Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre

INK'TOBER 2026
version EEC

maison victoria hebrides

Ce recueil d'OS initié par l'Ink'tober aura pour vocation de retracer certains moments de la vie de Victoria qui auront eu lieu dans sa jeunesse, et plus généralement durant les 57 années qui précèdent sa prise de fonction à la Poste Magique.
(Cela risque de ne pas être posté dans un ordre chronologique...)


PNJ :
Angus McBee - PNJ actif
Suzan McBee - PNJ actif
Aisha Drury - PNJ actif
Remi Foster - PNJ actif


SOMMAIRE :
1. Pomme (été 2006)
2. Relique (août 2010)
3. Miniature (février 2015)
4. Mandragore (automne 2006)
5. Gifle (septembre 2018)
6. Ogre (novembre 2031)
7. Panique (été 2039)
8. Puant (février 2008)
9. Bélier (juin 2026)
10. Divination (juin 2042)
11. Periculum (juillet 2044)
12. Sortilège (automne 2005)
13. Fragile (printemps 2049)
14. Spectacle (août 2042)
15. Banquet (octobre 2047)
16. Inferi (novembre 2002)
17. Bidule (été 2023)
18. Sans ailes (hiver 2009)
19. Confus (printemps 2022)
20. Salon (novembre 2010)
21. Héros (mai 2038)
22. Balise
23. Chic
24. Cuire
25. Fracture
26. Zip
27. Veracrasse
28. Trophée
29. DCFM
30. Patacitrouille
31. Flexion
Dernière modification par Victoria McBee le 21 oct. 2026, 23:19, modifié 13 fois.

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Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre
INK'TOBER DE L'EEC - JOUR 1 : Pomme
Mots placés : champignon, feuille, forêt, brouillard, automne,
arbre, pomme, évolution, réussite, travail, pluie, bruine



un jour de l'été 2006
dans les Hébrides, près de la maison des McBee



Après deux années passées à Poudlard et quelques visites ponctuelles en-dehors de ses Hébrides natales qui lui sont pourtant très chères, Victoria ne peut que constater avec regret que les îles dans lesquelles elle a grandi manquent d'arbres. Les forêts ne sont pas courantes en Écosse, et c'est bien dommage. Non pas parce que la jeune Serpentard aime se promener sous les cimes de longues heures à respirer l'air frais et à cueillir chaque champignon présent sur son chemin en poussant une chansonnette, mais parce qu'elle aime jouer entre les troncs, grimper dans les branches, et même sortir d'une après-midi amusante avec une feuille coincée dans sa tignasse.

Les bois, c'est aussi une ambiance, un mystère. Quand Victoria regarde la forêt interdite, de Poudlard, enveloppée de brouillard en automne, ça lui rappelle les films d'horreur moldus qui la font frissonner. Sauf que cette fois, il y a vraiment des créatures dangereuses qui se cachent dans les sous-bois. On ne dirait pas comme ça, de loin, parce qu'on ne peut pas deviner ce qu'on ne voit pas, mais quand même, il y a dans ces histoires vraies de quoi attiser les rêves pour certains et les cauchemars pour d'autres.

Ainsi, la petite Victoria, déjà bien grande pour son âge, s'est languie tout l'été d'un arbre sur lequel grimper. Jusqu'à pousser ses expéditions chaque jour un peu plus loin. Avec sa sœur, elles accompagnent leur mère dans les grandes vallées pour faire brouter leur troupeau de vaches sur les terrains les plus verdoyants, parfois mis à leurs dispositions par leurs voisins pour qu'ils soient entretenus. C'est le cas aujourd'hui.

Le voisin Archie est l'heureux propriétaire d'un petit verger, en plus de nombreux hectares au bord de la mer. Sympathique et bienveillant, il ne voit aucun problème à ce que les enfants McBee utilisent son accès à la mer où viennent grignoter quelques-uns de ses fruits. C'est en pensant à lui que Victoria a su que son été serait merveilleux.

