Les trublions du cabinet Mathilde E.

Depuis le début elle le savait. C'était bien ce qu'elle venait d'avouer, non ? Cela ne signifiait donc qu'une chose. Depuis le début, elle se foutait de sa gueule. Depuis le début, elle la « taquinait ». Tally avait eu tord de baisser sa garde. Elle s'était lourdement trompée au moment où elle avait pensé un instant qu'elle pouvait peut-être lui faire confiance. Serpentard ou pas, asociale ou extravertie, cela ne changeait plus grand chose, la fureur avait pris le pas sur la tristesse qui l'avait encombré jusqu'ici. Voilà qu'elle voulait savoir quel était le problème. La Serdaigle se mordit la langue pour éviter de balancer un truc qu'elle aurait pu avoir à regretter par la suite. Évidement qu'elle n'était pas bien. Et oui, c'était la faute de cette Mathilde. Que voulez-vous de plus ? Tally avait toujours été impulsive et là, elle mélangeait clairement des sentiments contradictoires ce qui avait pour don de l'énerver encore plus. Simple pantin de ses ressentie, elle explosa la porte.

« _ Repulso ! » Hurla-t-elle contre la porte des cabinets. Et celle-ci vola en éclat, le bois s'éparpilla à droite et à gauche, tombant dans les flaques d'eau environnantes. Jenkins avait l’œil mauvais et... embué de larmes. Elle brandit sa baguette pour la seconde fois de la journée mais, cette fois-ci, elle avait clairement une cible.

«_ Me voilà sortie, autre chose, peut-être ? » Déclara-t-elle sur un ton chevrotant qu'elle tentait de maîtriser. Sa gorge était sèche, elle n'avait encore jamais visé quelqu'un en espérant lui faire du mal. Et c'était d'ailleurs la première fois qu'elle menaçait une camarade pour un motif dérisoire. Elle se mit à avancer en direction de la plus jeune, tendant toujours son bois de hêtre devant elle. La mâchoire crispée elle ne put lutée plus longtemps contre une larme qui dévala sa joue. Si elle avait dû lui répondre, elle n'aurait su par où commencer, pourtant, ses lèvres si mirent à bouger toutes seules et un flot de parole dégueula sans qu'elle ne puisse t'arrêter.

« _ Ben oui, tout va mal, même quand on est Serdaigle. Elle en profita pour foudroyer Mathilde du regard. On est loin d'être parfait, loin de l'idylle qu'on veut faire miroiter aux jeunes sorciers qui arrivent. Poudlard, c'est des poignards dans le dos, des élites qui pensent qu'à leur gueule. Je suis même persuadée de Loewy fait passer ses propres intérêts bien avant les nôtres. Sinon, sérieusement, qu'est-ce que Luneau foutrait entre les murs du château ? »

Tally était loin d'avoir vraiment suivi cette histoire, la seule chose qu'elle savait, était que la directrice prenait d'énormes risques à protéger cette directrice de Beauxbâtons. L'école avait maintenant les Français au cul et la jeune fille était persuadée que tout allait bientôt éclater. Évidemment, cette histoire ne la touchait pas autant que d'autres sentiments bien plus habilement enfouis mais il avait bien fallu servir quelque chose de potable à la fille qui lui faisait face. Et qui était toujours menacée par sa baguette. Sa colère redescendue après cette tirade, elle visa plutôt un évier pour déchaîner son entêtement.

« _ Repulso. Ânonna-t-elle à nouveau et l'évier vola en éclat. »

Dans un sourire satisfait, elle s'amusa à en détruire un dernier, qu'est-ce qu'elle pouvait aimer ce sort. La magie, c'était vraiment fantastique. Pendant ces instants précieux, elle se sentait comblée oubliant même qu'elle était en train de se donner en spectacle devant une Première Année.

