River, créateurs de démon depuis 2030
Elle attrape ma main et je me laisse faire même si j'ai le cœur qui bat à cent à l'heure. J'ai chaud, tout à coup, et mon sang monte jusqu'à mes joues. Elle a les mains douces, Jude. Elle a les gestes tendre. Ce matin, mère m'a aussi attrapé par le poignet comme elle le fait, mais ses gestes étaient secs et violents, elle m'a fait mal à l'épaule quand elle m'a redressé vivement en tirant sur mon bras pour me forcer à me lever. Elle trouvait que je mettais trop de temps pour déjeuner. Je n'ai pas eu le temps de terminer mon bol. Elle m'a poussé en direction des escaliers pour que je me dépêche. Jude, elle est beaucoup plus douce que mère et ça me fait tout bizarre au fond du ventre. En acceptant silencieusement (je crois que c'est ce que j'ai fait même si je le réalise seulement), je ne pensais pas qu'elle me toucherait, même si j'aurais dû le savoir. Je devrais peut-être être gêné. Père dit toujours que la proximité physique c'est pour les couples et que cela n'a rien à faire dans les espaces publics. Il gronde Anna quand elle s'appuie contre moi ou demande un câlin. Mais elle ne l'a plus fait depuis très longtemps car à huit ans, Annabelle a déjà compris qu'on ne faisait pas ce genre de choses en famille. Je devrais donc être gêné que Jude m'attrape et me touche comme ça, de sentir sa chaleur sur mes doigts, mais en fait je crois que je pourrais pleurer si elle me lâchait maintenant. Genre, vraiment.
Je déglutis péniblement en me forçant à lever les yeux vers elle. Elle pense vraiment que je vais être trop beau avec les ongles peints ? Mon cœur me tombe tout au fond du ventre quand elle dit que je suis déjà beau. Et il fait un salto hyper douloureux quand elle parle de mes yeux. Là, j'ouvre la bouche bêtement, comme je n'ai pourtant pas le droit de le faire. Je la referme aussitôt, mais mon regard parle pour moi : ai-je vraiment entendu ça ? Mes yeux seraient beaux ? J'aimerais me tourner vers un miroir maintenant, vérifier ses dires, observer mes yeux et chercher pour quelle raison elle les trouvent beaux. Grand-mère Sienna a dit un jour en me regardant que j'avais les yeux trop bridés. Elle a fait un claquement de langue et a dit quelque chose comme : « il faudra encore plusieurs générations avant d'effacer ça ». En disant ça, elle m'a désigné du menton mais elle a aussi désigné Annabelle et Donovan qui étaient à coté de moi. Parfois en me regardant dans le miroir, je tire sur mes paupières pour agrandir mes yeux. Je n'ai jamais pensé, pas un seul instant de toute ma vie, que je pourrais avoir de beaux yeux. Car c'est impossible.
Jude dit que j'ai de beaux yeux, que je suis beau. C'est la première fois qu'on me dit une chose pareille. La première fois. J'ai du mal à supporter les tremblements de mon cœur. Je ne sais pas si elle a raison ou si elle a tort mais je sais que j'ai envie d'entendre ce genre de choses à nouveau. Mes doigts sont chauds et moites à cause de ça. Jude les pose pourtant sur sa cuisse et moi je me dis : j'ai la main sur la cuisse d'une fille qui m'a dit que j'étais beau. C'est ce qui m'empêche de secouer la tête pour dire que non, on m'a jamais dit que j'avais de beaux yeux. Ce qui m'en empêche, aussi, c'est Jude qui poursuit sans savoir que son aveu a l'effet d'un tsunami sur moi. Ce n'est pas tant que j'ai besoin qu'on me complimente. Je veux dire... Mon reflet ne m'a jamais posé de souci. Mais on ne m'a jamais dit que j'étais beau. Je ne savais même pas que c'était quelque chose qui pouvait se dire.
Ma réponse tarde à venir. J'ai le cœur qui frappe dans ma gorge et je suis bien trop conscient du contact des doigts de Jude sur mon poignet. Mes yeux sont braqués sur ma main étendue sur sa cuisse parce que je n'ose pas les lever vers elle, je n'arrive pas à mettre de mots sur ce que je ressens, c'est à peine si je parviens à réaliser que ça me fait un plaisir fou, tout ce qui se passe. C'est avec peine que je me souviens du vernis, juste parce que Jude m'a demandé quelle couleur je voulais. Ce vernis que je désire alors que ce n'est pas quelque chose qui se fait. Les doigts de Jude sur mon poignet me font tourner la tête.
« C'est... Sûrement pas du... Je... »
Et apparemment, ils dérèglent ma langue qui ne sait plus parler. Je déglutis encore une fois et jette un regard rapide vers Lloyd, qui n'a pas l'air d'apprécier tout ça. Parce que je suis un garçon et que je vais avoir du vernis ? Je devrais récupérer ma main, rire et m'éloigner. Mais je n'en ai pas du tout, du tout envie.
« Noir, c'est bien, » réussis-je finalement à dire dans un filet de voix.
Parce que jaune jurera particulièrement avec mon uniforme et aussi parce que c'est couleur Poufsouffle. J'ose imaginer à quoi pourrait ressembler mes mains avec les ongles noir et ce que je vois me plait. Pour la première fois depuis je me suis levé, mes lèvres s'étirent dans un discret sourire. Et enfin, j'ai le courage de lever les yeux vers le visage de Jude que je trouve diablement belle aussi mais je n'aurais jamais le courage de lui dire — je ne pouvais pas savoir à cette époque là que vingt-trois ans plus tard je la serrerai désespéramment dans mes bras après avoir pleuré contre elle et que ce sera devenu une habitude de lui dire tout ce que je pense de sa beauté.
« Noir, ça ira bien avec mes beaux yeux ! » répliqué-je soudainement, le visage levé vers elle, d'une voix bien plus affirmée.
Au coin de mes lèvres persiste un sourire discret qui a déjà cette teinte-là qui le caractérisera plus tard, celle d'une insolence et d'une arrogance parfaitement assumée et surtout totalement fabriquée.
Je déglutis péniblement en me forçant à lever les yeux vers elle. Elle pense vraiment que je vais être trop beau avec les ongles peints ? Mon cœur me tombe tout au fond du ventre quand elle dit que je suis déjà beau. Et il fait un salto hyper douloureux quand elle parle de mes yeux. Là, j'ouvre la bouche bêtement, comme je n'ai pourtant pas le droit de le faire. Je la referme aussitôt, mais mon regard parle pour moi : ai-je vraiment entendu ça ? Mes yeux seraient beaux ? J'aimerais me tourner vers un miroir maintenant, vérifier ses dires, observer mes yeux et chercher pour quelle raison elle les trouvent beaux. Grand-mère Sienna a dit un jour en me regardant que j'avais les yeux trop bridés. Elle a fait un claquement de langue et a dit quelque chose comme : « il faudra encore plusieurs générations avant d'effacer ça ». En disant ça, elle m'a désigné du menton mais elle a aussi désigné Annabelle et Donovan qui étaient à coté de moi. Parfois en me regardant dans le miroir, je tire sur mes paupières pour agrandir mes yeux. Je n'ai jamais pensé, pas un seul instant de toute ma vie, que je pourrais avoir de beaux yeux. Car c'est impossible.
Jude dit que j'ai de beaux yeux, que je suis beau. C'est la première fois qu'on me dit une chose pareille. La première fois. J'ai du mal à supporter les tremblements de mon cœur. Je ne sais pas si elle a raison ou si elle a tort mais je sais que j'ai envie d'entendre ce genre de choses à nouveau. Mes doigts sont chauds et moites à cause de ça. Jude les pose pourtant sur sa cuisse et moi je me dis : j'ai la main sur la cuisse d'une fille qui m'a dit que j'étais beau. C'est ce qui m'empêche de secouer la tête pour dire que non, on m'a jamais dit que j'avais de beaux yeux. Ce qui m'en empêche, aussi, c'est Jude qui poursuit sans savoir que son aveu a l'effet d'un tsunami sur moi. Ce n'est pas tant que j'ai besoin qu'on me complimente. Je veux dire... Mon reflet ne m'a jamais posé de souci. Mais on ne m'a jamais dit que j'étais beau. Je ne savais même pas que c'était quelque chose qui pouvait se dire.
Ma réponse tarde à venir. J'ai le cœur qui frappe dans ma gorge et je suis bien trop conscient du contact des doigts de Jude sur mon poignet. Mes yeux sont braqués sur ma main étendue sur sa cuisse parce que je n'ose pas les lever vers elle, je n'arrive pas à mettre de mots sur ce que je ressens, c'est à peine si je parviens à réaliser que ça me fait un plaisir fou, tout ce qui se passe. C'est avec peine que je me souviens du vernis, juste parce que Jude m'a demandé quelle couleur je voulais. Ce vernis que je désire alors que ce n'est pas quelque chose qui se fait. Les doigts de Jude sur mon poignet me font tourner la tête.
« C'est... Sûrement pas du... Je... »
Et apparemment, ils dérèglent ma langue qui ne sait plus parler. Je déglutis encore une fois et jette un regard rapide vers Lloyd, qui n'a pas l'air d'apprécier tout ça. Parce que je suis un garçon et que je vais avoir du vernis ? Je devrais récupérer ma main, rire et m'éloigner. Mais je n'en ai pas du tout, du tout envie.
« Noir, c'est bien, » réussis-je finalement à dire dans un filet de voix.
Parce que jaune jurera particulièrement avec mon uniforme et aussi parce que c'est couleur Poufsouffle. J'ose imaginer à quoi pourrait ressembler mes mains avec les ongles noir et ce que je vois me plait. Pour la première fois depuis je me suis levé, mes lèvres s'étirent dans un discret sourire. Et enfin, j'ai le courage de lever les yeux vers le visage de Jude que je trouve diablement belle aussi mais je n'aurais jamais le courage de lui dire — je ne pouvais pas savoir à cette époque là que vingt-trois ans plus tard je la serrerai désespéramment dans mes bras après avoir pleuré contre elle et que ce sera devenu une habitude de lui dire tout ce que je pense de sa beauté.
« Noir, ça ira bien avec mes beaux yeux ! » répliqué-je soudainement, le visage levé vers elle, d'une voix bien plus affirmée.
Au coin de mes lèvres persiste un sourire discret qui a déjà cette teinte-là qui le caractérisera plus tard, celle d'une insolence et d'une arrogance parfaitement assumée et surtout totalement fabriquée.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
River, créateurs de démon depuis 2030
Non mais zut à la fin ! C’est mon copain ! C’est mon copain à moi, et elle va le rendre tout vilain ! Les garçons, ça met pas de vernis, c’est pas pour rien ! Je sais pas pourquoi, mais c’est comme ça et puis c’est tout ! Enfin, sauf quand t’es une rockstar. Là t’as le droit, parce que ça fait partie de ton personnage. Mais là, on va à Poudlard ! Et à Poudlard, les autres, ils mettent pas de vernis ! Pourquoi elle veut qu’il mette du vernis ? Pourquoi elle veut être méchante avec lui ?
Han ! Ce qu’elle lui dit ! Ma main vient cacher ma bouche - parce que maman elle dit que je peux gober les mouches. Elle lui a dit qu’il était beau ! Elle lui a dit qu’il avait des jolis yeux ! Ça, c’est de la drague ! Jude, elle drague Christopher ! J’ai reconnu, hein ! Quand tu dis à un garçon qu’il est beau et qu’il a de jolis yeux, c’est de la drague ! Pourquoi elle fait ça ? C’est mon copain ! A moi ! On drague pas les copains de son petit frère ! En plus, Jude, elle préfère les filles. Je le sais, parce que Maman, elle a déjà dit à Jude des trucs là-dessus. Je sais plus trop quoi, mais c’était une histoire de hibou et tout. Et puis moi, j’ai déjà vu Jude avec une fille ! Mais je pensais que c’était une copine, comme Christopher c’est mon copain. Mais en fait, ben c’était pas sa copine “amie”, mais sa copine “petite amie”. Maman, elle est pas contente avec cette histoire. Eh ! Attends mais oui ! Oui c’est pour ça que Jude, elle a pas pu venir avec nous au festival, je crois ! C’est ça ? Je sais plus.
Han ! Mais… elle a mis sa main sur sa cuisse ! J’ai vu ! J’ai trop vu ! Christopher, il a pas l’air à l’aise ! Je le sais parce qu’il regarde sa main comme si c’était pas du tout sa place. C’est parce que c’est pas du tout sa place ! Mais Jude, elle sourit, elle sourit encore et c’est pas pour se moquer de Christopher. Sinon, je serai pas content. Juré ! J’aime pas quand on se moque de mes copains. Ça arrive pas souvent, hein ! Mais quand ça arrive, moi, ben je défends mes copains. Après, je sais pas trop si je peux défendre Christopher contre Jude. Elle est gentille, Jude, mais pas tout le temps. Si je commence à lui dire qu’elle a pas le droit de faire un truc, c’est sûr qu’elle va me le faire payer.
Ok donc vraiment, Christopher, il va mettre du vernis… je sais pas ce que je dois faire. Mes genoux s’agitent tout seul. Je piétine. Je sais pas quoi faire de mes mains… Si je bouge, si je parle, Jude elle va être méchante ! Et j’ai pas envie qu’elle soit méchante avec moi devant Christopher ! Après, il va croire que je suis nul et que je sais pas me défendre face à une fille ! Mais c’est pas une fille, Jude ! Elle tape comme un garçon !
Jude sourit à Christopher. Je vois son regard qui saute de son petit nez à ses sourcils puis à ses lèvres. Elle lève ses yeux sur lui. « Ouais, je crois aussi que ça t’irait super bien. »
Elle attrape son pot de vernis et commence à le secouer. Et là, là ! Enfin, après l’avoir ouvert, elle lui attrape un premier doigt, et elle commence à lui peindre l’ongle ! Mais non ! Non ! Tout le monde va se moquer de lui ! Faut que je fasse quelque chose !
« Calme toi, tu veux ? » me lance Jude. Sa voix m’arrête sur place. Je regarde mes mains posées sur mes genoux : j’étais en train de grattouiller mon pantalon. Maman, elle en a marre, parce que j’abîme la toile. Et parfois, je me retourne les ongles. Mais c’est rare, alors ça va. Ça fait super mal de retourner un ongle !
« C’est juste du vernis », elle continue sans me regarder. « Et si quelqu’un lui fait une remarque, je lui pète le nez ». Toute chipie, elle lève ses yeux sur Christopher. « Alors dis moi si Donovan te dit quelque chose. C’est pas que j’ai besoin d’une raison, mais ça passera mieux devant les préfets si j’en ai une. »
761 mots
Han ! Ce qu’elle lui dit ! Ma main vient cacher ma bouche - parce que maman elle dit que je peux gober les mouches. Elle lui a dit qu’il était beau ! Elle lui a dit qu’il avait des jolis yeux ! Ça, c’est de la drague ! Jude, elle drague Christopher ! J’ai reconnu, hein ! Quand tu dis à un garçon qu’il est beau et qu’il a de jolis yeux, c’est de la drague ! Pourquoi elle fait ça ? C’est mon copain ! A moi ! On drague pas les copains de son petit frère ! En plus, Jude, elle préfère les filles. Je le sais, parce que Maman, elle a déjà dit à Jude des trucs là-dessus. Je sais plus trop quoi, mais c’était une histoire de hibou et tout. Et puis moi, j’ai déjà vu Jude avec une fille ! Mais je pensais que c’était une copine, comme Christopher c’est mon copain. Mais en fait, ben c’était pas sa copine “amie”, mais sa copine “petite amie”. Maman, elle est pas contente avec cette histoire. Eh ! Attends mais oui ! Oui c’est pour ça que Jude, elle a pas pu venir avec nous au festival, je crois ! C’est ça ? Je sais plus.
Han ! Mais… elle a mis sa main sur sa cuisse ! J’ai vu ! J’ai trop vu ! Christopher, il a pas l’air à l’aise ! Je le sais parce qu’il regarde sa main comme si c’était pas du tout sa place. C’est parce que c’est pas du tout sa place ! Mais Jude, elle sourit, elle sourit encore et c’est pas pour se moquer de Christopher. Sinon, je serai pas content. Juré ! J’aime pas quand on se moque de mes copains. Ça arrive pas souvent, hein ! Mais quand ça arrive, moi, ben je défends mes copains. Après, je sais pas trop si je peux défendre Christopher contre Jude. Elle est gentille, Jude, mais pas tout le temps. Si je commence à lui dire qu’elle a pas le droit de faire un truc, c’est sûr qu’elle va me le faire payer.
Ok donc vraiment, Christopher, il va mettre du vernis… je sais pas ce que je dois faire. Mes genoux s’agitent tout seul. Je piétine. Je sais pas quoi faire de mes mains… Si je bouge, si je parle, Jude elle va être méchante ! Et j’ai pas envie qu’elle soit méchante avec moi devant Christopher ! Après, il va croire que je suis nul et que je sais pas me défendre face à une fille ! Mais c’est pas une fille, Jude ! Elle tape comme un garçon !
Jude sourit à Christopher. Je vois son regard qui saute de son petit nez à ses sourcils puis à ses lèvres. Elle lève ses yeux sur lui. « Ouais, je crois aussi que ça t’irait super bien. »
Elle attrape son pot de vernis et commence à le secouer. Et là, là ! Enfin, après l’avoir ouvert, elle lui attrape un premier doigt, et elle commence à lui peindre l’ongle ! Mais non ! Non ! Tout le monde va se moquer de lui ! Faut que je fasse quelque chose !
« Calme toi, tu veux ? » me lance Jude. Sa voix m’arrête sur place. Je regarde mes mains posées sur mes genoux : j’étais en train de grattouiller mon pantalon. Maman, elle en a marre, parce que j’abîme la toile. Et parfois, je me retourne les ongles. Mais c’est rare, alors ça va. Ça fait super mal de retourner un ongle !
« C’est juste du vernis », elle continue sans me regarder. « Et si quelqu’un lui fait une remarque, je lui pète le nez ». Toute chipie, elle lève ses yeux sur Christopher. « Alors dis moi si Donovan te dit quelque chose. C’est pas que j’ai besoin d’une raison, mais ça passera mieux devant les préfets si j’en ai une. »
761 mots
Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
River, créateurs de démon depuis 2030
C'est ainsi qu'à douze ans, je découvre que le sourire de Jude River est la plus belle chose du monde. Je la regarde béatement, tout heureux que ce soit moi qu'elle regarde et personne d'autre, que ce soit ce sourire qu'elle m'offre et aucun autre, que ce soit ces mots qu'elle prononce et pas d'autres. J'affiche un sourire que je ne sais pas être "de circonstance". Ce sourire ni trop grand ni trop petit que l'on apprend aux petits garçons de bonne famille à faire, parce que ce n'est pas poli de sourire comme un benêt ou de montrer ses dents. Mais à l'intérieur de mon cœur, c'est la fête. Personne n'a jamais pu changer ce que je ressentais dans mon cœur. On ne peut pas le faire sourire moins grand, on ne peut pas lui imposer une façon de se tenir. Un cœur, ça ressent, c'est tout. Et dans le mien, il se passe toujours beaucoup de choses mais moi seul est au courant. C'est un endroit qui m'appartient et jamais personne ne pourra me voler ça. Je l'ai compris il y a très longtemps.
Je baisse de nouveau les yeux sur ma main parce qu'elle me regarde d'une façon qui fait palpiter mon cœur et avec laquelle je ne suis pas familier. Plus tard, j'apprendrai que ça s'appelle de la tendresse et c'est Jude qui m'apprendra la définition de ce mot. Pour le moment, je me contente de mordiller l'intérieur de ma joue pendant qu'elle attrape l'un de mes doigts. Curieux, je regarde le pinceaux s'aplatir sur mon ongle et laisser sur son passage une jolie trace noire. Un plaisir tout neuf s'épand dans ma poitrine. J'aime ce que je vois, j'aime voir mon ongle décoré de cette façon et...
Je lève subitement les yeux vers Lloyd, surpris par l'intervention de Jude. Juste avant qu'il s'arrête, je vois ses doigts s'agiter sur son pantalon et remarque tous les mouvements parasites qui l'envahissent parfois quand on reste trop longtemps à un endroit même si je comprends jamais pourquoi. Je cligne des yeux : j'appréhende la suite sans trop savoir pourquoi. Quand Jude affirme que « c'est juste du vernis », je comprends ce qui se passe devant moi. Lloyd aime vraiment pas ça, hein ? Parce que c'est pour les garçons, parce que ce n'est pas quelque chose qui se fait ? Pourquoi il écoute ce genre de choses ? Pourquoi il y accorde de l'attention ?
Je ramène mes yeux sur Jude. Elle voudrait vraiment me défendre face à Donovan ? Je ne peux pas m'empêcher de sourire. J'ai bien compris qu'elle ne l'aimait pas. J'adore qu'on déteste Donovan. Il me tanne à longueur de temps avec tous ses amis et me répète suffisamment qu'aucun d'eux ne m'apprécient parce que je suis « la bouse de dragon de la famille ». Alors quand j'entends les autres élèves de ma promo' dire qu'ils l'aiment pas parce qu'il les bouscule dans les couloirs, ça me fait plaisir. Et puis Jude... Jude me défendrait face à lui et face aux autres et ça, ça me plait.
« Je peux t'en donner plusieurs des raisons ! je lance, fier comme un paon. Je peux même en inventer pour que tu lui pètes le nez ! »
Je baisse de nouveau les yeux sont mon bel ongle peint. Mon cœur se serre, même si je n'en montre rien. Presque aussitôt, je repousse ma peine pour brandir ma motivation :
« Si quelqu'un me fait une remarque, je lui pèterai aussi le nez aussi, j'affirme, sans plus aucune trace de sa fierté mal placée. Enfin... » Je grimace doucement. « J'ai jamais pété le nez de personne, j'avoue en me grattant le nez, mais j'apprendrai. »
Je lève les yeux vers Lloyd, assis en face de nous. Je n'aimerais pas avoir à lui casser le nez à lui. Lloyd, il est saoulant parfois mais on s'éclate toujours avec lui. Et puis il fait de la bonne musique avec sa guitare. Il joue toujours quand je lui demande. Et il m'apprend des trucs moldus que je ne connais pas, comme ce coup-là de la crête sur les cheveux. En fait, je n'ai pas envie de casser le nez qui que ce soit. C'est plutôt un truc de Donovan, ça, même qu'il agit toujours en secret pour pas qu'on sache que c'est lui qui frappe : ça ferait mauvais genre. Je ne veux pas être comme lui.
« Pourquoi t'aimes pas ? je lance tout à coup à Lloyd en levant mon menton avec effronterie. C'est que du vernis, c'est vrai. Pourquoi je pourrais pas en avoir même si je suis un garçon ? Mes par... Mes vieux aussi pensent ça, je suis sûr. Et t'sais quoi ? Bah penser la même chose qu'eux, ça craint. »
Moi aussi, je crains. Je pense comme eux, tout au fond de moi. C'est vrai, non ? Je sais que le vernis c'est pour les filles mais je sais aussi que je veux faire toutes les choses que Père et Mère détesteraient. Est-ce que ça fait de moi quelqu'un de mieux que Lloyd ? Je ne crois pas. Mais au moins, moi, j'arrive à faire fi de ça pour faire quand même ce que je désire. Je crois que ça, juste ça, c'est plus louable que sa façon à lui de penser.
Je baisse de nouveau les yeux sur ma main parce qu'elle me regarde d'une façon qui fait palpiter mon cœur et avec laquelle je ne suis pas familier. Plus tard, j'apprendrai que ça s'appelle de la tendresse et c'est Jude qui m'apprendra la définition de ce mot. Pour le moment, je me contente de mordiller l'intérieur de ma joue pendant qu'elle attrape l'un de mes doigts. Curieux, je regarde le pinceaux s'aplatir sur mon ongle et laisser sur son passage une jolie trace noire. Un plaisir tout neuf s'épand dans ma poitrine. J'aime ce que je vois, j'aime voir mon ongle décoré de cette façon et...
Je lève subitement les yeux vers Lloyd, surpris par l'intervention de Jude. Juste avant qu'il s'arrête, je vois ses doigts s'agiter sur son pantalon et remarque tous les mouvements parasites qui l'envahissent parfois quand on reste trop longtemps à un endroit même si je comprends jamais pourquoi. Je cligne des yeux : j'appréhende la suite sans trop savoir pourquoi. Quand Jude affirme que « c'est juste du vernis », je comprends ce qui se passe devant moi. Lloyd aime vraiment pas ça, hein ? Parce que c'est pour les garçons, parce que ce n'est pas quelque chose qui se fait ? Pourquoi il écoute ce genre de choses ? Pourquoi il y accorde de l'attention ?
Je ramène mes yeux sur Jude. Elle voudrait vraiment me défendre face à Donovan ? Je ne peux pas m'empêcher de sourire. J'ai bien compris qu'elle ne l'aimait pas. J'adore qu'on déteste Donovan. Il me tanne à longueur de temps avec tous ses amis et me répète suffisamment qu'aucun d'eux ne m'apprécient parce que je suis « la bouse de dragon de la famille ». Alors quand j'entends les autres élèves de ma promo' dire qu'ils l'aiment pas parce qu'il les bouscule dans les couloirs, ça me fait plaisir. Et puis Jude... Jude me défendrait face à lui et face aux autres et ça, ça me plait.
« Je peux t'en donner plusieurs des raisons ! je lance, fier comme un paon. Je peux même en inventer pour que tu lui pètes le nez ! »
Je baisse de nouveau les yeux sont mon bel ongle peint. Mon cœur se serre, même si je n'en montre rien. Presque aussitôt, je repousse ma peine pour brandir ma motivation :
« Si quelqu'un me fait une remarque, je lui pèterai aussi le nez aussi, j'affirme, sans plus aucune trace de sa fierté mal placée. Enfin... » Je grimace doucement. « J'ai jamais pété le nez de personne, j'avoue en me grattant le nez, mais j'apprendrai. »
Je lève les yeux vers Lloyd, assis en face de nous. Je n'aimerais pas avoir à lui casser le nez à lui. Lloyd, il est saoulant parfois mais on s'éclate toujours avec lui. Et puis il fait de la bonne musique avec sa guitare. Il joue toujours quand je lui demande. Et il m'apprend des trucs moldus que je ne connais pas, comme ce coup-là de la crête sur les cheveux. En fait, je n'ai pas envie de casser le nez qui que ce soit. C'est plutôt un truc de Donovan, ça, même qu'il agit toujours en secret pour pas qu'on sache que c'est lui qui frappe : ça ferait mauvais genre. Je ne veux pas être comme lui.
« Pourquoi t'aimes pas ? je lance tout à coup à Lloyd en levant mon menton avec effronterie. C'est que du vernis, c'est vrai. Pourquoi je pourrais pas en avoir même si je suis un garçon ? Mes par... Mes vieux aussi pensent ça, je suis sûr. Et t'sais quoi ? Bah penser la même chose qu'eux, ça craint. »
Moi aussi, je crains. Je pense comme eux, tout au fond de moi. C'est vrai, non ? Je sais que le vernis c'est pour les filles mais je sais aussi que je veux faire toutes les choses que Père et Mère détesteraient. Est-ce que ça fait de moi quelqu'un de mieux que Lloyd ? Je ne crois pas. Mais au moins, moi, j'arrive à faire fi de ça pour faire quand même ce que je désire. Je crois que ça, juste ça, c'est plus louable que sa façon à lui de penser.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
River, créateurs de démon depuis 2030
J’aime pas quand Jude elle est toute violente. C’est pas bien de frapper les gens. Maman, elle dit qu’on doit tous s’aimer, et que les méchants, on doit les ignorer. Jude, ceux qui veulent être méchant avec elle, avec moi ou qui disent des trucs sur les moldus comme papa, elle les punis. Elle tape pas beaucoup, c’est même rare qu’elle les tape, mais elle se venge, moi je le sais, parce qu’une fois, une fille m’avait fait croire qu’une de ses copines était amoureuse de moi, et puis moi, moi j’ai finis par la trouver jolie et intéressante et je suis un peu tombé amoureux moi aussi. En fait, c’était pour se moquer de moi. Ben Jude quand elle a su ça, elle a rien dit tout de suite. Mais la fille ? Je l’ai entendue pleurer parce qu’elle avait plus de cheveux et des gros boutons partout. J’ai su que c’était Jude, parce que Jude, elle est pas toujours gentille, mais elle me protège.
Alors moi, je sais que si elle dit qu’elle pétera le nez de celui qui se moque de Christopher, elle le fera, parce qu’elle est comme ça. Je l’aime, ma soeur. Elle est parfois méchante avec moi, mais c’est la seule qui a le droit de l’être.
Et je sais que si je me moque du vernis de Christopher… c’est mon nez qu’elle va péter. Je sais pas pourquoi. Le vernis, c’est pas pour les garçons, c’est maman qui l’a dit. Comme les jupes, les robes et tout ça. Jude, elle est pas d’accord. Elle aime bien me forcer à mettre une jupe. Elle dit que des rockstars mettent des jupes, comme ces Moldus qu’elle écoute et que Papa aime pas trop trop. Ils ont une chanson où ça dit “Le paradis était plein, je file droit en Enfer, peut-être que là bas ils ne se plaindront pas et ne me dénonceront pas*” et on la chante parfois dans sa chambre, parce que ça reste dans la tête et on aime bien. Mais vu les paroles qu’elle me fait chanter quand je porte la jupe, moi je crois surtout que c’est pour embêter Maman. Mais on rigole, alors moi, j’aime quand même.