Elle tire avec elle Suzan, qui du haut de ses sept ans suit sa grande sœur partout pour faire la course jusqu'au grand pommier de Monsieur Archie. Victoria accélère pour ne pas la laisser gagner et grimpe la première dans l'arbre. Si sa petite sœur veut la rejoindre, elle le lui interdit, criant perchée sur l'une des branches qu'elles lui enverra des pommes et que c'est trop dangereux pour Suzan de monter. Bienveillance de grande sœur ou plaisir à être seule au sommet de son univers ?

De là où elle est, Victoria a une vue splendide sur le verger du voisin Archie. Elle croque une pomme en regardant la mer après avoir laissé tomber un autre fruit bien rouge à Suzan. Sa contemplation n'est dérangée que par les paroles de cette dernière. La petite est une grande timide, discrète à la maison, pas bien bavarde, elle travaille bien donc on ne s'en préoccupe pas trop. Sauf Victoria qui s'est particulièrement attachée à elle. Elle irait cueillir une pomme dans l'arbre le plus haut du monde pour sa petite sœur. Pourquoi elle, elle ne pourrait pas l'expliquer, c'est comme ça, elle lui laisse tomber des fruits mais elle, elle ne pourra jamais la laisser tomber.

Suzan se confie à Victoria. C'est la seule avec qui elle se montre bavarde. Elle parle de ses cours, de la vie à la maison pendant que la Serpentard est à Poudlard, des saisons, de ce qu'elle aime, et pose des questions sur la grande école dont elle ne pourrait même pas imaginer le nombre de pièces, trop curieuse, ayant hâte de s'y rendre et restant pourtant terrifiée par cette idée. Victoria aime écouter sa sœur et lui répondre. C'est leur moment à toutes les deux. Avec quelques pommes pour le goûter, c'est encore mieux.

Le pommier les accompagne toutes les deux dans leur évolution, d'échecs en réussite. Victoria raconte à sa sœur, sur un coup de tête, qu'il ne faut pas manger les graines à l'intérieur de pommes parce que les fées les collectent pour s'en faire des boucles d'oreilles et d'autres bijoux. Si si, elle le sait, elle l'a appris en cours à Poudlard, parce qu'on apprend toutes sortes de choses là-bas, des éléments très intéressants sur la vie et le monde, même si oui il y a beaucoup de travail, mais ça ne lui fait pas peur le travail ! Et bien sûr que Victoria a déjà vu des fées ! Pas Suzan ? Oh, elle en verra c'est sûr ! Si elle reste sage ! Les fées n'aiment pas les enfants pas sages qui jettent les graines de pomme n'importe où.

Après s'être balancée longtemps dans l'arbre, parfois dangereusement sous les yeux ahuris de Suzan, qui, elle, aurait aimé rejoindre sa sœur, Victoria redescend d'un bon sur le sol. Elle attrape quelques pommes déjà tombées pour jongler sous le regard tout à fait conquis de Suzan. Qu'est-ce qu'elle aime l'admiration qu'elle lit dans ses yeux.

Mais le temps passe, les nuages débarquent, et Victoria n'a vraiment pas envie de se retrouver sous la pluie ou trempée par la bruine qui peut arriver d'une minute à l'autre sur ces îles reculées. Elle attrape Suzan par le bras et la défit une nouvelle fois de courir le plus vite possible jusqu'aux vaches.

Avant de partir, elles arrangent les pommes en cercle au pied du pommier, pour que les fées puissent s'asseoir et se reposer après leur dure journée de vol. Elles font des graines de pomme un petit mont, puis partent en courant les poches alourdies par les fruits.

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Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre
INK'TOBER DE L'EEC - JOUR 2 : Relique
Mots placés : Samhain, carrière, travail, diplôme, arbre, feuille,
automne, équinoxe, cocooning, réussite, reconversion,
commerce, gallions, bourse, pomme



fin août 2010
dans les Hébrides, près de la maison des McBee



« Ils t'ont dit de prendre le Comète 140 de Papa ? Le Comète 140 ?! Mais c'est une relique ! »

Victoria bondit du banc en bois sur lequel elle était assise, les yeux exorbités. Suzan va apprendre à voler cette année, parce qu'elle va rentrer à Poudlard. Quel moment plus incroyable et merveilleux et exceptionnel qu'un premier cours de vol ?! Suzan sur un balai ! Peut-être qu'elles pourront s'entraîner ensemble ? Peut-être que Suzan rentrera dans l'équipe de Quidditch ?!

