Empyrée
dans 10 ans ; yamê
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vendredi 20 octobre
{ devant la Fausse Danse ; Allée des Embrumes }
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vendredi 20 octobre
{ devant la Fausse Danse ; Allée des Embrumes }
Qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce que je fais ici ? Je devrais être au Sisyphe, je devrais être entrain de prendre mon service, je devrais être avec Alfie, je devrais être avec Irina, je devrais être passer un coup d'eau dans les verres sale, je devrais être entrain de faire quelque chose de mes mains. Y a rien pour moi ici, y a rien du tout. Lloyd n'est pas là pour moi, Lloyd n'est plus là pour moi. Plus rien pour moi, plus rien pour toi Miya. Alors tourne les talons, fais demi tour. Ça sert à rien d'attendre ce que tu pourras jamais avoir, ça sert à rien de chercher ce qu'on t'a retiré. Ça sert à rien. Tu vas juste te faire du mal, Miya, tu vas juste te blesser un peu plus. Alors fais demi tour, par les culottes de Merlin. Tu es folle ou quoi, qu'est-ce que tu viens chercher ici ? Rien, fais demi tour.
Mais je bouge pas, j'attends, je reste ici. J'attends comme une idiote que tous les passants me dépassent et entrent dans le cabaret pour assister au show d'une certaine Kitty. Sauf que je m'en tape de Kitty, c'est pas elle que je suis venue voir, c'est pas elle que je crève de retrouver. Je veux pas de Kitty, rien de personnel, je suis sûre que t'es charmante, mais c'est pas toi que je viens voir, que je viens retrouver. Retrouver ? Un rire amer m'échappe. Nan, je retrouve personne.
Parce que retrouver quelqu'un, ça veut dire qu'on est attendu quelque part. Et moi je suis pas attendue par Lloyd, oh non. Il s'en moque, maintenant, de ce qui m'arrive. Alors que tu sais ce que je veux, tu sais ce que je te propose mon amour, tu sais ce que j'ai à t'offrir. Tout dépend de toi et de ce que tu vas décider, tout dépend de ce que tu fais. Tout dépend de la façon dont tu regardes Sulien, tout dépend de la façon dont tu poses tes mains sur lui, tout dépend de tout ça. Plus de moi, ça dépend plus de moi. Ça dépend de toi maintenant, moi j'ai rempli ma part du contrat. Presque deux mois et demi d'abstinence, ça te suffit ? Deux mois passés à boire juste de l'eau et du café, deux mois à ignorer l'appel de l'alcool dans mon corps, deux mois passés à ignorer ce qui a toujours fait partie de ma vie pendant des années. Tout ça pour toi, tout ça juste parce que tu me l'as demandé. Est-ce que ça te suffit, qu'est-ce que tu veux de plus ? Dis moi, juste dis moi.
Je fais de mon mieux, et je suis désolée d'être tombée malade. Je suis désolée d'avoir gâché quoi que c'était qu'on aurait pu avoir à nouveau. Ce silence entre nous m'étouffe, s'épaissit autour de mon cerveau, c'est un brouillard dans lequel je coule, je me noie, je suis entrain de disparaitre.
Je contemple le cabaret en silence, j'entends la musique qui s'en échappe et les acclamations, je fais de mon mieux pour me contrôler parce que ça sert à rien que je reste ici, ça sert à rien que je l'attende, il ne sortira pas. Pourquoi il sortirait ? Il a pas de raison de sortir, il le ferait pas pour moi. Il le ferait plus pour moi. Mon coeur se serre dans ma poitrine, il se replie sur lui même, il me fait mal, il me fait terriblement mal. Pourquoi j'ai parlé de tout ça à Alfie déjà ? Je sais plus. J'étais dans la brume, j'avais plus les pensées droites. Travailler trop tard et ne pas bien dormir la nuit ça fait pas bon ménage, tout le monde le sait. Alors pourquoi j'arrête pas de travailler ? Pourquoi j'arrête pas d'aller ici, pourquoi j'arrête pas tout ça ? Je sais moi, je sais ce que je fais ici.
Vraiment Miya ? Non, non tu sais pas. Tu sais pas vraiment ce que tu fais ici, tu sais toujours pas pourquoi t'es là, pourquoi t'attends devant ce cabaret de malheur. Ce cabaret, ce foutu cabaret.
