À la marche près
Novembre 2043
Il y avait des jours où Amaëlle s’interrogeait très sérieusement sur les ravages que pouvait faire l’âge sur les vieux chapeaux enchantés et décrépis, des jours où elle se demandait ce qu’elle faisait à Serpentard. En ce beau jour de novembre 2043, dans les escaliers menant au cinquième étage, la jeune sorcière se le demandait avec une intensité un peu plus grande. Après tout les Serpentard n’étaient-ils pas censés être dotés d’un instinct de préservation plus important que les autres ? Sans doute le Choixpeau avait-il oublié de vérifier cela en la plaçant chez les nobles vert et argent car de toute évidence le sien était assez peu développé. Certainement sinon qu’elle ne serait pas en train de compter les marches séparant la salle commune des serpents de celle des gryffons sans être même totalement sûre du fait que ce nombre était fixe : on était à Poudlard après tout.
Quelle idée aussi me direz vous d’avoir pour meilleure amie une fichue rouge et or, ou plutôt quelle idée aussi de faire des paris risqués en faisant semblant d’avoir une foi inébranlable en sa victoire. A ces questions il n’y avait pas grand-chose à répondre, sinon qu’Abigail était quelqu’un d’extraordinaire et que l’imagination et la spontanéité d’Amaëlle n’était pas toujours ses plus grands atouts.
Annotant de la plume qu’elle tenait de la main droite un nombre sur le parchemin qu’elle tenait dans la gauche, Amaëlle soupira doucement avant de décider de faire une pause. Certes elle était presque arrivée mais elle en avait marre de compter les marches depuis les sous-sols, d’autant plus qu’elle avançait à une vitesse d’escargots puisqu’elle pouvait difficilement compter les marches en courant. Quoique courir dans les escaliers n’était de toute façon jamais une idée lumineuse, surtout en considérant sa maladresse.
Stoppant donc son ascension, la jeune fille entra dans les toilettes des filles, apparemment vides. Un coup d’œil à son parchemin décida Amaëlle à chercher un endroit sec sur les rebords des robinets pour poser son parchemin et faire un bilan de ce qu’elle avait déjà compté : il s’agissait d’ajouter les nombres de marches de chaque étage vers l’étage du dessus, des sous-sols jusqu’au cinquième étage. Par le biais de ce calcul savant on obtenait alors un nombre – avec décidément trop de chiffres – qui était fort logiquement le nombre total de marche entre les sous-sols et le cinquième étage. Magnifique, les mathématiques.
Cependant, ces considérations scientifiques étant passées, Amaëlle avait besoin de passer aux toilettes. Elle relu donc une dernière fois son nombre total de marches (au cas où son parchemin déciderait soudainement de lui fausser compagnie pour aller danser la salsa dans la salle de bain des préfets) puis abandonna sa plume et ses calculs pour entrer dans une cabine.
Elle aurait peut-être du se douter cependant que Merlin n’était pas très clément avec elle en ce moment et que la probabilité que quelqu'un entre tandis qu'elle était aux toilettes était assez élevée. En tout cas, quelles qu'aient été les probabilités cela ne manqua pas et notre jeune demoiselle eut la joie d'entendre peu de temps après son entrée dans sa cabine la porte des toilettes s’ouvrir. En même temps me direz vous, quelle idée de laisser de si précieux items sur les éviers des toilettes communes du cinquième étage ? Désormais, imaginant mille scénari allant du voleur de parchemin au mathématicien fou en passant par une commère du journal cherchant absolument à la discréditer, Amaëlle avait l’impression stupide que le nouveau venu était forcément là juste pour la confronter à ce qu’elle était en train de faire et, un peu préoccupée, elle rabaissa rapidement ses robes de sorcières et tira la chasse d’eau avant de sortir de sa cabine. Elle pu alors constater que la sorcière qui venait d’entrer était vraisemblablement en train d’observer son parchemin avant que sa sortie des toilettes ne l’interrompe.
