, et ces choses là me fatiguent. En cas de besoin, je peux les faire, mais je n'aime pas cela. C'est éreintant. Fatigant.
Je ne comprend pas non plus pourquoi ils ne comprennent pas que le quid ne me plait pas plus que ça, et que c'est dur pour moi de devoir choisir entre ma nature de sorcière et entre mon goût pour le sport de compétition. Deux parties de moi ne pouvant pas exister ensemble. Deux parties de moi sans lesquelles hé ne serais pas moi, sans lesquelles je ne suis pas vivante, mais deux parties qui sont opposées.
Je m'arrête pour essuyer une larme, puis une autre. Je ne sais pas quand elles ont commencé à couler.
Heureusement, je me trouve devant les toilettes des filles.
Alors que j'ouvrais la porte, j'entends un cri, un "non", puis un bruit de verre brisé. La porte s'ouvre, et je vois une fille prostrée, avec devant elle un miroir brisé par un coup. De poing, je pense.
Je regarde plus attentivement cette fille et je reconnais Swan, la gardienne des Serpentard.
Je m'approche d'elle en tendant la main vers la sienne
Ne te blesse pas, pas si près du match entre ton équipe et les aïe aïe aïe !
J'ai envie de me cacher dans un trou du lavabo, tellent je me sens bête. Swan souffre visiblement, et moi, tout ce que je trouve à lui dire est en rapport à un stupide match. Je m’arrête près d'elle, ma main toujours près de son bras.
Euh. Excuse moi pour ces paroles idiotes. Tu t'es blessée ?
J'attend sa réaction, toujours sans le mem postion.
J'espère que cela ne te dérange pas,
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pour éviter que les livres ne prennent feu... Si tu veux lire la suite, vas chez Joy Wakberg
Fehu
Petite rune perdue au milieux d'Enfants Resistants et Libres.
Véhémente Négation
Rouge. C’est rouge comme la colère, comme la fureur inexprimable qui bouillonne et provoque les pires torsions des entrailles. Elles donnent une affreuse nausée et un vertige incontrôlé à l’étudiante trop faible pour combattre avec une Ardeur qu’elle aimerait avoir. Son transfert fut insuffisant car la douleur n’était plus dans la main. Le coup n’était qu’une fugace distraction qui déjà s’est dissipée pour rendre la place à sa Tourmente. Elle lâcha toute la tension de son bras, qui retomba mollement le long de son corps. Très lentement, l’adolescente releva la tête, redoutant de voir son reflet sur cette glace qu’elle avait frappée. Celle-ci avait été fragilisée et le visage de la Serpentard paraissait brisé par une fissure fantôme. Son regard s’était figé pour transmettre un dégoût non dissimulé, un rejet explicite. Non, elle ne reconnaissait pas…ça. Alors qu’elle respirait de façon hachée, difficilement, comme si son souffle était entravé, une forme floue entra dans son champ de vision, l’amenant à tourner la tête pour entourer cette étrangère qui s’insinuait non loin d’elle sans prévenir.
Une enfant dont la voix se mêlait avec le sifflement aiguë qui emplissait de part en part à tête de la Serpentard. Les ‘aïe’ se réverbéraient et leur écho se jetait sur l’adolescente qui les entendaient décuplés. Rapidement elle plaça ses paumes contre ses tempes dans un geste de crispation. Si elle pouvait tout effacer, elle et son alentour, Phœbe le ferait. Elle ne voulait plus être cette incarnation qui semblait vouloir enterrer tout ce qu’elle était avant. Phœbe n’était pas une ‘elle’, comme son corps semblait le lui imposer. L’élève Vert et Argent ne voulait pas que ces gens la violent dans ses intimes contours sans ménagement. Pourtant presque personne en ces lieux n’était capable de comprendre où était la frontière d’un espace personnel, et il s’en trouvait toujours empiété avec l’inconvenance abjecte des gosses. Que s’effondre le château de cartes ! D’une voix sifflante, sa réponse parvint à la nouvelle venue.
« Rien à fiche… Rien à fiche car si j’ai une blessure, le match me permettra de l’oublier. »
La seule raison de l’engagement dans l’équipe pour les rencontres de Quidditch. Il était détestable que trop de personnes sachent son nom par sa présence sur un terrain où son alter ego du jeu évoluait. Mais c’était sa distraction salvatrice. Cependant… une plaie pourrait être source de déconcentration. Ce ne devait prendre le dessus, en aucune manière.
« Quoiqu’il en soit le Souafle n’a même pas besoin de ça pour me trahir. »
Ses jambes se plièrent alors qu’elles tiraient doucement son buste vers le bas. Ses fesses touchèrent la fraîcheur du carrelage, les lavabos étaient à présent au-dessus de sa tête. L’essoufflement provoquait une pression de plus en plus insoutenable sur sa poitrine dont Swan n’aimerait avoir la conscience de son existence. Est-ce que le visage de la fillette intruse serait une vision assez différente pour ramener son attention sur des considérations moins douloureuses ? Les yeux de Lune se levèrent pour rencontrer ceux de l’enfant. Étrange, ils paraissaient presque humides… L’effet de ces lieux offrait ce genre d’illusion. C’est ici… c’était ici que pour la première fois son chemin avait croisé celui… de celle qui avait bousculé avec force Phœbe. Au détour d’une rentrée. Ses larmes sortiraient si le souvenir devenait plus fort. De toutes les forces de son esprit ces relents étaient au mieux repoussés au loin dans de sombres tréfonds où était leur place. Elle avait disparu. On n’invoque pas ceux qui s’estompent à dessein. Impossible de lui en vouloir quand devant l’occasion d’une Fuite l’élève céderait aussi.
« Qu’ils affrontent un enfant cassé… »
Une petite chose en loques qui ne se connaît pas, qui refuse de se conformer à une manifestation traîtresse correspondant à ce qui imprègne le regard de tous ceux qui la scrutent impitoyablement. À la souffrance la colère et la hargne reprirent le dessus, expression très atypique chez Swan qui explosait alors avec une puissance excitante et inédite.
« En quoi ça t’intéresse d'ailleurs ? Si tu es là pour toi, alors occupe-toi de toi ! »
Une enfant dont la voix se mêlait avec le sifflement aiguë qui emplissait de part en part à tête de la Serpentard. Les ‘aïe’ se réverbéraient et leur écho se jetait sur l’adolescente qui les entendaient décuplés. Rapidement elle plaça ses paumes contre ses tempes dans un geste de crispation. Si elle pouvait tout effacer, elle et son alentour, Phœbe le ferait. Elle ne voulait plus être cette incarnation qui semblait vouloir enterrer tout ce qu’elle était avant. Phœbe n’était pas une ‘elle’, comme son corps semblait le lui imposer. L’élève Vert et Argent ne voulait pas que ces gens la violent dans ses intimes contours sans ménagement. Pourtant presque personne en ces lieux n’était capable de comprendre où était la frontière d’un espace personnel, et il s’en trouvait toujours empiété avec l’inconvenance abjecte des gosses. Que s’effondre le château de cartes ! D’une voix sifflante, sa réponse parvint à la nouvelle venue.
