Les héros qui n'ont pas de statue
Matthew ne répondit pas tout de suite. Il s'était attendu à ce qu'Alaric défende ses idées, peut-être avec un exemple tiré d'un livre d'histoire. Pas à ce qu'il parle de ses parents.
Il regarda le Serpentard, un peu déconcerté. Alaric avait l'air de trouver parfaitement logique qu'on pense comme les gens qui nous avaient élevés. Matthew aimait ses parents, et il leur faisait confiance. Cela ne l'empêchait pas de discuter avec eux, parfois longtemps, quand il n'était pas d'accord. Mais il ne savait rien de la famille Blackwood, et il n'allait pas faire comme si c'était le cas.
— Je n'ai pas dit que tes parents étaient bêtes. Je ne les connais même pas.
Il marqua une pause, cherchant ses mots. D'habitude, ils venaient tout seuls. Cette fois, il préférait être sûr de ce qu'il disait.
— Mais si tu me dis que tu penses ça parce qu'ils te l'ont appris, ça explique d'où ça vient. Ça prouve pas que c'est vrai.
Le mot « inférieur » continuait de lui tourner dans la tête. Son père était né-Moldu. Matthew le revit lui raconter une anecdote, rire à table, lui expliquer patiemment quelque chose qu'il n'avait pas compris. Il ne voyait pas ce que son sang pouvait retirer à tout cela. Il aurait pu le dire à Alaric, mais n'avait pas envie de parler de son père comme d'un exemple à examiner entre deux manuels.
— Et non, je trouve pas ça courageux de dire que des gens sont inférieurs à d'autres. Même si tu le dis devant moi en sachant que je suis pas d'accord.
Il avait répondu un peu plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu. Gabriel avait été en colère, au stade, pas amusé. Ça non plus, Matthew n'avait pas l'intention de l'oublier. Il souffla par le nez, puis baissa brièvement les yeux vers ses notes. Il y avait encore le nom de Dumbledore, avec cette flèche qu'il avait dessinée à côté.
— Mais tu sais, tout à l'heure, c'est toi qui m'as dit qu'on pouvait être courageux en s'opposant à quelqu'un qu'on aime. C'était même ton argument pour Dumbledore.
Il releva les yeux. Il ne savait pas si ce rapprochement aurait du sens pour Alaric, mais il voulait au moins entendre ce qu’il pensait, lui, sans citer ses parents.
— Alors je me demande… toi, qu’est-ce qui te fait penser que les nés-Moldus sont moins bons ? Pas tes parents. Toi.
Il n'avait pas repris sa plume. Pour une fois, il préférait écouter la réponse plutôt que de préparer la question suivante.
Il regarda le Serpentard, un peu déconcerté. Alaric avait l'air de trouver parfaitement logique qu'on pense comme les gens qui nous avaient élevés. Matthew aimait ses parents, et il leur faisait confiance. Cela ne l'empêchait pas de discuter avec eux, parfois longtemps, quand il n'était pas d'accord. Mais il ne savait rien de la famille Blackwood, et il n'allait pas faire comme si c'était le cas.
— Je n'ai pas dit que tes parents étaient bêtes. Je ne les connais même pas.
Il marqua une pause, cherchant ses mots. D'habitude, ils venaient tout seuls. Cette fois, il préférait être sûr de ce qu'il disait.
— Mais si tu me dis que tu penses ça parce qu'ils te l'ont appris, ça explique d'où ça vient. Ça prouve pas que c'est vrai.
Le mot « inférieur » continuait de lui tourner dans la tête. Son père était né-Moldu. Matthew le revit lui raconter une anecdote, rire à table, lui expliquer patiemment quelque chose qu'il n'avait pas compris. Il ne voyait pas ce que son sang pouvait retirer à tout cela. Il aurait pu le dire à Alaric, mais n'avait pas envie de parler de son père comme d'un exemple à examiner entre deux manuels.
— Et non, je trouve pas ça courageux de dire que des gens sont inférieurs à d'autres. Même si tu le dis devant moi en sachant que je suis pas d'accord.
Il avait répondu un peu plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu. Gabriel avait été en colère, au stade, pas amusé. Ça non plus, Matthew n'avait pas l'intention de l'oublier. Il souffla par le nez, puis baissa brièvement les yeux vers ses notes. Il y avait encore le nom de Dumbledore, avec cette flèche qu'il avait dessinée à côté.
— Mais tu sais, tout à l'heure, c'est toi qui m'as dit qu'on pouvait être courageux en s'opposant à quelqu'un qu'on aime. C'était même ton argument pour Dumbledore.
