12 juil. 2026, 22:21
Poussière de fée

Mirage d'une sirène
Une cascade au large de Laugharne, Pays de Galles
12.07.2051
✧✦✧
Hollow in the Ferns- Craig Armstrong
Une cascade au large de Laugharne, Pays de Galles
12.07.2051
✧✦✧
Hollow in the Ferns- Craig Armstrong
Il lui semble qu'elle tombe depuis des heures. Des minutes qui s'étire à l'infini, pour ne jamais s'enchainer. En réalité, ça ne dure que quelques secondes. Quelques secondes avant que l'adrénaline, l'instinct, ne reprennent le contrôle. Celui du corps qui en une poussée se hisse à la surface, celui de l'esprit qui cesse de paniquer.
Les bras accrochés au bord de la cuve naturelle, roche râpeuse et irrégulière, elle tousse, s'écharpe les poumons de grandes bouffées d'air.
La chute a échappé au regard adulte. Elle, s'est échappé. Depuis la cascade où s'est installé la petite tribu, elle a descendu la rivière. On lui a soufflé un secret, celui de sirènes, vivant juste ici. Dans une eau d'azur où le courant semble s'atténuer, écrasé par les roches et cassé par le lit, vivent ses créatures. On lui a promis.
Elle s'est penché tout au bord, pieds nus dans l'eau glaciale, attendant un bruissement, un mouvement. Rien. Elle s'est penché, encore, espérant un reflet, quelques bulles. Rien. Elle s'est penché, a glissé, est tombé.
S'est laissé happée par l'eau, entouré et bercé. La cuve n'est pas profonde. Son esprit reste clair.
De ses bras, elle se hisse sur le rebord. Reprend son souffle, rattrape ses rêves. Car elle en est convaincue, dans le flou de la chute, dans les ombres, on la regardait.
Dans cette cuve, elle n'était pas seule. A ses oreilles, a résonné le rire mélodieux. A ces yeux, dans un mirage, est apparu une silhouette. Vive, fugace.
"Paige, mon coeur, tu viens? On rentre."
Elle s'en va. Traînant des pieds, les poumons encore lourds. Et à cet instant, elle le jure, elle sent un regard picoter son dos. Lorsqu'elle se retourne, il n'y a rien.
Rien ou.. rien qu'un reflet sur l'eau. Une onde légère, une ombre en dessous. Elle ne la voit pas, elle a du rêver.
309 mots
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14 juil. 2026, 00:13
Poussière de fée

Les vagues s'étaient tues, le sable s'était envolé. Remplacé par les falaises lointaines, l'herbe humide et le brouillard.
Le chaos d'une tente un peu usée lui, avait demeuré. Déplacé, à présent abrité entre les murs de la maison qui grince.
Le rideau des vacances ne s'était cependant pas encore abaissé. Pour quelques jours encore, la troupe était au complet. Et ainsi, de la même manière dont on regard un spectacle familier, la petite regardait le manège dont jamais elle ne se lasserait.
Chaque âme qui composait la partition trouvait sa place. Il y avait l'ensorceleuse, dont les doigts fins augmentait le volume de la musique tout en dansant. Il y avait le bourru sculpteur qui, assis sur son fauteuil, son ouvrage entre les mains, posait sur sa fille un regard bercé de tendresse. Il y avait le fils aussi, qui s'agitait à travers la maison, sifflotant et murmurant aux plantes alors qu'il les retrouvaient.
Il y avait l'odeur âpre, flottante, signe de la présence isolée sans vraiment l'être de la potionniste, déjà de retour au travail. Il y avait les babillages d'une enfant.
Et elle, comme la metteuse en scène. En arrière et pourtant au centre, regardant, semblant absorber chaque détail pour mieux s'en souvenir.
Plus tard, peut être ne se souviendrait-elle que de l'odeur du bois gravé par son grand père, de la mélodie fredonné en coeur par le vinyl et les sifflotements. Elle aurait oublié quelques images, le sujet de leur discussion. Elles se souviendrait des éclats, sans se souvenir de leur contenus. Se souviendrait des rires, sans les blagues.