« Rien à fiche… Rien à fiche car si j’ai une blessure, le match me permettra de l’oublier. »
La seule raison de l’engagement dans l’équipe pour les rencontres de Quidditch. Il était détestable que trop de personnes sachent son nom par sa présence sur un terrain où son alter ego du jeu évoluait. Mais c’était sa distraction salvatrice. Cependant… une plaie pourrait être source de déconcentration. Ce ne devait prendre le dessus, en aucune manière.
« Quoiqu’il en soit le Souafle n’a même pas besoin de ça pour me trahir. »
Ses jambes se plièrent alors qu’elles tiraient doucement son buste vers le bas. Ses fesses touchèrent la fraîcheur du carrelage, les lavabos étaient à présent au-dessus de sa tête. L’essoufflement provoquait une pression de plus en plus insoutenable sur sa poitrine dont Swan n’aimerait avoir la conscience de son existence. Est-ce que le visage de la fillette intruse serait une vision assez différente pour ramener son attention sur des considérations moins douloureuses ? Les yeux de Lune se levèrent pour rencontrer ceux de l’enfant. Étrange, ils paraissaient presque humides… L’effet de ces lieux offrait ce genre d’illusion. C’est ici… c’était ici que pour la première fois son chemin avait croisé celui… de celle qui avait bousculé avec force Phœbe. Au détour d’une rentrée. Ses larmes sortiraient si le souvenir devenait plus fort. De toutes les forces de son esprit ces relents étaient au mieux repoussés au loin dans de sombres tréfonds où était leur place. Elle avait disparu. On n’invoque pas ceux qui s’estompent à dessein. Impossible de lui en vouloir quand devant l’occasion d’une Fuite l’élève céderait aussi.
« Qu’ils affrontent un enfant cassé… »
Une petite chose en loques qui ne se connaît pas, qui refuse de se conformer à une manifestation traîtresse correspondant à ce qui imprègne le regard de tous ceux qui la scrutent impitoyablement. À la souffrance la colère et la hargne reprirent le dessus, expression très atypique chez Swan qui explosait alors avec une puissance excitante et inédite.
« En quoi ça t’intéresse d'ailleurs ? Si tu es là pour toi, alors occupe-toi de toi ! »
Éternelle nouvelle Lune
Sombre Ciel
Véhémente Négation
« Rien à fiche… Rien à fiche car si j’ai une blessure, le match me permettra de l’oublier. »
Je laisse mon regard se perdre sur ses mains rougies après ce coup dans le miroir. J'entreprends alors de détacher le foulard qui retenait mes cheveux en queue de cheval haute et le lui tend, après avoir un peu mouillé un coin, tandis qu'elle reprend la parole :
« Quoiqu’il en soit le Souafle n’a même pas besoin de ça pour me trahir.
-Je ne t'ai vue jouer qu'une seule fois, je ne peux donc pas juger de la qualité de ton jeu, mais je sais que si tu es gardienne de ton équipe, c'est que tu as un très bon niveau. Les serpys ne sont pas réputés pour être complaisants. Et en plus, si tu es blessée, tu auras du mal à jouer correctement, à cause des croûtes et du froid. Ne donne pas des raisons au souafle de te " trahir" Donc, s'il te plaît, prends mon foulard pour t'essuyer le poing.
Je me redresse et me rince le visage. Si cela efface les traînées qu'ont laissé mes larmes, cela n'efface pas l'expression que mon visage avait. Et cela n'a pas chassé les larmes.
Après m'être rincée, je m'assieds au sol, les jambes ramenées contre mon torse et ma tête posée sur mes genoux, face à Swan, qui est elle aussi au sol. Elle relève les yeux vers moi, mais triste comme je suis, je manque de courage et je baisse les yeux pour qu'elle ne voie pas les larmes qui menacent de sortir, histoire de préserver ma fierté.
« Qu’ils affrontent un enfant cassé… »
Je relève les yeux vers la jeune fille devant moi. Ce genre de mots est tellement triste ! Je réfléchis à toute allure à un moyen de l'aider. Déjà, je ne peux pas lui demander frontalement de m'explique pourquoi elle est cassée. Peut être amener le sujet en parlant de moi ? En me plaignant, ce qui pourrait l'amener à me dire qu'elle a des ennuis plus graves ?
Cette méthode me pose un soucis, car je ne me plains jamais. Mais bon. Si cela peut amener la six ou cinquième année à parler et si cela me permet de l'aider, je peux faire ce sacrifice. Je ne peux pas me la ramener sur le sport, je doute que sa colère soit liée au sport. Peut être un problème familial ? C'est une adolescente, peut être qu'elle est complexée par son aparence ? Ou bien on se moque d'elle à cause de sa petite taille ? Je décide de commencer en lui demandant sur ce qu'elle entend sur cassée.
«Comment ça, cassée ?
-En quoi ça t’intéresse d'ailleurs ? Si tu es là pour toi, alors occupe-toi de toi ! »
Et voici la perche du siècle qui m'est tendue !
Je lève les mains en signe de reddition :
«Okay, okay ! Tu sais, nous avons tous des problèmes, mais nous n'agressons pas les autres. J'étais venue me rincer le visage, car j'ai pleuré en lisant une lettre de ma nourice. Ellya ne racontait que ma grand-mère a passé tout son séjour au manoir à m'insulter, à dire que je ne ressemble à rien, et surtout que je ne mérite pas ma mère et mon rang. Bref, elle s'est mise à vraiment me critiquer ouvertement, juste à cause de ma maison. J'ai des soucis, mais je n'agresse personne.
Finalement, n'y tenant plus, je décide de lui demander directement. M'entendre parler ainsi me révulse
Par contre, je suppose que toi, tu as des soucis encore plus grands que les miens, pour être... si... agressive. Si tu voulais bien m'en parler, ne serait-ce qu'un peu, je pourrais t'aider
Mes bras viennent à nouveau encercler mes jambes, tandis que j'attends, un peu anxieuse, sa réaction
Je laisse mon regard se perdre sur ses mains rougies après ce coup dans le miroir. J'entreprends alors de détacher le foulard qui retenait mes cheveux en queue de cheval haute et le lui tend, après avoir un peu mouillé un coin, tandis qu'elle reprend la parole :
« Quoiqu’il en soit le Souafle n’a même pas besoin de ça pour me trahir.
-Je ne t'ai vue jouer qu'une seule fois, je ne peux donc pas juger de la qualité de ton jeu, mais je sais que si tu es gardienne de ton équipe, c'est que tu as un très bon niveau. Les serpys ne sont pas réputés pour être complaisants. Et en plus, si tu es blessée, tu auras du mal à jouer correctement, à cause des croûtes et du froid. Ne donne pas des raisons au souafle de te " trahir" Donc, s'il te plaît, prends mon foulard pour t'essuyer le poing.
