des rêves dans la tête et des étoiles plein les yeux
Les étoiles avaient beau scintiller, elles ne s'alignaient pas si facilement. Mattew l'avait souvent appris à ses dépends, pourtant aujourd'hui encore ce principe élémentaire lui faisait défaut. Ce n'était pas le tout de les regarder dans le ciel à l'abri d'un télescope, encore fallait-il savoir les apprivoiser. Et dans cet exercice le garçon pouvait se révéler d'une extrême maladresse. Avec cette franchise un peu bourrue dont il avait le don, il avait d'ailleurs réussi à froisser la jeune Serdaigle. Alerté par le soudain mutisme de sa voisine, il avait rapidement pris l'ampleur de son erreur ; il bredouilla :
‒ Attends, je voulais pas... Désolé.
Ses maigres excuses ne se révélèrent guère plus efficaces. De la même manière qu'on ne réparait jamais vraiment un vase brisé, il n'y avait plus grand chose à faire pour espérer se rattraper, qui plus est lorsque l'on disposait de tels talents pour faire chavirer une discussion. Évitant soigneusement le contact visuel pour ne pas se couvrir de honte, il agita de nouveau sa baguette. Si ses mots étaient souvent malhabiles, sa magie avait cette capacité de pouvoir les corriger. D'un mouvement de poignet, il dispersa le rayon de lumière, puis lança une nouvelle incantation :
‒ Orchideus
Lentement dessiné, un bouquet de fleurs apparut dans les airs, lévitant enfin pour venir se déposer avec douceur entre les deux adolescents. Mattew ne fit pas de commentaire, mais la nuit lui tint secret de la teinte rosée prise par ses joues. Le devoir le rappela vite à l'ordre ; il avait lancé une initiative. La meilleure option à sa disposition était de la poursuivre, s'il voulait espérer raviver cette lumière qu'il avait si brusquement soufflée. Posant cette fois sa baguette au sol pour pointer le ciel d'une main nue, il brisa de nouveau le silence, conscient de l'importance du choix de ses mots.
‒ J'ai une p'tite sœur. C'est un peu mon étoile à moi, une des rares que j'ai pas abîmée, et qui a accepté de continuer d'm'éclairer. Quand j'regardai le ciel la nuit, c'est la première que j'ai identifié. Alors dès le début c'est devenu une évidence, c'était elle.
Son doigt quitta finalement son repère céleste1 pour redescendre contre sa poitrine, rejoignant son cœur, comme pour s'assurer qu'il tenait toujours après cette première déclaration. Mattew n'avait pas l'habitude de cette vulnérabilité, mais elle était nécessaire. Il n'avait plus envie de sacrifier ses rencontres en étoiles filantes.
‒ Attends, je voulais pas... Désolé.
Ses maigres excuses ne se révélèrent guère plus efficaces. De la même manière qu'on ne réparait jamais vraiment un vase brisé, il n'y avait plus grand chose à faire pour espérer se rattraper, qui plus est lorsque l'on disposait de tels talents pour faire chavirer une discussion. Évitant soigneusement le contact visuel pour ne pas se couvrir de honte, il agita de nouveau sa baguette. Si ses mots étaient souvent malhabiles, sa magie avait cette capacité de pouvoir les corriger. D'un mouvement de poignet, il dispersa le rayon de lumière, puis lança une nouvelle incantation :
‒ Orchideus
Lentement dessiné, un bouquet de fleurs apparut dans les airs, lévitant enfin pour venir se déposer avec douceur entre les deux adolescents. Mattew ne fit pas de commentaire, mais la nuit lui tint secret de la teinte rosée prise par ses joues. Le devoir le rappela vite à l'ordre ; il avait lancé une initiative. La meilleure option à sa disposition était de la poursuivre, s'il voulait espérer raviver cette lumière qu'il avait si brusquement soufflée. Posant cette fois sa baguette au sol pour pointer le ciel d'une main nue, il brisa de nouveau le silence, conscient de l'importance du choix de ses mots.
‒ J'ai une p'tite sœur. C'est un peu mon étoile à moi, une des rares que j'ai pas abîmée, et qui a accepté de continuer d'm'éclairer. Quand j'regardai le ciel la nuit, c'est la première que j'ai identifié. Alors dès le début c'est devenu une évidence, c'était elle.
