Les trublions du cabinet Mathilde E.

Octobre 2042

PV. Mathilde EVANS


Tally Jenkins était maintenant en Troisième Année. Elle aimait observer les nouveaux Premier Année et rire doucement sous sa cape de leurs réflexions, de leurs actions ou de leurs vaines tentatives d'enchantements. Il était bien loin le temps où elle-même découvrait le château et la magie. Elle se sentait maintenant bien au dessus de tout ça, presque inarrêtable. Elle soupirait presque en entendant les nouveaux planifier des plans sans queue ni tête en sachant très bien qu'un jour ou l'autre ils se ferraient prendre la main dans le sac. Elle ne daignait même pas leur faire remarquer et s'amusait à les toiser de sa petite tête de plus. Certes, aucune insigne n'était collée à sa robe mais sa démarche assurée et son regard désabusé suffisait à imposer un certain respect aux jeunes de Poudlard. Et que Tally aimait en jouer. C'était tellement nouveau pour elle que ça en devenait jouissif. A cause de ça, elle se surprenait à allonger ses trajets dans les couloirs, optant pour des itinéraires qui n'avaient pas plus de sens que de la faire marcher un peu plus. Ce faux sentiment de puissance, elle s'en délectait. Un jour, ça ne serait pas face aux Premier Année qu'elle l'imposerait, mais à des personnes bien plus influentes, elle en était persuadée.

Ce jour d'octobre n'était pas bien différent des autres. A ceci près que les nouveaux commençaient à s'être habitués à leur vie à Poudlard, si bien qu'ils n'étaient plus vraiment impressionnés de croiser des personnes plus âgées qu'eux dans les couloirs. Tally s'en attristait, mais se réjouissait à l'idée qu'elle pourrait aisément recommencer l'année suivante. Après tout, elle aurait toujours une année de plus et pourrait se pavaner devant les plus jeunes en arborant fièrement sa Quatrième Année. La Serdaigle voulait grandir et le plus vite possible. Elle avait l'impression d’étouffer sous les règles strictes de Poudlard et, chaque année passant, elle sentait l’étau se resserrer. Mais à la fin de chaque année, elle se persuadait que la suivante serait plus libre. Jusqu'ici, cela avait toujours été une fausse joie. Aucun traitement de faveur n'était réservé aux plus âgés. La Jenkins allait devoir s'y faire.

Ses pas l'avaient mené devant les toilettes des filles au cinquième étage. Un drôle d'endroit. Un chassé croisé permanent y régnait, mais personne ne faisait réellement attention aux une et aux autres. La jeune fille décida de s'y arrêter quelques minutes, finalement, quitte à être ici, autant en profiter pour passer au cabinet. Des personnes semblaient hausser le ton, qui pouvaient bien avoir envie de mettre le bazar dans une pièce aussi insignifiante ?  Ou alors, ce n'était que le fruit de son imagination ? Dans tous les cas, Tally n'allait pas tarder à le savoir. Elle entra d'un pas décidé dans les toilettes, prête à faire face à de possibles fauteurs de troubles.
Dernière modification par Tally Jenkins le 21 févr. 2018, 00:52, modifié 1 fois.

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Mathilde Evans était donc rentrée en première année à l'école des sorciers, l'école qui l'avait fait tellement rêver, sa mère, qui était une sorcière lui en avait énormement parlé.
Quel bonheur lorsqu'elle fut repartie à Sepentard, la maison de sa famille maternelle. Elle se sentait chez elle à Serpentard et plus généralement à Poudlard. À cause de son passé et son caractère bien trempé Mathilde n'avait aucun lien social à l'horizon, même ses camarades de dortoir ne l'inspirait pas. Et elle le vivait bien, pensait pouvoir s'en sortir seule. Elle à toujours été plutôt solitaire mais elle avait changée depuis quelques année. 
Ce qui l'a faisait rire à Poudlard, c'est bien ses camarades de première années un peu perdue et vénéraient les élèves d'années superieures. Elle n'a jamais eu peur de ce genre de chose. Alors c'est vrai ils sont plus grands, ils ont eu la chance de naître quelques années plus tôt et se  repèrent plutôt très bien dans cet immense château mais rien de quoi rêver ou avoir peur.

Nous étions donc en Octobre 2042 quand Mathilde sortit de son cours de potion en marchant rapidement, il est vrai que ce cours lui posait souvent des problème et lorsqu'il était question de pratique la difficulté se faisait d'autant plus sentir. La brunette devais donc se laver les mains après quelques essais raté, elle se rendit machinalement aux toilettes des filles, un endroit souvent bruyant avec beaucoup de monde, bref, un enfer pour les insociable comme Mathilde. 

- "De toute façon il faut y aller." Pensa t'elle.

Perdue dans ses pensées elle se dirigea vers la porte pour y accéder, hereusement peu de personnes circulaient ici à ce moment là ce qui laissait un large espace  pour avancer à la première année. une fois sur le pas de la porte elle entendit des bruits inhabituels, des gens semblaient se disputer ? ou tout simplement parler très fort ?
Mathilde ne savait pas et ne rien pouvoir prévoir l'inquiétait vraiment dans sa vie de tout les jours.
Alors elle hésita quelques seconde et poussa la poignée.

- "Mais qu'est ce qui peut se passer là dedans ?" Pensa t'elle.

Elle rentra.
Dernière modification par Mathilde Evans le 21 févr. 2018, 10:05, modifié 2 fois.

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Jenkins s'arrêta sur le pas de la porte pour glisser un œil discret dans le couloir des toilettes. Une fille -logique, c'était les toilettes des filles- avait grimpé sur les lavabos et menaçait de sa baguette magique une autre fille, collée contre l'une des nombreuses portes menant aux WC. Tally reprit place dans sa cachette. Elle pouvait tout aussi bien s'en aller, après tout, d'autres toilettes étaient disséminés à gauche et à droite à Poudlard, aucune raison de vouloir particulièrement utiliser ceux-là. Mais, était-ce digne d'elle que d'abandonner une pauvre fille apeurée par l'une de ses camarades ? La Serdaigle était loin d'être une justicière ou quelqu'un de droit. Non, bien au contraire elle préférait résoudre les choses à sa manière, choisissant toujours le parti qui l'avantageait le plus. Dans cette situation, elle n'avait apparemment rien à y gagner. C'était une dispute des plus banales, certes, elles finiraient peut-être à l'infirmerie -ou, au moins, l'une des deux- couvertes de furoncles et / ou crachant des limaces. Dure loi de la vie de sorciers.

Tally était prête à passer son chemin lorsqu'elle avisa une jeune fille qui venait de passer la porte d'entrée. Elle lui fit immédiatement signe de s’immobiliser, pas question d'envoyer quelqu'un de plus jeune qu'elle -semblait-il- au cœur d'une bataille déjà engagée. La Serdaigle cligna plusieurs fois des yeux. Maintenant, il lui était bien plus difficile de rebrousser chemin, pour qui allait-elle passer ? Elle s'attarda sur la nouvelle venue, remarquant qu'elle était Serpentard. Avec eux, les rumeurs pouvaient aller bon train et la Serdaigle préférait garder une image positive.

Jenkins dégaina alors sa baguette magique, elle devait agir. Elle fit un pas sur le côté, se trouvant à découvert, et la brandit devant elle. La rouquine aurait aimé faire une entrée un peu théâtralisée en entonnant une tirade moralisatrice du genre « Que faites-vous ? Vous savez bien que vous n'avez pas encore le niveau pour faire quoi que se soit avec vos baguettes » ou encore « Arrêtez vos bêtises, vous allez vous blesser » qu'elle se serait amusée à prononcer avec son petit air de première de la classe qu'elle avait appris à parfaitement maîtriser chez les Serdaigle. Malheureusement, les deux trublions étaient happées par leur propre discours.

« _ Je t'avais bien dit que ton idée était nulle !
_ Quoi ?! Mais c'est toi qui me l'a proposé !
_ Comment ? J'hallucine là !
_ C'est ça ! Fait genre. Sale menteuse ! »

Sur cette dernière invective, la fille-du-haut avait sauté à terre. C'est à ce moment là que Tally se rendit compte qu'elle avait pris la fille-du-bas pour quelqu'un d’apeuré alors qu'elle était en fait en position de combat accroupie. Cette histoire n'était qu'une fausse alerte. C'était à peine si les deux avortons avaient daigné lui accorder un regard. Et ça, malgré sa glissade maîtrisée sur le carrelage glissant des toilettes. Tally désarma sa baguette et soupira profondément. C'était ce qu'on appelle : perdre du temps.
Pour la seconde fois, elle s'apprêta à partir. C'était qu'elle avait oublié la Serpentard restée bien sagement dans l'encadrement de la porte et qui n'avait pas loupé une miette de son fiasco. Elle eut la soudaine envie de se face-palmer mais se retint de justesse, espérant conserver ce qui lui restait de dignité.

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Mathilde entra donc dans les célèbres toilettes des filles du cinquième étage, elle rentra rapidement tête baisser sans trop prêter attention à ce qu'il ce passait, en espérant ne pas être au centre d'une chamaillerie ou tout simplement se retrouver autours d'autres élèves. Puis elle leva subitement la tête et se retrouva au coeur d'une scène aussi surréaliste qu'apeurante pour la jeune première année.
La première chose qu'elle vit était ces deux jeunes filles, qui semblait à peine plus vieilles qu'elle (sûrement de deuxième année) se livrer une bataille qui pouvait sembler, ou simplement était ridicule, une était sur un des nombreux lavabos de la pièce agitant sa baguette magique de tout les côtés en criant, semblait menacer sa camarade du bas qui était contre une porte menant aux WC. Elles étaient aussi entrain de se crier dessus, mais Mathilde ne comprenait rien, chacune parlait en même temps que l'autre ce qui rendait forcément difficile les échanges.

Mathilde se frotta, puis cligna les yeux deux ou trois fois pour s'assurer que cette scène très étrange était réelle mais malheureusement pour elle, c'était le cas.
Lorsqu'elle pénétra encore plus encore plus dans la pièce, car oui, elle n'aillait pas reculer à cause de ça et puis elle devait absolument se laver les mains après cette petite catastrophe lors de préparation d'une potion.

elle vit une fille qui devait sûrement être plus grande, Mathilde jugea qu'a sa tête, elle devait sûrement être en troisième ou quatrième année. Cette même fille sortit d'une cabine en brandissant sa baguette en lui faisant signe de ne plus avancer, ce qui ne semblait à peine voir pas du tout déstabiliser les deux fautrices de trouble. Elle observa qu'elle était Serdaigle, d'habitude elle ne se serait pas gênée pour embêter cette dernière mais ce qu'il se passait devant elle semblait nettement plus important alors elle ne faisait pas vraiment attention à ce détail jusqu'à l'oublier.

Mathilde était clouée sur place, elle n'avait jamais vue ça, elle était partagé entre l'envie de pleurer ou de rire mais elle se contenta d'un sourire crispé et ne pas prononcer le moindre mot.
Comme si elle attendait des potentielles instruction de la Serdaigle, alors elle continua de la regarder, comme pour lui demander de l'aide mais celle-ci semblait totalement contrôler la situation alors elle l'a laissa faire. Elle savait certainement mieux que la première année ce qu'il fallait faire face à ce genre de situation.
Puis elle entendit finalement un bout de conversation entre les deux élèves : 

« _ Je t'avais bien dit que ton idée était nulle !
_ Quoi ?! Mais c'est toi qui me l'a proposé !
_ Comment ? J'hallucine là !
_ C'est ça ! Fait genre. Sale menteuse ! »


Lorsque la fille en haut du lavabo descendit pour rejoindre la terre ferme et sa copine pour continuer leur bataille or de cet endroit totalement inapte à la situation Mathilde comprit : c'était sûrement une de ces disputes entre amies qui semblaient normales pour les filles de son âge mais qu'elle n'affectionnait pas particulièrement, c'était tellement puérile et inintéressant.
Puis elle remarqua la Serdaigle qui semblait aussi ahurie qu'elle prête à s'en aller mais semblait aussi déstabiliser.
Mathilde ressentit un sentiment qu'elle n'avait pas éprouvé depuis longtemps, serait-ce de quelque chose qui ressemblerait à de l'empathie ?
Alors elle lui posa une question tout en observant les deux jeunes filles s'en aller :

- " Tu vas bien ? Enfin je veux dire, elles ne t'ont rien fait ?"

Elles se retrouvèrent donc seule, en étant toujours aussi étonnées de la scène à laquelle elles venaient d'assister.