Je me redresse et me rince le visage. Si cela efface les traînées qu'ont laissé mes larmes, cela n'efface pas l'expression que mon visage avait. Et cela n'a pas chassé les larmes.
Après m'être rincée, je m'assieds au sol, les jambes ramenées contre mon torse et ma tête posée sur mes genoux, face à Swan, qui est elle aussi au sol. Elle relève les yeux vers moi, mais triste comme je suis, je manque de courage et je baisse les yeux pour qu'elle ne voie pas les larmes qui menacent de sortir, histoire de préserver ma fierté.
« Qu’ils affrontent un enfant cassé… »
Je relève les yeux vers la jeune fille devant moi. Ce genre de mots est tellement triste ! Je réfléchis à toute allure à un moyen de l'aider. Déjà, je ne peux pas lui demander frontalement de m'explique pourquoi elle est cassée. Peut être amener le sujet en parlant de moi ? En me plaignant, ce qui pourrait l'amener à me dire qu'elle a des ennuis plus graves ?
Cette méthode me pose un soucis, car je ne me plains jamais. Mais bon. Si cela peut amener la six ou cinquième année à parler et si cela me permet de l'aider, je peux faire ce sacrifice. Je ne peux pas me la ramener sur le sport, je doute que sa colère soit liée au sport. Peut être un problème familial ? C'est une adolescente, peut être qu'elle est complexée par son aparence ? Ou bien on se moque d'elle à cause de sa petite taille ? Je décide de commencer en lui demandant sur ce qu'elle entend sur cassée.
«Comment ça, cassée ?
-En quoi ça t’intéresse d'ailleurs ? Si tu es là pour toi, alors occupe-toi de toi ! »
Et voici la perche du siècle qui m'est tendue !
Je lève les mains en signe de reddition :
«Okay, okay ! Tu sais, nous avons tous des problèmes, mais nous n'agressons pas les autres. J'étais venue me rincer le visage, car j'ai pleuré en lisant une lettre de ma nourice. Ellya ne racontait que ma grand-mère a passé tout son séjour au manoir à m'insulter, à dire que je ne ressemble à rien, et surtout que je ne mérite pas ma mère et mon rang. Bref, elle s'est mise à vraiment me critiquer ouvertement, juste à cause de ma maison. J'ai des soucis, mais je n'agresse personne.
Finalement, n'y tenant plus, je décide de lui demander directement. M'entendre parler ainsi me révulse
Par contre, je suppose que toi, tu as des soucis encore plus grands que les miens, pour être... si... agressive. Si tu voulais bien m'en parler, ne serait-ce qu'un peu, je pourrais t'aider
Mes bras viennent à nouveau encercler mes jambes, tandis que j'attends, un peu anxieuse, sa réaction
pour éviter que les livres ne prennent feu... Si tu veux lire la suite, vas chez Joy Wakberg
Fehu
Petite rune perdue au milieux d'Enfants Resistants et Libres.
Véhémente Négation
Pourquoi font-ils autant compter ce qui est si risible ? Pourquoi croient-ils comprendre alors qu’ils se gourent parfaitement de référentiel ? Pourquoi font-ils ce qui ne devrait l’être ? Diable, ils sont insupportables. Autant que le sont ces remarques sur le jeu de la Serpentard. Aucun intérêt d'autoriser ses pensées à s'attarder sur ce qui n’a d’importance, et le Quidditch dans cette forme d’engagement n’en avait pas. Qu’est-ce qui pouvait bien amener cette gamine à soucier des performances sportives de son aînée… Hors du terrain ces considérations s’estompaient, il n’était pas question de les rappeler gratuitement. Ses paupières se fermèrent longuement et fortement, comme dans un souhait de faire disparaître et d’avaler par cet abaissement ce qui venait de se produire et d’être dit. Cela s’engouffrait dans des méandres de destruction, avec assurance. Absorbé, effacé. Pour se permettre de rejeter, il faut malheureusement dans un premier temps daigner reconnaître.
Résignée à se trouver en confrontation avec une fillette incapable de ne lui laisser ni air ni espace, Phœbe ferma son visage et se plongea en elle-même, laissant le reste ne devenir que flots étouffés par la brume qui l’enveloppait et protégeait étroitement. L’autre voix était cependant aiguë, vraiment très aiguë. Soupir. Encore ce pouvoir des gamins à transpercer l’ouïe avec leur voix si haute, si désagréable, une épée lancinante à son auditeur. Alors des mots étrangers la martelaient indécemment bien qu’elle n’ait voulu en avoir quelque connaissance. Au moins une évolution que la petite Swan avait apprécié le temps allant était l’adoucissement de sa voix, plus grave et moins agressive. Quoiqu’il en soit elle n’était pas disposée à offrir souvent la couleur de son timbre, son Souffle suffisait amplement à transporter ce qu’elle jetait au-devant.
La Vert et Argent grimaça fugacement comme pour faire passer un court instant son agacement. Elle aurait dû fermer cette porte, il fallait bien attendre cette intrusion. Elle prit une inspiration et attendit la moitié de son expiration avant de parler, fixant l’enfant de son visage neutre et de son regard sans éclat.
« Juste dis-tu… tu sais que c’est injustifié. Si ton souci est friable alors jette ses poudres et débarrasse-t’en. Qu’est-ce qu’on en a à fiche des Maisons ? Il faut bien décider quelle section devra drainer notre substance et énergie les prochaines années, c’est tout. Oui, c’est malheureux, si tu veux briller, ce Monstre-d ’Aigle en tirera de quoi lustrer ses plumes. Si tu veux lui faire perdre des plumes, traîne-le en te jetant la première dans les soubassements. L’un ou l’autre tu déçois, alors peu importe. Oublie la fraction et rappelle-toi que nous devrions tous exister, chacun. »
Elle fixa de ses yeux de Lune la jeune fille de façon intense et presque intrusive avant de conclure.
«Tu existes ? Prouve-le-moi. »
La nuance de défi avait teinté ce dernier murmure presque sifflé. L’adolescente porta à son front sa main gauche, constatant qu’il était bien plus chaud que ses doigts qui devaient être glacés. Elle les ferma en poing avant de se lever, se dirigeant vers les fenêtres situées à quelque mètres. La lumière interne en contraste au sombre du dehors permettait à la vitre d’accueillir son reflet et de le restituer avec netteté. L’élève pose ses poings de deux côtés de sa terre sur le support de verre, s’observant farouchement, s’attendant à briser son Alter Ego de lumière. Il lui suffisait d’approcher encore son visage de quelques centimètres pour que son Souffle forme de la buée. Ce qu’elle fit, se complaisant dans le constat de sa propre disparition contrôlée par la circulation de son air hors de ses orifices de respiration.
