Thémélia l'exploratrice recueil

Vendredi 20 octobre 2051

Ah non ! Elle partait encore vers le parc sans elle !
Ça c'était pas juste ! Ouais même si c'était pour des leçons ! Elle ne s'y ferait jamais !
Si au moins elle avait pu s'amuser dehors en attendant...
Non elle n'était pas du tout difficile.
Avant, quand elle n'avait que la salle aux fauteuils pour s'amuser, elle aurait donné n'importe quoi, même une partie de sa réserve de bonbons, pour pouvoir se promener dans le château.
Et maintenant qu'elle avait le champ libre dans le grand bâtiment... elle aurait donné n'importe quoi, même une partie de sa réserve de bonbons pour... aller dehors.
Oui bon ben disons que son ambition augmentait avec le temps !
Sur ce, il lui restait à déterminer ce à quoi elle allait s'occuper ce matin-là.
Elle tournoya sur elle-même telle une toupie, examinant les différentes directions qui s'offraient à elle.
Le grand escalier, peut-être... le sous-sol, non elle n'avait pas envie..., la grande pièce où on mangeait... ah oui tiens, elle ne l'avait jamais visitée seule maintenant qu'elle y pensait.
Profitant que la porte était ouverte, laissant passer un flot de sans fourrure, elle se faufila à l'intérieur.
Les tables étaient pratiquement vides à présent.
Sans doute avaient-ils presque tous des leçons aussi.
Elle commença par se glisser sous les immenses tables, optant pour une progression sur ses pattes plutôt que des roulades, histoire de ne pas accrocher les derniers pieds qui traînaient par là.
Elle récupéra quelques morceaux tombés de ci, de là, faisant toutefois le tri au fur et à mesure parce que tout ne lui plaisait pas, grignota un peu, puis finit par abandonner le reste parce qu'elle n'avait pas le loisir de s'en encombrer pour le moment.
Et rien de tout ça ne méritait de place dans sa réserve secrète.
Une fois que tous les deux pattes eurent semblait-il quitter la salle, elle envisagea de se hisser sur l'une des tables pour inspecter les restes à sa disposition.
Ce serait peut-être plus savoureux là au-dessus.
Mais quand elle eut grimpé, elle découvrit une table vide.
Mais... où était passée toute la nourriture ? Et les assiettes ?
Déçue, elle sauta au sol.
Elle allait reprendre la direction des grandes portes quand elle se rappela qu'il y avait un petit espace avec des fauteuils moelleux ici aussi.
Elles y venaient parfois avec son amie, même si c'était beaucoup plus rare que dans l'autre pièce aux fauteuils.
Elle dut chercher un peu, la pièce était vraiment immense, mais elle finit par trouver la zone convoitée.
En fait, elle resta un instant perplexe en découvrant les fauteuils, parce qu'elle était quasiment certaine d'être déjà passée ici un peu plus tôt et de ne pas les avoir vus...
Elle qui pensait avoir une bonne mémoire des lieux, la voilà frappée d'un doute à présent.
Mais l'attrait de l'espace balaya finalement ses réflexions.
Quelques sans fourrure semblaient également intéressés par l'endroit.
Alors elle se fit la plus discrète possible et alla se réfugier dans un fauteuil plus loin, s'y blottit, bien installée et au chaud, et patienta.
Elle était sur le point de s'endormir quand enfin, les derniers deux pattes présents s'éloignèrent.
Aucun autre ne vint à leur place, ce qui était une occasion inespérée.
Elle sauta du fauteuil et commença à inspecter l'espace.
Sur les tables dans un coin, elle repéra des paniers qui dégageaient une odeur sucrée.
Elle se hissa et s'approcha.
Ce n'était pas des bonbons, mais ça sentait bon quand même.
Il y avait là de grosses formes vertes, rouges, oranges, jaunes... Quelques plus petites aussi.
Suivant son odorat, elle jeta son dévolu sur une belle forme rouge et arrondie.
Ça se mangeait, elle en était certaine, même si elle ne se rappelait pas en avoir elle-même manger. Pas comme ça du moins.
Elle plongea dans le panier et s'efforça d'attraper la forme de son choix.
Elle était certes plus petite qu'elle, mais tout de même très volumineuse, et finalement assez lourde pour elle.
Au prix de gros efforts, elle parvint à la hisser vers le rebord du panier, mais au moment de la faire tomber directement sur la table, l'ensemble du panier bascula avec elle.
Tous les fruits - car il s'agissait bien de fruits - se répandirent sur la petite table.
Finalement, aux yeux de la créature violette, cela n'était pas si mal, car elle avait désormais un accès plus aisé à chaque fruit.
En fait, elle aurait dû y penser.
Amusée par cette épisode, elle s'extirpa de sous le panier qui l'avait entraînée dans sa chute.
Elle retrouva le fruit de son choix et réfléchit à une manière de le transporter pour le déguster en paix.
Mais ça allait être compliqué.
Peut-être que... si elle commençait à le manger... il serait moins gros et plus léger...
Mais c'était une grosse pièce quand même !
Elle commença à en grignoter le sommet.
Mmmmiaam, ça avait un bon goût, et c'était... juteux.
Bouchée après bouchée, elle grignota petit à petit le haut de sa pomme.
L'estomac rempli, elle dut se résoudre à s'arrêter.
Ce qui ne résolvait pas son problème : le reste conséquent demeurait difficile à transporter.
Elle parvint à la pousser jusqu'au bord de la petite table et à la faire tomber au sol.
Mais il lui faudrait traverser toute la grande pièce en la poussant, et puis... la tirer jusqu'au cinquième étage !
Non, c'était irréaliste, il fallait trouver une autre solution.
Une idée lui vint : elle allait se faire une nouvelle petite réserve, dans un autre endroit secret.
Elle choisit un petit recoin, en grande partie dissimulé par un gros fauteuil, et couvert de tapis.
Elle poussa tant bien que mal sa pomme grignotée au tiers, jusqu'à ce qu'elle estime qu'elle était suffisamment cachée.
Bien, elle reviendrait la manger plus tard.
Elle s'éloigna donc en trottinant, satisfaite de son plan, sans se douter qu'elle ne retrouverait jamais sa pomme.
Récupérée par un concurrent vorace ou évacuée par un elfe, nul ne le lui dirait, mais en attendant, elle finirait par réaliser que ce n'était pas une cachette bien terrible !
Ce midi-là, Thémélia ne se montra pas très gourmande à table, à la grande surprise de Calianor, qui ignorait que son boursouflet s'était gavée de gros morceaux de pomme.
Par contre, elle pourrait bientôt constater la toute nouvelle inclination de la boule de poils envers les pommes ! mais seulement les rouges !

Reducio
(1070 mots)

« Tu sais quel est le problème avec les morts ? C’est qu’ils sont beaucoup trop bavards. »


3A RP en 2051-52, filière P&O

Alias Marraine la bonne fée

Thémélia l'exploratrice recueil
Samedi 21 octobre 2051

La journée avait été épuisante ! Amusante, divertissante, remplie d'activités, mais épuisante au final !
Elle se reposait à présent, blottie dans la capuche de la cape de son amie.
Non elle ne s'était même pas placée sur son épaule, ça demandait un minimum de concentration pour ne pas tomber.
Là elle somnolait légèrement au chaud dans la fourrure, une fourrure bien moins douce que la sienne bien sûr, mais confortable.
Elles regagnèrent le grand château et montèrent au quatrième étage.
Hein ? pourquoi le quatr... ah oui, la leçon avec les crapauds qui chantent.
Oh non cela voulait dire qu'elle allait devoir bientôt sortir de la capuche.
Peut-être ferait-elle mieux de demander à son amie de la ramener au chaud dans la salle aux fauteuils mais... aaaah elle était trop fatiguée pour essayer de se faire comprendre.
Elle cligna des yeux quand son amie l'installa au pied d'une statue dans le couloir et lui dit à plus tard.
Même pas la force de couiner.
Elle roula sur le côté, prête à se rendormir.
Mmmmmais qu'est-ce que la pierre c'était froid !
Et qu'est-ce qu'elle avait trop couru, puis trop mangé.
Elle se replongea dans ses souvenirs de la journée...
- Fwiic !
Hein ?
Elle se redressa d'un coup. Avait-elle bien entendu ?
- Fwiic !
Mais... elle hallucinait ! Il y avait un autre boursouflet à proximité ?
- Fwiiic !
Ben ça alors.
Enfin oui elle savait que d'autres deux pattes en avait un, mais de là à se croiser dans les couloirs, seuls...
- Fwiic ? répondit-elle.
- Fwiic !
Au bout du couloir, elle distingua une ombre rondelette qui s'avançait en sautillant.
- Fwiic fwiic !
Elle l'invitait à la rejoindre.
- Fwiic !
OK, elle arrivait.
Elle bondit au sol et s'élança vers sa congénère.
Terminé la fatigue et l'estomac trop rempli.
Mais avant même qu'elle puisse l'atteindre, l'autre boursouflet s'était... évaporé.
Ben... où elle est ? se demanda-t-elle.
- Fwiic !
A l'autre bout du couloir ? déjà ? Mais je ne l'ai même pas vu démarrer, comment elle a fait ?
Pour elle qui se trouvait rapide et n'avait pas l'habitude d'être battue à la course - sauf par des bestioles ailées mais bon ! -, c'était vexant !
Elle partit dans une roulade phénoménale, jusqu'à atterrir contre le mur du fond.
- Fwiic !
Quoi ?
L'autre boursouflet la réprimandait pour son manque de prudence... depuis le milieu du couloir suivant.
Et hop ! elle s'élança pour la rattraper enfin, mais traversa toute la zone sans croiser sa route.
- Mais comment tu fais pour aller aussi vite ? !
- Je suis le boursouflet le plus rapide qui existe. Je sais même voler moi ! se vanta la créature.
Et pour prouver sa bonne foi, ou pour crâner !, elle s'élança, décolla du sol, flotta un instant, pirouetta, et redescendit, comme une grosse bulle.
- Comment tu fais ?
- Je suis douée ! Et je m'entraîne beaucoup ! Toi, tu manges trop ! Et tu flânes trop souvent dans les fauteuils moelleux ! Je me suis beaucoup entraînée sur les coussins bondisseurs, pour commencer. Puis j'ai poursuivi sur des coussins normaux. Et maintenant, je bondis depuis le sol de pierre.
- OK d'accord pour les sauts, mais t'as carrément flotté !
- Parce que je suis légère, musclée et agile. Oh ça n'est pas venu tout de suite tu sais.
- Combien de temps ?
- Tout dépend du nombre d'heures que tu passes à travailler.
Mais... elle faisait pas mal d'exercices elle aussi !
Enfin il lui semblait.
- Si je travaille plus, tu crois que j'y arriverai aussi ?
- Peut-être. Mais n'oublie pas : il faut aussi moins manger.
Moins manger ? Mais comment allait-elle faire ? elle allait mourir de faim dans ce cas !
Ou peut-être juste un peu moins alors...
- Et puis, je suis peut-être tout simplement bien meilleure que toi et c'est tout ! asséna la prétentieuse boule de poils.
Cela eut le don d'exaspérer Thémélia.
Décidément, elle qui avait cru avoir trouver une camarade de jeu aimait déjà beaucoup moins son interlocutrice.
- Arrête de te la péter ! finit-elle par lui rétorquer, ne pouvant contenir son humeur.
- Tu es jalouse ? c'est minable ! minauda la crâneuse.
- Non mais tu vas me lâcher, sécria Thémélia en se jetant sur l'autre boule de poils.
Elle s'était élancée si vite que l'autre n'eut visiblement pas le temps de réagir.
Mais alors qu'elle s'attendait à sentir le choc de la rencontre de leurs deux masses de fourrure, elle ne sentit rien du tout.
Ou... rien dans l'immédiat, jusqu'à s'écraser contre la statue de pierre derrière Miss boursouflet superstar !
Aïe !
Elle se redressa péniblement et fixa l'insolente créature qui la narguait.
- Tu vois ? je suis tellement légère que tu m'as traversée !
Ça, ce n'était pas possible.
- Viens ici.
La pré(ten)cieuse ridicule s'avança en se dandinant jusqu'à elle.
Mais alors que Thémélia bondissait vers elle, elle réalisa qu'effectivement, elle la traversait.
- Mais t'es pas normale toi !
- Non, en effet, je suis exceptionnelle.
- Bah peut-être qu'à force de trop peu manger...
- ééééliiaaah !
Hein ? quoi ? Qui m'appelle ?
Elle ouvrit les yeux.
Mais... où était-elle ?
Ah ! elle était dans les mains de son amie.
Elle se redressa brusquement, et scruta autour d'elle. Mais où était passée la pétasse ? Comment avait-elle atterri là d'un coup ?
- Ben dis donc, tu dormais profondément toi ! J'ai bien cru que tu allais manquer le repas. Et ça avait l'air épique en plus ! On aurait dit que tu te battais dans ton sommeil !
Qu'est-ce qu'elle veut dire ? je ne dormais pas, je me disputais avec l'autre boursouflet volant ! Et le repas... bah oui mais je dois moins manger donc du coup...
- Allez viens, on descend à la grande salle.
Quoi que, remarque, l'autre prétentieuse, elle a fini par disparaître à force de manger peu, alors que moi, je suis toujours là, et on ne me passe pas à travers ! Donc, j'ai intérêt de continuer de manger ! na !
Et pour les superbonds, eh bien... je vais m'entraîner davantage, voilà ! résolut-elle, avant de se saisir du morceau d'omelette que lui tendait son amie !

Reducio
(1061 mots)

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Alias Marraine la bonne fée

Thémélia l'exploratrice recueil
Dimanche 22 octobre 2051

J'vais l'avoir ! j'vais l'avoir ! j'vais l'avoooiiiiir ! YEEESSS !
Elle venait de remporter une bataille contre la balle en mousse.
D'où est-ce qu'elle venait cette balle ? Aucune idée, et à vrai dire, elle ne se posait pas la question.
En trottinant dans les environs pendant que son amie s'entraînait, elle était tombée sur cette petite boule de mousse, qui roulait, qu'elle pouvait saisir et lancer, courir après, et c'est tout ce qui lui importait !
Donc elle l'avait adoptée.
Elle pouvait même sauter dessus, même si elle ne savait pas y tenir longtemps, la surface étant fort réduite, mais ça aussi, c'était amusant.
Le plus drôle, c'était de bondir dessus pendant qu'elle dévalait une pente et d'essayer d'y rester jusqu'au bout.
Oui bon ok, elle s'était ramassée un paquet de fois, comparé au nombre de réussites, mais on s'en fiche ! Même les gamelles étaient amusantes !
Il ne lui fallait parfois pas grand chose pour s'amuser comme une folle.
A force de courir partout avec son nouveau jouet, elle avait atterri dans un vestiaire.
Elle s'était hissée sur un banc et essayait de bondir direct sur la balle.
Mais elle suspendit subitement son mouvement, car quelque chose avait attiré son attention.
Dans un coin du banc sur lequel elle avait grimpé, quelque chose de bleu apparaissait.
Pas vraiment sur le banc, pas à terre non plus, entre les deux, coincé par une attache ou elle ne savait quoi.
Elle s'en approcha et examina la chose.
Elle n'avait aucune idée de ce que c'était, mais il y avait bien quelque chose là-bas.
Sa nouvelle mission : le sortir de là.
Elle se pencha, tenta de l'attraper de sa petite patte... mais... non c'était trop loin.
Elle s'inclina davantage et perdit l'équilibre.
Changement de stratégie : elle se glissa sous le banc, tendit sa petite patte et... non c'était trop haut.
Elle essaya de grimper un peu pour gagner en hauteur, tendit la patte et... bascula au sol.
Heureusement qu'elle était rembourrée et que ça ne lui faisait pas mal.
Elle remonta sur le banc, tenta de saisir le truc bleu par un autre angle, mais était encore trop court.
Elle eut une nouvelle idée : elle redescendit, poussa sa balle en mousse juste sous l'objet, et monta dessus.
La boule vacilla, le boursouflet aussi, et s'écrasa contre le mur.
Pas grave, elle recommença.
Exercice d'équilibre... stabilisation... elle tendit une patte, toucha la chose et... vlan ! par terre.
OK, la bonne nouvelle, c'est que pour la hauteur, ça allait être une bonne solution.
Restait à parvenir à tenir dessus assez longtemps.
Elle recommença, toucha l'objet, parvint même à le saisir par un bout - ça devait être un truc en tissu ou en laine -, à l'accrocher pour le tirer et... bascula, les pattes vides.
Mais ce boursouflet de Gryffondor de par sa maîtresse aurait pu être un Poufsouffle de par sa persévérance, car elle ne lâcha pas le morceau.
Elle recommença : grimper sur la balle, trouver son équilibre, tendre la patte, attraper, tirer... boum !
Mais à chaque fois qu'elle chutait, le tissu, lui, par la traction, sortait un peu plus de là où il était coincé, et descendait petit à petit, de sorte qu'elle réalisa finalement qu'elle n'aurait plus besoin de monter sur la balle vacillante.
Parfait, elle tendit les pattes, s'agrippa au tissu, et tira, tira, tiraaaaa... boum ! à terre ! Mais cette fois, elle tenait dans ses pattes un tissu bleu, roulé en une boule un peu grossière.
Ça ressemblait au vêtement que les deux pattes mettent sur leurs... pattes.
Elle, elle n'en avait pas besoin. En fait, elle ne mettait pas de vêtement du tout.
Même pas sur ses petites pattes. Pas même pour aller dans la neige, quoi que là, c'était quand même un peu froid !
Mais les sans fourrure, ils mettaient plein de trucs sur eux, peut-être parce qu'ils étaient... sans fourrure justement.
Et ainsi donc, elle passa le reste de la séance à s'amuser avec sa balle et son vêtement bleu.
Enfin, son amie eut fini et vint la rejoindre.
- Ah tiens t'as trouvé une balle toi ? Je me demande d'où elle vient. Je ne pense pas qu'on puisse l'emmener Thémélia, je suis désolée. Elle appartient sûrement à quelqu'un ou à l'école. Mais on t'en cherchera une bien à toi, d'accord ? dit-elle en la gratouillant, avant de remarquer ce que le boursouflet tenait dans ses pattes avant. Qu'est-ce que tu as là ?
Elle se pencha pour l'examiner, puis se mit à rire.
- Où t'as piqué cette chaussette roulée en boule ? ! Ça tombe, quelqu'un la cherche et va devoir rentrer sur un pied à cause de toi !
Non il lui suffirait de rentrer sans chaussette bien sûr, mais la situation était un peu comique.
- J'espère que tu ne comptes pas commencer à me piquer des chaussettes par ci par là hein !
Thémélia allait-elle développer une passion pour les chaussettes ? D'autres l'avaient fait avant elle, même si ce n'était pas des boursouflets.

Reducio
(845 mots)

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Alias Marraine la bonne fée

Thémélia l'exploratrice recueil
Lundi 23 octobre 2051

Celui-là, déjà vu, et plusieurs fois. Par là, pareil.
Ce couloir-là... euh oui aussi mais les portes étaient toutes fermées, alors que là...
Allez hop ! Elle s'élance et rentre dans la pièce ouverte.
Bof, rien d'intéressant.
Elle repart en trottinant.
Puis elle se rappelle qu'elle a décidé de faire plus d'exercices, du coup, elle se met à courir, et enchaîne les couloirs, déjà visités ou pas, jusqu'à finir à bout de souffle.
Fiou ! Ça c'est du sport.
Par contre, elle a totalement perdu le fil de son trajet.
Tant pis, maintenant c'est vraiment de l'exploration.
Elle déambule à nouveau, sautillant aux pieds des statues, écoutant ici ou là un tableau qui grogne, sans comprendre ce qu'il dit, jusqu'à tomber enfin sur une autre porte ouverte.
Pourquoi les autres sont si souvent fermées ? Est-ce parce que dedans des gens ont des leçons, ou un autre travail ? Ou bien parce que... c'est dangereux ?
Et celle-là d'ailleurs, est-elle sûre que, bien qu'ouverte, ce n'est pas dangereux à l'intérieur ?
Prudemment, elle s'avance à petites foulées vers l'entrée.
Elle jette un coup d'œil à l'intérieur et ne voit rien de spécial.
Bon, elle décide d'entrer.
Il y a deux armoires, pas très haute, - donc pas très drôles à escalader, et pleines de poussières en plus ! -, un vieux tapis contre le mur mais qui n'est pas tout doux - donc ça ne l'intéresse pas -, un gros pot, du genre dans lequel on met des trucs plus ou moins bizarres pour former un mélange, des machins qu'il ne faut surtout pas manger et qui souvent ne sentent pas bon, et...
Oh ! Elle s'arrête.
Devant elle, se tient un boursouflet violet, figé, les yeux écarquillés.
D'un coup, le souvenir du boursouflet volant et prétentieux lui revient, mais ce n'est pas celui-là, il est un peu différent.
En tout cas elle espère que celui-là sera plus sympa.
Peut-être même qu'ils pourront jouer ensemble ?
Elle fait un petit saut.
L'autre fait pareil.
- Fwiic ?
Il ne répond pas.
Ah bah bravo ! encore un qui ne parle pas non plus, comme les statues de pierre, c'est bien sa veine.
Ou peut-être qu'il est timide ?
Elle s'en approche.
Bah mince, on dirait qu'il bouge aussi.
- Fwiic ?
Toujours pas de réponse.
Elle lui fait un clin d'œil.
Il le lui rend aussitôt, simultanément en vérité.
Donc, il ne parle pas, mais il ne la nie pas.
Elle fait une petite grimace, qu'il duplique.
OK, donc il fait comme je fais...
Elle lève une patte, il fait pareil.
Elle exécute une petite roulade, lui aussi.
Elle fait la toupie, il tournoie également.
- Fwiic ? tu vas tout faire comme moi en fait...
Ah oui mince, il ne parle pas. Ça doit être embêtant ça pour se faire entendre.
Allez, on va faire une petite danse.
Deux pas par ici, trois par là, pivoter, petit saut, cumulet renversé,...
- Fwiic ! Bravo ! Tu parles pas beaucoup mais tu suis bien tout ce que je fais !
Au bout d'un moment, à forces de pas de danse boursouflet et de figures, Thémélia se laisse rouler sur le dos, fatiguée, imitée par son partenaire.
C'était trop chouette d'avoir quelqu'un pour faire ça avec elle. Toute seule c'est moins drôle.
Maintenant qu'elle s'était bien dépensée, il était temps d'approcher de plus près sa nouvelle rencontre.
Elle se redressa et s'avança vers lui.
Bang !
Beh... j'passe pas !
Mais... c'est peut-être pour ça qu'elle ne l'entendait pas ? : il y avait quelque chose de dur entre elle et son nouvel ami.
Ça ne les empêchait pas de se voir, mais par contre, impossible de s'approcher plus près.
Il était si près pourtant...
- Fwiic ! Désolée, j'peux pas venir plus près, j'l'avais pas compris !
Elle se colla contre l'obstacle et s'appuya de toute la masse de son petit corps, mais rien à faire.
Au loin, un brouhaha croissant dans les couloirs à proximité lui indiqua la fin des premières leçons.
Oups ! son amie allait sûrement la chercher. Il lui fallait y aller.
- Fwiic ! Écoute, aujourd'hui, on a bien joué. Je reviendrai te voir, et on cherchera une solution à ce... truc. Peut-être qu'il y a un autre chemin. Là j'dois absolument y aller. Je t'expliquerai la prochaine fois. A plus !
Elle pivota pour repartir et quitta la pièce, tandis que derrière elle, dans le miroir, le boursouflet violet pivotait également et disparaissait.

Reducio
(749 mots)

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Alias Marraine la bonne fée

Thémélia l'exploratrice recueil
Mardi 24 octobre 2051

L'instant était critique, elle devait décider de la direction qu'elle prendrait...
À gauche ou à droite ? à moins qu'elle ne descende ?
Elle pourrait retourner au troisième pour retrouver le gentil boursouflet muet de la veille et trouver peut-être un passage pour le rejoindre, tout comme elle pourrait aller au quatrième pour remettre la main sur la prétentieuse boursafthlète et lui dire ses quatre vérités, ou retrouver la salle aux coussins du cinquième, ou encore...
Un bruissement la fit se retourner.
Elle examina les alentours, s'approcha d'un coin plus sombre, cligna des yeux, ne vit d'abord rien, avant de distinguer une légère lueur dans l'ombre... deux lueurs plus exactement, des yeux probablement.
Lentement, une créature avança pas à pas vers elle.
Il ressemblait aux animaux que certains deux pattes avaient avec eux - l'un d'eux étaient même un bon ami à elle -, sauf que celui-là, elle ne l'avait jamais vu.
- Fwiic ?
Peut-être pourrait-il devenir un nouvel ami lui aussi ? Décidément, ses promenades dans le château lui faisaient rencontrer un certain nombre de potentiels amis, plus ou moins sympathiques selon les cas.
Le félin fixa ses yeux ardents sur elle, ce qui l'impressionna un peu, puis reprit sa marche à pas feutrés, avant de s'élancer, comme s'il la défiait de le suivre.
Il ne fallait pas l'inciter deux fois à faire la course.
Elle se mit à bondir derrière lui, puis utilisa sa technique de la roulade pour rattraper son retard.
Le chat ne s'arrêta pas, ne ralentit même pas. Il enfila les couloirs, prit des escaliers, descendit, remonta, changea d'aile du château, grimpa sur une statue, sauta, et entra finalement dans une pièce où il disparut.
A quelques mètres en arrière, Thémélia freina en arrivant devant la porte, pivota et entra dans la pièce.
Où était-il passé ? Elle sautilla pour examiner sous les meubles, mais elle aurait mieux fait de lever la tête.
Du sommet d'une armoire, le félin bondit et repartit dans le couloir, le boursouflet tout excité sur les talons.
Dans sa course effrénée, elle ne pouvait que voir défiler les environs, mais elle réalisait qu'il y avait encore bien des espaces qu'elle devrait visiter.
Le problème, c'était de les retrouver quand elle avait le temps pour les explorer.
Il y avait là des tableaux très animés, qui criaient dans des langages qu'elle n'avait jamais entendus, des statues qui figuraient des formes d'êtres qu'elle aurait bien aimés détailler, des objets en métal ou en verre qu'elle n'avait jamais vus, dont certains contenant des liquides, des armoires à escalader, des tapis sur lesquels se rouler ou se pelotonner... mais là, elle n'a pas le temps. Elle doit rattraper cet animal.
Où va-t-il d'ailleurs ? Pourquoi court-il ? Est-ce juste pour jouer ? Ou bien a-t-il une destination en tête ?
En grimpant à sa suite sur le rebord d'une fenêtre, elle réalise, en regardant par la fenêtre, qu'ils sont à présent très haut dans une tour.
Il ne manquerait plus que le chat l'emmène au sommet du grand château... qu'est-ce qu'il y aurait d'ailleurs tout en haut ?
A une intersection, la créature disparut trop vite pour qu'elle puisse noter sa direction.
Essoufflée, elle s'arrêta au carrefour, et fit la toupie, comme elle aimait le faire, pour examiner toutes ses options.
Elle ne vit rien.
Déçue, elle en profita tout de même pour récupérer un peu.
Basculée sur le dos, elle contemplait le plafond et le sommet des murs.
Là, plus loin, dans une petite niche, deux lueurs flamboyaient dans l'ombre.
Elle bondit aussitôt sur ses pattes : il était là.
Elle se lança dans l'ascension qui devait la mener jusqu'à lui.
Bon sang, comment il avait fait ? c'était super dur ! Pourtant elle s'y connaissait en escalade.
Arrivée aux deux tiers, elle entendit un son mat, et constata avec dépit, qu'il venait de sauter au sol.
Il l'avait fait exprès, elle en était sûre ! Il l'avait laissée grimper jusque-là, avant de se sauver. Le filou !
A son tour, elle bondit et reprit sa chasse.
A nouveau, les couloirs défilèrent, les escaliers, les décors inconnus,...
Il lui semblait qu'à présent, ils descendaient.
Elle commençait vraiment à ressentir la fatigue, mais elle était trop déterminée pour renoncer, ou trop têtue.
Pourtant, son adversaire prenait de plus en plus d'avance.
Au point que dans un escalier où elle allait s'engager, elle le voyait déjà presqu'atteindre le palier suivant.
Elle n'allait pas y arriver comme ça, il lui fallait trouver une alternative.
Réfléchir ? c'était un luxe qu'elle n'avait pas. D'ailleurs, elle n'y pensa même pas.
D'instinct, elle eut une idée folle : elle se propulsa par-dessus la rambarde et sauta dans le vide.
L'énergie du désespoir ou du refus de la défaite peut-être, elle se catapulta si fort qu'elle atterrit aux pieds du chat.
Surpris, il s'arrêta net et n'eut pas le temps de s'enfuir que le boursouflet bondit sur son dos, poussant un couinement de victoire.
Le félin devait être d'accord sur le fait qu'elle venait de remporter la partie improvisée entre eux, car il s'allongea doucement, vaincu, la gagnante toujours juchée sur son dos.
Elle se glissa jusqu'à l'arrière de sa tête et se posa là un instant.
Elle avait bien mérité le repos des vainqueurs.
- Fouwiiic ! soupira-t-elle lentement.
Elle reprit lentement son souffle : inspiration, expiration, inspiration...
Elle ferma les yeux, juste un instant...
Puis les rouvrit, se redressa d'un coup : le chat n'était plus là ! Mais... elle ne l'avait même pas senti se relever ? Était-elle tombée de son dos ?
Elle n'avait rien senti, comme si tout s'était déroulé en douceur.
Elle regarda autour d'elle et réalisa qu'elle n'était plus là où elle avait rattrapé le félin. Non, elle se trouvait à présent devant les... comment on appelle ça... des " trucs ", dans lesquels il y avait comme des pierres colorées : bleu, rouge, vert...
Mais alors, elle devait être...
Elle pivota : ah oui, elle était près de la salle où on mange.
Elle était certaine qu'au moment de remporter la course, ils n'étaient pas dans ce coin. Comment avait-elle atterri là ? Avait-elle marché en dormant ? Le félin s'était-il déplacé jusqu'ici pendant sa micro-sieste avant de la déposer devant les sabliers ?
Elle n'en savait rien du tout, et ne le saurait probablement jamais, à moins de retrouver le mystérieux chat et d'avoir une vraie conversation avec lui.
Ça lui en faisait du monde à retrouver dans ce grand château...
En parlant de retrouver quelqu'un, son amie devait peut-être la chercher non ? C'était quoi son programme encore aujourd'hui ?
Elle s'y perdait un peu.
Bon, tant pis, la grande pièce, elle y venait forcément pour manger, alors elle allait l'attendre ici.
Et en profiter pour s'étirer un peu, parce que cette course-poursuite, elle la ressentait dans tout son petit corps.
Mais... qu'est-ce qu'elle s'était bien amusée !

Reducio
(1149 mots)

« Tu sais quel est le problème avec les morts ? C’est qu’ils sont beaucoup trop bavards. »


3A RP en 2051-52, filière P&O

Alias Marraine la bonne fée