Jude sourit à Christopher, et même qu’elle rit un peu en l’écoutant. J’aime bien le rire de ma soeur. Il me fait tout chaud dans le coeur, et il me fait sourire, moi aussi. Il est joli, il me fait du bien. Il me fait oublier que j’ai envie de gratouiller mon pantalon. Je m’y accroche, je m’accroche à son joli sourire, et à tout ce que dit Christopher. Il est pas content. Il veut être violent, mais moi je l’imagine pas être violent. Filou, oui. Mais pas violent. Taper, c’est pas bien, dit Maman. On doit parler et on doit pardonner, même si quelqu’un nous dit qu’on est des faux sorciers, que je suis bizarre ou que je pue de la bouche. Mais je sais pas si parler c’est bien si j’ai mauvaise haleine.
Christopher m’a parlé ! Il m’a parlé ! Je lève les yeux sur lui en souriant, les yeux grands ouverts. Mon sourire, il tombe un peu. Il m’a dit que son papa et sa maman pensent comme ça, et j’aime pas trop, je veux pas penser comme un papa et une maman si ce ne sont pas les miens.
Ca craint.
Je déglutis. Mon cœur devient tout froid. Tout mon corps il a froid, et je baisse les yeux sur mes poings sur mes cuisses. Mon talon bouge tout seul. Christopher a dit que je crains. Mon copain, il trouve que je crains. Je mordille ma lèvre. Je suis désolé. Mais je crains pas. Je crains pas, hein ? Je veux pas craindre, je veux qu’on reste copain, même si il met du vernis ! C’est pas grave, c’est pas grave ! Je veux lui dire que c’est pas grave, qu’on doit rester copain, mais j’arrive pas à parler, ça va tout vite dans ma tête. J’ai les yeux qui piquent un peu. Je bats des cils tout vite tout vite. Je veux pas craindre. Je veux pas perdre un copain. Christopher, il est super cool, il est classe ! Et il dit des trucs trop intelligents ! Il est super, mon copain Christopher. Je veux pas qu’il croit que je crains, parce que c’est pas vrai ! Moi, moi je vais voir des concerts avec papa ! Je vais voir des festival et même que j’ai une gueule de rockstar ! C’est même des rockstar qui me l’ont dit, d’abord ! Je crains pas !
Un truc touche mon pied. C’est celui de Jude qui me le tapote du bout de sa chaussure. Je relève les yeux sur elle, et je vois qu’elle me sourit. Mais elle a pas lâché la main de Christopher, elle continue à lui mettre son vernis.
« Ça va, Lloyd », dit Jude. « Chiale pas. Il a pas dit que tu craignais. Il a dit que penser comme deux vieux sorciers bourgeois, c’est naze. Du coup, tu sais ce qu’il te reste à faire. »
Non, je sais pas. Mais quand je vois qu’elle lève le pied pour agiter sa pointe vers mes mains, je comprends.
« Oh non », je glapis. Je renifle. Je recule. « Je veux pas mettre de vernis, moi. Je veux pas ! »
Jude ricane. Son pied retombe, elle recommence à peindre les ongles de Christopher.
« Ma mère est très carrée », explique Jude à Christopher. « Méga chiante, en fait. J’essaye de faire comprendre à Lloyd que tout ce qu’elle dit, faut pas en prendre compte mais c’est un bon petit chienchien à sa mèmère.
— C’est même pas vrai, d’abord ! »
*paroles de Heaven Was Full, de TX2
961 mots
Alors moi, je sais que si elle dit qu’elle pétera le nez de celui qui se moque de Christopher, elle le fera, parce qu’elle est comme ça. Je l’aime, ma soeur. Elle est parfois méchante avec moi, mais c’est la seule qui a le droit de l’être.
Et je sais que si je me moque du vernis de Christopher… c’est mon nez qu’elle va péter. Je sais pas pourquoi. Le vernis, c’est pas pour les garçons, c’est maman qui l’a dit. Comme les jupes, les robes et tout ça. Jude, elle est pas d’accord. Elle aime bien me forcer à mettre une jupe. Elle dit que des rockstars mettent des jupes, comme ces Moldus qu’elle écoute et que Papa aime pas trop trop. Ils ont une chanson où ça dit “Le paradis était plein, je file droit en Enfer, peut-être que là bas ils ne se plaindront pas et ne me dénonceront pas*” et on la chante parfois dans sa chambre, parce que ça reste dans la tête et on aime bien. Mais vu les paroles qu’elle me fait chanter quand je porte la jupe, moi je crois surtout que c’est pour embêter Maman. Mais on rigole, alors moi, j’aime quand même.
Jude sourit à Christopher, et même qu’elle rit un peu en l’écoutant. J’aime bien le rire de ma soeur. Il me fait tout chaud dans le coeur, et il me fait sourire, moi aussi. Il est joli, il me fait du bien. Il me fait oublier que j’ai envie de gratouiller mon pantalon. Je m’y accroche, je m’accroche à son joli sourire, et à tout ce que dit Christopher. Il est pas content. Il veut être violent, mais moi je l’imagine pas être violent. Filou, oui. Mais pas violent. Taper, c’est pas bien, dit Maman. On doit parler et on doit pardonner, même si quelqu’un nous dit qu’on est des faux sorciers, que je suis bizarre ou que je pue de la bouche. Mais je sais pas si parler c’est bien si j’ai mauvaise haleine.
Christopher m’a parlé ! Il m’a parlé ! Je lève les yeux sur lui en souriant, les yeux grands ouverts. Mon sourire, il tombe un peu. Il m’a dit que son papa et sa maman pensent comme ça, et j’aime pas trop, je veux pas penser comme un papa et une maman si ce ne sont pas les miens.
Ca craint.
Je déglutis. Mon cœur devient tout froid. Tout mon corps il a froid, et je baisse les yeux sur mes poings sur mes cuisses. Mon talon bouge tout seul. Christopher a dit que je crains. Mon copain, il trouve que je crains. Je mordille ma lèvre. Je suis désolé. Mais je crains pas. Je crains pas, hein ? Je veux pas craindre, je veux qu’on reste copain, même si il met du vernis ! C’est pas grave, c’est pas grave ! Je veux lui dire que c’est pas grave, qu’on doit rester copain, mais j’arrive pas à parler, ça va tout vite dans ma tête. J’ai les yeux qui piquent un peu. Je bats des cils tout vite tout vite. Je veux pas craindre. Je veux pas perdre un copain. Christopher, il est super cool, il est classe ! Et il dit des trucs trop intelligents ! Il est super, mon copain Christopher. Je veux pas qu’il croit que je crains, parce que c’est pas vrai ! Moi, moi je vais voir des concerts avec papa ! Je vais voir des festival et même que j’ai une gueule de rockstar ! C’est même des rockstar qui me l’ont dit, d’abord ! Je crains pas !
Un truc touche mon pied. C’est celui de Jude qui me le tapote du bout de sa chaussure. Je relève les yeux sur elle, et je vois qu’elle me sourit. Mais elle a pas lâché la main de Christopher, elle continue à lui mettre son vernis.
« Ça va, Lloyd », dit Jude. « Chiale pas. Il a pas dit que tu craignais. Il a dit que penser comme deux vieux sorciers bourgeois, c’est naze. Du coup, tu sais ce qu’il te reste à faire. »
Non, je sais pas. Mais quand je vois qu’elle lève le pied pour agiter sa pointe vers mes mains, je comprends.
« Oh non », je glapis. Je renifle. Je recule. « Je veux pas mettre de vernis, moi. Je veux pas ! »
Jude ricane. Son pied retombe, elle recommence à peindre les ongles de Christopher.
« Ma mère est très carrée », explique Jude à Christopher. « Méga chiante, en fait. J’essaye de faire comprendre à Lloyd que tout ce qu’elle dit, faut pas en prendre compte mais c’est un bon petit chienchien à sa mèmère.
— C’est même pas vrai, d’abord ! »
*paroles de Heaven Was Full, de TX2
961 mots
Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
River, créateurs de démon depuis 2030
Il arrête de répliquer aussitôt, Lloyd ! Même qu'il s'enfonce dans son siège et qu'il baisse les yeux. Les mâchoires serrées, j'observe ça avec une satisfaction douloureuse. J'aime pas son air blessé mais j'ai dit ce que je devais dire, j'ai rien à me reprocher. Si Lloyd ne veut pas comprendre qu'il craint, c'est son problème, pas le mien. Moi, je pensais que Lloyd il ne serait pas aussi coincé que tous ces abrutis que je fréquente durant les repas mondains. Ceux qui parlent comme s'ils avaient mangé un dictionnaire et qui ne font rien de travers, les garçons comme Donovan, en fait. Donovan, il aurait réagi comme un gros boulu s'il m'avait vu mettre du vernis et il m'aurait frappé. C'est ça qui va arriver ensuite, hein ? Il va me frapper, Lloyd ? Parce que je mets du vernis ? Bah vas-y ! semble dire mon regard noir. Vas-y, aller, fais-le, tu seras surpris de ce que tu rencontreras en face !
J'ai la respiration toute coincée. Je me prépare à l'affrontement, peu importe lequel. Je suis prêt, j'ai l'habitude hein, j'ai passé toute ma vie à faire ça. Affronter les ordres de mes parents, leurs reproches, les moqueries de mon frère, les opinions négatifs que la plupart des membres de ma famille ont sur moi. Je suis habitué, je sais faire, je sais me défendre, je suis prêt, Lloyd, je suis prêt, même si franchement, t'es mon copain et ça me fait pas plaisir, ce qui arrive.
Lloyd ne lève plus les yeux. Je ne comprends pas pourquoi, jusqu'à ce que Jude attire son attention. Il allait pleurer ?! J'écarquille les yeux et cherche aussitôt les preuves : c'est vrai qu'il a les yeux humides et l'air triste. Je me mords la lèvre et tourne les yeux vers mes ongles peints. Je sais bien qu'il faut pas pleurer, que c'est à la fois un truc de bébé et pas un truc que les garçons raisonnables font. Mais même si Père et Mère disent ça, moi j'ai toujours pensé qu'on devrait me laisser pleurer si j'ai envie alors j'aime pas me dire que ce que fait Lloyd avec ses larmes c'est pas quelque chose qui devrait arriver. Ça me met mal à l'aise de penser à ça. Alors je me concentre sur mes ongles.
Jude m'a défendu et elle a même reprécisé mes propos car elle les a bien compris, elle, contrairement à Lloyd. Je lui jette un regard par dessus mes cils. Elle réussit à faire naître sur mes lèvres un sourire léger. Et quand je comprends qu'elle propose à son frère de mettre du vernis et qu'il réagit comme si on le forçait, je peux pas retenir mon éclat de rire. Je le camoufle aussitôt derrière ma main en jetant un regard amusé à Lloyd. Ils sont marrants, tous les deux. Jude, elle a l'air de beaucoup gronder Lloyd, mais j'ai l'impression qu'ils ne se détestent pas. Et ça me fait bizarre de voir ça. Est-ce que c'est parce que c'est une fille ? Mais moi j'ai pas la même relation avec Annabelle. En même temps, c'est peut-être parce qu'elle est plus petite et pas plus âgée ? Je peux pas m'empêcher de comparer leur relation avec celle que j'ai avec Donovan et j'ai l'impression qu'un monde entier nous sépare. Mon cœur se serre. Je n'ai pas du tout envie d'être complice comme ça avec Donovan. Mais je crois que j'aurais aimé qu'il soit un peu plus comme Jude.
Je la regarde pendant qu'elle m'explique toutes ces choses. J'arrondis même les yeux à son gros mot. Je trouve ça trop classe mais jamais je n'oserai faire la même chose. Répondre à ma mère, je peux. Utiliser des gros mots ? Ça fait vraiment mauvais genre.
« Ma mère aussi elle est comme ça, je raconte après avoir ricané de la réaction de Lloyd. Comme tu dis. Mais mon grand-frère à moi, il est plutôt du genre à me forcer à respecter ce qu'elle dit. »
Je me tourne vers Lloyd et lui offre un long sourire. Je ne lui en veux plus, c'est bon. Il est trop drôle pour que je lui en veuille. Et puis je n'ai pas aimé le voir presque prêt à pleurer.
« C'est pas toi qui crains, je trouve bien de préciser. Mais nos mères elles, elles craignent vraiment. »
Je le dis avec un sourire en coin qui me creuse la joue, comme une offre de paix. Puis je me concentre de nouveau sur mes ongles, en me penchant pour mieux voir comment Jude fait. Ça me fait tout drôle de voir mes ongles noirs comme ça ! C'est comme si je redécouvrais mes mains.
J'ai la respiration toute coincée. Je me prépare à l'affrontement, peu importe lequel. Je suis prêt, j'ai l'habitude hein, j'ai passé toute ma vie à faire ça. Affronter les ordres de mes parents, leurs reproches, les moqueries de mon frère, les opinions négatifs que la plupart des membres de ma famille ont sur moi. Je suis habitué, je sais faire, je sais me défendre, je suis prêt, Lloyd, je suis prêt, même si franchement, t'es mon copain et ça me fait pas plaisir, ce qui arrive.
Lloyd ne lève plus les yeux. Je ne comprends pas pourquoi, jusqu'à ce que Jude attire son attention. Il allait pleurer ?! J'écarquille les yeux et cherche aussitôt les preuves : c'est vrai qu'il a les yeux humides et l'air triste. Je me mords la lèvre et tourne les yeux vers mes ongles peints. Je sais bien qu'il faut pas pleurer, que c'est à la fois un truc de bébé et pas un truc que les garçons raisonnables font. Mais même si Père et Mère disent ça, moi j'ai toujours pensé qu'on devrait me laisser pleurer si j'ai envie alors j'aime pas me dire que ce que fait Lloyd avec ses larmes c'est pas quelque chose qui devrait arriver. Ça me met mal à l'aise de penser à ça. Alors je me concentre sur mes ongles.
Jude m'a défendu et elle a même reprécisé mes propos car elle les a bien compris, elle, contrairement à Lloyd. Je lui jette un regard par dessus mes cils. Elle réussit à faire naître sur mes lèvres un sourire léger. Et quand je comprends qu'elle propose à son frère de mettre du vernis et qu'il réagit comme si on le forçait, je peux pas retenir mon éclat de rire. Je le camoufle aussitôt derrière ma main en jetant un regard amusé à Lloyd. Ils sont marrants, tous les deux. Jude, elle a l'air de beaucoup gronder Lloyd, mais j'ai l'impression qu'ils ne se détestent pas. Et ça me fait bizarre de voir ça. Est-ce que c'est parce que c'est une fille ? Mais moi j'ai pas la même relation avec Annabelle. En même temps, c'est peut-être parce qu'elle est plus petite et pas plus âgée ? Je peux pas m'empêcher de comparer leur relation avec celle que j'ai avec Donovan et j'ai l'impression qu'un monde entier nous sépare. Mon cœur se serre. Je n'ai pas du tout envie d'être complice comme ça avec Donovan. Mais je crois que j'aurais aimé qu'il soit un peu plus comme Jude.
Je la regarde pendant qu'elle m'explique toutes ces choses. J'arrondis même les yeux à son gros mot. Je trouve ça trop classe mais jamais je n'oserai faire la même chose. Répondre à ma mère, je peux. Utiliser des gros mots ? Ça fait vraiment mauvais genre.
« Ma mère aussi elle est comme ça, je raconte après avoir ricané de la réaction de Lloyd. Comme tu dis. Mais mon grand-frère à moi, il est plutôt du genre à me forcer à respecter ce qu'elle dit. »
Je me tourne vers Lloyd et lui offre un long sourire. Je ne lui en veux plus, c'est bon. Il est trop drôle pour que je lui en veuille. Et puis je n'ai pas aimé le voir presque prêt à pleurer.
« C'est pas toi qui crains, je trouve bien de préciser. Mais nos mères elles, elles craignent vraiment. »
Je le dis avec un sourire en coin qui me creuse la joue, comme une offre de paix. Puis je me concentre de nouveau sur mes ongles, en me penchant pour mieux voir comment Jude fait. Ça me fait tout drôle de voir mes ongles noirs comme ça ! C'est comme si je redécouvrais mes mains.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
River, créateurs de démon depuis 2030
Je suis pas un bon petit chienchien à sa mèmère. Jude est super méchante de dire ça. Moi je suis juste un bon fils et j’écoute Maman. Pas toujours parce que des fois, ben elle dit des trucs que je trouve bête, pas gentil ou injuste. Mais moi je crie pas et je dis pas que Maman elle est chiante, parce que c’est pas vrai. Maman, elle fait tout ce qu’elle peut pour nous et même que moi je suis reconnaissant parce que je le vois, c’est ça être gentil ! Et moi, je suis gentil. Jude, c’est une méchante fille. Elle est gentille ! Mais pas avec Maman. Mais Maman est pas toujours gentille avec Jude, je sais moi. Moi, je vois.
Je renifle. Je croise les bras. Mes ongles pincent ma robe de sorcier trop moche. Christopher, il se moque de moi. Mais je l’écoute, parce qu’il parle de sa maman et de son grand-frère. Il a l’air grave méchant, son frère. Il est pas comme Jude.
Jude, elle fait pas comme son grand-frère. Elle me force pas à respecter ce que dit Maman. Enfin, ça dépend quoi ! Mais dès fois, Maman elle me dit des trucs, et Jude, quand on est dans la chambre, elle me dit le contraire. Moi après, je sais plus qui je dois écouter. Comment on choisi entre sa grande soeur et sa maman ?
Christopher me sourit, alors je lui souris aussi. Il veut qu’on reste copain. Moi, je veux que ça reste mon copain aussi ! Je m’agite sur mes pieds, je souris super grand, super grand ! Il dit que je crains pas ! Il dit qu’on est toujours copain ! Il l’a pas dit comme ça hein mais il l’a dit avec les dents quand il a sourit ! Moi je crains pas, hein ! Hein je crains pas ? Je suis pas comme ton papa et ta maman et ton frère ! Moi, je suis méga cool ! Tu le sais, hein ?
Et pi il dit que ma mère elle craint.
J’arrête de bouger direct.
Je cligne des yeux. Mon sourire il bouge pas mais mon coeur il bat super vite. Et je crois qu’il se serre un peu, comme si il était devenu trop petit et qu’il se débattait.
Il a dit que ma mère elle craint comme la sienne ?
Mais il sourit quand il dit ça. Il se moque pas, hein ? Il se moque pas de Maman. Il a juste dit qu’elle…
« C’est beau, hein ? » dit Jude en regardant les ongles de Christopher. « Et là, on termine et… tada, t’es tout beau. »
Il a dit que ma maman, elle craint.
Mais il veut rester mon copain. Et je veux pas perdre mon copain.
Mon pied s’agite tout seul.
Je comprends pas. C’est mon copain, mais il dit que ma maman, elle craint, comme la sienne. Mais c’est pas mon ennemi ! C’est mon copain.
Mais on doit protéger sa maman, non ? Quand on dit des trucs méchants sur notre maman, on doit la défendre, même quand elle est pas là, hein ?
526 mots
Je renifle. Je croise les bras. Mes ongles pincent ma robe de sorcier trop moche. Christopher, il se moque de moi. Mais je l’écoute, parce qu’il parle de sa maman et de son grand-frère. Il a l’air grave méchant, son frère. Il est pas comme Jude.
Jude, elle fait pas comme son grand-frère. Elle me force pas à respecter ce que dit Maman. Enfin, ça dépend quoi ! Mais dès fois, Maman elle me dit des trucs, et Jude, quand on est dans la chambre, elle me dit le contraire. Moi après, je sais plus qui je dois écouter. Comment on choisi entre sa grande soeur et sa maman ?
Christopher me sourit, alors je lui souris aussi. Il veut qu’on reste copain. Moi, je veux que ça reste mon copain aussi ! Je m’agite sur mes pieds, je souris super grand, super grand ! Il dit que je crains pas ! Il dit qu’on est toujours copain ! Il l’a pas dit comme ça hein mais il l’a dit avec les dents quand il a sourit ! Moi je crains pas, hein ! Hein je crains pas ? Je suis pas comme ton papa et ta maman et ton frère ! Moi, je suis méga cool ! Tu le sais, hein ?
Et pi il dit que ma mère elle craint.
J’arrête de bouger direct.
Je cligne des yeux. Mon sourire il bouge pas mais mon coeur il bat super vite. Et je crois qu’il se serre un peu, comme si il était devenu trop petit et qu’il se débattait.
Il a dit que ma mère elle craint comme la sienne ?
Mais il sourit quand il dit ça. Il se moque pas, hein ? Il se moque pas de Maman. Il a juste dit qu’elle…
« C’est beau, hein ? » dit Jude en regardant les ongles de Christopher. « Et là, on termine et… tada, t’es tout beau. »
Il a dit que ma maman, elle craint.
Mais il veut rester mon copain. Et je veux pas perdre mon copain.
Mon pied s’agite tout seul.
Je comprends pas. C’est mon copain, mais il dit que ma maman, elle craint, comme la sienne. Mais c’est pas mon ennemi ! C’est mon copain.
Mais on doit protéger sa maman, non ? Quand on dit des trucs méchants sur notre maman, on doit la défendre, même quand elle est pas là, hein ?
526 mots
Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
River, créateurs de démon depuis 2030
Je préfère quand même quand on ne se dispute pas. Lloyd m'a souri tout grand et ça m'a fait me dire que c'est bon, c'est passé, il va arrêter de pleurer et moi je vais arrêter de devoir lui crier dessus. Je me sens plus léger, tout à coup. Je préfère, car à la maison c'est tout le temps comme ça, plein de tensions, de disputes silencieuses ou de reproches. Je n'ai pas envie que ce soit comme ça à Poudlard. Alors je suis rassuré que ça s'arrête.
Je me concentre sur mes jolis ongles noirs, j'ai le cœur qui bat profondément contre ma poitrine. Mes doigts comme ça, ça me plait quand même drôlement bien. J'ai hâte de récupérer mes mains pour pouvoir les observer. J'essaie d'ignorer la douleur que j'ai au fond du ventre. Ça, c'est le fait de savoir que Père et Mère n'aimeront pas mes doigts. Mais ils ne les verront jamais, hein, alors c'est bon ? Et puis même si ce n'était pas bon de toute manière, mes doigts je les aime comme ça alors je m'en fous de ce qu'ils pensent ! Même Jude elle dit que le vernis c'est pour les ongles et c'est tout. Si elle le dit, c'est que c'est ok, non ? J'essaie de me raccrocher à ça pour faire taire mes doutes.
Pendant un moment, je ne comprends pas pourquoi j'ai l'impression que quelque chose ne va pas dans le compartiment. Jusqu'à ce que je comprenne que Lloyd ne m'a pas répondu à ma revendication contre nos mères. Je lui jette un regard de biais. Il est tout figé. Mais il continue de sourire. Je lui souris, moi aussi. Lloyd, parfois, il est un peu bizarre. Il bouge toujours un endroit de son corps, même quand il est en colère ou quand il fait quelque chose, ou comme là quand il me regarde en souriant. Il donne l'impression d'avoir un truc bizarre coincé à l'intérieur. Mais son sourire me rassure. Bizarre quand même qu'il ne réplique pas, d'habitude il réplique toujours, même quand c'est juste pour répéter ce que je viens de dire d'un air exalté. Là, il ne dit rien du tout.
La voix de Jude ramène mon attention sur elle. Je jette quand même un dernier regard à Lloyd avant de regarder sa sœur. J'ose un sourire discret, je hoche la tête : c'est vrai que c'est beau. Un dernier coup de pinceau et elle termine, ça y est ! Je récupère mes mains, un sourire timide sur les lèvres. J'ai tous les ongles noirs, tous les ongles ! Et elle a dit « t'es tout beau ». Pendant qu'elle rebouche le flacon, je tends les mains devant moi, pour les mettre à la lumière qui dégouline de la fenêtre du compartiment. Mes doigts halés et mes ongles noirs. C'est... Je ne sais pas, à vrai dire. C'est différent, j'ai presque l'impression que ce ne sont pas les miennes, de mains. Comme si je les avais piqué à quelqu'un d'autre. Je bouge les doigts. C'est bien à moi. Et ils sont peints, mes ongles. J'aime bien, en fait. Comme quand je prends le temps devant la glace de faire une coiffure différente et que mon cœur palpite : ça me plait.
« J'aime bien, annoncé-je à Jude en tournant vers elle un large sourire plein de dents. Ça me va très bien. Ça me fait un peu bizarre mais... C'est beau. »
En prononçant ces mots, je tourne les yeux vers Lloyd. Il ne va pas me faire des reproches encore, hein ? J'ai peur de croiser dans son regard une lueur désapprobatrice. Au cas où, je sens mon visage se durcir, comme pour prévenir l'arrivée de quelque chose de désagréable. Mais au lieu d'attaquer, je me lève au milieu du wagon, les mains tendues devant moi.
« Alors, c'est classe, hein Lloyd que c'est classe ? »
J'attrape le regard de Jude, juste pour m'assurer qu'elle, elle continue de me sourire. Moi, je lui fait un grand sourire avant de regarder Lloyd, en portant fièrement mes ongles tout peints de noir.
Je me concentre sur mes jolis ongles noirs, j'ai le cœur qui bat profondément contre ma poitrine. Mes doigts comme ça, ça me plait quand même drôlement bien. J'ai hâte de récupérer mes mains pour pouvoir les observer. J'essaie d'ignorer la douleur que j'ai au fond du ventre. Ça, c'est le fait de savoir que Père et Mère n'aimeront pas mes doigts. Mais ils ne les verront jamais, hein, alors c'est bon ? Et puis même si ce n'était pas bon de toute manière, mes doigts je les aime comme ça alors je m'en fous de ce qu'ils pensent ! Même Jude elle dit que le vernis c'est pour les ongles et c'est tout. Si elle le dit, c'est que c'est ok, non ? J'essaie de me raccrocher à ça pour faire taire mes doutes.
Pendant un moment, je ne comprends pas pourquoi j'ai l'impression que quelque chose ne va pas dans le compartiment. Jusqu'à ce que je comprenne que Lloyd ne m'a pas répondu à ma revendication contre nos mères. Je lui jette un regard de biais. Il est tout figé. Mais il continue de sourire. Je lui souris, moi aussi. Lloyd, parfois, il est un peu bizarre. Il bouge toujours un endroit de son corps, même quand il est en colère ou quand il fait quelque chose, ou comme là quand il me regarde en souriant. Il donne l'impression d'avoir un truc bizarre coincé à l'intérieur. Mais son sourire me rassure. Bizarre quand même qu'il ne réplique pas, d'habitude il réplique toujours, même quand c'est juste pour répéter ce que je viens de dire d'un air exalté. Là, il ne dit rien du tout.
La voix de Jude ramène mon attention sur elle. Je jette quand même un dernier regard à Lloyd avant de regarder sa sœur. J'ose un sourire discret, je hoche la tête : c'est vrai que c'est beau. Un dernier coup de pinceau et elle termine, ça y est ! Je récupère mes mains, un sourire timide sur les lèvres. J'ai tous les ongles noirs, tous les ongles ! Et elle a dit « t'es tout beau ». Pendant qu'elle rebouche le flacon, je tends les mains devant moi, pour les mettre à la lumière qui dégouline de la fenêtre du compartiment. Mes doigts halés et mes ongles noirs. C'est... Je ne sais pas, à vrai dire. C'est différent, j'ai presque l'impression que ce ne sont pas les miennes, de mains. Comme si je les avais piqué à quelqu'un d'autre. Je bouge les doigts. C'est bien à moi. Et ils sont peints, mes ongles. J'aime bien, en fait. Comme quand je prends le temps devant la glace de faire une coiffure différente et que mon cœur palpite : ça me plait.
« J'aime bien, annoncé-je à Jude en tournant vers elle un large sourire plein de dents. Ça me va très bien. Ça me fait un peu bizarre mais... C'est beau. »
En prononçant ces mots, je tourne les yeux vers Lloyd. Il ne va pas me faire des reproches encore, hein ? J'ai peur de croiser dans son regard une lueur désapprobatrice. Au cas où, je sens mon visage se durcir, comme pour prévenir l'arrivée de quelque chose de désagréable. Mais au lieu d'attaquer, je me lève au milieu du wagon, les mains tendues devant moi.
« Alors, c'est classe, hein Lloyd que c'est classe ? »
J'attrape le regard de Jude, juste pour m'assurer qu'elle, elle continue de me sourire. Moi, je lui fait un grand sourire avant de regarder Lloyd, en portant fièrement mes ongles tout peints de noir.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
River, créateurs de démon depuis 2030
Ma maman, elle craint pas. C’est pas vrai, elle craint pas. Elle craint pas. Elle est gentille. Les copains, ils insultent pas les mamans. Mais il l’a pas insulté, si ? Il a dit qu’elle craignait comme sa maman à lui. Sa maman à lui, elle craint si elle punit par son frère quand elle l’embête. Maman elle punit Jude quand elle m’embête, mais Jude elle écoute pas les punitions, ou alors juste celle qu’elle veut parce que ça l’arrange bien comme quand il faut rester dans sa chambre et pas sortir avec nous. Est-ce que ça veut dire que ma maman craint si elle punit Jude quand elle fait des trucs pas bien ? Et la maman de Christopher, elle craint parce qu’elle punit pas son grand frère ? C’est pas logique. Pourquoi ma maman elle craint si elle fait pas les mêmes choses que celle de Christopher ? Il a dit ça pour le vernis ? Maman, elle trouve que le vernis c’est beau, mais si c’est pas sur les garçons et si c’est pas noir ou rouge ou bleu ou vert ou tout ce que Jude elle se met sur les ongles. Ça craint, ça ? Moi aussi, je crains ? Moi, je trouve que le noir, ça va bien à Christopher. Et ça va bien à Jude, aussi. Moi, j’aime bien quand elle me fait des papouilles dans les cheveux avec ses ongles trop long et tout noir, j’aime bien, mais je veux pas que Christopher m’en fasse avec ses ongles noirs parce que ça serait bizarre mais c’est pas parce que c’est un garçon mais parce que c’est Christopher. Une fille ou un garçon ça peut faire des papouilles dans mes cheveux mais pas Christopher. Pas un garçon non plus. Ou si ? Je sais pas. J’ai jamais eu de garçon pour me faire des papouilles dans les cheveux. Je sais pas si j’aimerai bien.
Christopher dit mon nom.
Je papillonne des yeux. Il a les ongles tout noir et il a l’air content. Et si il est content, je suis content, même si —
« Pourquoi t’as dit que ma Maman elle craint ? »
Jude allait parler, je le vois parce qu’elle s’avançait vers Christopher avec son petit sourire filou que j’aime bien. Mais elle s’arrête et tourne la tête vers moi.
Et elle souffle.
392 mots
Christopher dit mon nom.
Je papillonne des yeux. Il a les ongles tout noir et il a l’air content. Et si il est content, je suis content, même si —
« Pourquoi t’as dit que ma Maman elle craint ? »
Jude allait parler, je le vois parce qu’elle s’avançait vers Christopher avec son petit sourire filou que j’aime bien. Mais elle s’arrête et tourne la tête vers moi.
Et elle souffle.
392 mots
Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
River, créateurs de démon depuis 2030
Je garde les bras tendus devant moi, les doigts écartés, pas sous le nez de Lloyd mais quand même pas loin. J'ai bien envie qu'il comprenne que c'est beau. Je pense pas qu'il en mettra, lui, du vernis, mais juste qu'il dise que ça me va bien ça me suffira. Puis après il pourra continuer de me parler de ses vacances et de ce festival de Rock auquel il est allé, et moi je lui raconterai comment j'ai fait en sorte qu'Erika Heinsher se renverse son propre verre de vin dessus pendant la soirée dansante ennuyante à mourir que Mère a organisé durant l'été. Ça le fera bien rire, j'en suis sûr !
Sauf que Lloyd, il ne parle pas du tout de mes ongles. Sa question résonne dans le compartiment et reste là, à flotter entre nous. Je lève les yeux pour croiser les siens. Mes bras redescendent lentement. Je le regarde un instant, interdit, en me demandant s'il demande ça pour rire. Sauf que non, il ne rigole pas du tout, pas du tout du tout, même. Je jette un coup d’œil à Jude qui souffle. C'est sérieux, là ? C'est sérieux, cette question ? Il n'a même pas regardé mes ongles, il s'en fiche totalement.
Pourquoi sa maman elle craint ? Ça l'a vexé, hein ? Ouais, regardez, ça l'a vexé. Je ne comprends pas trop. Personne ne m'a habitué à ne pas mal parler de ma mère. La sienne, ça se voit qu'elle est pas marrante, c'est Jude qui l'a dit, elle a même utilisé un mot pas beau pour le dire. Et elle a dit qu'elle était carrée et qu'elle apprenait des choses bêtes à Lloyd, comme par exemple que mettre du vernis c'était pas pour les garçons. Elle l'a pas dit comme ça mais j'ai bien compris, moi. Alors ça se voit qu'elle craint, qu'elle est le genre à imposer des trucs de vieux, et en plus c'est une mère. C'est une mère. Les mères ça impose, ça juge, ça force à faire des trucs pas marrants, ça gronde, ça enferme les enfants dans les chambres, ça parle d'une voix froide, ça vous ignore parce que vous êtes décevant, ça fait du bruit avec ses talons quand ça marche, ça ne sourit jamais, ça a les lèvres toujours pincées, c'est froid, c'est distant, c'est pas agréable. Pourquoi je dois me justifier de ce que j'ai dit ? C'est logique, non ?
Je reste planté devant Lloyd. Je n'ai pas envie de me disputer avec lui. Mais je trouve ça un peu nul qu'il se vexe pour ce genre de choses. Comme Annabelle quand elle se met à pleurer quand je dis une méchanceté sur les parents devant elle. Elle ne comprend pas encore que c'est comme ça qu'il faut faire. Je crois qu'elle ne comprendra jamais. Est-ce que Lloyd est comme ça, lui aussi ? À ne pas comprendre que quoi qu'il fasse ce ne sera jamais suffisant pour sa maman ?
« Je l'ai dit parce que ta sœur a dit qu'elle était carrée et qu'elle devait te rappeler qu'il faut pas prendre en compte tout ce que votre mère dit. Ça veut dire que tout ce qu'elle dit, c'est pas la vérité. Alors si elle veut t'apprendre des choses qui sont fausses... Bah elle craint, non ? je lâche en haussant les épaules. La mienne aussi fait ça. Elle dit que pour notre réputation, il faut rester avec des gens comme nous, des gens coincés qui sourient que pour mentir. Ou que la musique que j'écoute à la radio quand je vole celle de Donovan, c'est de la musique de dégénérés, mais moi je sais que la musique, c'est juste la musique, que ça n'a rien à voir avec le fait d'être dégénéré ou non. Donc elle craint, elle aussi. »
C'est d'une simplicité folle. J'aurais bien affirmé que les mamans craignaient, que c'était comme ça, ça venait avec le fait de devenir une mère, mais bon, je sais que ce n'est pas la chose à dire, je ne suis pas totalement idiot, on m'a appris comment me comporter en société et ce que j'avais le droit de dire ou non. Par exemple, tout ce que j'ai dit avant et la façon de le dire m'aurait valu d'être secoué par ma mère et de recevoir une leçon de morale de mon père. C'est juste que je décide quand faire les choses bien et quand ne pas les faire.
Je ne détourne pas les yeux de Lloyd, toujours debout devant lui. J'espère qu'il a compris et que ça va aller, maintenant. Mais tout à coup, je me rappelle ce que Jude a dit. Est-ce qu'il pense qu'il craint parce qu'il est le fils de sa mère, du coup ? Parce que j'ai dit qu'elle craignait, il croit que lui aussi, c'est ça ? Oh ! Mais non !
« Mais c'est vrai ce que Jude elle a dit, j'ajoute précipitamment. Toi tu crains pas, hein ! T'es trop cool ! »
Je le lui affirme avec un sourire qui dévoile mes dents. C'est vrai qu'il est trop cool, même si souvent il me fatigue et que parfois, je l'évite dans les couloirs pour pas qu'il me parle pendant dix ans en bougeant dans tous les sens.
Sauf que Lloyd, il ne parle pas du tout de mes ongles. Sa question résonne dans le compartiment et reste là, à flotter entre nous. Je lève les yeux pour croiser les siens. Mes bras redescendent lentement. Je le regarde un instant, interdit, en me demandant s'il demande ça pour rire. Sauf que non, il ne rigole pas du tout, pas du tout du tout, même. Je jette un coup d’œil à Jude qui souffle. C'est sérieux, là ? C'est sérieux, cette question ? Il n'a même pas regardé mes ongles, il s'en fiche totalement.
Pourquoi sa maman elle craint ? Ça l'a vexé, hein ? Ouais, regardez, ça l'a vexé. Je ne comprends pas trop. Personne ne m'a habitué à ne pas mal parler de ma mère. La sienne, ça se voit qu'elle est pas marrante, c'est Jude qui l'a dit, elle a même utilisé un mot pas beau pour le dire. Et elle a dit qu'elle était carrée et qu'elle apprenait des choses bêtes à Lloyd, comme par exemple que mettre du vernis c'était pas pour les garçons. Elle l'a pas dit comme ça mais j'ai bien compris, moi. Alors ça se voit qu'elle craint, qu'elle est le genre à imposer des trucs de vieux, et en plus c'est une mère. C'est une mère. Les mères ça impose, ça juge, ça force à faire des trucs pas marrants, ça gronde, ça enferme les enfants dans les chambres, ça parle d'une voix froide, ça vous ignore parce que vous êtes décevant, ça fait du bruit avec ses talons quand ça marche, ça ne sourit jamais, ça a les lèvres toujours pincées, c'est froid, c'est distant, c'est pas agréable. Pourquoi je dois me justifier de ce que j'ai dit ? C'est logique, non ?
Je reste planté devant Lloyd. Je n'ai pas envie de me disputer avec lui. Mais je trouve ça un peu nul qu'il se vexe pour ce genre de choses. Comme Annabelle quand elle se met à pleurer quand je dis une méchanceté sur les parents devant elle. Elle ne comprend pas encore que c'est comme ça qu'il faut faire. Je crois qu'elle ne comprendra jamais. Est-ce que Lloyd est comme ça, lui aussi ? À ne pas comprendre que quoi qu'il fasse ce ne sera jamais suffisant pour sa maman ?
« Je l'ai dit parce que ta sœur a dit qu'elle était carrée et qu'elle devait te rappeler qu'il faut pas prendre en compte tout ce que votre mère dit. Ça veut dire que tout ce qu'elle dit, c'est pas la vérité. Alors si elle veut t'apprendre des choses qui sont fausses... Bah elle craint, non ? je lâche en haussant les épaules. La mienne aussi fait ça. Elle dit que pour notre réputation, il faut rester avec des gens comme nous, des gens coincés qui sourient que pour mentir. Ou que la musique que j'écoute à la radio quand je vole celle de Donovan, c'est de la musique de dégénérés, mais moi je sais que la musique, c'est juste la musique, que ça n'a rien à voir avec le fait d'être dégénéré ou non. Donc elle craint, elle aussi. »
C'est d'une simplicité folle. J'aurais bien affirmé que les mamans craignaient, que c'était comme ça, ça venait avec le fait de devenir une mère, mais bon, je sais que ce n'est pas la chose à dire, je ne suis pas totalement idiot, on m'a appris comment me comporter en société et ce que j'avais le droit de dire ou non. Par exemple, tout ce que j'ai dit avant et la façon de le dire m'aurait valu d'être secoué par ma mère et de recevoir une leçon de morale de mon père. C'est juste que je décide quand faire les choses bien et quand ne pas les faire.
Je ne détourne pas les yeux de Lloyd, toujours debout devant lui. J'espère qu'il a compris et que ça va aller, maintenant. Mais tout à coup, je me rappelle ce que Jude a dit. Est-ce qu'il pense qu'il craint parce qu'il est le fils de sa mère, du coup ? Parce que j'ai dit qu'elle craignait, il croit que lui aussi, c'est ça ? Oh ! Mais non !
« Mais c'est vrai ce que Jude elle a dit, j'ajoute précipitamment. Toi tu crains pas, hein ! T'es trop cool ! »
Je le lui affirme avec un sourire qui dévoile mes dents. C'est vrai qu'il est trop cool, même si souvent il me fatigue et que parfois, je l'évite dans les couloirs pour pas qu'il me parle pendant dix ans en bougeant dans tous les sens.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
River, créateurs de démon depuis 2030
Je veux pas qu’on me dise que ma maman craint, mais si Christopher le dit, ça veut dire quand même qu’il trouve que ma maman craint. Je veux pas qu’il pense ça, parce que c’est pas vrai. Quand il viendra à la maison, je veux pas qu’il regarde Maman en se disant qu’elle craint alors qu’elle prépare de super petits déjeuners et tout. Moi, j’ai jamais eu de copain à la maison et je veux pas que le premier qui vient il pense que ma maman elle craint, parce que c’est pas vrai. Maman, elle est gentille. Quand je suis malade, elle est toujours là pour moi. Même quand je suis pas malade. Elle fait attention à ce qu’on soit heureux, avec Jude, même si on fait des bêtises.
Je regarde Christopher et je l’écoute. Je l’écoute bien. J’essaye de pas faire attention à Jude qui me regarde aussi, parce que je veux pas voir que Jude elle pense que je suis bête. Je suis pas bête, c’est Maman qui le dit quand Jude dit que je le suis. Elle dit que j’ai du mal à me concentrer, que c’est pas de la bêtise, et que c’est pas la même chose. Dégénérée ! Oh ! Maman elle le dit aussi, ça ! Elle dit que ce qu’on écoute, ben ça ressemble à du vomi, aussi. C’est pas vrai du tout, ça ! Ouais, moi je suis d’accord avec Christopher ! Ouais ! Grave d’accord ! Ta maman, Christopher, elle craint ! Et ton frère aussi ! C’est super dur de hurler quand on chante ! C’est super dur ! C’est pas être dégénéré, c’est être super fort ! Jude, elle le fait, tu sais ? Elle growl, surtout pour embêter Maman ! Papa, il est toujours trop fier de Jude, il dit qu’elle ferait une super chanteuse de death metal ! Elle est trop forte ! Moi quand je le fais, je tousse, et après je dois prendre du miel parce que ça fait super mal ! Jude elle dit que je le fais mal, aussi, que ça doit venir du ventre, sauf que euuuh ben non, ça doit venir de la gorge.
Mes genoux bougent tout seul. Ouais ! Ouais ! Ta maman, elle craint grave ! Pas la mienne, hein ? Non non tu verras ! Elle craint pas ! Quand tu viendras, elle te mettra plein de pâte à tartiner sur ton pain de mie ! Tu verras, c’est trop bon genre méga trop bon ! On a pas de vrai jus d’orange mais il est grave bon aussi ! Tu verras que j’ai une super maman qui craint pas même si elle dit aussi qu’on écoute des trucs de dénégéré ! Dégé… dégénéré !
Il a dit que je crains pas ! Il l’a encore dit ! Hiiiii ! Il l’a dit ! Mes genoux sautillent à cause de mes pieds qui bougent tout seul. Je gratte mes ongles sur mon jean. Je le tapote après. Je gratte encore et puis après je lisse.
« Toi aussi ! T’es trop cool ! » je dis d’un coup, trop fort, mais c’est pas grave parce que je suis super content. « Donovan, c’est qu’un débile ! Et ta maman aussi ! Nous, nous ben on écoute ce qu’on veut ! Et on écoute des trucs trop cool ! Moi, moi j’ai une radio dans ma chambre ! Et avec Jude, ben on chante dessus ! C’est trop bien ! Jude ! Jude ! Tu montres à Christopher comment tu chantes ? Elle chante trop bien ! Moi aussi ! Je chante super bien ! Mais Jude elle arrive à faire des trucs avec son ventre ! Mais c’est avec la gorge en fait, elle sait pas expliquer ! JUDE ! Tu montres ? Tu vas voir, c’est genre trop impressionnant et tout ! On dirait un alligator qui sort de l’eau ! Ou un ours ! Papa, il écoutait un type quand il était jeune, eh ben on aurait dit que c’était un ours ! Mais il a arrêté de l’écouter parce que c’était un gros naze, en fait. Trop méchant et tout ! Et Papa, il dit qu’on doit pas donner d’argent à des gros naze parce qu’après, ils continuent à être des gros naze et ça veut dire qu’on est d’accord avec eux ! »
Je souris fort, tellement fort que j’ai mal aux joues ! Mais je suis content, alors je souris ! Christopher, il est grave mon copain et j’ai trop hâte qu’on crie tous dans la chambre !
Jude me regarde même plus. Elle a les yeux fermés et elle souffle. Elle doit s’échauffer, hein ?
784 mots
Je regarde Christopher et je l’écoute. Je l’écoute bien. J’essaye de pas faire attention à Jude qui me regarde aussi, parce que je veux pas voir que Jude elle pense que je suis bête. Je suis pas bête, c’est Maman qui le dit quand Jude dit que je le suis. Elle dit que j’ai du mal à me concentrer, que c’est pas de la bêtise, et que c’est pas la même chose. Dégénérée ! Oh ! Maman elle le dit aussi, ça ! Elle dit que ce qu’on écoute, ben ça ressemble à du vomi, aussi. C’est pas vrai du tout, ça ! Ouais, moi je suis d’accord avec Christopher ! Ouais ! Grave d’accord ! Ta maman, Christopher, elle craint ! Et ton frère aussi ! C’est super dur de hurler quand on chante ! C’est super dur ! C’est pas être dégénéré, c’est être super fort ! Jude, elle le fait, tu sais ? Elle growl, surtout pour embêter Maman ! Papa, il est toujours trop fier de Jude, il dit qu’elle ferait une super chanteuse de death metal ! Elle est trop forte ! Moi quand je le fais, je tousse, et après je dois prendre du miel parce que ça fait super mal ! Jude elle dit que je le fais mal, aussi, que ça doit venir du ventre, sauf que euuuh ben non, ça doit venir de la gorge.
Mes genoux bougent tout seul. Ouais ! Ouais ! Ta maman, elle craint grave ! Pas la mienne, hein ? Non non tu verras ! Elle craint pas ! Quand tu viendras, elle te mettra plein de pâte à tartiner sur ton pain de mie ! Tu verras, c’est trop bon genre méga trop bon ! On a pas de vrai jus d’orange mais il est grave bon aussi ! Tu verras que j’ai une super maman qui craint pas même si elle dit aussi qu’on écoute des trucs de dénégéré ! Dégé… dégénéré !
Il a dit que je crains pas ! Il l’a encore dit ! Hiiiii ! Il l’a dit ! Mes genoux sautillent à cause de mes pieds qui bougent tout seul. Je gratte mes ongles sur mon jean. Je le tapote après. Je gratte encore et puis après je lisse.
« Toi aussi ! T’es trop cool ! » je dis d’un coup, trop fort, mais c’est pas grave parce que je suis super content. « Donovan, c’est qu’un débile ! Et ta maman aussi ! Nous, nous ben on écoute ce qu’on veut ! Et on écoute des trucs trop cool ! Moi, moi j’ai une radio dans ma chambre ! Et avec Jude, ben on chante dessus ! C’est trop bien ! Jude ! Jude ! Tu montres à Christopher comment tu chantes ? Elle chante trop bien ! Moi aussi ! Je chante super bien ! Mais Jude elle arrive à faire des trucs avec son ventre ! Mais c’est avec la gorge en fait, elle sait pas expliquer ! JUDE ! Tu montres ? Tu vas voir, c’est genre trop impressionnant et tout ! On dirait un alligator qui sort de l’eau ! Ou un ours ! Papa, il écoutait un type quand il était jeune, eh ben on aurait dit que c’était un ours ! Mais il a arrêté de l’écouter parce que c’était un gros naze, en fait. Trop méchant et tout ! Et Papa, il dit qu’on doit pas donner d’argent à des gros naze parce qu’après, ils continuent à être des gros naze et ça veut dire qu’on est d’accord avec eux ! »
Je souris fort, tellement fort que j’ai mal aux joues ! Mais je suis content, alors je souris ! Christopher, il est grave mon copain et j’ai trop hâte qu’on crie tous dans la chambre !
Jude me regarde même plus. Elle a les yeux fermés et elle souffle. Elle doit s’échauffer, hein ?
784 mots
Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin