Entre deux apiaceae et une liliaceae
Samedi 5 août 2051
DOGWEED & DEATHCAP
DOGWEED & DEATHCAP
Christopher sort de chez Madame Guipure avec un sourire qui s'étire jusqu'à ses oreilles décorées de bijoux. Il tend devant lui son nouvel achat. Ses yeux n'en manquent pas une miette alors même que cette splendide robe d'été qui ceinture parfaitement ses hanches et qui rendra certainement fou Sacha est soigneusement emballée dans du papier kraft, et qu'il n'a pas la moindre intention de la déballer avant d'être rentré à la maison. Il ne prendra pas le risque de la salir avant le départ du lendemain.
Ses valises sont déjà prêtes, n'y manque que ce beau et capricieux achat de dernière minute. Quel foutoir ils ont mis dans l'appartement avec Alice pour préparer leur voyage ! Il y avait des vêtements partout et chacun conseillait l'autre sur ce qu'il devrait emporter ou non. C'est ce qu'il apprécie tant dans la vie avec Alice : elle a de bons goûts. Elle est peut-être casse coude une bonne partie du temps et ils ne perdent pas une occasion de s'accrocher, mais ils partagent leur amour du vêtement et ce n'est pas quelque chose que Christopher pourrait enlever à Alice. Il est impatient de lui montrer son achat : elle aimera. Mais en attendant... C'est une devanture tout de vert colorée — mais pas le vert du Pitiponk — qui attire l'œil de Chris. Pour le moment, il a un autre achat à faire.
Il allonge le pas pour s'approcher de Dogweed & Deathcap, la démarche bondissante. Il est heureux, malgré le fait qu'il soit déjà fatigué de devoir croiser son abruti de frère demain pour récupérer les gamins. Passer les vacances avec ses neveux ne le réjouit pas non plus mais il a l'opportunité de partir en voyage tout frais payés, aux frais de son frère. Il n'allait pas refuser d'accompagner Alice, officiellement professeure et l'une des responsables des enfants pour le voyage. Paraîtrait-il que le second responsable, c'est lui. Il n'a aucune intention de les empêcher de faire quoi que ce soit, Alice est prévenue ! Ils se sont disputés à ce propos, d'ailleurs, mais c'est une autre histoire.
Le petit carillon sonne quand il pousse la porte de la boutique. Une odeur florale attaque aussitôt Chris qui respire à pleins poumons, ravi. Il n'a pas la moindre idée de ce qu'il cherche, mais il a bien l'intention de se perdre dans les rayonnages jusqu'à trouver ce qui lui fera naturellement dire : c'est celle-là !
La plante sera pour Lloyd. Il compte la lui emmener ce soir, en même temps qu'il serrera Jude si fort dans ses bras qu'elle éclatera de rire. L'idée de ne plus les voir tous les deux pendant deux semaines lui fait ressentir une tristesse peu commune. Ce ne sera pourtant pas la première fois qu'ils seront séparés, mais ces derniers temps, c'est différent. Peut-être parce que Lloyd va mal et que Christopher est inquiet. Peut-être parce que Jude a été d'un réconfort exceptionnel ces derniers mois. Peut-être, peut-être pas. Mais la plante qui est pour Lloyd, c'est pour ça. Pour qu'il ait un truc duquel s'occuper pendant deux semaines. Il lui dira « ne la fait pas crever pendant mon voyage ou je te démonte, vieux ». Mais la plante sera une métaphore de Lloyd, c'est évident.
La main de Chris vole jusqu'à son cou et il caresse machinalement son nouveau tatouage en se penchant vers une fleur pour l'observer. En réalité, ce n'est pas un nouveau tatouage : c'est Lloyd qui le lui a fait comme un "souvenir pour tes vacances", avec le kit de tatouages éphémères que Chris lui a offert pour son anniversaire. Depuis, Christopher ne peut pas se regarder dans une glace sans grimacer. Comment ne pas grimacer quand on se retrouve avec un canard tatoué sur le côté gauche du cou ? Il n'est pas si mal dessiné mais... Un canard !
Il s'avance dans l'allée, la nuque tendue pour observer les plantes. Il contourne machinalement une femme occupée à faire la même chose que lui, à savoir trouver son bonheur. Il allait poursuivre son chemin, mais quelque chose chez la femme attire son regard. Il se tourne vers elle, l'englobe d'un regard rapide et remarque aussitôt ce qui l'avait attiré. Sa taille, déjà : carrément plus grande que lui. Son allure, ensuite : elle a quelque chose qui se remarque aussitôt et qui se détache du commun des mortels. Et son style, enfin : Christopher a l'œil pour distinguer les pièces uniques de ces lambeaux qu'on achète dans les prêts-à-porter. Et la robe qu'elle porte n'est clairement pas l'une de celles que l'on peut trouver partout.
Christopher s'est mis en mouvement sans même y réfléchir. Il revient sur ses pas. Ses doigts trifouillent la chaîne qu'il a autour du cou pour la remettre en place, puis volent jusqu'à ses cheveux pour lisser les petites mèches courtes qui repoussent au-dessus de ses oreilles et qui lui donnent du fil à retordre, ces derniers temps.
« Je me permets de vous déranger, dit-il sans préambule en se penchant pour capter son regard. Je passais juste là... »
Il désigne l'allée dans laquelle ils sont d'un vague mouvement de la main.
« ...et je n'ai pas pu m'empêcher de vous remarquer. Alors déjà, vous avez une allure incroyable, j'adore ! Et ensuite cette robe, s'extasie-t-il en tendant les mains vers elle et en se penchant en arrière pour mieux observer ladite robe. C'est une pièce unique, non ? Vous la portez si bien que je ne peux pas croire qu'elle n'a pas été inventé pour vous. »
Il le dit sur un ton amusé, un sourire creusant sa joue. Elle se dira peut-être qu'il en fait trop, mais ce serait un peu dommage : il est seulement sincère et généralement quand il voit un style qui lui plait ou qui dénote, il ne s'empêche jamais d'aller complimenter celle ou celui qui le porte. Il faut s'arrêter pour dire aux gens ce qu'on aime chez eux. Qui n'apprécie pas un compliment inattendu offert sans arrière-pensée ?
@Victoria McBee, bienvenue dans notre RP !
@Lloyd River, pour la mention.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Entre deux apiaceae et une liliaceae
Samedi 5 août 2051
à l'intérieur de Dogweed & Deathcap
L'été, c'est la saison du soleil et des fruits, des balades au bord de la mer et des mouvements de brasse dans l'eau, c'est la période durant laquelle on peut siroter une boisson fraiche à la terrasse d'un café et reprendre des couleurs après des mois sous les nuages écossais. L'été, c'est la saison préférée de Victoria, et assurément celle qui lui correspond le mieux. Malgré la chaleur et la fatigue d'une année qui n'en finit pas, la Directrice de la Poste ne se sent jamais plus vivante que lorsque les jours sont aussi longs et les nuits aussi courtes. Changer de travail en été, c'est comme changer de travail sous une bonne étoile : forcément, cela porte chance.
Cependant, il faut savoir jongler entre devoirs et envies, ce qui n'est pas toujours évident pour la sorcière, chez qui les idées naissent et tournent à vive allure. Après s'être occupée des papiers qui trainent dans la Poste, il lui faut se faire connaître en prenant contact avec certains fournisseurs, passer du temps avec les hiboux pour qu'ils l'acceptent et la respectent, se montrer afin que les clients puissent lui associer un visage et la découvrir ouverte et sympathique, il faut ceci, il faut cela, et à tout ça s'ajoutent les envies personnelles, les défis ménagers liés au déménagement, et rapidement, on ne sait plus où donner de la tête. Alors Victoria, comme à son habitude, s'égare un peu, non pas qu'elle perd le sens des priorités, mais plutôt qu'elle n'en fait qu'à sa tête. Si à la suite d'une journée de travail, elle préfère sortir acheter de quoi se créer un potager plutôt que de déballer les derniers cartons qui traînent dans son salon, elle sortira s'occuper du potager. Après tout, c'est l'été, ce n'est pas une saison pour rester chez-soi !
D'où sa présence à Dogweed & Deathcap un samedi après-midi, un sécateur et des gants dans une main, et des graines dans l'autre.
« Hmm... »
Elle repose le sécateur. Ça, elle en a déjà un, il se fait peut-être vieux mais il fait toujours l'affaire, et de toute façon, elle n'en aura pas besoin tout de suite. Alors que des gants...
Des gants... Victoria tourne avec étonnement le visage vers le sorcier revenu sur ses pas pour s'adresser à elle, oubliant son idée. D'abord surprise puis tout à fait enchantée, presque charmée, elle sourit avec bonheur.
« Vous ne me dérangez pas, vous me flattez ! »
La femme se redresse, ouvre légèrement les épaules, se sachant élégante et se réjouissant que cela puisse se voir. Que quelqu'un se retourne pour la complimenter, c'est inattendu mais ce n'est pas elle que cela dérangera. Même si le ton amusé ne passe pas inaperçu, Victoria prend ce qui la réjouit : le positif, l'étonnement, et l'admiration. Si elle était oiseau elle gonflerait son plumage pour en montrer toutes les couleurs, se sachant assez intelligente pour ne pas perdre la raison devant la flatterie, comme un certain corbeau devant un renard.
« Vous voyez juste, c'est une pièce unique. Elle ne l'était pas au départ, je ne peux pas vous laisser dire qu'elle a été inventée pour moi même si j'aurais aimé, mais elle a été modifiée selon mes directives pour devenir singulière. Ça revient moins cher qu'acheter une pièce unique. »
Elle ajoute la dernière phrase en baissant la voix, dans un air de confidence.
La femme écarte les bras et soulève légèrement une jambe pour se laisser admirer, et s'admirer aussi elle-même, car elle aime prendre soin de son apparence, c'est pour elle un devoir à part entière, pour lequel il est nécessaire d'avoir du goût et de l'intelligence.
« C'est l'été, le soleil est de sorti, il faut bien en profiter pour se faire plaisir ! J'aime faire attention à la façon dont je m'habille et faire retoucher mes robes, on m'a appris qu'il est important d'être toujours propre sur soi et de veiller à son apparence. C'est ce qui tape dans l'œil en premier, vous voyez ? »
Victoria se regarde encore un peu, guettant les incohérences, avant d'en conclure que non, tout est parfait, tout va bien. Elle observe ensuite Christopher, satisfaite de son allure générale.