Mais cela n'avait pas d'importance. Elle se souviendrait. Quand son coeur se ferait lourd, elle se souviendrait, et tout irait mieux.
284 mots
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15 juil. 2026, 21:56
Poussière de fée

Papiers dorés
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
14.07.2051
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
14.07.2051
Tourne, tourne et tourne encore. Le papier doré dans les doigts fins, tourne, tourne encore. Ouvre toi, défais tes plis, remet dans la petite paume la friandise.
Rouge, comme la cerise sucrée, verte, comme la pomme acide, jaune, comme le citron qui pique.
Ô sorcière, impatiente. On doit laisser le bonbon fondre sur la langue mais tu la croques, fronce les sourcils au goût acide qui vient piquer le palais.
Un rituel sacré, une chorégraphie soigneusement répétée. Un bonbon, puis un autre. A chaque nouveau papier doré, froissé et jeté dans la petite pille à ses côtés, le corps s'affale à peu plus. S'enfonce davantage dans l'herbe haute qui l'entoure.
Le corps se fait plus lourd, l'herbe plus haute. Le regard se perd dans les nuages, y voit un dragon, un sourire, une glace que l'on a laissé tomber par terre.
Et un nouveau papier brillant trouve la paume. Tourne, tourne et tourne encore. Défais les plis, et croque. L'acide qui pique sur le palais. Un autre, un autre, un autre encore.
Et le ventre qui brûle, la gourmandise qui coute. Les derniers papiers dorés garderont leur forme, garderont leur présent. Elle reste là, à regarder les nuages, son ventre gargouillant d'avoir trop mangé.
Un insecte grimpe sur la jambe nue échappant du short, un brin d'herbe vient chatouiller son front.
Elle agite les bras et les jambes comme dans celle qui fait un ange de neige. Puis elle se roule, et sous la tendresse du soleil, s'endort.
248 mots
@Ashley Houston pour l'inspiration :3
@Ashley Houston pour l'inspiration :3
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15 juil. 2026, 22:43
Poussière de fée

Eclats
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
15.07.2051
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
15.07.2051
Un souffle. Long, qui vide tous l'air de ses poumons. Qui laisse s'échapper les pensées, les futiles et volantes pensées venues la déconcentrer.
Les doigts qui se serrent sur la batte, les yeux qui se fixent sur la balle. Encore serrée dans les doigts terreux de son père, elle ne tardera pas à fuser.
Un instant flotte. Elle n'entend plus rien. Que son coeur à ses oreilles, son souffle, régulier.
La balle fuse. Ses épaules s'arquent, elle s'arme et frappe. Le coup sourd résonne, l'écho du bois frappant la balle.
Et la bulle explose. Son sourire se peint aussi naturellement que le vent flotte sur les plaines, elle lâche la batte dans un nouveau bruit sourd.
Elle entend les rires, les éclats de ses plus grands supporters alors qu'elle court, bras écartés. Ils se hissent au dessus de sa tête, poings fermés alors que sa tante l'attrape au vol, la fait tournoyer. Elles rient, les mélodies se mélangeant.
Le jeu est futile pourtant, et la victoire ridicule. Mais c'est dans les petites choses qu'on crée les grands souvenirs dirait le poète. Et dans la petite maison du brouillard, on célèbres les poètes. Alors on joue au Quidditch sans prendre la peine de voler, on s'affronte dans une rivalité feinte et on rit.
Les victoires ne sont pas ridicules. Elles sont grandioses, et font exploser les coeurs.
226 mots
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16 juil. 2026, 23:28
Poussière de fée

Elle rêve
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
16.07.2051
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
16.07.2051
Assise à la fenêtre, elle rêve. À quoi, elle ne sait plus très bien. A-t-elle su un jour? Probablement pas.
Elle aime rêvasser sans avoir matière à s’accrocher. Rêver, tout simplement, se laisser porter par le flot. Elle ne rêve pas à rien. Simplement, si l’on vient à lui demander “A quoi tu penses?”, elle haussera les épaules.
Elle regarde le ciel, y dessine des formes et des jeux. Elle regarde les plaines, y voit les fées, les gnomes et d’autre encore. Elle ferme les yeux et entend le vent. La maison qui grince, la vie qui s’anime. Dans les murmures de sa sœur, dans un jeu différent, le clapotement de l’eau qui bout, l’odeur, bientôt, d’un thé fumant.
Elle rouvre les paupières et rêve encore. S’imagine chevalière, dragonnière, princesse ou exploratrice. Dans un vaisseau, sur un dragon, dans une forêt fabuleuse ou dans des grands monts hostiles.
La main posée dans la paume, le regard qui se perd, les genoux repliés contre le corps. Elle pourrait rester ainsi des heures encore.
Sans que ses pensés, les vraies, ne viennent la déranger. Sans que quiconque ne s’alarme de son silence car il est commun.
Et c’est ce qu’elle fait. Sans entendre les minutes passer au cliquetis de l’horloge.
Le temps passe plus lentement dans les rêves. On danse avec le temps dans les rêves. On l’accélère puis on recule, on le ralentit pour mieux courir.
Dans ses rêves, elle fait ce qu’elle veut et plus encore.
Alors, assise à sa fenêtre, elle rêve. À quoi? Elle ne sait pas, elle s’en moque. Elle rêve et puis voilà.
268 mots
art by @heygiudi
art by @heygiudi
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17 juil. 2026, 23:06
Poussière de fée

Les écriteaux roses
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
17.07.2051
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
17.07.2051
La serre était l'endroit de toutes les merveilles. Elle l'avait déjà pensé, la première fois qu'elle y avait mis les pieds. La première fois dont elle se souvenait du moins. L'enfant qu'elle était avait ouvert la bouche tout grand, avant de courir dans chaque recoin.
Le spectacle de merveille était chaque jour le même, mais n'avait cessé de l'émerveiller. Le soleil qui traversait les murs de verre dans un spectacle gracieux, les plantes grimpantes qui valsaient avec les rayons et le verre. Toutes sortes de plantes grandissaient ici, sous l'oeil vigilant et tendre de Pop's.
Il y avait les magiques, au petit écriteau violet. L'écriture y étant illisible, la couleur avait au moins le mérite d'être claire. Il y avait les non-magiques, à l'écriteau bleu. Et puis il y avait l'étagère des écriteaux roses.
Magiques ou non, elles avaient leur place spéciale. Requête urgente, express et exécutée de la potionniste. Car ce sont les petites choses qui comptent, disait-il toujours.
Un autre enfant aurait levé les yeux au ciel, mimé le vomi. Elle, y trouvait une certaine tendresse. Même lorsque le monde tournait à l'envers, il y avait toujours ses parents pour se chamailler et l'attendrir.
C'était cette pensée qui la traversait alors qu'elle dessinait, rêvassait davantage, affalée sur le divan de la Serre. La pensée qu'envers et contre tout, certaines choses ne changeait jamais. Et à l'âme routinière, cela était fort rassurant.
Elle avait vu les éclats, les liens qui se tissent mais qui se brisent pourtant. Elle avait vu les départs, les aurevoirs. Maintenant, elle avait besoin d'un ère qui tourne en boucle, d'une couverture usée où se blottir.
Les insectes qui volaient dans la serre, les bruits un peu étrange de certaines plantes et les écriteaux roses, c'était exactement ça. La présence absente à chaque recoin des personnes qu'elle chérissait le plus, les petits détails qu'elle seule comprenait tout à fait.
La radio rouillée, l'air lointain d'un violoncelle, l'odeur de la menthe fraichement coupée. Ce qu'elle ramènerait avec elle, pour moins y penser.
