Ça n'a pas l'air si compliqué
Matthew eut la décence de ne pas répondre tout de suite au « je t'avais dit ». Difficile de contester les faits quand on venait de passer plusieurs secondes accroché de travers à un balai. Il essaya plutôt de faire tourner ses poignets pour vérifier qu'ils fonctionnaient encore normalement, puis remua les doigts l'un après l'autre.
— Non, ça va. Rien de cassé. À part peut-être ma dignité, mais je crois qu'elle va s'en remettre.
Il sourit, un peu penaud. Il avait beau avoir retrouvé le sol, il sentait encore cette drôle de sensation dans le ventre, comme si la chute avait décidé de se produire avec quelques minutes de retard. En regardant Elliott, il comprit aussi que le Serdaigle avait eu bien plus peur qu'il ne l'avait laissé paraître pendant leur petite opération de sauvetage.
— Et d'accord, j'avoue, tes instructions étaient pas si mauvaises. C'est juste qu'à ce moment-là, j'aurais préféré avoir quatre mains et une troisième jambe.
Il leva les yeux vers l'endroit où il s'était retrouvé suspendu un instant plus tôt. Deux mètres. Vus d'en bas, ce n'était presque rien. Curieusement, de travers et avec un genou qui glissait, la distance lui avait semblé beaucoup plus importante.
Quand Elliott évoqua les virages serrés, Matthew baissa de nouveau les yeux vers lui.
— Des virages ?
Il y avait une pointe de déception dans sa voix. Après avoir vu une vrille pareille, apprendre à tourner ne représentait pas exactement le sommet de l'aventure. Mais il se retint de protester. Le souvenir de son pied battant dans le vide était encore suffisamment récent pour lui rappeler qu'il n'était peut-être pas en position de négocier.
Et puis Elliott avait accepté de lui apprendre. Il aurait été franchement idiot de gâcher cette chance en recommençant à discuter chaque conseil.
— D'accord. Des virages serrés. Mais vraiment serrés, hein ? Pas juste tourner au bout du terrain comme en cours de Vol.
Son sourire était revenu. Il reposa le balai à plat dans ses mains pour examiner le manche, comme si celui-ci pouvait lui révéler pourquoi la vrille avait si mal tourné. Il n'y trouva évidemment aucune réponse. Juste quelques marques laissées par les nombreux élèves qui l'avaient utilisé avant lui.
Cette fois, il allait écouter. Vraiment. Et surtout ne pas confondre « j'ai compris » avec « je sais faire ».
Matthew enfourcha de nouveau le balai et poussa doucement sur ses pieds. Il s'éleva à peine au-dessus de l'herbe, suffisamment pour ne plus toucher le sol, mais pas assez pour avoir envie de vérifier une seconde fois la solidité de ses bras. Il redressa le dos, ajusta sa prise sur le manche et attendit d'être bien stable avant de regarder Elliott.
— Bon, professeur Marshall. Je suis prêt.
Il prit un air très sérieux, qu'il ne réussit pas à conserver longtemps.
— Je te préviens, je risque de poser des questions. Beaucoup. Mais promis, j'essaie pas avant que tu m'aies montré.
Il marqua une pause, puis ajouta avec un sourire :
— Et si jamais je te dis que ça a l'air facile, t'as le droit de me rappeler ce qui vient de se passer.
— Non, ça va. Rien de cassé. À part peut-être ma dignité, mais je crois qu'elle va s'en remettre.
Il sourit, un peu penaud. Il avait beau avoir retrouvé le sol, il sentait encore cette drôle de sensation dans le ventre, comme si la chute avait décidé de se produire avec quelques minutes de retard. En regardant Elliott, il comprit aussi que le Serdaigle avait eu bien plus peur qu'il ne l'avait laissé paraître pendant leur petite opération de sauvetage.
— Et d'accord, j'avoue, tes instructions étaient pas si mauvaises. C'est juste qu'à ce moment-là, j'aurais préféré avoir quatre mains et une troisième jambe.
Il leva les yeux vers l'endroit où il s'était retrouvé suspendu un instant plus tôt. Deux mètres. Vus d'en bas, ce n'était presque rien. Curieusement, de travers et avec un genou qui glissait, la distance lui avait semblé beaucoup plus importante.
Quand Elliott évoqua les virages serrés, Matthew baissa de nouveau les yeux vers lui.
— Des virages ?
Il y avait une pointe de déception dans sa voix. Après avoir vu une vrille pareille, apprendre à tourner ne représentait pas exactement le sommet de l'aventure. Mais il se retint de protester. Le souvenir de son pied battant dans le vide était encore suffisamment récent pour lui rappeler qu'il n'était peut-être pas en position de négocier.
Et puis Elliott avait accepté de lui apprendre. Il aurait été franchement idiot de gâcher cette chance en recommençant à discuter chaque conseil.
— D'accord. Des virages serrés. Mais vraiment serrés, hein ? Pas juste tourner au bout du terrain comme en cours de Vol.
Son sourire était revenu. Il reposa le balai à plat dans ses mains pour examiner le manche, comme si celui-ci pouvait lui révéler pourquoi la vrille avait si mal tourné. Il n'y trouva évidemment aucune réponse. Juste quelques marques laissées par les nombreux élèves qui l'avaient utilisé avant lui.
Cette fois, il allait écouter. Vraiment. Et surtout ne pas confondre « j'ai compris » avec « je sais faire ».
Matthew enfourcha de nouveau le balai et poussa doucement sur ses pieds. Il s'éleva à peine au-dessus de l'herbe, suffisamment pour ne plus toucher le sol, mais pas assez pour avoir envie de vérifier une seconde fois la solidité de ses bras. Il redressa le dos, ajusta sa prise sur le manche et attendit d'être bien stable avant de regarder Elliott.
— Bon, professeur Marshall. Je suis prêt.
Il prit un air très sérieux, qu'il ne réussit pas à conserver longtemps.
— Je te préviens, je risque de poser des questions. Beaucoup. Mais promis, j'essaie pas avant que tu m'aies montré.
Il marqua une pause, puis ajouta avec un sourire :
— Et si jamais je te dis que ça a l'air facile, t'as le droit de me rappeler ce qui vient de se passer.
✎ ── 526 mots, @Elliott Marshall