Inktober PNJ Empyrée

right person wrong time ; henry moodie
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mardi 10 octobre

{ appart de Mel ; Godric's Hollow }

Voilà. Je ne suis plus chez moi, je suis chez Mel. C'est bizarre à penser, bizarre à conceptualiser, à accepter. Je me dis que j'ai plus le droit de vivre chez moi, que j'ai plus le droit d'avoir chez moi à cause de moi, à cause de mon incompétence pour prendre soin de moi. Je sombre. Je sombre et le trou noir dans lequel je sombre ne m'a jamais paru si terrible qu'en ce jour où je suis obligée de partir de chez moi. Ce jour où je suis obligée d'emballer quelques affaires pour partir, vivre au lieu décidé hier, par mon frère, par moi, par Mel.

Mel. Mon coeur bat plus vite, la tendresse inonde mon coeur.

Mel qui n'a pas hésité à me dire oui pour m'accueillir.
Mel qui m'a prise dans ses bras quand je suis arrivée.
Mel qui a toujours pris soin de moi quand ça allait pas.
Mel qui m'a veillée nuit sur nuit quand j'étais malade.

Mel dont j'ai tellement cru être amoureuse.

Les battements de mon coeur ne se calment pas quand j'inspire profondément et que la seule chose que je sens est son odeur, son parfum si caractéristique, celui que je lui associe. Un parfum de cuir, un parfum de dragonnier, un parfum nature. Un parfum familier, un parfum qui me réconforte. Est-ce que ça te dérange que ça me fasse du bien de te sentir ? Qu'est-ce que tu penses de ça, de moi qui te hume pour m'imprégner de toi, de ta présence ? Est-ce que c'est un truc que je devrais pas faire, est-ce que tu m'en voudrais d'avoir besoin de toi, est-ce que tu m'en veux d'avoir besoin de toi ? Est-ce que j'ai le droit ? Cette pensée capture mon coeur, l'enferme.

Roulée en boule dans le lit de Mel, je roule sur moi-même et change de côté, les joues rouges de ce à quoi je pense. Alors que ce à quoi je pense est ridicule. Tellement ridicule.

C'est ridicule de penser à ces choses qui ont presque existée, à ces moments que je me suis imaginés, à ce baiser qui n'aurait pas dû avoir lieu, à ses mains sur mon corps, à son souffle près du mien, à son étreinte contre moi, à son parfum sur ma peau. C'est ridicule. Ridicule parce qu'il n'a jamais été intéressé, ridicule parce que j'ai raté ma chance, ridicule parce que nous n'avons aucun sens, ridicule parce que nous n'avons jamais été et nous ne serons jamais, ridicule parce qu'il ne me regarde pas ainsi, ridicule parce qu'il est hors de question que je le blesse, ridicule parce que je ne veux pas lui faire de mal, ridicule, ridicule, ridicule, tellement ridicule. Et d'autant plus ridicule parce qu'il y a Lloyd. Lloyd. Mon coeur se serre encore un peu plus, seulement si une telle chose est possible. Lloyd, Lloyd, Lloyd. Je ne connais que cette mélodie, que ce refrain, qu'un seul couplet. Non, plusieurs. Mais je sais tous comment ils se terminent, comment ils s'achèvent.

Et c'est ridicule, tellement ridicule, bien trop ridicule.
Ridicule comme des dents qui se referment sur un nez.
Ridicule comme une main qui glisse sur des tatouages.
Ridicule comme des doigts qui pincent une guitare.
Ridicule comme des bras qui se referment sur une taille.
Ridicule comme un corps qui en serre un autre contre lui.
Ridicule comme une voix hésitante qui s'élève la nuit.

Ridicule comme moi.

Une larme roule doucement sur ma joue, termine sa course sur l'oreiller, se transforme en tâche.

Je t'ai aimé trop tôt Mel, et tu m'as aimée trop tard, si tant est que tu m'aies aimée un jour. J'ai envie de te garder près de moi, j'ai envie de te serrer contre moi, de m'endormir contre toi. Je veux tout ça, je le veux tellement que je l'ai refoulé au plus profond de moi, toutes ces années.

Et je suis désolée. Désolée d'être raide dingue d'un homme qui ne veut plus de moi, d'un homme qui m'a abandonnée, un homme qui m'a remplacée, un homme qui n'a plus rien à faire avec moi.

Oh, Lloyd. Lloyd, regarde tout le mal que je fais. Regarde tous ceux que je blesse, regarde tout le mal que je répands autour de moi, je suis incapable de faire quoi que ce soit correctement. Je ne sais plus prendre soin de moi, je ne sais plus aimer correctement, je ne sais plus vivre sans toi, je ne sais plus rien faire toute seule. Pourquoi t'es parti ? Pour m'infliger ce que je t'ai fait vivre, il y a presque dix ans de cela ? Pour me blesser ? Pour m'atteindre ? Je renifle, cherche un mouchoir afin de me moucher. Dis moi. Dis moi je t'en supplie. Dis moi pourquoi tu ne m'as pas attendue, dis moi pourquoi tu as choisi de tirer un trait sur moi, dis moi pourquoi il est devenu si important, dis moi comment il peut t'aimer aussi fort que je le faisais, que je le fais, que je le faisais ? Il faut que tu me dises, il faut que tu m'expliques. Tu penses pas que je mérite des explications ? Et Mel. Mel mérite aussi de savoir. Il mérite de savoir pourquoi je suis vraiment là, il mérite de savoir pourquoi je suis incapable de lui donner ce qu'il voudrait, il mérite d'être aimé correctement, il mérite... Il mérite tout ce que je ne suis pas, tout ce que j'essaye de devenir.

Je me tourne, me retourne. Dans quelques heures, il va falloir que j'aille travailler.

Et quand je vais rentrer, Mel sera là.
Parce que je vis chez lui.

Tu te rappelles de l'époque où tu vivais chez moi, Lloyd ? Est-ce que toi aussi ça te mettait dans un état pas possible ? Est-ce que je suis hypocrite ? Avec qui ? Avec moi-même ? Avec toi ?

Je me tourne, me retourne et j'essaye d'essuyer mes larmes dans l'oreiller. J'essaye d'essuyer les pleurs que je n'ai pas le droit de verser, j'essayer d'essuyer les pleurs que je verse pour toi, que je verse à cause de toi, que je verse tous les jours, qui s'accumulent au fond de moi et qui me noient quotidiennement. Je me noie Mel, je me noie tous les jours. Je me noie sans Lloyd.

Je me noie sans Lloyd.
Et c'est chez toi que je suis.

Mel, pardonne moi.

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1070 mots
@Lloyd River, @Kieran Hawthorne

#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

Inktober PNJ Empyrée
reste en vie ; luidji
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mercredi 11 octobre

{ devant la Fausse Danse ; Allée des Embrumes }

tw : mention de TS et de mort

Elle a faillis perdre Lloyd. Jude. Jude a faillis perdre Lloyd. Lloyd a faillis partir pour de bon.

Frissonnante, bouillonnante, je fais macérer cette pensée dans mon esprit une bonne minute. J'ai faillis le perdre pour de bon. Je l'aurais perdu pour de bon, tout le monde l'aurait perdu pour de bon. Et cette pensée me terrifie, le concept d'un monde sans Lloyd me fait pleurer.

C'est ma faute. Ma faute. A cause de moi il a faillis disparaitre pour de bon. Qu'est-ce que j'aurais pu faire dans ce cas là ? Qu'est-ce que je me serais dit ? Qu'est-ce que j'aurais pensé ? Qui l'aurait annoncé ? Qui serait venu pour me dire ces quelques mots ? Est-ce que Jude m'aurait trucidée pour de bon ? Comment j'aurais pu savoir ? J'étais à l'autre bout du monde. Mais elle m'aurait retrouvée, j'en doute pas. Elle m'aurait retrouvée et elle m'aurait fait la peau. Ouais, je ne doute pas une seule seconde que Jude River m'aurait poursuivie jusqu'au bout du monde pour venger son frère si, pour une raison ou pour une autre, il avait.....mis fin à ses jours. La pensée me fait mal, elle me sert la gorge, m'écrase le coeur et compresse mes poumons.

Être à l'origine de la disparition de la personne que t'aimes le plus au monde, ça doit t'en coller une. Pour sûr. C'est un truc qui doit te faire un mal de chien. Le genre de douleur qui te met à terre, le genre de douleur qui t'enferme dans une bulle de souffrance, une bulle qui t'isole du reste du monde, une bulle qui n'éclaterait jamais, une bulle qui ferait de toi le prisonnier de ta propre folie, le prisonnier de tes propres pensées, le prisonnier de ta propre tête. C'est quel genre de deuil, ça, le deuil de perdre la personne qui est plus importante que ton propre coeur, que ta propre vie, que ta propre existence ? C'est quel genre de souffrance, ça, la souffrance de ne pas avoir pu empêcher l'inévitable. Le deuil, la souffrance, le mal être. Rien ne va plus, c'est juste le désordre, y'a plus aucune pensée logique, y'a plus rien qui perce ce bouclier de douleur, ce bouclier de deuil, ce deuil qui se transforme en armure, cette armure qui repousse les autres.

Il a arrêté de pleuvoir. Bizarrement. Maintenant que je suis malade, il pleut plus.

Et moi, comme une idiote, j'attends.

J'attends devant cet idiot de cabaret, j'attends devant cette entrée que j'ai appris à connaitre trop bien à force de la regarder trop souvent et trop longtemps, devant cette porte banale mais si spéciale. Spéciale comme quoi ? Spéciale comme la chaleur dans mon coeur, spéciale comme un battement de paupière, spéciale deux corps liés l'un à l'autre, spéciale comme un âme attachée à toi.

T'es spécial. T'es tellement spécial.
Pourquoi tu t'en rends pas compte ?

Je voudrais que tu voies à quel point t'es une personne formidable, je voudrais que tu saches que t'es pas juste quelqu'un comme ça, je voudrais que tu comprennes que t'es merveilleux. Que y aura toujours quelqu'un pour t'aider. S'il y a mille personnes qui t'aiment, je suis l'une d'elles. S'il y a cent personnes qui t'aiment, je suis l'une d'elles. S'il y a dix personnes qui t'aiment, je suis l'une d'elles. S'il y a une personne qui t'aime, c'est moi. S'il n'y a personne qui t'aime c'est que je suis morte. C'est que mon corps se décompose dans sa caisse en bois, six pieds sous terre. Et je serais enterrée un jour, alors quand ce sera le cas, quand j'aurais disparu et qu'il ne restera de moi plus qu'un corps inerte dans une boite... dans ce cas là, quand les vers grignoteront mon corps et mon coeur, quand ils gouteront à ce stupide organe qui m'a maintenue en vie tout ce temps, tout ce qu'ils sentiront c'est le goût de mon amour pour toi, le goût de mon admiration pour toi, le goût de ma fierté pour toi. Est-ce que tu le vois, tout ça ? Est-ce que tu le sais ?

Ou est-ce que ta rancœur a tout remplacé ?

Est-ce que ta colère, est-ce que ta haine, est-ce que ta colère ont remplacé tout le bien que tu sais que je pense de toi, toute la fierté que j'éprouve pour toi, tout le bien que je pense de toi, la flamme que je vois dans ton regard, dans ton corps, dans ta façon d'être. Dis-moi. Oh s'il te plait dis moi que tu n'as pas tout oublié, dis moi que tu ne penses pas tout ça, dis moi que tu as de nouveau envie de vivre, dis moi que tu es redevenu un être vivant, dis moi que tu respires.

Je veux que tu voies ce que je vois.
Que tu voies la merveilleuse personne que tu es.
Que tu voies tout l'amour et la bienveillance que tu es.
Que tu voies le bien que tu fais et que tu transmets.
Que tu voies à quel point ceux autour de toi t'aiment.
Que tu voies comment tu comptes, t'es si important.

Regarde moi et dis moi que tu sais ça, s'il te plait dis-moi que tu sais tout ça. Et reste en vie.
Par tous les dieux, par Merlin, par qui tu veux. N'importe quoi.
Mais je t'en supplie, reste en vie.

Pour ton bien, pour le bien de Jude, pour le bien de Chris, pour le bien de Rahima, pour le bien d'Ellie, pour le bien de Brennan. S'il te plait, reste en vie. Je voudrais que tu voies ce que je vois. Je voudrais que tu voies les merveilles que tu produits, la beauté que tu crées. Ils ont faillis ne plus t'avoir dans leur vie, ils ont faillis avoir un vide dans le creux de leur coeur et c'est ma faute. C'est ma faute mais je t'aime plus que ça, plus que nos différents, plus que lui, plus que tout. Je t'aime plus que tout et plus que tout je souhaite que tu restes en vie, que tu ravives ta flamme.

Je ne veux pas imaginer un monde sans toi.
Je ne veux pas que tu te limites à moi, à nous.

T'es tellement plus que ça.

Tellement, tellement plus.


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1049 mots

#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

Inktober PNJ Empyrée
babydoll ; dominic fike
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jeudi 12 octobre

{ appart de Mel ; Godric's Hollow }

Qu'est-ce que j'attends ? Je sais pas ce que j'attends. J'attends un signe. J'attends un message ou un hibou, j'attends qu'il se manifeste, j'attends qu'il me prouve que je compte encore. Mais je sais pas pourquoi j'attends. Pour quoi, ça je sais. Mais pourquoi, ça j'en ai aucune foutue idée.

Je suis là, roulée dans un plaid apathique sur le canapé ma guitare et mon carnet de composition abandonnés à mes côtés. Et j'attends. Je t'attends. Parce que tu vas venir. Tu vas venir pas vrai, tu l'as dit. Plus ou moins. J'aurais dû te faire promettre tu crois ? Mais que vaut une promesse ? Et que vaut ta promesse ? Que vaut la mienne ? Le coeur en morceaux, j'attends. Je t'attends. Et j'ai mal, vraiment mal. Mal au coeur, mal à l'âme, mal dans mon corps. J'ai mal jusque dans mes os, jusque dans mes veines, jusque dans mes cellules, jusque dans la moindre fibre de mon être.

Est-ce que tu vas me contacter ? Venir me chercher ? M'attendre ? Me serrer dans tes bras ?

Je me pose beaucoup de questions. Tellement de questions. Et elles me blessent fort avec le doute qui subsiste, avec l'hésitation, avec la peur de ne plus jamais te revoir, te toucher, te sentir.

Je repense à nos moments, à notre passé qui existe trop, à notre présent qui n'existe pas assez, à notre futur qui n'existe pas. Je pense à nous, je pense à cette façon qu'on avait de s'aimer, je pense à la folie qui brillait dans mes yeux quand je te murmurais mes "je t'aime" dans ton cou, je pense à la flamme au fond de mon ventre, je pense à la sensation de tes doigts le long de ma peau, sur mes tatouages, ces tatouages que tu as vu des centaines de fois, ces tatouages que tu ne connais que trop bien. Et les nouveaux, qu'est-ce que t'en penserais ? Dis moi. Dis moi ce que tu penserais de cette galaxie que j'ai fait encrer sur mon bras, dis moi ce que tu penserais de cette cerise Vivienne Westwood tatouée sur ma hanche, dis moi ce que tu penserais de cette fleur de lys ouverte sur mon épaule, dis moi ce que tu penserais de Lowlife, gravé sur mon index, en référence à ce chanteur moldu que tu aimes tellement, dis moi ce que tu penserais de tout ça. Je veux que tu voies tous mes nouveaux tatouages, je veux que tu parcoures de nouveau la carte de ma peau pour en découvrir toutes les aspérités. Je veux, je veux, je veux. Mais je peux pas.

Je peux pas parce que je t'aime fort, tellement fort mon amour. Et je veux que tu sois heureux.

Alors, si c'est lui qui te rend heureux, vas-y. N'est-ce pas ? N'est-ce pas ce que je devrais dire, ce que je devrais ressentir, ce que je devrais avoir envie de te souhaiter ? Alors pourquoi est-ce aussi difficile ? Pourquoi est-ce que j'ai autant de mal à te laisser partir, pourquoi est-ce que j'ai envie de croire que toi et moi c'est encore possible ? Est-ce que tu me donnerais une autre chance ? Je voudrais que tu me donnes une autre chance. Mais tu m'en as déjà donné tellement. Et je veux faire mieux, je veux vraiment faire mieux. Pour toi. Pour elle. Surtout pour elle. Parce qu'elle mérite de voir ses parents aller bien, parce qu'elle devrait être heureuse depuis le ciel, et parce que je ne pense pas qu'elle le soit pour le moment, et cette pensée me ronge de l'intérieur.

Est-ce que tu penses à elle parfois ?
Moi je pense à elle souvent.

Je pense à elle et je me demande ce qu'aurait été notre vie si j'avais fait aucune erreur, si j'avais été une bonne mère, une bonne amoureuse, une bonne personne. Je me demande ce qu'on serait aujourd'hui si notre petite fille était là. Elle serait belle, tellement belle. Une belle jolie petite fille qui nous rendrait fiers, tellement fiers. Elle aurait dix ans, bientôt onze. Et je réalise.

Soudain, ça me frappe.

Notre fille rentrerait à Poudlard l'année prochaine. Elle aurait onze ans. Onze ans de vie avec un père et une mère aimants, tellement aimants qu'elle en aurait marre.

Dans quelle Maison serait-elle répartie ? A Gryffondor, chez les braves, chez les impétueux, chez les rouges. Comme son père. Ou à Serpentard, chez les rusés, chez les ambitieux, chez les verts. Comme sa mère. A moins que l'union de nos deux êtres n'ait créée une gentille petite Poufsouffle, une douce, une tendre, une loyale, une jaune. Ou bien peut-être qu'elle aurait été une fière Serdaigle, une curieuse, une érudite, une savante, une bleue. Je souris entre mes larmes. Peu importe. Peu importe quelle aurait été sa Maison car sa vraie maison aurait été entre les bras de son papa, entre ceux de sa maman, entre ceux de sa tante, de son tonton. Je me dis que Kieran aurait été son parrain. Jude sûrement sa marraine. Et je me brise le coeur toute seule en pensant à ça. Je pense à un monde où je n'ai pas brisé la vie de mon meilleur ami, je pense à un monde où il est heureux avec Jude, à un monde où ils font la joie de notre enfant. Notre enfant.

Je l'imagine avec des cheveux sombres, des yeux noisette, des traits fins. Plus grande que moi à partir de son adolescence, elle aurait fièrement pris les gênes de son père. Mais elle aurait ma peau claire et mes cheveux noirs, avec des reflets au soleil. Je l'imagine rire sur les genoux de Brennan, cuisiner avec Gladys, jouer avec Jude. Je l'imagine courir vers Lloyd et crier un « Papa » euphorique en le voyant arriver. Je l'imagine effrontée et insolente, le portrait craché de son père et de sa mère, avec une tendance pour s'attirer des ennuis. Un rire m'échappe. Je l'imagine avec une chambre de moldue, avec des disques de musique des artistes préférés de Lloyd, je l'imagine avec un atelier de potion miniature, je l'imagine savoir voler sur un balai comme moi, je l'imagine vouloir colorer ses cheveux, comme son père. Je l'imagine imiter Kieran et Al, je l'imagine prendre la mauvaise habitude de rire aux blagues ridicules de Chris, je l'imagine être une petite fille radieuse, être une petite fille merveilleuse. Je l'imagine et mon coeur se brise fort, très fort.

Est-ce que tu crois qu'on a toujours le droit à ça ? Est-ce que tu crois que j'ai toujours droit d'être une maman ? J'ai encore envie d'être une maman, je crois. Non, je le sais. Dans mon coeur. J'ai envie d'être une maman et j'ai envie que tu puisses être père, parce que tu serais génial.

Je renifle, tousse un peu et essuie piteusement mes yeux.

Est-ce que j'ai le droit de rêver de tout ça ?
Est-ce que je fais bien d'attendre ?

Je t'attends.
Et toi ?


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1170 mots
@Lloyd River

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Inktober PNJ Empyrée
nuits d'été ; oscar anton & clementine
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vendredi 13 octobre

{ dans les rues ; Londres }

On me dit 'arrête'. Mais j'ai mal à la tête, mal au coeur, mal partout. Je crève d'une absence, d'un vide qui me remplit de l'intérieur, d'un manque qui me ronge, qui me bouffe, qui me détruit de l'intérieur. On me dit 'attends'. Mais je veux plus attendre, je veux ce que je mérite maintenant, je veux ce dont j'ai envie depuis des mois, je veux....une chose. Une personne. J'ai besoin d'une personne spéciale, j'ai envie de cette personne, et son absence crée en moi quelque chose que j'aurais jamais soupçonné, quelque chose que j'aurais jamais pu deviner depuis tout ce temps.

Alors j'me promène, j'me balade, je marche dans les rues sans regarder où je vais, sans je sais où j'irais ensuite. Je sais plus qui je suis, je sais plus où je vais, je sais plus ce que je veux. Enfin si, je sais exactement ce que je veux, et c'est peut-être ça mon problème. Je sais ce que je veux et je sais que je pourrais jamais l'avoir parce que je peux pas tout avoir en même temps, parce que c'est mal de vouloir autant de choses, parce que je suis incapable de me décider une fois dans ma misérable vie. Incapable de faire un choix, incapable de faire le bon choix, incapable de te laisser aller, incapable de te regarder partir, de te regarder me fuir. Tu me fuis. Pourquoi tu me fuis ? Est-ce que je suis horrible à ce point, est-ce que je suis inhumaine à ce point, est-ce que tu me hais à ce point ? Tu m'en veux. Je comprends. Je m'en veux aussi, je me hais aussi, je pense aussi que je devrais crever, que je devrais déjà être crevée. Je comprends. Mais ce que je comprends pas, c'est comment t'as pu me faire ça. Comment t'as pu aller vers lui sans me le dire, sans m'expliquer, sans oser me regarder dans les yeux pour me le dire. C'était si compliqué que ça ?

Venir me voir.

Je te cours après sans arrêt, je te suis, je te course, je te cherche partout, dans l'ombre de tous les hommes, dans le rire de mes amis, dans leur façon de parler. Je cherche tes tics, je cherche leur manière de me serrer contre eux, je me demande en quoi elle diffère de la tienne, je me demande pourquoi est-ce que c'est si différent, je me demande pourquoi ça me fait pas pareil.