336 mots
art by @yaoyaomva
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18 juil. 2026, 23:14
Poussière de fée

Ecorc(h)e
Quelque part
18.07.2051
Quelque part
18.07.2051
Elle court, pieds nus dans une herbe humide aux petits brins venant lui chatouiller les chevilles. Elle court, sans savoir où elle va, sans savoir où elle est. Perdue sans l'être, dans l'une de ses plaines, là où danse le brouillard et chante le vent.
Et elle tombe. Dans le mouvement maladroit du corps, l'effondrement des jambes comme une poupée de chiffon. Heurte le sol, s'y accroche le genou. La peau s'est effritée, le carmin en coule doucement. Une goutte, puis deux.
Puis le carmin n'est plus. Il est le fil délicat, toile d'araignée de lumière où rayonnent les étoiles. Elle s'y accroche les doigts, joue de ces filets. Fragiles et duveteux, parfait pour capturer les étoiles qui s'en échappent pourtant. Qui volettent et retrouvent le ciel. S'accrochent parfois un instant à ses doigts, à ses cheveux mais toujours s'envolent.
Et puis les filets ne sont plus. Elle ne sait comment, mais ses doigts s'enroulent à présent autour de fines racines. Sa peau est dure, râpeuse. Dans le sol, elle se sent ancrée.
Le carmin devenue fil est la racine. Une infinité de minuscules racines qui viennent creuser le sol, s'y blottir.
Elle, auparavant assise, avachie, se sent grandit. Stable de sa hauteur, majestueuse. Elle sent le vent à ses branches, la sève couler à ses cernes. Rien ne l'atteint plus, elle a, devant elle, des millénaires.
Quelque chose vient gratter à son oreille. Rien ne la perturbe mais ce bruit est vraiment... agaçant. Elle sent quelque chose de.. froid.
Les yeux s'ouvrent en sursaut. Le corps se dresse, et la tête se cogne à une autre. Les éclats explosent, exclamation de douleur en écho de deux voix qui se ressemblent.
Lucy se tient là, la mine déformée par une grimace. Elle a du essayer de la réveiller.. en douceur. Ce fut un échec.
318 mots
merci à @Cinaed Wallace pour le scénario incroyable
merci à @Cinaed Wallace pour le scénario incroyable
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19 juil. 2026, 22:59
Poussière de fée

Là-haut
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
19.07.2051
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
19.07.2051
Bientôt, elle pourra toucher le ciel. Se hisser sur la pointe des pieds et glisser ses doigts dans les cotons duveteux qui s'accrochent à son ciel. Encore un effort, une égratignure sur ses paumes, une griffure.
Les branches deviennent plus fines à mesure qu'elle les gravit. Tremble davantage lorsqu'elle y appose son poids. Le sol lui, devient plus distant. Le vide, plus grand. Il ne lui est pas menaçant, elle ne le regarde même pas.
Son regard est rivé là haut, sur les nuages. Du geste habile qu'elle a répété cent fois, elle gravit la dernière branche. La fourche qui s'affine jusqu'au ciel, là où l'arbre la supporte encore. Plus haut, elle vacillera. Les branches craqueront et elle s'effondra.
Ici, elle peut s'assoir, s'appuyer contre le tronc. La cime est si proche, mais inaccessible.
Cela ne l'affecte qu'un peu. La morsure de la frustration de ne pas pouvoir se blottir en haut de son arbre est faible, face à l'accomplissement de se trouver aussi haut.
Si elle se met debout, ce qu'elle fera, inéluctablement, elle domine le monde. Son monde au moins. La petite chaumière qui vacille sous le vent, la serre et le jardin. Les plaines tout autour, et même les falaises au loin.
Pour l'heure, elle reste assise. Le souffle un peu court de cette ascension, les yeux toujours rivés sur les nuages. Ces mains viennent s'y nicher, pour de faux, ou pour de vrai. Comment savoir.
