Rêveries
L'air était particulièrement humide ce matin. Lourd, peut être annonciateur d'un orage. Glacial qui faisait frissonner sa peau et rougir ses joues.
Malgré tout elle était sortie, gardant sa tradition de trouver le parc juste après le couvre feu et le petit déjeuner. Elle serait bien sortie plus tôt mais il semblait que les règles exerçaient sur elle un contrôle efficace.
Les premiers jours elle avait regardé le lever du soleil à la fenêtre du dortoir. A présent, le soleil se faisait si paresseux qu'alors qu'elle traversait le parc, il s'étirait à peine.
Alors que ses bottes traçaient sa voie dans l'herbe, les rayons venaient jeter leur lumières sur les fines gouttes de rosée.
Et à cette vue, elle se retrouvait irrémédiablement plongée ailleurs. Là où les rayons du soleil se décuplaient contre le verre, là où l'air se faisait plus dense et pesait sur les plantes exubérantes. Là où sifflotait un sorcier, où valsait d'une étagère à l'autre les fleurs sublimes, les feuilles grisonnantes de magie et les insectes virevoltants.
Là bas, le brouillard ne passait pas. Il s'écrasait contre le verre, enrobait la serre sans jamais pouvoir la dévorer. Là bas l'air froid ne régnait pas. S'il ricochait contre la chaumière, se prélassait dans les plaines, jamais il ne passait le pas de la serre.
Dans la serre les plantes étaient reines. Et au milieu de cette douce magie, de cette belle délicatesse, l'aiglonne retrouvait le souffle.
239 mots
Deuxième Année- Serdaigle・Inscrite à la Chronologie・color=#00364a・Fiche PR・Marrainage・RDD (inrp-01.09)
Cour de la Semeuse de Discorde
Rêveries

Lumière
21 Octobre 2051, Parc, Poudlard
Il y avait une douce lumière sur les vaguelettes du lac. Des rayons timides qui ne faisaient qu'effleurer la surface, semblant à peine la toucher.
Et là où l'eau tremblait, se créer un million de petits reflets. Un million de minuscules poussière de lumière, poussière de fée.
Depuis la rive, elle l'observait cette jolie trainée de poussière dorée. Que se passerait-il si elle s'y glissait? Si elle se faisait si petite qu'elle s'y retrouvait entourée toute entière, couverte de la tête au pied de la jolie poussière dorée.
Aurait-elle enfin les ailes des rêves passés? Ou se prendrait-elle seulement d'une crise d'éternuement sévère comme lorsqu'elle avait traversé un champ de pissenlit.
Elle voulait essayer mais c'était impossible. La théorie devait rester magique, ne pouvait devenir scientifique. Elle aurait pu plonger et glisser sa tête dans la lumière mais cela n'aurait pas fonctionner. Son ombre viendrait tout dévorer et son corps dans l'eau glacé serait rapidement pétrifié.
Elle échapperais ainsi un petit soupir, laissant tomber sa tête entre ses mains. La poussière semblait danser, venu la narguer de sa beauté.
Des ailes blanches viendraient se glisser dans sa vision. Sans prévenir, volerait avec grace jusqu'au reflet et doucement, traverserait le nuage doré. Sans que rien ne se produise, ce n'était qu'un papillon et un peu de lumière.
Pourtant, elle sourirait, se redressant et regardant autour d'elle comme pour chercher d'autre témoins. D'autres regards pour se porter sur cette jolie magie. Mais elle était seule, et le ballet volant lui était réservé.
251 mots
Deuxième Année- Serdaigle・Inscrite à la Chronologie・color=#00364a・Fiche PR・Marrainage・RDD (inrp-01.09)
Cour de la Semeuse de Discorde
Rêveries

Décoction Hoqueteuse
22 Octobre 2051, Parc, Poudlard
Des papiers de toutes les couleurs, froissés, pliés, déchirés. Des parchemins couverts des notes soignées, une ou deux, ou trois, plumes. Des flacons qui avaient perdus leur étiquettes, et d'autres qui semblaient vides. Des boites remplis de choses, des boites dont elle ignorait le contenu. Un peu de sable. Un petit pot de baume, des miam hiboux. Un carnet et des partitions froissés.
Le bazar ne semblait jamais s'arrêtait et elle se maudissait. Alors qu'elle étalait objet après objet devant elle, elle maudissait cette version capricieuse d'elle même qui avait supplié Auntie Cat d'ensorceler sa sacoche.
Qui avait plaidé praticité, et caractère raisonnable sans en penser un mot. Qui avait chassé la prévention de l'ensorceleuse, le regard qui ne disait rien mais n'en pensait pas moins.
Ô elle l'entendait rire à présent l'ensorceleuse. De ce rire léger qui faisait briller son regard, de celui qui vous disait qu'elle vous l'avait bien dit.
Elle continuerait de vider sa sacoche, levant les yeux au ciel. Jusqu'à tomber sur le vide- ou presque. Un dernier petit flacon qui, à peine sorti de la pénombre du sac attraperait les rayons du soleil de mille façon.
Un petit flacon de verre qui brillait d'une lumière arc en ciel alors qu'elle le porterait sous la lumière. Il avait conservé son étiquette, décoction hoqueteuse, et retournait aussitôt dans la sacoche.
Suivie des parchemins, des partitions bien rangées, des plumes nettoyés et soigneusement arrangés, des miam hiboux refermés et des paquets de bonbons enroulées.
Le reste trouverait ses poches pour bientôt, trouver la poubelle. Et au fond de la sacoche qui n'en avait pas, gisait un petit flacon qu'elle oublierait bientôt.
274 mots
Deuxième Année- Serdaigle・Inscrite à la Chronologie・color=#00364a・Fiche PR・Marrainage・RDD (inrp-01.09)
Cour de la Semeuse de Discorde
Rêveries
L'inquiétude était un Agace-Horace. Ça venait lui étouffer le coeur et les pensées puis ça disparaissait, et sans prévenir, ça revenait.
Elle aurait aimé la lancer sur le sol, cette boule au creux de son ventre. La lancer si fort qu'elle exploserait en mille morceaux et plus jamais ne crierait. Mais elle rebondissait cette petite boule. Elle la narguait en quelques sauts, se faufilait dans un recoin sombre et revenait.
Sans prévenir, alors qu'elle s'était laissé le temps de l'oublier. Alors qu'elle ne se méfiait plus. Alors qu'elle ne comptait pas les jours depuis la dernière lettre, ou qu'elle ne relisait pas les mots de sa luciole. Alors qu'elle croyait vraiment que c'était fini.
Mais l'Agace Horace criait, revenait, alors qu'elle était occupée à autre chose. Faisait faner ses rires, figeaient ses doigts sur les cordes, donnait un gout amer au déjeuner.
Ce n'était pas si gros, pas vraiment. Une toute petite figurine de bois. Juste un grain de poussière venu la déranger. Rien qui ne justifie qu'elle l'écrive dans ses lettres. Rien qui ne justifie qu'elle les inquiète eux aussi, que dans ses colis, elle glisse l'Agace-Horace qui la poursuivait.
Mais c'était là. Encore, et encore. C'était là et elle ne savait quoi en faire. Elle courrait pour chasser les pensées sous ses battements de coeur. Elle travaillait, parchemins et guitare. Elle faisait tout ce qui avait un jour marché, ce qui la faisait sourire.
Mais l'Agace Horace criait encore. L'Agace Horace criait plus fort.
247 mots
Deuxième Année- Serdaigle・Inscrite à la Chronologie・color=#00364a・Fiche PR・Marrainage・RDD (inrp-01.09)
Cour de la Semeuse de Discorde