« Des fragments inconnus, des fragments perdus, des fragments nouveaux. Je perds ma constitution, elle m’échappe. Je ne veux pas me perdre au profit d’une autre que je ne connais pas. »
Un frisson d’effroi commençait-il à s’immiscer en elle alors que se réalisait l’inévitable évolution de son enveloppe… L’inédit n’est que descriptible, et avec peine, il est aussi indéfinissable. Des torsions de tous horizons transpercent et pour les combattre il faut comprendre leur nature et leur origine. Surtout, vouloir comprendre. Bien qu’elle n’en ait ni la force ni la puissance, une impérieuse Pensée s’insinua et explosa en elle alors que Phœbe tentait d’appuyer une pression plus conséquente au bout de ses mains.
*Brisez-Vous !*
Résignée à se trouver en confrontation avec une fillette incapable de ne lui laisser ni air ni espace, Phœbe ferma son visage et se plongea en elle-même, laissant le reste ne devenir que flots étouffés par la brume qui l’enveloppait et protégeait étroitement. L’autre voix était cependant aiguë, vraiment très aiguë. Soupir. Encore ce pouvoir des gamins à transpercer l’ouïe avec leur voix si haute, si désagréable, une épée lancinante à son auditeur. Alors des mots étrangers la martelaient indécemment bien qu’elle n’ait voulu en avoir quelque connaissance. Au moins une évolution que la petite Swan avait apprécié le temps allant était l’adoucissement de sa voix, plus grave et moins agressive. Quoiqu’il en soit elle n’était pas disposée à offrir souvent la couleur de son timbre, son Souffle suffisait amplement à transporter ce qu’elle jetait au-devant.
La Vert et Argent grimaça fugacement comme pour faire passer un court instant son agacement. Elle aurait dû fermer cette porte, il fallait bien attendre cette intrusion. Elle prit une inspiration et attendit la moitié de son expiration avant de parler, fixant l’enfant de son visage neutre et de son regard sans éclat.
« Juste dis-tu… tu sais que c’est injustifié. Si ton souci est friable alors jette ses poudres et débarrasse-t’en. Qu’est-ce qu’on en a à fiche des Maisons ? Il faut bien décider quelle section devra drainer notre substance et énergie les prochaines années, c’est tout. Oui, c’est malheureux, si tu veux briller, ce Monstre-d ’Aigle en tirera de quoi lustrer ses plumes. Si tu veux lui faire perdre des plumes, traîne-le en te jetant la première dans les soubassements. L’un ou l’autre tu déçois, alors peu importe. Oublie la fraction et rappelle-toi que nous devrions tous exister, chacun. »
Elle fixa de ses yeux de Lune la jeune fille de façon intense et presque intrusive avant de conclure.
«Tu existes ? Prouve-le-moi. »
La nuance de défi avait teinté ce dernier murmure presque sifflé. L’adolescente porta à son front sa main gauche, constatant qu’il était bien plus chaud que ses doigts qui devaient être glacés. Elle les ferma en poing avant de se lever, se dirigeant vers les fenêtres situées à quelque mètres. La lumière interne en contraste au sombre du dehors permettait à la vitre d’accueillir son reflet et de le restituer avec netteté. L’élève pose ses poings de deux côtés de sa terre sur le support de verre, s’observant farouchement, s’attendant à briser son Alter Ego de lumière. Il lui suffisait d’approcher encore son visage de quelques centimètres pour que son Souffle forme de la buée. Ce qu’elle fit, se complaisant dans le constat de sa propre disparition contrôlée par la circulation de son air hors de ses orifices de respiration.
« Des fragments inconnus, des fragments perdus, des fragments nouveaux. Je perds ma constitution, elle m’échappe. Je ne veux pas me perdre au profit d’une autre que je ne connais pas. »
Un frisson d’effroi commençait-il à s’immiscer en elle alors que se réalisait l’inévitable évolution de son enveloppe… L’inédit n’est que descriptible, et avec peine, il est aussi indéfinissable. Des torsions de tous horizons transpercent et pour les combattre il faut comprendre leur nature et leur origine. Surtout, vouloir comprendre. Bien qu’elle n’en ait ni la force ni la puissance, une impérieuse Pensée s’insinua et explosa en elle alors que Phœbe tentait d’appuyer une pression plus conséquente au bout de ses mains.
*Brisez-Vous !*
Diffractée.
Éternelle nouvelle Lune
Sombre Ciel
Véhémente Négation
Devant moi, Swan grimace rapidement, surmêmt agacée par ma question. A moins-que ce ne soit par ma présence ? Je ne saurais pas le dire.
Je n'ai pas le temps de cogiter sur ce point, puisque Swan me regarde, puis prend la parole.
-Juste dis-tu… tu sais que c’est injustifié. Si ton souci est friable alors jette ses poudres et débarrasse-t’en. Qu’est-ce qu’on en a à fiche des Maisons ? Il faut bien décider quelle section devra drainer notre substance et énergie les prochaines années, c’est tout. Oui, c’est malheureux, si tu veux briller, ce Monstre-d ’Aigle en tirera de quoi lustrer ses plumes. Si tu veux lui faire perdre des plumes, traîne-le en te jetant la première dans les soubassements. L’un ou l’autre tu déçois, alors peu importe. Oublie la fraction et rappelle-toi que nous devrions tous exister, chacun.
C'est bien beau, mais elle est à côté de la plaque. Au fond, être Serdaigle me convient. Si seulement, si seulement elle pouvait m’accepter ainsi. Arrêter d'être hypocrite devant mes parents, et de l'être un peu moins devant moi et les autres Fournier, ainsi que ceux de sa tribu qui ne l'acceptent pas. Si seulement. Je baisse la tête et la pose sur me genoux, en proie à une violente colère.
La voix de la Serpentard me parvient, me mettant au défi de lui prouver que j'existe.
-Ne t'inquiètes pas, je te le prouverai. A toi, et au monde entier. Ma voix est étoufée par ma postition et par la colère qui gronde en moi. Je prouverai à tous que je suis. Et que s'arrêter à mon rang ou à mon caractère est une erreur.
Des bruits de pas me parviennent, suivis de la voix de Swan, qui répond enfin à ma question. Je réussis à mettre ma colère de côté, mais ne relève pas la tête.
Des fragments inconnus, des fragments perdus, des fragments nouveaux. Elle parle donc d'un changemement. Quel changement ? Une autre phrase vient répondre à ma question silencieuse.
Je perds ma constitution, elle m’échappe. Je ne veux pas me perdre au profit d’une autre que je ne connais pas
Il s'agit de son corps, qui change, ce qui lui déplaît au point de la pousser à taper dans le miroir. Se perdre au profit d'une autre ? Une autre qui prend sa place. On peut donc écarter les changements dus à une éventuelle pratique abusive du sport, puisque c'est elle qui le fait, ce sport.
Des changements dûs à une maladie, peut être ? Cette autre Phœbe Swan serait plus faible, et cela la changerait. Malade, elle ne pourrait plus faire de Quid, et risquerait de perdre son autonomie.
Sa constitution lui échappe pourrait aussi vouloir dire qu'elle devient femme, ce qui lui déplaît peut être ? Etre une adulte doit être effrayant. Et aussi, on ne peut plus jouer tous les rôles qu'enfant, on jouait.