« Mais ma foi, je vois que vous y faites vous aussi attention. Quoi que vous savez, vous gagneriez à vous redresser un peu, ça ne vous ferez pas de mal ! »
Son ton se fait à son tour amusé, elle sourit et lève la tête, se complaisant dans son rôle de femme élégante et admirée, qui peut alors en profiter pour donner des conseils.
768
à l'intérieur de Dogweed & Deathcap

L'été, c'est la saison du soleil et des fruits, des balades au bord de la mer et des mouvements de brasse dans l'eau, c'est la période durant laquelle on peut siroter une boisson fraiche à la terrasse d'un café et reprendre des couleurs après des mois sous les nuages écossais. L'été, c'est la saison préférée de Victoria, et assurément celle qui lui correspond le mieux. Malgré la chaleur et la fatigue d'une année qui n'en finit pas, la Directrice de la Poste ne se sent jamais plus vivante que lorsque les jours sont aussi longs et les nuits aussi courtes. Changer de travail en été, c'est comme changer de travail sous une bonne étoile : forcément, cela porte chance.
Cependant, il faut savoir jongler entre devoirs et envies, ce qui n'est pas toujours évident pour la sorcière, chez qui les idées naissent et tournent à vive allure. Après s'être occupée des papiers qui trainent dans la Poste, il lui faut se faire connaître en prenant contact avec certains fournisseurs, passer du temps avec les hiboux pour qu'ils l'acceptent et la respectent, se montrer afin que les clients puissent lui associer un visage et la découvrir ouverte et sympathique, il faut ceci, il faut cela, et à tout ça s'ajoutent les envies personnelles, les défis ménagers liés au déménagement, et rapidement, on ne sait plus où donner de la tête. Alors Victoria, comme à son habitude, s'égare un peu, non pas qu'elle perd le sens des priorités, mais plutôt qu'elle n'en fait qu'à sa tête. Si à la suite d'une journée de travail, elle préfère sortir acheter de quoi se créer un potager plutôt que de déballer les derniers cartons qui traînent dans son salon, elle sortira s'occuper du potager. Après tout, c'est l'été, ce n'est pas une saison pour rester chez-soi !
D'où sa présence à Dogweed & Deathcap un samedi après-midi, un sécateur et des gants dans une main, et des graines dans l'autre.
« Hmm... »
Elle repose le sécateur. Ça, elle en a déjà un, il se fait peut-être vieux mais il fait toujours l'affaire, et de toute façon, elle n'en aura pas besoin tout de suite. Alors que des gants...
Des gants... Victoria tourne avec étonnement le visage vers le sorcier revenu sur ses pas pour s'adresser à elle, oubliant son idée. D'abord surprise puis tout à fait enchantée, presque charmée, elle sourit avec bonheur.
« Vous ne me dérangez pas, vous me flattez ! »
La femme se redresse, ouvre légèrement les épaules, se sachant élégante et se réjouissant que cela puisse se voir. Que quelqu'un se retourne pour la complimenter, c'est inattendu mais ce n'est pas elle que cela dérangera. Même si le ton amusé ne passe pas inaperçu, Victoria prend ce qui la réjouit : le positif, l'étonnement, et l'admiration. Si elle était oiseau elle gonflerait son plumage pour en montrer toutes les couleurs, se sachant assez intelligente pour ne pas perdre la raison devant la flatterie, comme un certain corbeau devant un renard.
« Vous voyez juste, c'est une pièce unique. Elle ne l'était pas au départ, je ne peux pas vous laisser dire qu'elle a été inventée pour moi même si j'aurais aimé, mais elle a été modifiée selon mes directives pour devenir singulière. Ça revient moins cher qu'acheter une pièce unique. »
Elle ajoute la dernière phrase en baissant la voix, dans un air de confidence.
La femme écarte les bras et soulève légèrement une jambe pour se laisser admirer, et s'admirer aussi elle-même, car elle aime prendre soin de son apparence, c'est pour elle un devoir à part entière, pour lequel il est nécessaire d'avoir du goût et de l'intelligence.
« C'est l'été, le soleil est de sorti, il faut bien en profiter pour se faire plaisir ! J'aime faire attention à la façon dont je m'habille et faire retoucher mes robes, on m'a appris qu'il est important d'être toujours propre sur soi et de veiller à son apparence. C'est ce qui tape dans l'œil en premier, vous voyez ? »
Victoria se regarde encore un peu, guettant les incohérences, avant d'en conclure que non, tout est parfait, tout va bien. Elle observe ensuite Christopher, satisfaite de son allure générale.
« Mais ma foi, je vois que vous y faites vous aussi attention. Quoi que vous savez, vous gagneriez à vous redresser un peu, ça ne vous ferez pas de mal ! »
Son ton se fait à son tour amusé, elle sourit et lève la tête, se complaisant dans son rôle de femme élégante et admirée, qui peut alors en profiter pour donner des conseils.
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Directrice de la Poste Magique depuis août 2051
Entre deux apiaceae et une liliaceae
Le sourire de Christopher s'agrandit : elle ne le prend pas mal, au contraire même, elle est flattée. Elle se redresse et il devine qu'elle est heureuse de s'être fait complimenter. Il est content d'avoir osé la déranger pour lui faire part de ses pensées. C'est le genre de petits bonheurs simples qu'on peut offrir aux autres sans ne rien demander en retour. C'est agréable de voir l'effet que ses mots ont sur elle, elle ne rougit pas, elle n'est pas gênée, elle se contente d'apprécier, consciente de sa propre allure. C'est une confiance qu'il apprécie.
Christopher se serait effacé avec un sourire si elle s'était contentée de le remercier mais elle n'en fait rien, elle lui parle de sa tenue et il est étonné d'apprendre qu'elle n'est pas unique ; quoi que c'est comme si elle l'était, si elle l'a faite arranger selon ses désirs.
« C'est comme si elle était unique, avec les arrangements que vous avez fait, lui dit-il avec un léger sourire. Je suis impressionné ! »
Même s'il aime lui-même les pièces réellement unique achetée chez des créateurs, des pièces que personne d'autre ne portera, il sait reconnaître le talent quand il le voit, et cette femme est talentueuse, le prouve la belle robe qu'elle porte et qu'elle met en avant en prenant la pose que les gens prennent quand ils veulent se plaire pour une photographie. Christopher s'est éloigné d'un pas pour l'admirer et il l'a montré à la femme en hochant la tête d'un air appréciateur.
Quant au fait qu'on lui a appris d'être toujours propre sur elle ? Il aurait pu se passer de ces précisions mais son sourire n'a pas fléchit. C'est quelque chose d'important pour Christopher, être propre sur lui, mais il déteste l'idée que l'on puisse imposer ça à d'autres. C'est exactement ce qu'on lui a appris à lui : l'apparence est une arme, contrôle-là et tu contrôleras l'effet que tu laisses aux gens que tu croiseras. Ce genre d'éducation créé des adultes soucieux du regard des autres et incapables de se relâcher, d'être à l'aise avec un épi derrière la tête ou avec une tâche sur leur vêtement. Lui-même sait ce que ça fait. Et cette femme, alors ? Pour l'affirmer si sereinement, si franchement... A-t-elle conscience de la prison dans laquelle elle vit ? Ce n'est pas son rôle de le lui faire remarquer, aussi Christopher se contente-t-il de sourire, d'écouter, de pencher la tête sur le côté pour montrer qu'il est entièrement là, présent dans cette discussion.
Un bref rire le secoue quand elle parle de se redresser. Il penche la tête pour se regarder, les dents dévoilées par son rire. Cette grimace cache les mauvais souvenirs que cette phrase ravive chez lui. Se redresser, c'est ce qu'on lui a inculqué toute son enfance. En fait, au lieu d'apprendre à se redresser pour se tenir droit afin de bien présenter, il a plutôt appris durant toutes ses années à Poudlard à se relâcher, apprendre à s'avachir, à sa caler dans un canapé de la salle commune de Serpentard au lieu de s'y asseoir le dos droit et l'air coincé. Ça a été un travail de longue haleine, car on ne se débarrasse pas facilement des règles qu'on nous inculque dans notre tendre enfance en nous faisant croire qu'elles sont essentielles pour bien vivre sa vie.
Loin de se vexer, Christopher sourit et enlève les mains de ses poches.
« J'aime surtout soigner mon style, précise-t-il. J'aime me sentir bien dans ma peau. Alors... »
Il se place face à la femme, le visage ouvert et curieux. Il redresse le dos, ouvre les épaules et se tourne légèrement pour lui montrer son profil. C'est curieux comme il retrouve très facilement la posture qui était la sienne quand il n'était qu'un gamin : le dos droit, le menton légèrement dressé, l'air noble.
« Comme ça ? demande-t-il à la dame. Vous trouvez que ça me va mieux ? »
Christopher se serait effacé avec un sourire si elle s'était contentée de le remercier mais elle n'en fait rien, elle lui parle de sa tenue et il est étonné d'apprendre qu'elle n'est pas unique ; quoi que c'est comme si elle l'était, si elle l'a faite arranger selon ses désirs.
« C'est comme si elle était unique, avec les arrangements que vous avez fait, lui dit-il avec un léger sourire. Je suis impressionné ! »
Même s'il aime lui-même les pièces réellement unique achetée chez des créateurs, des pièces que personne d'autre ne portera, il sait reconnaître le talent quand il le voit, et cette femme est talentueuse, le prouve la belle robe qu'elle porte et qu'elle met en avant en prenant la pose que les gens prennent quand ils veulent se plaire pour une photographie. Christopher s'est éloigné d'un pas pour l'admirer et il l'a montré à la femme en hochant la tête d'un air appréciateur.