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Lorsque son aînée sortit des toilettes avec un entrée plutôt... Fracassante ? Mathilde comprit immédiatement que la situation lui échappa complètement.
Mathilde s'était pris un morceau de bois dans la joue qui appartenant à la porte menant à un WC.
Ce qui rendit sa peau pâle plus coloré que d'habitude, voire carrément ensanglantée.
En temps normal, la cadette aurait explosé de colère et aurai fait de même, voir même beaucoup plus.
Mais là, c'était différent et elle ne savait pas pourquoi, elle garda plutôt bien son calme, "plutôt", car oui cela ne l'a pas empêchée de balancer quelques jurons assez mécaniquement.
Par contre, elle l'a prévenu d'une chose en utilisant un ton tellement calme qu'il pourrait en déstabiliser plus d'un.

- " C'est bien Tally, t'a fait sortir ta colère, j'espère que tu t'es calmée. Sinon, si ton but était de me faire du mal, bravo, tu as réussi." dit t'elle en lui montrant sa joue droite toujours aussi ensanglantée. Elle continua en haussant un peu le ton : "Par contre, si tu as la folle idée de recommencer, de me faire quoi que ce soit d'autre, tu n'en tireras pas comme ça ou du moins, tu me re-veras très bientôt."

Mathilde n'avait pas l'habitude de gérer ce genre de choses, en fait, elle préférait y aller de la manière forte pour régler les problèmes mais la, il en était hors de question, Tally l'intéressait trop pour ça.
La verte se rendit très rapidement compte d'une chose :
Elle avait déconné.
Elle pensait pouvoir s'en faire une alliée voir même une amie mais c'était mort, et puis même, pourquoi une troisième année serait amie avec une jeune première année ?
Elle avait vraiment déconné.

Quelques secondes plus tard Tally l'interrompu dans ses pensés, Mathilde savait bien que le moral n'avait aucun lien avec la maison mais la bleue semblait être très perturbé par la première remarque de  sa cadette.
Elle essaya d'articuler une phrase, elle devait vraiment rattraper les pots cassés.

"Tally ! Calmes toi ! T'énerver comme ça n'arrangera pas tes problèmes, alors oui peut être que cela apaisera ta conscience, ton esprit, ta fierté, ton honneur... Mais tu penses vraiment que cela en vaut la peine ?"

Mathilde était loin d'avoir provoqué l'effet désiré, elle ne voulait pas du tout se foutre de la gueule de la troisième année. Absolument pas.

Lorsque Tally envoya valser les lavabos Mathilde vue trouble, elle perdit l'équilibre puisque légèrement adossée contre ces derniers.
Elle essaya alors d'arranger les choses comme elle pouvait mais elle sentit soudainement des choses qui ressemblaient fortement à des sanglots monter.
Une larme, puis deux, coulèrent alors sur sa gauche, la moins amochée. Elle ne pouvait plus rien dire, comme paralysée à cause de souvenir du passé.
Elle s'accroupit alors en tenant sa tête dans ses mains encore humide, elle pleura tout ce qu'elle n'avait pas eu l'occasion de pleurer auparavant, dans son enfance.
Sa fierté ?
À ce moment là, elle s'en fichait totalement.

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Tally Jekins avait pété les plombs. Elle avait perdu les pédales, s'était légèrement emportée. C'était un sentiment qu'elle avait l'habitude de côtoyer. C'était également des situations qui lui arrivaient de temps à autre. Elle avait un tempérament sanguin, primesautier et s'y laissait parfois emportée. Cela la desservait énormément dans les cours de pratique des sortilèges. Elle était sans cesse contrainte, elle devait toujours se concentrer trois fois plus que les autres pour éviter que son humeur plus ou moins variable n'engendre quelques malheureuses situations. Néanmoins, ce caractère tempétueux avait parfois ses avantages, lorsqu'il s'agissait d'être habité par un sentiment fort tel que la colère elle produisait de puissants maléfices.