-Et cette nouvelle toi, qu'a-t-elle qui te déplaît ? Est-ce qu'elle a un truc que tu lui envie ?
J'ai relevé ma tête et me suis adossée au mur derrière moi, en faisant attention à ne pas me cogner aux lavabos. Je regarde Swan, près des fenêtres, puis attache mon foulard à mon cou, puisque j'ai oublié mon écharpe.
Je n'ai pas le temps de cogiter sur ce point, puisque Swan me regarde, puis prend la parole.
-Juste dis-tu… tu sais que c’est injustifié. Si ton souci est friable alors jette ses poudres et débarrasse-t’en. Qu’est-ce qu’on en a à fiche des Maisons ? Il faut bien décider quelle section devra drainer notre substance et énergie les prochaines années, c’est tout. Oui, c’est malheureux, si tu veux briller, ce Monstre-d ’Aigle en tirera de quoi lustrer ses plumes. Si tu veux lui faire perdre des plumes, traîne-le en te jetant la première dans les soubassements. L’un ou l’autre tu déçois, alors peu importe. Oublie la fraction et rappelle-toi que nous devrions tous exister, chacun.
C'est bien beau, mais elle est à côté de la plaque. Au fond, être Serdaigle me convient. Si seulement, si seulement elle pouvait m’accepter ainsi. Arrêter d'être hypocrite devant mes parents, et de l'être un peu moins devant moi et les autres Fournier, ainsi que ceux de sa tribu qui ne l'acceptent pas. Si seulement. Je baisse la tête et la pose sur me genoux, en proie à une violente colère.
La voix de la Serpentard me parvient, me mettant au défi de lui prouver que j'existe.
-Ne t'inquiètes pas, je te le prouverai. A toi, et au monde entier. Ma voix est étoufée par ma postition et par la colère qui gronde en moi. Je prouverai à tous que je suis. Et que s'arrêter à mon rang ou à mon caractère est une erreur.
Des bruits de pas me parviennent, suivis de la voix de Swan, qui répond enfin à ma question. Je réussis à mettre ma colère de côté, mais ne relève pas la tête.
Des fragments inconnus, des fragments perdus, des fragments nouveaux. Elle parle donc d'un changemement. Quel changement ? Une autre phrase vient répondre à ma question silencieuse.
Je perds ma constitution, elle m’échappe. Je ne veux pas me perdre au profit d’une autre que je ne connais pas
Il s'agit de son corps, qui change, ce qui lui déplaît au point de la pousser à taper dans le miroir. Se perdre au profit d'une autre ? Une autre qui prend sa place. On peut donc écarter les changements dus à une éventuelle pratique abusive du sport, puisque c'est elle qui le fait, ce sport.
Des changements dûs à une maladie, peut être ? Cette autre Phœbe Swan serait plus faible, et cela la changerait. Malade, elle ne pourrait plus faire de Quid, et risquerait de perdre son autonomie.
Sa constitution lui échappe pourrait aussi vouloir dire qu'elle devient femme, ce qui lui déplaît peut être ? Etre une adulte doit être effrayant. Et aussi, on ne peut plus jouer tous les rôles qu'enfant, on jouait.
-Et cette nouvelle toi, qu'a-t-elle qui te déplaît ? Est-ce qu'elle a un truc que tu lui envie ?
J'ai relevé ma tête et me suis adossée au mur derrière moi, en faisant attention à ne pas me cogner aux lavabos. Je regarde Swan, près des fenêtres, puis attache mon foulard à mon cou, puisque j'ai oublié mon écharpe.
pour éviter que les livres ne prennent feu... Si tu veux lire la suite, vas chez Joy Wakberg
Fehu
Petite rune perdue au milieux d'Enfants Resistants et Libres.
Véhémente Négation
Quelle que soit la personne touchée, l’échauffement personnel provoque des effets semblables, sur la voix du moins. Cette façon de faire passer le souffle entre les dents, de faire un mouvement de peu d’ampleur des lèvres et de la langue, de sortir par des cordes vocales frappées de l’affect une suite de mots. Elle est loin d’être inédite puisqu’il faut s’entraîner pour produire les Sons dans un parfait contrôle. L’écoulement est si rapide que rarement se trouvent des billes de temps pour s’employer à atteindre telle maîtrise. Elle connaît cette voix. Elle connaît cette voix, mais Phœbe ne s’attendait pas à en être troublée. À ressentir en elle un renvoi. En sa position sa camarade ne peut déceler quoique ce soit du rictus qui déforme une fraction de seconde le visage de l’adolescente. C’est préférable. Qu’elle ignore avoir donné conscience violente de sa présence, qu’elle ignore que la petite Swan avait capté qu’il y avait du vibrant, du remuant en elle. Un rien peut provoquer les pires Remous. Les bras de l’Argentée sont tendus au possible. Jusqu’au bout de ses doigts, une rigidité extrême est maintenue comme si un fil de fer solide la soutenait. La jeune sorcière avait parfaitement conscience que ses gestes, extension spontanée de son Être, trahiraient avec assurance tout mouvement qui traversait son corps. En cet instant si fragile, elle s’interdisait l’expression visible, bien trop bavarde.
Se retournant, Phœbe se surprit à souhaiter avoir les yeux d’un rouge bouillant, ravageur, anéantissant, sombre. Il ne lui semblait pas avoir le potentiel de transpercer de chaleur avec ses Lunes. Glacer, offrir la morsure saisissante d’un pic meurtrier, mais impossible de brûler ou de consumer. Cela ne l’empêcha d’avancer à pas mesurés vers la fillette, irradiante d’une touffeur silencieuse. Alignant selon une ligne invisible ses membres sur un patron formel, l’adolescente s’arrêta à une distance de laquelle l’enfant pourrait percevoir chacune de ses articulations, chacune de ses Nuances sans pour autant n’avoir à sentir le contact de son souffle sur sa peau.
« Imagine… oui imagine seulement car tu ne peux pas vivre. Alors imagine qu’à une certaine époque, tu peux être qui tu veux. Sans restriction, sans contrainte. Tu peux te déployer à ta convenance dans tout l’espace qui t’est offert. Explorer selon tes désirs chaque facette de ton Monde. Aucun chemin ne t’est bloqué. C’est un Labyrinthe, certes, pourtant jamais aucune route n’est barrée à chaque croisement que tu rencontres. Puis un jour on t’enferme dans une Boucle, où que tu ailles, c’est comme si les parois souples te reconduisaient de force entre les frontières d’une section restreinte. Alors tu patines, encore et encore. Seulement pour t’en rendre compte, il faut d’abord être libérée, et donc tu as perdu un temps précieux de recherche. Tes jambes encore titubantes d’avoir été longuement repoussées dès qu’elles avaient involontairement dévié, tu tentes de reprendre ton exploration. Sans repères et reprenant en un autre croisement que celui où tu fus piégée tu tâtonnes mais persévères. Et là… et là se produit l’inimaginable. Un dernier mur se referme, te voilà entourée de parois, de toutes parts. Est-ce que tu essaierais de laisser ta Forme épouser ces Contours imposés, ou bien est-ce que tu tenterais de détruire ces murs, même si tu ignores comment ? »
La petit Swan exhala les derniers centilitres d’air encore contenus en ses poumons à la fin de sa question susurrée, comme si elle attendait une réponse sérieuse de cette étrangère. *N’attend rien des Inconnus…* Sa demande de visualisation, agrémentée de détails très dirigés, lui était apparue spontanément. Si elle employait ces mises en cadre, c’est qu’il y avait toujours de nombreuses couches de lectures. Ainsi contait-elle l’essentiel, développait ses tourments sans jamais n’y confronter quiconque directement. Il fallait d’abord tenter de résoudre les Histoires, trouver le dénouement par un tour de force de narration, avant de tenter de sauver les Êtres. Les trames fictives donnent l’illusion de toujours pouvoir se démêler alors que s’insinue inexplicablement le doute au sein de la réalité.
Se retournant, Phœbe se surprit à souhaiter avoir les yeux d’un rouge bouillant, ravageur, anéantissant, sombre. Il ne lui semblait pas avoir le potentiel de transpercer de chaleur avec ses Lunes. Glacer, offrir la morsure saisissante d’un pic meurtrier, mais impossible de brûler ou de consumer. Cela ne l’empêcha d’avancer à pas mesurés vers la fillette, irradiante d’une touffeur silencieuse. Alignant selon une ligne invisible ses membres sur un patron formel, l’adolescente s’arrêta à une distance de laquelle l’enfant pourrait percevoir chacune de ses articulations, chacune de ses Nuances sans pour autant n’avoir à sentir le contact de son souffle sur sa peau.
« Imagine… oui imagine seulement car tu ne peux pas vivre. Alors imagine qu’à une certaine époque, tu peux être qui tu veux. Sans restriction, sans contrainte. Tu peux te déployer à ta convenance dans tout l’espace qui t’est offert. Explorer selon tes désirs chaque facette de ton Monde. Aucun chemin ne t’est bloqué. C’est un Labyrinthe, certes, pourtant jamais aucune route n’est barrée à chaque croisement que tu rencontres. Puis un jour on t’enferme dans une Boucle, où que tu ailles, c’est comme si les parois souples te reconduisaient de force entre les frontières d’une section restreinte. Alors tu patines, encore et encore. Seulement pour t’en rendre compte, il faut d’abord être libérée, et donc tu as perdu un temps précieux de recherche. Tes jambes encore titubantes d’avoir été longuement repoussées dès qu’elles avaient involontairement dévié, tu tentes de reprendre ton exploration. Sans repères et reprenant en un autre croisement que celui où tu fus piégée tu tâtonnes mais persévères. Et là… et là se produit l’inimaginable. Un dernier mur se referme, te voilà entourée de parois, de toutes parts. Est-ce que tu essaierais de laisser ta Forme épouser ces Contours imposés, ou bien est-ce que tu tenterais de détruire ces murs, même si tu ignores comment ? »
La petit Swan exhala les derniers centilitres d’air encore contenus en ses poumons à la fin de sa question susurrée, comme si elle attendait une réponse sérieuse de cette étrangère. *N’attend rien des Inconnus…* Sa demande de visualisation, agrémentée de détails très dirigés, lui était apparue spontanément. Si elle employait ces mises en cadre, c’est qu’il y avait toujours de nombreuses couches de lectures. Ainsi contait-elle l’essentiel, développait ses tourments sans jamais n’y confronter quiconque directement. Il fallait d’abord tenter de résoudre les Histoires, trouver le dénouement par un tour de force de narration, avant de tenter de sauver les Êtres. Les trames fictives donnent l’illusion de toujours pouvoir se démêler alors que s’insinue inexplicablement le doute au sein de la réalité.
Éternelle nouvelle Lune
Sombre Ciel
Véhémente Négation
Je regarde Phœbe s'approcher de moi à pas meusurés, puis s'arrêter à une distance raisonnable de moi. Je lève les yeux pour scruter son visage et constate pour la première fois qu'elle a des yeux vraiment particuliers : clairs comme la lune. Bon, là, tout de suite, ils ne sont pas particulièrement joyeux, mais ils restent très beaux.
_Imagine… oui imagine seulement car tu ne peux pas vivre.
Je retiens de justesse une grimace et une réplique acide. Pourquoi suppose-t-elle que je ne peux pas vivre ce qu'elle vit ? On dirait presque un de ces personnages dramatiques qui se plaignent consatment, et qui sont persuadés être les seuls à souffrir.
Néanmoins, je ne me fais pas prier pour saisir cette occasion peut-être unique de comprendre les tournements de la Serpentard devant moi. Je ferme les yeux pour mieux imaginer ce qu'elle me dit et m'assieds en tailleur, le dos bien droit.
_Alors imagine qu’à une certaine époque, tu peux être qui tu veux. Sans restriction, sans contrainte. Tu peux te déployer à ta convenance dans tout l’espace qui t’est offert. Explorer selon tes désirs chaque facette de ton Monde. Aucun chemin ne t’est bloqué
Je me représente dans la forêt du domaine, enfant, explorant chaque recoin de la forêt .
_C’est un Labyrinthe, certes, pourtant jamais aucune route n’est barrée à chaque croisement que tu rencontres
Ah, il fallait débuter par là ! Un labyrinthe,
hum ? J'arrange la position des arbres de telle sorte qu'on ait un labyrinthe. J'érige des murs d'arbres, dégage des allées qui vont dans tous les sens, des croisements.
_Puis un jour on t’enferme dans une Boucle, où que tu ailles, c’est comme si les parois souples te reconduisaient de force entre les frontières d’une section restreinte.
J'imagine les arbres, têtus, se déplacer, et m'enfermer dans une petite zone. Cinq ou six allées et un croisement. Par contre, tout se ressemble. J'imagine aisément à quel point je serais exaspérée en voyant la même chose, puis je le serais encore plus en me rendant conte que je ne suis que la prisonnière de quelques allées. Je peux entendre le cri de frustration que j'aurais poussé. Je me serais sûrement frayée de force un chemin dans un mur, quitte à m'écorcher le bras et le visage.
_ Alors tu patines, encore et encore. Seulement pour t’en rendre compte, il faut d’abord être libérée, et donc tu as perdu un temps précieux de recherche.
Ah, je n'étais pas sensée me rendre compte dans la boucle que j'y étais prisonnière ! Okay. Rembobinons. Je suis exaspérée de voir la même chose. Après plusieurs tours de mes six allées, je décide de passer au travers de mes arbres, m'écorche le bras et le visage, frissonne a cause de la douleur (j'ai si bien réussi à m'imgnier la chose que je frissonne en vrai et me frictionne les bras, les yeux encore clos.), mais j'ai réussi, je découvre un nouvel endroit. Je me promène et me rend compte que j'étais dans un labyrinthe au sein du labyrinthe. Je décide d'aller explorer autre part, et me hâte de partir dans une direction, ne sachant pas si j'étais passée par là. Je m'en fiche un peu en fait, je veux juste éviter d'être encore prise au piège.
_Tes jambes encore titubantes d’avoir été longuement repoussées dès qu’elles avaient involontairement dévié, tu tentes de reprendre ton exploration. Sans repères et reprenant en un autre croisement que celui où tu fus piégée tu tâtonnes mais persévères.
Okay, j'y suis. J'avance donc, même si je suis fatiguée.
Et là… et là se produit l’inimaginable. Un dernier mur se referme, te voilà entourée de parois, de toutes parts.
Eh bien ! Ce labyrinthe m'en veut vraiment ! Je suppose que je m'assieds un peu, pour calmer mes jambes et réfléchir.
D'ailleurs, réfléchissons. Pourquoi cette méthaphore-ci et pas une autre ?
Est-ce que tu essaierais de laisser ta Forme épouser ces Contours imposés, ou bien est-ce que tu tenterais de détruire ces murs, même si tu ignores comment ?
Nous y voici. Je me vois me lever, et tâter les murs. Enfin, les arbres. Et à ma grande surprise, je ne rends compte que ces murs ne sont pas que des arbres inamovibles, mais aussi des arbustes, des buissons, et des piquets que je peux déplacer à ma guise, pour agrandir et changer la forme de ma prison. Je peux aussi m'échapper.
Si je dois reprendre mes théories, il semble qu'elle a choisi le labyrinthe pour monter que nous pouvons faire que nous voulons de nos vies, puisqu'au début, je peux faire ce que je veux dans mon labyrinthe, mais que nous sommes parfois bloqués. Dans la vraie vie, qu'est-ce qui peut nous bloquer ? Il y a la socété et le regard des autres. Les règles aussi. On peut penser que le labyrinthe a décidé que j'étais trop remuante et a voulu me limiter. Quelles sont les raisons de vouloir limiter une personne ? Il y a la classe sociale à laquelle elle appartient et son sexe. Donc le changement qui l'effraie tant, c'est la puberté! Enfin, je crois bien.
M'efforcant de ne pas montrer dans ma voix et sur mon visage ma joie d'avoir sûrement compris Phœbe, et y arrivant sans peine, je réponds, toujours les yeux clos
_En fait, ni l'un ni l'autre.
J'ai devant moi deux autres options : soit fuir ce labyrinthe en me libérant comme je l'avais fait plus tôt, au cours de l'épisode de la boucle, en passant au travers du mur végétal qui se dresse autour de moi. Mais il y aussi une autre option : En regardant de plus près, on se rend compte qu'il y a des failles dans ces murs. Des arbustes en pot, des piques que je peux déplacer. Certes, il y'a des chênes que je en peux pas bouger, mais je peux arranger l'espace à mon goût. Je travaillerais donc avec les murs de ma geôle pour pour lui donner une forme que je pourrais épouser. Évidemment , j'aurais fait des concessions, mais j'aurais ainsi gagné du terrain autre part, et je serais moi.
J'ouvre enfin mes yeux pour les planter dans les deux pleines lunes de Phœbe :
Je ne laisserais jamais personne m'imposer totalement sa loi, quelle qu'elle soit. Soit je l'accepte toute entière et telle quelle, soit je marchande pour la modifier, soit je la rejette totalement. Évidemment, je sais que je peux compter sur certaines personnes pour m'aider, soit à fuir (ce que je ne peux malheureusement pas) j'ajoute, le regard brusquement sombre en pensant à tout ce qu'on attend de la seule fille de mes parents, mais je réussis rapidement à me dominer et poursuis en me levant soit à modifier le tracé de ma cage, mais je ne suis pas seule.
Et je ne laisserais rien ni personne m'éteindre. Je ne suis peut être pas un astre, mais je suis au moins une lumière, celle du plus beau et raffiné des chandeliers. Ma lumière vacille des fois, mais jamais ne s'éteint et brille, libre. Elle compose avec l'extérieur, souffre et remporte des victoires.
Mais toi, je me lève et effectue un pas vers Phœbe, mes yeux rivés au siens. Je reste tout de même à distance respectueuse d'elle et tends la main pour désigner ses yeux.
Mais toi, il semble que tu laisses des nuages cacher l'éclat de la lune que tes yeux clament que tu es. Regarde les murs de ta prison, il y a des parties qui sont amovibles. Décore la, arrange la à ta convenance. Ce ne sera pas simple, je m'écorche tout le temps le visage et les bras en le faisant, il m'arrive de tomber sur des araignées, de me blesser sérieusement,
mais je continue. Donc, soit tu fuis ta prison, casse ses murs ou laisse la te modeler telle une lâche, ou compose avec. Compose avec et laisse nous voir l'éclat de la lune que tes yeux et ta force sur le terrain crient que tu es.
Si tu veux, appelle des gens de confiance pour t'aider à déplacer un pot particulièrement lourd, mais ne te laisses pas aller à la douleur et à la souffrance.
Je sépare mon regard du sien, et regarde le sol. Ensuite, je me déplace un peu vers l'arrière, vers les lavabos avent de conclure :
Évidemment, je suis plus jeune que toi, et j'ai un peu moins d'expérience que toi, moi je sais ce que c'est,
de se voir imposer une vison de ce que tu dois être, et je te comprends mieux que tu le penses. Et c'est à moi de te défier : montre moi que tu sais modifier la forme des murs qui t'emprisonnent. Montre moi que tu peux supporter les blessures et être toi.
_Imagine… oui imagine seulement car tu ne peux pas vivre.
Je retiens de justesse une grimace et une réplique acide. Pourquoi suppose-t-elle que je ne peux pas vivre ce qu'elle vit ? On dirait presque un de ces personnages dramatiques qui se plaignent consatment, et qui sont persuadés être les seuls à souffrir.
Néanmoins, je ne me fais pas prier pour saisir cette occasion peut-être unique de comprendre les tournements de la Serpentard devant moi. Je ferme les yeux pour mieux imaginer ce qu'elle me dit et m'assieds en tailleur, le dos bien droit.
_Alors imagine qu’à une certaine époque, tu peux être qui tu veux. Sans restriction, sans contrainte. Tu peux te déployer à ta convenance dans tout l’espace qui t’est offert. Explorer selon tes désirs chaque facette de ton Monde. Aucun chemin ne t’est bloqué
Je me représente dans la forêt du domaine, enfant, explorant chaque recoin de la forêt .
_C’est un Labyrinthe, certes, pourtant jamais aucune route n’est barrée à chaque croisement que tu rencontres
Ah, il fallait débuter par là ! Un labyrinthe,
hum ? J'arrange la position des arbres de telle sorte qu'on ait un labyrinthe. J'érige des murs d'arbres, dégage des allées qui vont dans tous les sens, des croisements.