Quant au fait qu'on lui a appris d'être toujours propre sur elle ? Il aurait pu se passer de ces précisions mais son sourire n'a pas fléchit. C'est quelque chose d'important pour Christopher, être propre sur lui, mais il déteste l'idée que l'on puisse imposer ça à d'autres. C'est exactement ce qu'on lui a appris à lui : l'apparence est une arme, contrôle-là et tu contrôleras l'effet que tu laisses aux gens que tu croiseras. Ce genre d'éducation créé des adultes soucieux du regard des autres et incapables de se relâcher, d'être à l'aise avec un épi derrière la tête ou avec une tâche sur leur vêtement. Lui-même sait ce que ça fait. Et cette femme, alors ? Pour l'affirmer si sereinement, si franchement... A-t-elle conscience de la prison dans laquelle elle vit ? Ce n'est pas son rôle de le lui faire remarquer, aussi Christopher se contente-t-il de sourire, d'écouter, de pencher la tête sur le côté pour montrer qu'il est entièrement là, présent dans cette discussion.
Un bref rire le secoue quand elle parle de se redresser. Il penche la tête pour se regarder, les dents dévoilées par son rire. Cette grimace cache les mauvais souvenirs que cette phrase ravive chez lui. Se redresser, c'est ce qu'on lui a inculqué toute son enfance. En fait, au lieu d'apprendre à se redresser pour se tenir droit afin de bien présenter, il a plutôt appris durant toutes ses années à Poudlard à se relâcher, apprendre à s'avachir, à sa caler dans un canapé de la salle commune de Serpentard au lieu de s'y asseoir le dos droit et l'air coincé. Ça a été un travail de longue haleine, car on ne se débarrasse pas facilement des règles qu'on nous inculque dans notre tendre enfance en nous faisant croire qu'elles sont essentielles pour bien vivre sa vie.
Loin de se vexer, Christopher sourit et enlève les mains de ses poches.
« J'aime surtout soigner mon style, précise-t-il. J'aime me sentir bien dans ma peau. Alors... »
Il se place face à la femme, le visage ouvert et curieux. Il redresse le dos, ouvre les épaules et se tourne légèrement pour lui montrer son profil. C'est curieux comme il retrouve très facilement la posture qui était la sienne quand il n'était qu'un gamin : le dos droit, le menton légèrement dressé, l'air noble.
« Comme ça ? demande-t-il à la dame. Vous trouvez que ça me va mieux ? »
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Entre deux apiaceae et une liliaceae
L'idée du paraître, chez Victoria, tient plutôt de l'envie de se distinguer, du plaisir de tromper en renvoyant l'image d'un milieu auquel elle n'appartient pas, elle n'est pas enfermée dans cette pensée, elle s'en joue.
Sur les papiers c'est écrit qu'elle a fait des petits boulots à droite à gauche, rien de très sérieux, un temps passé à errer dans des villages et sûrement à s'amuser sans but au lieu de faire des études. Pas d'école après les ASPIC ! Une formation, oui mais tardive, presque sur le tas ! Cela n'invite pas tous les recruteurs à la confiance. Pour représenter un commerce, il faut renvoyer une image idéale. Quelle image idéale renvoit une femme qui n'a aucun diplôme après ses ASPIC et qui a aidé ses parents à gérer une exploitation agricole ? C'est là que la tenue se révèle essentielle : elle tranquillise, charme, plaît, invite à la confiance là où les papiers pouvaient rendre dubitatifs. C'est le style soigné qui convainc. Le style et le bagou, la verve, l'aisance. Victoria trompe avec les apparences. D'où l'importance d'être toujours propre sur soi pour faire bonne impression, le "habille-toi correctement" de sa mère qu'elle n'a jamais oublié.
« Je vous remercie ! C'est du travail, mais je ne le fais pas seule... »
Elle sourit et referme légèrement les bras autour de son corps dans une fausse modestie jouée. Il est vrai qu'elle ne retouche jamais ses vêtements sans aide, bien qu'elle progresse doucement en couture, elle manque de patience et de minutie pour cette activité-là. Victoria en est tout de même assez fière. Après tout, cela naît de ses idées.
Elle pointe son index le temps d'une phrase sur Christopher pour appuyer ses propos.
« Vous avez raison, se sentir bien dans sa peau, c'est important ! »
Victoria pourrait parler longtemps à ce sujet, parce qu'elle en a connu, des personnes mal dans leur peau ! Alors que selon elle, c'est souvent le premier pas à accomplir avant l'épanouissement, c'est une confiance en soi qu'on gagne, c'est le symbole d'un équilibre essentiel, qui pousse vers l'avant.
Mais elle n'a pas vraiment l'occasion de développer, ni n'y songe réellement, car elle est toute happée par le redressement de Christopher. Elle ouvre des yeux surpris et ravis, et reste même un instant la bouche ouverte et souriante avant de s'exclamer.
« Ah oui, il y a une différence ! Vous êtes bien mieux comme ça ! Vous attirez encore un peu plus le regard, vous voyez ? Vous ne sentez pas un changement ? Vous ne vous sentez pas mieux ? »
Victoria s'amuse et se réjouit de la situation : dans un magasin de plantes que l'été dégrade et courbe, le sujet de conversation n'est pas commun.