C'est exactement cela qui se produisit avec le Repulso qui explosa littéralement la porte. La Serdaigle n'avait que faire de ses envies destructrices, elle détruisait, c'était tout. Et prenait d'ailleurs un malin plaisir à le faire. Puis, sa fureur explosa, contre Mathilde, mais aussi contre les pauvres éviers. A nouveau, la petite montra un sang froid à toute épreuve et ce, malgré sa joue entaillée par les débris de la porte. Tally décida de ne pas s'en émouvoir, elle restait persuadée que tout était de la faute à l'autre. Après tout, elle avait choisi de la piquer, elle n'avait fait que répondre, à sa manière. Enhardie par l'adrénaline qui parcourrait ses veines, elle n'hésita guère au moment où la Serpentard la menaça de ses paroles. Elle empoigna son visage meurtrit de sa main libre et s'appliqua à faire suinter la blessure.  Le sang carmin dégoulina sur sa propre main, s'infiltrait jusqu'entre ses ongles. Elles se reverraient donc, sûrement très bientôt. Tally n'avait cure du visage dévastée de la pauvre Mathilde, elle ne sentait que le souffle enflammé parcourant ses membres.

La goutte salée s'échappa de son œil. Ce fut le vase qui déborda. Elle lâcha une partie des angoisses qui lui meurtrissaient l'estomac, jour après jour. Cette situation ambiguë entre la France et l’Écosse se devait d'être connue par tous les jeunes qui pointaient le bout de leur nez. Malgré le tourment que lui imposait cette situation, elle n'était qu'une partie de ses problèmes. Le reste était étroitement caché, bien plus profondément.

Une nouvelle larme s'attarda sur sa joue. Son impuissance n'engrangeait que sa colère. Un nouveau lavabo vola en éclat sous les paroles de Mathilde qui cherchait à la raisonner. Son honneur, sa fierté, eh bien, ils étaient tous là, au bout de sa baguette. Apeurer une Première Année et détruire les toilettes des filles en faisaient apparemment partis. A vrai dire, au cœur de l'action, elle ne voyait pas trop comment se mettre à philosopher sur de quelconques adjectifs. Le cirque continua encore quelques minutes. Tally ne bougeait pas, elle se faisait que finaliser son massacre.

Puis, quelque chose la titilla. Il y avait un problème. Par un réflexe défensif, elle se retourna vers l'entrée des toilettes, comme si Rusard venait d'y pénétrer. Mais non, personne. Elle leva un sourcil et stoppa même les mouvements frénétiques de son poignet. Vraiment, un truc n'allait pas. Elle finit par mettre le doigt dessus, c'était ça ! Mathilde ne parlait plus. Un sourire satisfait sur le visage, elle chercha la dernière position géographique de la jeune fille. Il n'y avait plus rien.

Ah si.

Une pauvre chose agenouillée entre les éclats de lavabos, se tenant les yeux dans ses mains et sanglotant doucement. La Serdaigle se figea, jetant un nouveau regard aux alentours. Toujours désert. D'un mouvement prudent elle avança un pas. Elle avait totalement changé d'état d'esprit à la vision de la fillette effondrée. Elle se sentait même... responsable. Son menton trembla légèrement alors qu'un ruissellement de larmes s'échappa de ses yeux. Elle avait l'impression d'avoir passé deux nuit sans sommeil. Pire, c'était comme si on l'avait réveillé deux minutes après qu'elle soit parvenue à s'endormir. La scène était psychologiquement éprouvante mais elle se força à faire un nouveau pas dans sa direction.

Elle sentit l'émotion la submerger alors qu'elle tentait de s'enquérir de son état.
« _ Ma... Mathilde... Ca...ça va ? » Elle se sentie soudainement comme la dernière des abruties et reniflent bruyamment. Elle approcha alors lentement sa main droite vers son épaule, espérant qu'elle puiserait un réconfort dans l'aveu d’échec de son bourreau.

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Mathilde était effondrée, pleine de sentiments aussi différents les uns que les autres. Elle crue reconnaitre le sentiment de honte, de tristesse, de colère et un semblant de compassion submergée par de l'incompréhension.
Elle était comme paralysée, tant pis si Tally l'a laissa là, ensanglantée. Mais d'un côté elle ne voulait pas, elle voulait de l'aide.
Au milieu des débris provoqué par le sortilège, notamment des morceaux d'éviers et de bois.
Si plus petite on lui aurait dit qu'elle finirait comme ça, et en plus dans un monde magique elle ne l'aurait absolument pas cru, la situation était vraiment ridicules, voir grotesque.
La petite Serpentard essaya de sécher ses larmes tant bien que mal, elle arriva tout de même à attraper un petit paquet de mouchoir qui logeait depuis quelques jours dans sa poche gauche.
Un lourd silence se fit sentir, Mathilde resta toujours autant figée, qu'avait t'elle encore fait pour ce retrouver là ?
Elle resta agenouillée quelques instants quand son aînée décida de briser la glace et se comporter plus que gentiment. Comme si elle s'en voulait.

« _ Ma... Mathilde... Ca...ça va ? »

Bien sur que non, ça n'allait pas. Mathilde avait remarqué il y a quelque temps déjà que cette phrase était utilisé à tord et à travers lors de multiples petites catastrophes, bien sur que non, ça ne va pas. Cela na vas jamais comme la brunette espérait.

Elle ne répondit pas quand elle sentit soudainement une masse s'appuyer contre son épaule gauche, Tally avait fait ce geste, ce petit quelques choses que Mathilde n'avait pas reçu depuis bien longtemps. En fait, elle n'avait pas eu de contact physique depuis des années, sauf quelques bousculades dans les couloir de Poudlard.
Elle leva alors machinalement la tête vers la Serdaigle, elle la contempla de ses yeux devenues verts et rouge au lieu du blanc habituel, Tally sembla aussi abattue, elles avaient vraiment l'air d'être partit à la guerre, avec des têtes pareilles.
Elle articula donc quelques mots en se relevant.

- "Oui... Enfin non... Pas vraiment, Tally. Je suis vraiment désolé, vraiment. Je suis bête, très bête. Je... Je veux dire, et toi ? Ça va ? Si tu veux je pourrai aller me dénoncer pour toute la casse... Excuse moi, vraiment, je peux très bien comprendre si tu ne veux pas me pardonner..." Disa t'elle entre deux larmes

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Et merde. Qu'avait-elle réussit à provoquer à nouveau ? Il y a quelques minutes à peine, sa fureur se déchaînait à tord et à travers dans les toilettes et voilà qu'elle avait dû la remballer pour s'agenouiller auprès de la jeune Première Année, désormais effondrée sous les éviers.
Dire que les deux filles avaient deux façons de réagir totalement opposées était un euphémisme. Lorsqu'on la touchait, Tally ne voyait qu'une solution : la riposte. Pour elle, il était simplement hors-de-question de montrer la moindre faille ou le plus minuscule des points faibles, c'était son côté compétitive.

Certaines crises étaient plus violentes que d'autres, là, Mathilde avait réussi à la pousser à bout, la chatouillant aux endroits sensibles à chaque fois. Il était difficile de l'avouer mais... la Serpentard en avait sous la caboche, de manière bien plus évidente que son aînée. C'était peut-être l'une des raisons pour lesquelles Tally ne pouvait se résoudre à l'abandonner comme une vieille chaussette dans ces cabinets. Son cœur n'était pas aussi inaccessible qu'elle ne le voulait. Voir la petite brune aux couleurs rougeâtres s'effondrer avait fait tinter une corde sensible et sa colère était tombée comme un soufflé. En s'accroupissant, elle avait posé la question la plus débile qui soit, sans vraiment y penser, juste pour montrer que... qu'elle était là. Prête à faire un truc. Peut-être plus intelligent que faire voler en éclat des portes en bois et défoncer des lavabos.

Les sourcils arqués, elle s'était même approchée pour poser une main réconfortante contre son épaule. Par chance, la brune ne l'avait pas repoussé et elle lui en était reconnaissante. Connaissant son caractère, Tally aurait pu se braquer face à ce rejet et tourner les talons du pauvre corps blessé. La Serdaigle était loin d'être douée pour ce genre de trucs. Les mièvreries valaient bien pour les petites filles, elle avait passé cet âge.

Encore plus surprenant, Mathilde lui répondit. Évidemment, elle n'allait pas bien, sinon, elle ne serait pas en train de pleurer -merci, cap'tain obvious- puis elle s'accusa de tout les maux pour finalement s'enquérir de son propre bien être. En vrai, Tally s'était jamais sentie aussi mal. Aussi irresponsable. Aussi bête. Pourtant, elle répondit spontanément.

« Oui, ... oui, moi ça va. »

Et voilà qu'elle était devenue une petite fille chétive qui voulait aller raconter des conneries au concierge. C'était évidement hors de question. Mais où était passée toute sa détermination, tout son venin qu'elle avait craché quelques minutes auparavant ?

« _ Arrête de dire n'importe quoi ! Tu vas rien aller dénoncer du tout, on était pas là, c'est pas nous. Point. Et puis... Elle fronça les sourcils, sachant qu'il fallait bien s'accuser à un moment où un autre. C'est moi qui ai tout cassé. Je vais pas non plus faire porter la responsabilité à une Première Année. Tally attrapa l'autre épaule de sa main libre. Allez, je t'emmène à l'infirmerie. On trouvera bien une excuse. »

Et, tout doucement, elle tenta de faire bouger le corps ravagé par les larmes de la jeune fille.

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Toujours dans l'incompréhension la Serpentard restait là en attendant une réponse de son aînée.
Mais pourquoi attendait-elle tellement une réponse ? C'est vrai, ça ne sert à rien, Mathilde l'a appris à ses dépends et c'est forgé une véritable carapace pour éviter de souffrir de tant de questions sans réponses laisser à la petite fille qu'elle était il y a seulement quelques années. Et si elle en était déçue ? Ce n'est pas très grave, au fond elle savait qu'elle n'allait pas plus en souffrir qu'il y a quelques temps.
Mais c'était tout de même différent, la verte se sentait comme "aimantée" par Tally, et si elle avait vécu des choses similaires à Mathilde ? Et si au final, Tally avait des réponses à donner à Mathilde ?
Impossible, elle ne connaissait pas la famille Evans.

Lorsqu'elle donna quelques réponses à la rouquine, Mathilde sentait que tout ça les faisaient souffrir, peut être pas de la même manière mais cette "attraction" était finalement encore présente.

Et dire que sans cette histoire de potion ratée elle n'en serait pas là. Serait-ce un mal pour un bien ?
Sûrement.

Tally avait finalement réussi à percer la première couche de protection que Mathilde s'était fabriquée.
Elle redevint quelques instants la petite fille influençable et chétive qu'elle était avant

Après que la Serdaigle est finit de parler, de prononcer ces paroles qui étaient plutôt rassurantes dans un certains sens, après d'avoir prit la décision de l'amener à l'infirmerie Mathilde se ressaisissait et se leva, prit une grande inspiration histoire de retrouver ses esprits et le caractère qu'elle s'était forgée.
Elle prit alors la parole :

- " Tally ? Merci. Ça peut paraitre étrange mais merci, vraiment. Je ne saurai pas comment l'expliquer mais c'était très "fort" comme situation, je sais pas si tu vois ce que je veux dire, mais bon... En faite je sais pas pourquoi je te dis ça, tu dois sûrement t'en ficher..."

Elles continuèrent alors leur chemin vers l'infirmerie même si la première année semblait aller légèrement mieux.

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Tally Jenkins était vidée. Elle n'aurait jamais cru possible de ressentir aussi peu de choses. Après tout ça, elle était persuadée d'avoir paumé ses émotions à droite et à gauche dans les toilettes. Peut-être étaient-ils dans l'un des éclats brisés au sol. Maintenant, elle avait tiré Mathilde de sa position prostrée. Maintenant, elle était en charge d'une petite déboussolée. Et elle ne ressentait rien. Elles étaient là, en passe de sortir du lieu détruit. Juste là. Elles auraient bien pu être tout à fait ailleurs. Çà n'avait pas trop d'importance, finalement. Et puis, Mathilde ne semblait pas être capable de reprendre le cours de sa vie tout de suite. En fait, elle était même solidement fixée à son bras. Un peu comme une moule. Habituellement, Tally Jenkins aurait vivement agité le bras. Pour faire décrocher cette tic trop insistante. Mais là, totalement vide. Rien ne serait parvenu à la faire sortir de ses gonds. Elle réagissait avec une lenteur effroyable et ne se sentait plus vraiment droite dans ses chaussures. Le sensation était étrange, décalée, bizarre. Mais pas désagréable. Elle était là, avec sa moule.
Elles auraient bien pu être ailleurs. Mais elles étaient bien là.

Puis, Tally tourna la tête vers cette protubérance, cette sorte de troisième bras qui avait poussé depuis quelques minutes. Cet autre moi en dehors d'elle parla. Ses mots formèrent peu à peu des phrases. Ses phrases semblaient faire sens. Ah oui. Après une longue réflexion, elles faisaient sens. C'était son prénom.
Tally.
Ta-lly.
Ça sonnait drôle dans sa tête. Pourquoi lui avait-on choisi ce prénom ? Pourquoi pas un autre ? Tally. Deux syllabes. Trois auraient été plus chantantes. C'était drôle comme prénom, si on y pensait. Et puis, elle était là. Comme elle aurait pu être ailleurs. Mais son nouveau bras lui demandait de l'attention. Un peu comme les autres vrais êtres humains. Celui-ci voulait la remercier. C'était simple. Basique, même. Elle aurait pu tout aussi bien être ailleurs qu'elle l'aurait entendu de la même façon. Pourquoi diable la remercier ? Elle qui était le sujet de tout ses malheurs ? Tally Jenkins ne broncha pas. Elle fixa simplement l'autre fille. C'était Mathilde. Des images sanguinaires défilèrent sous ses yeux. Elle les ferma plusieurs secondes pour forcer son cerveau à effacer ces images. Trop de haine. Trop de violence. Elle avait coulé. Fort. Oui. C'était pas faux. Ç’a avait été fort. Pour Tally Jenkins aussi. Elle haussa les épaules. C'était peut-être la preuve qu'attendait Mathilde pour lui prouver qu'elle s'en fichait. Oui. Enfin, non. Elle aurait bien pu être ailleurs.

Vidée.
Définitivement vidée.

Le couple se mit en branle. Ou peut-être était-il déjà en train de bouger auparavant. Rien n'était plus certain. Ou moins incertain. Elle aurait pu être là. Ou ailleurs. Elle se laissa porter. Était-ce vraiment elle qui avait engagé cette marche ? Tally n'en était plus vraiment sûre. Seul le sang sur les murs, les éviers volants en éclats et la porte se fissurant dans un craquement strident s'accrochaient à sa rétine. Quand est-ce que cette danse allait prendre fin ? Pourquoi avait-elle invité cette cavalière de deux ans sa cadette dans cette valse ?
De toute façon, c'était une coquille vide qui marchait dans les couloirs.

Finalement, le cortège funèbre s'arrêta. Tally n'avait pas envie de ne plus marcher. Pourquoi fallait-il s'arrêter de marcher ? C'était si simple. Un pas. Un autre pas. Facile.
Elle regarda l'autre fille. Cette protubérance gênante. Elle agita le bras pour sans débarrasser. Contre toute attente, son bras tout mou se libéra. Elle adressa un dernier regard de merlan fris à la fille qu'elle avait agressé, blessé puis sauvé. Tally voulait aller au lit. Pleurer. Dormir. Se reposer. C'était pas compliqué.

« _ A plus, Mathilde. Elle fit un vague signe de la main. Tout n'était peut-être pas perdu. »

Elle était là.
Elle voulait simplement être ailleurs.


Reducio
Fin du RP de mon côté !
Merci beaucoup Mathilde, super sympa ! :D

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