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Sa petite mise en situation n'était donc pas passée inaperçue. Honnêtement, si Tally avait pu transplaner, elle n'aurait pas hésité une seule seconde. Voilà qu'une jeune fille avait assisté à toute la scène, les yeux bien grands ouverts et avait été aux premières loges pour assister à son... échec. Ou action inutile, si vous préférez. Ce n'était pas vraiment dans les habitudes de Jenkins que de s'afficher de façon négative face aux nouvelles recrues. Tellement pas ancré dans ses mœurs qu'elle se sentit rosir légèrement. C'était drôlement embêtant. Elle aurait tout donné pour négocier un Retour de Temps. La fuite n'était même pas envisageable, elle allait devoir sauver ce qui pouvait encore l'être.

Par chance, la Serpentard n'avait pas l'air d'être une petite peste, ou alors, elle avait au moins retourner sa veste pendant une petite phrase. Une question qui se voulait même... sympathique. Elle s'enquérait de son état. Wa-ouh. Tally dévisagea la verte. Sérieusement ? Était-ce dans les habitudes des Serpents que de considérer l'autre ? Ce n'était pas ce qu'elle avait appris avec Bryn Farrell. Peut-être était-elle encore jeune et innocente, pas encore totalement corrompue par le venin de l'animal au sang froid ? Tally baissa sa garde pour prendre le temps de lui répondre. Elle réajusta sa cravate et, aussi dignement possible, épousseta son épaule.

« _ Tout va bien, merci, la situation est apaisée et elles n'ont pas eu l'occasion de me porter préjudice. »

Que lui prenait-elle à parler d'un langage aussi soutenu ? Elle se souvint alors qu'elle parlait à une Serpentard et rehaussa soudainement son bouclier mental. La fillette cachait peut-être un peu trop bien son jeu, elle ne devait pas se laisser apitoyer par ses grands yeux candides. Il fallait tuer toute forme de révolte dans l’œuf. Héroïquement, la Serdaigle reprit la parole.

« _ Et toi, tout va bien ? Je pense que tu peux à présent utiliser les toilettes, aucun danger à l'horizon. »

Non, elle n'en faisait pas trop... elle... euh... elle protégeait les plus jeunes. Enfin... tout cela ne venait pas du cœur. Enfin si ! Un peu. Pas trop quoi. Elle n'allait pas non plus vraiment s'inquiéter du sort d'une Serpentarde. Elle était bien au dessus de tout ça. Par politesse, elle s'écarta d'un petit pas pour la laisser accéder aux toilettes. Ce n'est qu'ensuite que Tally se rappela qu'elle était certainement ici pour la même chose que la gamine d'en face. Fronçant les sourcils, la rouquine coupa finalement la route à la plus jeune pour entrer dans le même toilette où elle s'était déjà cachée quelques minutes auparavant. Bon.

Elle s'assit avec brusquerie sur la cuvette, faisant son affaire dans la plus grande discrétion. Il fallait aller vite si elle voulait ressortir avant l'autre pour s'éclipser discrètement.

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Mathilde continua de la regarder fixement en attendant une réponse de la part de cette fille ce qui ne semblait pas arranger sa situation et la mettre plutôt mal alaise.
Mais tant pis.

La rouquine semblait même étonnée qu'une Serpentarde lui parle comme ça, aussi gentiment, et elle avait raison : ce n'était absolument pas dans les habitudes de Mathilde puisqu'elle ne se préoccupait pas des autres. Enfin si elle s'en préoccupait, mais intérieurement, sans rien dire. Comme ça personne ne pourrait l'attaquer. Toute cette attitude qu'elle se donnait était en quelques sorte un bouclier pour se protéger des gens malveillants.
Elle avait envie d'arranger sa robe pour paraître plus présentable mais totalement impossible puisque ses mains était encore à laver à cause de cette histoire de potion donc évidemment hors d'usage.

Lorsqu'elle entendit sa réponse énoncé avec une forme de language très soutenue que Mathilde ne pratiquait pas du tout, ses préjugés pour les Serdaigles revinrent à la charge, elle ne pouvait pas s'empêcher de lancer un petit pic avec un sourire en coin mais qui n'avait dans le fond, rien de méchant :

- "Je vois que tu es une Serdaigle, bien, j'aimerai avoir vos résultats scolaires parce que clairement ici c'est pas génial. Vous réussissez partout tout le temps, je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer mais les première option me parait pas mal,
   Et oui, je vais bien merci, ce qu'il vient de ce passer ma bien fait rire, c'est tellement ridicule."

Lorsque la troisième année lui montra que les toilettes était désormais hors de danger et qu'on pouvait de nouveau y aller tranquillement Mathilde lui montra ses mains encore pleine de potion comme pour la prévenir qu'elle s'était trompée de cible et qu'elle voulait accéder non pas au cabinets mais bel et bien aux lavabos.
Enfin la Serdaigle lui coupa la route pour pouvoir à son tour aller sans soucis au cabinet, la Serpentarde n'y prêta pas plus attention étant donné qu'elles devaient être aussi déboussolées l'une que l'autre.
Lorsqu'elle avait finit de se frotter vigoureusement les mains à l'eau et au savon Mathilde se retourna, regarda dans le vide pendant quelques secondes comme pour réfléchir puis prit la parole malgré que la troisième année était toujours au WC :

- "J'ai pas l'habitude de faire ça parce que je suis pas super sociable, solitaire et que j'aime pas ça mais bon, je vais quand même te demander Serdaigle, comment tu t'appelle ?"

Cette dernière appellation fut employée par la brunette comme pour rappeler qu'elle parlait avec une Serpentarde et qu'il faut tout de même se méfier, si quelque chose tourne mal, elle n'hésiterai pas à utiliser son venin.

Mathilde ne savait pas pourquoi mais elle sentait plutôt bien la rouquine, sa manière de parler et de se comporter l'intriguait beaucoup et elle appréciait ça, cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu le moindre lien social.

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Tally n'avait juste pas anticipé un petit détail : sa façon de parler avait rarement été aussi cliché pour une Serdaigle. Dans un sens, elle faisait un grand honneur à sa maison, ses ancêtres et peut-être même son père. Dans l'autre sens, ça ne lui ressemblait pas et ça tendait une perche immense à la blondinette. Évidemment, la verte n'hésita pas une seule seconde pour s'en servir, là aussi, on pouvait dire qu'elle faisait honneur à sa maison. La Serpentard commençait doucement, l'agressivité n'était pas présente, juste un immense foutage de gueule. Cela n'eut pour effet que de faire hausser un sourcil à la Serdaigle. C'était sérieusement tout ce qu'elle avait dans le ventre ? Eh bien, on était bien loin de la réputation des vert et argent. Tally prit même ça pour un compliment.

« _ Je vois qu'on nous jalouse ardemment. Navrée d'avoir l'intelligence sûre, pour citer notre chère Rowena. »

Un léger sourire se dessina sur son visage alors qu'à l'intérieur Tally sentait s'infiltrer le doute. En quelques phrase, l'instinct de sa cadette avait su viser là où ça faisait mal. Sur cette plaie à peine cicatrisée. La jeune fille déglutit et préféra se réfugier dans les toilettes, assurant à la Première Année que l'endroit était désormais sans danger. En s'asseyant, elle se rendit compte que ses mains tremblaient. « Vous réussissez partout, tout le temps. » Ses mains se crispèrent sur ses genoux. C'était faux, archi-faux ! Elle se mordit l'intérieur des joues pour étouffer sa colère qui grimpait en flèche. Elle avait déjà échoué à maintes reprises. Tellement de fois qu'elle avait déjà arrêté de compter. Elle avait échoué en tant que Capitaine, échoué à retrouver son père, échoué dans de nombreux sortilèges, échoué à réintégrer l'équipe, échoué à... bien trop de trucs en bien trop peu de temps.

Tally se sentit soudainement bien vide, bien triste. A quoi servait réellement toute cette mascarade ? Toutes ces mises en scène où elle voulait toujours avoir le beau rôle ? Tous ces éclats de colère qui n'avaient mené nul part ? Cette carapace était-elle utile pour qu'elle se fasse briser par la moindre phrase lancée au hasard par une gamine ? Pendant un instant, tout cela n'avait plus de sens. Tally n'y voyait rien qu'un épais brouillard opaque. Mais elle ne voulait pas y plonger. Elle y avait déjà passé des semaines entières à errer. Elle secoua la tête. Elle avait vécu pire. Ce n'était pas cette sale gosse qui allait la faire douter. C'est sur cette résolution qu'elle se prépara à sortir. Au moment même où la verte lui avouait ses incompétences sociales et en profitait pour lui demander son prénom. Tally hésita. Elle savait qu'après ces doutes elle n'avait plus grand chose à craindre. Si l'autre s'était confiée, elles avaient peut-être une chance ? Elle suspendit son mouvement, arrêtant sa main sur la poignée verrouillée de la cabine.

« _ Tally. Elle prit une nouvelle inspiration, préférant ne pas laisser transparaître un possible trouble. Et toi, vil serpent ? »

Tally posa sa tête sur la porte. Finalement, elle n'avait pas très envie de sortir et, apparemment, cela aidait l'autre fille à lui parler.

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« _ Je vois qu'on nous jalouse ardemment. Navrée d'avoir l'intelligence sûre, pour citer notre chère Rowena. »

Cette phrase resonna dans la tête de la jeune Serpentarde, jalouse, elle ? Loin de là, très loin de là. Mathilde avait d'autres aptitudes, notamment celle de trouver les points faibles de ces adversaires même si la plus part du temps ne se présentent pas comme tel et juste comme toutes personnes normalement constituée.
Même si parfois cela peut lui coser du tord, c'était une bonne arme comme un bon bouclier.
Mathilde se sentit obligée de défendre sa maison, la belle maison verte et argent.

- "Détrompes toi, nous ne sommes absolument pas jaloux, nous avons bien d'auttes aptitudes aussi utiles vois-tu. Il faut quand même avouer que cela vous aides pas mal."

Mathilde vit le sourire qui s'afficha sur son visage, malheureusement elle savait que ce n'était qu'une facade car elle connaît trop bien ce sourire qu'elle a elle même adopté depuis de nombreuses années. 

Lorsque son aînée se refugia au cabinet la Serpentarde afficha un léger sourire de satisfaction car oui, elle piquait là ou cela faisait mal, oui elle savait très bien le faire mais au final, qu'est ce que cela peut lui apporter ? Alors en une fraction de seconde elle se rendit compte qu'elle y était aller un peu fort.
Mais encore une fois, tant pis.
Elle se demanda quand même pourquoi elle semblait si déstabilisée lorsqu'elle prononça cette phrase qu'elle pensait bien moins agressive, avait elle aussi eu des problèmes durant son enfance ? Tout comme Mathilde ?
Mathilde ne le savait pas mais elle était bien décider à le découvrir.

Puis en attendant de décourvrir le nom de cette intriguante fille, elle pensa à comment engager la conversation afin que cela ne devienne pas trop étrange. Cette fille semblait vraiment intéressante, pour ne pas dire qu'elle avait envie d'en savoir plus et peut être se lier d'amitier.

« _ Tally.  Et toi, vil serpent ? »

Mathilde s'empressa de répondre :

- " Mathilde, je m'appelle Mathilde. Tu sais Tally, les Serpentard ne sont pas tous aussi méchant, manipulateur ou autres adjectifs péjoratifs que vous pouvez tous employer, que vous le le pensez, d'ailleurs j'ai remarqué que ma remarque sur les Serdaigle t'avais Serdaigle t'avais déstabiliser, je peux savoir pourquoi ? Te vexer n'était pas vraiment dans mes intentions."

C'était la première fois depuis des années qu'elle parlait autant.
Dernière modification par Mathilde Evans le 22 févr. 2018, 11:13, modifié 1 fois.

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La Serdaigle savait très bien que la blonde avait raison. Les Serpentard étaient loin d'être les plus à plaindre sur le papier. Si elle n'avait pas été répartie dans la maison de Rowena, Tally était à peu près sûre qu'elle aurait fini chez Salazar. Après tout, elle était certaine de pouvoir se montrer aussi maligne que la fille qui lui faisait face. C'était une question d'entraînement. Toucher les points faibles sur des phrases évasives et généralisatrice. N'empêche que, sur ce coup là, elle avait été drôlement forte et Tally fût obligée de battre en retraite. Sa remarque l'avait visé un peu trop justement et elle mis plusieurs longues minutes à s'en remettre. Lorsqu'elle déclara son prénom, bien cachée derrière la porte, elle attendit sagement la réponse. Mathilde. Elle nota soigneusement ce prénom dans un coin de sa tête. Cette fillette avait du flaire, elle irait loin. De plus, elle ne semblait pas prête à lâcher l'affaire car elle avait bien senti que sa phrase avait fait mouche. Encore un truc de Serpentard.

A vrai dire, Jenkins n'attachait que peu d'importance à tout cela, ces maisons, ces adjectifs et cette répartition, elle se complaisait simplement dans le fait de jouer un rôle. Serdaigle était une maison qui lui plaisait et le fait de revêtir sa cape d'originale intelligente permettait de lui donner confiance et s'asseoir sa personnalité telle qu'elle l'avait façonné. Poudlard était une grande pièce de théâtre où elle s'amusait à bouger son pion, espérant manger quelques adversaires au passage. La stratégie la plus facile restait donc de se baser sur les à-priori des autres maisons pour être à peu près certains de viser juste. Évidemment que Mathilde avait raison et heureusement. On ne pouvait pas résumer une personne par quatre pauvres adjectifs écrits sur une banderole, néanmoins, ces dénominations imposaient une tendance que tout les acteurs se plaisaient à suivre, plus ou moins.

Et, parfois, les masques tombaient. Comme aujourd'hui.
Tally s'était sentie puissante et conquérante dans son joli rôle, voilà qu'elle se retrouvait en position de faiblesse, démasquée.

Tally  releva la nuque pour frapper son front contre la porte des toilettes. Un grand « clong » résonna dans la pièce carrelée pendant quelques secondes. La troisième année n'avait jamais été très douée pour camoufler ses sentiments. Surtout une fois son costume quitté. Ils ne se gênaient pas pour refaire surface, ils étaient même plus insistants. A ce moment-là elle était un mélange pâteux de mélancolie et de colère froide. Elle devait faire un effort sur-humain pour articuler le moindre mot. Sa mâchoire tirait terriblement sur son crâne, sa bouche était pâteuse et des grumeaux de bave s'étaient coincés à la commissure de ses lèvres.

«_ Comme nous ne réussissons pas partout, tout le temps, Mathilde. Parvint-elle à articuler dans un filet d'air. »

Tally ferma les yeux, elle savait les sanglots bien plus proches qu'elle ne le souhaitait. Et elle n'avait aucune envie de s’apitoyer sur son sort devant cette inconnue. Oui, elle avait su actionner une corde sensible, mais la Serdaigle n'était pas trop du genre à ce confier. Ses problèmes la regardait et elle saurait les résoudre en temps et en heure.

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Mathilde n'était encore pas dupe, elle savait très bien que Tally lui cachait des choses, quoique, elle n'a pas à cacher des choses à la première année puisque leur rencontre n'a eu lieu que depuis environs quinze minutes. Mais la brune sentait par instinct qu'elle devait continuer à creuser pour découvrir des choses intéressantes ou tout simplement l'aider ?
Mathilde ne savait absolument pas comment s'y prendre pour aider quelqu'un alors elle jugea plus utile la première option et puis, qui sait ? Cela viendra peut être.

Mais l'heure était à faire sortir la rouquine de sa cachette car encore une fois Mathilde n'était née de la dernière pluie et savait que la stratégie utilisé par la Serdaigle servait simplement à ne rien laisser transparaître face au plus jeune. Sûrement une question d'honneur ou de fierté que la première année comprenait complètement.

Mathilde usait souvent des préjugés qui collaient à la peau des quatre maisons de Poudlard pour attaquer ou pour défendre mais cela pouvait souvent se retourner contre elle, puisque parfois il y a des personnes qui aimeraient faire bouger les choses pour une école plus égale et peut être avec moins de tensions permanentes. Ces personnes là arrivaient souvent tels des justicier du monde magique ce qui avait le don d'énerver profondément la Serpentarde.

Alors pour la première fois elle allait essayer d'agir comme si ces maisons d'existaient pas et qu'elle parlait simplement à une camarade plus âgées.

Elle se positionna comme dans un jeu quelconque en position d'allié parce qu'au final, la vie à Poudlard s'apparentait totalement à un jeu.

«_ Comme nous ne réussissons pas partout, tout le temps, Mathilde. »

Mathilde le savait bien, c'était juste pour la taquiner.

- "Je le sais Tally, je le sais. C'était simplement pour t'embêter un peu. Sinon, je ne suis pas bête et assez douée pour ce genre de chose, je vois que tu n'es pas bien et c'est en quelque sorte à cause de moi, je peux savoir ce qu'il ne va pas ?"

Elle laissa passer quelques secondes puis lança avec un petit rire innocent :

- "Et puis si tu pouvais sortir de ta cachette ça pourrait être pas mal parce que tu vois, de mon côté la situation paraît hyper étrange" 

Alors la brunette s'adossa contre un des lavabos en croisant ses bras comme pour l'attendre.

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