Victoria a beaucoup d'espoirs pour sa sœur, parce qu'elle est passionnée de ce sport de vol sur balai. Elle est convaincue que la jeune sorcière sera à l'aise dans les airs avant Samhain. Suzan réussit tout, elle est intelligente, talentueuse, persévérante. Elle n'a peut-être pas l'âme d'une Serpentard, ni l'esprit de compétition des Gryffondor, mais ça n'a jamais empêché quelqu'un de ne pas rentrer dans une équipe de Quidditch, ça ! Surtout si on ajoute à l'équation l'admiration que la jeune McBee a pour son aînée. Il y a de fortes chances pour qu'elle suive ses pas à Poudlard, avec plus de sagesse, assurément, et qu'elle choisisse de s'investir dans le Quidditch. Peut-être même qu'elle pourrait avoir une belle carrière dans ce sport, elle est plus assidue que sa sœur, son travail est meilleur. Et elle n'est pas aussi casse-cou.

Suzan regarde celle qui obtiendra bientôt son diplôme des ASPIC avec des yeux de chien battu.

« T'énerve pas pour ça, s'teuplaît... Moi ça me va bien le Comète de Papa...
– Nan ça t'ira pas ! Tu t'rends pas compte ! Il a pas volé depuis AU MOINS 10 ans ! Il traîne dans la remise, il est pas entretenu, il est dépassé !! Un Comète 140 ! C'est une relique je te dis ! Ça se garde en souvenir mais ça s'utilise plus !
– Mais je fais comment, moi, Vic', si j'ai pas de balai ? »

Sa voix plaintive, en ce jour d'août, tape presque sur les nerfs de Victoria. Mais c'est Suzan, elle ne peut pas lui en vouloir, elle ne peut pas s'énerver contre elle puisqu'elle l'aime plus que tout. Pourtant, elle est énervée, Victoria.

« Bah tu prends pas celui-là ! »

La jeune adulte enfonce ses mains dans ses poches en faisant de grands pas autour de sa sœur.

Quelle idée ont eu ses parents ! Victoria a toujours détesté les Comète, elle trouve que ce ne sont pas d'aussi bons balais que les Nimbus. Ah ça, Nimbus, c'est une vraie marque ! Ça vole, un Nimbus ! Mais un Comète ? Et le Comète de son père ? Il est d'une autre époque ! On fait de bien meilleurs balais maintenant ! Il devait même plutôt appartenir à son grand-père qu'à son père, parce que c'est sûr qu'il n'a pas été créé après les années quarante. Avec un objet comme celui-ci, Victoria craint que sa sœur ne parvienne qu'à foncer dans un arbre, en fasse tomber les feuilles avant l'automne, et finisse par passer l'équinoxe à l'infirmerie à cause d'une sale chute. Ça n'est vraiment pas cocooning comme endroit à Poudlard, l'infirmerie. Mieux vaut en rester loin.

Victoria s'arrête, soupire, et réfléchit. Derrière elle, Suzan est toujours inquiétée par l'état de sa sœur. Elle n'est même pas sûre qu'elle aimera le Quidditch, les hauteurs ça lui fait peur. Et si son premier vol sur balai n'était même pas une réussite ?

« Oublie cette relique de Comète 140. Mieux vaut emprunter les balais de l'école que ce truc plein de poussières. J'trouverai une solution, t'auras le meilleur pour tes années à Poudlard, sois-en sûre. »

Victoria s'approche de Suzan pour la prendre dans ses bras. Elle grandit tellement vite, Suzan.

« Mais Vic'...
– Chhhht ! Ce truc-là il est dangereux, laisse-le dans la remise ! Il n'est plus bon que pour frotter le sol. »

Ce qui n'est pas une mauvaise reconversion pour un balai.

Victoria a une idée bien arrêtée : il lui arrive de faire un peu de commerce à Poudlard, d'échanger des choses pour les revendre ailleurs. Avec les ans elle a mis un ou deux gallions de côté, en économie. Pas encore de quoi acheter un balai tout neuf, mais ça viendra. Elle se débrouillera pour que sa bourse soit assez remplie pour Noël. Avec de la bonne volonté, on arrive à tout ! Ça fera un super cadeau pour Suzan, ça, un balai.

Victoria embrasse sa sœur sur le front.

« Tout le reste est prêt ? Il te manque rien pour Poudlard ?
– Oui j'crois que c'est bon, j'ai tout.
– Tu veux que je vérifie avec toi ?
– Hmm.. Euh... Oui peut-être...
– Ok on fera ça ce soir après le repas ! »

Victoria s'éloigne de Suzan et enfonce de nouveau ses mains dans ses poches. Le sourire de sa jeune sœur est irrésistible. Elle est encore haute comme trois pommes et elle entre déjà à Poudlard ! Victoria ose à peine y penser.

Elle referme la porte de la remise sur le vieux Comète 140, soulagée qu'il puisse rester là. Ça ne plaira peut-être pas à ses parents au départ, mais tant pis, ils comprendront. Victoria ne veut que le meilleur pour Suzan. Que le meilleur !

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Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre
INK'TOBER DE L'EEC - JOUR 3 : Miniature
Mots placés : automne, feuille, arbre, châtaignes, champignons, travail



février 2015
en Angleterre, dans un musée


Avant Aisha, Victoria ne s'intéressait pas beaucoup à l'art. Dans les Hébrides, l'œuvre c'est celle du vivant, de la nature, le beau c'est ce qu'il y a autour de soi, du papillon aux chardons qui poussent dans les vallées. Les McBee eux-mêmes ne sont pas vraiment artistes. La mère McBee sait coudre, c'est indispensable, et le père McBee joue de la flûte et dessine. Mais en-dehors de ces pratiques, rien : les McBee ne sortent pas au musée (de toute manière il n'y en a pas beaucoup dans les Hébrides), les McBee ne sont pas de grands lecteurs, les McBee écoutent plus la musique des cloches que celle des orchestres, et les McBee façonnent le fromage plus régulièrement que la terre cuite. Alors pour Victoria, l'art a longtemps été réservé à une certaine classe de personnes qui passent plus de temps à réfléchir et à entrer en méditation qu'à agir. Puis elle a rencontré Aisha.

Aisha n'est pas particulièrement artiste mais Aisha aime l'art. Surtout celui qui se mêle au quotidien, qui ne s'expose pas mais qui se rencontre, s'utilise ou se fait traducteur direct de scènes de la vie. Elle aime la peinture, le cinéma, la photographie, la musique, la poterie, et tout ce qui lui parle facilement, tout ce qu'elle comprend. L'art qui se réfléchit, ce n'est vraiment pas pour elle.

« Regarde ça c'est une miniature. C'est comme une œuvre normale, mais faite en tout petit. »

Alors elle entraîne Victoria dans les musées pour la voir s'émerveiller sur fond d'un couronnement du dixième siècle.

La miniature sur laquelle elles sont penchées orne la double page d'un vieil ouvrage. Toute en arabesque et sur le thème de l'automne, elle présente quelques animaux, des feuilles joliment peintes de couleurs vives, un grand arbre et un homme tenant un panier de châtaignes. Des champignons énormes sont représentés à ses pieds. Quel travail de minutie ! Victoria est tout simplement impressionnée.

« Mais pourquoi faire si petit ? Est-ce que cela a été fait avec des petits pinceaux dans un petit atelier par de petites mains ? »

Aisha rit, s'amuse. Elle aime emmener Victoria dans les musées parce que tout le monde est concentré sur les œuvres avec un sérieux démesuré et personne ne fait attention à elles quand elles se tiennent la main où se rapprochent drôlement penchées sur une œuvre.