Son doigt quitta finalement son repère céleste1 pour redescendre contre sa poitrine, rejoignant son cœur, comme pour s'assurer qu'il tenait toujours après cette première déclaration. Mattew n'avait pas l'habitude de cette vulnérabilité, mais elle était nécessaire. Il n'avait plus envie de sacrifier ses rencontres en étoiles filantes.
@Émeline Joyner
Je cherche les Couleurs.
des rêves dans la tête et des étoiles plein les yeux
Leur présence au sein de la tour d'Astronomie avait, à la base, un seul et unique but, celui de retranscrire la beauté des étoiles dans leur carnet. Ainsi, ils pourraient la garder précieusement dans le monde matériel et l'admirer même quand le soleil serait haut dans le ciel. Seulement, une dissonance s'était formée entre ces deux adolescents aux paroles parfois inconsidérées.
Émeline n'osait plus se tourner vers lui, fixant son regard en direction des astres. Elle patienta en silence, guettant une réaction, des phrases, un mot. N'importe quoi.
Des excuses volèrent jusqu'à ses oreilles. Petites, mais bien réelles. Mattew s'était bien excusé après ce moment de flottement. Émeline les reçut, tiraillée entre l'envie de les accepter rapidement pour éviter la moindre rancœur et le désir de voir s'il était réellement désolé. Les gens avaient parfois tendance à prononcer des termes dont ils avaient oublié le sens profond. Je suis désolé...Je reviendrai…Je t'aime. Toutes ces phrases, qu'elle avait déjà entendues dans différentes bouches, avaient perdu leur essence. Elle n'y croyait plus trop en ces mots, ces coquilles vides de gentillesse. Émeline préférait désormais les actes, car eux avaient le mérite d'apposer leur marque dans le réel.
Du coin de l'œil, elle remarqua que l'intensité du Lumos se dissipa complètement. Sur le coup, elle pensa qu'il allait s'en aller et l'abandonner là sans qu'ils ne puissent repartir sur de bonnes bases. Mais très vite, une incantation balaya son inquiétude et l'apparition d'un bouquet de fleurs lévita jusqu'à eux.
Émeline se décida enfin à se détourner du ciel pour venir poser son regard sur les fleurs. Mattew gardait son visage détourné, comme s'il lui était impossible de l'avoir dans son champ de vision pour l'instant. Aucunement brusquée par ce détail, elle préféra se reconcentrer sur le bouquet. Doucement, sa main bougea pour l'attraper et l'approcher de son visage. Le parfum des fleurs vint chatouiller ses narines et, cachée au milieu des pétales, un timide sourire se forma.
Les bras chargés de ce nouveau présent, Émeline écouta la mise à nu du garçon. Il lui confia l'existence de sa sœur, cette étoile si précieuse qui arrivait à changer la lumière dans ses yeux. Il ne parla pas longtemps. Juste assez pour qu'elle puisse en comprendre toute l'importance. Quand il y mit le point final, elle se retint de faire un commentaire. Son avis n'était pas demandé. Elle devait se contenter d'accepter ce qu'il lui offrait.
À son tour, elle s'allongea sur le sol, laissant de côté l'aigreur pour réaccueillir la légèreté de la nuit. L'un à côté de l'autre, les fleurs posées contre sa poitrine, Émeline oublia bien rapidement ce qui lui avait arraché sa bonne humeur. Une erreur pouvait toujours être pardonnée.
- Moi je n'ai pas de frère ou de sœur, mais j'ai Poli, ma chienne, murmura-t-elle, les yeux rivés vers une étoile bien précise. Elle est arrivée à la maison quand j'étais p'tite et on est vite devenues inséparables...genre un peu comme des sœurs. J'pouvais tout lui dire, elle m'écoutait sans rechigner. On n'se lâchait jamais. Si j'allais à droite, elle venait. Elle allait à gauche, j'la suivais. C'est comme ça entre elle et moi.
L'étoile qu'elle avait choisie dans le ciel pour illustrer ses paroles n'était pas la plus brillante ni la plus grosse. Elle semblait simplement être celle la plus proche d'eux. Un peu comme sa chienne, se tenant toujours prête à la rejoindre malgré son grand âge et ses pattes douloureuses.
- Après le divorce de mes parents, j'ai dû la laisser chez ma mère, avoua Émeline, sa voix se faisait plus lourde. Mais j'arriverai à convaincre mon père de la récupérer. Elle commence à se faire vieille, j'veux être avec elle quand...t'as compris...