Mais je sais pourquoi. Parce que c'est pas ta peau contre la mienne, c'est pas ton souffle près du mien, ce sont pas tes doigts entremêlés aux miens, c'est pas tes cheveux entre mes doigts, je sais pas vivre avec cette absence, avec ce manque constant. Est-ce que toi tu peux ? Est-ce que t'as appris ? Est-ce que tu pourrais m'apprendre à vivre sans ça, sans toi, sans nous ? Est-ce que j'en ai envie, est-ce que je suis capable d'être assez bonne pour te souhaiter ça ? Ton bonheur, c'est tout ce que je veux, tout ce que je te souhaite. Et je sais pas comment faire pour te laisser partir, je sais pas comment faire. Je voudrais tellement savoir, je voudrais tellement...tellement exister à tes yeux. Ou bien c'est comme Noah. T'as peut-être juste plus besoin de moi. Cette idée me coupe de l'intérieur, elle me déchire, elle me fait pleurer, hurler, vomir, crier.

T'avais besoin qu'on t'aime et j'ai pas su le faire correctement. C'est ça mon problème. Les gens attendent tous quelque chose de moi et quand je peux pas le leur donner ils partent.

C'est normal Miya.
C'est parce que je vaux rien.

Rien, rien du tout.

Je vaux plus rien du tout à tes yeux ? Mais alors, ce "je t'aime" que tu m'as dit, que tu m'as hurlé au visage, au milieu de ces débris, entre nos coeurs fracassés et les morceaux de bois par terre, tu le pensais pas ? Tu m'as répondu "je t'aime" par habitude, c'est ça ? Parce qu'à une époque tu avais besoin de moi. Et moi je m'accroche à toi, je reste attachée, je reste avec toi. Je ne suis qu'une idiote. Une idiote amoureuse de quelqu'un qui ne veut plus d'elle, c'est ça ?

Je ne suis plus rien, plus qu'un visage, plus qu'une histoire, plus qu'un lien à couper.

Mais, et si je veux pas que tu le coupes notre lien ? Et si je veux pas que tu me coupes de ta vie ? Et si je te dis que je suis incapable de te laisser aller sans me perdre moi-même, est-ce que ça fait de moi une mauvaise personne ? J'ai mal, j'ai mal, tellement mal. J'ai mal partout. Mal à la tête, mal au coeur, mal à la gorge, mal au corps. J'ai tellement mal et je souffre mon amour, je souffre tellement de ton absence. Est-ce que toi tu vis sans moi ? Est-ce que toi t'es heureux avec lui ? Est-ce que tu penses à moi parfois ? Je veux juste retrouver ce qu'on avait, ce qu'on était. Je veux retrouver nos nuits d'été, nos nuits d'amour, nos nuits de rêve, nos nuits de danse, nos nuits de musique. Je veux encore regarder le ciel se coucher et se lever avec toi, je veux encore vivre avec toi, je veux encore t'entendre ronchonner quand je prends trop de temps dans la douche, je veux encore que tu fasses tes expériences capillaires avec moi, je veux encore que tu me parles du monde moldu. Oui, je pourrais t'écouter m'en parler pendant des heures, pendant des jours, pendant des années. T'écouter parler musique, fringues, politique, tout....juste t'écouter.

Pourquoi je m'accroche à ça ? Pourquoi je m'accroche à ces nuits d'été en particulier, pourquoi ?

Parce qu'elles sont spéciales. Tellement spéciales que je veux pas les perdre, je ne veux pas les oublier et je veux pas que tu les oublies non plus. S'il te plait, n'oublie pas. N'oublie pas. N'oublie pas comme on était beaux, n'oublie pas comme on s'est aimés, n'oublie pas toute la beauté que c'était, n'oublie pas tout l'amour qu'on s'est partagés, qui on était l'un pour l'autre.

On me dit 'arrête' mais je sais pas m'arrêter tu sais. Je sais seulement foncer, aller droit devant et faire de mon mieux pour que ça fonctionne, faire de mon mieux pour que rien de foire.

Je voulais tellement que ça marche, je voulais tellement qu'on fonctionne.

Je suis désolée.
Désolée.

J'ai que ce mot à la bouche, je sais te dire que ça, hein c'est ça que tu penses ? Je sais que demander pardon pour ce que j'ai fait, pour ce que je suis, pour ce que je veux. Mais au fond est-ce que j'ai pas le droit d'y accéder, à mon paradis ? Est-ce que j'ai pas le droit moi aussi d'être heureuse ? Est-ce que t'as oublié ce que c'était que d'être heureux ? Est-ce que t'as oublié ce que c'était que d'être aimé par moi, est-ce que t'as oublié tout l'amour que je t'ai offert ? Nan, pitié.

Pitié dis-moi que t'as pas oublié.

Dis moi que c'était réel.
Qu'on était réels.

Je t'en prie.


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1200 mots

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Inktober PNJ Empyrée
tissues ; yungblud
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samedi 14 octobre

{ appart de Mel ; Godric's Hollow }

J'comprends pas. Je comprends pas ce qui se passe dans ma tête, ce qui se passe dans mon cœur, je sais ce qui se passe dans ma vie. Je suis perdue. Je suis perdue Mel, aide moi. Aide moi comme t'as toujours su si bien le faire, aide moi comme tu l'as toujours si bien fait, aide moi comme t'as promis de continuer à le faire. Je t'en prie, aide moi à y voir plus clair dans ma vie.

Je croyais qu'on était amis. Juste amis Mel, tu te souviens ? Bien sûr que tu te souviens.

Tu te souviens de ces cinq années passées ensemble à Poudlard, tu te souviens de toutes ces fois où il y a faillis avoir quelque chose, tu te souviens de tous ces baisers manqués, tu te souviens de ta main dans la mienne, tu te souviens du goût de mes lèvres, tu te souviens de la sensation de mon corps à côté du tien, tu te souviens de moi, te veillant une nuit entière quand tu étais malade, tu te souviens que le dahlia est ma fleur préférée, tu te souviens que j'aime les bières le soir lorsqu'il fait chaud, tu te souviens que je bois toujours un café noir serré pour le petit-déjeuner, tu te souviens que je n'aime pas la tomate cuite, tu te souviens du parfum que je portais à Poudlard, tu te souviens de ton écharpe souvent (trop souvent) enroulée autour de mon propre cou, tu te souviens de nos corps liés par une étreinte, tu te souviens que je fais un nœud double à mes lacets, tu te souviens que ma couleur préférée est le vert intense, tu te souviens de tout. Tout.

Bien sûr que tu te souviens, comment ai-je pu en douter ?

Tu sais ce que c'est de ne pas pouvoir me toucher.
Tu sais ce que c'est de ne pas pouvoir m'embrasser.
Tu sais ce que c'est de ne pas pouvoir m'avoir.

Tu ne m'as pas eue, Mel, mais est-ce que tu me veux encore ? Est-ce que tu veux encore de moi, est-ce que tu veux encore du monstre informe que je suis devenue ?

Est-ce que tu veux de cette fille pâle, malade, vomissante, tremblante, frissonnante et détruite ? Est-ce que tu veux de cette femme dont le coeur appartiendra toujours à un seul homme ? Est-ce que tu veux de cette personne étrange, parcourue de tics, creusée de l'intérieur d'une maladie sans nom, d'un trouble affreux, d'une douleur indescriptible ? Est-ce que tu veux toujours de la Miya qui ne se douche plus, qui ne mange plus, qui ne s'habille plus, qui ne sait plus prendre soin d'elle ? La Miya qui fume tous les jours à défaut de pouvoir boire, la Miya qui se perd dans ses pensées, dans le trou de ses réflexions noires, tellement noires, si sombres qu'elles effraieraient n'importe qui. La Miya qui marmonne dans le vide, le regard perdu dans un néants qui n'appartient qu'à elle, l'âme détachée de son corps. Est-ce que tu veux toujours de cette Miya ? Est-ce que tu veux toujours qui je suis ou est-ce que me voir sous mon vrai jour t'a dégoûté de moi ?

Est-ce que, toi aussi, tu vas finir par me demander de partir ? Est-ce que toi aussi tu vas me laisser et partir en lâchant ma main ? Est-ce que tu vas me dire que je dois changer, que je dois devenir une meilleure version pour toi, que je ne suis pas assez bien ? Est-ce que tu vas faire ça ?

S'il te plait ne le fais pas.
Ne m'abandonne pas.

Ne me laisse pas toute seule dans le noir, j'ai peur. Ne me laisse pas affronter mes cauchemars là toute seule, je suis terrifiée. Ne me laisse pas regarder mes démons en face, ils m'effraient, ne me laisse pas mourir et disparaitre de mon côté, sans que personne ne soit au courant. Je veux pas être toute seule, j'ai peur d'être toute seule. Être sans personne pour le reste de ma vie serait comme me condamner à mort, me condamner à la folie. S'il te plait Mel, ne fais pas ça. Pour l'amour de tout ce qui est sacré dans le monde de Merlin, ne fais pas ça. Ne me laisse pas toute seule, ne me laisse plus toute seule. Je ne sais pas quoi faire sans toi, tout comme je suis incapable de vivre correctement sans Lloyd, il me manque un poumon quand tu t'en vas. Poumon, coeur, estomac, qu'importe ce que c'est, je sens qu'une partie de moi me manque quand t'es pas là, et ça me fait peur. Je m'imagine vivre sans toi, tout d'un coup, et ça me fait peur.

J'ai peur de sombrer, Mel.

Peur de me perdre dans mes ténèbres, peur de ne plus jamais me relever, peur d'être incapable de redevenir la femme que j'ai été et dont Lloyd est tombé amoureux. Parce que c'est ça que je veux, je veux redevenir cette Miya là. Celle-ci, exactement, tout pile celle ci. Pas une autre.

Je veux ça, mais qu'en sera-t-il de toi si j'y arrive ?

Je ne veux pas te perdre.
Je ne veux pas que tu partes.
Je ne veux pas que tu m'oublies.
Je ne veux pas que l'on se sépare.

Qu'est-ce que c'est ce sentiment nouveau au fond de mon coeur ? Qu'est-ce que c'est cette chaleur qui se répand lentement dans mes tripes, dans mon âme. Cette chaleur douce qui m'apaise et qui me sauve, cette chaleur tendre et rassurante qui prend soin de moi. C'est une chaleur que je ne connais pas, une chaleur qui me plait, une chaleur douce et inconnue, une chaleur que je voudrais garder près de moi pour toujours, une chaleur que j'ai peur de briser de mes mains.

Je suis perdue.

J'aime Lloyd.
Bien sûr que je l'aime, je ne sais rien faire d'autre.

Je suis amoureuse de Lloyd.
Bien sûr que je suis amoureuse, il est tout ce que j'ai.

Et Mel ? Toi t'es quoi, dans cette histoire ? C'est quoi cette chaleur, c'est quoi cette tendresse, ce sont quoi ces bras ouverts pour moi ? Je comprends pas, je comprends, pas je suis perdue.

Mel...dis-moi..est-ce que t'es toujours amoureux ?
Est-ce que c'est ça, cette douce chaleur que je ressens ?


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1060 mots

#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

Inktober PNJ Empyrée
hermit the frog ; marina
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dimanche 15 octobre

{ appart de Mel ; Godric's Hollow }

Y'a une petite fille qui pleure à l'intérieur de moi. Elle pleure et elle appelle au secours, elle appelle à l'aide mais personne ne lui répond, personne ne vient la chercher. Pourquoi y'a personne qui vient la chercher ? Je cligne des yeux et l'observe, cette petite fille, et je me demande pourquoi elle ne bouge pas, pourquoi elle attend aussi sagement que la Faucheuse vienne la trouver ? Je veux courir vers elle mais je suis incapable de bouger. Zut alors, pourquoi je peux plus bouger, pourquoi je suis comme figée, pourquoi mon corps ne me réponds plus ? J'essaye, je fais de mon mieux, je veux retrouver cette petite fille qui pleure et qui va pas bien, je veux lui apporter mon aide et mon soutien, je veux plus qu'elle se sente mal. Mais je suis coincée. Complètement.

La panique me prend, j'essaye de me décoller et soudain au lieu de me sentir très lourde je me sens devenir toute légère. Tellement, tellement légère....tellement que je finis par m'envoler vers le ciel, comme un nuage, un petit nuage de un mètre soixante-et-un, quelques kilos, pas assez d'ailleurs, une masse noire sur la tête et beaucoup trop de tatouages sur le corps. Et je m'envole doucement à travers le ciel, un ciel infini, un ciel éternel. Un beau ciel, un ciel qui ressemble à celui du plafond enchanté de Poudlard, un ciel si beau que je ne suis même pas contrariée d'être en l'air. Alors que je devrais l'être, je voulais aller aider cette petite fille qui pleure et qui ne bouge pas, mais tout d'un coup me voilà dans les airs, à flotter et à dériver. Je ne ressens ni le froid ni la peur, je ne ressens même pas la faim, je ne ressens rien. Juste le bien-être, le plaisir de voler, le plaisir d'être dans ces nuages, le plaisir de me laisser aller. Alors je ferme doucement les yeux, je profite uniquement de ce moment.

Je repense à cette petite fille qui pleure et je me dis qu'elle ressemble quand même sacrément à moi cette petite. Même si elle a les yeux noisettes et pas noirs, même si ses cheveux sont coupés courts et que je portais les miens longs quand j'étais petite. Mais elle a mon visage.

Elle a mon visage, mes épaules, ma façon de se tenir. Et ses yeux sont noisette, elle est grande, plus grande que moi j'en suis sûre, et elle fait une grimace effrontée. Une grimace qui, bizarrement, me rappelle celle de quelqu'un d'autre... Je secoue la tête, parce que c'est impossible, ce n'est pas vrai, ça ne peut pas être vrai. Je suis donc si désespérée que je commence à le voir dans la silhouette de petites filles malheureuses qui pleurent ? Non, décidément, c'est pas possible.

Et je la regarde, et elle continue de pleurer. Elle pleure sur place et, plus je m'éloigne, plus elle se transforme en un petit point noir que j'ai de plus en plus de mal à discerner. Alors je fais demi tour, je retourne vers elle pour continuer à la regarder. Je ne sais pas pourquoi mais je sens que c'est important, je sens qu'il faut que je le fasse. Quelque chose au fond de moi, peut-être une forme d'instinct, on n'en sait rien, quelque chose se réveille et me souffle d'aller vers elle, quelque chose me souffle de faire attention à ce que rien ne lui arrive, quitte à ce que je doive me sacrifier pour elle. Elle a mes traits et ceux de quelqu'un d'autre, un quelqu'un dont je ne dois pas penser, un quelqu'un qui n'a rien à faire dans mon esprit. Alors j'essaye de chasser son visage mais il s'imprime sur mes rétines, et soudain je suis incapable de voir autre chose qu'elle, elle et uniquement elle.

Je hurle.
J'appelle à l'aide, je crie.

Et, en reflet, parfait miroir de mes propres actions, la petite aussi se met à crier.

Elle crie, elle crie, elle crie jusqu'à ce que tout se brise autour de moi. Tout d'un coup, le ciel se démantèle et se casse la figure, tout tombe, tout se déchire, tout se meurt, tout s'éteint. Et mon corps devient soudain lourd, tellement lourd qu'il se met à chuter en avant. Je perds l'équilibre, je tombe, je chute, je m'écrase, je m'effondre. Je tombe sans pouvoir m'arrêter, jusqu'à ce que...


...je pousse un cri strident en me réveillant brutalement, le visage inondé de larmes qui ne cessent de couler et de se multiplier sur mes joues. Haletante, essoufflée, je peine à retrouver une respiration normale, pliée en deux sur moi-même, trempée de sueur et surtout frissonnante de peur. Je souffle, j'inspire, j'expire, je fais de mon mieux mais je suis terrifiée. J'hésite à essayer de me recoucher, à essayer de me cacher entre les draps et prier pour que le dieu des mauvais rêves ne vienne pas me trouver, mais je suis incapable de bouger. Et soudain c'est comme dans mon rêve, comme dans mon cauchemar. Je suis figée, je n'arrive pas à me dégager, je suis complèt-

« Mel, je marmonne entre mes dents serrées. Mel...aide moi.. »

Alors, doucement, tout doucement, très lentement, je parviens à me redresser dans le lit. J'ai des courbatures partout, mon corps entier me fait mal mais j'arrive à tenir sur mes appuis et je suis capable de me relever complètement, jusqu'à être assise au milieu des draps que j'ai tournés et retournés dans tous les sens. Ils sont emmêlés, j'ai jeté les coussins au sol, tout est en bazar.

Mais j'ignore le tout.
Je me lève.

Je traverse la chambre jusqu'à atteindre la porte que j'ouvre en tremblant.

Cela me prend plusieurs longues et douloureuses minutes pour arriver jusqu'à la chambre de Mel et me glisser dedans, maladroite, cherchant à ne pas réveiller le dragonologiste.

Alors, précautionneusement, je grimpe dans le lit et je me glisse sous les draps, soulagée d'être à ses côtés pour le reste de la nuit. Alors je réussis à m'allonger, encore tremblante, et je fais de mon mieux pour ne pas me coller contre lui. Je ne veux pas lui faire peur, je ne veux pas qu'il se réveille en sursaut et qu'il soit lui aussi effrayé comme moi, non. Alors je m'approche un peu.

Juste un peu.
Au minimum.
Suffisamment.

Et je sais que, demain matin, il m'aura prise entre ses bras.


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1068 mots

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Inktober PNJ Empyrée
still loving you ; scorpion
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lundi 16 octobre

{ devant la Fausse Danse ; Allée des Embrumes }

Accroupie en face du cabaret, une main posée sur mon ventre douloureux, je grimace. Les larmes ne se sont pas arrêtées de couler ce matin. Elles coulent en continu depuis mon espèce de crise de panique et je sais pas comment faire pour les arrêter. Elles coulent sans arrêt, pluie que je suis incapable de contenir, orage de ma douleur, tempête de tout ce qui se dispute à l'intérieur de moi et qui me fait souffrir un peu plus chaque minute, chaque seconde, chaque instant qui passe.

Je pleure et je suis incapable de m'arrêter de m'arrêter. Mais pourquoi je suis incapable de m'arrêter de pleurer alors que je suis supposé être forte, alors que je suis supposée être puissante. Tout ça parce que je n'ai pas su protéger mon enfant, tout ça parce que je n'ai pas été une bonne mère.

Mon regard dérive vers les boutiques alentours, je regarde la crasse s'accumuler par terre, j'observe les individus bizarres qui se promènent, qui s'abordent mutuellement, qui se déplacent vite et qui baissent la tête pour ne pas être reconnus. Je remarque une sorcière étrange qui parle à un mur en lui murmurant très vite et très doucement ce qui ressemble à des encouragements. Il y a un homme ramassé sur lui-même dans son coin, il tient entre ses mains osseuse une sorte de créature qui ressemble à un rat mutant, et j'ai une grimace dégoûtée quand je pense à Buddy, à mon petit rat de Poudlard, à mon compagnon qui aura eu une vie heureuse. Je remarque deux sorciers — ou deux sorcières, impossible pour moi de savoir de là où elles se tiennent — qui parlent à toute vitesse en marchant côte à côte. Elles entrent dans la boutique de Msaw Ætare, le détective privé. J'ai le réflexe idiot de les analyser pour me demander ce qu'elles vont chercher, je me demande qui elles ont perdu, qui elles traquent, je me demande si elles pourraient avoir besoin de mes services. Puis je me rappelle que je suis barmaid maintenant. Plus détective.

Mon regard dérive. Je me tiens devant l'Améthyste, fermé depuis au moins 2047. J'y ai jamais mis les pieds, je préfère Barjow & Beurk, mais parait que c'était une marchandise sûre.

Mon attention revient sur la Fausse Danse, fermée et toute immobile au milieu de cette allée qui grouille de rats, de malfrats, d'escrocs et de voleurs en tout genre. Je me demande comment on a pu finir ici, aussi bien lui que moi, puis je me dis que finalement ça parait logique. J'ai commencé à taffer pour le Conseil et me voilà désormais dans un trou à faire un tas de trucs illégaux pour remplir ma bourse de gallions. Des gallions durement gagnés, à la force de mes bras et à la sueur de mon front. Des gallions que je prends soin de pas dépenser dans des broutilles. Pas comme ceux que je tire de mon héritage. Eux, ils s'empilent dans mon coffre par centaines et je me moque de le dilapider dans de la drogue ou de l'alcool. Enfin, plus maintenant. Maintenant je bois de l'eau quand je sens que j'ai envie de boire de l'alcool. Eau et café, mon nouveau régime.

Je renifle, sors une cigarette de mon paquet et j'ai du mal à l'allumer. Je tremble. Mon sort échoue plusieurs fois, ce qui me fait paniquer, avant de réussir. Dès que l'extrémité de mon mégot se met à braiser, je soupire de soulagement et tire dessus avec douceur, appréciant la sensation de vide intense qui s'empare de moi. Je ferme les yeux — à moitié, j'ai aucune envie de me faire dépouiller — et essaye de chasser toutes mes pensées noires. Je les pousse dans le vide.

Et pendant que ma cigarette se consume entre mes doigts, je pense à Lloyd.

Je fais souvent ça, penser à Lloyd. Je pense à lui quand je vais bien, je pense à lui quand je vais mal, je pense à lui quand je suis heureuse, je pense à lui quand je suis triste, je pense à lui quand je suis seule, je pense à lui quand je suis avec Ellie, je pense à lui quand je suis heureuse, je pense à lui quand tout va bien, quand tout se passe bien. Et je me ruine mon mood toute seule. Je sais très bien gâcher mon mood. Parce que je suis toujours amoureuse de quelqu'un, toujours amoureuse d'un type qui s'en fou de moi. Un type qui m'a laissée. Mais est-ce qu'il m'a vraiment laissé ? Est-ce que c'est pas moi qui l'ai forcé à me lâcher en me comportant comme je l'ai fait ? Je tire une taffe et regarde la fumée s'élever vers le ciel noir de l'Allée.

Est-ce que c'est pas moi qui l'ai forcé à me lâcher, à me laisser ? Je suis un monstre. Compris. Je dois donc l'avoir forcé à s'éloigner de moi. De toute manière c'est mieux qu'il reste loin de moi, c'est mieux que je reste de mon côté, dans ma galère. Je veux pas de son aide. Pas vrai ? Je suis capable de faire sans lui. Pas vrai ? Je pince les lèvres et balance la tête en arrière, désespérée. Nan. Je suis pas capable de faire sans lui. Suffit de voir ce que les dix dernières années m'ont emmenées. J'ai faillis développer une addiction à l'alcool. C'est ce qu'ils ont dit les médecins, que c'était pas une addiction mais une trop forte consommation. Et moi, j'écoute le toubib. J'écoute le toubib parce que celui ci il m'a pas dit que y'avait un enfant dans mon ventre. Mais il a dit que y'avait un mal dans ma tête, il m'a dit que y'avait un problème avec moi. Et honnêtement, je le crois. Je sais que y'a un soucis dans ma tête, ça parait évident quand on me connait au moins un peu. Je suis cassée. Je suis tellement cassée que j'ai plus pu taffer. Je suis tellement cassée que j'suis allée à l'hôpital. L'hôpital. Je serre les dents, me redresse. Je veux plus y penser.

Alors je fais disparaitre mon mégot, je jette un dernier regard à la Fausse Danse et je m'en vais.

Je traverse l'Allée la tête basse, je reconnais un habitué du Sisyphe que je salue d'un signe de tête puis j'atteins le Chemin de Traverse. Et là, sans me retourner, je transplane à la maison.


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1072 mots

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freaks ; surf curse
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mardi 17 octobre

{ appart de Mel ; Godric's Hollow }

tw : crise d'angoisse, pensées noires

Je me réveille dans un violent sursaut, le visage trempé de larmes et le corps humide de sueur. Il y a un poids sur ma poitrine et dans mes os, quelque chose qui va pas, quelque chose qui fait mal et qui me blesse de l'intérieur. Je suffoque. Je m'étouffe. Je suffoque je suffoque dans mon propre corps dans mes propres pensées dans les échos de ce cauchemar qui s'accroche à ma peau et qui transforme tout ce que je vois en silhouettes sombres, en monstre.

Monstre.

Monstre.
Monstre.
Monstre.

Je suis le monstre, c'est moi le monstre, c'est moi qui suis inhumaine, c'est moi qui suis folle. Mais non, non je ne suis pas folle, je ne suis pas tarée. S'il vous plait, s'il vous plait écoutez moi ! J'suis pas folle. J'suis atroce. Un monstre. Un monstre inhumain et répugnant, un monstre qui mérite de crever dans sa galère, un monstre hideux, affreux, terrible, inhumain. Je mords fort ma langue, je la mords jusqu'à ce que ça me picote, jusqu'à ce que les larmes me montent aux yeux, jusqu'à ce que je souffre et que je sente un liquide métallique se répandre dans ma bouche. Et là seulement, je lâche ma prise. Mais les pensées noires ne s'envolent pas, non. Elles restent là, elles s'accrochent à ma peau, elles restent incrustées dans mon coeur, dans mon corps, elles pénètrent jusque dans mes organes et me paralysent de l'intérieur, elles me détruisent. Elles brûlent.

Et je suis là, je gis, allongée sur ce matelas dans cette chambre qui n'est pas la mienne, et je peux rien faire si ce n'est penser à toutes les erreurs que j'ai faites, à tout le mal que j'ai causé et à tout ce que je vais devoir réparer, à tout ce que je dois à ceux que j'aime. Je pense aux excuses que j'ai jamais faites, je pense à celles que j'aurais jamais l'occasion de dire, je pense à mon petit coeur tout là-haut dans les étoiles, je pense à ma crise démentielle hier, je pense à mes règles qui n'ont jamais été aussi douloureuses, je pense à ma magie qui répond plus, qui me fuie, qui s'éloigne.

Je pense à tout ça en suffoquant, en m'étouffant, en toussant, en appelant au secours. Et je fais de mon mieux pour bouger, pour rouler sur le côté. Et, ô miracle, je parviens tant bien que mal à me déplacer jusqu'au bord du lit. Je sais pas comment, je suis incapable de dire comment j'y arrive, mais j'y arrive. Et tous mes os me font mal, tous mes os brûlent, tous mes os sont douloureux, je sais pas comment faire pour que ça s'arrête, comment faire pour que ça se stop. Je veux plus que ça continue, je veux que ça s'arrête pour toujours. Je veux que ça s'arrête, s'il vous plait faites que ça s'arrête, je veux que ça s'arrête... S'il vous plait, s'il vous plait arrêtez. Pourquoi j'ai mal comme ça, est-ce que je mérite de souffrir autant ? Est-ce que je mérite tout ça ? Non non je veux pas, je veux pas, je veux pas. Arrêtez. Par pitié, je veux pas, je veux plus. S'il vous plait.

Même les monstres ont droit à un peu d'amour, à un peu de douceur. Et où est la mienne ? Je ne peux plus continuer comme ça, je suis incapable de continuer de la sorte.

Je me déplace maladroitement jusqu'aux toilettes.

Là, je me regarde dans la glace et je me contemple. Je contemple le monstre que je suis, je regarde la créature ignoble que je suis devenue, j'observe la chose inhumaine que je représente aujourd'hui. Et je pense à tous ceux que j'ai déçus, à tous ceux que j'ai blessés, à tous ceux qui ne me feront plus jamais confiance. Parce que je l'ai brisée, parce que j'ai disparu. Pourquoi j'ai disparu déjà ? Ah, ouais, pour elle. Parce que je voulais qu'elle ait une belle vie, de beaux moments de joie, des parents heureux, une famille soudée. Je voulais qu'elle ait le meilleur, je voulais qu'elle ne vive que le meilleur et rien que le meilleur. Pour le meilleur et pour le pire c'est ça ?

Je veux pas y croire, je peux pas y croire.

Alors que c'est moi le monstre.
Je suis un monstre.

Un sanglot m'échappe, je me précipite vers la chambre de Mel et je m'y enferme, me blottissant à ses côtés, contre lui, contre sa chaleur. Et j'attends que son bras se referme sur mon corps, j'attends qu'il ait ce même réflexe qu'il a toujours de caresser mes cheveux et de m'approcher un peu plus de lui. Je pense qu'il a l'habitude que je vienne dormir avec lui maintenant.

Je devrais disparaitre. Je devrais crever pour de bon, j'embêterais plus personne comme ça, j'ai envie de...de plus être un problème. Je veux vous prouver que je suis pas un problème, je veux vous prouver que je suis quelqu'un de bien, je veux vous prouver que je sais faire de belles choses moi aussi. S'il vous plait, il faut que vous me croyez. Y'a pas le choix, il faut que vous me fassiez confiance, il faut que vous acceptiez que je peux avoir raison, que je suis encore douée de ma raison, que je suis encore un peu humaine. Parce que je le suis, pas vrai, n'est-ce pas que je le suis encore ? Oh s'il vous plait, mentez moi. Dites moi les yeux dans les yeux que je suis toujours humaine, que je suis toujours importante, que je suis toujours la Miya d'avant. Sa Miya. A lui.

Je veux redevenir sa Miya, celle qui riait aux étoiles, celle qui fumait et qui buvait pour le fun et pour rire, celle qui lançait des défis débiles, celle qui acceptait tout ce qu'on lui proposait, celle qui était encore heureuse tout le temps, celle qui était amoureuse, idiote, insouciante.

Cette Miya est morte.

Elle est morte y'a longtemps, je l'ai enterrée cette nuit là quand tout est parti en vrille.

Je suis morte.
Je suis un monstre.

Je devrais être morte.


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1022 mots

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Inktober PNJ Empyrée
l'altra dimensione ; maneskin
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mercredi 18 octobre

{ appart de Mel ; Godric's Hollow }

OS à venir

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Inktober PNJ Empyrée
melodrama ; disiz, theodora
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jeudi 19 octobre

{ boite de nuit moldue ; Londres }

La musique est forte, elle résonne directement dans mon corps, dans mes os, dans mes veines. Je suis en vie, vraiment en vie. Je me suis jamais sentie autant en vie qu'à cet instant, avec mes os et mes membres qui tremblent sous la force de la musique, sous l'euphorie du moment, sous les ondes de choc des corps contre moi, autour de moi. Les gens, la boisson, les lumières.

Et au milieu de tout ça, Alfie.

Alfie que j'ai entrainé avec moi, Alfie qui ne lâche pas ma main, Alfie qui s'accroche à moi avec la force d'un homme au bout, Alfie qui danse près de moi, Alfie qui est là, tout simplement. Je l'ai trainé ici sans savoir ce que ça allait donner, je l'ai trainé ici à ma suite sans vraiment me donner une idée de ce que je cherchais, de ce que je voulais. Je voulais quelqu'un avec moi, je voulais pas être seule, je voulais sa présence à lui. Parce que je me suis habituée à le voir au Sisyphe, je me suis habituée à l'entendre réclamer mon sourire et mon attention, je me suis habituée à toucher son visage, à embrasser ses doigts, à glisser les miens dans ses cheveux, à lui servir du whisky.

Je l'attire près de moi et glisse mes mains derrière sa nuque à laquelle je m'accroche, l'incitant à poser ses mains sur ma taille, sur mes hanches, l'incitant à danser avec moi, à faire de son mieux, à se laisser aller dans la musique. Je veux le voir heureux, je veux le voir sourire, je veux qu'il soit lui, au moins, heureux. Je n'ai pas réussi à offrir à Lloyd tout ce qu'il voulait et il m'a laissée toute seule, il m'a abandonnée. Il m'a laissée toute seule, il m'a laissée mourir dans mon coin, il m'a laissée crever. Tu m'as laissée crever Lloyd. Alors c'est ce que je fais. Je crève dans mon coin, je continue de couler, de me laisser aller vers la noirceur, vers les abysses. Je crève de mon côté, je crève entre les bras de Mel. Mel qui me laisse pas m'en aller, Mel qui me serre contre lui la nuit, Mel qui embrasse mon front le matin, Mel qui caresse mes cheveux, Mel qui prend soin de moi.

Et Alfie ? Alfie il prend soin de moi ? Nan, Alfie il prend pas soin de moi. Il m'écoute, il boit au Sisyphe, il me parle, il réclame mes sourires, il me laisse embrasser ses doigts et jouer avec lui. J'ai pas envie qu'il me laisse, j'ai pas envie qu'il s'en aille. Me laisse pas seule Alfie, reste avec moi.

Alors je danse, je danse contre lui, avec lui. Je danse, je tourbillonne, je voltige, je m'ambiance.

J'aime bien quand j'oublie les autres, j'aime bien quand j'arrête de réfléchir, j'aime bien quand je peux fermer mes yeux et me laisser aller pour danser. A une époque je le faisais dans les bras de Miles, je me laissais couler dans son étreinte. Je laissais ses mains glisser sur mon corps, sur mes hanches, sur ma taille, je sentais ses lèvres dans mon cou, sur ma peau, je profitais de son étreinte chaude, de ses câlins, de sa présence rassurante. Et aujourd'hui, Miles est mon ami. C'est tout. Aujourd'hui, je ne me réveille plus entre ses draps, je ne sens plus comme lui le matin, je ne suis plus sa Maya, plus vraiment. Un peu, parfois, mais presque plus. Je suis plus la Miya qu'il a connue. Je suis plus la Miya que tout le monde a connu, je suis devenue une autre. Je suis une autre, je suis devenue différente. Je suis devenue moins bien depuis que je me laisse couler.

Regarde Alfie, regarde moi. Regarde moi danser, regarde moi tourbillonner entre tes bras, là, si fragile entre tes mains. Si fragile, tellement fragile, à un souffle d'éclater en un millier de morceaux, à une respiration de tomber et de me briser par terre. Je suis fragile comme du cristal, j'ai la force d'un vase en verre, je suis aussi forte qu'une fleur un matin de rosée. Je ne suis pas forte Alfie, alors ne me laisse pas tomber, parce que je pourrais bien me briser. Ne me laisse pas m'effondrer entre tes bras comme je me suis effondrée dans ceux de Noah, dans ceux de Zayn, dans ceux de tous les hommes qui n'ont jamais voulu mon bien. Je veux croire que tu veux mon bien, je veux croire que tu prends soin de moi, je veux croire que tout se passe bien. Mais c'est faux tu vois, c'est vraiment faux. Rien ne se passe bien Alfie, je recommence à avoir envie de boire, je recommence à avoir envie de pleurer la nuit, je recommence à avoir envie de hurler et d'aller retrouver Lloyd. Alors qu'il veut plus me voir, pas tant que je me suis pas soignée. Ne me fais pas de mal, Alfie, continue simplement de danser avec moi, continue de me faire voler, de m'envoyer flotter vers le ciel, de m'aider à oublier un peu mon quotidien. Ne me fais pas de mal s'il te plait.

Lloyd. Lloyd, Lloyd, Lloyd. T'aimerais bien Alfie. Il est doux. Il prend soin de moi quand t'es pas là. Il s'occupe de ta Miya, ne t'en fais pas. Je vais bien, je vais mieux. Mais à qui je répète ce mensonge, pourquoi je le répète et surtout à quoi ça sert que je me le répète ?

Je vais mal Lloyd, je vais vraiment mal. Et j'ai besoin de toi, oh si seulement tu savais à quel point j'ai besoin de toi, de ta présence, de ton sourire, du son de ta voix. Je crèverais pour pouvoir venir te voir à la Fausse Danse, pour t'écouter et te voir jouer sur scène. Qu'est-ce qui va pas chez moi, pourquoi je nous inflige ça ? Pourquoi j'ai envie de faire ça ? Chut, tais toi Miya. Ce soir tu danses, ce soir tu penses à rien d'autre qu'à Alfie, ce soir tu pense plus à ton amour perdu, ce soir tu fais rien d'idiot. Arrête d'observer Alfie, il n'est pas Lloyd. Arrête de faire des bêtises. C'est pas parce qu'ils ont les mêmes mimiques, cette même façon de vouloir croquer ton nez et ce regard amusé qu'ils sont les mêmes. Alfie n'est pas Lloyd alors arrête, arrête. Arrête toi de suite.

Lloyd t'a abandonnée et il a bien fait. Sans toi il est heureux. Sans toi il vit.

Alors danse, danse jolie Miya. Danse pour Alfie, souris pour Alfie, offre toi à Alfie. Tu n'as plus rien à craindre ce soir, tu n'as plus rien à te dire, plus rien à penser. Ce soir tu n'es personne.

Je ne suis plus Miya.
Je ne suis plus sa Miya.


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1142 mots
Présence d'Alfie vue avec la Plume.
@Lloyd River pour Alfie

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