Et quand les océans te monteront aux cils. {Mathilde}
Elle brise doucement les chaînes qui la lient à ses géniteurs. C’est chose étrange que ce monde qui les dérange. Dahlia, elle s’y sent comme chez elle. Personne ne l’offense, personne ne l’agresse, libérant les enchantements qu’on ne contrôle pas. Les effluves de magie qui frétillent, qui s’excitent un peu trop, qui renversent les verres, les assiettes et les couteaux, qui font vibrer les vitres, éclater le cristal, qui font pleuvoir dans les baignoires et enflamment les cheminées éteintes. Tout cela Dahlia, ici c’est normal. C’est le seul réconfort qu’elle ait pu trouver. Quand à onze ans on t’envoie à des kilomètres de chez toi, et que t’en prends minimum pour sept années, entrecoupées de périodes qu’on appelle des vacances mais que comme chacun c’est, ce n’en sont pas. Elle s’enferme dans une solitude la petite poupée, fragilisée par cette obligation de se prendre en charge seule si rapidement. Muette, elle ne veut parler à personne des soucis qui lui enserre le palpitant, un petit cœur qui se rabougrit à mesure que les jours passent et les lettres que chacun reçoit ne lui soient pas adressées. Elle déglutit dans ses œufs brouillés, elle reste enfermée dans des salles de classe vide ou des coins de couloirs secrets, là où le passage se fait rare. Parfois comme aujourd’hui, elle étudie dans les toilettes des filles. Elle adresse au miroir un léger sourire, comme pour se conforter, se rassurer elle-même. T’inquiète pas princesse, ça ira mieux. Elle se jette des sorts, elle teste ses potions, elle apprend ses dates d’Histoire de la Magie, et souvent, bien souvent, elle s’assied sous un lavabo et elle attend. Elle attend que l’temps passe, que les cours s’achèvent et que le dîner soit servi. Quand d’impromptues inconnues entrent dans sa bulle, elle court rapidement dans une cabine, elle s’enferme en secret et elle attend que les pas se dérobent un peu plus loin. C’est un fantôme Dahlia, une fleur noire qu’on ne remarque pas, qu’on rejette peut-être un peu, parce qu’elle effraie, qu’elle est absente, transparente. C’est une enfant en mal-être, qui ne trouve sa place réellement nulle part, un ange en flottement permanent, qui se cherche sans jamais se trouver.
Sa leçon d’aujourd’hui l’égaie quelque peu. Elle s’est débrouillée pour apprendre un sortilège de décoloration, le tout pour faire le grand ménage. Elle teste à petite dose, à petit jet dans le lavabo, faisant briller ce beau marbre blanc. Elle relève un peu maladroitement sa baguette, visant le miroir alors qu’elle croise son propre regard. La pauvre débutante, la petite sorcière en galère. Erreur fatale, le tout se retourne contre elle. Ses yeux piquent alors qu’elle les passe rapidement sous l’eau, essayant d’apaiser la brûlure qui lui enflamme les pupilles. Elle jure comme une moldue, comme une enfant dénuée d’éducation. « Merde, merde, merde. » Elle pleure de grosses larmes d’enfant à la bêtise fatale. Elle s’appuie sur le lavabo, attendant que cette vilaine blessure apaise, attendant avec anxiété le moment où elle pourra rouvrir ses yeux.
Et ses yeux s’ouvrent un instant, frétillant face au miroir. Miroir criant d’une vérité qu’elle voudrait effacer. Ses cheveux noirs corbeau ne sont plus que de fins filament d’argent, aux reflets blancs de neige éclatants.
Sa leçon d’aujourd’hui l’égaie quelque peu. Elle s’est débrouillée pour apprendre un sortilège de décoloration, le tout pour faire le grand ménage. Elle teste à petite dose, à petit jet dans le lavabo, faisant briller ce beau marbre blanc. Elle relève un peu maladroitement sa baguette, visant le miroir alors qu’elle croise son propre regard. La pauvre débutante, la petite sorcière en galère. Erreur fatale, le tout se retourne contre elle. Ses yeux piquent alors qu’elle les passe rapidement sous l’eau, essayant d’apaiser la brûlure qui lui enflamme les pupilles. Elle jure comme une moldue, comme une enfant dénuée d’éducation. « Merde, merde, merde. » Elle pleure de grosses larmes d’enfant à la bêtise fatale. Elle s’appuie sur le lavabo, attendant que cette vilaine blessure apaise, attendant avec anxiété le moment où elle pourra rouvrir ses yeux.
Et ses yeux s’ouvrent un instant, frétillant face au miroir. Miroir criant d’une vérité qu’elle voudrait effacer. Ses cheveux noirs corbeau ne sont plus que de fins filament d’argent, aux reflets blancs de neige éclatants.
je dégueule sur la facilité des s e n t i m e n t s.
Et quand les océans te monteront aux cils. {Mathilde}
Gabrielle n'était arrivée à Poudlard que depuis une semaine, mais elle avait déjà le mal du pays. Comment est-on censé se gérer seule à seulement 11 ans ? Tous les matins, elle recevait par hibou un courrier de ses parents, et tous les soirs, après le goûter et avant de se mettre aux devoirs, elle allait à la volière, et leur envoyait une lettre. Ou plutôt un roman, racontant en détail sa journée, tout comme elle l'aurait fait auparavant, à la table du dîner avec ses parents.
Ce soir, le chagrin était trop fort. Plus fort que les autres soirs. Elle aurait tellement aimé pouvoir leur passer un coup de téléphone. Sa maman aurait su trouver les mots. Elles entretiennent une relation fusionnelle toutes les deux et la séparation fut difficile. Elle revoit sa mère, moldue, pleurer sur le pas de porte de leur maison, alors que son père, sorcier, démarrait la voiture qui les conduiraient à la gare de Londres.
Gabrielle s'est enfermée dans une cabine des toilettes des filles, afin de pleurer à sa guise. Ici personne ne la dérangera. Elle serre contre son cœur, le courrier du jour. Les larmes coulent le long de ses joues, et l'enveloppe est déjà humide, troublant l'écriture.
Soudain, elle entend de l'eau couler dans l'un des lavabos. Rien d'inquiétant. Toute personne ayant un minimum d'hygiène se lave les mains après être allée aux toilettes. Mais des jurons s'élèvent : « Merde, merde, merde. », suivis de gros sanglots.
Elle ne peux décemment pas rester là, enfermée dans sa cabine, alors que quelqu'un ne vas pas bien. Ses proches disent d'elle qu'elle à le coeur sur la main, et qu'elle est toujours prête à aider son prochain.
Elle se lève, range sa lettre dans la poche de sa roche, essuie les larmes restant sur ses joues, et déverrouille la porte.
Devant le miroir, de dos, se trouve une dame, qu'on pourrait considérer comme âgée, une baguette à la main.
*Je croyais que les professeurs avaient leurs propres toilettes*, pense Gabrielle.
Le regard de la femme, et le sien se croisent, et Gabrielle comprend que ce n'est pas une dame âgée, en voyant un insigne d'une maison sur la robe de la demoiselle.
Gabrielle se précipite vers elle.
"Mon Dieu, que s'est-il passé ? Tu as besoin d'aide ?", lance Gabrielle
La jeune fille qui s'avère être une Gryffondor ne lui réponds pas. Elle à l'air trop sonnée pour aligner deux mots cohérents.
"Viens, il faut qu'on trouve un adulte, un professeur, n'importe lequel"
Ce soir, le chagrin était trop fort. Plus fort que les autres soirs. Elle aurait tellement aimé pouvoir leur passer un coup de téléphone. Sa maman aurait su trouver les mots. Elles entretiennent une relation fusionnelle toutes les deux et la séparation fut difficile. Elle revoit sa mère, moldue, pleurer sur le pas de porte de leur maison, alors que son père, sorcier, démarrait la voiture qui les conduiraient à la gare de Londres.
Gabrielle s'est enfermée dans une cabine des toilettes des filles, afin de pleurer à sa guise. Ici personne ne la dérangera. Elle serre contre son cœur, le courrier du jour. Les larmes coulent le long de ses joues, et l'enveloppe est déjà humide, troublant l'écriture.
Soudain, elle entend de l'eau couler dans l'un des lavabos. Rien d'inquiétant. Toute personne ayant un minimum d'hygiène se lave les mains après être allée aux toilettes. Mais des jurons s'élèvent : « Merde, merde, merde. », suivis de gros sanglots.
Elle ne peux décemment pas rester là, enfermée dans sa cabine, alors que quelqu'un ne vas pas bien. Ses proches disent d'elle qu'elle à le coeur sur la main, et qu'elle est toujours prête à aider son prochain.
Elle se lève, range sa lettre dans la poche de sa roche, essuie les larmes restant sur ses joues, et déverrouille la porte.
Devant le miroir, de dos, se trouve une dame, qu'on pourrait considérer comme âgée, une baguette à la main.
*Je croyais que les professeurs avaient leurs propres toilettes*, pense Gabrielle.
Le regard de la femme, et le sien se croisent, et Gabrielle comprend que ce n'est pas une dame âgée, en voyant un insigne d'une maison sur la robe de la demoiselle.
Gabrielle se précipite vers elle.
"Mon Dieu, que s'est-il passé ? Tu as besoin d'aide ?", lance Gabrielle
La jeune fille qui s'avère être une Gryffondor ne lui réponds pas. Elle à l'air trop sonnée pour aligner deux mots cohérents.
"Viens, il faut qu'on trouve un adulte, un professeur, n'importe lequel"