Il releva les yeux. Il ne savait pas si ce rapprochement aurait du sens pour Alaric, mais il voulait au moins entendre ce qu’il pensait, lui, sans citer ses parents.
— Alors je me demande… toi, qu’est-ce qui te fait penser que les nés-Moldus sont moins bons ? Pas tes parents. Toi.
Il n'avait pas repris sa plume. Pour une fois, il préférait écouter la réponse plutôt que de préparer la question suivante.
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Les héros qui n'ont pas de statue
Alaric soupira. Pas parce que le garçon devant lui commençait à devenir insupportable. Pour l'être, ça, oui, il l'était. Mais si il soupirait, c'était parce qu'il parlait de ses parents. Quand ses parents arrivaient sur le tapis, c'était toujours délicat. Officiellement, il était censé les respecter, et les adorer, les suivre et tout le reste. Mais officieusement... Il aurait préféré ne pas en parler. Mais comment éviter le sujet sans passer pour un mauvais fils? Il ne pouvait pas le faire, encore moins devant un ami de ce sale- Yates. C'était prendre le risque qu'il le répète au Poufsouffle et que celui-ci s'en serve pour se moquer de lui ou pire, en parler de façon à ce que ça remonte aux oreilles de ses parents ou de son frère. Autrement dit, il ne pouvait pas se permettre de laisser ce que le Gryffondor était en train de dire.
- Qu'est-ce qu'il te dit qu'ils ont tort? Tu as dû faire pareil, pas vrai? Alors comment peux-tu être sûr que tes parents ne seraient pas en tort et que les miens auraient raison?
Heureusement qu'Elam n'était pas là. Il n'aurait jamais pu dire une chose pareille devant lui, et encore moins l'assumer. Il ne le pensait plus totalement, mais l'éducation était quelque chose de dur à renier. Il sortit un peu de cette pensée quand Matthew reprit la parole et fronça les sourcils. Le courage n'allait pas avec la bonté. Toutes les personnes courageuses n'étaient pas toutes bonnes. Alaric en était sûr, ce garçon était celui qui voyait les Gryffondors comme les héros. Mais ce n'était pas le cas. Les héros étaient ceux qui se servaient de leur courage pour faire tellement de bien qu'ils se faisaient connaître. Les héros inconnus n'existaient pas, et les courageux n'étaient pas tous bons. C'était un fait.
- Au contraire. Tu sais, toutes les personnes courageuses ne vont pas dans ton sens. Peut-être que pour toi, elles sont toutes gentilles, et acceptent tout le monde. Mais c'est faux. Des fois, le courage, c'est dire des choses qui font mal à une personne qu'on aime pour la protéger de quelque chose qu'elle ne comprendrait pas. Le courage n'est ni bon, ni mauvais, c'est une qualité qui peut devenir un défaut voir une plaie quand on l'utilise. Il peut aider comme il peut juste te faire encore plus mal.
Puis le Gryffondor posa sa dernière question. Et soudain, il perdit sa langue. Pas parce qu'il n'avait pas de réponses. Oh, ça, il en avait des tas, préparées dans sa tête qui n'attendaient qu'à être prononcées, copiées sur des paroles de sa mère ou de son père. Mais de lui? Non, il n'en avait aucune. À part son éducation, il n'avait rien. Et puis, ses expériences personnelles n'aidaient pas vraiment. À deux reprises, c'était toujours plus lui le coupable que l'autre. Mais il ne pouvait pas arrêter de mentir maintenant. De toute façon, que perdait-il à mentir? Rien, pas vrai?
- Si tu me parles des né-moldus, ils ne sont juste pas légitimes d'être ici. Ce n'est que de la chance. Et puis, dois-je rappeler que les moldus n'ont aucune magie? Comment ont-ils pu le transmettre à leurs enfants? Si tu veux mon avis, ce sont des faibles qui se font passer pour des sorciers aguerris quand ils ne sont rien d'autres que des charlatans. Ils n'ont rien à faire dans une école aussi prestigieuse que Poudlard.
Il releva sa tête, se tenant parfaitement droit, et lui lança un regard arrogant et méprisant puis leva un sourcil.
- Tu n'es pas né-moldu? Parce que si c'est le cas, ce n'est qu'une perte de temps que de débattre avec toi.
Ses parents seraient fiers de lui.
- Qu'est-ce qu'il te dit qu'ils ont tort? Tu as dû faire pareil, pas vrai? Alors comment peux-tu être sûr que tes parents ne seraient pas en tort et que les miens auraient raison?
Heureusement qu'Elam n'était pas là. Il n'aurait jamais pu dire une chose pareille devant lui, et encore moins l'assumer. Il ne le pensait plus totalement, mais l'éducation était quelque chose de dur à renier. Il sortit un peu de cette pensée quand Matthew reprit la parole et fronça les sourcils. Le courage n'allait pas avec la bonté. Toutes les personnes courageuses n'étaient pas toutes bonnes. Alaric en était sûr, ce garçon était celui qui voyait les Gryffondors comme les héros. Mais ce n'était pas le cas. Les héros étaient ceux qui se servaient de leur courage pour faire tellement de bien qu'ils se faisaient connaître. Les héros inconnus n'existaient pas, et les courageux n'étaient pas tous bons. C'était un fait.
- Au contraire. Tu sais, toutes les personnes courageuses ne vont pas dans ton sens. Peut-être que pour toi, elles sont toutes gentilles, et acceptent tout le monde. Mais c'est faux. Des fois, le courage, c'est dire des choses qui font mal à une personne qu'on aime pour la protéger de quelque chose qu'elle ne comprendrait pas. Le courage n'est ni bon, ni mauvais, c'est une qualité qui peut devenir un défaut voir une plaie quand on l'utilise. Il peut aider comme il peut juste te faire encore plus mal.
Puis le Gryffondor posa sa dernière question. Et soudain, il perdit sa langue. Pas parce qu'il n'avait pas de réponses. Oh, ça, il en avait des tas, préparées dans sa tête qui n'attendaient qu'à être prononcées, copiées sur des paroles de sa mère ou de son père. Mais de lui? Non, il n'en avait aucune. À part son éducation, il n'avait rien. Et puis, ses expériences personnelles n'aidaient pas vraiment. À deux reprises, c'était toujours plus lui le coupable que l'autre. Mais il ne pouvait pas arrêter de mentir maintenant. De toute façon, que perdait-il à mentir? Rien, pas vrai?
- Si tu me parles des né-moldus, ils ne sont juste pas légitimes d'être ici. Ce n'est que de la chance. Et puis, dois-je rappeler que les moldus n'ont aucune magie? Comment ont-ils pu le transmettre à leurs enfants? Si tu veux mon avis, ce sont des faibles qui se font passer pour des sorciers aguerris quand ils ne sont rien d'autres que des charlatans. Ils n'ont rien à faire dans une école aussi prestigieuse que Poudlard.
Il releva sa tête, se tenant parfaitement droit, et lui lança un regard arrogant et méprisant puis leva un sourcil.
- Tu n'es pas né-moldu? Parce que si c'est le cas, ce n'est qu'une perte de temps que de débattre avec toi.
Ses parents seraient fiers de lui.
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Dédicace à @Elam Thomais
Dédicace à @Elam Thomais
Alaric Blackwood-Thomais, Prince des gnomes, Diplodocus d'Elam Thomais, Cafard, Amateur de chocolat, Poil de carotte
#5e9a80 2A 2051-2052 inscrit à la Chrono Fiche PR
#5e9a80 2A 2051-2052 inscrit à la Chrono Fiche PR
Les héros qui n'ont pas de statue
Matthew resta un instant silencieux. La réponse d'Alaric l'avait d'abord surpris par sa longueur puis par son assurance. Des charlatans ? Il parlait d'élèves qui suivaient les mêmes cours qu'eux, utilisaient les mêmes baguettes et devaient rendre les mêmes devoirs. Matthew avait beau chercher, il ne voyait vraiment pas ce qu'ils pouvaient bien faire semblant d'être.
Et voilà qu'Alaric lui demandait son sang avant de décider s'il valait la peine de lui parler.
—Mais, c'est quoi cette question ? J'suis pas né-Moldu et, si je l'étais, ça aurait changé quoi ? Ce que je viens de dire serait devenu faux d'un coup ?
Il ne détourna pas le regard et sentit monter la colère qu'il n'avait pas envie de transformer en éclat de voix au milieu de la bibliothèque. Il regarda un instant ses feuilles et la colonne "Mais..." lui paraissait soudain bien dérisoire. Plus tôt, il s'était amusé des contradictions d'Alaric mais celles-ci n'avaient plus rien de drôle.
Le jeune Stevens avait du mal à croire qu'on puisse parler d'autres élèves avec autant de mépris, sans même les connaître et, ce qui l'agaçait encore davantage, c'était l'assurance avec laquelle le Serpentard avançait ses propos, comme s'il s'agissait de faits qu'il suffisait d'apprendre par cœur.
— Et des charlatans ? Sérieusement ? Ils lancent des sorts, Alaric. On peut les voir faire. Je tiens même à préciser qu'Hermione Granger, une Né-Moldu est reconnu pour être la sorcière la plus brillante de sa génération. Je sais pas comment la magie apparaît chez quelqu'un dont les parents sont Moldus, mais ne pas savoir l'expliquer ne veut pas dire qu'elle n'existe pas.
Sa langue bougeait trop rapidement et sa dernière phrase sorti un trop vite. Il ralentit, se rappelant que l'autre lui avait aussi parlé de ses parents.
— T'as raison sur un truc : je peux pas prouver que mes parents ont raison sur tout et je sais qu'ils se trompent parfois. Moi aussi. C'est justement pour ça que je préfère regarder ce qui se passe vraiment plutôt que décider à l'avance qui vaut mieux que qui.
Son père n'arrêtait pas de lui traverser l'esprit. Matthew aurait détesté qu'Alaric lui parle de cette façon et il n'avait aucune envie de raconte sa vie à quelqu'un qui venait de traiter les gens comme lui de charlatans. Alors il garda ça pour lui.
Il essaya d'arrêter ses yeux de se lever aux ciels mais il devait avouer si quelqu'un marquait un point.— C'est vrai, quelqu'un peut être courageux et faire quelque chose de mauvais, mais ça ne veut pas dire qu'on doit trouver ça admirable, encore moins faire de lui un Héros.
Il appuya le bout de son doigt sur la table, sans bruit. Son regard s'attarda sur le parchemin qu'il avait préparé avec tant d'enthousiasme. Il était venu chercher le nom d'un sorcier courageux, pas se disputer avec un camarade sur le droit de certains élèves à étudier à Poudlard.
Matthew releva les yeux vers Alaric. Il avait encore beaucoup de choses à dire, mais il commençait à se demander à quoi bon les répéter si le Serpentard avait déjà décidé de ne pas les entendre. Pour une fois, il préféra garder le silence.
Et voilà qu'Alaric lui demandait son sang avant de décider s'il valait la peine de lui parler.
—Mais, c'est quoi cette question ? J'suis pas né-Moldu et, si je l'étais, ça aurait changé quoi ? Ce que je viens de dire serait devenu faux d'un coup ?
Il ne détourna pas le regard et sentit monter la colère qu'il n'avait pas envie de transformer en éclat de voix au milieu de la bibliothèque. Il regarda un instant ses feuilles et la colonne "Mais..." lui paraissait soudain bien dérisoire. Plus tôt, il s'était amusé des contradictions d'Alaric mais celles-ci n'avaient plus rien de drôle.
Le jeune Stevens avait du mal à croire qu'on puisse parler d'autres élèves avec autant de mépris, sans même les connaître et, ce qui l'agaçait encore davantage, c'était l'assurance avec laquelle le Serpentard avançait ses propos, comme s'il s'agissait de faits qu'il suffisait d'apprendre par cœur.
— Et des charlatans ? Sérieusement ? Ils lancent des sorts, Alaric. On peut les voir faire. Je tiens même à préciser qu'Hermione Granger, une Né-Moldu est reconnu pour être la sorcière la plus brillante de sa génération. Je sais pas comment la magie apparaît chez quelqu'un dont les parents sont Moldus, mais ne pas savoir l'expliquer ne veut pas dire qu'elle n'existe pas.
Sa langue bougeait trop rapidement et sa dernière phrase sorti un trop vite. Il ralentit, se rappelant que l'autre lui avait aussi parlé de ses parents.
— T'as raison sur un truc : je peux pas prouver que mes parents ont raison sur tout et je sais qu'ils se trompent parfois. Moi aussi. C'est justement pour ça que je préfère regarder ce qui se passe vraiment plutôt que décider à l'avance qui vaut mieux que qui.
Son père n'arrêtait pas de lui traverser l'esprit. Matthew aurait détesté qu'Alaric lui parle de cette façon et il n'avait aucune envie de raconte sa vie à quelqu'un qui venait de traiter les gens comme lui de charlatans. Alors il garda ça pour lui.
Il essaya d'arrêter ses yeux de se lever aux ciels mais il devait avouer si quelqu'un marquait un point.— C'est vrai, quelqu'un peut être courageux et faire quelque chose de mauvais, mais ça ne veut pas dire qu'on doit trouver ça admirable, encore moins faire de lui un Héros.
Il appuya le bout de son doigt sur la table, sans bruit. Son regard s'attarda sur le parchemin qu'il avait préparé avec tant d'enthousiasme. Il était venu chercher le nom d'un sorcier courageux, pas se disputer avec un camarade sur le droit de certains élèves à étudier à Poudlard.
Matthew releva les yeux vers Alaric. Il avait encore beaucoup de choses à dire, mais il commençait à se demander à quoi bon les répéter si le Serpentard avait déjà décidé de ne pas les entendre. Pour une fois, il préféra garder le silence.
✎ ── 531 mots, @Alaric Blackwood