Ce qu'elle racontait pouvait paraître bien morose en comparaison avec lui, mais Poli restait un être important de sa vie. Elle ne pouvait pas l'oublier si facilement, encore moins la reléguer en guise de simple animal de compagnie.
Pour Émeline, elle restera pour toujours cette sœur qu'elle n'avait jamais eue.
666 mots
@Mattew Thomas
Émeline n'osait plus se tourner vers lui, fixant son regard en direction des astres. Elle patienta en silence, guettant une réaction, des phrases, un mot. N'importe quoi.
Des excuses volèrent jusqu'à ses oreilles. Petites, mais bien réelles. Mattew s'était bien excusé après ce moment de flottement. Émeline les reçut, tiraillée entre l'envie de les accepter rapidement pour éviter la moindre rancœur et le désir de voir s'il était réellement désolé. Les gens avaient parfois tendance à prononcer des termes dont ils avaient oublié le sens profond. Je suis désolé...Je reviendrai…Je t'aime. Toutes ces phrases, qu'elle avait déjà entendues dans différentes bouches, avaient perdu leur essence. Elle n'y croyait plus trop en ces mots, ces coquilles vides de gentillesse. Émeline préférait désormais les actes, car eux avaient le mérite d'apposer leur marque dans le réel.
Du coin de l'œil, elle remarqua que l'intensité du Lumos se dissipa complètement. Sur le coup, elle pensa qu'il allait s'en aller et l'abandonner là sans qu'ils ne puissent repartir sur de bonnes bases. Mais très vite, une incantation balaya son inquiétude et l'apparition d'un bouquet de fleurs lévita jusqu'à eux.
Émeline se décida enfin à se détourner du ciel pour venir poser son regard sur les fleurs. Mattew gardait son visage détourné, comme s'il lui était impossible de l'avoir dans son champ de vision pour l'instant. Aucunement brusquée par ce détail, elle préféra se reconcentrer sur le bouquet. Doucement, sa main bougea pour l'attraper et l'approcher de son visage. Le parfum des fleurs vint chatouiller ses narines et, cachée au milieu des pétales, un timide sourire se forma.
Les bras chargés de ce nouveau présent, Émeline écouta la mise à nu du garçon. Il lui confia l'existence de sa sœur, cette étoile si précieuse qui arrivait à changer la lumière dans ses yeux. Il ne parla pas longtemps. Juste assez pour qu'elle puisse en comprendre toute l'importance. Quand il y mit le point final, elle se retint de faire un commentaire. Son avis n'était pas demandé. Elle devait se contenter d'accepter ce qu'il lui offrait.
À son tour, elle s'allongea sur le sol, laissant de côté l'aigreur pour réaccueillir la légèreté de la nuit. L'un à côté de l'autre, les fleurs posées contre sa poitrine, Émeline oublia bien rapidement ce qui lui avait arraché sa bonne humeur. Une erreur pouvait toujours être pardonnée.
- Moi je n'ai pas de frère ou de sœur, mais j'ai Poli, ma chienne, murmura-t-elle, les yeux rivés vers une étoile bien précise. Elle est arrivée à la maison quand j'étais p'tite et on est vite devenues inséparables...genre un peu comme des sœurs. J'pouvais tout lui dire, elle m'écoutait sans rechigner. On n'se lâchait jamais. Si j'allais à droite, elle venait. Elle allait à gauche, j'la suivais. C'est comme ça entre elle et moi.
L'étoile qu'elle avait choisie dans le ciel pour illustrer ses paroles n'était pas la plus brillante ni la plus grosse. Elle semblait simplement être celle la plus proche d'eux. Un peu comme sa chienne, se tenant toujours prête à la rejoindre malgré son grand âge et ses pattes douloureuses.
- Après le divorce de mes parents, j'ai dû la laisser chez ma mère, avoua Émeline, sa voix se faisait plus lourde. Mais j'arriverai à convaincre mon père de la récupérer. Elle commence à se faire vieille, j'veux être avec elle quand...t'as compris...
Ce qu'elle racontait pouvait paraître bien morose en comparaison avec lui, mais Poli restait un être important de sa vie. Elle ne pouvait pas l'oublier si facilement, encore moins la reléguer en guise de simple animal de compagnie.
Pour Émeline, elle restera pour toujours cette sœur qu'elle n'avait jamais eue.
666 mots
@Mattew Thomas
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline