À grande vitesse
Le 1 Septembre 2051 Poudlard Express.
Le quai de King's Cross vibrait d’une effervescence magique propre à chaque rentrée de septembre comme toujours. Une brume tiède et blanche, parfumée au charbon de bois et à la suie comme chaque fois qu'elle pouvait ressentir cette odeur qui s'élevait en volutes au-dessus de la foule compacte des familles de sorciers tout autour de nous. Les cris de joie des retrouvailles se mêlaient aux hululements sonores des chouettes et au fracas métallique des chariots chargés jusqu'au sommet de lourdes malles en cuir. Comme l'était toujours son chariot rempli de malles.
Elerinna, vêtue de ses habits de voyage où pointaient déjà fièrement les subtiles touches écarlates et dorées de Gryffondor, sa deuxième maison de cœur, elle se tenait un peu à l'écart de la cohue. Entrant enfin en cinquième année, une rentrée cruciale marquée par la perspective des examens des B.U.S.E., elle gardait pourtant un calme olympien malgré l'excitation qui bouillonnait en elle. Une main posée sur la poignée de son chariot, elle attendait patiemment sur le quai que la silhouette massive de la locomotive rouge apparût à travers la vapeur au loin.
À ses côtés, sa grande sœur veillait sur elle. Sa présence rassurante ancrait Elerinna dans l'instant, partageant ce dernier moment de complicité fraternelle avant le grand départ. Car elle allait l'abandonner pour retrouver ses amis. Autour d'elles, les minutes filaient à grande vitesse, et les yeux de la jeune Gryffondor fixaient les rails brillants, le cœur battant au rythme des discussions des autres élèves autour d'elle, prête à monter à bord dès que le signal retentirait. Elle se hâte rapidement pour chercher un compartiment vide et s'installent aussitôt après avoir déposé ses affaires. Elle dépose à côté d'elle son livre puis sa veste et s'assoit et regarde par la fenêtre. Cette année, elle n'avait pas pu dire au revoir à ses parents, elle était seule avec sa sœur ce qu'il l'avait chagriné un peu. Ce n'était plus un bébé, elle avait 15 ans, mais dire au revoir à sa famille lui avait fait un petit pincement au cœur si ses meilleurs amis avaient été saurait était clairement différents, mais hélas, ce n'était pas le cas. Elle se perd alors dans ses pensées comme toujours et pense à Sam qu'est-ce qu'il lui manquait déjà.
Elle savait qu'il fallait alors attendre les vacances pour pouvoir revoir ses meilleurs amis et au fond d'elle, c'était vraiment dur de devoir se séparer d'eux et chaque année, c'était la même chose en début d'année même si elle est contente de retourner là-bas au fond elle a cette petite douleur, car ses amis lui manquent.
@Artemis Fraser
Quand quelque chose est délicieux, ça ne contient aucune calorie. Ne fais pas ce que tu n’aimes pas faire. Fais juste ce que tu veux. Chrono ok. Cinquième année. Promo 47.
À grande vitesse
PNJ : Famille Fraser
Mains dans les poches de sa robe dont les contours s'étaient effilochés par la maladresse et le temps, l'enfant à la teigne brune faisait le premier pas sur le quai. Sur ses talons, habillés de chaussettes rouges trouées à certains endroits, ses parents se tenaient aussi droits que le permettaient leurs dos. La mine sévère à la limite boudeuse, ils se trituraient les doigts du mieux qu'ils le pouvaient, leurs mains occupées à tirer deux malles aux apparences de secondes vies. Si le tableau s'était abstenu de retranscrire les épaisses fumées sortant du Poudlard Express et les cohues aux entrées des wagons, on aurait pu penser que la famille Fraser assistait à une de ces réunions bureaucratiques où les employés, contraints d'entendre les banalités du patron sur son dernier chiffre d'affaires, n'espéraient que rentrer aussi vite que possible chez eux. Il fallait dire que l'été qui touchait à sa fin n'avait pas été de tout repos, et les séquelles, non pas physiques mais familiales, se lisaient comme de l'eau de roche dans l'atmosphère tendue qui régnait entre le garçon et ses géniteurs. Mais cela était une autre histoire. Une histoire qui ne semblait pas affecter la cadette de la famille, elle dont les habits se paraient, à l'inverse de ceux de son frère, d'un certain sens de l'esthétisme, comme en témoignaient sa robe bien repassée, ses chaussures cirées et son nœud papillon dressé fièrement sur sa tête. Elle, dont les noisettes parcouraient la gare de long en large, laissant égarées ici et là les paillettes qui brillaient dans ses yeux de future première année, ne se ferait pas voler sa rentrée par les tensions moroses qui habitaient ses congénères de sang.
- Je crois bien que c'est l'heure des au revoir, annonça John Fraser en déposant la malle à ses pieds, à quelques pas de la locomotive grondante.
Il se risqua à jeter un coup d'œil à son aîné, qui ne lui renvoya qu'un regard noir avant de récupérer son dû et de monter dans l'un des wagons, laissant sans un mot la petite famille réduite à trois sur le quai. Ce fut tout juste en mettant son dernier pied sur le velours du Poudlard Express qu'il entendit sa mère :
- ... et garde ton frère à l'œil, ma chérie, d'accord ? Allez, viens là pour un dernier câ...
Un dégoût passager traversa son visage avant qu'il n'accélère le pas et ne s'engouffre dans une cabine aussi prestement qu'il le put.
Une unique fille à la crinière blonde ondulée avait pris possession des lieux, son insigne Gryffondor déjà fièrement épinglé sur sa poitrine alors même que le train n'avait pas encore démarré. Après un vif regard de haut en bas, il décida de ne pas lui accorder plus d'attention, déposa sa malle au-dessus de son siège, dans un des endroits aménagés à cet effet, et entreprit de s'allonger de tout son long sur la banquette, la tête reposant sur un coussin bleu au motif de dragon brodé aux couleurs de l'or, les jambes se balançant de l'autre côté.
Il ferma les yeux.
@Elerinna Lindsay