Rien n'est minuscule aussi avec Victoria. Les éclats de rire sont larges, l'amour est grand, les sorties sont longues, et même les petits dessins sur une double page prennent un intérêt démesuré. Il n'y a pas besoin de plisser les yeux pour apercevoir ce qui saute aux yeux. Les deux femmes sont heureuses ensemble, tout paraît simple et même les musées les plus ennuyeux d'apparence deviennent piqués de paillettes.

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Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre
INK'TOBER DE L'EEC - JOUR 4 : Mandragore
Mots placés : travail, automne, feuille, arbre, champignon,
brouillard, Samhain, cocooning, pluie, bruine



novembre 2006
cours de botanique, Poudlard


Victoria apprécie les cours de Madame Chourave et n'a rien contre le travail de la terre et l'entretien de plantes, mais faire ça dans des serres et non à l'extérieur dans de grands espaces, ça la dépasse, elle se sent mise en boîte. Dehors l'automne fait tomber les feuilles des arbres quand il ne les colore pas de marron ou de rouge, et eux les élèves de Poudlard de troisième année sont obligés de rester cantonnés dans des serres. Mais pourquoi ?! Qui a envie de parler de mandragore alors qu'il y a des champignons à étudier dans le parc de Poudlard ? Des couleurs aussi belles à l'extérieur ? Ne serait-ce pas plus intéressant pour cette période de sortir dans le parc ? On pourrait même voir, au matin, le brouillard qui recouvre l'horizon depuis Samhain... Mais tout les autres élèves le savent et ne s'en plaignent pas pour autant : les serres chauffées sont beaucoup plus cocooning.

Pourtant en ce jour de novembre Victoria partage exceptionnellement leur avis et est bien contente d'être à l'intérieur à cause de la pluie battante qui tombe sur le parc de Poudlard. On est finalement aussi bien dans les serres.

Ce cours sur les mandragores la marquera longtemps. Non pas à cause des plantes qui ressemblent à d'horribles bébés, ou à cause de la bruine visible qui tombe durant tout le cours, ou même des serres dans lesquelles ils sont enfermés alors que le parc attire davantage Victoria, mais plutôt parce que c'est durant ce cours qu'elle deviendra amie avec Aisha.

Elles se connaissent rapidement grâce au Quidditch, mais elles ne sont pas de la même promotion. Victoria est en troisième année quand Aisha est en deuxième année. Alors, quand la plus âgée participe au cours avec son cache-oreilles verts qui atténue tous les bruits extérieurs, Aisha n'est pas dans la même serre. Elle est dans la serre voisine, rentrée de justesse à cause de la pluie elle travaille à même le sol. Elle n'entend pas le cours qui a lieu à côté mais elle peut voir certains élèves, dont Victoria, avec sa mandragore sur la table.

Victoria déconcentrée qui n'écoute pas et travaille mal, Victoria maladroite qui se trompe dans ce qu'elle doit faire, Victoria tête en l'air qui ne suit absolument pas le cours, Victoria qui manque de sérieux, qui fait des grimaces à Aisha et lève les yeux au ciel dès que la professeure s'éloigne, Victoria qui mime des mots en articulant la bouche sans émettre le moindre son. C'est drôle, ça fait rire Aisha qui essaye tant bien que mal de réviser, mais qui se retrouve à répondre avec d'autres grimaces et mimiques quand Madame Chourave a le dos tourné, pour se replonger dans ses manuels quand elle revient.

Ça en fait le cours de botanique le plus amusant et le plus génial de la scolarité de Victoria. Même si les mandragores sont hideuses et qu'elles crient, et qu'il faut les planter mais que c'est compliqué, que le contenu du cours ne la passionne pas parce qu'elle n'y voit pas d'intérêt, n'ayant pas envie d'avoir des mandragores chez elle, les heures d'enseignement la marquent pour toute la vie.

Aisha la fait rire, elle doit retenir des gloussements et des éclats de rire. Son ventre lui fait mal à cause de sa retenue, ses joues la brûlent. Aisha mime une mandragore qui hurle et Victoria n'a qu'une envie : se plier en deux. Madame Chourave ne remarque rien, et c'est encore plus amusant. Quand Aisha disparaît dix minutes avant de revenir, ce sont les minutes les plus longues que Victoria ait connu. Puis quand elle revoit ses yeux sombres, son visage s'illumine.

Victoria se remet à faire le clown. Elle mime des mots en articulant exagérément, des « on dirait un bébé trop moche » et des « S.O.S » avec de gros yeux en soulevant la mandragore. Les camarades de Victoria finissent par la regarder bizarrement, sourire et rire un peu avec elle, en essayant de se retenir pour ne pas faire de bruit. Puis la professeure les remarque, Victoria est trahie, et Aisha se voit obligée de quitter les serres pour ne pas « distraire les élèves qui travaillent ». Avant de s'en aller elle mime le geste d'un batteur de Quidditch en désignant la direction du stade du doigt. Rendez-vous pris !

Après cela il parait qu'elles ne se quitteront plus.

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Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre
INK'TOBER DE L'EEC - JOUR 5 : Gifle
Mots placés : travail, diplôme, gallions, commerce,
carrière, café, pomme, cannelle, cocooning, réussite,
bourse, brouillard, châtaigne, évolution



septembre 2018
en Angleterre


Quand Suzan est sortie de Poudlard, Victoria a quitté la maison familiale pour emménager en Angleterre avec sa sœur. C'est elle qui s'est brusquement occupée de tout, aménageant son temps entre travail et tâches ménagères pour que Suzan se sente comme chez elle et que tous ses besoins soient satisfaits. Depuis l'obtention de son diplôme des ASPIC, Victoria erre à droite à gauche, effectuant des services, tantôt embauchée par ses parents dans l'entreprise agricole, tantôt travaillant en ville ou dans les Hébrides. Ce n'est pas stable, ce n'est pas sûr, mais ça lui convient et ça lui permet de mettre des gallions de côté, qui lui sont bien utiles aujourd'hui pour payer son premier loyer.

Depuis quelques temps, elle se spécialise davantage dans le commerce, s'écartant doucement du milieu agricole. Victoria aime être au contact des gens, discuter, échanger, négocier, faire des rencontres. Elle aurait pu, un moment, avoir la carrière de ses parents et reprendre l'entreprise familiale, mais elle a laissé cette tâche à son frère aîné. Elle a la bougeotte, le besoin d'être stimulée, et l'envie de découvrir la ville, milieu dans lequel elle s'épanouit vite. Elle aime les Hébrides plus que tout, mais elle veut voir ailleurs, puisqu'elle sait qu'elle ne fera pas d'études. C'est sa manière à elle de couper sainement le cordon qui la relie à ses parents. Elle se laisse porter par les opportunités.

Depuis quelques semaines, Victoria travaille dans un pub anglais situé près de Flagley-le-Haut. Elle sert les cafés, les jus de pomme et les boissons à l'odeur de cannelle dans une ambiance cocooning mais toujours rythmée. Ça lui plaît, c'est une bonne serveuse, et elle a une certaine réussite auprès de la clientèle. Sa bourse se remplit bien entre pourboires et services, même s'il y a des jours plus difficiles que d'autres.

Un soir de septembre, alors que Suzan a quelques problèmes en classe qui embêtent et préoccupent Victoria, son service ne se passe pas comme prévu. La jeune femme a la tête ailleurs et commence à se lasser du pub, ou à fatiguer de la restauration. Elle a envie de changements, de retourner dans des lieux plus vivants, peut-être à Londres, et de trouver un emploi plus étonnant, qui la mette au défi. Alors, la tête ailleurs, elle n'est pas très concentrée et souriante. Ça arrive à tout le monde d'être dans le brouillard, de ne pas être tout à fait présent. Sauf que cette fois, ça fait le malheur d'un client exigeant, qui prend personnellement ce qu'il juge comme étant un affront.

Victoria doit subir ses critiques qu'elle prend comme une gifle. Il la dénigre, la rabaisse, et elle doit continuer à sourire, à être polie et patiente. Pourtant elle a très envie de le gifler en retour, mais avec le plat de sa main, surtout quand il se met à juger sa tenue. Mais pour qui se prend-il ? Elle en entend des vertes et des pas mûres, c'est vrai, mais ça reste rare, et heureusement ! Les gens du milieu sont plutôt bienveillants. Sauf certains qui n'ont aucune éducation, aucun savoir-vivre, et qui se sentent tout-puissants, se donnant le droit de vous blesser, de vous critiquer, comme si vous étiez à leur service. Victoria est en colère. Il n'arrête pas de la frapper avec ses paroles. Elle s'en va corriger son erreur, et en revenant il en rajoute une couche, il l'humilie. Quel veracrasse ! Pour qui se prend-il ?

Victoria serre les dents. Elle reste tranquille pour ne pas se faire renvoyer mais elle se défendrait bien en donnant une châtaigne à ce visage qui se croit tout permis. Mais ça ne se fait pas, et elle a, elle, assez de jugeote pour ne pas rentrer dans son jeu et réagir au quart de tour comme il l'espère. Elle a presque envie de lui renverser son cocktail dessus, par mégarde, mauvais geste, parce qu'elle est tellement maladroite.

Heureusement la fin du service approche. Victoria pense à Suzan, c'est ce qui lui permet de garder le dos droit. Qu'on la gifle en public avec des paroles irrespectueuses ! Elle aura tout vu ! Il y a bien quelques clients pour calmer l'homme qui l'agresse, mais celui-ci n'en démord pas. Alors elle reste détachée et fière, insensible mais brûlante de colère, blessée.

Peut-être qu'il est temps de lancer une petite évolution de carrière, de s'éloigner des pubs, ça ne peut pas lui faire de mal.

En rendant sa monnaie à ce client qu'elle abhorre, Victoria remplace quelques pièces par de l'or de farfadet. C'est sa petite vengeance, le sourire qu'elle s'autorise en le regardant partir. Le pauvre ne se rendra compte de rien et croira devenir fou. C'est mérité.

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Directrice de la Poste Magique depuis août 2051

Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre
INK'TOBER DE L'EEC - JOUR 6 : Ogre
Mots placés : automne, brouillard, évolution, travail,
bourse, reconversion, diplôme, carrière, commerce,
forêt, pomme, arbre, châtaigne



novembre 2031
à Mochdinam, chez Victoria


Victoria aime, en cette période douloureuse et pour ces jours d'automne qui assombrissent son humeur, accueillir Remi chez elle, le temps d'un après-midi ou d'une journée, et profiter de sa candeur, son naturel, et la fraicheur de sa jeunesse qui n'a rien à redouter. Il la fait revivre. Car le temps est rude, le brouillard règne.

Il y a quelques mois, Suzan a déménagé au Pays de Galles, et Victoria l'a suivie pour s'installer non loin, elle a cessé ses petits boulots pour accompagner sa sœur dans son évolution. Au départ, l'instabilité paraissaient temporaire : Victoria a toujours su se débrouiller, être là où il fallait, trouver assez de travail pour s'assurer une bourse un minimum remplie. Cependant depuis son déménagement, aucune de ses tentatives n'aboutit. Échec sur échec, on ne veut d'elle nulle part, ou alors pas longtemps. Jamais elle n'a connu une période aussi complexe. Même ses sorties à la mer ne suffisent plus à la revigorer. Heureusement, ce n'est pas femme à perdre espoir, et elle songe ainsi à une reconversion, si tant est qu'on puisse donner ce nom à un changement de profession pour quelqu'un qui n'a aucun diplôme après ses ASPIC. Victoria s'imagine débuter une formation pour faire carrière dans le commerce. Tout reste à définir, à mettre en place et à organiser, mais c'est un plan qui pourrait lui permettre de garder la tête hors de l'eau. Elle en rêve presque.

Remi est assit sur ses genoux. Il réclame son histoire du soir avec avidité, accroché à cette tradition qui prend place chez lui. Il lui fait du bien, Remi, c'est son rayon de soleil et la prunelle de ses yeux. Mais Victoria, prise par d'autres songes, a oublié de prendre chez Suzan un livre à conter à son neveu, et n'en ayant pas chez elle, elle se voit contrainte d'ouvrir un roman au hasard pour en imaginer l'histoire.

Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de livre pour enfant qu'il n'y a pas d'histoire pour l'enfant !

« Le grand ogre de la forêt des pommes de pin...
– Mais Marr...
– Tututut ! C'est moi qui parle ! Sinon on arrête là tout de suite !

Donc, le grand ogre de la forêt des pommes de pin passait ses journées à secouer de gros arbres pour espérer en faire tomber son met préféré : des châtaignes bien craquantes.

– Oh ! »

Le petit Remi s'exclame. Lui aussi raffole des châtaignes, ils en ont mangé tout à l'heure avec Victoria. Coïncidence ou évidence ?

« ... Il aime en remplir des paniers entiers pour les cuisiner à ses amis les autres ogres et leur en faire cadeau afin de partager son plaisir avec ceux qu'il aime. Cet ogre-là est très généreux et très gentil, et il aime vraiment faire des cadeaux. Mais ses amis, eux, bien que voraces et toujours le ventre plein d'un appétit immense, lui préfèrent d'autres mets plus colorés et présents toute l'année, comme le steak végétal et la purée de...
– Mais les ogres c'est pas végétariens...
– Chhht ! Ceux-là, si ! Laisse-moi poursuivre !

Bon bon bon...

Un après-midi, alors qu'il se baladait son panier sous le bras durant sa saison préférée, notre ogre adepte de châtaignes a été surpris par un gros BOUM suivi de craquements et de bruits de chute. Un autre ogre végétarien...
»

Victoria brode, invente en fonction de ce qui lui traverse l'esprit, y mêlant des éléments de son quotidien et des clins d'œil à ses activités avec Remi, amusée par la perplexité de celui-ci et la manie qu'il a à toujours poser de drôles de questions et à l'interrompre.

Au départ, l'enfant de Suzan s'interroge beaucoup, devinant l'inhabituel qui secoue l'histoire, puis il se laisse emporter par le récit surprenant que Victoria construit, jusqu'à retenir son souffle, sursauter ou rire aux éclats. Elle joue avec lui, construit une histoire dans laquelle les ogres ne sont ni terrifiants ni mangeurs de chair humaine. Puisqu'ils n'existent pas, pourquoi s'en servir pour terroriser les enfants ? Les banshee suffisent, non ? C'est la Victoria anticonformiste, la Victoria punk qui détourne les règles du monde.

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Directrice de la Poste Magique depuis août 2051

Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre
INK'TOBER DE L'EEC - JOUR 7 : Panique
Mots placés : brouillard, pluie, réussite



été 2039
Écosse, chez Victoria et Aisha


Victoria ralentit devant la vitrine de Keddle & Leather. Elle passe rarement au Chemin de Traverse, et à chaque fois le magasin lui fait de l'œil, lui remémore ses années dans l'équipe de Quidditch de Poudlard et lui donne envie de remonter sur un balai. Elle suit de près les actualités concernant la sortie de nouveaux balais, et elle entretient avec grand soin le sien, le sortant régulièrement pour voler au-dessus de la campagne écossaise, jusqu'à la mer. Mais elle ne l'a pas aujourd'hui. C'est étrange. Qu'est-ce qu'y l'amène, déjà ? Que venait-elle faire ? Elle ne se rend jamais au Chemin de Traverse pour flâner...

Des sorciers attirent son attention, de l'autre côté de la rue. Ils crient, ils hurlent, certains courent. Qu'est-ce qu'il leur prend à ceux-là ? Victoria se détache de la vitrine, s'approche pour en savoir plus, mais c'est comme si les mots qui sortaient de leurs lèvres étaient d'une langue inconnue : elle ne comprend rien. