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Salon

Le vendredi 20 octobre 2051, matinée
Appartement londonien de Vlad
PNJ utilisé : Vladimir "Vlad" Volkov


Aujourd'hui encore, j'ai débarqué à l'improviste chez Vlad. L'appartement londonien de Vlad, c'est quelque chose. Ça respire l'argent. Quand on entre chez lui, c'est exagérément propre. J'ai fini par le comprendre en venant chez lui. Vlad est un maniaque du rangement. Dès que je m'assis quelque part, il passe après pour arranger les plis de son canapé. Quand je touche à un truc, il le replace au centimètre près. Au début, ça m'a paru bizarre. Il n'a pas des airs de personne maniaque de l'hygiène. Mais je me suis dit que s'il est artiste, le côté perfectionniste n'est pas si choquant.

Je toque à sa porte plusieurs fois. Aller, fais que tu sois ici aujourd'hui. J'ai peu de temps avant que le Honeydukes n'ouvre. Deux heures environ. Fais que tu sois là. J'ai besoin de toi, là, maintenant. La porte s'ouvre sur Vlad encore à moitié endormi.


"Han princesse, t'as vu l'heure ? Qu'est-ce que tu fais là ?"

"J'ai besoin que tu me prêtes ton atelier, une toile et du matériel. Il faut que je fasse une peinture, là, tout de suite !"

"... Tu veux emprunter mon atelier ? Je prête pas mon atelier, princesse. C'est précieux. Lieu sacré. Interdit d'accès. En plus, tu as vu l'heure, sérieux ? On fait ta visite après-midi, hein. Pas à l'aube."

Je joue avec mes doigts nerveusement. Je sais, Vlad. Mais j'ai une folle envie de peindre un truc sur une toile. Ça me démange et je n'ai plus l'atelier de maman à disposition.

"Je te jure de faire vite. Je serai calme. Juré."

"Tu vas pas partir si je dis non, n'est-ce pas ?"

Je secoue la tête en signe de négation. Il se passe la main dans les cheveux et soupire bruyamment.

"Entre. Mais t'auras pas accès à l'atelier. Je te donne une toile, un chevalet et tu te débrouilles au milieu du salon."

Il me laisse entrer et je ne me prive évidemment pas. Je souris largement en entrant. Vlad, il est drôle franchement, mais c'est un artiste. Donc, il me comprend. Enfin, je crois ? Il tire une chaise et la pose au milieu du salon. Il va chercher un chevalet, une toile et me donne des pinceaux. Je le remercie.

"Vous voulez pas m'apprendre quelques mots en russe ? Je pourrais vous en apprendre en japonais."

~~
Vladimir "Vlad" Volkov


Cette enfant me prend vraiment la tête. Je l'aime bien. Elle est pipou. Notre dernière rencontre dans l'allée, ça nous a rapproché. Je sais qu'elle me voit comme un chic type et tout. Mais c'est abusé. Elle a zéro instinct de survie. Qui débarque chez des gens aussi tôt le matin pour leur demander de peindre ? Je pensais lui avoir appris quelques bases. Mais avec elle, c'est pas gagner.

Tu vois Lila, t'es pas comme les autres gosses. C'est la troisième fois que tu débarques ici à l'improviste. Je ne sais plus quoi dire carrément. Moi, je t'ai donné mon adresse pour que tu m'envoies des lettres, pas pour que tu te ramènes. Je suis censé faire quoi dans ce genre de situation ? Je t'aime bien, Princesse. Mais c'est dangereux si tu débarques chez chaque personne qui te donne son adresse.


"Des trucs en japonais ?"

Vas y, j'écoute. Tu veux m'apprendre quoi. Je pourrais peut-être impressionner ma tsarine, la prochaine fois. Tu sais, Princesse, je me demande vraiment comment ça marche dans ton cerveau. Comment tu fais pour en arriver d'un point A à un point B ? J'ai besoin d'un café.

"Vas y. Apprends-moi quelque chose et je t'apprends pareil en russe."

Elle jubile. Purée. Princesse, tu es facile à faire sourire. Comment Papa Rose a raté dans une mission si simple ? Elle me dit un truc en japonais. Je plisse les yeux. Wow. Elle va trop vite !

"Ça veut dire ?"

"Par où sont les toilettes ?"

Su-per.

"Non mais, apprends-moi à dire des trucs stylés. Genre "je t'aime". Ou "t'es belle". Ou "T'es grave canon". Tu vois ?"

"Si vous allez au Japon, ça va pas vous aider de dire "t'es joli" à un local."

T'as pas compris, princesse. Si je veux aller au Japon et tout comprendre, je prends un traducteur avec moi. Non, j'ai mieux. Si je vais au Japon et que je veux tout comprendre, je prends ma tsarine avec moi. Là, je veux lui dire des mots d'amour dans sa langue. Ce n'est pas pareil. Je ne choisis jamais un surnom au hasard, princesse. Moi, je suis le Tsar, tu vois ? Ma fille, c'est ma Tsarévitcha. Ouais, le mot n'existe pas au féminin, mais je n'ai pas de fils. J'ai une fille unique et c'est elle qui héritera de tout l'empire Volkov. Ma Miya, c'est ma Tsarine. Avec elle, il n'y a pas d'Empire Volkov. Avec elle, c'est l'Empire Ryuū. Quand ma tsarine est là, je ne suis pas le tsar. Je suis un prince consort, tout au plus. Toi, t'es ma princesse, Lila. Tu le sais pas, mais pour moi, tu es exactement comment j'imagine ma petite fille plus tard. Alors je me suis attachée à toi. Tu fais partie de l'Empire Volkov.

Mon ex femme ? Non, c'était pas une tsarine elle. J'ai jamais donné ce surnom à personne d'autre que Miya. Ma femme, c'était différent. J'étais tellement fou d'elle. Faut me voir quand je suis amoureux, princesse. Vlad le petit lapin devient Vlad le gros canard. Et elle, ce n'était pas une Tsarine. C'était ma Baba Yaga.


"Tu penses vraiment pas de la même manière que moi, princesse. Mais c'est ok. J'accepte. Moi, je vais t'apprendre un truc en russe. Ok ?"

Son regard s'illumine. J'ai l'impression qu'elle illumine tout mon salon avec. Ah, désolé, Princesse. Je suis pas comme toi moi.

"Moya printsessa, ty krasivaya, kogda ulybayesh'sya. (Ma princesse, tu es belle quand tu souris)"

971 mots sans la traduction
@Miya Ryuū

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Héros

Le samedi 21 octobre 2051,
Dans le monde des rêves
TW : Étranglement, Deuil, Mort, Terreur nocturne et traumatisme.

Ce noir, je n'en peux plus. Je vais devenir folle. Je regarde autour de moi. Du noir. Du noir. Du noir. Partout. Aucune couleur. Je baisse mes yeux sur mon corps. Je suis habillée d'une robe de chambre noire. Je fais partie du décor. Un nuage de fumée sombre se balade autour de mon cou, sur mon épaule, ... C'est de la crasse. J'essaie de le dissiper avec mes mains. Rien n'y fais.

Je me laisse tomber sur le sol. Au loin, j'entends l'écho d'une mélodie. Celle d'une boîte à musique. Le son est aigu, il est régulier. J'ai l'impression d'être à nouveau à la maison, dans les bras de Maman avec ma boule à neige entre les mains. Maman m'avait acheté une boule à neige très spéciale. Au centre, il y avait une ballerine rose. Quand je tournais la manivelle en dessous, elle se mettait en mouvement. Une mélodie se jouait. J'ai fini par retenir le rythme par cœur. C'était celle de la Valse des fleurs du Casse-Noisette. Je me laisse bercer par ce doux souvenir. Celui qui est entouré de couleur et de joie. Je resserre mes bras autour de mon corps. J'essaie de me souvenir de la chaleur du corps de Maman. Je n'y arrive pas. Je ferme les yeux. J'essaie de me souvenir.


"Elle a l'air encombrante ta petite boîte, pas facile dans les escaliers."1

J'ouvre à nouveau les yeux. La mélodie, c'est arrêté. Ce n'est même pas la pire chose que cet homme m'ait dite ce jour-là. Vraiment pas. Pourtant, ça a suffi à ce que la musique cesse. Il n'y a rien autour de moi. Pas un bruit. Pas un son. Pas de forme. Je me sens soulagée. Mon rêve n'a pas matérialisé cet homme.

Je ne suis pas comme les héros. Je ne suis pas forte. Je n'arrive pas à me défaire de l'ombre noire qu'il y a autour de mon corps.

Je suis faible. J'ai eu besoin de Vlad pour m'en sortir.

Le sol gonfle entre mes pieds. Je recule. Ça gonfle et ça gonfle. Ma respiration s'accélère. Je sens le stress monter en moi. Il se fissure et une main sombre s'en extrait. Entre ses doigts, il tient une rose noire.

La fleur du deuil, de l'adieu définitif, de la mélancolie... Encore. Encore une fleur de la mort.


"Je veux que ça cesse. Je vous en prie. C'est mon rêve. Je suis censée pouvoir choisir ce qu'il s'y passe. Je vous en prie. Je n'en peux plus. Je ne veux plus faire de cauchemars. C'est éprouvant..."

La main pose la rose sur le sol. Elle la pousse jusqu'à moi. Mon regard se baisse dessus. J'entends une mélodie au loin. Une terrible mélodie. On croirait qu'un orchestre entier se met à jouer sans suivre aucune partition. Je pose mes mains sur mes oreilles.

Le samedi 21 octobre 2051, nuit
Aux Trois Balais.

Je m'extrais de mon lit avec précipitation. Azalée sursaute. Je cours vers la salle d'eau. Je me passe de l'eau sur le visage. Azalée me suit. Elle ronronne en se frottant à mes jambes. Je referme l'eau avant de me laisser tomber par terre et de la prendre dans mes bras.

"Tout va bien. C'était juste un cauchemar. Comme les deux précédents. Rien de plus qu'un mauvais rêve. Celui-ci... Était plus soft. J'ai eu moins peur..."

Je mens. Je mens clairement. Rien que le fait que mon cerveau ait retenu la voix de cet homme me rend malade. Je m'y revois clairement. Mon cerveau a tout imprimé de lui. Je peux devenir folle à cause de ça. Je ne me souviens pas du son précis de la voix de maman, de la couleur exacte de son regard, de la démarche qu'elle avait. Mais cet homme, je me souviens de tous ces éléments et je sais que je ne l'oublierais jamais. Ça me rend dingue. Je sens la pression se refermer autour de mon cou. Je sens mon souffle qui reste bloqué quelques instants. Ce cauchemar n'était au même niveau que les autres. Celui-ci était plus calme. Pourtant, c'est celui-ci qui me terrifie le plus.

Je glisse ma main dans le pelage d'Azalée. Elle ronronne et se frotte contre ma main. Ma vision se brouille et les larmes finissent par sortir. Je jette ma tête en arrière. Je déteste pleurer. Je n'en peux plus. Je veux que le mois d'octobre se finisse rapidement. En novembre, je m'installe dans mon "chez-moi". Vlad m'a dit que j'aurais un colocataire et honnêtement, je préfère. Je ne veux pas rester seule. La solitude, ce n'est pas fait pour moi. Vlad m'a dit que j'allais le kiffer. Qu’il ne me mettrait pas en colocation avec un type louche. Je lui fais confiance.


"Plus que dix jours, Azalée. Plus que dix jours."

Dans quelques jours, je vais devoir revoir papa. Je vais retourner à la maison pour emporter mes affaires. Dans quelques jours, je vais devoir lui parler.

Dans quelques jours, tout ira mieux.


816 mots
1 : Dialogue prononcé par Charybde dans ce RP
@Sulien Willows pour la mention de ma biche Callahan
La fin du RP se déroule aux Trois Balais. Je le poste ici pour garder les cauchemars dans le même recueil. :cute:

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Balise

Le dimanche 22 octobre 2051, 18 heures
Quelques part à Londres
PNJ utilisé : Martin Mimosa

Je me suis souvenue de cet endroit. Un endroit que seules deux âmes connaissent. Un endroit qui n'a de l'importance que pour deux personnes sur cette terre. Cet endroit, c'était ma boussole. Quand je me sentais perdue, seule, triste, cet endroit me guidait. Un grand arbre, plein de feuilles verdoyantes. Quand on monte dans ses branches et qu'on s'assit sur la quatrième branche sur la droite, on pouvait y lire une inscription. Une inscription que deux petits papillons, butinant sur la même fleur, avaient fini par graver sur l'écorce de cet arbre.

"Alors ? "Bloom were you are."1 Ça te plait ?"

J'entends ce souvenir, la voix souriante de Martin, avec qui j'étais assise sur cet arbre. Je ne me souviens pas de la date exacte, de l'âge que nous avions chacun, mais il portait son écharpe de Gryffondor. C'est un souvenir lointain. Je ressens la chaleur de sa grande main qui se pose sur mes cheveux et du sourire qu'il m'offrait. Je me souviens de ma réponse.

"Ici, ce sera comme une balise. On y viendra quand on a besoin de l'autre."

Martin et moi, nous étions deux papillons nés d'une même chenille. Une anomalie. Nous étions deux êtres liés par une même naïveté et une même vision du monde. Au sein de la famille, nous avions la même vie, les mêmes reproches, la même présence. "Bloom were you are", c'était notre devise. Une devise que j'entends dans chacun de mes rêves, que je note sur tous mes cahiers, que j'accroche là où je le peux. J'en ai fait des stickers. Je les colle partout. Je veux me souvenir pour toujours que je dois m'épanouir là où je vais. Que je dois ouvrir mes pétales comme le font les fleurs. Que je dois être heureuse et rendre heureuse.

Cette devise, elle m'est précieuse. Bien plus que toutes l'or du monde. Elle est précieuse au point où même dans mes cauchemars, je l'entends. Au point où cet être rose rayonnant me l'a dite. C'est ma devise. C'est notre devise. Celle d'une citrouille et d'une fée.

Aujourd'hui, je me suis souvenue de cet arbre et de cette devise. Je me suis souvenue de ma boussole. J'ai eu envie de revoir cet arbre, de sentir l'herbe sous mes pieds, de grimper dans ses branches et d'effleurer du bout des doigts la gravure dans l'écorce.

J'ai ressenti le vent glacial de la fin d'octobre dans mes cheveux, l'odeur du gravier mouillé et celle de la fumée. L'arbre n'était plus. Une grande usine avait remplacé ce havre de paix. Le bruit de la course infernale des machines, la puanteur de l'essence et la vision déplaisante de la nature morte, voilà ce qui s'offrait à moi.

Ma boussole était déréglée par le grondement des machines. L'arbre n'était plus. Les deux papillons nés d'une même chenille n'avaient plus aucun cocon.


474 mots
1Traduction : Épanouis-toi là où tu es.

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Chic

Le lundi 23 octobre 2051, 15 heures
Appartement londonien de Vladimir
PNJ utilisé : Vladimir "Vlad" Volkov
TW : vulgarité, consommation d'alcool et mention de contrebande.


Quand je pense Luxe et Chic, je pense Vladimir Volkov. Cet homme est l'extravagance incarnée. Si l'extravagance avait un visage, ce serait le sien. C'est un homme qui vit sa vie comme si demain n'existait pas. La première fois qu'on s'est rencontré, je l'ai trouvé étrange. Il parlait beaucoup, s'exprimait d'une manière étrange et m'appelait "princesse". Mais au final, on s'y fait un peu.

Quand je viens chez lui à l'improviste, Vlad s'énerve. Il dit qu'il ne veut pas que je débarque chez les gens. Il dit que c'est dangereux. Aujourd'hui, je n'avais pas le choix. C'est lui qui m'a appelé. Je regarde le bracelet de communication sur mon poignet, je tapote légèrement trois fois dessus. Je me demande ce qu'il fait Monsieur River. Mais je tapote souvent sur le bracelet. Juste pour le rassurer que je vais bien. Je suppose que c'est pour ça qu'il me l'a donné.


"Aujourd'hui, je t'apprends les bases de la survie. Tu sais, l'instinct, le nom que tu dois prendre dans l'allée, ton déguisement... La totale, quoi. Je vais t'apprendre à frapper aussi. Par ce que la dernière fois, clairement, j'étais fière de toi. Viser le service trois pièces, c'était PAR-FAIT. Bon. On va commencer par ton nom. Tu dois plus jamais donner ton nom complet à quelqu'un dans l'allée. Compris ?"

Je hoche la tête.

"Pourquoi pas Iris... ?"

"Tu te fous de moi ? Écris sur ta tronche " Hihi je suis Lila Rose, venez me choper" tant que t'y es. NON. Pas de nom fleuris. Encore moins quand ton deuxième prénom se traduit littéralement par ça. On choisit un truc qui te plaît, sans qu'on remonte jusqu'à toi en deux secondes. Les deux gars que t'as croisés là, eux par exemple, ils vont pas te donner leurs vrais noms. T'imagines la gueule du commerce ? "Hihi Salut, je suis Lila Rose, tiens prends mes potions en contrebande et vas me dénoncer aux flics, direct". Tu vois ? On ne fait pas ça. C'est tellement débile. Manquerait plus que tu leur donnes l'endroit où tu travailles et ton adresse. Jamais. Tu fais ça, ça va mal finir, princesse."

Je déglutis. Je lui ai dit que je m'étais présentée avec mon prénom et mon nom. Avec sa réaction, je ne lui ai pas dit que ce type savait où je travaille et probablement l'adresse de chez papa. Je ne voulais pas me faire gronder plus. Il était tellement en colère. Pas contre moi, mais contre lui-même. Il a juré un tas de fois en russe. Il a bu plusieurs verres d'eau. Il m'a dit qu'il était en colère de ne pas avoir pensé plutôt à me donner des conseils. Je l'aime bien Vlad. Même s'il pue le frique et l'extravagance, il tient à moi. Je le sens.

"Toi, c'est Le Zmeï , c'est ça ?"

"Da. Le Zmeï, princesse, c'est le dragon qui terrifie toutes les légendes slaves."

"Mais tu es russe. Donc ça a un lien avec toi."

"Princesse, regarde-moi bien. Je pue la Russie. Ce n'est pas un secret. C'est écrit sur mon front. Tout le monde peut deviner que je suis russe. Mon nom ne me compromet pas. C'est comme toi, on voit sur ta tête que tu vends du sucre et que tu vis sur un arc-en-ciel. C'est pour ça qu'on doit trouver tout l'inverse de ton nom."

"C'est trop dur."

"Tu aimes quoi ? À part le sucre et les fleurs ?"

Je réfléchis. Je jette ma tête en arrière.
Il se sert un verre de Vodka. Je lui jette un regard mauvais.


"Quoi ? Je fais pas de tea time chez moi. C'est Vodka time. T'en veux ?"

"Non."

Je regarde le mur. Je le regarde lui qui trempe ses lèvres dans sa boisson. Je regarde autour de nous. J'aime la peinture, les fées, les contes, la mythologie, les livres...

"Beaucoup trop de choses."

"Tu ne te reconnais dans aucune de ces choses ? Rien qui sort du lot ?"

"Écho. La nymphe"

La nymphe morte de chagrin. La nymphe incapable de parler. Celle qui fut condamnée à répéter la fin des phrases des autres. Celle qui n'existe qu'à travers les autres. Écho. Comme un écho. Comme notre propre voix qui nous répond. C'est bien, non ?

"Celle qui sait pas causer ? Ouais, c'est vrai, t'es nulle en communication."

"Eh !"

726 mots
@Lloyd River et @Sulien Willows pour les petites mentions :happy:

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Cuire

Le mardi 24 octobre 2051, vers 2 heures du matin
Devant l'entrée de l'allée des embrumes, côté Gringotts
PNJ utilisé : Mathieu Rose
TW : Étranglement, phobie scolaire, harcèlement, traumatismes, mort et peur de la mort.


Je suis habillée dans la tenue que Vlad m'a choisie. Il m'a dit de ne surtout pas retourner seule dans l'allée. Il m'a dit que quand j'aurais besoin de voir Monsieur River, il viendrait avec moi. Mais je ne suis pas là pour Monsieur River. Il n'est même pas dans le pays. Je regarde mon bracelet de communication. Je tapote dessus. Je vais bien. Je suis en forme. J'y ai accroché un petit sticker. Il a la forme d'un camélia blanche. C'est un truc que j'ai trouvé dans une boutique hier. Je regarde l'allée. Vlad serait très énervé si j'y allais sans lui. Mais j'en ressens le besoin. Je ressens le besoin de passer au-dessus de cette terreur. Par ce que je ne veux pas avoir peur d'un endroit au point de l'esquiver. Je ne veux pas avoir peur de l'allée au point de ressentir des frissons quand on prononcerait son nom. Je connais déjà ce sentiment. Je ne veux plus.

Je guide ma main sur le bracelet de communication. Je tapote une nouvelle fois. Désolée de vous embêter Monsieur River. Il fait nuit. Il est tard. Vous dormez peut-être. Mais j'en ai besoin. Je reste planter là. Mon corps ne bouge pas. Je sens ma respiration s'accélérer. Mes mains deviennent moites, mon souffle se bloque dans ma gorge. Je revois ce rouquin, je revois la main autour de ma gorge. J'ai terriblement peur.

Je déteste cette sensation. Je ne suis pas une dure à cuire moi. Je ne suis pas faite pour devenir forte. Je suis et je resterais faible. Le genre à me faire écraser et piétiner. Je ne suis pas forte. Je le sais.

Je regarde l'allée. Mes jambes ne bougent pas. Je suis immobile. Je sens un frisson parcourir tout mon corps. Oh Vlad, regarde moi. Regarde comme je suis faible. Regarde comme Écho est aussi incapable d'agir que Lila. Ce n'est que le deuxième jour. Tu vas encore m'apprendre à me battre, à me défendre, je sais. Mais je me sens tellement faible. Je n'arrivais pas à dormir aujourd'hui non plus. Je me sens mal. J'ai la gorge qui brûle.

J'ai l'impression de sentir la main de cet homme sur mon cou. Je peux sentir la froideur de ses doigts sur ma peau. Je sens tout. Je sens mon souffle se bloquer. Je ressens tout comme si j'y étais.

Je recule.

Mon dos heurte les murs de Gringotts. Je pose ma main sur mon bracelet de communication. J'appuie. Merlin, je me sens faible. Je me sens comme une puce, un microbe, une molécule. Je me sens miniature.

Je repense à Poudlard. Je repense au sentiment désagréable qui se crée dans ma poitrine chaque fois que quelqu'un en parle. Je le ressens. Je sens cette boule se former dans mon ventre. Rien qu'y penser me rend nerveuse. Je ressens les doigts d'Anémone dans mes cheveux, qui tire. J'ai l'impression d'y être, le dos collé contre un mur, à l'abri des regards. J'ai l'impression de revoir le sourire qu'il affichait sur son visage en disant que mon collier est une laisse. J'ai envie de retourner dans mon rêve, celui avec une forme rose. Je veux qu'elle me serre dans ses bras, que ses bras se referment autour de mon corps. Je veux ressentir la chaleur d'une étreinte. Merlin, je me sens seule, ici, dans le froid.

Ma respiration s'accélère et s'accélère. J'ai l'impression que je ne vais jamais réussir à récupérer mes sens. Je vais asphyxier ici. Je colle tout mon dos au mur.

Je sens une main sur mon épaule. Je sursaute. Ne me touchez pas. Ne me regardez pas. Je ne veux pas. Je veux rester seule, dans le noir.


"Mademoiselle ? Vous allez bien ?"

Mon sang se glace. Mon cerveau arrête de s'emballer. Il ne m'a pas reconnu. Pas dans cette tenue. Pas ici. Il se penche pour voir mon visage et je baisse ma casquette pour l'empêcher de me voir. Je me dégage d'un coup d'épaule. Je chancelle en reculant. Il me regarde. Ne me regarde pas. Pas toi. Pas ici. Je sais ce que tu vas faire. Tu vas aller retrouver ce rouquin. Tu vas récupérer tes potions du jour. Tu mets Louis en danger, tu le sais ? J'ai failli mourir à deux pas d'ici, tu le sais ?

J'appuie tant de fois sur ce bracelet de communication. J'essaie de revenir à moi. D'avoir quelque chose qui me tient ancrer. Je suis désolée Monsieur River. Je dois sûrement vous réveiller actuellement.

Les mots franchissent mes lèvres sans que je ne les contrôlent.


"Papa."

766 mots
@Lloyd River petite frayeur du soir par le bracelet :cute:

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Reducio
- Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Vladimir Volkov
- Lien avec le PJ : Propriétaire et ami
- Lien dans le répertoire : Ici
- Ce RP aura-t-il un impact sur mon PJ ? Non
- Si "non", impact envisagé sur l'autre PJ : Développer les histoires d'amour de Miya et ses relations amical flirty. C'est aussi pour lui permettre de passer un bon moment avec un ami au milieu de sa vie chaotiquement triste. :cute:

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Fracture

Mardi 24 Octobre 2051,
Appartement londonien de Vlad
En réponse à ce OS


Vladimir "Vlad" Volkov

En t'invitant à la maison, je savais que j'allais te faire des lasagnes. C'est la chose que je préfère. Ces Italiens ont décidément le sens de la cuisine. Bien que leur alcool ne soit pas au niveau de la Vodka, il faut être honnête, ils ont le sens de la cuisine. Rien ne dépasse la cuisine russe dans mon cœur, évidemment. Les Pelmeni, par exemple, quoi de mieux ? Vous imaginez un homme comme moi trahir la cuisine nationale de mon pays pour un peu de basilic et de tomates ? Non, évidemment que je préfère la gastronomie russe. La seule gastronomie que j'accepte de mettre au même niveau, c'est la gastronomie turque. Parfois, je me dis que les sultans ottomans devaient avoir la belle vie avec toutes les bonnes choses qu'ils mangeaient. Enfin, peu importe. Je n'ai clairement aucune raison de penser à ce que mangeaient les sultans ou les tsars. L'important, c'est qu'aujourd'hui, j'ai cuisiné des lasagnes pour ma tsarine.

Je l'ai laissée seule dans la cuisine. Pour une raison simple, j'ai besoin de réfléchir aux mots que je vais employer avec elle. J'ai besoin de lui parler de ma princesse. Ce qu'il s'est passé dans l'allée et les choses qu'elle m'a dites, ça ne me rassure pas.

Je rejoins ma pièce secrète, mon atelier. Jane dort sur mon bureau. Ce petit chaton roux que j'ai trouvé en faisant les courses avec moya tsarévitcha. Elle ne me quitte plus depuis. Je suis ce genre d'homme. Le genre à recueillir toutes les âmes égarées que je trouve. Le style qui prend soin des plus faibles que moi. Tout ça, tu le sais déjà, Miya. Tu sais que je pourrais adopter un rat s'il paraissait sans défense.


"There lived a certain man, in Russia long ago (Il y a longtemps de cela, un certain homme vivait en Russie)
He was big and strong, in his eyes a flaming glow (Il était grand et fort, et dans ses yeux
brillait une lueur flamboyante)
"


Je glisse ma main dans le pelage de Jane. Il va falloir que je choisisse mes mots avec soin. Parce que la biche qui a attaqué ma petite, c'est un de tes clients. Je l'ai tatoué, je l'ai déjà vu dans ton pub. Je suis même sûr de t'avoir dit à quel point sa chevelure était magnifique. Tu sais, c'est notre petit truc. On n'est clairement pas ce genre d'ex à regretter le temps où nous étions nous. Je ne suis pas du genre à regretter mon passé. Sans toi, je n'aurais pas pu vivre tout un tas d'expériences. Tu te rends compte, tu m'as connu quand je n'avais pas de tatouage sur le corps. Tu m'as connu avant le passage chaotique de Baba Yaga dans ma vie. Je l'ai rencontrée rapidement après la fin de notre relation. Je fréquentais ce pub miteux en Irlande dans lequel elle travaillait. C'était fin octobre, je m'en souviens. Tu m'imagines, moi, dans un pub Irlandais ? C'est tellement dégradant. Je ne préfère pas me souvenir de l'époque où je consommais de la Guinness. Mon Vodka time ne serait clairement pas fier de cette vision.

"Most people looked at him with terror and with fear (La plupart des gens le regardaient avec terreur et peur)
But to Moscow chicks he was such a lovely dear (Mais pour les beautés de Moscou, c'était un séduisant amant)"


Je caresse du bout des doigts le pelage roux de Jane. Il faut que je réfléchisse sérieusement à ce que je vais te dire. Comment t'expliquer que j'ai une protégée, que c'est une idiote, que je la mets en garde contre le danger de l'allée et qu'elle n'écoute pas ? Comment te dire que je veux que tu gardes un œil sur elle si tu la vois ? Comment t'expliquer que ma petite protégée est fan de son "Monsieur River" et qu'elle reviendra sûrement ? Je ne veux pas te parler travail et inquiétude aujourd'hui. Je te connais, moya Tsaritsa. Je sais reconnaître sur ton visage l'expression de la tristesse. Tu n'es pas en forme dernièrement. Tu n'as pas besoin de me le dire pour que je le comprenne. Je ne suis pas qu'un beau tas de muscles avec un joli dos. Tu le connais ce joli dos, hein ? Tu en as vu l'évolution. Tu le sais que je ne suis pas qu'un Russe bâti comme un building. Bien que parfois, j'aie tout dans les muscles et rien dans le cerveau. Mais enfin, qu'importe.

"He could preach the Bible like a preacher (Il pouvait prêcher la Bible comme un vrai prêcheur)
Full of ecstasy and fire (Plein d'extase et de feu)"


Je me détache de mon bureau en un coup de hanche. Il me faut une raison de t'avoir laissée seule dans la cuisine, n'est-ce pas ? Mes yeux parcourent la pièce. Ils se posent sur une bouteille de Vodka. Serait-ce le moment de se poser pour un tea time à la Vlad ? Non, ce n'est pas le moment. J'ai vu le regard que tu posais sur le plat de lasagnes. C'est un moment chaleureux et sans prise de tête que je t'offre aujourd'hui. Il faut que je mette de côté Lila, l'allée et l'alcool. Aujourd'hui, je vais te faire vivre la meilleure journée de ta vie. Tu vas oublier tous les soucis que tu as un jour eus. Ce sera comme une fracture dans le temps. Une brèche dans laquelle tu vas t'installer avec moi. Le temps d'une lasagne et d'une discussion avec un russo-écossais complètement fou. C'est un bon programme, n'est-ce pas ? Aucun verre de Vodka. Je récupère Jane que je pose sur mon épaule. Tu seras mon excuse pour m'être absenté. Tu es d'accord, ma jolie ?

"But he also was the kind of teacher (Mais il était aussi le genre de professeur)
Women would desire (Que n'importe quel femme s'arracherait)"


Une fois que je commence à chantonner le refrain, je me mets en marche jusqu'à ma cuisine. C'était une idée merveilleuse tout ce marbre, n'est-ce pas ? C'est joli, c'est cher, ça ravit le cœur de ma tsarévitcha. Anastasia est pire que moi avec le luxe. Je ne pensais même pas cela possible. Tu devrais la voir avec son parfum Miss Dior. Tu es toujours en train de regarder ma lasagne cuire. Je m'approche et dépose sur ton nez mes jolies lunettes de soleil Prada.

"Moya Tsarista, je te fais un bon café comme tu les aimes, qu'est-ce que tu en penses ? Pas de vodka time cette fois. Ce n'est pas la meilleure boisson pour accompagner la lasagne. Accordons-nous un moment dédié à cent pour cent à nos amis les Italiens."

1041 mots sans les traductions
@Miya Ryuū
Merci à Paige Barrow pour l'idée de la chansonette

Fervente défenseuse du Lllien et du Thoood Agent Colibri des Grimms Merci Émeline Joyner pour le Vava Justicière improvisée de l'Allée #ad0c5a pour Lila