Choisissant d’avoir l’air des plus décontractée la verte s’arrêta quelques secondes pour faire un petit geste du menton vers l’objet du crime en prononçant un petit « Hum… c’est à moi. » avant de continuer d’avancer pour aller se laver les mains. Dans un robinet assez loin du dit parchemin pour ne pas risquer de l’éclabousser, cela va sans dire.
Même le plus petit serpent a du venin (si si)
Cinquième année RP
À la marche près
Qu'on me donne une étiquette, j'en ferais des confettis.
Quand, comme elle, on semblait toujours froide, comme si rien ne nous atteignait jamais, il était presque normal que les gens autour de vous oublient une chose terriblement importante à votre sujet : Vous êtes un humain, vous aussi. Ils avaient oublié ça, pour elle. A part Solenn, personne ne l'avait vraiment vu durant un de ses moments de faiblesse, elle gardait toujours pour soi quelque détails dans les situations comme ça. Comme tous les humains, elle avait parfois besoin de lâcher prise, c'était une réaction naturelle. Mais comment se laisser entre-voir aux autres que vous êtes un humain normal quand vous-même n'acceptez pas ce fait ? L'humanité est faible et ce n'est qu'à cause du fait qu'elle est un grand groupe. Un troupeau de moutons, voilà ce que les hommes sont aujourd'hui, elle le sait très bien. Rien n'est plus facile de voir à quel point le monde est pourri quand personne ne vous a jamais montré à quel point il pouvait être beau. C'était ce qui s'était passé avec elle. Personne ne s'était jamais demandé comment elle vivait le fait d'être oubliée, de n'avoir jamais vraiment eu de maison. C'était à cause de ces gens qu'elle était comme ça aujourd'hui. Pouvait-elle vraiment leur en vouloir ? Non. Dans notre société actuelle, plus personne ne faisait attention les uns aux autres, il y avait toujours un profit derrière. Le monde est cruel. Comme le fait qu'on laisse crever de faim les gens dans la rue en disant que c'est de leur faute. Si certaines choses sont compréhensives et naturelles, d'autres ne le sont pas et il faut parfois des dizaine d'années pour que quelqu'un ne s'en rendre compte. Notre société est égoïste. Pourquoi aider son prochain si on ne fait rien pour vous en échange ? Le plaisir d'offrir n'existe presque plus. Dans les grandes villes, c'est chacun pour soi.
Elle, elle a vécu toute sa vie -jusqu'à récemment- dans une grande ville.
On pouvait dire pleins de choses sur Londres mais elle était, globalement, une ville comme toutes les autres, rien ne changeait vraiment. Les différences y étaient moquées, les gens ne s'occupaient que d'eux. Pourquoi auraient-ils fait autre chose quand leur aide pouvait se retourner contre eux ?
Pourquoi aider les autres si cela vous mettait dans la merde ?
Non, elle ne voulait pas parler d'elle comme un Homme normal. Elle n'était pas comme tout ces moutons au dehors. Sûrement que cela lui portait préjudice. Elle était différente. Et ce mot était à lui seul la cause de tout ses maux. Tout ça parce que les différences ne sont pas acceptées comme elles devraient l'être. Dans la masse de gens idiots et intolérants, comment discerner ceux qui ne l'étaient pas ? Presque impossible. Surtout que, naturellement, personne n’admettait ses défauts. Elle n'admettait pas son plus grand. Elle ne voulait pas admettre qu'elle aussi était humaine. Elle ne pouvait pas admettre qu'elle devait vider son cœur, quelques fois, que toutes ces fausses apparences devaient laisser leur place à la vraie elle quelques instants. Pour que la buée ne s’efface, il fallait ouvrir la porte. Laisser l'air chaud circuler.
Elle avait de la buée dans le cœur.
Avant, elle serait bien volontiers retournée dans les toilettes abandonnées là où elle aurait été sûre de ne se faire emmerder par personne mais depuis les derniers événements, la seule vue de la pièce lui donnait la nausée. Le rouge et le noir s'entre-mêlaient dans son esprit, accrochés à son crâne comme une puce sur un chien. Elle ne pouvait pas y mettre les pieds. Cela lui était impossible.
Quitte à changer de salle, elle n'avait qu'à prendre les toilettes des filles ? Une salle semblable à la dernière où rien ne lui rappellerait son enfer, en théorie. Si seulement tout n'était pas si semblable. Jusqu'à son reflet dans le miroir.
Seuls divergeaient ces petites choses sur le bord de l'évier. Et cette personne sûrement plus vieille de plusieurs années qu'elle. Que dire ? Pourquoi elle ne peut pas être seule ne ce moment avec son menton qui tremble de tension, essayant tant bien que mal de garder ses sentiments enfoncés dans sa gorge ? Pourquoi, pendant que ses nerfs lâchent, elle ne pouvait pas tomber sur une pièce vide ? Elle ne connaît même pas l'autre. C'est une Serpentard. Son uniforme le dit mais qu'est-ce qu'elle en a à foutre ?
Voix sifflante, cassante.
-Qu'est-ce que tu f.. ous ici ? Elle lute pour ne pas finir sa phrase. Que dirait Solenn ? Si elle était là, elle n'aurait même pas de problèmes pour ne regarder qu'elle. Solenn lui dit que se montrer n'est pas vraiment une faiblesse, que tous les gens ne sont pas mauvais. A-t-elle envie de lui faire confiance ? Essayer. Toujours essayer. Donc. C'est à toi ? Elle pointe le parchemin et tout le bordel avec égaré sur la porcelaine blanche.
Moi ? Je n'fume pas, je n'bois pas, mais je M.L. Chacun son truc.
Mascotte Officielle des Crochets d'Argents, laissez passer s'il vous plait.
À la marche près
Amaëlle avait à peine tourné le robinet et accueilli l’eau, gelée, sur ses mains que la voix sifflante de la plus jeune coupa le silence étrange de la pièce. Un tressaillement presque imperceptible passa dans le corps de la cinquième année qui cligna des yeux avant de se tourner doucement vers la Serpentard, les mains toujours sous l’eau.
« J’me lave les mains. » murmura t-elle, de façon à peine audible.
Venant d’Amaëlle, la phrase n’était guère étonnante, elle était même presque prévisible, néanmoins elle aurait du être dite sur un ton taquin, faussement sérieux ou au moins amusé, pas de cette façon prudente et égarée. Mais Cassiopée Malory, puisque c’était son nom, venait de réactiver chez son aînée un souvenir douloureux : celui d’un autre jour, dans d’autres toilettes, avec une autre Serpentard de deuxième année qui passait ses mains sous l’eau. Il faut dire que la plupart du temps les gens ne se demandaient pas ce qu’ils faisaient lorsqu’ils étaient dans les toilettes, surtout pas sur ce ton. Parce qu’il n’y avait pas de doute que c’était bien ce qu’avait voulu faire la petite sorcière.
Pour reprendre contenance, la jeune Nelly détourna son regard de sa cadette et ferma le robinet d’eau avant de s’essuyer vaguement les mains sur son uniforme. Pendant ce temps Cassiopée, qui s’était déjà arrêtée en plein milieu de sa phrase pleine de fiel, avait vraisemblablement envie de rétrograder puisque, sur un ton qui semblait plus indiquer qu’elle se fichait de la réponse qu’autre chose, elle désigna son parchemin qui attendait toujours là et demanda :
« Donc. C'est à toi ? »
Amaëlle eut presque envie de rire, nerveusement. C’était un animal sauvage à apprivoiser. Un animal sauvage à apprivoiser qui avait vraisemblablement intégré quelques règles de conduites mais un animal sauvage tout de même. La née-moldue connaissait Cassiopée, de nom, comme elle connaissait presque tous les Serpentard plus jeunes qu’elle, mais également un peu de réputation, et sa réputation ne semblait pas être volée. La petite fille qui lui faisait face, malingre crevette aux longs cheveux noirs, avait marqué quelques unes de ses camarades par sa froideur et d’autres s’étaient inquiétées du fait qu’elle semblait avoir quelques problèmes. À la voir devant elle, le corps comme crispé d’avoir trop parlé, la voix détachée, indifférente, Amaëlle devinait pourtant que c’était bien plus profond que quelques problèmes. Non, la petite Malory en avait un gros, relationnel pour commencer.
Détachant son regard de la fillette pour le reposer sur son parchemin qu’elle avait presque oublié, Amaëlle esquissa un sourire : c’était là ce qu’elle savait le mieux faire, elle en avait toute une palette des sourires. Celui ci se voulait prudent mais un peu amusé.
« Exact. » Et puisqu’elle ne pouvait pas laisser le silence s’emparer de l’instant, réduisant à néant l’effort que semblait avoir fait sa cadette et plongeant la pièce dans l’embarras, elle ajouta, son sourire gagnant en malice, « Des calculs très savants qui comptabilisent le nombre de marches entre la salle commune des Serpentard et celle des Gryffondor. »
Elle aurait pu inventer un mensonge avec une foi inébranlable en ses paroles en deux secondes sans aucun problème, mais elle sentait que tout autre réponse aurait rappelé le silence… et même si l’ambiance de la pièce lui donnait plutôt envie d’en sortir qu’autre chose, elle voulait donner sa chance à la plus jeune de lui faire entendre sa voix. Ironique, quand on pensait qu’elle s’était justement dépêchée de sortir de sa cabine pour éviter que la fillette ne découvre ses méfaits toute seule.
« J’me lave les mains. » murmura t-elle, de façon à peine audible.
Venant d’Amaëlle, la phrase n’était guère étonnante, elle était même presque prévisible, néanmoins elle aurait du être dite sur un ton taquin, faussement sérieux ou au moins amusé, pas de cette façon prudente et égarée. Mais Cassiopée Malory, puisque c’était son nom, venait de réactiver chez son aînée un souvenir douloureux : celui d’un autre jour, dans d’autres toilettes, avec une autre Serpentard de deuxième année qui passait ses mains sous l’eau. Il faut dire que la plupart du temps les gens ne se demandaient pas ce qu’ils faisaient lorsqu’ils étaient dans les toilettes, surtout pas sur ce ton. Parce qu’il n’y avait pas de doute que c’était bien ce qu’avait voulu faire la petite sorcière.
Pour reprendre contenance, la jeune Nelly détourna son regard de sa cadette et ferma le robinet d’eau avant de s’essuyer vaguement les mains sur son uniforme. Pendant ce temps Cassiopée, qui s’était déjà arrêtée en plein milieu de sa phrase pleine de fiel, avait vraisemblablement envie de rétrograder puisque, sur un ton qui semblait plus indiquer qu’elle se fichait de la réponse qu’autre chose, elle désigna son parchemin qui attendait toujours là et demanda :
« Donc. C'est à toi ? »
Amaëlle eut presque envie de rire, nerveusement. C’était un animal sauvage à apprivoiser. Un animal sauvage à apprivoiser qui avait vraisemblablement intégré quelques règles de conduites mais un animal sauvage tout de même. La née-moldue connaissait Cassiopée, de nom, comme elle connaissait presque tous les Serpentard plus jeunes qu’elle, mais également un peu de réputation, et sa réputation ne semblait pas être volée. La petite fille qui lui faisait face, malingre crevette aux longs cheveux noirs, avait marqué quelques unes de ses camarades par sa froideur et d’autres s’étaient inquiétées du fait qu’elle semblait avoir quelques problèmes. À la voir devant elle, le corps comme crispé d’avoir trop parlé, la voix détachée, indifférente, Amaëlle devinait pourtant que c’était bien plus profond que quelques problèmes. Non, la petite Malory en avait un gros, relationnel pour commencer.
Détachant son regard de la fillette pour le reposer sur son parchemin qu’elle avait presque oublié, Amaëlle esquissa un sourire : c’était là ce qu’elle savait le mieux faire, elle en avait toute une palette des sourires. Celui ci se voulait prudent mais un peu amusé.
« Exact. » Et puisqu’elle ne pouvait pas laisser le silence s’emparer de l’instant, réduisant à néant l’effort que semblait avoir fait sa cadette et plongeant la pièce dans l’embarras, elle ajouta, son sourire gagnant en malice, « Des calculs très savants qui comptabilisent le nombre de marches entre la salle commune des Serpentard et celle des Gryffondor. »
Elle aurait pu inventer un mensonge avec une foi inébranlable en ses paroles en deux secondes sans aucun problème, mais elle sentait que tout autre réponse aurait rappelé le silence… et même si l’ambiance de la pièce lui donnait plutôt envie d’en sortir qu’autre chose, elle voulait donner sa chance à la plus jeune de lui faire entendre sa voix. Ironique, quand on pensait qu’elle s’était justement dépêchée de sortir de sa cabine pour éviter que la fillette ne découvre ses méfaits toute seule.
Même le plus petit serpent a du venin (si si)
Cinquième année RP
À la marche près
Elle semblait méfiante. Trop peut-être, bien plus que les autres. Bien que les autres étaient aussi assez méfiants contre elle. Parce, de ce qu'elle en savait, on parlait d'elle. Et elle détestait ça parce qu'elle ne supportait pas le fait qu'on s'imagine des choses sur elle. Des choses qui ne sont pour la plupart pas véridiques et impossibles à comprendre pour elle. Elle ne comprend pas bien pourquoi les gens s'intéressent à elle et encore moins pourquoi ils ne lui parlent pas en face. Pourquoi Solenn n'entend pas les gens, pourquoi elle n'arrive pas à oublier, à passer outre ces commentaires qui ne l'intéressent pas, dont elle s'en fout. C'est comme si on entrait dans sa tête et qu'on mettait ses idées, ses paroles, ses pensées à jour, qu'on les écrasait sur un tableau de liège, affichés, accrochés avec de petite punaises. Des affiches que tout le monde peut voir. Que tout le monde peut prendre. Que tout le monde peut lire, comprendre, relire encore et encore et s'en souvenir, ne jamais oublier. Et de lui en parler souvent, de la regarder en ne voyant sur elle que la façade créée par ces rumeurs qu'elle ne comprend pas. C'est un masque qu'elle ne se met pas mais que les autres lui créent, qu'ils façonnent de la façon dont ils veulent la voir pour lui écraser sur la face. Elle ne pourra jamais vraiment expliquer ce que cela fait de n’être vue par les autres que de la façon dont on parle d'elle, elle ne pourra jamais expliquer à quel point les rumeurs peuvent briser des choses, la tuer intérieurement sans qu'elle ne puisse rien faire.
C'est comme un cambriolage. Non pas de son lieu de vie, mais de son esprit. Les gens prennent ce qu'ils veulent et s'en vont avec sans qu'elle ne puise les arrêter, reprendre ses biens volés. C'est traumatisant de se dire que quelqu'un est entré chez soit, à vu toute votre vie, toutes les choses qui font de vous ce que vous êtes et qu'il a prit ce qu'il voulait avant de partir et que vous n'avez rien pu faire, faible que vous êtes. Et que, par la suite, tout le monde soit au courant de cette histoire et demande un partage des choses volées. Des rumeurs. Que les gens si cons se partagent, expliquent même à ceux qui ne l'ont pas demandé. Rumeurs qui détruisent tellement de chose. La confiance en soi qu'elle n'a jamais eu. L'envie d'aller vers les gens qu'elle n'aura jamais et la tranquillité depuis longtemps envolée. Les regards dans les couloirs qui la suivent, les chuchotements même parfois qu'elle n'a pas demandé, dont elle ne veut pas, dont elle ne voudra jamais mais pour lesquels on ne lui a pas demandé son avis. Les gens ne se rendent pas compte à quel point une seule petite rumeur peut briser autant de chose, combien cela est destructeur et combien cela s'accroche à vous sans que vous ne puissiez vous en défaire. Parfois elle se dit que si elle changeait, les gens ne parleraient plus mais c'est impossible pour elle de se transformer à nouveau en quelque chose qu'elle n'est pas, sachant que c'est cette décision qui lui a fait tant de mal, qui l'a fait exploser en Avril. Elle ne peut tout simplement plus jouer le jeu aussi bien qu'avant donc elle ne le pousse plus si loin. Elle a toujours son masque mais il est craquelé et fragile. Elle ne sait plus se cacher aussi bien qu'avant.
Elle baisse les yeux sur ses pieds.
-Hum....
Elle détourne le regard.
-Y'en a combien ?
C'est comme un cambriolage. Non pas de son lieu de vie, mais de son esprit. Les gens prennent ce qu'ils veulent et s'en vont avec sans qu'elle ne puise les arrêter, reprendre ses biens volés. C'est traumatisant de se dire que quelqu'un est entré chez soit, à vu toute votre vie, toutes les choses qui font de vous ce que vous êtes et qu'il a prit ce qu'il voulait avant de partir et que vous n'avez rien pu faire, faible que vous êtes. Et que, par la suite, tout le monde soit au courant de cette histoire et demande un partage des choses volées. Des rumeurs. Que les gens si cons se partagent, expliquent même à ceux qui ne l'ont pas demandé. Rumeurs qui détruisent tellement de chose. La confiance en soi qu'elle n'a jamais eu. L'envie d'aller vers les gens qu'elle n'aura jamais et la tranquillité depuis longtemps envolée. Les regards dans les couloirs qui la suivent, les chuchotements même parfois qu'elle n'a pas demandé, dont elle ne veut pas, dont elle ne voudra jamais mais pour lesquels on ne lui a pas demandé son avis. Les gens ne se rendent pas compte à quel point une seule petite rumeur peut briser autant de chose, combien cela est destructeur et combien cela s'accroche à vous sans que vous ne puissiez vous en défaire. Parfois elle se dit que si elle changeait, les gens ne parleraient plus mais c'est impossible pour elle de se transformer à nouveau en quelque chose qu'elle n'est pas, sachant que c'est cette décision qui lui a fait tant de mal, qui l'a fait exploser en Avril. Elle ne peut tout simplement plus jouer le jeu aussi bien qu'avant donc elle ne le pousse plus si loin. Elle a toujours son masque mais il est craquelé et fragile. Elle ne sait plus se cacher aussi bien qu'avant.
Elle baisse les yeux sur ses pieds.
-Hum....
Elle détourne le regard.
-Y'en a combien ?
Moi ? Je n'fume pas, je n'bois pas, mais je M.L. Chacun son truc.
Mascotte Officielle des Crochets d'Argents, laissez passer s'il vous plait.
À la marche près
En face d’elle la petiote baisse les yeux sur ses pieds avant de détourner le regard. Puis sa voix marmonne un petit bout de phrase, donnant à Amaëlle l’impression étrange de lui avoir extorqué ces quelques mots. Un instant elle considère l’idée de laisser sa camarade tranquille mais cette pensée fugace ne demeure pas très longtemps en son esprit. Elle a entendu sa voix, elle aimerait bien croiser ses prunelles, explorer un peu l’univers de cette gamine revêche, de cette fille aux airs d’animal traqué. Et puis la cinquième année a l’intuition que la verte n’est pas tant du genre à s’embarrasser de laisser une discussion en suspend, or elle l’a relancée avec une question ouverte.
« 253 pour l’instant, entre notre salle commune et ici, j’ai pas fini de compter. Mais pour être tout à fait franche je ne pense pas que ce soit un nombre fixe… les escaliers ici tu sais ce que c'est. » conclue t-elle avec un petit air complice que sa vis à vis ne voit sans doute pas.
Alors qu’elle finit sa phrase elle se demande soudainement ce que peuvent bien représenter tant de marches. Une vision d’elle cavalcadant avec son frère dans les escaliers d’un grand phare en comptant les marches trotte dans un coin de son esprit, la faisant sourire. Mais elle a beau savoir que le nombre était impressionnant pour la petite fille qu’elle était, la jeune sorcière n’arrive pas à se rappeler combien de phares font 253 marches.
Alors elle secoue la tête, laissant là ses interrogations hautement philosophiques, se promettant de demander à ses parents dans sa prochaine lettre s’ils se souviennent de ce phare dont elle n’a que le souvenir vague de marches et d'une vue vertigineuse. Qu’on se le dise, la probabilité qu’elle tienne sa promesse ou du moins qu’elle obtienne une réponse satisfaisante était assez faible. Néanmoins là n’était pas la priorité de l’instant.
« Techniquement pour bien faire il faudrait que je compte plusieurs fois et que je fasse une moyenne, mais je t’avoue que les statistiques ça sera pour plus tard. »
L’image fugace de l’équipe des Crochets d’Argent la maudissant en courant dans les escaliers pour compter les marches séparant les salles communes de Serpentard et de Gryffondor lui traverse soudainement l’esprit et elle ne peut s’empêcher de lâcher un petit rire « Ou alors je me débrouille pour que d’autres le fassent à ma place. »
Confusément Amaëlle sait qu’elle parle sans doute un peu trop pour sa cadette, mais elle craint que ne pas parler assez ne la bloque également. Alors elle préfère faire comme si elle parlait à une amie et non pas à une gamine recroquevillée dans un coin d’elle même.
« 253 pour l’instant, entre notre salle commune et ici, j’ai pas fini de compter. Mais pour être tout à fait franche je ne pense pas que ce soit un nombre fixe… les escaliers ici tu sais ce que c'est. » conclue t-elle avec un petit air complice que sa vis à vis ne voit sans doute pas.
Alors qu’elle finit sa phrase elle se demande soudainement ce que peuvent bien représenter tant de marches. Une vision d’elle cavalcadant avec son frère dans les escaliers d’un grand phare en comptant les marches trotte dans un coin de son esprit, la faisant sourire. Mais elle a beau savoir que le nombre était impressionnant pour la petite fille qu’elle était, la jeune sorcière n’arrive pas à se rappeler combien de phares font 253 marches.
Alors elle secoue la tête, laissant là ses interrogations hautement philosophiques, se promettant de demander à ses parents dans sa prochaine lettre s’ils se souviennent de ce phare dont elle n’a que le souvenir vague de marches et d'une vue vertigineuse. Qu’on se le dise, la probabilité qu’elle tienne sa promesse ou du moins qu’elle obtienne une réponse satisfaisante était assez faible. Néanmoins là n’était pas la priorité de l’instant.
« Techniquement pour bien faire il faudrait que je compte plusieurs fois et que je fasse une moyenne, mais je t’avoue que les statistiques ça sera pour plus tard. »
L’image fugace de l’équipe des Crochets d’Argent la maudissant en courant dans les escaliers pour compter les marches séparant les salles communes de Serpentard et de Gryffondor lui traverse soudainement l’esprit et elle ne peut s’empêcher de lâcher un petit rire « Ou alors je me débrouille pour que d’autres le fassent à ma place. »
Confusément Amaëlle sait qu’elle parle sans doute un peu trop pour sa cadette, mais elle craint que ne pas parler assez ne la bloque également. Alors elle préfère faire comme si elle parlait à une amie et non pas à une gamine recroquevillée dans un coin d’elle même.
Même le plus petit serpent a du venin (si si)
Cinquième année RP