31 mondes à l’encre

Reducio

Dernière modification par Alice Grant le 14 oct. 2026, 18:07, modifié 4 fois.
ALICE GRANT / SERPENTARD / DEUXIÈME ANNÉE
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, la nuit je suis là
Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins
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31 mondes à l’encre

Des pommes rouges dans un cœur d'enfant
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Papa et Maman sont revenus du marché avec beaucoup de pommes. Les pommes, c'est comme les cerises, je sais. C'est un fruit. Il est rond, rouge ou vert. Il a une petite tige verte qui pousse de son centre. Entre les pommes et les cerises, il y a quelques différences : on peut manger les premières quand elles sont vertes mais jamais les secondes ; les cerises ont un noyau tandis que les pommes ont en plein. J'adore les cerises : quand elles sont par deux, on peut en faire des boucles d'oreilles. Elles sont rouges comme le sang et leur jus tache nos doigts. Même si, écrasées, on pourrait dire que c'est du sang coagulé, elles ne sont pas empoisonnée. Pas comme les pommes.
Rassurez-moi : si une vieille femme vous propose une pomme, rouge de surcroit, vous ne l'acceptez pas, hein ? C'est très, très dangereux dans l'autre cas. Cette phrase, elle vous fait penser à quelque chose, je sais, quelque chose que vous avez oublié car vous n'y prêtez guère d'attention. Moi si, et je ne ferai pas l'erreur, je le sais. Je suis une grande fille, j'ai bien compris la leçon. Ne jamais manger une pomme rouge, elle peut vous faire dormir pendant très longtemps et aucun prince charmant viendra vous délivrer ni les sept nains, ça n'existe pas.
Pauvre Blanche-Neige... Ah, ce nom vous dit quelque chose, je sais ! C'est l'héroïne d'un des contes pour les enfants : elle était si belle qu'on la détestait, tellement qu'on voulait la tuer. On lui a donner une pomme rouge pour réaliser le funeste destin. C'est sûr, les pommes rouges, elles sont empoisonnées. Elles sont pas comme les cerises, les cerises c'est trop bon. Je ne mangerai jamais de pommes rouges, je veux pas mourir. Papa et Maman sont revenus du marché avec beaucoup de pommes. Sûrement, il y en aura des rouges. C'est fou comment les adultes ont oublié ce conte, ils ne savent pas que le danger les guette à chaque bouchées. Je ne me ferai pas avoir et je sauverai mes parents.
" - À table, Alice ! cria Maman, On mange !"
Je sursaute et détache mes yeux du livre à images que je devais regarder. J'ai aucune idée de l'histoire qui se raconte dedans, j'ai rêvassé. D'un geste du poignet, je m'essuis la bave qui a séché sur mon menton et je file me laver les mains. Il faut pas faire attendre pas Papa et Maman, chaque secondes passées loin d'eux est un tic tac contre le temps. Ils pourraient croquer dans une pomme rouge le temps que j'arrive.
Le dîner se passe à merveille, tout simplement. Je suis une grande, maintenant, je sais utiliser toute seule ma fourchette. Il faut encore que Papa ou Maman me coupe ma viande, sinon je suis autonome. Ce sont des pâtes, comme tous les soirs où ils n'ont pas le temps de faire à manger, où Papa reste très tard dans son bureau à écrire, où Maman ne peut s'empêcher de dormir sur le canapé. Moi, j'aime bien ces après-midi-là et ces soirs-là : je peux lire les images à longueur de journée et, parfois, j'ai droit à un dessin animé. Le dessert, c'est une salade de fruit. Je crois que je préfère manger les fruits comme ça que tout court, sauf les cerises... Et les pommes.
Ma cuillère glisse dans la coupelle et je vais à la pêche de quelques morceaux de fruits. Il y a un disque jaune pâle qui est de la banane, un triangle orange c'est de l'orange, un autre vert du kiwi... Plein de fruits. J'ouvre ma bouche et glisse les fruits dedans. Je les enroule de ma langue et les retourne dans tous les sens pour en extraire le goût. Puis, je passe aux dents. Les morceaux y sont écrabouillés et de nouveau plein de saveurs emplissent mon palais. C'est bon... Non, attends une minute, qu'est-ce que c'est que ça ? Un fruit dur, en triangle, il faut forcer pour le croquer, il y a pas beaucoup de jus qui sort. Minute, c'est une pomme. Je me suis empoisonnée. Tremblante, j'attrape le quartier de pomme avec mes mains et le laisse tomber sur la table.
" - Mais, enfin, Alice, on ne fait pas ça. C'est une pomme, c'est un fruit. Des que c'est dans la bouche, on le croque."
Papa me gronde mais il a oublié Blanche-Neige. Je comprends pas pourquoi ils peuvent être aussi mal informé des dangers de la planète. Je gémis.
" - Mais Papa... C'est une pomme comme dans Blanche-Neige. Elle est empoisonnée.
- Blanche-Neige ? Quoi, Blanche-Neige ? C'est quoi cette histoire avec elle"
Il ne croyait pas si bien dire. Il est temps qu'on rafraichisse la mémoire de tous les adultes. Comme ça, il y en aura moins qui mourront et les cimetière seront moins remplis. Maman rigole, je sais pas pourquoi.
" - Bah... Tu sais, Blanche-Neige, la princesse trop belle. Elle failli être morte à cause d'une pomme rouge. Toutes les pommes rouges sont empoisonnées. On apprend ça dans les contes : les adultes l'ont oublié, c'est pour ça que les enfants doivent les lire."
Maman rigole toujours. Elle me prend la main et me sourit. Je vois pas ce qu'il y a de drôle. Papa est légèrement désemparé par mon explication, il doit avoir compris.
" - Mais non, ma chérie, les pommes ne sont pas empoisonnées, m'explique Maman, sinon on les achèterai pas.
- Mais non ! On a écrit les contes pour que les enfants protègent leurs parents parce que leurs parents ont trop de choses à faire et à penser et ils oublient donc les contes.
- Alice, ton papa est écrivain : il écrit des livres. Je peux t'assurer qu'il n'a pas oublier ses contes, il a même une édition rare dans sa bibliothèque. C'est même sa toute premier source d'inspiration.
- C'est vrai ?"
Je tourne la tête vers Papa. Lui aussi, il a le sourire aux lèvres mais il incline la tête pour affirmer ce que à dit Maman. Maman ne me mentirait pas, elle ment jamais. Mais donc, les pommes rouges, elles sont empoisonnées ou non ?
" - Et les pommes ? Elles sont pas an-poi-zo-née ? en-boizonée ?
- Empoisonnées ?
- Oui ! Et pourquoi Blanche-Neige s'étouffe avec ? Elle sait pas manger ?
- Elles sont pas empoisonnées. Pour Blanche-Neig, il y a juste une méchante reine qui veut la tuer. Je crois pas que quelqu'un te veux du mal, ma chérie.
- Non, c'est vrai.
- Tu peux donc manger des pommes."
Aujourd'hui, Papa et Maman sont revenus du marché avec beaucoup de pommes. Elles sont vertes, jaunes, rouges ou un mélange des trois couleurs. Elles sont pleins de pépins et les rouges ressemblent aux cerises en plus grand. Les pommes est un fruit très spécial, si quelqu'un veut vous tuer : il ne faut surtout pas manger de pomme rouge. Celle-ci entendrait les pensées de celui qui vous veut du mal et deviendras empoisonnées. Aujourd’hui, j'ai sauvé Papa et Maman, et ils m'ont aussi sauvée. Les pommes ne seront plus jamais craintes.
Rassurez-moi : si une vieille femme vous propose une pomme, rouge de surcroit, vous ne l'acceptez pas, hein ? C'est très, très dangereux dans l'autre cas. Cette phrase, elle vous fait penser à quelque chose, je sais, quelque chose que vous avez oublié car vous n'y prêtez guère d'attention. Moi si, et je ne ferai pas l'erreur, je le sais. Je suis une grande fille, j'ai bien compris la leçon. Ne jamais manger une pomme rouge, elle peut vous faire dormir pendant très longtemps et aucun prince charmant viendra vous délivrer ni les sept nains, ça n'existe pas.
Pauvre Blanche-Neige... Ah, ce nom vous dit quelque chose, je sais ! C'est l'héroïne d'un des contes pour les enfants : elle était si belle qu'on la détestait, tellement qu'on voulait la tuer. On lui a donner une pomme rouge pour réaliser le funeste destin. C'est sûr, les pommes rouges, elles sont empoisonnées. Elles sont pas comme les cerises, les cerises c'est trop bon. Je ne mangerai jamais de pommes rouges, je veux pas mourir. Papa et Maman sont revenus du marché avec beaucoup de pommes. Sûrement, il y en aura des rouges. C'est fou comment les adultes ont oublié ce conte, ils ne savent pas que le danger les guette à chaque bouchées. Je ne me ferai pas avoir et je sauverai mes parents.
" - À table, Alice ! cria Maman, On mange !"
Je sursaute et détache mes yeux du livre à images que je devais regarder. J'ai aucune idée de l'histoire qui se raconte dedans, j'ai rêvassé. D'un geste du poignet, je m'essuis la bave qui a séché sur mon menton et je file me laver les mains. Il faut pas faire attendre pas Papa et Maman, chaque secondes passées loin d'eux est un tic tac contre le temps. Ils pourraient croquer dans une pomme rouge le temps que j'arrive.
Le dîner se passe à merveille, tout simplement. Je suis une grande, maintenant, je sais utiliser toute seule ma fourchette. Il faut encore que Papa ou Maman me coupe ma viande, sinon je suis autonome. Ce sont des pâtes, comme tous les soirs où ils n'ont pas le temps de faire à manger, où Papa reste très tard dans son bureau à écrire, où Maman ne peut s'empêcher de dormir sur le canapé. Moi, j'aime bien ces après-midi-là et ces soirs-là : je peux lire les images à longueur de journée et, parfois, j'ai droit à un dessin animé. Le dessert, c'est une salade de fruit. Je crois que je préfère manger les fruits comme ça que tout court, sauf les cerises... Et les pommes.
Ma cuillère glisse dans la coupelle et je vais à la pêche de quelques morceaux de fruits. Il y a un disque jaune pâle qui est de la banane, un triangle orange c'est de l'orange, un autre vert du kiwi... Plein de fruits. J'ouvre ma bouche et glisse les fruits dedans. Je les enroule de ma langue et les retourne dans tous les sens pour en extraire le goût. Puis, je passe aux dents. Les morceaux y sont écrabouillés et de nouveau plein de saveurs emplissent mon palais. C'est bon... Non, attends une minute, qu'est-ce que c'est que ça ? Un fruit dur, en triangle, il faut forcer pour le croquer, il y a pas beaucoup de jus qui sort. Minute, c'est une pomme. Je me suis empoisonnée. Tremblante, j'attrape le quartier de pomme avec mes mains et le laisse tomber sur la table.
" - Mais, enfin, Alice, on ne fait pas ça. C'est une pomme, c'est un fruit. Des que c'est dans la bouche, on le croque."
Papa me gronde mais il a oublié Blanche-Neige. Je comprends pas pourquoi ils peuvent être aussi mal informé des dangers de la planète. Je gémis.
" - Mais Papa... C'est une pomme comme dans Blanche-Neige. Elle est empoisonnée.
- Blanche-Neige ? Quoi, Blanche-Neige ? C'est quoi cette histoire avec elle"
Il ne croyait pas si bien dire. Il est temps qu'on rafraichisse la mémoire de tous les adultes. Comme ça, il y en aura moins qui mourront et les cimetière seront moins remplis. Maman rigole, je sais pas pourquoi.
" - Bah... Tu sais, Blanche-Neige, la princesse trop belle. Elle failli être morte à cause d'une pomme rouge. Toutes les pommes rouges sont empoisonnées. On apprend ça dans les contes : les adultes l'ont oublié, c'est pour ça que les enfants doivent les lire."
Maman rigole toujours. Elle me prend la main et me sourit. Je vois pas ce qu'il y a de drôle. Papa est légèrement désemparé par mon explication, il doit avoir compris.
" - Mais non, ma chérie, les pommes ne sont pas empoisonnées, m'explique Maman, sinon on les achèterai pas.
- Mais non ! On a écrit les contes pour que les enfants protègent leurs parents parce que leurs parents ont trop de choses à faire et à penser et ils oublient donc les contes.
- Alice, ton papa est écrivain : il écrit des livres. Je peux t'assurer qu'il n'a pas oublier ses contes, il a même une édition rare dans sa bibliothèque. C'est même sa toute premier source d'inspiration.
- C'est vrai ?"
Je tourne la tête vers Papa. Lui aussi, il a le sourire aux lèvres mais il incline la tête pour affirmer ce que à dit Maman. Maman ne me mentirait pas, elle ment jamais. Mais donc, les pommes rouges, elles sont empoisonnées ou non ?
" - Et les pommes ? Elles sont pas an-poi-zo-née ? en-boizonée ?
- Empoisonnées ?
- Oui ! Et pourquoi Blanche-Neige s'étouffe avec ? Elle sait pas manger ?
- Elles sont pas empoisonnées. Pour Blanche-Neig, il y a juste une méchante reine qui veut la tuer. Je crois pas que quelqu'un te veux du mal, ma chérie.
- Non, c'est vrai.
- Tu peux donc manger des pommes."
Aujourd'hui, Papa et Maman sont revenus du marché avec beaucoup de pommes. Elles sont vertes, jaunes, rouges ou un mélange des trois couleurs. Elles sont pleins de pépins et les rouges ressemblent aux cerises en plus grand. Les pommes est un fruit très spécial, si quelqu'un veut vous tuer : il ne faut surtout pas manger de pomme rouge. Celle-ci entendrait les pensées de celui qui vous veut du mal et deviendras empoisonnées. Aujourd’hui, j'ai sauvé Papa et Maman, et ils m'ont aussi sauvée. Les pommes ne seront plus jamais craintes.
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1196 mots
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31 mondes à l’encre

La relique naissante
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Il y a une pièce dans la maison qui n'est jamais fermée à clé. C'est notre refuge, la bibliothèque de la maison. Papa passe la majeur partie de son temps dedans : il travaille sur son prochain roman. Maman aime chercher les mots de toutes les langues dans ses multiples dictionnaires. Et moi, j'aime passer du temps à regarder les centaines de livres qui s'offrent à mes yeux. On est une famille de Mots : Papa est écrivain, Maman parle plusieurs langues et moi, Alice, j'adore lire et écrire.
Il n'y a pas que des livres. Il y a les brouillons de Papa. Des montagnes de feuilles qui débordent de son bureau, toutes raturées. Parfois il n'y a qu'un seul mot de barré dix fois, juste pour en trouver un plus beau. Et parfois, après avoir cherché pendant une heure, il barre tout et il remet le tout premier, celui du début. Comme si le plus beau mot, c'était déjà celui qu'il avait. Moi, je le comprends : faire preuve de simplicité est une marque d'élégance. Il y a son ordinateur aussi, au milieu de tout ça. Il claque très fort quand il s'énerve sur une phrase, et l'écran reste allumé tard le soir. Il éclaire toute la bibliothèque en bleu. Ses doigts cliquent sur les touches à la vitesse de la lumière. Il ne les regarde pas, il sait instinctivement où elles se placent. Petite, je m'endormais au son des touches ; c'était une chanson, le chant des Mots.
Et puis, dans le coin, près de la fenêtre, il y a les cartes de Maman. Elle les dessine d'abord à la main, avec des crayons de couleur. Elle dit que les couleurs tiennent mieux sur le papier que sur un écran. Après, elle les refait à l'ordinateur, mais les premières, celles en papier, elle les garde. Elles sont toutes douces à force d'être touchées. On a pas besoin de comprendre leur sens pour admirer leur beauté. Les couleurs sont uniformes et flamboyantes. Cela pourrait être une oeuvre d'art. Elle en a affiché certaines entre les livres. Celle-là ne parlent pas de démographie ni de géographie. Le monde de la lecture est difficile à colorer mais sous ses couleurs, il trouve sa forme particulière. Le monde excentrique créé par Lewis Carton pour Alice et le Lapin Blanc est là. Narnia et ses multiples contrées lui fait fasse. Ils ont leur place dans la pièce des Mots.
Les livres, les brouillons, les cartes sont conservés avec soin. Chaque famille possèdent des reliques, ce sont les nôtres. Cependant, il y en existe une qui éclipse toute les autres. Mon regard y est ai mangé des que je rentre dans la pièce. Elle a sa place sur la table basse en bois d'acajou. Au milieu de toutes les tranches dorées, ces touches nacres se demarquent. Elle est d'un noir brillant, uniforme et ces lettres sont effacées laissant un espace blanc. Pourtant, je n'ai jamais vu personne s'en servir. Papa ne veut pas. Il dit qu'elle est faite pour observer. Je ne comprends pas. J'aimerai tellement appuyer sur les touches, entendre le bruit caractéristique de la barre d'espace, glisser la feuille de papier dans l'intertice prevue à cette effet. Mais Papa ne veut pas et je la touche seulement avec les yeux. Notre machine à écrire.
À dix ans, on connaît les règles. Nos droits et les interdis. Généralement, on est assez intelligent pour ne pas les enfreindre. Mais j'en ai assez d'attendre. Pendant dix ans de la vie, je l'ai observé, touché des yeux. J'ai respecté la consigne. Aujourd'hui, je désobéis. Il peut me gronde. Il peut m'interdire l'accès de la bibliothèque. Il peut me garder à la maison seule. Mais j'en ai assez d'attendre. L'impatience ronge les nerfs. Mes doigts me brûlent. Je viens de toucher la machine à écrire. Mon doigt vient d'enfoncer une touche. Et un clic retentit, comme un avertissement.
" - Alice ?"
Et une voix s'élève, comme une réponse. Je connais cette voix, grave et douce sur les bords. Je connais cette présence, rassurante mais imposante. Papa. Je me retourne, prise en flagrant délit. Comment j'aurai pu penser que je serai discrète. Il lit dans mes pensées, il me connaît.
" - Je...
- Vu comme tu es curieuse, je sais pas comment tu as pu tenir 10 ans.
- Pardon ? Que...
- Vient t'asseoir, il est temps que tu apprennes."
Je ne comprends pas. Mais que peut-on comprendre après cette déclaration ? Attandait-il que j'enfreigne la règle, la seule qui est resté telle qu'elle ? Pourquoi ? Comme toute les autres, j'aurai cru qu'elle changerait un jour ou l'autre. À dix ans, j'en ai assez d'attendre mais c'était ce qu'avait fait Papa. On s'attendait mutuellement.
" - Papa... Je suis désolée de l'avoir touché. C'est juste que... Enfin, elle m'attire. Le secret qui l'entoure ne me repousse pas.
- Tu crois qu'un secret est caché dans ses entrailles ?
- Bah...
- Il n'y a aucun. Petite, je ne voulais pas que tu la touches, de peur que tu la casses. Grande, tu ne voulais toujours pas la toucher, respectant l'interdit que je t'ai donné voilà six ans plus tôt. J'ai attendu que ta curiosité te pousse à la toucher.
- Juste ça."
Je ne comprends pas. La machine à écrire a peuplé mes pensées, mes rêves, mes écrits. Elle possédait un mystère symbolique. Quelque chose qui la rendait unique. Elle doit posséder un truc en plus que les autre. Comme Olivetti, l'héroïne d'un roman que j'ai lu une ou deux années plutôt.
" - Quelle est son histoire ?
- Son histoire ? répéta Papa.
- Oui.
- Elle en a pas.
- Aucune ? fis-je, dubitative.
- Aucune. Je l'ai acheté dans une brocante, un an après ta naissance."
Je ne comprends pas. Comment on fait ? La machine à écrire est une machine à écrire. Rien de plus. Pas d'héritage datant de l'époque des trains à vapeurs. Pas un cadeau d'un lointain parent. Elle n'a pas d'histoire mais sert un écrivain. Elle n'a pas d'histoire mais vit au milieu de livres. Elle n'a pas d'histoire mais la famille qui l'utilise aime les Mots.
" - Je pourrais l'utiliser ?"
Papa se leva et la prit entre ses deux grandes mains, avant de la déposer devant moi. D'un chiffon tiré d'un tiroir, il essuie avec précision chaque touche. J'effleure les touches ivoires. Mon index commence à pousser le A, premier lettre de mon prénom. Ses mains emprisonnent les miennes. Il faut attendre. D'une oreille attentive, j'écoute ses explications. J'écoute les consignes, nouvelles pour la première fois. Puis mes doigts volérent au-dessus.
Les touches s'enfoncent, les lettres s'inscrivent sur le papier. Les cliquetis retentissent dans la pièce. Silencieusement, je me promet. Je lui promet une histoire. À l'instar des livres, des cartes, des brouillons, elle deviendras une relique. Notre machine à écrire.
Il n'y a pas que des livres. Il y a les brouillons de Papa. Des montagnes de feuilles qui débordent de son bureau, toutes raturées. Parfois il n'y a qu'un seul mot de barré dix fois, juste pour en trouver un plus beau. Et parfois, après avoir cherché pendant une heure, il barre tout et il remet le tout premier, celui du début. Comme si le plus beau mot, c'était déjà celui qu'il avait. Moi, je le comprends : faire preuve de simplicité est une marque d'élégance. Il y a son ordinateur aussi, au milieu de tout ça. Il claque très fort quand il s'énerve sur une phrase, et l'écran reste allumé tard le soir. Il éclaire toute la bibliothèque en bleu. Ses doigts cliquent sur les touches à la vitesse de la lumière. Il ne les regarde pas, il sait instinctivement où elles se placent. Petite, je m'endormais au son des touches ; c'était une chanson, le chant des Mots.
Et puis, dans le coin, près de la fenêtre, il y a les cartes de Maman. Elle les dessine d'abord à la main, avec des crayons de couleur. Elle dit que les couleurs tiennent mieux sur le papier que sur un écran. Après, elle les refait à l'ordinateur, mais les premières, celles en papier, elle les garde. Elles sont toutes douces à force d'être touchées. On a pas besoin de comprendre leur sens pour admirer leur beauté. Les couleurs sont uniformes et flamboyantes. Cela pourrait être une oeuvre d'art. Elle en a affiché certaines entre les livres. Celle-là ne parlent pas de démographie ni de géographie. Le monde de la lecture est difficile à colorer mais sous ses couleurs, il trouve sa forme particulière. Le monde excentrique créé par Lewis Carton pour Alice et le Lapin Blanc est là. Narnia et ses multiples contrées lui fait fasse. Ils ont leur place dans la pièce des Mots.
Les livres, les brouillons, les cartes sont conservés avec soin. Chaque famille possèdent des reliques, ce sont les nôtres. Cependant, il y en existe une qui éclipse toute les autres. Mon regard y est ai mangé des que je rentre dans la pièce. Elle a sa place sur la table basse en bois d'acajou. Au milieu de toutes les tranches dorées, ces touches nacres se demarquent. Elle est d'un noir brillant, uniforme et ces lettres sont effacées laissant un espace blanc. Pourtant, je n'ai jamais vu personne s'en servir. Papa ne veut pas. Il dit qu'elle est faite pour observer. Je ne comprends pas. J'aimerai tellement appuyer sur les touches, entendre le bruit caractéristique de la barre d'espace, glisser la feuille de papier dans l'intertice prevue à cette effet. Mais Papa ne veut pas et je la touche seulement avec les yeux. Notre machine à écrire.
À dix ans, on connaît les règles. Nos droits et les interdis. Généralement, on est assez intelligent pour ne pas les enfreindre. Mais j'en ai assez d'attendre. Pendant dix ans de la vie, je l'ai observé, touché des yeux. J'ai respecté la consigne. Aujourd'hui, je désobéis. Il peut me gronde. Il peut m'interdire l'accès de la bibliothèque. Il peut me garder à la maison seule. Mais j'en ai assez d'attendre. L'impatience ronge les nerfs. Mes doigts me brûlent. Je viens de toucher la machine à écrire. Mon doigt vient d'enfoncer une touche. Et un clic retentit, comme un avertissement.
" - Alice ?"
Et une voix s'élève, comme une réponse. Je connais cette voix, grave et douce sur les bords. Je connais cette présence, rassurante mais imposante. Papa. Je me retourne, prise en flagrant délit. Comment j'aurai pu penser que je serai discrète. Il lit dans mes pensées, il me connaît.
" - Je...
- Vu comme tu es curieuse, je sais pas comment tu as pu tenir 10 ans.
- Pardon ? Que...
- Vient t'asseoir, il est temps que tu apprennes."
Je ne comprends pas. Mais que peut-on comprendre après cette déclaration ? Attandait-il que j'enfreigne la règle, la seule qui est resté telle qu'elle ? Pourquoi ? Comme toute les autres, j'aurai cru qu'elle changerait un jour ou l'autre. À dix ans, j'en ai assez d'attendre mais c'était ce qu'avait fait Papa. On s'attendait mutuellement.
" - Papa... Je suis désolée de l'avoir touché. C'est juste que... Enfin, elle m'attire. Le secret qui l'entoure ne me repousse pas.
- Tu crois qu'un secret est caché dans ses entrailles ?
- Bah...
- Il n'y a aucun. Petite, je ne voulais pas que tu la touches, de peur que tu la casses. Grande, tu ne voulais toujours pas la toucher, respectant l'interdit que je t'ai donné voilà six ans plus tôt. J'ai attendu que ta curiosité te pousse à la toucher.
- Juste ça."
Je ne comprends pas. La machine à écrire a peuplé mes pensées, mes rêves, mes écrits. Elle possédait un mystère symbolique. Quelque chose qui la rendait unique. Elle doit posséder un truc en plus que les autre. Comme Olivetti, l'héroïne d'un roman que j'ai lu une ou deux années plutôt.
" - Quelle est son histoire ?
- Son histoire ? répéta Papa.
- Oui.
- Elle en a pas.
- Aucune ? fis-je, dubitative.
- Aucune. Je l'ai acheté dans une brocante, un an après ta naissance."
Je ne comprends pas. Comment on fait ? La machine à écrire est une machine à écrire. Rien de plus. Pas d'héritage datant de l'époque des trains à vapeurs. Pas un cadeau d'un lointain parent. Elle n'a pas d'histoire mais sert un écrivain. Elle n'a pas d'histoire mais vit au milieu de livres. Elle n'a pas d'histoire mais la famille qui l'utilise aime les Mots.
" - Je pourrais l'utiliser ?"
Papa se leva et la prit entre ses deux grandes mains, avant de la déposer devant moi. D'un chiffon tiré d'un tiroir, il essuie avec précision chaque touche. J'effleure les touches ivoires. Mon index commence à pousser le A, premier lettre de mon prénom. Ses mains emprisonnent les miennes. Il faut attendre. D'une oreille attentive, j'écoute ses explications. J'écoute les consignes, nouvelles pour la première fois. Puis mes doigts volérent au-dessus.
Les touches s'enfoncent, les lettres s'inscrivent sur le papier. Les cliquetis retentissent dans la pièce. Silencieusement, je me promet. Je lui promet une histoire. À l'instar des livres, des cartes, des brouillons, elle deviendras une relique. Notre machine à écrire.
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1148 mots
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Dernière modification par Alice Grant le 6 oct. 2026, 17:36, modifié 3 fois.
ALICE GRANT / SERPENTARD / DEUXIÈME ANNÉE
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Les cactus n'ont jamais été les héros
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Les cactus n'ont jamais été les protagonistes principale d'un roman, même pas de nouvelles. Après tout, est-ce qu'ils seront bien dans ce rôle ? Ils n'ont rien d'attrayant. Ils sont verts, piquants. Vivent seulement dans les endroits secs et chauds. Ont des bras en forme d'angle droit. En vrai, je comprends. L'imagination ne peut pas s'accrocher à beaucoup de choses. Cependant, je me questionne. Ne ferait-il pas une plante nécessaire à la survie des personnages ?
Visuellement un cactus ne pourrait pas jouer un personnage, qui soit principal ou non, ça on le sait. Mais, ils ont des capacités étonnantes. Ils n'ont guère besoin d'eau pour survivre. De plus, on trouve de l'eau en eux pour se désaltérer. Pour former une histoire, il suffit de prendre un détail de la vie commune et de le retourner comme une vulgaire chaussette. Et si, dans le futur, on utilisait leurs peaux pour coudre des combinaisons à l'épreuve de la chaleur étouffante ? Et si, chaque être humain possédait un cactus portatif pour ne pas souffrir du manque d'eaux ? Et si, leurs piquants étaient un remède à une maladie incurable ? On tient quelque chose, il suffit de dérouler la bobine.
Et voilà comment un cactus, plante quelconque, plante délaissée des Hommes, plante délaissée des histoires devient le centre d'une survie. Non, elle n'est pas le personnage principal mais sans elle, il n'existerait tout simplement pas. La Nature à toujours aidé ses rejetons, même si ils la détruisent. Elle se bat contre elle-même. Mais on peut toujours lui rendre hommage avec les Mots. Voilà comment on finit par être séduit par sa propre imagination. C'est bien la seule qualité des Hommes, imaginer. Imaginer un fin heureuse alors que chaque heures de la journée leur fin se précipite, lentement mais sûrement.
C'est décide, j'écris une nouvelle à la gloire des cactus et de la Planète. Silencieusement, je me lève de mon lit pour aller chercher un carnet vierge ou non, pour écrire les prémices de l'histoire. Je devrais dormir, il se fait tard : seulement Papa travaille encore. Demain, j'ai école. Mais j'arrive pas à dormir, comme depuis que... Bref, ce n'est pas le moment de penser à ça. J'attrape un carnet, un parmi des milliers d'autres et je réussit à m'emparer d'un stylo quatre couleurs qui trainait sous mon bureau. De retour dans mon lit, j'allume la lumière portative que quelqu'un m'a offert, je sais plus qui me l'a offert. Elle est idéale pour lire la nuit ou faire autre chose. J'ouvre mon carnet à une page blanche et je commence à coucher mes idées sur le papier.
J'écris en vert, évidemment. Un cactus, c'est vert et j'aime bien écrire d'une couleur qui me rappelle mon histoire. Les éléments que j'ai noté tiennent la route mais il y en a peu. J'essaye vraiment de construire une société basée sur le cactus. J'invente une nouvelle matière. Je dessine quelques vêtements dont la combinaison. Je dédie même une page entière à la maladie et à son remède, les épines. Tandis que je décide de chaque petit élément, en parallèle, le plan de mon histoire se dessine. Un road-trip précipité, une course contre la montre : une apprentie médecin accompagné d'un jeune garde. Un petit État, enclavé par un empire et dessiné par la maladie. Deux adultes à peine majeur envoyé en territoire ennemi pour récupérer le remède. Voilà comment se dessine mon histoire.
Je finis par m'endormir, le stylo lové dans ma main et le carnet grand ouvert.
J'ai posé en évidence mon carnet sur la table à manger. Papa et Maman aiment beaucoup quand je leur partage mon imagination et mes histoires en attente. J'en ai plusieurs que je n'ai pas terminé d'écrire, je ne sais même pas je finirai celle-là. Mais bon, toujours est-il important de noter ses idées, si jamais, au grand jamais, un jour, on se dit que la carrière d'écrivain est faite pour nous et qu'on doit écrire un livre. J'attends que Papa lance le sujet, il n'est jamais bien fort pour réfréner sa curiosité, comme moi, c'est vrai mais je connais le contenu de mon carnet. On entame justement le plat quand il pointe mon carnet de sa main gauche. Je comprend sa question silencieuse et je souris. T'écris quoi ? Une question que je lui pose en retour bien souvent. Il me la renvoie assez bien.
" - A ton avis, Papa ?
- Attends.. Je lis dans tes pensées... Une nouvelle ! Elle parle de quoi ?"
Je souris. J'ai toujours aimé dévoiler mes idées à mes parents, ils en ont toujours des bonnes à me donner. Je sais pas le fait de tourner le cactus à toute les sauces sera apprécié mais il est toujours bon d'avoir des avis qui diffèrent. Le carnet, fermé, montre sa couverture rouge sang et brillante, il n'attend que d'être ouvert.
" - L'histoire se passe dans le futur. Dans le futur, rien n'est comme avant : il n'y a plus d'eau, sauf le Pacifique mais l'eau est salée. L'Atlantique a laissé place à un désert de sables brulant, où des cactus poussent à perte de vue. Il s'agit de la seule plante encore vivante, les précédentes ayant cramées au soleil. L'histoire commence dans un petit État, cerné par toute parts par un Empire sur-puissant. Il est ravagé par une maladie sans remède.
- Quel est le but de l'histoire ? Qui sont les personnages ? Pourquoi tu a parlé de cactus ?
- L’État fait quelle superficie ? Et l'Empire ? Pourquoi l'Empire n'attaque pas l’État ?"
C'est toujours comme ça quand je leur parle d'une nouvelle idée. Papa se met à me parler schéma narratif et Maman, géographie du monde que j'ai crée ou modifié.
" - Le but de l'histoire est de trouver un remède. Ayant tout essayé, l’État envoie une apprentie médecin et un garde chercher le remède dans l'Empire à côté. Tous mon monde tourne autour du cactus, tout. Le remède sera des épines, les cactus seront surnommés arbre à eaux, les vêtements seront fait de leur peau verte...
- Et la fin de l'histoire, c'est quand ils ont récupéré le remède ?
- Non, ce serait nul. Ils vont pas trouver le remède donc l'apprentie médecin va décider de le trouver. Comment, je sais pas. Il faut que je fasse des recherches."
Après, je me tourne vers Maman qui m'a elle aussi posé des questions.
" - Je sais pas trop, ça... L'Empire est gigantesque et l’État est minuscule. L'Empire est tous les continents sauf l’État. Parce que ils se remet d'une récente guerre avec un autre Empire. Il l'a annexé mais ses troupes n'ont plus de force pour attaquer l’État.
- Ok... L’État, il est aussi grand que l'Irlande ou la France ? La Pologne ou la Turquie ? L’Allemagne ou la Norvège ?
- Heu... Aussi grand que l'Allemagne."
Voilà pourquoi j'aime partager mes histoire avec mes parents. Ils m'aident toujours à peaufiner les détails, ils me posent les bonnes questions, ils m'expliquent certains points que je ne connais pas mais qui serait intéressant dans mon histoire. On fait des nouvelles à trois, chacun s'occupant d'un domaine qu'il connait.
Visuellement un cactus ne pourrait pas jouer un personnage, qui soit principal ou non, ça on le sait. Mais, ils ont des capacités étonnantes. Ils n'ont guère besoin d'eau pour survivre. De plus, on trouve de l'eau en eux pour se désaltérer. Pour former une histoire, il suffit de prendre un détail de la vie commune et de le retourner comme une vulgaire chaussette. Et si, dans le futur, on utilisait leurs peaux pour coudre des combinaisons à l'épreuve de la chaleur étouffante ? Et si, chaque être humain possédait un cactus portatif pour ne pas souffrir du manque d'eaux ? Et si, leurs piquants étaient un remède à une maladie incurable ? On tient quelque chose, il suffit de dérouler la bobine.
Et voilà comment un cactus, plante quelconque, plante délaissée des Hommes, plante délaissée des histoires devient le centre d'une survie. Non, elle n'est pas le personnage principal mais sans elle, il n'existerait tout simplement pas. La Nature à toujours aidé ses rejetons, même si ils la détruisent. Elle se bat contre elle-même. Mais on peut toujours lui rendre hommage avec les Mots. Voilà comment on finit par être séduit par sa propre imagination. C'est bien la seule qualité des Hommes, imaginer. Imaginer un fin heureuse alors que chaque heures de la journée leur fin se précipite, lentement mais sûrement.
C'est décide, j'écris une nouvelle à la gloire des cactus et de la Planète. Silencieusement, je me lève de mon lit pour aller chercher un carnet vierge ou non, pour écrire les prémices de l'histoire. Je devrais dormir, il se fait tard : seulement Papa travaille encore. Demain, j'ai école. Mais j'arrive pas à dormir, comme depuis que... Bref, ce n'est pas le moment de penser à ça. J'attrape un carnet, un parmi des milliers d'autres et je réussit à m'emparer d'un stylo quatre couleurs qui trainait sous mon bureau. De retour dans mon lit, j'allume la lumière portative que quelqu'un m'a offert, je sais plus qui me l'a offert. Elle est idéale pour lire la nuit ou faire autre chose. J'ouvre mon carnet à une page blanche et je commence à coucher mes idées sur le papier.
J'écris en vert, évidemment. Un cactus, c'est vert et j'aime bien écrire d'une couleur qui me rappelle mon histoire. Les éléments que j'ai noté tiennent la route mais il y en a peu. J'essaye vraiment de construire une société basée sur le cactus. J'invente une nouvelle matière. Je dessine quelques vêtements dont la combinaison. Je dédie même une page entière à la maladie et à son remède, les épines. Tandis que je décide de chaque petit élément, en parallèle, le plan de mon histoire se dessine. Un road-trip précipité, une course contre la montre : une apprentie médecin accompagné d'un jeune garde. Un petit État, enclavé par un empire et dessiné par la maladie. Deux adultes à peine majeur envoyé en territoire ennemi pour récupérer le remède. Voilà comment se dessine mon histoire.
Je finis par m'endormir, le stylo lové dans ma main et le carnet grand ouvert.
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[le lendemain soir]
[le lendemain soir]
J'ai posé en évidence mon carnet sur la table à manger. Papa et Maman aiment beaucoup quand je leur partage mon imagination et mes histoires en attente. J'en ai plusieurs que je n'ai pas terminé d'écrire, je ne sais même pas je finirai celle-là. Mais bon, toujours est-il important de noter ses idées, si jamais, au grand jamais, un jour, on se dit que la carrière d'écrivain est faite pour nous et qu'on doit écrire un livre. J'attends que Papa lance le sujet, il n'est jamais bien fort pour réfréner sa curiosité, comme moi, c'est vrai mais je connais le contenu de mon carnet. On entame justement le plat quand il pointe mon carnet de sa main gauche. Je comprend sa question silencieuse et je souris. T'écris quoi ? Une question que je lui pose en retour bien souvent. Il me la renvoie assez bien.
" - A ton avis, Papa ?
- Attends.. Je lis dans tes pensées... Une nouvelle ! Elle parle de quoi ?"
Je souris. J'ai toujours aimé dévoiler mes idées à mes parents, ils en ont toujours des bonnes à me donner. Je sais pas le fait de tourner le cactus à toute les sauces sera apprécié mais il est toujours bon d'avoir des avis qui diffèrent. Le carnet, fermé, montre sa couverture rouge sang et brillante, il n'attend que d'être ouvert.
" - L'histoire se passe dans le futur. Dans le futur, rien n'est comme avant : il n'y a plus d'eau, sauf le Pacifique mais l'eau est salée. L'Atlantique a laissé place à un désert de sables brulant, où des cactus poussent à perte de vue. Il s'agit de la seule plante encore vivante, les précédentes ayant cramées au soleil. L'histoire commence dans un petit État, cerné par toute parts par un Empire sur-puissant. Il est ravagé par une maladie sans remède.
- Quel est le but de l'histoire ? Qui sont les personnages ? Pourquoi tu a parlé de cactus ?
- L’État fait quelle superficie ? Et l'Empire ? Pourquoi l'Empire n'attaque pas l’État ?"
C'est toujours comme ça quand je leur parle d'une nouvelle idée. Papa se met à me parler schéma narratif et Maman, géographie du monde que j'ai crée ou modifié.
" - Le but de l'histoire est de trouver un remède. Ayant tout essayé, l’État envoie une apprentie médecin et un garde chercher le remède dans l'Empire à côté. Tous mon monde tourne autour du cactus, tout. Le remède sera des épines, les cactus seront surnommés arbre à eaux, les vêtements seront fait de leur peau verte...
- Et la fin de l'histoire, c'est quand ils ont récupéré le remède ?
- Non, ce serait nul. Ils vont pas trouver le remède donc l'apprentie médecin va décider de le trouver. Comment, je sais pas. Il faut que je fasse des recherches."
Après, je me tourne vers Maman qui m'a elle aussi posé des questions.
" - Je sais pas trop, ça... L'Empire est gigantesque et l’État est minuscule. L'Empire est tous les continents sauf l’État. Parce que ils se remet d'une récente guerre avec un autre Empire. Il l'a annexé mais ses troupes n'ont plus de force pour attaquer l’État.
- Ok... L’État, il est aussi grand que l'Irlande ou la France ? La Pologne ou la Turquie ? L’Allemagne ou la Norvège ?
- Heu... Aussi grand que l'Allemagne."
Voilà pourquoi j'aime partager mes histoire avec mes parents. Ils m'aident toujours à peaufiner les détails, ils me posent les bonnes questions, ils m'expliquent certains points que je ne connais pas mais qui serait intéressant dans mon histoire. On fait des nouvelles à trois, chacun s'occupant d'un domaine qu'il connait.
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1201 mots
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Dernière modification par Alice Grant le 10 oct. 2026, 07:36, modifié 1 fois.
ALICE GRANT / SERPENTARD / DEUXIÈME ANNÉE
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, la nuit je suis là
Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, la nuit je suis là
Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins
31 mondes à l’encre

Miniatures poèmes au goût de la clémentine
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En tirant la langue, je m'applique pour écrire les devoirs que Maîtresse a inscrit à la craie blanche sur le tableau noir. J'aime former les lettres, j'aime voir les mots se dessinaient sous mon stylo. Alors, je m'applique. Papa dit que plus c'est bien écrit, avec des arabesques et des formes rondes, plus on a envie de faire ce qu'on doit faire. Il déplore l'écriture des docteurs : pour lui, voir une liste remplie de mots illisibles et incompréhensibles ne donne pas envie d'aller chercher les médicaments pour se soigner. Papa n'aime pas la médecine, je sais pas pourquoi. Je glisse mon agenda dans mon cartable, l'école est terminée. Direction la maison pour faire les devoirs. Ceux que nous a donné Maîtresse semblent compliqué mais quand il est questions de poèmes de 3 lignes, je sais que Papa pourra m'aider. Les poèmes et l'écriture sont son domaine.
Dans la foule de parents qui me fait face, je cherche Papa. J'ai abandonné Louise et Émily quelques minutes plutôt : elles avaient déjà retrouvé leur maman. Elles ont de la chance, la mienne n'est pas là. Encore sur le terrain. Et puis, Papa est toujours en retard. Il oublie souvent l'heure de la fin de l'école : elle est situé au milieu de sa session d'écriture. Il est pleine relecture de son prochain roman, ses éditeurs lui ont dit qu'ils allaient bientôt lancé l'impression. Je m'assois sur un banc et attrapa la clémentine que je n'ai pas mangé à midi. Il est pas là. La marée de parents commence à se dissiper, ils ont retrouvé leurs enfants. Mais moi, j'ai pas retrouvé Papa. Je les regarde monter dans les voitures puis l'embouteillage qu'ils forment en essayant de sortir du parking. C'est long... Et Papa n'ets toujours pas là. C'est toujours comme ça. Je peux rentrer seule à la maison, je serai y retourner, Maman y a veillé. Mais marcher seule me fait un peu peur, j'ai entendu aux informations que des enfants avaient disparu sur le chemin de l'école, ça fait peur. Rester près de l'école me rassure.
Le dernier quartier de clémentine éclate sous mes dents, me laissant échapper une grimace. C'est acide. Et Papa n'est toujours pas là. Je repense à ma journée, aux devoirs que Maîtresse nous a fait écrire. Elle aime beaucoup le Japon et nous a fait découvrir cette culture tout au long de l'année. Ce mois-ci, on est sur les haïkus. Des minis poèmes, des bébés poèmes. Des poèmes miniatures, quoi. Elle veut qu'on en écrive un pour Lundi. Elle dit qu'il suffit d'observer la Nature. Mais elle a aussi dit qu'il y avait des règles très compliquées, certaines s'appliquent aux nombres de syllabes. Ça à l'air quand même difficile. Je ne peux pas le faire toute seule, Papa pourra m'aider. Mais il est pas là.
" - Alice... Je suis désolé mais je suis encore en retard."
Je me retourne en entendant la voie tellement reconnaissable de Papa. Je saute dans ses bras et il me rattrape au vol, me serrant contre lui. J'ai l'habitude mais ça fait toujours peur. Il m'embrasse sur la joue et me repose sur le sol. Il sourit mais je voie dans ses yeux qu'il est triste. Il est toujours triste, Papa, quand il vient me chercher. Était-il triste parce qu'il avait quitté ses personnages principaux ou parce qu'il est jamais à l'heure pour me chercher ? Mais, c'est pas grave, il est là. Je loge ma main dans la sienne. On a une petite trotte avant d'arriver à la maison. Je lève mes yeux bleus vers Papa et je demande :
" - Papa, j'ai besoin d'aide...
- Qu'est-ce qui se passe, Alice ?
- Maitresse veut qu'on écrive un haïkus pour lundi. D'ailleurs, tu sais ce que c'est ? C'est un bébé poème. Et toi, t'es trop fort en poème, tu veux pas en écrire un pour moi ?
- Non, Alice, je ne peux pas. C'est ton devoir, à toi de le faire."
Pourquoi il ne veut pas m'aider ? Il préfère ses personnages à moi, c'est ça. Je comprends pas pourquoi. Papa a fini d'écrire son livre, il ne reste que quelques fautes à corriger. Ses personnages n'ont plus besoin de lui, ils ont fini leur aventure. Ma main serre la sienne et je lui demande :
" - Tu préfères tes personnages principaux à moi, c'est ça ?
- Hein ? Mais Alice, pourquoi tu penses ça ? T'es ma fille.
- Mais alors, pourquoi tu ne veux pas m'aider ?
- Tu veux que je t'aide... Il fallait le dire.
- Je l'ai dis."
Je me détends, Papa veut bien m'aider. Il doit savoir ce qu'est un haïkus, moi je sais juste que c'est un bébé poème. Je crois que ça à trois lignes et il y a un truc spécial sur les syllabes des trois vers, un nombre précis, je pense.
" - C'est quoi un haïkus, enfin comment on en écrit un ?
- Tu sais ce que c'est des vers ?" demande Papa.
J’opine de la tête, bien sûr que je sais ce que c'est. Franchement, c'est même lui qui me l'a appris.
" - Bien. Dans les haïkus, il y a trois vers. Chacun a un nombre précis : cinq - sept - cinq, voilà le schéma.
- Ok... Cinq - sept - cinq. Et ça parle de quoi ?
- Alors, les japonais, les haïkus, ça vient du Japon, tu savais ? Bref, il s'inspirait souvent de la nature.
- La nature, comme les arbres, les feuilles, l'herbe, le vert. Mais si on fait tous ça, certains auront la même chose.
- Bien sur que non, chacun a sa façon d’interpréter la nature. Comme écrire un poème. Le poème, c'est un reflet de l'état d'âme du poète, personne ne peut avoir le même état d'esprit."
Là, je comprends plus rien. Poème, reflet de l'âme de celui qui l'a écrit... Qu'est-ce que ça veut dire ? Il est vrai que Maitresse nous a pas trop donné d'indications, elle doit seulement attendre trois vers avec un nombre précis de syllabe. Je ne pense pas qu'elle pense à la même chose que Papa. En vrai, j'ai de la chance d'avoir un Papa poète, ça me permet de faire des vraies choses.
" - Tu veux parler des émotions comme la colère, la tristesse, la joie... En fait, état d'âme c'est quoi ?
- Oui, c'est ça, t'es trop petite pour comprendre ce que j'ai dit
- Je suis pas petite !
- C'est trop compliqué, même des adultes ne comprennent pas la science des poèmes."
Je m'en fiche de savoir que des adultes ne comprends pas. Moi, je comprendrai et je ne suis pas petite. Un sourire éclaire mon visage : je sais écrire un haïkus. Pensive tout le reste du chemin, j'observe le chemin en quête d'un petit bout de nature et d'une émotion. Mes pensées dérivent, reviennent au point de départ. Je tenais une clémentine et j'attendais. Attendre, c'est pas une émotion mais c'est un état d'âme, ou un truc pareil. Je tiens mon inspiration. Quelques minutes et je tiens un fil :
Dans la foule de parents qui me fait face, je cherche Papa. J'ai abandonné Louise et Émily quelques minutes plutôt : elles avaient déjà retrouvé leur maman. Elles ont de la chance, la mienne n'est pas là. Encore sur le terrain. Et puis, Papa est toujours en retard. Il oublie souvent l'heure de la fin de l'école : elle est situé au milieu de sa session d'écriture. Il est pleine relecture de son prochain roman, ses éditeurs lui ont dit qu'ils allaient bientôt lancé l'impression. Je m'assois sur un banc et attrapa la clémentine que je n'ai pas mangé à midi. Il est pas là. La marée de parents commence à se dissiper, ils ont retrouvé leurs enfants. Mais moi, j'ai pas retrouvé Papa. Je les regarde monter dans les voitures puis l'embouteillage qu'ils forment en essayant de sortir du parking. C'est long... Et Papa n'ets toujours pas là. C'est toujours comme ça. Je peux rentrer seule à la maison, je serai y retourner, Maman y a veillé. Mais marcher seule me fait un peu peur, j'ai entendu aux informations que des enfants avaient disparu sur le chemin de l'école, ça fait peur. Rester près de l'école me rassure.
Le dernier quartier de clémentine éclate sous mes dents, me laissant échapper une grimace. C'est acide. Et Papa n'est toujours pas là. Je repense à ma journée, aux devoirs que Maîtresse nous a fait écrire. Elle aime beaucoup le Japon et nous a fait découvrir cette culture tout au long de l'année. Ce mois-ci, on est sur les haïkus. Des minis poèmes, des bébés poèmes. Des poèmes miniatures, quoi. Elle veut qu'on en écrive un pour Lundi. Elle dit qu'il suffit d'observer la Nature. Mais elle a aussi dit qu'il y avait des règles très compliquées, certaines s'appliquent aux nombres de syllabes. Ça à l'air quand même difficile. Je ne peux pas le faire toute seule, Papa pourra m'aider. Mais il est pas là.
" - Alice... Je suis désolé mais je suis encore en retard."
Je me retourne en entendant la voie tellement reconnaissable de Papa. Je saute dans ses bras et il me rattrape au vol, me serrant contre lui. J'ai l'habitude mais ça fait toujours peur. Il m'embrasse sur la joue et me repose sur le sol. Il sourit mais je voie dans ses yeux qu'il est triste. Il est toujours triste, Papa, quand il vient me chercher. Était-il triste parce qu'il avait quitté ses personnages principaux ou parce qu'il est jamais à l'heure pour me chercher ? Mais, c'est pas grave, il est là. Je loge ma main dans la sienne. On a une petite trotte avant d'arriver à la maison. Je lève mes yeux bleus vers Papa et je demande :
" - Papa, j'ai besoin d'aide...
- Qu'est-ce qui se passe, Alice ?
- Maitresse veut qu'on écrive un haïkus pour lundi. D'ailleurs, tu sais ce que c'est ? C'est un bébé poème. Et toi, t'es trop fort en poème, tu veux pas en écrire un pour moi ?
- Non, Alice, je ne peux pas. C'est ton devoir, à toi de le faire."
Pourquoi il ne veut pas m'aider ? Il préfère ses personnages à moi, c'est ça. Je comprends pas pourquoi. Papa a fini d'écrire son livre, il ne reste que quelques fautes à corriger. Ses personnages n'ont plus besoin de lui, ils ont fini leur aventure. Ma main serre la sienne et je lui demande :
" - Tu préfères tes personnages principaux à moi, c'est ça ?
- Hein ? Mais Alice, pourquoi tu penses ça ? T'es ma fille.
- Mais alors, pourquoi tu ne veux pas m'aider ?
- Tu veux que je t'aide... Il fallait le dire.
- Je l'ai dis."
Je me détends, Papa veut bien m'aider. Il doit savoir ce qu'est un haïkus, moi je sais juste que c'est un bébé poème. Je crois que ça à trois lignes et il y a un truc spécial sur les syllabes des trois vers, un nombre précis, je pense.
" - C'est quoi un haïkus, enfin comment on en écrit un ?
- Tu sais ce que c'est des vers ?" demande Papa.
J’opine de la tête, bien sûr que je sais ce que c'est. Franchement, c'est même lui qui me l'a appris.
" - Bien. Dans les haïkus, il y a trois vers. Chacun a un nombre précis : cinq - sept - cinq, voilà le schéma.
- Ok... Cinq - sept - cinq. Et ça parle de quoi ?
- Alors, les japonais, les haïkus, ça vient du Japon, tu savais ? Bref, il s'inspirait souvent de la nature.
- La nature, comme les arbres, les feuilles, l'herbe, le vert. Mais si on fait tous ça, certains auront la même chose.
- Bien sur que non, chacun a sa façon d’interpréter la nature. Comme écrire un poème. Le poème, c'est un reflet de l'état d'âme du poète, personne ne peut avoir le même état d'esprit."
Là, je comprends plus rien. Poème, reflet de l'âme de celui qui l'a écrit... Qu'est-ce que ça veut dire ? Il est vrai que Maitresse nous a pas trop donné d'indications, elle doit seulement attendre trois vers avec un nombre précis de syllabe. Je ne pense pas qu'elle pense à la même chose que Papa. En vrai, j'ai de la chance d'avoir un Papa poète, ça me permet de faire des vraies choses.
" - Tu veux parler des émotions comme la colère, la tristesse, la joie... En fait, état d'âme c'est quoi ?
- Oui, c'est ça, t'es trop petite pour comprendre ce que j'ai dit
- Je suis pas petite !
- C'est trop compliqué, même des adultes ne comprennent pas la science des poèmes."
Je m'en fiche de savoir que des adultes ne comprends pas. Moi, je comprendrai et je ne suis pas petite. Un sourire éclaire mon visage : je sais écrire un haïkus. Pensive tout le reste du chemin, j'observe le chemin en quête d'un petit bout de nature et d'une émotion. Mes pensées dérivent, reviennent au point de départ. Je tenais une clémentine et j'attendais. Attendre, c'est pas une émotion mais c'est un état d'âme, ou un truc pareil. Je tiens mon inspiration. Quelques minutes et je tiens un fil :
Ronde sous les doigts
La clémentine patiente
L'enfant sage attend
La clémentine patiente
L'enfant sage attend
__________
1203 mots
1203 mots
Dernière modification par Alice Grant le 10 oct. 2026, 12:06, modifié 2 fois.
ALICE GRANT / SERPENTARD / DEUXIÈME ANNÉE
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, la nuit je suis là
Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, la nuit je suis là
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31 mondes à l’encre

Ogres, sorcières, petits chaperons rouges : un conte à écrire
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Les ogres sont présents seulement dans les livres, les contes de fées. Cela n’existe pas, tous les enfants le savent. Ils sont surtout dans les contes pour enfants, je crois qu'il existe des livres pour les plus grands qui les mettent en scène. Mais, ils sont beaucoup plus sombres. Ils ne se contentent pas d'être une menace, ils font leurs choses horribles, vraiment. Ça fait peur. Heureusement qu'ils n'existent que dans les livres. Il y en a même qui sont connus, connus surtout pour menacer le personnage principal de les manger. Le petit Poucet et Jack les ont bien rencontrés. Mais, je crois que dans l'histoire de Jack et du haricot magique, la femme de l’ogre l'a aidé. Peut-être qu'ils ne sont pas tous méchants ? En tout cas, celui qui me court après ne l'est pas.
Je rigole quand il m'attrape et me fait des guiliguilis, lui, il ne veut pas me manger malgré ce qu'il me dit dans l'oreille. Aujourd'hui, c'est Halloween. La fête des revenants et des méchants personnages. Ils n'existent pas, hein, mais les humains aiment bien se déguiser en eux le 31 octobre. C'est Papa, vous avez dû le deviner. Il a enfilé ces habits de jardinage, a glissé un gros coussin sur son ventre pour avoir un gros ventre et s'est peint le visage et les mains en vert caca d'oie. Maman, elle, s'est déguisée en sorcière. Robe noire, chapeau pointu, ongles plus grands que la normale... Elle a même glissé une branche dans sa ceinture en corde pour imiter une baguette magique. Moi, je ne me déguise pas en méchant, je ne les aime pas dans les livres. Devinez...
Moi, je préfère les gentils. Les enfants qui réussissent à triompher du grand méchant ogre. Bon, dans l'histoire de la petite fille en qui je me déguise, il n'y a pas d'ogre. Il y a un grand méchant loup. Mince... Vous avez dû deviner, maintenant. Je me déguise en petit chaperon rouge. Maman m'a cousue une grande cape toute rouge ainsi qu'une capuche qui me recouvre les yeux. Je n'y vois rien avec, c'est trop drôle de voir juste un liséré de lumière. En dessous, j'ai mis mes habits les plus noirs, pour faire un contraste, comme dirait Maman, afin d'apporter de l'attention sur ma cape. J'attrape la main verte de Papa et celle pourvue de longs ongles de Maman dans l'autre. C'est parti à la chasse aux bonbons !
" - Louise et Emily fêtent aussi Halloween ? demande Maman.
- Oui, elles nous attendent au coin de la rue."
Un sourire passe sur mon visage. Pour ce 31 octobre, les copines et moi, on a décidé de surpasser. Qui a eu l'idée de déguiser Papa en ogre ? Qui a eu l'idée de déguiser Maman en sorcière ? Qui a eu l'idée de se déguiser en petit chaperon rouge ? C'est nous. On va se mélanger et nos parents ne sauront plus qui nous sommes. Une idée diabolique. J'aperçois déjà mes amies.
" - Louise ! Emily ! Les filles !
- Alice !
- Alice !"
Je cours vers elles, abandonnant mes parents sur le chemin. J'entends à peine l'avertissement de Maman, m'avertissant du risque de tomber en se prenant les pieds dans ma cape. Ne t'inquiète pas, je suis adroite. Je suis trop heureuse de retrouver mes amies, même si je les ai quittées il y a environ six heures devant l'école. Je grimace en voyant leur déguisement : ce n'est pas le même que le mien, notre plan tombe à l'eau pour leur faire peur. Un sourire la remplace vite. J'étreins leurs mains puis je salue avec politesse leurs parents. Par contre, eux, ils sont comme Papa et Maman. Est-ce vraiment notre plan ou a-t-il été détourné ? Une chose est sûre, ils se sont déguisés ensemble.
Papa et Maman arrivent. Bises, salutations, étonnement : je ne suis pas dupe. J'attends qu'ils nous regardent pour exploser. Avant, j'ai parlé avec Louise et Émily. Elles sont d'accord avec moi, nos parents se sont joués de nous.
" - Pourquoi êtes-vous déguisés exactement pareil ? Exactement...
- Oui, pourquoi ? renchérit Louise à mes côtés.
- Parce que... On ne part pas à la chasse aux bonbons.
- Naaannn ! Pourquoi ?" s'inquiète Émily.
On est sûres, ils se sont joués de nous. Nous qui croyions qu'on était les maîtres du plateau, on est juste des pions. Je darde mon regard sur Papa. Mon papa ogre. Il ressemble aux autres, verts et gros. Un ogre de conte.
" - On va où, donc ?
- Écrire un conte... Il était une fois, trois ogres qui poursuivaient trois petites filles dans les rues de Killarney." explique mystérieusement Papa avant de sauter sur moi.
Grâce à mes réflexes, je saute sur le côté et échange un regard avec les filles. Ils veulent écrire un conte : la fin est connue, les gentils gagnent toujours. Nous aussi, on va gagner. Je me mets à courir aux coudes à coudes avec elles. Nos Papas ogres nous courent après : ils ne nous rattraperont jamais. On est rapides, on est fortes et on connaît la ville par cœur. On se faufile entre la foule de fantômes, squelettes, sorcières. Il faut perdre. Je ne connais pas le but de cette course-poursuite mais je gagnerai. On se glisse dans un chemin entre les maisons et s'accroupit derrière un banc.
" - Qu'est-ce qu'ils nous veulent ?
- Je sais pas. souffle Louise.
- On écrit un conte d'après Papa. De toute façon, on va gagner : les petits chaperons rouges sont plus forts que les ogres. Mais, comment on gagne ? Peut-être...
- Chut...
Louise m'interrompt : elle vient d'apercevoir nos Papas qui arrivent au coin de la rue. On se serre à côté et on essaye de se faire toute petite. On n'est pas avancées de beaucoup, à part le fait que nos parents ont organisé un conte grandeur nature. Les petits chaperons rouges sont les personnages principaux, les ogres sont les méchants : ils veulent les manger et les sorcières... J'étouffe un cri : Maman a un rôle à jouer. J'allais parler, mais Papa est encore là.
" - Les ogres avaient perdu les chaperons rouges dans la foule. Attirés dans une ruelle, ils croient les sentir. Si elles ne font aucun bruit, ils partiront."
J'ai compris le jeu : on écrit vraiment un conte. Chacun a sa voix aux chapitres, je regarde mes amies, un sourire sur mes lèvres. On a le droit de modifier l'histoire autant qu'eux. À grands renforts de gestes et de quelques mots chuchotés, je parviens à leur expliquer mon plan. Mais notre discrétion est mise à l'épreuve : on n'est pas assez invisibles, surtout avec nos capes rouges.
" - Trois formes écarlates bougent derrière un banc. Est-ce elles ? Les ogres approchent, en faisant attention. Ils pourront peut-être attraper leur repas du soir à ce moment-là.
- Non !
- Les petits chaperons rouges étaient courageux ; les ogres ne leur font pas peur. De plus, un sang magique coule dans leurs veines, Maman est sorcière. Elles peuvent lancer un sort qui gèlera les ogres.
- Abracada...
Louise fut interrompue par un rire et Papa approchait toujours. Ils étaient à un mètre de nous. Je saute sur mes pieds et tire la manche d'Émily et fais un signe de la tête à Louise.
" - Cours ! Il faut retrouver Maman."
On court, rapides sur nos petites jambes. Nos mamans seront sûrement à l'endroit où on les a laissées. On fait le chemin inverse, allant à contre-courant dans la foule. Mais, stupeur, elles ne sont pas là où je pensais les trouver.
" - Où elles sont ? On va se faire manger.
- Il y a une maison de sorcière dans la ville...
- Heu... Non, je ne crois pas.
- On fait comment, alors ?"
Sentant les larmes au bout de mes cils, je plonge la main dans la poche de ma cape. Elle est où ? Maman ! Vous êtes où ? Mes doigts effleurent un papier. Je le tire et le déchiffre à haute voix.
Je rigole quand il m'attrape et me fait des guiliguilis, lui, il ne veut pas me manger malgré ce qu'il me dit dans l'oreille. Aujourd'hui, c'est Halloween. La fête des revenants et des méchants personnages. Ils n'existent pas, hein, mais les humains aiment bien se déguiser en eux le 31 octobre. C'est Papa, vous avez dû le deviner. Il a enfilé ces habits de jardinage, a glissé un gros coussin sur son ventre pour avoir un gros ventre et s'est peint le visage et les mains en vert caca d'oie. Maman, elle, s'est déguisée en sorcière. Robe noire, chapeau pointu, ongles plus grands que la normale... Elle a même glissé une branche dans sa ceinture en corde pour imiter une baguette magique. Moi, je ne me déguise pas en méchant, je ne les aime pas dans les livres. Devinez...
Moi, je préfère les gentils. Les enfants qui réussissent à triompher du grand méchant ogre. Bon, dans l'histoire de la petite fille en qui je me déguise, il n'y a pas d'ogre. Il y a un grand méchant loup. Mince... Vous avez dû deviner, maintenant. Je me déguise en petit chaperon rouge. Maman m'a cousue une grande cape toute rouge ainsi qu'une capuche qui me recouvre les yeux. Je n'y vois rien avec, c'est trop drôle de voir juste un liséré de lumière. En dessous, j'ai mis mes habits les plus noirs, pour faire un contraste, comme dirait Maman, afin d'apporter de l'attention sur ma cape. J'attrape la main verte de Papa et celle pourvue de longs ongles de Maman dans l'autre. C'est parti à la chasse aux bonbons !
" - Louise et Emily fêtent aussi Halloween ? demande Maman.
- Oui, elles nous attendent au coin de la rue."
Un sourire passe sur mon visage. Pour ce 31 octobre, les copines et moi, on a décidé de surpasser. Qui a eu l'idée de déguiser Papa en ogre ? Qui a eu l'idée de déguiser Maman en sorcière ? Qui a eu l'idée de se déguiser en petit chaperon rouge ? C'est nous. On va se mélanger et nos parents ne sauront plus qui nous sommes. Une idée diabolique. J'aperçois déjà mes amies.
" - Louise ! Emily ! Les filles !
- Alice !
- Alice !"
Je cours vers elles, abandonnant mes parents sur le chemin. J'entends à peine l'avertissement de Maman, m'avertissant du risque de tomber en se prenant les pieds dans ma cape. Ne t'inquiète pas, je suis adroite. Je suis trop heureuse de retrouver mes amies, même si je les ai quittées il y a environ six heures devant l'école. Je grimace en voyant leur déguisement : ce n'est pas le même que le mien, notre plan tombe à l'eau pour leur faire peur. Un sourire la remplace vite. J'étreins leurs mains puis je salue avec politesse leurs parents. Par contre, eux, ils sont comme Papa et Maman. Est-ce vraiment notre plan ou a-t-il été détourné ? Une chose est sûre, ils se sont déguisés ensemble.
Papa et Maman arrivent. Bises, salutations, étonnement : je ne suis pas dupe. J'attends qu'ils nous regardent pour exploser. Avant, j'ai parlé avec Louise et Émily. Elles sont d'accord avec moi, nos parents se sont joués de nous.
" - Pourquoi êtes-vous déguisés exactement pareil ? Exactement...
- Oui, pourquoi ? renchérit Louise à mes côtés.
- Parce que... On ne part pas à la chasse aux bonbons.
- Naaannn ! Pourquoi ?" s'inquiète Émily.
On est sûres, ils se sont joués de nous. Nous qui croyions qu'on était les maîtres du plateau, on est juste des pions. Je darde mon regard sur Papa. Mon papa ogre. Il ressemble aux autres, verts et gros. Un ogre de conte.
" - On va où, donc ?
- Écrire un conte... Il était une fois, trois ogres qui poursuivaient trois petites filles dans les rues de Killarney." explique mystérieusement Papa avant de sauter sur moi.
Grâce à mes réflexes, je saute sur le côté et échange un regard avec les filles. Ils veulent écrire un conte : la fin est connue, les gentils gagnent toujours. Nous aussi, on va gagner. Je me mets à courir aux coudes à coudes avec elles. Nos Papas ogres nous courent après : ils ne nous rattraperont jamais. On est rapides, on est fortes et on connaît la ville par cœur. On se faufile entre la foule de fantômes, squelettes, sorcières. Il faut perdre. Je ne connais pas le but de cette course-poursuite mais je gagnerai. On se glisse dans un chemin entre les maisons et s'accroupit derrière un banc.
" - Qu'est-ce qu'ils nous veulent ?
- Je sais pas. souffle Louise.
- On écrit un conte d'après Papa. De toute façon, on va gagner : les petits chaperons rouges sont plus forts que les ogres. Mais, comment on gagne ? Peut-être...
- Chut...
Louise m'interrompt : elle vient d'apercevoir nos Papas qui arrivent au coin de la rue. On se serre à côté et on essaye de se faire toute petite. On n'est pas avancées de beaucoup, à part le fait que nos parents ont organisé un conte grandeur nature. Les petits chaperons rouges sont les personnages principaux, les ogres sont les méchants : ils veulent les manger et les sorcières... J'étouffe un cri : Maman a un rôle à jouer. J'allais parler, mais Papa est encore là.
" - Les ogres avaient perdu les chaperons rouges dans la foule. Attirés dans une ruelle, ils croient les sentir. Si elles ne font aucun bruit, ils partiront."
J'ai compris le jeu : on écrit vraiment un conte. Chacun a sa voix aux chapitres, je regarde mes amies, un sourire sur mes lèvres. On a le droit de modifier l'histoire autant qu'eux. À grands renforts de gestes et de quelques mots chuchotés, je parviens à leur expliquer mon plan. Mais notre discrétion est mise à l'épreuve : on n'est pas assez invisibles, surtout avec nos capes rouges.
" - Trois formes écarlates bougent derrière un banc. Est-ce elles ? Les ogres approchent, en faisant attention. Ils pourront peut-être attraper leur repas du soir à ce moment-là.
- Non !
- Les petits chaperons rouges étaient courageux ; les ogres ne leur font pas peur. De plus, un sang magique coule dans leurs veines, Maman est sorcière. Elles peuvent lancer un sort qui gèlera les ogres.
- Abracada...
Louise fut interrompue par un rire et Papa approchait toujours. Ils étaient à un mètre de nous. Je saute sur mes pieds et tire la manche d'Émily et fais un signe de la tête à Louise.
" - Cours ! Il faut retrouver Maman."
On court, rapides sur nos petites jambes. Nos mamans seront sûrement à l'endroit où on les a laissées. On fait le chemin inverse, allant à contre-courant dans la foule. Mais, stupeur, elles ne sont pas là où je pensais les trouver.
" - Où elles sont ? On va se faire manger.
- Il y a une maison de sorcière dans la ville...
- Heu... Non, je ne crois pas.
- On fait comment, alors ?"
Sentant les larmes au bout de mes cils, je plonge la main dans la poche de ma cape. Elle est où ? Maman ! Vous êtes où ? Mes doigts effleurent un papier. Je le tire et le déchiffre à haute voix.
Je souris et froisse le papier dans ma main. Les petits chaperons rouges sont les héros. Les ogres sont les méchants. Les sorcières sont à sauver. À nous d'écrire notre propre conte.Les contes n'apprennent pas aux enfants que les dragons existent. Ça, ils le savent déjà.
Les contes leur apprennent que les dragons peuvent être vaincus.
Les contes ne se terminent pas aussi facilement que ça. Les petits chaperons rouges savent qu'ils peuvent compter sur l'aide des chasseurs. Killarney est une ville remplie de chasseurs.
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1438 mots
1438 mots
ALICE GRANT / SERPENTARD / DEUXIÈME ANNÉE
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, la nuit je suis là
Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, la nuit je suis là
Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins
31 mondes à l’encre

Oh panique,
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Le vide me nargue sous mes pieds. Le vent me gifle au visage. Mes mains se tordent entre elle. Mes yeux pleurent sans larmes. Les Mots se bloquent dans mon palais. Oh panique, pourquoi tu es là ? Pourquoi tu joues de moi comme ta marionnette ? Pourquoi mes peurs ancestrales disparaissent quand tu es là ? Pourquoi tu me maudit tout en étant bénéfique ? Pourquoi, pourquoi ? Oh panique, je sais plus qui tu es. Mais tu es bien seule à répondre à mes questions sans réponses. Tu es la seule réaction que j'ai à chaque manifestation. Tu es la seule à me calmer en m'enlevant petit à petit ma conscience.
Pourquoi ? J'aimerai crier au vent pour qu'il porte mes questions à travers le monde. J'aimerai hurler au soleil qu'il arrête de tourner et me regarde juste un peu. J'aimerai scander à la mer pour qu'elle sache que je suis normale. Mais, pourquoi ma vie est jeté en l'air ? Oh panique, tu es bien la seule à avoir la réponse, à savoir ce qui m'arrive. Peut-être es-tu responsable ? Est-ce toi qui changes la couleur de mes vêtements ? Est-ce toi qui fais voler mes stylos ? Est-ce toi qui a réparer ce bocal ? Est-ce toi qui a décidé que ma vie est trop joyeuse pour moi ?
Mais moi, j'aimais ma vie simple comme elle était. J'aimais avoir des parents qui m'aiment et qui me porte vers mes rêves. J'aimais avoir Louise et Emily comme meilleures amies, les premières à partir dans mes délires en étant sûre que je les suivrais dans les leurs. J'aimais les Mots et leur signification. J'aimais lire et écrire. J'aimais vivre ma vie simplement, entouré de ceux que j'aime. Oh panique, pourquoi tu m'as tout volé ? Pourquoi tu m'a donné cette anxiété pour la Terre ? Pourquoi tu m'a donné ces étranges pouvoirs qui déclenchent ces étranges phénomènes ? Oh panique, pourquoi ?
J'ai peur de tous ce que tu as déclenché. J'ai peur d'avoir fait un faux pas et que tu viennes me punir. J'ai peur de ne plus retrouver le sourire qui venait facilement sur mes lèvres. J'ai peur de tout ça. J'ai peur de ma peur. J'ai peur de toi. Oh panique, j'ai peur de toi qui m'entraines dans une spirale de choses nouvelles. Oui, j'ai peur. De toi, panique. J'ai peur de toi, panique. Non, ne l'oublie jamais. J'ai peur de toi, de tous ce que tu as changé, de tous ce qui m'arrive. J'ai peur de moi aussi, peur de voir tous ce que tu m'as fait, peur de ne jamais retrouvé la fille que j'aimais être. Oh panique, que j'ai peur.
Le vent joue avec mes cheveux. Le soleil dirige ses derniers rayons sur moi. Sur le toit, je me recroqueville. Oh panique, sors de mon corps, je ne te garde en moi. Ma tête sur les tuiles orange, mes genoux serrés près de mon corps, mes bras m'enserrant. Je me suffit à moi-même. Est-ce qu'un jour tu viendras me trouver ? Est-ce que tu me seras compatissante ? Tu vis en moi mais tu m'as jamais vu en vrai, aussi désemparée que je le suis. J'ai peur, tu sais, j'ai peur de ma peur. C'est un cycle infini, rien ne s’arrêta. Pourquoi tu m'as emprisonnée ? Oh panique, pourquoi on revient toujours à ce mot ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi... Une litanie de questions que tu veux me répondre sans me donner la réponse. Pourquoi, panique, pourquoi tu me reprends la réponse avant que j'ai eu le temps de gouter sa saveur ?
Pourquoi pourquoi ? Pourquoi je pose toute ces questions ? Pourquoi j'ai envie de connaitre les réponses à ce qui m'arrive ? L'oublie est le meilleur remède, parfois. Pourquoi il a fallu que je sois curieuse ? Oh panique, me ne dit pas que tu m'attendais ? Mes paupières sont lourdes ; le poids imaginaire des larmes. Mes mains sont brulantes. Les questions naissent par dizaines dans mon esprit. Mais je sais que ce n'est pas aujourd'hui que je connaitrais la vérité. Ni demain, ni après-demain. Jamais, serait un meilleur mot pour déterminer la durée. Oh curiosité, pourquoi tu m'as donné toutes ces questions ? Pourquoi tu es tombée dans le piège de panique ? Oh panique, pourquoi as-tu condamné curiosité ? Pourquoi tu n'as pas fait preuve d'indulgence pour nous ?
Oh panique. Tu m’ôtes les Mots de la bouche. Tu es le diable et l'ange. Tu es les deux faces d'une même pièce. Pourquoi je ne suis pas tombée sur la tranche ? Comment tu m'a attrapé ? Je ne suis pas une proie, chasseuse. Oh panique, pourquoi tout ça ? Oui, pourquoi t'as jeté ma vie en l'air avant de la rattraper à une seule main ? Pourquoi je suis suspendu à toi pour ne pas sombre ? Pourquoi tu me noies avant de me lancer une bouée de sauvetage ? J'ai rien compris à ta philosophie.
Mes yeux sont aveugles. Mes poings se contractent. Je sens la caresse des rayons du soleil, je sens la caresse du vent. Mais tu es toujours là. Je veux que tu partes. Avalée dans l'oubli, je ne serai plus un problème. Je ne veux pas servir de marionnette pour toi. Je ne veux plus avoir peur de la peur. Je ne veux plus jamais tout ça. Tu entends ça, je veux pas de toi, de tes pouvoirs bizarres, de ton anxiété. Je veux être libre, voler de mes propres ailes. Je ne veux pas être prisonnière de ton emprise. Mais, en fait, j'ai besoin de toi. J'ai besoin de toi. Ich brauche dich.
Oh panique, pourquoi tu restes là ? Pourquoi tu te tapis, là, en mon coeur ? Pourquoi tu m'as infecté ? Je ne veux plus te revoir, plus t'entendre, plus te sentir, plus de te toucher, plus te gouter... Oh panique, pourquoi tu me donnes certaines réponses ? Pourquoi tu me protèges en me faisant tout oublier ? Pourquoi tu es ma seule amie au milieu de ce tournant ? Je veux te voir, t'entendre, te sentir, te toucher, te gouter... Pars. Reste. Pars. Reste. Pars. Pars. Pars. En fait, j'ai pas besoin de toi. Papa, Maman ich brauche sich.
Pourquoi ? J'aimerai crier au vent pour qu'il porte mes questions à travers le monde. J'aimerai hurler au soleil qu'il arrête de tourner et me regarde juste un peu. J'aimerai scander à la mer pour qu'elle sache que je suis normale. Mais, pourquoi ma vie est jeté en l'air ? Oh panique, tu es bien la seule à avoir la réponse, à savoir ce qui m'arrive. Peut-être es-tu responsable ? Est-ce toi qui changes la couleur de mes vêtements ? Est-ce toi qui fais voler mes stylos ? Est-ce toi qui a réparer ce bocal ? Est-ce toi qui a décidé que ma vie est trop joyeuse pour moi ?
Mais moi, j'aimais ma vie simple comme elle était. J'aimais avoir des parents qui m'aiment et qui me porte vers mes rêves. J'aimais avoir Louise et Emily comme meilleures amies, les premières à partir dans mes délires en étant sûre que je les suivrais dans les leurs. J'aimais les Mots et leur signification. J'aimais lire et écrire. J'aimais vivre ma vie simplement, entouré de ceux que j'aime. Oh panique, pourquoi tu m'as tout volé ? Pourquoi tu m'a donné cette anxiété pour la Terre ? Pourquoi tu m'a donné ces étranges pouvoirs qui déclenchent ces étranges phénomènes ? Oh panique, pourquoi ?
J'ai peur de tous ce que tu as déclenché. J'ai peur d'avoir fait un faux pas et que tu viennes me punir. J'ai peur de ne plus retrouver le sourire qui venait facilement sur mes lèvres. J'ai peur de tout ça. J'ai peur de ma peur. J'ai peur de toi. Oh panique, j'ai peur de toi qui m'entraines dans une spirale de choses nouvelles. Oui, j'ai peur. De toi, panique. J'ai peur de toi, panique. Non, ne l'oublie jamais. J'ai peur de toi, de tous ce que tu as changé, de tous ce qui m'arrive. J'ai peur de moi aussi, peur de voir tous ce que tu m'as fait, peur de ne jamais retrouvé la fille que j'aimais être. Oh panique, que j'ai peur.
Le vent joue avec mes cheveux. Le soleil dirige ses derniers rayons sur moi. Sur le toit, je me recroqueville. Oh panique, sors de mon corps, je ne te garde en moi. Ma tête sur les tuiles orange, mes genoux serrés près de mon corps, mes bras m'enserrant. Je me suffit à moi-même. Est-ce qu'un jour tu viendras me trouver ? Est-ce que tu me seras compatissante ? Tu vis en moi mais tu m'as jamais vu en vrai, aussi désemparée que je le suis. J'ai peur, tu sais, j'ai peur de ma peur. C'est un cycle infini, rien ne s’arrêta. Pourquoi tu m'as emprisonnée ? Oh panique, pourquoi on revient toujours à ce mot ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi... Une litanie de questions que tu veux me répondre sans me donner la réponse. Pourquoi, panique, pourquoi tu me reprends la réponse avant que j'ai eu le temps de gouter sa saveur ?
Pourquoi pourquoi ? Pourquoi je pose toute ces questions ? Pourquoi j'ai envie de connaitre les réponses à ce qui m'arrive ? L'oublie est le meilleur remède, parfois. Pourquoi il a fallu que je sois curieuse ? Oh panique, me ne dit pas que tu m'attendais ? Mes paupières sont lourdes ; le poids imaginaire des larmes. Mes mains sont brulantes. Les questions naissent par dizaines dans mon esprit. Mais je sais que ce n'est pas aujourd'hui que je connaitrais la vérité. Ni demain, ni après-demain. Jamais, serait un meilleur mot pour déterminer la durée. Oh curiosité, pourquoi tu m'as donné toutes ces questions ? Pourquoi tu es tombée dans le piège de panique ? Oh panique, pourquoi as-tu condamné curiosité ? Pourquoi tu n'as pas fait preuve d'indulgence pour nous ?
Oh panique. Tu m’ôtes les Mots de la bouche. Tu es le diable et l'ange. Tu es les deux faces d'une même pièce. Pourquoi je ne suis pas tombée sur la tranche ? Comment tu m'a attrapé ? Je ne suis pas une proie, chasseuse. Oh panique, pourquoi tout ça ? Oui, pourquoi t'as jeté ma vie en l'air avant de la rattraper à une seule main ? Pourquoi je suis suspendu à toi pour ne pas sombre ? Pourquoi tu me noies avant de me lancer une bouée de sauvetage ? J'ai rien compris à ta philosophie.
Mes yeux sont aveugles. Mes poings se contractent. Je sens la caresse des rayons du soleil, je sens la caresse du vent. Mais tu es toujours là. Je veux que tu partes. Avalée dans l'oubli, je ne serai plus un problème. Je ne veux pas servir de marionnette pour toi. Je ne veux plus avoir peur de la peur. Je ne veux plus jamais tout ça. Tu entends ça, je veux pas de toi, de tes pouvoirs bizarres, de ton anxiété. Je veux être libre, voler de mes propres ailes. Je ne veux pas être prisonnière de ton emprise. Mais, en fait, j'ai besoin de toi. J'ai besoin de toi. Ich brauche dich.
Oh panique, pourquoi tu restes là ? Pourquoi tu te tapis, là, en mon coeur ? Pourquoi tu m'as infecté ? Je ne veux plus te revoir, plus t'entendre, plus te sentir, plus de te toucher, plus te gouter... Oh panique, pourquoi tu me donnes certaines réponses ? Pourquoi tu me protèges en me faisant tout oublier ? Pourquoi tu es ma seule amie au milieu de ce tournant ? Je veux te voir, t'entendre, te sentir, te toucher, te gouter... Pars. Reste. Pars. Reste. Pars. Pars. Pars. En fait, j'ai pas besoin de toi. Papa, Maman ich brauche sich.
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1045 mots
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Dernière modification par Alice Grant le 10 oct. 2026, 06:38, modifié 2 fois.
ALICE GRANT / SERPENTARD / DEUXIÈME ANNÉE
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, la nuit je suis là
Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins
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31 mondes à l’encre
Respirer un livre après l'avoir acheter n'est pas un mythe. Tous les lecteurs le font, moi y compris. L'odeur du papier et de l'encre mélangée leur donne une identité parfumée. Chacun diffuse une senteur particulière, pas un seul livre ne se ressemble sur ce critère. Bien sûr, au fil du temps, elle finit par partir, s'évaporer et changer. Ils doivent être aussi imprégné de l'odeur de leur propriétaire, ça doit être pour ça qu'on a toujours du mal à s'en séparer. Il s'agit d'une partie de nous qu'on abandonne, cette partie qui a vécu la même chose que les protagonistes. Le parfum livresque fait tourner la tête à plus d'un.
En rentrant de la librairie, je serre précieusement le livre que Maman m'a acheté. Un sourire victorieux s'étale sur mes lèvres, je l'ai attendu. Attendu sa sortie, attendu sa traduction. Je caresse d'une main la couverture, son toucher granuleux glisse sous mes mains. Il s'agit d'un livre spécial, je le sais. La clé tourne dans la serrure et la porte s'ouvre. Je me faufile devant Maman, j'ai hâte de le commencer. J'ai fait exprès de faire un jeun de livre pendant un jour pour pouvoir le dévorer en toute tranquillité sans savoir qu'un livre m'attendait après. Je dépose mon manteau sur une chaise, glissant mes chaussures dessus. J'allais me précipiter sur le canapé quand une voix m'interrompt.
" - Et on dit quoi à celle qui a dépenser 20 euros pour acheter un livre ?
- Merci Maman chérie !"
Normalement, c'est Papa qui m’achète les livres : il est écrivain, il comprend le besoin viscéral de posséder et de lire un livre à sa sortie comme pour croire qu'on est le premier à le faire. Maman préfère les dictionnaires, je ne sais toujours pas pourquoi elle n'est pas tombée amoureuse d'un lexicographe au lieu d'un écrivain. Mais elle aime Papa et moi aussi. Il est pas là ce mois-ci, entrain de faire la promotion de son nouveau livre. Il doit avoir rencontrer plein de lecteurs.
Je m'assois sur le canapé, jetant un regard haineux à la télévision. Ce soir, je lis un livre, on ne regardera pas de film. Je tourne la couverture, admirant la carte magnifique qu'il y a au verso. Les livres deviennent de plus en plus beau quand on grandit et que les catégories prennent plus de poids, le marché du livre est toujours en développement même si les avancées technologiques prennent le pas. Je lis les dédicaces, j'ai toujours aimé savoir si il y a une raison particulière. Certaine sont drôles, d'autres touchantes. Le prologue s'affiche et je glisse mon nez entre les pages pour respirer l'odeur. Un hoquet m'échappe.
" - Pouah ! Il empeste !"
C'était une première, je n'avais jamais senti un livre avec une odeur pareille. Une odeur de plastique. Une odeur de destruction de la Nature. C'était logique, chaque romans arrivent enrouler dedans. Mais ils gardent leur odeur unique. Normalement, chaque livre abrite la senteur du renouveau mais là, elle nous rappelle que nos erreurs finiront par nous rattraper. Je haïs l'odeur du plastique : certains diraient que ce matériau n'a pas d'empreinte olfactive, je peux assurer qu'on finit par la connaître quand on la cherche. Je le sais.
" - Alice ? Je t'ai entendu crier. Il y a un problème ?
- Aucun, Maman."
Je ne mens pas. Ce n'est pas un problème mais une évidence. Je me retrouver avec un live puant, puant l'odeur néfaste du plastique, du pétrole transformé. J'en ai lu des livres de science-fiction qui imagine de long en large notre avenir parsemé du plastique. Mais chacun avait une odeur d'espoir, cette touche de cerise et du printemps. Là, même un roman de fantasy sent le plastique. N'est-ce pas un signe ? Ma Terre tourne mal, elle tourne dans le mauvais sens. Il ne faudra pas s'étonner d'avoir chaud en plein hiver. Ça sent la fin de tous. Les Mayas avaient prévu la fin du monde en 2012, bien avant ma naissance. Ils doivent bien avoir prévue la fin, c'était peut-être le point de non-retour qu'on dépassait.
Mes yeux sautent sur chaque élément de la maison, me demandant lesquel avançaient l'échéance. Mon regard tombent sur le livres que je tiens et mes mains se crispent sur la couverture. La fin du monde commençait avec moi. Avec moi qui achète des livres à longueur d'années, encourageant la déforestation. Je suis nulle. Je pense à la Terre mais je me fait passer avant. Je suis une égoïste. Une grosse égoïste. Tout est de ma faute et le livre est là pour me rappeler mon devoir, l'odeur un avertissement de taille. Mais je ne sais quoi faire. Mes mains commencent à trembler, mes yeux sautent de nouveau sur tous les livres que je voie. Puis je ferme les yeux. Je ne veux pas voir. Je ne veux pas être là. Je ne veux pas. Je suis pas la responsble, on est tous coupable. Je suis la responsable. Je suis la responsable. Tout est de ma faute. Mes yeux brillent, ils s'humident.
" - Je connais ce regard, Alice, regarde-moi.
- Maman...
- Ta mère te connaît mieux que toi.
- Ta fille te connaît mieux que toi.
- Explique-moi.
- C'est compliqué et pas intéressant.
- Rien n'est plus compliqué maintenant que j'ai compris tous tes micmacs pour tes livres. Et tout est intéressant pour ceux qui s'y intéresse.
- Le livre pue.
- Pardon."
L'expression qu'elle affiche me fait sourire et je retient avec grand peine un éclat de rire. C'était prévisible, toutes les pensées qui passent dans la tête d'une lectrice écrivaine n'est comprise par personne, pas même celle qui l'est à émise. Je me lève et lui approche le livre. D'un signe de la main, elle comprend et penche la tête pour que son nez effleure la page. Et elle affiche toujours une expression d'incompréhension. Je soupire.
" - Pas si infaillible que ça, non.
- Pour une fois, je ne comprends pas. Je ne sens rien.
- Le livre a l'odeur du plastique.
- Et ?"
Et Maman ne comprends pas. Cependant, elle connaît mes pensées noires envers notre planète bleue. C'est compliqué de comprendre mes pensées avec seulement une phrase. Il faut que je lui explique tout, elle ne me lâchera pas sinon.
" - Les livres ont une odeur, une senteur agréable. Et là...
- Il pue.
- Oui...
- De quoi ? Il sent pas bon pour toi, ok. Mais il sent quoi ?
- Le plastique.
- Oh ma chérie."
Maman m'entoure de ses bras, je m'enlace. Elle a comprit. En fait, il suffisait bien d'un seul mot. Enfin, le même mot d'il y a deux minutes, il suffisait du contexte. C'est pareil pour les livres : c'est simple de dire quoi le protagonistes ressent, plus compliqué de le montrer.
En rentrant de la librairie, je serre précieusement le livre que Maman m'a acheté. Un sourire victorieux s'étale sur mes lèvres, je l'ai attendu. Attendu sa sortie, attendu sa traduction. Je caresse d'une main la couverture, son toucher granuleux glisse sous mes mains. Il s'agit d'un livre spécial, je le sais. La clé tourne dans la serrure et la porte s'ouvre. Je me faufile devant Maman, j'ai hâte de le commencer. J'ai fait exprès de faire un jeun de livre pendant un jour pour pouvoir le dévorer en toute tranquillité sans savoir qu'un livre m'attendait après. Je dépose mon manteau sur une chaise, glissant mes chaussures dessus. J'allais me précipiter sur le canapé quand une voix m'interrompt.
" - Et on dit quoi à celle qui a dépenser 20 euros pour acheter un livre ?
- Merci Maman chérie !"
Normalement, c'est Papa qui m’achète les livres : il est écrivain, il comprend le besoin viscéral de posséder et de lire un livre à sa sortie comme pour croire qu'on est le premier à le faire. Maman préfère les dictionnaires, je ne sais toujours pas pourquoi elle n'est pas tombée amoureuse d'un lexicographe au lieu d'un écrivain. Mais elle aime Papa et moi aussi. Il est pas là ce mois-ci, entrain de faire la promotion de son nouveau livre. Il doit avoir rencontrer plein de lecteurs.
Je m'assois sur le canapé, jetant un regard haineux à la télévision. Ce soir, je lis un livre, on ne regardera pas de film. Je tourne la couverture, admirant la carte magnifique qu'il y a au verso. Les livres deviennent de plus en plus beau quand on grandit et que les catégories prennent plus de poids, le marché du livre est toujours en développement même si les avancées technologiques prennent le pas. Je lis les dédicaces, j'ai toujours aimé savoir si il y a une raison particulière. Certaine sont drôles, d'autres touchantes. Le prologue s'affiche et je glisse mon nez entre les pages pour respirer l'odeur. Un hoquet m'échappe.
" - Pouah ! Il empeste !"
C'était une première, je n'avais jamais senti un livre avec une odeur pareille. Une odeur de plastique. Une odeur de destruction de la Nature. C'était logique, chaque romans arrivent enrouler dedans. Mais ils gardent leur odeur unique. Normalement, chaque livre abrite la senteur du renouveau mais là, elle nous rappelle que nos erreurs finiront par nous rattraper. Je haïs l'odeur du plastique : certains diraient que ce matériau n'a pas d'empreinte olfactive, je peux assurer qu'on finit par la connaître quand on la cherche. Je le sais.
" - Alice ? Je t'ai entendu crier. Il y a un problème ?
- Aucun, Maman."
Je ne mens pas. Ce n'est pas un problème mais une évidence. Je me retrouver avec un live puant, puant l'odeur néfaste du plastique, du pétrole transformé. J'en ai lu des livres de science-fiction qui imagine de long en large notre avenir parsemé du plastique. Mais chacun avait une odeur d'espoir, cette touche de cerise et du printemps. Là, même un roman de fantasy sent le plastique. N'est-ce pas un signe ? Ma Terre tourne mal, elle tourne dans le mauvais sens. Il ne faudra pas s'étonner d'avoir chaud en plein hiver. Ça sent la fin de tous. Les Mayas avaient prévu la fin du monde en 2012, bien avant ma naissance. Ils doivent bien avoir prévue la fin, c'était peut-être le point de non-retour qu'on dépassait.
Mes yeux sautent sur chaque élément de la maison, me demandant lesquel avançaient l'échéance. Mon regard tombent sur le livres que je tiens et mes mains se crispent sur la couverture. La fin du monde commençait avec moi. Avec moi qui achète des livres à longueur d'années, encourageant la déforestation. Je suis nulle. Je pense à la Terre mais je me fait passer avant. Je suis une égoïste. Une grosse égoïste. Tout est de ma faute et le livre est là pour me rappeler mon devoir, l'odeur un avertissement de taille. Mais je ne sais quoi faire. Mes mains commencent à trembler, mes yeux sautent de nouveau sur tous les livres que je voie. Puis je ferme les yeux. Je ne veux pas voir. Je ne veux pas être là. Je ne veux pas. Je suis pas la responsble, on est tous coupable. Je suis la responsable. Je suis la responsable. Tout est de ma faute. Mes yeux brillent, ils s'humident.
" - Je connais ce regard, Alice, regarde-moi.
- Maman...
- Ta mère te connaît mieux que toi.
- Ta fille te connaît mieux que toi.
- Explique-moi.
- C'est compliqué et pas intéressant.
- Rien n'est plus compliqué maintenant que j'ai compris tous tes micmacs pour tes livres. Et tout est intéressant pour ceux qui s'y intéresse.
- Le livre pue.
- Pardon."
L'expression qu'elle affiche me fait sourire et je retient avec grand peine un éclat de rire. C'était prévisible, toutes les pensées qui passent dans la tête d'une lectrice écrivaine n'est comprise par personne, pas même celle qui l'est à émise. Je me lève et lui approche le livre. D'un signe de la main, elle comprend et penche la tête pour que son nez effleure la page. Et elle affiche toujours une expression d'incompréhension. Je soupire.
" - Pas si infaillible que ça, non.
- Pour une fois, je ne comprends pas. Je ne sens rien.
- Le livre a l'odeur du plastique.
- Et ?"
Et Maman ne comprends pas. Cependant, elle connaît mes pensées noires envers notre planète bleue. C'est compliqué de comprendre mes pensées avec seulement une phrase. Il faut que je lui explique tout, elle ne me lâchera pas sinon.
" - Les livres ont une odeur, une senteur agréable. Et là...
- Il pue.
- Oui...
- De quoi ? Il sent pas bon pour toi, ok. Mais il sent quoi ?
- Le plastique.
- Oh ma chérie."
Maman m'entoure de ses bras, je m'enlace. Elle a comprit. En fait, il suffisait bien d'un seul mot. Enfin, le même mot d'il y a deux minutes, il suffisait du contexte. C'est pareil pour les livres : c'est simple de dire quoi le protagonistes ressent, plus compliqué de le montrer.
Dernière modification par Alice Grant le 24 oct. 2026, 02:33, modifié 1 fois.
ALICE GRANT / SERPENTARD / DEUXIÈME ANNÉE
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, la nuit je suis là
Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins
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31 mondes à l’encre
Je suis née le 21 mars 2038, premier jour du printemps bien que la saison printemps ne veut plus rien dire, le climat se réchauffe. Je suis née le 21 mars 2038, journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, de la trisomie 21, de la poésie, des forêts et du novus, un sport inconnu. Je suis née le 21 mars 2038, premier jour de l'année où les nouveaux-nés héritent du bélier en signe astrologique. Les beliers souvent un caractère qui va dans l’extrême : ils sont têtus, courageux, impulsifs et audacieux. Je ne suis rien de tout ça. Têtue : parfois, courageuse : jamais, impulsive : tout dépend des moments, audacieuse : même pas en rêve. Mon signe astrologique ne me convient pas mais je l'ai aimé. Je l'aime toujours, d'ailleurs. J'aime l'histoire tirée de la mythologie grecque qui a donné le nom à une constellation.
Papa me la racontait de sa voie grave, le soir. Je crois même que c'est lui et cette histoire qui m'a propulsé dans ma période sur la mythologie grecque. J'ai commencé par lire des adaptations de la plus grande oeuvre grecque, l'Odyssée. Ulysse est le meilleur homme qu'il existe, ses ruses sont magnifiques et ingénieuse. Raconte-moi, Muse, l'homme aux mille tours. Après, j'ai continué avec les tragédies des familles maudites, celle d'Agamennon et celle d'Oedipe. Cette dernière est ma préférée : Antigone, mon héroïne préférée.
Papa me la racontait de sa voie grave, le soir. Je crois même que c'est lui et cette histoire qui m'a propulsé dans ma période sur la mythologie grecque. J'ai commencé par lire des adaptations de la plus grande oeuvre grecque, l'Odyssée. Ulysse est le meilleur homme qu'il existe, ses ruses sont magnifiques et ingénieuse. Raconte-moi, Muse, l'homme aux mille tours. Après, j'ai continué avec les tragédies des familles maudites, celle d'Agamennon et celle d'Oedipe. Cette dernière est ma préférée : Antigone, mon héroïne préférée.
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Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins
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31 mondes à l’encre
Elle est partie. Mais elle m'a volé ce que j'avais de plus précieux. Mes Mots.
Je vous sauverai, promis. Je la pisterai comme une chasseuse intrépide. Je la suivrai comme une espionne imprudente. Je vous chercherai comme une détective à lunette. Je vous retrouverai comme une fouineuse à plein temps. Je vous sauverai. Nos retrouvailles seront l'épilogue de mon histoire, je vous sauverai. Je ne baisserai jamais les bras. Je ne renoncerais jamais face à la difficulté. Je ne déclarerai jamais forfait face à elle. Ma quête commence aujourd'hui ; mon histoire a commencé bien plus tôt mais le déclic fut sur ce toit. C'est sur ce toit que tout a commencé. C'est sur ce toit qu'elle est venue à ma rencontre. Elle m'apportait des réponses avant de les reprendre. Elle a précipité ma vie dans les abysses avant de la rattraper. Elle m'a sauvé avant de tout me prendre. Mais vous connaissez tout ce qui m'est arrivé : c'est grâce à vous que j'ai su tenir. Je vous sauverai comme vous m'avez sauvé. Je vous le promet.
Ma quête commence aujourd'hui : ce sera mon histoire. Dans tous les romans, il y a toujours quelque chose à sauver. Toujours. Que ce soit un monde dans les fantasy ou une princesse en détresse dans les contes de fées ou une relation humaine dans les drame intime. Vous serez mon but. Les sauvés sont beaucoup plus important que les sauveur. Mes Mots, n'oubliez jamais, je vous sauverai comme vous m'avez sauvé. Vous êtes les véritables héros de mon histoire. Je ne suis qu'un simulacre d'écrivaine. Mais je vous sauverai. Ne fais jamais des promesses que tu ne pourras pas tenir, c'est ce qu'on me disait. Mais aujourd'hui, que le soleil en soit témoin, je vous promets que toute ma vie, je vous chercherai ; que je vous sauverai de ses griffes lacérantes.
On ne pars jamais en quête sans camarades sur qui on peut compter. Le première leçon que j'ai retenu de mes livres. Mais cette fois-si, je dois partir seule. Vous êtes mes Mots, vous n'appartenez à personne d'autre que moi. C'est moi qui vous a précipitez dans ce tourbillon, je dois racheter mes fautes. Je vous le promets, je vous sauverai. Même si ça sera difficile. Vous êtes les seuls compagnons que j'aurai aimé avoir à mes côtés, vous seul vous me comprenez.
On ne pars jamais en quête sans connaître le passé qui a tout provoqué. Mes poèmes sont consignés dans mon carnet, près de moi. Mais c'est vous qui les avez écrit, je suis seulement celle qui a voulu mettre les Mots sur tout ce qui m'arrivait. Vous avez pris le contrôle de mon esprit, de ma main pour être tracé sur ce papier. A quoi ça servirai de les relire ? Je vous le promets, je vous sauverai. Même si ça sera difficile. Je sais que je ne vous retrouverai pas dedans, elle ne vous a pas caché si près.
Je vous sauverai, promis. Je la pisterai comme une chasseuse intrépide. Je la suivrai comme une espionne imprudente. Je vous chercherai comme une détective à lunette. Je vous retrouverai comme une fouineuse à plein temps. Je vous sauverai. Nos retrouvailles seront l'épilogue de mon histoire, je vous sauverai. Je ne baisserai jamais les bras. Je ne renoncerais jamais face à la difficulté. Je ne déclarerai jamais forfait face à elle. Ma quête commence aujourd'hui ; mon histoire a commencé bien plus tôt mais le déclic fut sur ce toit. C'est sur ce toit que tout a commencé. C'est sur ce toit qu'elle est venue à ma rencontre. Elle m'apportait des réponses avant de les reprendre. Elle a précipité ma vie dans les abysses avant de la rattraper. Elle m'a sauvé avant de tout me prendre. Mais vous connaissez tout ce qui m'est arrivé : c'est grâce à vous que j'ai su tenir. Je vous sauverai comme vous m'avez sauvé. Je vous le promet.
Ma quête commence aujourd'hui : ce sera mon histoire. Dans tous les romans, il y a toujours quelque chose à sauver. Toujours. Que ce soit un monde dans les fantasy ou une princesse en détresse dans les contes de fées ou une relation humaine dans les drame intime. Vous serez mon but. Les sauvés sont beaucoup plus important que les sauveur. Mes Mots, n'oubliez jamais, je vous sauverai comme vous m'avez sauvé. Vous êtes les véritables héros de mon histoire. Je ne suis qu'un simulacre d'écrivaine. Mais je vous sauverai. Ne fais jamais des promesses que tu ne pourras pas tenir, c'est ce qu'on me disait. Mais aujourd'hui, que le soleil en soit témoin, je vous promets que toute ma vie, je vous chercherai ; que je vous sauverai de ses griffes lacérantes.
On ne pars jamais en quête sans camarades sur qui on peut compter. Le première leçon que j'ai retenu de mes livres. Mais cette fois-si, je dois partir seule. Vous êtes mes Mots, vous n'appartenez à personne d'autre que moi. C'est moi qui vous a précipitez dans ce tourbillon, je dois racheter mes fautes. Je vous le promets, je vous sauverai. Même si ça sera difficile. Vous êtes les seuls compagnons que j'aurai aimé avoir à mes côtés, vous seul vous me comprenez.
On ne pars jamais en quête sans connaître le passé qui a tout provoqué. Mes poèmes sont consignés dans mon carnet, près de moi. Mais c'est vous qui les avez écrit, je suis seulement celle qui a voulu mettre les Mots sur tout ce qui m'arrivait. Vous avez pris le contrôle de mon esprit, de ma main pour être tracé sur ce papier. A quoi ça servirai de les relire ? Je vous le promets, je vous sauverai. Même si ça sera difficile. Je sais que je ne vous retrouverai pas dedans, elle ne vous a pas caché si près.
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