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Elijah fronça légèrement les sourcils d'incompréhension lorsque l'homme lui affirma qu'il n'avait pas à prendre la responsabilité du départ de son père. Bien sûr qu'il le pouvait. C'était évident que c'était à cause de lui, la question ne se posait même pas. Tout allait bien dans le meilleur des mondes avant que Miss Priddy ne débarquât chez eux, et que son père ne claquât la porte pour la première fois.

Lorsqu'il était couché et que ses parents pensaient qu'il dormait profondément, il écoutait. Il savait parfaitement que sa nature de sorcier était au coeur de chaque dispute qui éclatait entre ses parents. Bien sûr, chacun finissait par ajouter toutes les petites choses qui l'agaçaient chez l'autre au quotidien, comme si les listes avaient été ainsi dressées dans leur tête depuis des années pour ressurgir au moment opportun, mais rien n'avait tant de portée que le fait qu'il fût sorcier. Pire encore, qu'il pût être dangereux.

Il finit par baisser les yeux de nouveau, détourner le regard, comme s'il était de nouveau seul face à tout cela. Plusieurs scènes repassèrent dans sa tête, comme pour s'assurer qu'il était bien à l'origine du départ de son père. Et il l'était, quoi qu'en dît le psychomage. Le coussin s'écrasa contre sa poitrine plus encore, avant d'être purement et simplement relâché par ses bras tremblants. Il ne suffisait pas à contenir ce qu'il ressentait.

Alors il laissa ses doigts parcourir ses bracelets, les comptant un à un comme il en avait l'habitude, tout en essayant de suivre les paroles de Monsieur Kyros. Au fur et à mesure, ses doigts appuyèrent plus fort sur les bracelets, jusqu'à cesser de les compter pour simplement gratter la peau. D'abord doucement, puis de plus en plus fort, sans que l'adolescent ne s'en rendît compte.

Il relâcha cependant enfin les lèvres qu'il mordait, les yeux rivés au sol, ses ongles courts laissant quelques traces blanches sur sa peau hâlée.

- Ben moi j'voudrais changer. J'voudrais être un moldu, comme avant. Quand... Quand il m'aimait, précisa-t-il, sa voix se brisant sur le dernier mot. Il finit cependant par hausser les épaules. J'sais que ça arrivera pas. Il a dit... Qu'j'étais la pire erreur de sa vie.

Un rire sans joie échappa des lèvres du garçon qui releva enfin les yeux vers le psychomage.

- Il a même refait une famille. J'l'ai vu, son nouveau fils. J'espère qu'il sera pas sorcier, indiqua-t-il avec une ironie cruelle qui ne lui ressemblait pas tellement.

Le gamin n'était qu'un bébé, et déjà Elijah était jaloux de savoir que son père s'occupait de lui comme s'il était son unique fils. Quelques sillons rouges se formaient désormais sous ses ongles. Il ne ressentait même pas cette douleur infime. Elle lui permettait simplement de continuer, comme si elle l'autorisait enfin à parler.

- J'sais bien qu'il s'en fiche de moi. Qu'il veut plus entendre parler d'moi, reprit-il douloureusement en songeant à toutes ses lettres restées sans réponse, à ces anniversaires et ces Noëls sans la moindre pensée à son égard, à ces séances de surf uniquement avec ses amis. Mais j'sais pas comment il fait pour faire comme si j'étais pas son fils. Parce que moi, j'arrive pas à m'dire que c'est plus mon père, conclut-il alors que les larmes montaient enfin, comme libérées par la parole.

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Hyacinthe l’écouta jusqu’au bout sans l’interrompre, même si, intérieurement, quelque chose grinçait de plus en plus fort à mesure que les mots d’Elijah s’accumulaient. Il voyait très bien le mécanisme à l’œuvre, qui poussait à prendre la responsabilité parce qu’admettre que les adultes ont failli était bien plus terrifiant que de se condamner soi-même. Et Merlin savait à quel point certains adultes excellaient dans l’art de laisser derrière eux des ruines émotionnelles sans jamais se retourner pour regarder les dégâts.

Il observa les doigts d’Elijah glisser de ses bracelets à sa peau, la manière dont la douleur devenait un point d’ancrage acceptable, presque rassurant. Le roux se força à respirer lentement lorsque le garçon parla de vouloir changer, d’être moldu, "comme avant". Hyacinthe sentit cette vieille colère familière lui effleurer les côtes, pas contre Elijah - jamais - mais contre cette idée profondément injuste qu’auraient certains parents de conditionner leur amour à ce que l’enfant corresponde à leurs attentes étroites. Comme si l’amour était un contrat à clauses variables, songea-t-il avec un sarcasme silencieux.

Quand il parla enfin, sa voix resta douce, mais ses pensées, elles, étaient nettement moins conciliantes.

- Ce... ce que votre père vous a dit est d’une violence extrême, Elijah. Dire à son enfant qu’il est une erreur... ce n’est pas une maladresse. C’est un choix. Et ce choix lui appartient entièrement. Il laissa volontairement planer cette idée, même s’il savait qu’Elijah n’était pas encore prêt à l’accepter. Que vous ayez voulu être quelqu’un d’autre après ça... c’est humain. Vouloir redevenir celui que vous pensiez être aimé, c’est une tentative de survie, pas une faiblesse.

Lorsqu’Elijah évoqua les disputes nocturnes, la magie perçue comme dangereuse, Hyacinthe sentit poindre ce mépris très sec qu’il réservait aux adultes incapables de distinguer leurs peurs personnelles de la réalité. Hyacinthe se pencha pour attraper la boîte de mouchoirs et en sortit calmement quelques feuilles qu’il posa près du Poufsouffle, sans commentaire appuyé. Il savait que souligner le geste le rendrait pesant ; mieux valait laisser le choix.

- Beaucoup d’adultes, surtout moldus, projettent leurs angoisses sur ce qu’ils ne comprennent pas. La magie devient alors un bouc émissaire parfait : invisible, incontrôlable, facile à accuser. Plutôt que d’apprendre, plutôt que de se remettre en question, certains préfèrent fuir. C’est... plus confortable.

Il retint de justesse le "et terriblement lâche" qui lui brûlait la langue. Ce n’était ni le lieu, ni le moment.

- Le fait que votre magie ait été au centre de leurs disputes ne signifie pas qu’elle soit la cause réelle de son départ. Cela signifie surtout qu’elle a servi d’excuse à des problèmes bien plus anciens, bien plus profonds, que vous n’aviez ni à comprendre ni à résoudre.

Quand Elijah parla de la nouvelle famille, de cet autre enfant, l’ironie cruelle qui filtrait dans sa voix fit grimacer le psychomage intérieurement. La comparaison, la peur d’être remplaçable... l’idée qu'un enfant moldu serait plus simple et moins encombrant. Normal.

- Le fait qu’il ait refait sa vie, dit-il calmement, ne dit rien de vous. Je ne trouve pas cela étrange de ne pas parvenir à cesser de le considérer comme votre père. On ne désactive pas un lien affectif comme on fermerait un robinet. Il s’accorda une fraction de seconde avant d’ajouter quelques mots avec plus de fermeté. Vous pouvez reconnaître qu’il vous a fait du mal sans vous obliger à l’excuser. Vous pouvez continuer à ressentir quelque chose pour lui sans vous condamner pour cela. Ces choses-là peuvent coexister, même si c’est inconfortable.

Hyacinthe observa enfin les larmes monter, véritables cette fois, et adoucit encore son expression. Il recentra sa voix et cligna des yeux en désignant discrètement les mouchoirs.

- Vous pouvez prendre le temps qu’il vous faut ici. Pleurer, ne pas savoir quoi dire, être en colère... tout cela a sa place. Je suis là pour ça.

Il sourit avec un amusement mesuré, sans arrière-pensée aucune.

651 - @Elijah Cooper

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L'adolescent sentait que le psychomage l'écoutait véritablement. Et cet état de fait à lui seul lui faisait du bien, et l'autorisait à s'ouvrir un peu plus, à laisser les mots sortir, aussi douloureux fussent-ils. Il n'avait jamais perçu le fait d'être la plus grosse erreur de la vie de son père comme une maladresse, ni comme un choix. Simplement comme un fait établi. C'était ce que son père ressentait au plus profond de lui. C'était ainsi qu'il le percevait désormais. Et que ce fût par choix n'y changeait rien, voire rendait ces paroles plus dures encore.

Elijah tenta pourtant de se raccrocher à ce que Monsieur Kyros lui disait. Que tout cela n'était finalement qu'une excuse, une solution de facilité pour qu'il partît sans se retourner et sans avoir plus d'explications à donner. Il ne parvenait pas à y croire, mais voulait pourtant de tout son coeur que ce fût vrai. Il ne voyait cependant pas comment il pouvait parvenir à ressentir tout cela sans finir par exploser. Il sentait bien que ça prenait de plus en plus de place à l'intérieur, et qu'il oubliait parfois, au quotidien, de faire la part des choses entre ce qu'il ressentait réellement à un instant T et ce qui n'était qu'une petite goutte d'eau qui avait le malheur de tout faire déborder.

Il finit par se saisir des mouchoirs pour essuyer ses yeux, puis son nez qui commençait à renifler un peu trop à son goût. Le simple fait d'essuyer ses larmes les fit couler plus fort encore, silencieusement, en quelques sillons salés sur ses joues. Sans réfléchir davantage, il entoura le cou du psychomage de ses bras en se laissant tomber au bas du fauteuil pour se blottir contre lui, comme un enfant au chagrin trop gros pour ne pas être partagé.

Sur le coup, il ne se rendit pas compte de son geste. Simplement de ce besoin viscéral de contact, de soutien physique de la part d'un adulte qui, lui, ne le voyait pas comme une erreur. Il avait déjà craqué un peu plus tôt avec Monsieur Charleston, et recommençait ici dans l'intimité d'un bureau. Mais il fallait dire qu'Elijah avait toujours été quelqu'un de très tactile, et de très demandeur d'attention. Si jusqu'ici il parvenait à se maîtriser à Poudlard, le trop plein d'émotions le faisait parfois oublier ce qu'il en était réellement.

Aussi lorsqu'il se rendit compte de ce qu'il faisait, il relâcha aussitôt l'homme avec un air gêné, avant de s'assoir de nouveau sur le canapé comme si de rien n'était.

- Pardon M'sieur, murmura-t-il en évitant de nouveau son regard.

Il prit une profonde inspiration, un peu saccadée par les sanglots qui menaçaient de jaillir de nouveau mais qu'il parvint à contenir.

- C'est juste... Que j'en peux plus. J'sais même plus si j'suis triste ou en colère. Et j'sais même pas si j'suis plus en colère contre lui ou contre moi parce que j'suis juste trop bête pour accepter qu'il veut plus être mon père. C'est... épuisant.

Et épuisé il l'était. Il n'avait jamais été un gros dormeur, mais ses nuits, aussi courtes fussent-elles, étaient réparatrices auparavant. Or, ce n'était plus le cas depuis un sacré bout de temps. Et si ça ne l'empêchait pas de bouger toujours beaucoup trop et d'aller en permanence à mille à l'heure, lui le ressentait au fond de lui. Et ça jouait pleinement sur le contrôle de ses émotions, et de son hyperactivité.

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Hyacinthe n’avait pas anticipé le geste. Pas ainsi. Lorsqu’Elijah se leva presque malgré lui pour venir se réfugier contre lui, le psychomage se figea une fraction de seconde, pris de court par ce contact soudain, par cette chaleur trop proche et trop réelle. Son premier réflexe fut celui de l'homme peu tactile pour qui le contact imprévu avait toujours quelque chose d'intrusif, presque agressif : son corps resta immobile, raide, comme s’il cherchait à comprendre ce qui lui arrivait avant de décider comment y répondre. On ne se détend pas facilement après tout ça, quand quelqu’un vous touche sans prévenir, quant bien même lorsque l’intention est pure. On ne le fait pas, non. Et pourtant, cette rigidité ne dura pas.

Parce que ce n’était pas un adulte en quête d’un appui ambigu, encore moins un individu dont les mains n'avaient jamais été signe de réconfort. C’était un enfant, un enfant dont les morceaux avaient du mal à se recoller.

Bien sûr, les peurs sourdes que Hyacinthe portait depuis son plus jeune âge pouvaient être dépassées, il avait apprit à le faire. Mais il devenait plus difficile de traverser ces épreuves quand une autre crainte faisait surface. Celle d'être senti. Trop maigre, fragile. Insuffisant.

Le trentenaire avait ce corps long et fin qu'il cachait habilement sous de joli vêtements. Parce qu'il ne voulait pas penser à ses côtes dont il était certain que l'on pouvait voir à travers le tissu, comme une carte de ses failles. Le toucher pouvait trahir ce qu'il s'évertuait à masquer depuis des années, depuis si longtemps qu'il ne savait même plus pourquoi il le faisait. Enfin il le savait, au fond de lui. Son propre regard sur son corps était le problème. Les autres importaient peu. C'est la raison pour laquelle il fut soulagé que les bras d'Elijah se glissent autour de son cou et non de son torse. Le roux songea que même avec toute la volonté du monde, il n'aurait pu retenir son inconfort dans une telle situation.

Elijah s'accrochait autour de son cou avec cette maladresse désespérée qui ne trompait personne, de façon à presque entendre une petite voix murmurer "ne me laissez pas seul avec ça". Quelque chose céda alors en lui lorsqu'il comprit à quel point demander du réconfort était difficile quand on apprenait que cela dérangeait. Le rouquin inspira lentement, laissa retomber ses épaules, et finit par lever une main pour la poser avec précaution dans le dos du garçon, puis l’autre, rendant l’étreinte sans l’enfermer, simplement présent, solide et ancré.

Il ne dit rien.
Il n’y avait rien à dire à ce court instant.

Lorsqu’Elijah se recula brusquement, comme s’il venait seulement de réaliser ce qu’il avait fait, Hyacinthe sentit passer une gêne fugace - la sienne autant que celle du garçon - mais il la balaya aussitôt. Il se redressa légèrement, amorçant le mouvement pour se rasseoir correctement sur le bord de son fauteuil, puis esquissa un léger sourire, presque complice.

- Vous n’avez rien à vous faire pardonner, murmura-t-il simplement. Vraiment.

Il laissa retomber le sujet sans insister, précisément pour ne pas l’alourdir, avant de reporter toute son attention sur ce qu’Elijah venait de dire. Sur cette fatigue profonde, écrasante, qui transparaissait dans chaque mot, dans cette confusion émotionnelle qui finissait par tout mélanger jusqu’à l’épuisement. Il l’observa quelques secondes encore, les traits tirés, les yeux rougis, le souffle un peu trop court. Le Poufsouffle allait être épuisé, en sortant. C'était certain. Le psychomage parla cependant avec calme, espérant au moins pouvoir calmer les émotions qui avaient fuit peu de temps auparavant.

- C'est épuisant, oui. Et c’est normal que ça le soit. Porter en permanence ces émotions aussi fortes, colère, tristesse... sans ne jamais pouvoir les poser, ni même choisir l'une ou l'autre... c’est usant pour n’importe qui. Encore plus pour quelqu’un de votre âge.

Il inclina légèrement la tête, cherchant son regard sans l’y contraindre.

- Vous n’êtes pas "trop bête" pour accepter quoi que ce soit. Vous êtes attaché, et on ne désapprend pas l’attachement sur commande. Ce n’est pas un interrupteur... Vous pouvez comprendre, intellectuellement, que votre père a fait un choix... et continuer malgré tout à espérer, à être en colère, à être triste.

Il marqua une pause, laissant les mots se déposer, tout en gardant son attention portée sur le garçon. Son regard se fit plus attentif, plus professionnel, sans jamais perdre sa chaleur.

- Quant à cette fatigue... ajouta-t-il plus doucement encore, je la vois. Elle joue sur vos émotions, sur votre agitation, sur votre capacité à vous contenir. Ce n’est pas un défaut de caractère, Elijah. C’est un corps et un esprit qui n’ont plus beaucoup de réserves.

780 - @Elijah Cooper

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Elijah adressa un pâle sourire au psychomage lorsqu'il lui dit de nouveau qu'il n'avait rien à se faire pardonner. Lui trouvait toujours que si. Mais il appréciait l'effort de l'homme pour le rassurer. Il appréciait aussi le fait qu'il ne l'eût pas repoussé, mais simplement accueilli, malgré la gêne évidente qu'il avait ressenti. L'adolescent ignorait que cette gêne était davantage due à des complexes personnels qu'à son geste en lui-même, mais il lui était reconnaissant de ne pas l'avoir repoussé. Il en avait terriblement besoin.

Il tenta alors de retrouver une respiration un peu plus calme, un peu plus posée. Mais sa jambe reprit aussitôt son tressautement, comme s'il était incapable de simplement rester immobile. Comme s'il devait évacuer, par n'importe quel moyen, ce trop-plein. Il écoutait Monsieur Kyros, malgré tout, comme pour trouver la solution à tous ses problèmes dans ses mots. Mais il n'y trouvait qu'une validation. C'était déjà beaucoup, mais ce n'était pas assez.

Alors il se releva, pour reprendre quelques allers-retours, en silence, essayant de trouver des mots clairs.

- Et alors, j'ferais comment quand j'aurais plus du tout d'réserve, hein ? J'veux pas... Péter un cable sur quelqu'un ou j'sais pas.

Il ôta sa casquette, le temps d'agiter ses cheveux d'une main, avant de la remettre et de reprendre sa marche. Il sentait ses muscles trembler, il sentait les sanglots prêts à revenir à tout instant. Il sentait qu'il était au bord d'un précipice, et qu'à tout moment il sauterait dedans parce que s'en tenir éloigné demandait trop d'efforts qu'il n'était plus en mesure de fournir.

- C'est juste... Des fois j'cours jusqu'à avoir les poumons qui brûlent, ou les jambes prêtes à lâcher. Juste parce que ça m'fait penser à autre chose pendant quelques secondes. M'attirer des ennuis c'est facile aussi, comme ça j'pense juste à mes punitions ou quoi. Dès que j'fais rien... Genre quand j'essaie de dormir, c'est là que c'est l'pire. Pis même quand j'me regarde dans un miroir... J'lui ressemble. J'le vois lui, pas moi. Mais j'veux pas être comme lui. J'veux plus. J'veux juste... que ça s'arrête. Qu'il revienne, ou que j'puisse tout éteindre. Parce que moi j'en peux plus M'sieur. J'suis fatigué.

Il ne se rendait pas compte qu'il balançait tout sans véritable suivi de pensées. Il fallait dire que c'était un peu trop le bazar dans sa tête pour parvenir à mettre de l'ordre dans tout ça une fois que ça sortait.