Perchée dans son arbre, les contours de la réalité deviennent plus flous. Elle pourrait devenir la Reine, en haut de son trône. L'Elfe, sentinelle ou archer.
Elle pourrait rencontrer une petite fée, ou sentir au dessus d'elle l'imposant mais tendre dragon.
Elle reste là, à broder le décor du rêve qui deviendra réalité. Elle ne touche pas le ciel mais si elle se concentre, elle pourrait presque le rêver.
308 mots
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Cour de la Semeuse de Discorde - avatar par le merveilleux Orion #OsonsOrion
21 juil. 2026, 00:07
Poussière de fée

Soeurs
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
20.07.2051
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
20.07.2051
Reducio
Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Lucy Barrow [color: #561029]
- Lien avec le PJ : Soeur cadette
- Lien dans le répertoire : Portoloin
- Ce RP aura-t-il un impact sur mon PJ ? Oui- Non
- Si "oui", impact envisagé : Ecrire l'été de Paige, ici dans la relation avec sa petite soeur, leur complicité et leur entente.
- Lien avec le PJ : Soeur cadette
- Lien dans le répertoire : Portoloin
- Ce RP aura-t-il un impact sur mon PJ ? Oui- Non
- Si "oui", impact envisagé : Ecrire l'été de Paige, ici dans la relation avec sa petite soeur, leur complicité et leur entente.
Les rires en éclats autour du grand arbre, les deux petits silhouettes qui courent, dans un sens puis dans l'autre. Qui pourchasse l'autre, se pourchasse-elles? A l'oeil inconnue, le jeu est flou.
Pour elles, il n'en n'est rien.
Elles, elles voient les armures qui scintillent et reflètent les rayons du soleil. Les épées tenues entre les mains ennemies, l'arme de la défaite ou de la sainte victoire. Elles voient la véracité du regard, la détermination de l'autre.
Elles entendent la répartie qui fusent comme le métal qui s'entrechoquent.
Elles, savent l'enjeu de ce duel, de ce combat. Celle qui tombera ne se relèvera pas. Celle qui triomphera dominera seule sur la grande plaine, sur le petit peuple qui l'habite et sur le royaume tout entier. Aucune des deux alliées n'auraient voulu en arriver là. Mais l'on a jamais vu le Royaume gouverner par deux. Il y a l'être triomphant et celui terrassé.
Alors, assurément comme le soleil se couchera à l'Ouest et le trésor en bas de l'arc en ciel, ce soir, il n'en restera qu'une.
L'une esquive et riposte, l'autre attaque et échappe. L'une peste, l'autre célèbre, bientôt maugrée. Le combat semble duré pour ne jamais s'arrêter, comme si rien, pas même le destin, ne pouvait décider entre les soeurs.
Elles se connaissent par coeur, prévoient les coups et les malices. Elles se sont entrainées ensemble, ont appris des erreurs de l'autre et en sont sortis plus fortes. Jusqu'ici du moins, alors que l'ennemi était extérieur au lien tissé avec soin.
Il n'y a pas d'issue favorable. Il ne semble pas y avoir d'issue.
Leurs muscles se font douloureux, usés par l'effort. Leur volonté, comme la roche par le temps, s'érode à chaque instant. L'étincelle des regards, déjà tués par l'affrontement, s'assombrit encore.
Bientôt, les deux corps s'effondrent. Les armes claquent, roule et s'en vont. Les armures ne dissolvent dans l'air encore électrique.
Il ne reste que deux silhouettes différentes mais semblables. Deux soeurs, vêtues pareil à quelque détails près. Tunique de soie blanche qui descend jusqu'au genou, cheveux bruns d'ébène tressés avec soin mais ébouriffés par le jeu.
Les silhouettes allongées dans l'herbe se dandine pour se rapprocher. Leurs mains se trouvent et les doigts fins se serrent. C'est la paix qui est signée, la division du trône actée. La fin du jeu aussi, et alors que les regards se croisent, la décision commune.
Elles restent un instant là, par fainéantise, mais souriront bientôt vers la petite maison en contrebas. Là où elles chiperont les muffins tout chaud à la cuisine, sous les protestations et éclats d'un autre genre. Elles les partageront peut être, se bagarreront pour la plus grosse part avant de partager un verre de limonade.
Toute chose faite, le duel n'aura de vainqueur et le Royaume s'endormira sans roi. Deux Princesses seules, et un petit peuple qui s'en satisfera.
474 mots
Deuxième Année- Serdaigle・Inscrite à la Chronologie・color=#00364a・Fiche PR・Marrainage
Cour de la Semeuse de Discorde - avatar par le merveilleux Orion #OsonsOrion
22 juil. 2026, 12:54
Poussière de fée

En quatre battements
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
21.07.2051
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Neath the grove is a heart- Yaelokre
Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
21.07.2051
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Neath the grove is a heart- Yaelokre
Le bois est doux entre ses mains. L'instrument se lie avec son corps, la forme de la guitare venant percer ses hanches. Ce n'est pas douloureux, au contraire. Soudain, elle se sent complète, protégée par son instrument.
Ces doigts brûlent contre les cordes. Sa peau s'arrache à chaque instant un peu plus, mais elle s'en moque. Elle avait besoin de jouer, et la voilà satisfaite.
Les notes la délivrent de ses pensées, et à chacune qui s'envole, son coeur s'allège. Il n'est pas lourd, son coeur. Mais toujours un peu trop. Comme si rien ne pouvait vraiment l'apaiser, comme si, même ici dans sa maison adorée, là où elle se sent le plus en sécurité, restait toujours ce quelque chose.
Le prix de ressentir chaque frisson comme une tempête. La joie lui fait mal au ventre, la tristesse est si amère qu'elle s'en sentirait défaillir. Mais son objet le plus précieux entre les mains, rien de tout cela ne l'envahit. La vide se fait de sa tête à son coeur, de ses doigts à ses yeux.
Elle n'est qu'un pion venu ouvrir son âme sur le bois, venue se délivrer. L'air vient naturellement, un air qui ne lui rappelle rien en particulier bien qu'il soit probablement chargé de son histoire. C'est le mouvement de ses doigts en rythme avec les battements de son coeur, mais rien n'en découle.
Pour une fois, sa musique n'est que pour elle. Elle peut y glisser tout ce qu'elle veut car les ondes qui s'échappent ne résonnent qu'à ses oreilles. Les autres sont dehors, là où le soleil les brule, où la radio semble ne jamais s'arrêter de jouer. Pas de regard pour la décrypter, pas de connaisseurs pour qu'elle se sente juger. Elle ne le serait pas, pas vraiment.
Elle ne préfère pas toujours être ainsi. Parfois elle veut jouer pour dessiner les sourires, réchauffer les coeurs qui battent en écho au sien. Faire danser sa joyeuse troupe.
Ici et aujourd'hui ce n'est cependant rien qu'elle que son âme appelle, ses émotions venues la noyer et disparaitre et sa guitare. Sa précieuse, Ô merveilleuse guitare. Le bois qui semble toujours sentir le neuf, les cordes venant se mêler au carmin qui s'échappe à présent de ses doigts.
Et la musique cesse. Ses doigts s'immobilisent, son souffle se coupe. Elle se détache des cordes d'abord, mais pas de l'instrument. Elle le serre contre elle, encore un peu. Laisse le bout de ses doigts en caresser les quelques rainures. Elle retire la sangle et s'en détache.
La range dans sa housse et à sa place, juste en bas de son lit.
Les plaies sont ensuite recouvertes, et l'âme allégée s'en va retrouver les autres. Le moment est passé, et le vinyl continue à tourner. Il s'en reviendra.
461 mots
Deuxième Année- Serdaigle・Inscrite à la Chronologie・color=#00364a・Fiche PR・Marrainage
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