Règle n°1 : je ne l'aimerai pas
Samedi 21 janvier 2051
Bibliothèque — matin
21 ans
Les faibles rayons du soleil se reflètent sur le large dôme au-dessus du hall d'entrée de l'Académie. Depuis le début de la journée, l'astre se bat avec les nuages pour laisser passer ses rayons qui réchauffent à peine les quelques étudiants qui osent braver le froid extérieur. La neige qui est tombée sans discontinuer la veille a laissé sur le sol une couverture blanche qui s'est durcie avec les températures négatives de la nuit. Ce matin, toute âme qui tente d'accéder au portail du domaine, que ce soit pour rentrer ou pour sortir, se voit confrontée aux plaques de glaces vicieuses qui s'étalent sur le chemin. La lumière qui se réverbère sur la neige et qui fait de fausses promesses d'un temps plus clément est mensongère, car les températures, en cette belle journée du 21 janvier, rougissent les extrémités et glacent tout ce qu'elles touchent.
Insensible à toutes ces considérations, c'est à peine si je jette un regard à l'extérieur. J'ai pourtant une vue de choix sur le parc qui borde l'avant de l'Académie et également, si je me tords suffisamment le cou, sur le portail qui étincelle sous le soleil, là-bas vers l'horizon. Mais ce matin comme tous les autres matins, la beauté de la nature ne m'intéresse pas et ne peut pas faire le poids face à mes ouvrages et tout le savoir qu'ils contiennent. Je suis en train d'avancer sur mon mémoire de recherche et je n'ai pas l'intention de me laisser distraire. La magie et ses milles nuances m'ont en entier pour elles seules et je ne me donnerai à rien d'autre tant que je n'aurais pas avancé sur mon programme de la journée. Le monde autour de moi peut bien vivre à son rythme, je ne lui accorde aucun regard.
Et le monde vit. La bibliothèque fourmille d'étudiants qui vont et qui viennent, bien moins nombreux qu'en semaine. Le hall voit passer certains d'entre eux en courant ou en riant, d'autres plus sérieux ou plus pressés, parfois des sortilèges fusent ou les portes d'entrée s'ouvrent et laissent rentrer un courant d'air glacial qui charrie la neige jusque sur le marbre qui recouvre le sol. À l'extérieur, au milieu des haies blanchies, des parterres vidés de leurs fleurs et des allers qui mènent au portail ou à l'arrière du domaine, trônent des bonhommes de neige fièrement battis par des étudiants retournés en enfance. Certains sont aussi immobiles que le tronc des arbres. D'autres sont enchantés et font rire ceux qui les aperçoivent : il y a ce bonhomme de neige qui attrape sa tête de ses bras de branche, qui la fait tournoyer au-dessus de lui avant de la remettre en place ; ou celui-là, tout près du portail, dont les trois grosses boules qui le composent rebondissent les une sur les autres sans s'arrêter, la tête du bonhomme volant haut dans les airs, très haut, avant de retomber doucement en montrant à l'extérieur du domaine son maladroit sourire fabriqué avec des branches tombées.
Devant le portail, peu de gens sont là pour regarder l’œuvre neigeuse. Les gardiens, évidemment, tiennent leur rôle. Il y a bien cette femme au visage marqué par l'âge, un grand sac dans les mains, qui attend que sa fille vienne chercher son paquet. Transie par le froid, elle frappe des pieds sur la neige, l'impatience s'écrivant sur ses traits. Et il y a cette grappe d'étudiants qui discutent sous les arbres, des cigarettes à la main, comme si le froid n'était rien pour eux, comme s'ils ne le ressentaient pas.
De ma petite table à la bibliothèque, je ne vois rien de tout cela. J'écris patiemment sur mon parchemin. La température est parfaite, je n'ai pas froid au bout des mains ni aux pieds.. Je suis bien, je travaille sur le projet qui me vaudra une note très satisfaisante en fin d'année même si je ne le sais pas encore. Je suis loin de toutes les pensées qui ont pu m'agiter ces dernières semaines. Engluée dans ma concentration, je n'imagine pas que ces pensées bientôt reviendront toquer à la porte de ma conscience, quand se rappellera à moi une vieille connaissance qui a décidé qu'elle bouleverserait ma vie.
Bibliothèque — matin
21 ans
Les faibles rayons du soleil se reflètent sur le large dôme au-dessus du hall d'entrée de l'Académie. Depuis le début de la journée, l'astre se bat avec les nuages pour laisser passer ses rayons qui réchauffent à peine les quelques étudiants qui osent braver le froid extérieur. La neige qui est tombée sans discontinuer la veille a laissé sur le sol une couverture blanche qui s'est durcie avec les températures négatives de la nuit. Ce matin, toute âme qui tente d'accéder au portail du domaine, que ce soit pour rentrer ou pour sortir, se voit confrontée aux plaques de glaces vicieuses qui s'étalent sur le chemin. La lumière qui se réverbère sur la neige et qui fait de fausses promesses d'un temps plus clément est mensongère, car les températures, en cette belle journée du 21 janvier, rougissent les extrémités et glacent tout ce qu'elles touchent.
Insensible à toutes ces considérations, c'est à peine si je jette un regard à l'extérieur. J'ai pourtant une vue de choix sur le parc qui borde l'avant de l'Académie et également, si je me tords suffisamment le cou, sur le portail qui étincelle sous le soleil, là-bas vers l'horizon. Mais ce matin comme tous les autres matins, la beauté de la nature ne m'intéresse pas et ne peut pas faire le poids face à mes ouvrages et tout le savoir qu'ils contiennent. Je suis en train d'avancer sur mon mémoire de recherche et je n'ai pas l'intention de me laisser distraire. La magie et ses milles nuances m'ont en entier pour elles seules et je ne me donnerai à rien d'autre tant que je n'aurais pas avancé sur mon programme de la journée. Le monde autour de moi peut bien vivre à son rythme, je ne lui accorde aucun regard.
Et le monde vit. La bibliothèque fourmille d'étudiants qui vont et qui viennent, bien moins nombreux qu'en semaine. Le hall voit passer certains d'entre eux en courant ou en riant, d'autres plus sérieux ou plus pressés, parfois des sortilèges fusent ou les portes d'entrée s'ouvrent et laissent rentrer un courant d'air glacial qui charrie la neige jusque sur le marbre qui recouvre le sol. À l'extérieur, au milieu des haies blanchies, des parterres vidés de leurs fleurs et des allers qui mènent au portail ou à l'arrière du domaine, trônent des bonhommes de neige fièrement battis par des étudiants retournés en enfance. Certains sont aussi immobiles que le tronc des arbres. D'autres sont enchantés et font rire ceux qui les aperçoivent : il y a ce bonhomme de neige qui attrape sa tête de ses bras de branche, qui la fait tournoyer au-dessus de lui avant de la remettre en place ; ou celui-là, tout près du portail, dont les trois grosses boules qui le composent rebondissent les une sur les autres sans s'arrêter, la tête du bonhomme volant haut dans les airs, très haut, avant de retomber doucement en montrant à l'extérieur du domaine son maladroit sourire fabriqué avec des branches tombées.
Devant le portail, peu de gens sont là pour regarder l’œuvre neigeuse. Les gardiens, évidemment, tiennent leur rôle. Il y a bien cette femme au visage marqué par l'âge, un grand sac dans les mains, qui attend que sa fille vienne chercher son paquet. Transie par le froid, elle frappe des pieds sur la neige, l'impatience s'écrivant sur ses traits. Et il y a cette grappe d'étudiants qui discutent sous les arbres, des cigarettes à la main, comme si le froid n'était rien pour eux, comme s'ils ne le ressentaient pas.
De ma petite table à la bibliothèque, je ne vois rien de tout cela. J'écris patiemment sur mon parchemin. La température est parfaite, je n'ai pas froid au bout des mains ni aux pieds.. Je suis bien, je travaille sur le projet qui me vaudra une note très satisfaisante en fin d'année même si je ne le sais pas encore. Je suis loin de toutes les pensées qui ont pu m'agiter ces dernières semaines. Engluée dans ma concentration, je n'imagine pas que ces pensées bientôt reviendront toquer à la porte de ma conscience, quand se rappellera à moi une vieille connaissance qui a décidé qu'elle bouleverserait ma vie.
Règle n°1 : je ne l'aimerai pas
Elle lui avait laissé du temps. Pour une fois, elle avait senti que respecter la demande de son aînée était plus important que d'insister, mais quand même ! Est-ce que la jeune femme comptait attendre jusqu'à la majorité d'Eden pour daigner lui offrir sa réponse ? Malheureusement, attendre était sûrement le seul choix qu'elle avait de son côté, le seul qui ne braquerait pas la jeune femme. Éli savait que, peu importe l'intensité de son impatience et quoi qu'elle décide de faire, elle n'avait pas la main ; cette décision n'appartenait qu'à Aelle. Et puis son ancienne camarade faisait des études supérieures, elle était peut-être juste très prise dans le tumulte de ses cours, ou par tout autre chose qui retenait son attention. Durant le mois qui s'était écoulé, toutes les excuses possibles y étaient passées pour garder l'espoir, mais la jeune mère était arrivée à bout d'hypothèses. Elle avait respecté les termes du contrat de son ainée, et résultat ? Elle n'avait rien obtenu du tout. Il fallait que ça bouge là ! Oh et puis merde ! Abandonnant ses bonnes résolutions, Éli décida de jouer avec ses propres règles à partir de maintenant. Elle ne pouvait attendre sagement plus longtemps ; si Bristyle ne venait pas à Willis, c'est Willis qui viendrait à Bristyle ! Son ex-camarade étudiait à l'Académie d'Enchantements, Sortilèges et Métamorphose, c'est donc là qu'Éli irait.