« Je ne sais pas ce que vous faites dans la vie, mais je crois que vous en surprendriez plus d'un autour de vous en vous redressant de cette manière ! Votre charisme y gagne ! »
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Sur les papiers c'est écrit qu'elle a fait des petits boulots à droite à gauche, rien de très sérieux, un temps passé à errer dans des villages et sûrement à s'amuser sans but au lieu de faire des études. Pas d'école après les ASPIC ! Une formation, oui mais tardive, presque sur le tas ! Cela n'invite pas tous les recruteurs à la confiance. Pour représenter un commerce, il faut renvoyer une image idéale. Quelle image idéale renvoit une femme qui n'a aucun diplôme après ses ASPIC et qui a aidé ses parents à gérer une exploitation agricole ? C'est là que la tenue se révèle essentielle : elle tranquillise, charme, plaît, invite à la confiance là où les papiers pouvaient rendre dubitatifs. C'est le style soigné qui convainc. Le style et le bagou, la verve, l'aisance. Victoria trompe avec les apparences. D'où l'importance d'être toujours propre sur soi pour faire bonne impression, le "habille-toi correctement" de sa mère qu'elle n'a jamais oublié.
« Je vous remercie ! C'est du travail, mais je ne le fais pas seule... »
Elle sourit et referme légèrement les bras autour de son corps dans une fausse modestie jouée. Il est vrai qu'elle ne retouche jamais ses vêtements sans aide, bien qu'elle progresse doucement en couture, elle manque de patience et de minutie pour cette activité-là. Victoria en est tout de même assez fière. Après tout, cela naît de ses idées.
Elle pointe son index le temps d'une phrase sur Christopher pour appuyer ses propos.
« Vous avez raison, se sentir bien dans sa peau, c'est important ! »
Victoria pourrait parler longtemps à ce sujet, parce qu'elle en a connu, des personnes mal dans leur peau ! Alors que selon elle, c'est souvent le premier pas à accomplir avant l'épanouissement, c'est une confiance en soi qu'on gagne, c'est le symbole d'un équilibre essentiel, qui pousse vers l'avant.
Mais elle n'a pas vraiment l'occasion de développer, ni n'y songe réellement, car elle est toute happée par le redressement de Christopher. Elle ouvre des yeux surpris et ravis, et reste même un instant la bouche ouverte et souriante avant de s'exclamer.
« Ah oui, il y a une différence ! Vous êtes bien mieux comme ça ! Vous attirez encore un peu plus le regard, vous voyez ? Vous ne sentez pas un changement ? Vous ne vous sentez pas mieux ? »
Victoria s'amuse et se réjouit de la situation : dans un magasin de plantes que l'été dégrade et courbe, le sujet de conversation n'est pas commun.
« Je ne sais pas ce que vous faites dans la vie, mais je crois que vous en surprendriez plus d'un autour de vous en vous redressant de cette manière ! Votre charisme y gagne ! »
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Directrice de la Poste Magique depuis août 2051
Entre deux apiaceae et une liliaceae
À son sourire, Christopher devine avant même qu'elle parle que son redressement lui plait, qu'il ne la laisse pas indifférente. Elle le confirme quelques secondes plus tard en le complimentant plus que nécessaire. Loin d'être surpris, Christopher sourit avec les dents, amusé de voir l'effet que peut avoir une simple posture plus droite. Lui-même en joue régulièrement : il sait quand se tenir droit et quand ne pas le faire. Au travail, il est comme à la maison. Il n'a pas besoin de faire semblant de se tenir extrêmement droit. Non pas qu'il se tienne constamment avachi non plus ! Il sait se tenir, Morgane merci. Mais il n'y met pas l'ardeur de son enfance. Chez ses parents, la question n'existe même pas : Christopher se tient avachi pour les voir pincer les lèvres et lui lancer des regards désapprobateurs. Par contre, s'il marche dans la rue avec Alice et qu'ils sont dans un moment où ils s'apprécient mutuellement sans se sauter à la gorge, là il pourrait marcher droit pour le simple plaisir de se sentir bien dans ses vêtements, bien dans son corps, et de sentir couler sur eux d’agréables regards appréciateurs — car cela va sans dire qu'Alice Sangblanc a de l'allure et qu'elle le sait.
Ce qui est moins agréable, ce sont les sous-entendus de la femme. Sous ses beaux compliments se cache une vérité qui est moins douce à avaler : elle pense sincèrement qu'il n'est qu'un rustre avachi et nonchalant, et elle aimerait corriger ça. Dans un sens, c'est de sa faute. Il sait très bien comment se tenir et quelle impression il peut renvoyer selon sa posture. Mais aujourd'hui, il n'y a pas pensé, il se contentait de se promener sans chercher à contrôler ce que les autres voient de lui. Qu'elle essaie de corriger sa position, tout en sous-entendant qu'il ferait bien meilleure impression en se redressant, le met mal à l'aise.
Son sourire toujours accroché aux lèvres, bien qu'il ait légèrement diminué, Christopher arrête de jouer et se relâche en se mettant de nouveau face à la femme.
« Je sens le changement, affirme-t-il avec un sourire tranquille, mais je ne dirai pas que je me sens mieux. Je travaille dans un pub. Le Pitiponk, vous connaissez peut-être ? »
Peut-être simplement de nom. De toute manière, qu'importe ? Le lieu où il travaille n'a rien à voir avec sa posture et c'est pour ça qu'il fait ce métier. S'il avait terminé ses études à l'ISDM, peut-être se serait-il retrouvé dans un bureau ennuyant à crever où, là, il aurait dû prendre soin de se tenir droit pour faire bonne impression à ses clients. Tout ce qu'il a toujours fuit.
Sur une impulsion soudaine, Christopher plisse les yeux, un sourire creusant sa joue droite, et il se penche vers la femme comme pour lui confier un secret.
« J'aime bien choisir quand je me tiens droit et quand je ne le fais pas, avoue-t-il d'une voix amusée. Je sais l'effet que je peux donner en me redressant, en changeant un ou deux vêtements, en enlevant quelques bagues, en cachant certains tatouages, fait-il en tendant le bras pour montrer les siens. Et c'est exactement pour ça que je ne fais pas tout ça. »
Parce qu'il s'aime comme il est, Morgane qu'il s'aime comme il est. Christopher se redresse en fouillant le visage de la femme. Il espère secrètement qu'elle sera d'accord avec lui et qu'elle n'est pas le genre de personne qui ne jure que par une apparence parfaite selon les dires de la société.
Ce qui est moins agréable, ce sont les sous-entendus de la femme. Sous ses beaux compliments se cache une vérité qui est moins douce à avaler : elle pense sincèrement qu'il n'est qu'un rustre avachi et nonchalant, et elle aimerait corriger ça. Dans un sens, c'est de sa faute. Il sait très bien comment se tenir et quelle impression il peut renvoyer selon sa posture. Mais aujourd'hui, il n'y a pas pensé, il se contentait de se promener sans chercher à contrôler ce que les autres voient de lui. Qu'elle essaie de corriger sa position, tout en sous-entendant qu'il ferait bien meilleure impression en se redressant, le met mal à l'aise.
Son sourire toujours accroché aux lèvres, bien qu'il ait légèrement diminué, Christopher arrête de jouer et se relâche en se mettant de nouveau face à la femme.
« Je sens le changement, affirme-t-il avec un sourire tranquille, mais je ne dirai pas que je me sens mieux. Je travaille dans un pub. Le Pitiponk, vous connaissez peut-être ? »
Peut-être simplement de nom. De toute manière, qu'importe ? Le lieu où il travaille n'a rien à voir avec sa posture et c'est pour ça qu'il fait ce métier. S'il avait terminé ses études à l'ISDM, peut-être se serait-il retrouvé dans un bureau ennuyant à crever où, là, il aurait dû prendre soin de se tenir droit pour faire bonne impression à ses clients. Tout ce qu'il a toujours fuit.
Sur une impulsion soudaine, Christopher plisse les yeux, un sourire creusant sa joue droite, et il se penche vers la femme comme pour lui confier un secret.
« J'aime bien choisir quand je me tiens droit et quand je ne le fais pas, avoue-t-il d'une voix amusée. Je sais l'effet que je peux donner en me redressant, en changeant un ou deux vêtements, en enlevant quelques bagues, en cachant certains tatouages, fait-il en tendant le bras pour montrer les siens. Et c'est exactement pour ça que je ne fais pas tout ça. »
Parce qu'il s'aime comme il est, Morgane qu'il s'aime comme il est. Christopher se redresse en fouillant le visage de la femme. Il espère secrètement qu'elle sera d'accord avec lui et qu'elle n'est pas le genre de personne qui ne jure que par une apparence parfaite selon les dires de la société.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Entre deux apiaceae et une liliaceae
Victoria ne saisit pas encore correctement Christopher. Peut-être que son franc-parler est indélicat, qu'il le met à mal à l'aise et qu'elle ne le perçoit pas. Si elle se plaît à recevoir ses compliments, elle ne se considère pas comme ayant droit de lui dire quoi faire, quoi être, ou sculpter l'image de ce qu'il doit renvoyer. Ça, c'est propre à chacun, elle est bien placée pour le savoir. Ses paroles sont plutôt à prendre comme des conseils : après tout elle ne sait pas ce que Christopher fait dans la vie ou ce dont il a besoin, peut-être qu'il est question de confiance en soi, peut-être qu'il serait heureux de mieux se tenir et de savoir que cela change quelque chose. C'est lui choisit ce qu'il en fait, elle ne le juge pas.
« Le Pitiponk ? Mais oui, ça me parle ! J'y suis allée quelques fois, oh, il y a bien longtemps ! Les murs sur lesquels on marche, c'est ça ? Ah quand on en a entendu parler, on a été nombreux à aller voir ça ! C'était innovant ! »
Tout ça la replonge en arrière. Elle se souvient de l'ouverture du pub, de ses amis qui lui en avaient parlé, et de Selena qui a quelques années de plus qu'elle, qu'elle ne connaît pas particulièrement mais avec qui elle se souvient vaguement être allée à Poudlard. Cela commence à être vachement lointain, mais en parler éveille les souvenirs.
Victoria revient cependant vite au sujet du jour, car le fait que Christopher ne se sente pas forcément mieux l'enjoint à reconsidérer le sorcier. Elle penche la tête pour l'écouter, attentive, réalisant qu'elle n'avait peut-être pas bien cerné la situation.
Un sourire s'implante finalement sur son visage quand elle comprend que l'allure de l'employé du Pitiponk est plus intentionnelle et délibérée qu'elle ne le croyait. Ça la fait doucement rire d'être passée à côté de l'essentiel, de s'être elle-même faite tromper par Christopher.
« Oh, je vois bien ! Peut-être que vous et moi nous ressemblons plus que je ne l'imaginais. »
Choisir, par des variations et des détails, l'effet que l'on donne, cela parle à Victoria. Choisir l'élégance pour imposer le respect, choisir un langage pour ne pas renier ses racines, choisir une position pour défendre ses valeurs. À Poudlard, elle se fondait dans la masse : pas plus grande, pas plus exemplaire, pas de sang pur, pas d'excellence, une élève comme une autre. Puis elle a appris à se démarquer, à s'exprimer différemment et à sortir du lot. Par choix mais aussi par envie, pour s'autoriser ce grain de folie qui l'a toujours déterminé, mais qui est longtemps resté écrasé.
Elle hésite un instant, le regard posé sur ses mains et sa bague, puis se lance en se disant qu'elle n'a rien à dissimuler, et qu'elle est fière de ce qu'elle est.
« J'ai un parcours original et je ne viens pas d'une famille de grands sorciers, mais chaque jour je prends le temps de m'apprêter, de choisir avec soin mes tenues. Et on me respecte pour cette image que je donne à voir, même si je n'oublie pas d'où je viens. L'effet que je veux créer, je l'ai provoqué. Travailler son image, c'est travailler la manière dont on aime être reconnu et considéré, vous ne trouvez pas ? »
Victoria souriante et détendue, ne peut tout de même pas se retenir de regarder les tatouages présentés par le sorcier, curieuse. C'est qu'il en a beaucoup et qu'elle aime ça, elle, les tatouages. Elle n'en a qu'un, visible aujourd'hui sur son épaule dénudée, la plupart du temps dissimulé comme un secret chouchouté, mais plus souvent révélé en été. Il peut étonner, contraster avec son allure sérieuse et soigné, mais il ne permet que de souligner sa liberté, son assurance, et se fait le symbole de son identité et de sa désinvolture. Elle en est fière.
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« Le Pitiponk ? Mais oui, ça me parle ! J'y suis allée quelques fois, oh, il y a bien longtemps ! Les murs sur lesquels on marche, c'est ça ? Ah quand on en a entendu parler, on a été nombreux à aller voir ça ! C'était innovant ! »
Tout ça la replonge en arrière. Elle se souvient de l'ouverture du pub, de ses amis qui lui en avaient parlé, et de Selena qui a quelques années de plus qu'elle, qu'elle ne connaît pas particulièrement mais avec qui elle se souvient vaguement être allée à Poudlard. Cela commence à être vachement lointain, mais en parler éveille les souvenirs.
Victoria revient cependant vite au sujet du jour, car le fait que Christopher ne se sente pas forcément mieux l'enjoint à reconsidérer le sorcier. Elle penche la tête pour l'écouter, attentive, réalisant qu'elle n'avait peut-être pas bien cerné la situation.
Un sourire s'implante finalement sur son visage quand elle comprend que l'allure de l'employé du Pitiponk est plus intentionnelle et délibérée qu'elle ne le croyait. Ça la fait doucement rire d'être passée à côté de l'essentiel, de s'être elle-même faite tromper par Christopher.
« Oh, je vois bien ! Peut-être que vous et moi nous ressemblons plus que je ne l'imaginais. »
Choisir, par des variations et des détails, l'effet que l'on donne, cela parle à Victoria. Choisir l'élégance pour imposer le respect, choisir un langage pour ne pas renier ses racines, choisir une position pour défendre ses valeurs. À Poudlard, elle se fondait dans la masse : pas plus grande, pas plus exemplaire, pas de sang pur, pas d'excellence, une élève comme une autre. Puis elle a appris à se démarquer, à s'exprimer différemment et à sortir du lot. Par choix mais aussi par envie, pour s'autoriser ce grain de folie qui l'a toujours déterminé, mais qui est longtemps resté écrasé.
Elle hésite un instant, le regard posé sur ses mains et sa bague, puis se lance en se disant qu'elle n'a rien à dissimuler, et qu'elle est fière de ce qu'elle est.
« J'ai un parcours original et je ne viens pas d'une famille de grands sorciers, mais chaque jour je prends le temps de m'apprêter, de choisir avec soin mes tenues. Et on me respecte pour cette image que je donne à voir, même si je n'oublie pas d'où je viens. L'effet que je veux créer, je l'ai provoqué. Travailler son image, c'est travailler la manière dont on aime être reconnu et considéré, vous ne trouvez pas ? »
Victoria souriante et détendue, ne peut tout de même pas se retenir de regarder les tatouages présentés par le sorcier, curieuse. C'est qu'il en a beaucoup et qu'elle aime ça, elle, les tatouages. Elle n'en a qu'un, visible aujourd'hui sur son épaule dénudée, la plupart du temps dissimulé comme un secret chouchouté, mais plus souvent révélé en été. Il peut étonner, contraster avec son allure sérieuse et soigné, mais il ne permet que de souligner sa liberté, son assurance, et se fait le symbole de son identité et de sa désinvolture. Elle en est fière.
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Directrice de la Poste Magique depuis août 2051