_Puis un jour on t’enferme dans une Boucle, où que tu ailles, c’est comme si les parois souples te reconduisaient de force entre les frontières d’une section restreinte.
J'imagine les arbres, têtus, se déplacer, et m'enfermer dans une petite zone. Cinq ou six allées et un croisement. Par contre, tout se ressemble. J'imagine aisément à quel point je serais exaspérée en voyant la même chose, puis je le serais encore plus en me rendant conte que je ne suis que la prisonnière de quelques allées. Je peux entendre le cri de frustration que j'aurais poussé. Je me serais sûrement frayée de force un chemin dans un mur, quitte à m'écorcher le bras et le visage.
_ Alors tu patines, encore et encore. Seulement pour t’en rendre compte, il faut d’abord être libérée, et donc tu as perdu un temps précieux de recherche.
Ah, je n'étais pas sensée me rendre compte dans la boucle que j'y étais prisonnière ! Okay. Rembobinons. Je suis exaspérée de voir la même chose. Après plusieurs tours de mes six allées, je décide de passer au travers de mes arbres, m'écorche le bras et le visage, frissonne a cause de la douleur (j'ai si bien réussi à m'imgnier la chose que je frissonne en vrai et me frictionne les bras, les yeux encore clos.), mais j'ai réussi, je découvre un nouvel endroit. Je me promène et me rend compte que j'étais dans un labyrinthe au sein du labyrinthe. Je décide d'aller explorer autre part, et me hâte de partir dans une direction, ne sachant pas si j'étais passée par là. Je m'en fiche un peu en fait, je veux juste éviter d'être encore prise au piège.
_Tes jambes encore titubantes d’avoir été longuement repoussées dès qu’elles avaient involontairement dévié, tu tentes de reprendre ton exploration. Sans repères et reprenant en un autre croisement que celui où tu fus piégée tu tâtonnes mais persévères.
Okay, j'y suis. J'avance donc, même si je suis fatiguée.
Et là… et là se produit l’inimaginable. Un dernier mur se referme, te voilà entourée de parois, de toutes parts.
Eh bien ! Ce labyrinthe m'en veut vraiment ! Je suppose que je m'assieds un peu, pour calmer mes jambes et réfléchir.
D'ailleurs, réfléchissons. Pourquoi cette méthaphore-ci et pas une autre ?
Est-ce que tu essaierais de laisser ta Forme épouser ces Contours imposés, ou bien est-ce que tu tenterais de détruire ces murs, même si tu ignores comment ?
Nous y voici. Je me vois me lever, et tâter les murs. Enfin, les arbres. Et à ma grande surprise, je ne rends compte que ces murs ne sont pas que des arbres inamovibles, mais aussi des arbustes, des buissons, et des piquets que je peux déplacer à ma guise, pour agrandir et changer la forme de ma prison. Je peux aussi m'échapper.
Si je dois reprendre mes théories, il semble qu'elle a choisi le labyrinthe pour monter que nous pouvons faire que nous voulons de nos vies, puisqu'au début, je peux faire ce que je veux dans mon labyrinthe, mais que nous sommes parfois bloqués. Dans la vraie vie, qu'est-ce qui peut nous bloquer ? Il y a la socété et le regard des autres. Les règles aussi. On peut penser que le labyrinthe a décidé que j'étais trop remuante et a voulu me limiter. Quelles sont les raisons de vouloir limiter une personne ? Il y a la classe sociale à laquelle elle appartient et son sexe. Donc le changement qui l'effraie tant, c'est la puberté! Enfin, je crois bien.
M'efforcant de ne pas montrer dans ma voix et sur mon visage ma joie d'avoir sûrement compris Phœbe, et y arrivant sans peine, je réponds, toujours les yeux clos
_En fait, ni l'un ni l'autre.
J'ai devant moi deux autres options : soit fuir ce labyrinthe en me libérant comme je l'avais fait plus tôt, au cours de l'épisode de la boucle, en passant au travers du mur végétal qui se dresse autour de moi. Mais il y aussi une autre option : En regardant de plus près, on se rend compte qu'il y a des failles dans ces murs. Des arbustes en pot, des piques que je peux déplacer. Certes, il y'a des chênes que je en peux pas bouger, mais je peux arranger l'espace à mon goût. Je travaillerais donc avec les murs de ma geôle pour pour lui donner une forme que je pourrais épouser. Évidemment , j'aurais fait des concessions, mais j'aurais ainsi gagné du terrain autre part, et je serais moi.
J'ouvre enfin mes yeux pour les planter dans les deux pleines lunes de Phœbe :
Je ne laisserais jamais personne m'imposer totalement sa loi, quelle qu'elle soit. Soit je l'accepte toute entière et telle quelle, soit je marchande pour la modifier, soit je la rejette totalement. Évidemment, je sais que je peux compter sur certaines personnes pour m'aider, soit à fuir (ce que je ne peux malheureusement pas) j'ajoute, le regard brusquement sombre en pensant à tout ce qu'on attend de la seule fille de mes parents, mais je réussis rapidement à me dominer et poursuis en me levant soit à modifier le tracé de ma cage, mais je ne suis pas seule.
Et je ne laisserais rien ni personne m'éteindre. Je ne suis peut être pas un astre, mais je suis au moins une lumière, celle du plus beau et raffiné des chandeliers. Ma lumière vacille des fois, mais jamais ne s'éteint et brille, libre. Elle compose avec l'extérieur, souffre et remporte des victoires.
Mais toi, je me lève et effectue un pas vers Phœbe, mes yeux rivés au siens. Je reste tout de même à distance respectueuse d'elle et tends la main pour désigner ses yeux.
Mais toi, il semble que tu laisses des nuages cacher l'éclat de la lune que tes yeux clament que tu es. Regarde les murs de ta prison, il y a des parties qui sont amovibles. Décore la, arrange la à ta convenance. Ce ne sera pas simple, je m'écorche tout le temps le visage et les bras en le faisant, il m'arrive de tomber sur des araignées, de me blesser sérieusement,
mais je continue. Donc, soit tu fuis ta prison, casse ses murs ou laisse la te modeler telle une lâche, ou compose avec. Compose avec et laisse nous voir l'éclat de la lune que tes yeux et ta force sur le terrain crient que tu es.
Si tu veux, appelle des gens de confiance pour t'aider à déplacer un pot particulièrement lourd, mais ne te laisses pas aller à la douleur et à la souffrance.
Je sépare mon regard du sien, et regarde le sol. Ensuite, je me déplace un peu vers l'arrière, vers les lavabos avent de conclure :
Évidemment, je suis plus jeune que toi, et j'ai un peu moins d'expérience que toi, moi je sais ce que c'est,
de se voir imposer une vison de ce que tu dois être, et je te comprends mieux que tu le penses. Et c'est à moi de te défier : montre moi que tu sais modifier la forme des murs qui t'emprisonnent. Montre moi que tu peux supporter les blessures et être toi.
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Fehu
Petite rune perdue au milieux d'Enfants Resistants et Libres.