Enfin arrivée devant cet immense portail, plus d'un mois après leur dernière rencontre, Éli, déterminée, s'était promis qu'elle ne rentrerait pas à La Ruche sans avoir eu une ultime discussion avec sa camarade. Peu importe ce qu'elle devrait faire pour ça, cette fois, elle ne laisserait plus le choix à Aelle de fuir sa question. Contrairement à leur dernière conversation, la jeune mère était seule aujourd'hui, elle avait laissé Eden bien au chaud à la maison. La Poufsouffle avait réfléchi plusieurs nuits à la meilleure stratégie pour atteindre l'objectif sans tout saboter : prendre la petite ou non ? Elle avait bien vu que la présence d'Eden avait sensiblement changé, si ce n'est déstabilisé légèrement son ancienne camarade la dernière fois, pourtant elle avait fini par renoncer à venir avec elle. Si la météo capricieuse l'avait aidée à trancher, le plus gros problème avec Eden restait d'approcher Aelle dans son école discrètement. Éli n'avait déjà rien à faire à l'intérieur ; alors espérer y entrer avec un bébé, sans attirer l'attention des gardes qui sécurisaient l'entrée de l'institut était complètement utopique. Il lui faudrait élaborer un plan sur place, et sa fille ne pouvait clairement pas en faire partie. Un peu d'imagination et de débrouillardise, c'est tout ce qu'elle avait comme cartes, toute sa concentration était donc requise.
Frappant ses mains l'une contre l'autre pour tenter de les réchauffer, la jeune mère ouvrit la bouche d'émerveillement en arrivant devant l'école. Impressionnée par les lieux qui s'offraient à elle, elle manqua de glisser sur une plaque de verglas qui semblait n'être là que pour corser un peu plus sa mission du jour. Se rattrapant de justesse, le cœur battant un peu trop fort, Éli plaqua machinalement ses mains sur son ventre pour protéger son enfant d'une chute potentiellement douloureuse. Soulagée de ne pas trouver le corps d'Eden sous ses doigts, la jeune fille respira de nouveau tout en reprenant contenance et équilibre en s'accrochant à la grille ouverte du portail. Laisser sa fille à Rem était définitivement un choix plus raisonnable.
Figeant ensuite son regard sur les acrobaties improbables d'un bonhomme de neige enchanté non loin, Éli tout sourire en oublia presque la raison de sa visite. Entrer et explorer cet endroit sublime et intrigant, voilà ce qu'elle avait envie de faire à cet instant. Peu importe ou Aelle se trouvait, la jeune femme avait momentanément perdu sa place en tête des priorités de la Poufsouffle. Le froid lui mordait les joues, elle avait le bout du nez complètement gelé, mais heureusement son esprit, lui, n'était pas assez frigorifié pour se faire berner plus longtemps par la magie du lieu. Reprenant rapidement son listing mental, Éli fit l'inventaire de son environnement de façon bien plus stratégique. Il n'y avait que quelques personnes dehors, bravant les températures, et évidemment Aelle n'en faisait pas partie. L'inverse aurait été beaucoup trop facile pour être vrai. Tant pis, la jeune mère allait devoir faire avec. Les gardiens n'étaient sûrement pas le meilleur choix pour atteindre la cible, ils ne s'embêteraient pas à quitter leur poste pour devenir coursier ponctuel d'une jeune élève qui n'était même pas dans leurs rangs. Inutile de demander. Scrutant un peu encore les extérieurs, Éli observa une sorcière non loin qui semblait chercher elle aussi quelqu'un. Apriori elle ne lui serait pas d'une grande aide non plus.
Durant une fraction de seconde, la poufsouffle hésita...
Se faire remarquer par un coup d'éclat digne de son passé à Poudlard serait peut-être une idée à considérer. Si éventuellement... Simple hypothèse...Si elle déclenchait un énorme chaos assourdissant devant l'institut...Combien de temps mettraient les étudiants pour être informés de sa présence, et sortir voir qu'elle était la source perturbatrice de leur travail studieux ? Est ce qu'elle apercevrait alors dans le lot de regards réprobateurs une paire d'yeux encore plus noir et jugeant que les autres avant de se faire arrêter par l'encadrement ? Non !!! Et quand bien même la diversion fonctionnerait, Aelle ne lui laisserait sûrement pas le droit à la parole après un esclandre pareil. Il fallait un plan plus simple, et plus discret, du genre à la faire venir sans qu'elle ne sache pourquoi précisément, mais l'intriguer assez pour qu'elle se déplace malgré tout. Il fallait qu'elle agisse intelligemment. Si Aelle n'avait pas complètement changé sa personnalité et son attitude, alors elle ne devait pas être une inconnue pour les autres ici. Elle avait sûrement dû pétrifier quelques dizaines d'étudiants de son regard assassin, ou les impressionner par son niveau scolaire impressionnant, au choix. Dans les deux cas, Éli trouverait bien quelqu'un la connaissant de vue, capable de lui transmettre un message.
Par chance, quelques étudiants fumaient près d'un arbre dans le parc, et même s'ils étaient un peu loin de l'entrée devant laquelle se trouvait la jeune mère actuellement, ce petit groupe semblait être sa meilleure option. Frappant une nouvelle fois dans ses mains, Éli devait se retenir avec force de lancer un Sonorus sur sa gorge pour se faire entendre plus facilement, mais elle n'était pas majeure, et lancer des sorts en pleine rue à son âge comportait un risque avec sanction quasi-certaine. Gâcher ses efforts de comportement juste par flemme était une décision stupide qu'elle ne prendrait pas aujourd'hui. Tant pis pour la magie, et la dignité. Se raclant la gorge bruyamment, Éli hurla ses mots pour faire cesser directement la conversation des étudiants, et attirer toute l'attention vers elle.
- HEY !!! VOUS....S'IL VOUS PLAÎT, A COTE DE L'ARBRE...C'EST MEGA MEGA URGENT ! IL FAUT QU'JE PARLE A UNE ÉLÈVE D'ICI ABSOLUMENT... SI J'ARRIVE PAS À LUI DIRE....JE NE SAIS PAS COMMENT.... ÇA POURRAIT MAL... VOUS POUVEZ ALLER LA CHERCHER ? AELLE BRITSTYLE...ELLE S'APPELLE AELLE BRISTYLE....ELLE EST EN 2EME ANNÉE...J'SUIS DÉSOLE DE VOUS DEMANDER ÇA, MAIS C'EST VRAIMENT VRAIMENT IMPORTANT....IL FAUT QU'ELLE VIENNE VITE...C'EST... LA FAMILLE.... S'IL VOUS PLAÎT... Lançant quelques signes de main affolée pour accentuer ses mots tout en fixant le groupe d'étudiants en y mettant toute l'émotion larmoyante dont elle était capable, la jeune fille espérait que l'un d'entre eux décide de prendre sa requête au sérieux.
@Aelle Bristyle
Enfin arrivée devant cet immense portail, plus d'un mois après leur dernière rencontre, Éli, déterminée, s'était promis qu'elle ne rentrerait pas à La Ruche sans avoir eu une ultime discussion avec sa camarade. Peu importe ce qu'elle devrait faire pour ça, cette fois, elle ne laisserait plus le choix à Aelle de fuir sa question. Contrairement à leur dernière conversation, la jeune mère était seule aujourd'hui, elle avait laissé Eden bien au chaud à la maison. La Poufsouffle avait réfléchi plusieurs nuits à la meilleure stratégie pour atteindre l'objectif sans tout saboter : prendre la petite ou non ? Elle avait bien vu que la présence d'Eden avait sensiblement changé, si ce n'est déstabilisé légèrement son ancienne camarade la dernière fois, pourtant elle avait fini par renoncer à venir avec elle. Si la météo capricieuse l'avait aidée à trancher, le plus gros problème avec Eden restait d'approcher Aelle dans son école discrètement. Éli n'avait déjà rien à faire à l'intérieur ; alors espérer y entrer avec un bébé, sans attirer l'attention des gardes qui sécurisaient l'entrée de l'institut était complètement utopique. Il lui faudrait élaborer un plan sur place, et sa fille ne pouvait clairement pas en faire partie. Un peu d'imagination et de débrouillardise, c'est tout ce qu'elle avait comme cartes, toute sa concentration était donc requise.
Frappant ses mains l'une contre l'autre pour tenter de les réchauffer, la jeune mère ouvrit la bouche d'émerveillement en arrivant devant l'école. Impressionnée par les lieux qui s'offraient à elle, elle manqua de glisser sur une plaque de verglas qui semblait n'être là que pour corser un peu plus sa mission du jour. Se rattrapant de justesse, le cœur battant un peu trop fort, Éli plaqua machinalement ses mains sur son ventre pour protéger son enfant d'une chute potentiellement douloureuse. Soulagée de ne pas trouver le corps d'Eden sous ses doigts, la jeune fille respira de nouveau tout en reprenant contenance et équilibre en s'accrochant à la grille ouverte du portail. Laisser sa fille à Rem était définitivement un choix plus raisonnable.
Figeant ensuite son regard sur les acrobaties improbables d'un bonhomme de neige enchanté non loin, Éli tout sourire en oublia presque la raison de sa visite. Entrer et explorer cet endroit sublime et intrigant, voilà ce qu'elle avait envie de faire à cet instant. Peu importe ou Aelle se trouvait, la jeune femme avait momentanément perdu sa place en tête des priorités de la Poufsouffle. Le froid lui mordait les joues, elle avait le bout du nez complètement gelé, mais heureusement son esprit, lui, n'était pas assez frigorifié pour se faire berner plus longtemps par la magie du lieu. Reprenant rapidement son listing mental, Éli fit l'inventaire de son environnement de façon bien plus stratégique. Il n'y avait que quelques personnes dehors, bravant les températures, et évidemment Aelle n'en faisait pas partie. L'inverse aurait été beaucoup trop facile pour être vrai. Tant pis, la jeune mère allait devoir faire avec. Les gardiens n'étaient sûrement pas le meilleur choix pour atteindre la cible, ils ne s'embêteraient pas à quitter leur poste pour devenir coursier ponctuel d'une jeune élève qui n'était même pas dans leurs rangs. Inutile de demander. Scrutant un peu encore les extérieurs, Éli observa une sorcière non loin qui semblait chercher elle aussi quelqu'un. Apriori elle ne lui serait pas d'une grande aide non plus.
Durant une fraction de seconde, la poufsouffle hésita...
Se faire remarquer par un coup d'éclat digne de son passé à Poudlard serait peut-être une idée à considérer. Si éventuellement... Simple hypothèse...Si elle déclenchait un énorme chaos assourdissant devant l'institut...Combien de temps mettraient les étudiants pour être informés de sa présence, et sortir voir qu'elle était la source perturbatrice de leur travail studieux ? Est ce qu'elle apercevrait alors dans le lot de regards réprobateurs une paire d'yeux encore plus noir et jugeant que les autres avant de se faire arrêter par l'encadrement ? Non !!! Et quand bien même la diversion fonctionnerait, Aelle ne lui laisserait sûrement pas le droit à la parole après un esclandre pareil. Il fallait un plan plus simple, et plus discret, du genre à la faire venir sans qu'elle ne sache pourquoi précisément, mais l'intriguer assez pour qu'elle se déplace malgré tout. Il fallait qu'elle agisse intelligemment. Si Aelle n'avait pas complètement changé sa personnalité et son attitude, alors elle ne devait pas être une inconnue pour les autres ici. Elle avait sûrement dû pétrifier quelques dizaines d'étudiants de son regard assassin, ou les impressionner par son niveau scolaire impressionnant, au choix. Dans les deux cas, Éli trouverait bien quelqu'un la connaissant de vue, capable de lui transmettre un message.
Par chance, quelques étudiants fumaient près d'un arbre dans le parc, et même s'ils étaient un peu loin de l'entrée devant laquelle se trouvait la jeune mère actuellement, ce petit groupe semblait être sa meilleure option. Frappant une nouvelle fois dans ses mains, Éli devait se retenir avec force de lancer un Sonorus sur sa gorge pour se faire entendre plus facilement, mais elle n'était pas majeure, et lancer des sorts en pleine rue à son âge comportait un risque avec sanction quasi-certaine. Gâcher ses efforts de comportement juste par flemme était une décision stupide qu'elle ne prendrait pas aujourd'hui. Tant pis pour la magie, et la dignité. Se raclant la gorge bruyamment, Éli hurla ses mots pour faire cesser directement la conversation des étudiants, et attirer toute l'attention vers elle.
- HEY !!! VOUS....S'IL VOUS PLAÎT, A COTE DE L'ARBRE...C'EST MEGA MEGA URGENT ! IL FAUT QU'JE PARLE A UNE ÉLÈVE D'ICI ABSOLUMENT... SI J'ARRIVE PAS À LUI DIRE....JE NE SAIS PAS COMMENT.... ÇA POURRAIT MAL... VOUS POUVEZ ALLER LA CHERCHER ? AELLE BRITSTYLE...ELLE S'APPELLE AELLE BRISTYLE....ELLE EST EN 2EME ANNÉE...J'SUIS DÉSOLE DE VOUS DEMANDER ÇA, MAIS C'EST VRAIMENT VRAIMENT IMPORTANT....IL FAUT QU'ELLE VIENNE VITE...C'EST... LA FAMILLE.... S'IL VOUS PLAÎT... Lançant quelques signes de main affolée pour accentuer ses mots tout en fixant le groupe d'étudiants en y mettant toute l'émotion larmoyante dont elle était capable, la jeune fille espérait que l'un d'entre eux décide de prendre sa requête au sérieux.
@Aelle Bristyle
❧ 6 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso ☙ - Héritiere de Panoramix
Règle n°1 : je ne l'aimerai pas
« Elle est pas censée être à Poudlard, elle ? Sérieux, on dirait qu'elle a treize ans...
— On l'ignore ?
— Les mecs, ça se fait pas de juste l'ignorer, elle a l'air en panique, un peu. Non ?
— Puis c'est la fafa, vieux, on ignore pas quand c'est la fafa.
— Mais j'sais même pas de qui elle parle, là ! Aelle Bristyle ? C'est qui, ça ? On est pas des foutus pigeons.
— On dit hiboux. Et si, Bristyle, c'est la meuf en seconde année qui tire toujours la tronche. T'sais, avec le renard bleu.
— Mais non ? Celle qui fronce les sourcils ? Eh les mecs, eh, j'avoue, moi je la trouve pas mal.
— En même temps, vu tes goûts...
— Ta gueule, moi je vais y aller, je vais la chercher, ça m'fera une occas' pour lui parler. Vous pensez que c'est sa frangine ? Elle a fait le mur pour venir la voir ? Vas-y j'aurais jamais osé moi, elle gère.
— Tu peux pas dire qu'elle gère, Pharell, elle a treize ans, c'est irresponsable !
— Toi, t'es ennuyant à crever, de toute façon. Allez, vas-y, j'y vais. »
Le garçon tend le bras pour confier sa cigarette encore fumante à son ami. Il met ses mains en porte-voix et crie en direction de la gamine accrochée au portail :
« T'en fais pas, je vais la chercher ta frangine ! Je reviens ! »
Derrière lui, les garçons se mettent à rire en se lançant des regards en biais. Pharell se retourne pour leur faire un geste obscène puis se met à courir en direction du bâtiment, les mains dans les poches de sa cape qui bat contre ses jambes.
Le son de ma plume qui frotte contre le parchemin est à lui seul un univers entier qui m'alpague totalement. Le son, les mots qui filent sur le papier et dans mon esprit, la concentration totale, à peine dérangée par le froissement des pages des livres que les autres étudiants consultent ou par la rumeur des discussions au loin. Je pourrais rester ici des heures, à profiter de cette sérénité et de la certitude absolue que ce que je couche sur le parchemin est le reflet exact de mon intelligence. Il n'y a rien de plus satisfaisant que de se savoir c...
« Salut, Brisyle, » m'interrompt soudain une voix grave, derrière moi.
Je me retourne d'un bloc et je tombe sur un visage qui m'est totalement inconnu. Un homme, grand, engoncé dans un longue cape violette, un bonnet enfoncé jusqu'aux yeux et un sourire qui n'a rien à faire là. Il se penche légèrement, comme pour regarder par-dessus mon épaule.
« Elle est jolie, ton écriture, » commente-t-il d'une drôle de voix en ramenant ses yeux sur moi.
Je l'observe, interdite. Qu'est-ce qu'il me veut ? Il continue de me sourire. D'un long doigt ébène, il désigne mon parchemin.
« T'avais l'air super concentrée. Tu sais que tu es très belle quand tu es conc...
— Tu veux quoi ? »
J'ai le bonheur de voir son sourire diminuer, même s'il ne disparaît pas. Il récupère son doigt et enfonce sa main dans sa poche. Il hausse les épaules. Je fronce les sourcils. Son sourire s'agrandit de nouveau.
« Je suis venu te dire qu'on t'attend au portail.
— Qui ?
— J'en sais rien, moi. Ta frangine ? Elle a l'air super stressée, tu devrais te dépêcher.
— J'ai pas de sœur, » je réplique en me retournant vers la table.
J'espère qu'il comprendra que c'est une invitation à me laisser tranquille. Mais non. Le grand type fait le tour de la table pour rester dans mon champ de vision. Il ose même s'appuyer sur la table, ses grandes mains entre mes parchemins et mes livres. Ses yeux quittent brièvement mon visage pour regarder vers Zikomo.
« Reste qu'elle t'attend au portail. Une jeune fille, peut-être treize ans, quelque chose comme ça ? Elle nous a demandé à mes potes et moi de venir te chercher. Je me suis désigné pour te faire passer le message, fanfaronne-t-il en se redressant. C'était l'occasion de te parler, tu vois. C'est que t'es plutôt charmante et...
— C'est bon, le message est passé.
— ...ce serait cool qu'on aille boire un verre, toi et moi. »
Je relève vers lui les yeux que j'avais baissés sur mon parchemin. Il est sérieux, là ? J'observe son grand sourire, ses yeux brillants, son bonnet ridicule, son attitude ; ah ça, on ne peut pas dire qu'il n'est pas sûr de lui. Je réfléchis seulement quelques secondes à l'idiotie dont il fait preuve avant de tourner les yeux vers la fenêtre par laquelle on aperçoit le portail, au loin. Beaucoup trop loin pour reconnaître qui que ce soit. Une gamine de treize ans ? Je connais personne de cet âge qui voudrait vouloir à faire avec moi. Dois-je l'ignorer ou aller voir de qui il s'agit ? C'est que j'avais comme projet de terminer ce parchemin et... Zikomo monte d'un bond sur mon épaule.
« C'est la jeune Willis, » murmure-t-il.
Sa vision est bien meilleure que la mienne, ai-je le temps de constater avant que mon cœur s'envole dans ma poitrine avant de retomber en chute libre et d'exploser violemment. J'aspire une goulée d'air qui n'arrange rien à la surprise qui irise mes nerfs. Willis. Mon cœur se met à battre rapidement. Je n'avais pas du tout prévu ça. Pourquoi vient-elle si ce n'était pas prévu ? En même temps, on ne peut pas dire que ce soit le genre de fille qui prévoit ses rendez-vous, elle se pointe toujours à l'improviste, comme un putain de mal de dents.
« Alors, ça te tente, hein ? »
J'ai commencé à ranger mes affaires sans même en prendre conscience. Je n'accorde qu'un regard au garçon qui reste bloqué là à me regarder.
« Non, » dis-je en dégainant ma baguette.
Les parchemins s'enroulent sur eux-mêmes, les livres repartent se ranger dans les rayons, les pots d'encre se ferment, et l'étudiant reste là à me regarder comme s'il m'avait poussé des cornes.
« Allez, Bristyle, juste un verre pour que je te montre que je suis un gars qui en vaut la peine.
— Tous les verres du monde n'y suffiront pas, marmonné-je en attrapant mon sac désormais rempli, bouge. »
Mais je n'attends pas qu'il bouge. Je le bouscule pour pouvoir m'enfoncer dans le rayon le plus proche.
« Juste un verre, Bristyle ! » lance-t-il dans mon dos.
Je file sans attendre, sans lui répondre, d'ailleurs. Une part de moi a envie de prendre la direction des dortoirs et de m'y enfermer, tout simplement. Ignorer Willis et attendre qu'elle m'envoie un courrier pour lui dire : « j'ai décidé que je n'en avais rien à faire de ta proposition, au revoir ». Mais voilà, je prends la direction du portail, car je n'en ai pas rien à foutre de sa fichue proposition.
Mon humeur s'est drastiquement assombrie, ce qui est dommage quand on pense que la journée avait si bien commencé. C'est avec les sourcils froncés que j'affronte le froid extérieur. Un violent frisson me secoue : je ne suis absolument pas habillée pour affronter l'extérieur. Je rentre ma tête dans mes épaules et enfonce mes mains dans mes poches. Je grommelle un juron particulièrement vulgaire en hâtant le pas pour rejoindre plus vite le portail. J'essaie de réfléchir, de penser à ce que je vais lui dire, mais en réalité, j'ai le cerveau complètement vide. Il n'y a que mon cœur qui bat. Ce fichu cœur.
J'approche du portail. Un groupe de gars est tassé près d'un arbre. Je tourne à peine les yeux vers eux mais je sens qu'ils me suivent du regard. Sûrement à cause de Zikomo. Moi, je suis concentrée sur le portail. Car là-bas, près des barreaux, je remarque une silhouette que je reconnais. Il est con ou quoi, elle a pas l'air d'avoir treize ans, pourtant. S'il savait qu'elle était mère... Je suis rassurée de ne remarquer aucune forme sur le devant de son corps : elle n'a pas pris sa gamine.
Je me faufile par le portail, après un signe de tête en direction des gardiens.
« Willis, je la salue avant même d'être arrivée jusqu'à elle, tu sais plus comment on utilise un hibou ou quoi ? »
C'est hyper long, pardon ! Je me suis un peu emballée, je crois, ton texte m'a inspiré !
— On l'ignore ?
— Les mecs, ça se fait pas de juste l'ignorer, elle a l'air en panique, un peu. Non ?
— Puis c'est la fafa, vieux, on ignore pas quand c'est la fafa.
— Mais j'sais même pas de qui elle parle, là ! Aelle Bristyle ? C'est qui, ça ? On est pas des foutus pigeons.
— On dit hiboux. Et si, Bristyle, c'est la meuf en seconde année qui tire toujours la tronche. T'sais, avec le renard bleu.
— Mais non ? Celle qui fronce les sourcils ? Eh les mecs, eh, j'avoue, moi je la trouve pas mal.
— En même temps, vu tes goûts...
— Ta gueule, moi je vais y aller, je vais la chercher, ça m'fera une occas' pour lui parler. Vous pensez que c'est sa frangine ? Elle a fait le mur pour venir la voir ? Vas-y j'aurais jamais osé moi, elle gère.
— Tu peux pas dire qu'elle gère, Pharell, elle a treize ans, c'est irresponsable !
— Toi, t'es ennuyant à crever, de toute façon. Allez, vas-y, j'y vais. »
Le garçon tend le bras pour confier sa cigarette encore fumante à son ami. Il met ses mains en porte-voix et crie en direction de la gamine accrochée au portail :
« T'en fais pas, je vais la chercher ta frangine ! Je reviens ! »
Derrière lui, les garçons se mettent à rire en se lançant des regards en biais. Pharell se retourne pour leur faire un geste obscène puis se met à courir en direction du bâtiment, les mains dans les poches de sa cape qui bat contre ses jambes.
*
Le son de ma plume qui frotte contre le parchemin est à lui seul un univers entier qui m'alpague totalement. Le son, les mots qui filent sur le papier et dans mon esprit, la concentration totale, à peine dérangée par le froissement des pages des livres que les autres étudiants consultent ou par la rumeur des discussions au loin. Je pourrais rester ici des heures, à profiter de cette sérénité et de la certitude absolue que ce que je couche sur le parchemin est le reflet exact de mon intelligence. Il n'y a rien de plus satisfaisant que de se savoir c...
« Salut, Brisyle, » m'interrompt soudain une voix grave, derrière moi.
Je me retourne d'un bloc et je tombe sur un visage qui m'est totalement inconnu. Un homme, grand, engoncé dans un longue cape violette, un bonnet enfoncé jusqu'aux yeux et un sourire qui n'a rien à faire là. Il se penche légèrement, comme pour regarder par-dessus mon épaule.
« Elle est jolie, ton écriture, » commente-t-il d'une drôle de voix en ramenant ses yeux sur moi.
Je l'observe, interdite. Qu'est-ce qu'il me veut ? Il continue de me sourire. D'un long doigt ébène, il désigne mon parchemin.
« T'avais l'air super concentrée. Tu sais que tu es très belle quand tu es conc...
— Tu veux quoi ? »
J'ai le bonheur de voir son sourire diminuer, même s'il ne disparaît pas. Il récupère son doigt et enfonce sa main dans sa poche. Il hausse les épaules. Je fronce les sourcils. Son sourire s'agrandit de nouveau.
« Je suis venu te dire qu'on t'attend au portail.
— Qui ?
— J'en sais rien, moi. Ta frangine ? Elle a l'air super stressée, tu devrais te dépêcher.
— J'ai pas de sœur, » je réplique en me retournant vers la table.
J'espère qu'il comprendra que c'est une invitation à me laisser tranquille. Mais non. Le grand type fait le tour de la table pour rester dans mon champ de vision. Il ose même s'appuyer sur la table, ses grandes mains entre mes parchemins et mes livres. Ses yeux quittent brièvement mon visage pour regarder vers Zikomo.
« Reste qu'elle t'attend au portail. Une jeune fille, peut-être treize ans, quelque chose comme ça ? Elle nous a demandé à mes potes et moi de venir te chercher. Je me suis désigné pour te faire passer le message, fanfaronne-t-il en se redressant. C'était l'occasion de te parler, tu vois. C'est que t'es plutôt charmante et...
— C'est bon, le message est passé.
— ...ce serait cool qu'on aille boire un verre, toi et moi. »
Je relève vers lui les yeux que j'avais baissés sur mon parchemin. Il est sérieux, là ? J'observe son grand sourire, ses yeux brillants, son bonnet ridicule, son attitude ; ah ça, on ne peut pas dire qu'il n'est pas sûr de lui. Je réfléchis seulement quelques secondes à l'idiotie dont il fait preuve avant de tourner les yeux vers la fenêtre par laquelle on aperçoit le portail, au loin. Beaucoup trop loin pour reconnaître qui que ce soit. Une gamine de treize ans ? Je connais personne de cet âge qui voudrait vouloir à faire avec moi. Dois-je l'ignorer ou aller voir de qui il s'agit ? C'est que j'avais comme projet de terminer ce parchemin et... Zikomo monte d'un bond sur mon épaule.
« C'est la jeune Willis, » murmure-t-il.
Sa vision est bien meilleure que la mienne, ai-je le temps de constater avant que mon cœur s'envole dans ma poitrine avant de retomber en chute libre et d'exploser violemment. J'aspire une goulée d'air qui n'arrange rien à la surprise qui irise mes nerfs. Willis. Mon cœur se met à battre rapidement. Je n'avais pas du tout prévu ça. Pourquoi vient-elle si ce n'était pas prévu ? En même temps, on ne peut pas dire que ce soit le genre de fille qui prévoit ses rendez-vous, elle se pointe toujours à l'improviste, comme un putain de mal de dents.
« Alors, ça te tente, hein ? »
J'ai commencé à ranger mes affaires sans même en prendre conscience. Je n'accorde qu'un regard au garçon qui reste bloqué là à me regarder.
« Non, » dis-je en dégainant ma baguette.
Les parchemins s'enroulent sur eux-mêmes, les livres repartent se ranger dans les rayons, les pots d'encre se ferment, et l'étudiant reste là à me regarder comme s'il m'avait poussé des cornes.
« Allez, Bristyle, juste un verre pour que je te montre que je suis un gars qui en vaut la peine.
— Tous les verres du monde n'y suffiront pas, marmonné-je en attrapant mon sac désormais rempli, bouge. »
Mais je n'attends pas qu'il bouge. Je le bouscule pour pouvoir m'enfoncer dans le rayon le plus proche.
« Juste un verre, Bristyle ! » lance-t-il dans mon dos.
Je file sans attendre, sans lui répondre, d'ailleurs. Une part de moi a envie de prendre la direction des dortoirs et de m'y enfermer, tout simplement. Ignorer Willis et attendre qu'elle m'envoie un courrier pour lui dire : « j'ai décidé que je n'en avais rien à faire de ta proposition, au revoir ». Mais voilà, je prends la direction du portail, car je n'en ai pas rien à foutre de sa fichue proposition.
Mon humeur s'est drastiquement assombrie, ce qui est dommage quand on pense que la journée avait si bien commencé. C'est avec les sourcils froncés que j'affronte le froid extérieur. Un violent frisson me secoue : je ne suis absolument pas habillée pour affronter l'extérieur. Je rentre ma tête dans mes épaules et enfonce mes mains dans mes poches. Je grommelle un juron particulièrement vulgaire en hâtant le pas pour rejoindre plus vite le portail. J'essaie de réfléchir, de penser à ce que je vais lui dire, mais en réalité, j'ai le cerveau complètement vide. Il n'y a que mon cœur qui bat. Ce fichu cœur.
J'approche du portail. Un groupe de gars est tassé près d'un arbre. Je tourne à peine les yeux vers eux mais je sens qu'ils me suivent du regard. Sûrement à cause de Zikomo. Moi, je suis concentrée sur le portail. Car là-bas, près des barreaux, je remarque une silhouette que je reconnais. Il est con ou quoi, elle a pas l'air d'avoir treize ans, pourtant. S'il savait qu'elle était mère... Je suis rassurée de ne remarquer aucune forme sur le devant de son corps : elle n'a pas pris sa gamine.
Je me faufile par le portail, après un signe de tête en direction des gardiens.
« Willis, je la salue avant même d'être arrivée jusqu'à elle, tu sais plus comment on utilise un hibou ou quoi ? »
C'est hyper long, pardon ! Je me suis un peu emballée, je crois, ton texte m'a inspiré !
Règle n°1 : je ne l'aimerai pas
Il fallait absolument qu'ils la prennent au sérieux, elle n'avait pas d'autre plan. Malheureusement, le petit groupe d'étudiants n'avait pas l'air de réagir beaucoup à la mise en scène d'Éli. Continuant son drama pour ne pas se trahir, la jeune fille rageait intérieurement. Mais par Helga vous allez bouger votre cul de cet arbre au lieu de discuter de votre nombril de snob... ! Hé ho, il y a une jeune fille en détresse juste là devant vous ! Vous êtes aveugles ou quoi ? Espèces d'adolescents !
Se séparant temporairement de sa cigarette pour avoir une liberté de mouvement plus importante, les mains disposées autour de sa bouche comme pour aider les mots à s'envoler jusqu'à la Poufsouffle, l'un des garçons éleva finalement la voix après de longues secondes d'hésitation. Bingo ! Je te tiens toi ! Reboostée par cette victoire, Éli le remercia d'un signe de tête rempli d'une gratitude surjouée. En bonne actrice elle continua à maintenir son rôle jusqu'à ce qu'il s'engouffre dans le bâtiment, arrêtant sa comédie à l'instant même où la silhouette du plus âgé fut hors de portée. Elle s'en fichait pas mal que les autres comprennent son petit jeu maintenant ; le plan était en marche, elle ne gâcherait pas son énergie en simagrées inutiles plus longtemps. Les bras croisés sur sa poitrine, la posture soudainement bien plus assurée, le visage d'Éli reprit un air neutre effaçant toute trace de sa detresse précédente. Elle n'avait plus qu'à attendre, en espérant qu'Aelle ne renvoie pas le garçon d'où il venait sans même écouter son message. À la fois nerveuse, et impatiente de la discussion qui allait suivre, la jeune fille commença à faire des allers-retours devant le portail sans s'en rendre compte. C'était long... Trop long... Est-ce qu'Aelle faisait de la résistance ? Est-ce qu'elle allait se contenter d'ignorer cette jeune fille inconnue qui avait quelque chose de si important à lui dire qu'elle était venue le délivrer en personne ? À bien y réfléchir, son plan n'était peut-être pas si bon finalement. Il y avait beaucoup trop de variables, et même si la jeune femme se décidait à sortir, est-ce qu'elle serait disposée à lui parler une fois la supercherie mise à jour ? Est-ce que l'envahir sur SES terres, s'imposer là où jamais elle ne l'aurait invitée était une bonne idée ? La prendre sur le fait n'allait-il pas la braquer ? Après tout, si le garçon ne donnait pas toutes les infos à sa camarade, s'il n'avait pas cherché à en savoir plus, ce n'était pas de sa faute... Éli n'avait pas vraiment menti. À cette pensée, un petit sourire passa malgré elle sur ses lèvres. Bien sûr qu'elle savait la sournoiserie de sa démarche, mais peu importe : si elle ne tentait pas tout, elle le regretterait plus encore.
Si ça marche, surtout reste zen... Ne lui donne pas de quoi te battre. Tu es sûr de toi, tu sais ce que tu veux, tu n'as rien à prouver. Dès que la Poufsouffle aperçut enfin son ex, camarade au loin, son cœur se remit à battre de façon anarchique. La voir était à la fois effrayant, et reboostant. Après toute la réflexion et l attente qu'il y avait dernière son choix de marraine, d'une façon ou d'une autre Aelle métrait fin à tout ça aujourd'hui. De toute façon, elle ne repartirait pas sans réponse. Il le fallait...pour Eden.
La fraîcheur du jour avait l'air de glisser sur la jeune femme trop peu habillée pour la saison, pourtant même le vent glaçant paraissait n'être qu'une douce brise comparé à la froideur de son visage. Au plus les pas d'Aelle se rapprochaient, au plus les battements de cœur d'Éli semblaient désordonnés. Sans surprise, les premières paroles que l'étudiante lui envoya furent sèches et piquantes. Après la manœuvre qu'elle venait d'opérer pour la faire sortir, la jeune mère n'en espérait pas moins, ok, c'était peut-être légèrement mérité pour une fois. Consciente que ce ton sec et cassant lui avait presque manqué, Éli laissa un petit sourire étirer une fois de plus le coin de ses lèvres, avant de répliquer du tac au tac.
- Bonjour à toi aussi Bristyle. C'est drôle que tu parles de ça, justement j'avais peur que le tien se soit perdu en vol, comme j'ai pas reçu ta réponse. Le ton sarcastique de ses mots était évident, et non dissimulé, pourtant Éli changea de tactique dès sa deuxième phrase. L'attaque ne l'aiderait pas aujourd'hui, il fallait qu'elles discutent en adultes. Cherchant la compréhension plutôt que le conflit, elle posa la suite sur un ton bien plus neutre. Tu dois être débordée, du coup j'suis venu en personne pour t'éviter de gâcher ton temps précieux en paperasse. Les mains sur les hanches, le regard encré dans celui d'Aelle comme si rien ni personne autours ne pouvait assister à la scène, Éli laissa sa spontanéité de paroles s'imposer. C'est pas que j'm'emmerde ici à m'l'es geler en jouant la pauvre fille en détresse mais bon... maintenant qu't'es là, est ce qu'on peut arrêter de tourner autour des choses, et parler sérieusement ?
@Aelle Bristyle
Se séparant temporairement de sa cigarette pour avoir une liberté de mouvement plus importante, les mains disposées autour de sa bouche comme pour aider les mots à s'envoler jusqu'à la Poufsouffle, l'un des garçons éleva finalement la voix après de longues secondes d'hésitation. Bingo ! Je te tiens toi ! Reboostée par cette victoire, Éli le remercia d'un signe de tête rempli d'une gratitude surjouée. En bonne actrice elle continua à maintenir son rôle jusqu'à ce qu'il s'engouffre dans le bâtiment, arrêtant sa comédie à l'instant même où la silhouette du plus âgé fut hors de portée. Elle s'en fichait pas mal que les autres comprennent son petit jeu maintenant ; le plan était en marche, elle ne gâcherait pas son énergie en simagrées inutiles plus longtemps. Les bras croisés sur sa poitrine, la posture soudainement bien plus assurée, le visage d'Éli reprit un air neutre effaçant toute trace de sa detresse précédente. Elle n'avait plus qu'à attendre, en espérant qu'Aelle ne renvoie pas le garçon d'où il venait sans même écouter son message. À la fois nerveuse, et impatiente de la discussion qui allait suivre, la jeune fille commença à faire des allers-retours devant le portail sans s'en rendre compte. C'était long... Trop long... Est-ce qu'Aelle faisait de la résistance ? Est-ce qu'elle allait se contenter d'ignorer cette jeune fille inconnue qui avait quelque chose de si important à lui dire qu'elle était venue le délivrer en personne ? À bien y réfléchir, son plan n'était peut-être pas si bon finalement. Il y avait beaucoup trop de variables, et même si la jeune femme se décidait à sortir, est-ce qu'elle serait disposée à lui parler une fois la supercherie mise à jour ? Est-ce que l'envahir sur SES terres, s'imposer là où jamais elle ne l'aurait invitée était une bonne idée ? La prendre sur le fait n'allait-il pas la braquer ? Après tout, si le garçon ne donnait pas toutes les infos à sa camarade, s'il n'avait pas cherché à en savoir plus, ce n'était pas de sa faute... Éli n'avait pas vraiment menti. À cette pensée, un petit sourire passa malgré elle sur ses lèvres. Bien sûr qu'elle savait la sournoiserie de sa démarche, mais peu importe : si elle ne tentait pas tout, elle le regretterait plus encore.
Si ça marche, surtout reste zen... Ne lui donne pas de quoi te battre. Tu es sûr de toi, tu sais ce que tu veux, tu n'as rien à prouver. Dès que la Poufsouffle aperçut enfin son ex, camarade au loin, son cœur se remit à battre de façon anarchique. La voir était à la fois effrayant, et reboostant. Après toute la réflexion et l attente qu'il y avait dernière son choix de marraine, d'une façon ou d'une autre Aelle métrait fin à tout ça aujourd'hui. De toute façon, elle ne repartirait pas sans réponse. Il le fallait...pour Eden.
La fraîcheur du jour avait l'air de glisser sur la jeune femme trop peu habillée pour la saison, pourtant même le vent glaçant paraissait n'être qu'une douce brise comparé à la froideur de son visage. Au plus les pas d'Aelle se rapprochaient, au plus les battements de cœur d'Éli semblaient désordonnés. Sans surprise, les premières paroles que l'étudiante lui envoya furent sèches et piquantes. Après la manœuvre qu'elle venait d'opérer pour la faire sortir, la jeune mère n'en espérait pas moins, ok, c'était peut-être légèrement mérité pour une fois. Consciente que ce ton sec et cassant lui avait presque manqué, Éli laissa un petit sourire étirer une fois de plus le coin de ses lèvres, avant de répliquer du tac au tac.
- Bonjour à toi aussi Bristyle. C'est drôle que tu parles de ça, justement j'avais peur que le tien se soit perdu en vol, comme j'ai pas reçu ta réponse. Le ton sarcastique de ses mots était évident, et non dissimulé, pourtant Éli changea de tactique dès sa deuxième phrase. L'attaque ne l'aiderait pas aujourd'hui, il fallait qu'elles discutent en adultes. Cherchant la compréhension plutôt que le conflit, elle posa la suite sur un ton bien plus neutre. Tu dois être débordée, du coup j'suis venu en personne pour t'éviter de gâcher ton temps précieux en paperasse. Les mains sur les hanches, le regard encré dans celui d'Aelle comme si rien ni personne autours ne pouvait assister à la scène, Éli laissa sa spontanéité de paroles s'imposer. C'est pas que j'm'emmerde ici à m'l'es geler en jouant la pauvre fille en détresse mais bon... maintenant qu't'es là, est ce qu'on peut arrêter de tourner autour des choses, et parler sérieusement ?
@Aelle Bristyle
❧ 6 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso ☙ - Héritiere de Panoramix
Règle n°1 : je ne l'aimerai pas
J'avale dans un rire la vilaine réplique qui allait s'échapper de la barrière de mes lèvres. Elle est gonflée, Willis. Ça me rassure, ça m'agacerait qu'elle fasse des manières, à me parler correctement ou à se montrer gentille juste pour m'amadouer. Elle disait un peu moins de gros mots quand elle était à Poudlard. Peut-être que le fait d'être mère lui a fait apprendre de nouveaux mots. J'aurais envie de jurer, moi aussi, si je devais m'occuper constamment d'un petit être qui est incapable de faire quoi que ce soit par lui-même.
« C'est toi qui tourne autour du pot, Willis, à faire semblant de croire que j'allais t'envoyer un hibou. Toi et moi on sait très bien que j'avais aucune intention de le faire. »
Je l'avoue sans détour, sans honte et sans en rougir, mon regard braqué sur elle. Je ne vais pas lui mentir. Je n'ai jamais eu la moindre intention de lui écrire. Sa motivation allait la pousser à venir me trouver d'elle-même : si elle ne l'avait pas fait, la situation se serait résolue toute seule. Je savais qu'elle viendrait ; elle me l'a prouvé aujourd'hui. Peut-être bien que je l'espérais, d'ailleurs. Et maintenant, je suis devant elle et je n'ai pas la moindre idée de ce que je vais lui dire. Je n'ai pas la moindre idée de ce que je désire, en réalité. À part peut-être qu'on me foute la paix une bonne fois pour toute. Pourtant, j'ai pensé à cette histoire ces dernières semaines. J'en ai même discuté avec Narym, à Noël. Mais à aucun moment la décision m'est apparu clairement. Tout cela n'est qu'une grosse interrogation, mêlée de deux trois choses qui me laissent perplexe, notamment tout ce qui concerne ma bête envie d'accepter.
Je renifle tout en coinçant mes doigts sous mes aisselles. Si le froid n'était qu'une caresse désagréable lorsque je suis sortie de l'école, maintenant que je suis immobile c'est autre chose. Mes doigts de pied commencent déjà à se refroidir et mes mains sont rouges. Le froid semble durcir ma peau mais je n'en deviens pas pour autant insensible.
« On va parler, ouais, mais en marchant, je grommelle, parce que je me pèle le cul. »
Je fais quelques pas dans la neige et tourne la tête vers elle pour l'encourager à me suivre. Un chemin court normalement à travers les bois. Là, il est recouvert par la neige. Je ne vais que rarement de ce côté-là de la forêt : il est moins épais que l'autre côté, donc on est discernable plus facilement à travers les arbres. Mais je sais que le chemin s'étire pendant un moment dans les sous-bois et mène jusqu'à la plaine où se trouvent des villages moldus.
Je ne reprends pas la parole. J'attends qu'elle le fasse, elle. Juste pour voir si elle a changé d'avis. On sait jamais, hein ? Elle va peut-être me dire qu'elle a trouvé quelqu'un qui correspond mieux à ce dont elle a besoin.
« C'est toi qui tourne autour du pot, Willis, à faire semblant de croire que j'allais t'envoyer un hibou. Toi et moi on sait très bien que j'avais aucune intention de le faire. »
Je l'avoue sans détour, sans honte et sans en rougir, mon regard braqué sur elle. Je ne vais pas lui mentir. Je n'ai jamais eu la moindre intention de lui écrire. Sa motivation allait la pousser à venir me trouver d'elle-même : si elle ne l'avait pas fait, la situation se serait résolue toute seule. Je savais qu'elle viendrait ; elle me l'a prouvé aujourd'hui. Peut-être bien que je l'espérais, d'ailleurs. Et maintenant, je suis devant elle et je n'ai pas la moindre idée de ce que je vais lui dire. Je n'ai pas la moindre idée de ce que je désire, en réalité. À part peut-être qu'on me foute la paix une bonne fois pour toute. Pourtant, j'ai pensé à cette histoire ces dernières semaines. J'en ai même discuté avec Narym, à Noël. Mais à aucun moment la décision m'est apparu clairement. Tout cela n'est qu'une grosse interrogation, mêlée de deux trois choses qui me laissent perplexe, notamment tout ce qui concerne ma bête envie d'accepter.
Je renifle tout en coinçant mes doigts sous mes aisselles. Si le froid n'était qu'une caresse désagréable lorsque je suis sortie de l'école, maintenant que je suis immobile c'est autre chose. Mes doigts de pied commencent déjà à se refroidir et mes mains sont rouges. Le froid semble durcir ma peau mais je n'en deviens pas pour autant insensible.
« On va parler, ouais, mais en marchant, je grommelle, parce que je me pèle le cul. »
Je fais quelques pas dans la neige et tourne la tête vers elle pour l'encourager à me suivre. Un chemin court normalement à travers les bois. Là, il est recouvert par la neige. Je ne vais que rarement de ce côté-là de la forêt : il est moins épais que l'autre côté, donc on est discernable plus facilement à travers les arbres. Mais je sais que le chemin s'étire pendant un moment dans les sous-bois et mène jusqu'à la plaine où se trouvent des villages moldus.
Je ne reprends pas la parole. J'attends qu'elle le fasse, elle. Juste pour voir si elle a changé d'avis. On sait jamais, hein ? Elle va peut-être me dire qu'elle a trouvé quelqu'un qui correspond mieux à ce dont elle a besoin.
Dernière modification par Aelle Bristyle le 22 oct. 2026, 10:28, modifié 1 fois.
Règle n°1 : je ne l'aimerai pas
Il ne fallut pas très longtemps à la jeune femme pour qu'elle dise tout haut ce qu'Éli avait compris très vite après leur dernière conversation. Bien sûr qu'Aelle n'allait pas lui envoyer de hibou, mais le silence que la plus jeune avait choisi de garder malgré tout n'était pas innocent. Si la Poufsouffle avait largement exprimé le pourquoi de sa demande à Aelle, elle n'avait pas encore pu lui prouver qu'elle savait entendre et respecter ses conditions à elle. Comment la jeune femme pouvait-elle décider de lui dire « oui » sans être sûre que ses limites seraient respectées ? Elle savait que la frontière entre "lui manifester du respect", et "donner l'impression d'abandonner la cause" était très fine, elle ne pouvait pas laisser trop longtemps l'étudiante errer dans cette zone de non-dit, sinon elle perdrait le peu de terrain qu'elle avait réussi à gagner. En-tout-cas, la détermination de la plus jeune n'était pas morte par son silence, et stratégiquement, c'était le mieux qu'elle avait trouvé pour faire pencher la balance de son côté. La Poufsouffle lui avait laissé de l'espace et du temps pour sa réflexion comme demandé, maintenant, il fallait enclencher la phase numéros deux : faire comprendre à Aelle que devenir marraine n'allait pas de pair avec perdre qui elle était, bien au contraire.
En attendant, les jeunes femmes se trouvaient là, immobiles l'une en face de l'autre, frigorifiées sans savoir l'issue qu'aller prendre cette conversation. Concentrée sur sa camarade, fixant son regard pour chercher un indice de ce qui pourrait lui tomber dessus juste après, la jeune mère ne put s'empêcher de sourire en entendant les mots d'Aelle. Tu te pelles le cul...Charmant... La princesse de glaces n'est donc pas insensible au froid... Intéressant ! On va parler... Ni insensible au froid, ni complètement fermée à la discussion donc... Malgré les conditions climatiques, malgré le forcing, Aelle n'avait pas décidé de retourner directement à ses études, à la place, sans engager le débat elle-même, elle offrait à Éli une occasion de le faire.
Observant avec surprise son ex camarade faire quelques pas, puis l'inciter à la suivre d'un regard, la Poufsouffle se mit en mouvement immédiatement. Le silence accompagna les jeunes filles sur quelques mettre, se calant sur le rythme de marche de la plus âgée, Éli remettait au clair dans sa tête ce qu'elle avait à lui dire, n'oubliant pas de savourer au passage le bruit croustillant de la neige sous ses chaussures. Les mains bien calées dans ses poches pour ne pas laisser l'occasion à ses doigts de trahir son stress en gestes parasites, elle se décida enfin à rompre le silence. Sans arrêter sa marche, le regard encré sur le paysage pour rendre les choses un peu moins solennelles, elle posa ses mots sur un ton affirmé.
- Tu voulais réfléchir, et j'ai respecté ça. Maintenant j'suis là, et j'vais pas partir avant d'avoir eu une réponse. J'men cogne pas mal de savoir pourquoi tu vas l'faire, ou comment tu vas l'faire, de toute façon toi et moi on sait très bien que si tu dis "oui" ça s'ra à ta façon ou rien, et ça m'va, ça fait aussi partie des raisons qui m'ont fait te choisir. La dernière fois, j'ai été complètement transparente sur ce que je veux... Stoppant sa marche un instant, Éli tourna la tête vers Aelle. La phrase suivante avait bien trop d'importance à ses yeux pour être juste prononcée au détour d'une ballade ordinaire. Elle avait besoin de retrouver du lien entre elles, d'offrir une connexion sincère pour faire passer une nouvelle fois son message. Je veux que tu sois la marraine d'Eden, mais toi ? Qu'est c'que tu veux ? Par cette question elle prenait le risque d'obtenir de nouveau un "Rien", mais elle avait besoin d'un accès à ses pensées honnêtes, lui demander était la seule façon pour ça.
En attendant, les jeunes femmes se trouvaient là, immobiles l'une en face de l'autre, frigorifiées sans savoir l'issue qu'aller prendre cette conversation. Concentrée sur sa camarade, fixant son regard pour chercher un indice de ce qui pourrait lui tomber dessus juste après, la jeune mère ne put s'empêcher de sourire en entendant les mots d'Aelle. Tu te pelles le cul...Charmant... La princesse de glaces n'est donc pas insensible au froid... Intéressant ! On va parler... Ni insensible au froid, ni complètement fermée à la discussion donc... Malgré les conditions climatiques, malgré le forcing, Aelle n'avait pas décidé de retourner directement à ses études, à la place, sans engager le débat elle-même, elle offrait à Éli une occasion de le faire.
Observant avec surprise son ex camarade faire quelques pas, puis l'inciter à la suivre d'un regard, la Poufsouffle se mit en mouvement immédiatement. Le silence accompagna les jeunes filles sur quelques mettre, se calant sur le rythme de marche de la plus âgée, Éli remettait au clair dans sa tête ce qu'elle avait à lui dire, n'oubliant pas de savourer au passage le bruit croustillant de la neige sous ses chaussures. Les mains bien calées dans ses poches pour ne pas laisser l'occasion à ses doigts de trahir son stress en gestes parasites, elle se décida enfin à rompre le silence. Sans arrêter sa marche, le regard encré sur le paysage pour rendre les choses un peu moins solennelles, elle posa ses mots sur un ton affirmé.
- Tu voulais réfléchir, et j'ai respecté ça. Maintenant j'suis là, et j'vais pas partir avant d'avoir eu une réponse. J'men cogne pas mal de savoir pourquoi tu vas l'faire, ou comment tu vas l'faire, de toute façon toi et moi on sait très bien que si tu dis "oui" ça s'ra à ta façon ou rien, et ça m'va, ça fait aussi partie des raisons qui m'ont fait te choisir. La dernière fois, j'ai été complètement transparente sur ce que je veux... Stoppant sa marche un instant, Éli tourna la tête vers Aelle. La phrase suivante avait bien trop d'importance à ses yeux pour être juste prononcée au détour d'une ballade ordinaire. Elle avait besoin de retrouver du lien entre elles, d'offrir une connexion sincère pour faire passer une nouvelle fois son message. Je veux que tu sois la marraine d'Eden, mais toi ? Qu'est c'que tu veux ? Par cette question elle prenait le risque d'obtenir de nouveau un "Rien", mais elle avait besoin d'un accès à ses pensées honnêtes, lui demander était la seule façon pour ça.
❧ 6 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso ☙ - Héritiere de Panoramix
Règle n°1 : je ne l'aimerai pas
Pendant quelques instants, notre marche est silencieuse, entrecoupée seulement par le bruit de la neige qui grince sous nos pas et par le murmure feutré de la nature. Les hauts arbres s'élèvent autour de nous et font rempart avec le reste du monde : l'école s'éloigne dans notre dos et les troncs cachent la haute barrière. Les bruits de discussion provenant du chemin s'éteignent. Ne restent que nous et la nature. Je lève les yeux vers les plus hautes branches alourdie par la neige qu'elle porte. Parfois, le vent déloge un paquet de neige qui tombe et atteint bruyamment le sol. Je prends garde à nous faire suivre le chemin que je connais de mémoire, là où la neige ne risque pas de nous tomber sur la tête. Il est encore trop tôt pour que je me réchauffe mais j'ai donné à notre marche un rythme suffisamment rapide pour que ça arrive bientôt. Nos pas sont larges — et Willis suit sans se plaindre — mais nous ne nous essoufflons pas pour autant.
J'aimerais pouvoir affirmer que le moment est plein de quiétude mais ce n'est pas la réalité. Mon esprit ne cesse de tourner en rond. Il tourne autour des paroles que Willis m'a dit la dernière fois et autour de ce que m'a dit Narym à Noël. Tout cela forme une boucle qui n'a aucun sens et qui ne m'aide pas à mieux savoir ce que je désire. J'attends. J'attends qu'elle parle, car elle va le faire. Elle laisse pour le moment le silence nous entourer mais je sais qu'elle parlera. Elle est ici pour avoir des réponses. Et je ne compte pas la laisser partir sans lui en donner une, ce serait vraiment idiot. Je lui ai dit que je réfléchirai et... Je me suis plus ou moins efforcée de le faire, à ma façon, en repoussant ça dans un coin de mon esprit et en laissant mûrir. C'est le mieux que je pouvais faire.
Sa voix résonne sans troubler le silence blanc qui nous entoure. Je remonte mes mains pour mieux les caler sous mes aisselles, je me frotte le coin de la joue avec mon épaule et j'en profite pour couler un regard vers elle. Comme la dernière fois, elle s'exprime avec confiance. Plus de reproche sur mon silence, ce que j'apprécie. Et... Une surprise : elle n'exigera même pas de savoir pourquoi je pourrais accepter. Je me détourne d'elle lorsqu'un sourire amusé commence à grimper sur mes lèvres, né de sa certitude que si les choses doivent se faire, ce sera à ma façon. Je ne le montre pas mais ça me rassure qu'elle dise ça. Je craignais qu'elle veuille se battre également à propos de ça. Peut-être le fera-t-elle, avec elle on ne sait jamais, mais en tout cas aujourd'hui elle affirme le contraire. Ça fait aussi partie des raisons qui m'ont fait te choisir. Cela me rappelle ce que Narym m'a dit la dernière fois : laisse-la te faire confiance. Je renifle et lève les yeux vers l'horizon encore caché derrière les arbres.
Je ne remarque qu'après quelques pas qu'elle s'est arrêtée. Je m'immobilise à mon tour et, presque à regret, je tourne les yeux vers elle. C'est mieux de discuter en marchant et pas seulement parce qu'il fait froid. Pourquoi faut-il qu'elle marque cette pause pour me poser aussi solennellement ces questions ?
« Avance, Willis, » grincé-je en me remettant en marche après lui avoir lancé un regard acéré.
Sans l'attendre, je reprends ma route. Je trouve du réconfort dans le bruit de mes pas dans la neige, j'ai besoin de m'accrocher à quelque chose et le son de la neige qui gémit est ce que j'ai trouvé de mieux pour le moment.
« Tu te fiches de pourquoi je le ferais et de comment je le ferais mais pas de ce que je veux ? » J'expulse un rire froid par le nez. « Ce que je veux, c'est comme les pourquoi et les comment : tu vas devoir t'en foutre ou tu seras déçue. »
Ma voix ne semble pas trouver sa cible. Je tourne la tête et ne voit pas Willis me suivre. Je m'arrête en soupirant et la trouve là-bas, à quelques pas de moi, immobile, dans l'attente d'une réponse plus directe.
Je le sens venir. L'éclair dans son regard, la colère dans son ton ; bientôt, ses paroles s'envoleront vers le ciel, elle va parler encore et encore et me reprocher de ne pas lui donner de réponse, ou quelque chose dans ce goût-là, et je n'ai vraiment pas envie de ça, sinon après je vais vouloir l'encastrer contre un tronc et ce serait vraiment très déplacé d'encastrer sur un tronc la mère de... Enfin, une mère. Alors je consens bien douloureusement à enlever une main de la protection chaude de mes aisselles pour la lever entre nous avec un : « Attends ! » impérieux.
Je ne reprends pas ma route malgré mon envie. Malgré l'envie d'avoir autre chose à regarder que son visage. Je n'ai aucune intention de te regarder droit dans les yeux pour ce qui va arriver. Parce que tu comprends, mon coeur remue déjà comme un animal fou. J'ai l'impression que le monde se met à tourner autour de moi, que tout perd de la consistance, même la sensation de la neige sous mes bottes. J'ai l'impression que le monde va s'ouvrir sous mes pieds et je déteste ça, je déteste ça, la respiration qui s'emballe, le coeur qui frappe, la chaleur qui monte soudainement et l'envie de me barrer très loin d'ici, vraiment très loin, dans un endroit où on arrêtera de me faire chier, là où on ne me demandera plus d'être une marraine, d'être une tante, d'être une sœur, une fille, une amie, une amante, de faire confiance. Toutes ces demandes incessantes. Willis. Narym. Mes frères. Mes parents. Ashley. Gabryel. Kristen. Un endroit dans lequel personne ne me demanderait rien, d'ailleurs il n'y aurait personne du tout, la solitude extrême, plus d'attente, plus de déception, plus rien d'autre que moi et—
« Je veux qu'on mette en place des règles, » annoncé-je tout à coup, d'une voix un peu rapide. Puis je prends une inspiration soudaine et je grimace : « Je te jure Willis, utilise tes jambes et avance parce que je compte pas te regarder dans le blanc des yeux. »
Je recule d'un pas pour lui montrer que je compte marcher, avec ou sans elle.
C'est ce qu'a fait Narym, mettre des règles. Après une grosse dispute à propos de Mackenzie, il a proposé de mettre en place des règles, une procédure en quelque sorte, comme ce que l'on met en place avant de se lancer dans un projet de recherche. La procédure disait : une fois par mois Narym m'offre de son temps seul, sans sa fille. Et une fois par mois, je le vois avec Mackenzie, pour que l'enfant profite de sa tante — même si je ne comprends pas ce que ça lui apporte. Cela fait quelques mois que c'est mis en place et... J'apprécie. Les choses sont claires, on suit les règles, c'est tout.
J'aimerais pouvoir affirmer que le moment est plein de quiétude mais ce n'est pas la réalité. Mon esprit ne cesse de tourner en rond. Il tourne autour des paroles que Willis m'a dit la dernière fois et autour de ce que m'a dit Narym à Noël. Tout cela forme une boucle qui n'a aucun sens et qui ne m'aide pas à mieux savoir ce que je désire. J'attends. J'attends qu'elle parle, car elle va le faire. Elle laisse pour le moment le silence nous entourer mais je sais qu'elle parlera. Elle est ici pour avoir des réponses. Et je ne compte pas la laisser partir sans lui en donner une, ce serait vraiment idiot. Je lui ai dit que je réfléchirai et... Je me suis plus ou moins efforcée de le faire, à ma façon, en repoussant ça dans un coin de mon esprit et en laissant mûrir. C'est le mieux que je pouvais faire.
Sa voix résonne sans troubler le silence blanc qui nous entoure. Je remonte mes mains pour mieux les caler sous mes aisselles, je me frotte le coin de la joue avec mon épaule et j'en profite pour couler un regard vers elle. Comme la dernière fois, elle s'exprime avec confiance. Plus de reproche sur mon silence, ce que j'apprécie. Et... Une surprise : elle n'exigera même pas de savoir pourquoi je pourrais accepter. Je me détourne d'elle lorsqu'un sourire amusé commence à grimper sur mes lèvres, né de sa certitude que si les choses doivent se faire, ce sera à ma façon. Je ne le montre pas mais ça me rassure qu'elle dise ça. Je craignais qu'elle veuille se battre également à propos de ça. Peut-être le fera-t-elle, avec elle on ne sait jamais, mais en tout cas aujourd'hui elle affirme le contraire. Ça fait aussi partie des raisons qui m'ont fait te choisir. Cela me rappelle ce que Narym m'a dit la dernière fois : laisse-la te faire confiance. Je renifle et lève les yeux vers l'horizon encore caché derrière les arbres.
Je ne remarque qu'après quelques pas qu'elle s'est arrêtée. Je m'immobilise à mon tour et, presque à regret, je tourne les yeux vers elle. C'est mieux de discuter en marchant et pas seulement parce qu'il fait froid. Pourquoi faut-il qu'elle marque cette pause pour me poser aussi solennellement ces questions ?
« Avance, Willis, » grincé-je en me remettant en marche après lui avoir lancé un regard acéré.
Sans l'attendre, je reprends ma route. Je trouve du réconfort dans le bruit de mes pas dans la neige, j'ai besoin de m'accrocher à quelque chose et le son de la neige qui gémit est ce que j'ai trouvé de mieux pour le moment.
« Tu te fiches de pourquoi je le ferais et de comment je le ferais mais pas de ce que je veux ? » J'expulse un rire froid par le nez. « Ce que je veux, c'est comme les pourquoi et les comment : tu vas devoir t'en foutre ou tu seras déçue. »
Ma voix ne semble pas trouver sa cible. Je tourne la tête et ne voit pas Willis me suivre. Je m'arrête en soupirant et la trouve là-bas, à quelques pas de moi, immobile, dans l'attente d'une réponse plus directe.
Je le sens venir. L'éclair dans son regard, la colère dans son ton ; bientôt, ses paroles s'envoleront vers le ciel, elle va parler encore et encore et me reprocher de ne pas lui donner de réponse, ou quelque chose dans ce goût-là, et je n'ai vraiment pas envie de ça, sinon après je vais vouloir l'encastrer contre un tronc et ce serait vraiment très déplacé d'encastrer sur un tronc la mère de... Enfin, une mère. Alors je consens bien douloureusement à enlever une main de la protection chaude de mes aisselles pour la lever entre nous avec un : « Attends ! » impérieux.
Je ne reprends pas ma route malgré mon envie. Malgré l'envie d'avoir autre chose à regarder que son visage. Je n'ai aucune intention de te regarder droit dans les yeux pour ce qui va arriver. Parce que tu comprends, mon coeur remue déjà comme un animal fou. J'ai l'impression que le monde se met à tourner autour de moi, que tout perd de la consistance, même la sensation de la neige sous mes bottes. J'ai l'impression que le monde va s'ouvrir sous mes pieds et je déteste ça, je déteste ça, la respiration qui s'emballe, le coeur qui frappe, la chaleur qui monte soudainement et l'envie de me barrer très loin d'ici, vraiment très loin, dans un endroit où on arrêtera de me faire chier, là où on ne me demandera plus d'être une marraine, d'être une tante, d'être une sœur, une fille, une amie, une amante, de faire confiance. Toutes ces demandes incessantes. Willis. Narym. Mes frères. Mes parents. Ashley. Gabryel. Kristen. Un endroit dans lequel personne ne me demanderait rien, d'ailleurs il n'y aurait personne du tout, la solitude extrême, plus d'attente, plus de déception, plus rien d'autre que moi et—
« Je veux qu'on mette en place des règles, » annoncé-je tout à coup, d'une voix un peu rapide. Puis je prends une inspiration soudaine et je grimace : « Je te jure Willis, utilise tes jambes et avance parce que je compte pas te regarder dans le blanc des yeux. »
Je recule d'un pas pour lui montrer que je compte marcher, avec ou sans elle.
C'est ce qu'a fait Narym, mettre des règles. Après une grosse dispute à propos de Mackenzie, il a proposé de mettre en place des règles, une procédure en quelque sorte, comme ce que l'on met en place avant de se lancer dans un projet de recherche. La procédure disait : une fois par mois Narym m'offre de son temps seul, sans sa fille. Et une fois par mois, je le vois avec Mackenzie, pour que l'enfant profite de sa tante — même si je ne comprends pas ce que ça lui apporte. Cela fait quelques mois que c'est mis en place et... J'apprécie. Les choses sont claires, on suit les règles, c'est tout.