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Hyacinthe l’observait faire les cent pas, prenant conscience que cet instant était celui où un adolescent cherchait moins des réponses que des points d’ancrage. La jambe qui tressautait, la casquette ôtée puis remise, les épaules trop hautes, la respiration encore instable... tout parlait pour lui, bien avant les mots. C'était une partie intégrante de son métier, puisque le roux ne pouvait compter le nombre d'individus dont la parole était nouée - dont lui-même - qu'il avait rencontré dans sa vie. Et intérieurement, il ne put s’empêcher de noter, avec une pointe d’ironie sombre, que ce garçon faisait déjà tout son possible pour chercher des issus, quant bien même la situation semblait destructrice.

Il se redressa légèrement sur son siège, ajustant sa posture pour retirer les restes de sa gêne précédente, et suivit Elijah du regard tandis qu’il parlait, la voix hachée par la fatigue plus que par l’émotion. Chaque phrase semblait coûter, remarqua Hyacinthe, comme si les mots et leur implication étaient de trop pour une si longue période.

Puis, le Poufsouffle évoqua cette peur de "ne plus avoir de réserve", et le trentenaire sentit quelque chose se tendre en lui par reconnaissance, une reconnaissance amère. Il ne pouvait que connaître. Néanmoins, il laissa cela passer afin de ne pas nourrir ce sentiment désagréable, ne gardant que ce qui leur permettrait de comprendre et rebondir.

- Vous êtes déjà en train de me dire comment vous faites quand ça déborde, répondit-il finalement d’une voix posée, un sourire étirant ses lèvres. Il y avait une certaine fierté dans le ton de Hyacinthe, et il savait ne devoir que faire en sorte qu'Elijah prenne conscience des stratégies qu'il avait déjà mis en place. Courir jusqu’à l’épuisement, bouger, trouver une activité qui vous oblige à penser à autre chose... ce sont des stratégies, Elijah. Ce sont des moyens que vous avez trouvé pour ne pas "exploser". Bien sûr, certaines peuvent vous attirer des ennuies, vous en avez déjà conscience. Mais d'autres sont au contraire, très saines.

Le roux marqua une courte pause, le temps de laisser cette idée s’installer sans être vécue comme un reproche. Ce n'en était pas un, bien au contraire. Le simple fait qu'Elijah ne subisse pas ces débordements était prometteur. Compenser en s'attirant des ennuis était un moyen peut-être peu conventionnel, mais Hyacinthe ne pouvait dire qu'il n'en avait pas fait autant à l'époque. Une compensation, quelle qu'elle soit, était toujours mieux que de subir une situation anxiogène.

- Notre difficulté ici, reprit-il avec assurance, ce n’est pas que vous n’ayez rien pour contenir tout ça. C’est que tout ce que vous utilisez aujourd’hui n'est efficace qu'à court terme. Vous brûlez ce que vous avez pour gagner quelques minutes, peut-être heures de répit. Et forcément... quand vient le moment du calme, quand il n’y a plus de mouvement pour faire écran, tout revient d’un seul coup.

Son regard se posa brièvement sur le sol, puis remonta vers le visage du garçon lorsqu’il parla du miroir. Oh qu'il pouvait comprendre ce sentiment, le fait de partager tant de traits avec son propre père. Mais s'il y avait bien quelque chose que Hyacinthe avait appris au fil des années, c'était qu'il n'avait rien à voir avec son géniteur, peu importe son apparence. Le Poufsouffle n'était en rien défini par l'identité de ses parents.

- Voir quelqu’un d’autre à sa place, murmura le roux, le regard pensif. Ce n’est pas devenir cette personne. C'est... plutôt comme porter une image qui ne vous appartient pas. Je ne pense pas que vous lui ressembliez, bien que je ne connaisse pas votre père. Peut-être physiquement, mais c'est une chose différente que de ressembler à quelqu'un. Vous êtes vous-même, vous avez vos propres expériences de vie, votre propre caractère, vos propres goûts... Cela fait de vous Elijah Cooper, n'est-ce pas ?

Il inspira lentement, laissant son propre calme redevenir contagieux.

- Je pense voir deux éléments à distinguer, dans ce que vous dites. La... la douleur - et je ne peux que comprendre que vous voulez qu'elle cesse - et l'épuisement ; parce que je pense que ces pensées vous fatigue. Cela ne vous rend pas dangereux, ni mauvais. Juste fatigué et perdu.

697 - @Elijah Cooper

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Monsieur Kyros avait raison : Elijah avait déjà trouvé des moyens pour ne pas se laisser totalement envahir par cette colère sourde qu'il ressentait en permanence. Le problème était que ça ne suffisait pas. Ou plutôt que ça ne suffisait plus. Il le sentait bien, il n'en pouvait tout simplement plus. Et il était vrai qu'il le ressentait principalement lorsqu'il arrêtait de bouger dans tous les sens.

Mais si le psychomage comprenait parfaitement, et lui permettait de mieux comprendre lui-même en posant des mots plus justes que ceux qu'il n'aurait jamais pu utiliser, il n'apportait toujours aucune solution concrète. Alors Elijah hochait la tête pour approuver, mais ne savait toujours pas comment gérer tout cela. Parce qu'il sentait bien que ça n'allait pas en s'arrangeant, bien au contraire.

Et quand il annonça que ressembler physiquement ne voulait pas dire ressembler vraiment à la personne, l'adolescent haussa simplement les épaules, abattu.

- J'suis bien plus comme lui que comme ma mère. Lui, il aime bien s'amuser, pis c'est avec lui que j'ai commencé le surf et... J'sais pas, on a toujours tout fait ensemble, on aimait bien les mêmes trucs et tout, commença-t-il tristement.

L'admettre à voix haute donnait encore plus de poids à son départ. Parce que son père était aussi son modèle, son héros, son ami. Il était l'image parfaite de l'homme qu'il deviendrait plus tard, et ça le rendait fier. Mais ça, c'était avant. Avant de comprendre qu'il n'était qu'un lâche.

- En plus, ici, tous les profs et tout, ils m'appellent tous "Monsieur Cooper". Mais c'est pas moi ça hein ! Moi j'suis pas Monsieur Cooper, j'suis Eli'. Monsieur Cooper, c'est lui, expliqua-t-il soudainement, en parlant trop vite et trop fort, parce que ça aussi, ça l'énervait profondément.

Comme s'il n'en avait pas assez de le voir chaque jour dans le miroir, il fallait qu'on le lui renvoyât en pleine figure à chaque cours. C'était comme si il n'avait pas le droit de s'en détacher, jamais.

- Pis vous, vous dites juste que vous comprenez. C'est cool, hein, mais M'sieur, j'suis pas sûr que ça m'aide beaucoup, conclut-il en se radoucissant un peu en se rendant compte qu'il se trompait clairement de cible pour sa colère.

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Les paroles d'Elijah, ininterrompues, avaient le poids de vérités refoulées et particulièrement désagréables. Hyacinthe avait la sensation que le Poufsouffle n'aimait pas les entendre, et pouvait tout à fait comprendre cela. Qui ne s'était jamais caché de ce qu'il pensait être une douloureuse vérité ? Lorsqu'il parla de ce cher "Monsieur Cooper" qu’on lui renvoyait sans cesse (et le roux savait, il savait qu'il ne pourrait sentir aucune empathie pour un homme qui a délaissé sa famille pour de tels préjugés), il sentit une irritation sèche remonter. Hyacinthe garda son agacement pour lui, pour garder son rôle professionnel, se disait-il. Il savait pourtant que la colère, la haine, la frustration, étaient des émotions qu'il détestait afficher plus que tout au monde. Hideux. Comme son père. La partie logique de son cerveau, peu affectée par cela, songea à ce que pouvait impliquer le fait de réduire l'identité d'un enfant par cet héritage lexical. C'était une pratique commune, et pourtant, terriblement lourde de sens. Il se redressa légèrement puis reposa son attention entière sur Elijah.

- Je suis très content de vous appeler Elijah, dans ce cas, répondit Hyacinthe clairement. Non, il ne se permettrait pas de l'appeler par un surnom aussi familier qu'Eli'. Et pour être honnête avec vous, cela m'irait très bien de continuer ainsi.

Hyacinthe laissa passer un bref silence réfléchi, puis continua avec un ton conversationnel.

- J'ai connu une personne qui portait aussi le nom de Cooper, il y a longtemps. Et croyez-moi, ce n'était pas vous. Ce n'est jamais le nom qui fait la personne. Il y a autant de Cooper qu'il y a d'individus qui le portent, et ils n'ont en commun que quelques lettres sur un parchemin. Vous n'êtes pas une copie, ni une version inachevée de qui que ce soit, même si vous pouvez avoir des points communs avec certains d'entre eux.

Il observa la façon dont Elijah se tenait, toujours prêt à bondir, comme s'il craignait que s’arrêter de parler ou de bouger le fasse replonger. Le côté hyperactif du garçon avait sauté aux yeux du roux dès leur première entrevue, il ne pouvait que l'encourager à se réguler de la façon qui lui semblait la plus efficace. Mais... Hyacinthe fronça les sourcils avec un air désolé ; il ne pouvait pas - et ne devait pas - y répondre en donnant des solutions toutes faites. Il inspira lentement avant de reprendre.

- Vous avez raison sur ce point. Comprendre, à lui seul, n'est pas une solution. C'est... ce qui permet d'accéder plus aisément à une solution. Je ne peux pas vous dire qui vous êtes, ni comment vous débarrasser de cette colère d'un seul coup. Le regard du psychomage se fit plus sérieux, sans perdre de sa douceur. Ce que je peux faire, en revanche, c'est vous aider à démêler ce qui s'emmêle dans votre tête. Mettre des mots là où tout se mélange, retirer quelques nœuds, un par un, pour que vous puissiez voir un chemin possible : le vôtre. Je peux essayer de vous proposer des hypothèses, d'ouvrir des pistes, mais je ne peux pas vivre votre vie à votre place, Elijah. Et je ne le ferai pas.

Hyacinthe nota la manière dont le garçon parlait de son père, non pas avec haine mais avec une fidélité douloureuse, presque loyale malgré l'abandon. Mais aussi, le roux distingua une nette confusion profonde entre ressemblance, attachement et identité propre. Ce n'était pas une simple colère, qu'Elijah ressentait en ce moment même, mais un deuil inachevé, emmêlé à l'adolescence et à la construction de soi, et cela rendait la situation infiniment plus délicate.
Il était parfaitement conscient que cette limite pouvait être frustrante.

- Ce que vous ressentez à propos de votre père, de vos ressemblances avec lui, de ce qu'il vous a transmis malgré lui... tout cela fait partie de vous aujourd'hui. Mais je pense sincèrement que cela ne vous condamne pas à devenir lui. L'identité, ce n'est pas seulement ce qu'on partage avec quelqu'un ; c'est aussi ce qu'on choisit de garder, ce qu'on décide de transformer.

667 - @Elijah Cooper

Psychomage depuis septembre 2050.
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Elijah esquissa un sourire lorsque le psychomage indiqua qu'il continuerait volontiers de l'appeler par son prénom. Il l'aurait probablement remercié s'il n'avait pas la gorge si serrée par les émotions qu'il ressentait, au lieu de quoi il se contenta d'une reconnaissance silencieuse, mais toute aussi grande. Il aimerait que tous les adultes de l'école en fissent de même, mais n'avait pourtant jamais trouvé le courage de leur dire : il n'avait pas envie de passer pour un garçon capricieux.

L'image qu'il renvoyait aux autres était en permanence étudiée pour ne jamais dévier de cette coolitude à laquelle il aspirait tant. Il avait ce besoin viscéral d'être aimé, qui s'était exacerbé avec le départ de son père, comme s'il espérait remplir le vide qu'il avait laissé dans son coeur. Il se rassit sur le canapé, quelques secondes à peine, avant de s'en lever de nouveau pour aller regarder par la fenêtre. Ses doigts n'avaient de cesse de tirer et relâcher le tissu de ses vêtements sans qu'il ne s'en rendît compte.

Il continuait d'écouter l'homme, mais il avait de plus en plus de mal à se focaliser sur ce qu'il lui disait, parce qu'il n'arrivait pas à en tirer sa vérité. Il savait bien qu'il y avait tout un tas de Cooper sur terre, que ce n'était qu'un nom. Mais lui, ça le renvoyait à son père, c'était tout simplement plus fort que lui. Et s'il se refusait de lui ressembler en tous points, il n'en demeurait pas certains qui se rejoignaient, et ceux-là faisaient tout aussi mal lorsqu'il mettait le doigt dessus.

- J'suis un peu comme lui quand même. Même c'que j'veux pas. Il est parti et nous a laissé, mais moi, j'fais ça aussi avec ma mère en venant ici. Elle est tout l'temps toute seule à la maison, expliqua-t-il d'une voix blanche.

Il en voulait terriblement à son père pour le malheur évident de sa mère. Mais il s'en voulait aussi, parce qu'il n'était pas là pour elle. Et lorsqu'il était là pour la dernière fois durant les vacances d'été, c'était simplement pour lire la déception sur son visage suite à sa triche aux examens de runes. Il n'était pas un bon fils. Il ne suffisait pas à la rendre heureuse. Tout se mélangeait dans sa tête.

- Alors comment j'fais si vous m'dites pas ? Comment j'fais pour savoir qui j'suis pour de vrai ? Si j'suis pas mon père, mais que j'sais pas qui j'suis... Ou si j'veux pas être ce que je suis ? Et si ce que j'suis, c'est pas c'que ma mère veut que j'sois ? Ou vous ? Ou n'importe qui ? Moi j'sais pas M'sieur. Tout l'monde croit que j'suis juste... j'sais pas. J'sais même pas c'que les gens croient. Juste c'que j'essaie d'leur faire croire. Si ça se trouve ça marche même pas. C'est trop... Compliqué, conclut-il en appuyant son front contre le froid de la vitre, la boucle de sa casquette y tintant légèrement au passage.

5e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil

And yet I smile
Le front appuyé contre la vitre, Elijah semblait vouloir se refroidir les pensées, comme si le verre pouvait apaiser l'incendie qui faisait rage à l'intérieur de lui. Hyacinthe ne chercha pas à le faire revenir vers le canapé et resta assis à observer sa silhouette tendue découpée par la lumière pâle de la fenêtre. Le tintement léger de la boucle de sa casquette contre la surface lisse revenait par intermittence, discret mais obstiné, à l'image de tout ce qui tournait en boucle dans son esprit. Ses doigts, eux, ne cessaient de malmener le tissu de ses vêtements, tirant, relâchant et recommençant sans qu’il paraisse en avoir conscience.

- Venir ici n’est pas abandonner votre mère, répondit-il doucement. Ce n’est pas la même chose, loin de là.

Là encore, l'atmosphère changea d'une façon tout à fait naturelle. Ce n'était plus seulement la colère contre le père, ni même la confusion identitaire : c'était la culpabilité, lourde, presque poisseuse. Hyacinthe la reconnut immédiatement (de toute façon, avec tout le temps qu'il avait eu pour la ressentir...). Il se leva alors puis s'arrêta à une distance mesurée du jeune homme - ignorant tout à fait leur rapprochement précédent.

- Votre père est parti en coupant le lien. Vous, vous êtes ici pour apprendre, pour grandir. Vous reviendrez, elle le sait. Vous lui écrivez, vous pensez à elle... Vous culpabilisez même de la laisser seule, ce qui, au passage, prouve que vous ne faites pas "comme lui".

Hyacinthe ne cherchait pas à convaincre Elijah. Il se doutait que ses tentatives seraient vaines tant que le Poufsouffle ne voulait pas y croire, tant qu'il ressentait une telle culpabilité. Il se contenta donc de constats. Apprendre l'amour, la douleur, confondre absence et rejet, chercher autant la faute que l'identité... Le roux savait à quel point sortir de tout cela était compliqué.

- Vous avez aimé surfer avec votre père, partager des choses avec lui... Ce sont des souvenirs qui vous appartiennent, il ne faut pas qu'ils soient contaminés par son départ. Hyacinthe fit une pause en tentant de se rappeler des détails qui composaient la salve de questionnements d'Elijah, puis reprit avec précaution, presque solennité. Si... je vous disais qui vous êtes, ce serait encore une autre définition extérieure, vous ne pensez pas ? Une de plus, après "Monsieur Cooper", après "le fils de", après "le préfet de Poufsouffle"... ce serait simplement "ce que Monsieur Kyros pense", et je ne crois sincèrement pas que ce soit ce dont vous ayez besoin.

Hyacinthe fit quelques pas lents dans la pièce, non pour fuir le regard d'Elijah, mais pour accompagner sa réflexion. Il savait à peu près où il souhaitait se rendre, et arrivait à distinguer un chemin de parole tranquille qui caractérisait souvent sa manière de parler avec le monde.

- Savoir qui l'on est... c'est difficile, très difficile. Surtout que cela change au fil du temps. Cela vient de petites expériences uniques ou répétées, de situations qui vous ont donné l'impression d'être aligné avec vous-même. Vous avez peur d'être qui vous êtes... c'est inconfortable, c'est flou, tel un chantier désordonné et instable - et pourtant... vous êtes si plein de potentiel !

Son regard se posa de nouveau sur la silhouette près de la vitre. Le psychomage n’attendait pas que la réponse surgisse immédiatement, bien au contraire : lui-même n'avait pas fini son travail identitaire, malgré le fait qu'il ai commencé à le conscientiser dès le début de son adolescence. C'était douloureux, complexe, terrifiant. Mais pourtant, certaines questions devaient simplement rester en suspens pour commencer à travailler en profondeur. Le roux avait du fuir le pays pour se recentrer sur lui-même, ses goûts, ses passions, ses limites. Seulement après cela, sa colère avait diminué, pour enfin qu'il se décide à reprendre contact avec sa famille maternelle. Il n'avait jamais reparlé à son père, cela dit, et espérait toujours ne jamais avoir à le refaire. Néanmoins, Hyacinthe était heureux, et son état d'esprit s'améliorait à chaque année qui passait. Il considérait avoir fait un bon travail sur lui-même, pour en arriver à ce résultat.

- Vous ne pouvez pas contrôler les attentes de votre entourage. Que ce soit celles de votre mère, de vos amis, de vos enseignants... Vous pouvez seulement décider jusqu'où vous acceptez qu'elles vous définissent. Et si ça ne marche pas, alors peut-être que ce sera un soulagement. Parce que ça voudra dire que vous n’aurez plus à maintenir une façade qui vous épuise.

740 - @Elijah Cooper

Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c