T'y es déjà venue en rêve ici, en cauchemar aussi, et c'est toujours la même chose. T'ose jamais y entrer, t'ose jamais t'avancer dans l'entrée et pénétrer dans ce cabaret, ce foutu cabaret.
C'est pas comme Sisyphe. Chez Sisyphe, tu connais par coeur. C'est ton taf, ton job, ton lieu de vie presque, tu connais comme si c'était chez toi. Parce que dans un sens, c'est un peu chez toi. Il suffit de voir à quel point t'es à l'aise entre les bouteilles et les boissons, entre la contrebande et les magots, entre les verres sales et les ivrognes. Ouais, t'as ta place dans ce bar miteux, dans cet endroit qui n'a aucun sens, aucune grâce, aucune utilité, aucun rien du tout. Pis t'as tes clients, t'as Alfie, t'as Vlad, t'as Alys. Ils viennent te voir, ils passent du temps avec toi, ils te parlent.
Dégage. Vas-t'en. J'ai rien à faire ici, j'ai rien à voir avec tout ce qui se passe ici.
Moi je voulais juste avoir cette vie idyllique avec toi mon amour, je voulais jute cette réalité, je voulais juste redevenir ta Miya. Mais ta Miya a disparu, elle a coulé, elle s'est enfoncée dans les abysses et les ténèbres et elle ne reviendra pas. Je suis désolée mon amour, je coule. Je sombre. Je chute vers la noirceur et j'suis incapable d'arrêter ma chute, incapable de prendre soin de moi. Je suis une déchéance constante, je suis un poids, je suis un paquet qui chute sans arrêt, je suis une brique et je coule, je me noie. Je me noie Lloyd, je me noie. Et pour le moment, le seul à qui je puisse me rattraper c'est Alfie. Tu connais Alfie, dis ? Je pense que tu l'aimerais bien. Il est doux, Alfie. Il a le regard un peu hagard et vide, un peu fou, un peu comme toi parfois. Mais il est doux, il est tendre avec moi. Il m'embrasse et il ne réclame rien, rien si ce n'est mon histoire et mes sourires. Et je veux me méfier, je voudrais tellement me méfier de lui, avoir peur qu'il ne soit rien qu'une ruse envoyée par Zayn pour faire de moi sa marionnette. Mais j'en suis incapable, je ne peux pas. Alfie a besoin de moi, tu comprends ? Et moi j'aurais besoin de toi.
J'ai besoin de toi mais, ce soir, je fais demi-tour.
Je m'éloigne du cabaret, me forçant à m'arracher à sa contemplation, et je vais rejoindre Alfie.
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1107 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Empyrée
cinq heures du matin ; jazzy bazz
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samedi 21 octobre
{ Allée des Embrumes ; Londres }
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samedi 21 octobre
{ Allée des Embrumes ; Londres }
Qu'est-ce que je fais de ma vie ? Pourquoi je traine ici au lieu de rentrer chez moi pour dormir ? Je vais être éclatée pour le taf après, et je pourrais même pas blâmer les cauchemars. Les cauchemars. Ah, alors c'est pour ça que tu sors tard alors Miya. Pour éviter de rêver, pour fuir les vilains monstres qui se cachent dans ta tête, pour t'éloigner de ces illusions mauvaises qui te rongent.
Je souris comme une folle et je tourne sur moi même.
Je tourne, tourne, tourne, tourne la jolie Miya. Je suis belle sous le clair de lune Alfie ? Qu'est-ce que tu fais toi là maintenant ? Tu bois ? Tu discutes avec quelqu'un d'autre ? T'essayes d'extirper les secrets d'une autre nana en détresse comme moi ? Regarde moi danser, regarde moi tournoyer sous les lumières de la lune dans cette Allée crasseuse et miteuse, pleine de gens, pleine de personnes vilaines et cruelles comme Zayn. Zayn. Mon coeur rapetisse dans ma cage thoracique, je me replie sur moi même et retiens ma respiration un moment, jusqu'à ce que la sale sensation s'en aille, jusqu'à ce que le poids sur mes épaules se lève, jusqu'à ce que je me sente mieux, jusqu'à ce que j'arrive à respirer correctement, jusqu'à ce que la peur cesse de m'étouffer.
Qu'est-ce que je fais à cinq heures du mat ici, qu'est-ce que je fabrique dans les rues de l'Allée ?
Je trébuche, tombe en avant, atterris sur mes genoux et éclate de rire quand je m'écorche les mains. Regarde, regarde Alfie. Je n'ai rien consommé, je n'ai rien bu et pourtant je suis incapable de marcher droit, incapable de tenir la route, incapable de me comporter correctement. T'as vu Alfie, ce soir je fais la fête toute seule. Ce soir, ce matin, peu importe, je m'amuse toute seule, je fais de mon mieux. Je suis pas la meilleure pour m'amuser mais je te promets que je fais de mon mieux. Comme toujours au final, je fais toujours de mon mieux. Je ris. C'est un rire crade, un rire rauque, un rire de louve. Je suis ta jolie louve, hein Alfie ? Je ris de nouveau. Ouais, je suis ta jolie louve. Et j'aime ça. J'aime parce que t'attends rien de moi, j'attends rien de toi, on passe du temps ensemble, tu bois je te sers, c'est facile. Avant la vie de Lloyd et moi elle était aussi facile que ça tu sais. C'était guitare, cigarette, whisky, musique, rire, guitare. Et puis rebelote quoi.
Maintenant c'est plus pareil.
Maintenant c'est différent.
Je me relève maladroitement, trop vite, et des points noirs envahissent ma vision.
Wooo. Je vacille un peu, prends quelques secondes pour me remettre.
Eh j'suis pas saoule en plus. J'ai pas bu, pas une seule goutte depuis le douze août, depuis plus de deux mois. T'y crois ? Moi j'y croyais pas. Je voulais pas y croire. Mais je l'ai fait.
Je suis ta jolie louve.
Je suis la princesse de Zayn.
Je suis la chérie de Noah.
Je suis l'enfant raté de Père.
Mais je suis plus la Miya de Lloyd.
Je retiens mes sanglots, difficilement, et je vais m'assoir au bord du trottoir, soudain triste.
Pourquoi c'est si important pour moi ? Je sais pas. Je comprends pas. Je suis perdue je crois. Je crois que je sais pas ce que je veux, je crois que j'ai passé tellement de temps à aimer Lloyd que je suis plus capable de ne pas faire autrement. Mais je l'aime pas par habitude, non. Je l'aime pour de vrai. Je l'aime vraiment. Je l'aime avec dévotion, avec force, avec courage, avec faiblesse, avec peur. Je l'aime tout court, je l'aime dans tout ce que je suis, dans tout ce que j'ai peur de devenir. Je l'aime et je fais de mon mieux pour que ça suffise, mais ça sera jamais assez bien. Jamais.
Il est cinq heures du matin et je suis assise par terre dans l'Allée. N'importe qui pourrait surgir et m'agresser, me voler mes affaires, me prendre le peu d'argent que j'ai sur moi, me violenter, me parler mal, essayer de me vendre un truc, essayer de me prédire mon avenir. Comme cette bonne femme complètement timbrée que j'ai rencontrée l'autre jour. Je ricane bêtement.
Regarde Alfie, regarde ce que je deviens.
Un monstre. Tu es un monstre Miya, chuchote Zayn à mon oreille. Et moi je ferme les yeux pour le faire disparaitre, pour le faire partir, pour évacuer son souvenir, pour qu'il s'en aille.
Il est cinq heures du matin et le seul truc que j'ai envie de faire c'est aller à la Fausse Danse pour voir si t'es encore là, pour voir si je peux entrer et te voir. Je veux juste te voir, je veux juste vérifier que tu vas bien. Parce que tu vois y a cette angoisse dans mon coeur, y a cette peur qu'il t'arrive vraiment un truc à cause de moi, tout ça parce qu'à l'époque j'ai pas su et pas pu m'éloigner de Zayn. Tout ça parce que je lui ai donné ma vie, mon âme, mon être. Tout ça parce que j'ai menti, parce que j'ai pas su être une bonne personne, parce que j'étais trop obnubilée par la vie pour comprendre que je ratais le plus important. Dis moi mon amour, y a une probabilité que je puisse entrer dans la Fausse Danse et que t'y sois ? Dis moi mon amour, est-ce que tu demanderais à ta jolie videuse de me sortir ? Est-ce que tu leur demanderais à toutes de me regarder de travers, de me juger, de me détruire, de me huer ? Est-ce que tu leur racontes que je suis une personne horrible ? Je veux pas savoir enfaite, je veux juste que ça fonctionne. Nous deux.
Je souffle, m'accroche à la façade d'une boutique et soupire en silence.
Les rues vont commencer à s'animer.
Les gens vont commencer à arriver.
Le monde va commencer à se réveiller.
Et moi je serais toujours là à me demander si tu m'aimes toujours.
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1019 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Empyrée
cinderella's dead ; emeline
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dimanche 22 octobre
{ dans les rues ; Godric's Hollow }
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dimanche 22 octobre
{ dans les rues ; Godric's Hollow }
J'avais dix-sept ans, Noah. Dix-sept ans quand j'ai cru que je savais tout de l'amour, quand j'ai cru que je serais capable de savoir que tu allais m'aimer pour de vrai, m'aimer sincèrement, m'aimer à vouloir en crever. Parce que c'est ce que je voulais. Je voulais être aimée, sincèrement, je voulais être aimée comme une reine, comme une jolie fille, comme une princesse, comme une belle sorcière. Je pensais que t'allais m'aimer comme on doit aimer une fille, je pensais que t'allais m'aimer comme j'ai aimé Célestine. Sincèrement, sans faux semblant, sans problèmes, sans mensonges. Mais t'as pas pu t'en empêcher. C'était plus fort que toi, c'est ça ?
Il a fallu que tu me ruines. Il a fallu que tu détruises toute mon estime, il a fallu que tu détruises ce qui me tenait le plus à coeur, il a fallu que tu détruises tout ce que j'avais construits. Il a fallu que tu réduises mes rêves à néants, il a fallu que tu fasses disparaitre ce dont j'avais besoin.
Tu m'as brisée, Noah.
Tu as brisé tout ce que je pensais avoir à l'époque.
Mon courage. Mon estime de moi. Ma force. Ma confiance. Ma magie. Tout, t'as tout détruits.
Debout devant chez lui, une capuche rabattue sur ma tête, je serre fort ma baguette dans ma main d'arme. Je me dis que je pourrais entrer. Je me dis que je pourrais te surprendre avec une femme. Je me dis que je pourrais te voir te relever, les vêtements en fouillis, un parfum étranger sur toi, un sourire menteur sur le visage, du rouge sur les lèvres. Je me dis que je pourrais revivre cette scène encore et encore. Cette blonde chez nous. Avec toi. En mon absence. Son odeur partout dans nos draps. Dans mes draps. Cette blondasse avec toi, cette blondasse dans notre lit, cette blondasse dans tes bras. Mais la vérité, c'est que je ne peux même pas lui en vouloir à elle. Elle est sûrement tombée dans ton piège de la même manière que je suis tombée dedans, elle ne savait probablement pas que j'existais, elle n'étais certainement pas au courant que tu étais un trompeur, Noah. Elle ne pouvait pas deviner que tu étais un hypocrite, un sale trompeur.
Oui, un trompeur. Tu m'as trompée.
Tu m'as humiliée, ce soir-là. Quand je suis rentrée et qu'elle était là, dans tes bras. Tu m'as humiliée, tu as fais de moi ta chose et j'ai faillis oublier ce que je vaux. Tu m'as humiliée si fort que j'ai entendu ma confiance en moi se briser, ce soir. C'est de ta faute, Noah. Pas de la sienne. Ni de la mienne. T'es allé voir ailleurs, t'aurais pas dû. Tu m'as trompée, tu m'as humiliée. Je te déteste.
Toi et ton frère, vous pouvez aller crever en enfer. Ne vous approchez pas de moi, ne vous approchez plus jamais de moi. Et laissez mes proches loin de ça, laissez Lloyd en dehors de ça. Il m'a mieux traitée en une journée que tout ce que t'as pu faire en plusieurs années. Alors ne t'avise pas de t'en prendre à lui, parce que tu vas trouver du monde en face. Mariage ou pas mariage, je m'en tape, tu restes loin de lui. Parce que tu vois, Noah, quand tu m'as humiliée, j'ai baissé la tête. J'ai plié l'échine et j'ai accepté mon sort, j'ai accepté que j'étais moins bien, j'ai cru que j'étais méchante, j'ai compris que tu avais le dessus. Mais c'est terminé. A cause de ça, j'ai oublié qui j'étais, j'ai oublié de qui je descendais et, pour une fois, avoir une famille pleine de gens et d'ancêtres spéciaux m'a été utile. Je me suis souvenue qui étaient mes grand-mère, mes tantes, mes cousines. Je me suis souvenue qui j'étais, quelles formations j'avais, ce que je valais vraiment. J'ai presque oublié tout ça. Mais ça m'est revenu. Et je ne te laisserais plus m'approcher. Jamais.
J'avais vingt-deux ans quand tu m'as demandée en mariage. Vingt-deux ans, Noah.
A quoi t'attendais tu ? A un "oui" ravi et à un mariage expédié en quelques jours ? J'étais encore une étudiante, j'étais encore une jeune fille, j'étais...j'avais même pas encore commencé à vivre. Comment t'as pu faire ça ? Comment t'as pu croire que je me soumettrais à ta requête ? Alors que tu m'as humiliée. Alors que tu m'as brisée. Alors que tu m'as repoussée puis tu m'as retenue à tes côtés. J'étais prisonnière avant même que tu ne sortes la bague, Noah, j'étais ta chose. Et je ne voulais pas, il était absolument hors de question que je sois ta jolie petite chose. Non, jamais.
La Miya que tu as enfermée dans sa cage dorée est morte, Noah. Elle est morte à la minute où je suis tombée amoureuse de Lloyd, à l'instant où je l'ai aperçu pour la première fois.
Je ne te laisserais pas te servir de moi, c'est terminé.
Alors je tourne les talons à son appartements, les dents serrées, je m'éloigne dans la direction opposée, je m'en vais, je retourne chez Mel. Là où je devrais être. Là où tu ne voulais pas me voir. C'était quoi ton problème ? Tu croyais que j'allais tomber amoureuse de lui ? Alors que tu ne me laissais même pas croire que toi tu étais amoureux de moi ? Je me pensais trop horrible pour être aimée, Noah, et tu as fais ça, tu es responsable de tout ça. Tu m'as laissée croire tout ça.
Mais c'est terminé, je ne te laisserais plus me faire ça.
Et je ne te laisserais certainement pas t'approcher de Lloyd. Ni de Kieran. Ni d'Alden.
Tu restes le plus loin possible d'eux, tu restes le plus loin possible de moi, tu restes hors de ma vie. Je devrais te le faire jurer, je devrais faire demi-tour, entrer chez toi et te demander de me le jurer. Je ne veux plus jamais te voir tu comprends, ni toi, ni ton psychopathe de frère. Jamais.
Je me suis réveillée.
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1009 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Empyrée
you're dead dead dead ; inuday
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lundi 23 octobre
{ devant la Fausse Danse ; Allée des Embrumes }
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lundi 23 octobre
{ devant la Fausse Danse ; Allée des Embrumes }
Et voilà. Me voilà ici, de retour dans l'Allée, de retour devant ce foutu cabaret.
Est-ce que t'es déjà parti, Lloyd ? J'effleure mon bracelet de communication de la pulpe de mon doigt, un sourire fleurissant malgré moi sur mes lèvres. Alors finalement je suis encore quelqu'un à tes yeux ? Finalement j'existe encore. Finalement t'acceptes que j'existe.
Mais est-ce que t'acceptes vraiment ou est-ce que y'a une autre raison ? Est-ce que tu acceptes ce que j'suis ou est-ce tu vas de nouveau me sortir de ta vie ? Est-ce que tu vas faire de moi ta chose, comme Zayn ? Je veux pas. Je veux pas devenir l'objet de quelqu'un, j'ai déjà trop été l'objet de quelqu'un. Alors ne me fais pas ça s'il te plait, ne m'inflige pas ça. Ne reviens pas vers moi pour mieux me repousser. Ne me transforme pas en fille simple que tu peux malmener à ta guise. Je sais que tu le ferais pas, au fond, je sais que c'est pas ton genre, que jamais tu me ferais souffrir de la sorte. Mais y'a des pensées poison dans ma tête, y'a des choses qui tournent pas rond. Il y'a des idées que je devrais pas avoir, des pensées que je devrais pas explorer, des choses que je ne devrais même pas envisager. Mais c'est là, dans ma tête, c'est là comme un venin insidieux.
Un venin qui me souffle des idées terribles.
Tu veux te venger de moi.
Tu veux me faire du mal.
Tu veux que je souffre.
Tu veux que j'ai mal.
Et t'as le droit de penser ça, t'aurais le droit de vouloir ça.
Je ne mérite rien d'autre que ça, n'est-ce pas ?
Là, dans cette Allée crade, dans cette rue sale, dans cette avenue dégueu, je m'accroupi devant le cabaret et je baisse la tête, le regard perdu dans la saleté, je sors mon paquet de cigarettes de ma poche, lentement, précautionneusement. J'en tire une entre deux doigts, puis je la place entre mes dents tandis que je remets le paquet où il était. Enfin, en silence, j'en allume l'extrémité.
Sans rien dire, sans relever le regard du caniveau, je tire dessus.
Le poison pénètre mon corps, s'infiltre dans mes poumons, navigue dans mes veines. Mais je ne fais rien, je n'ai aucun pouvoir dessus. Alors je laisse le poison faire son travail, je le laisse me détruire un peu plus à chaque instant qui passe, je me concentre sur la sensation de vide et de bien être qui vient petit à petit remplacer le reste. Les yeux mi clos (pas folle la bête, je tiens pas à me faire détrousser), j'essaye de me concentrer sur le vide qui m'envahit. J'essaye de ne plus penser à ce que les toubibs m'ont dit, à ce trouble dont ils ont parlé, à cette maladie qu'ils ont évoquée. J'essaye de ne plus penser à l'absence de Lloyd, à son départ pour Ibiza, à ce stupide bracelet attaché à mon poignet. J'essaye de ne plus penser à Ellie qui n'est toujours pas rentrée d'Irlande, au dernier mot qu'elle m'a laissé avant de partir, à son sourire que je m'imagine pour aller mieux. J'essaye de ne plus penser à Mel qui prend soin de moi, qui s'occupe de moi et de mes folies tous les jours, qui me serre contre lui. J'essaye de ne plus penser à rien. De faire taire ma tête.
Y'a des pensées que je veux éteindre à tout jamais Lloyd, des pensées que j'aime pas, des pensées que je veux pas avoir. Pourtant elles sont là, pourtant j'arrive pas à les chasser.
Est-ce que j'existe toujours à tes yeux, Lloyd ? Est-ce que je suis toujours Miya ? Ou bien tu vois plus qu'une ombre, une silhouette, un vague souvenir ? Est-ce que je suis morte à tes yeux ? Est-ce que tu m'as rangée dans le passé, est-ce que je ne suis rien du tout ? Je renifle bêtement. Ma cigarette s'éteint un peu, alors je tire dessus avec force, je me perds dans la fumée, je m'intoxique dans les vapeurs, je m'enfume dans la buée. Et malgré tout, j'arrête pas de penser.
Je pense à toi, en permanence, je peux pas m'arrêter. Je continue, encore et encore, je continue jusqu'à ce que mon cerveau soit épuisé, jusqu'à ce que mes neurones soient abimés, jusqu'à ce que je sois incapable de réfléchir plus. Je m'abime sur toi, j'abime ma tête sur toi, j'abime tout.
J'ai peur tu sais.
Peur de plus rien représenter à tes yeux.
Peur que tu te moques de ce que je fais.
Peur de plus jamais pouvoir te toucher.
Peur de plus avoir le droit de t'approcher.
J'ai si peur que j'en dors plus la nuit, que je pleure la nuit, que je hurle la nuit. Mais j'en parle à Lumi. Un peu. Et c'est supposé m'aider, sauf que ça change rien. Sur le moment c'est chouette de pouvoir me confier, d'avoir quelqu'un qui m'écoute, mais aussitôt que je sors de son cabinet je redeviens la Miya terrorisée que je suis devenue dès l'instant où tu m'as imposé cet ultimatum. J'ai pas envie de vivre dans la peur, j'ai pas envie de vivre avec l'incertitude de savoir si tu vas oui ou non accepter de me regarder en face, j'ai pas envie de vivre en me demandant chaque matin comment j'ai pu tout gâcher au point que tu me haïsses plus que tout au monde.
Est-ce que tu me hais, Lloyd ?
A cette pensées, je serre les dents, je me redresse et je shoote dans une pierre qui se trouve non loin de moi. Elle va s'écraser dans un mur en face de moi. Foutu cabaret. Foutu bracelet. J'en ai marre, Lloyd, je peux plus vivre comme ça. Dis moi les choses en face, dis quelque chose, hurle si tu veux mais par pitié explique moi ce que je dois faire, comment je dois vivre.
Faut que je bouge.
Que je m'éloigne.
Que j'y aille.
Alors j'inspire profondément, j'écrase mon mégot que je fais disparaitre puis je me dirige vers le Sisyphe, les pensées emmêlées, la tête en vrac et le coeur en morceaux.
Est-ce que je suis morte à tes yeux ?
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1041 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage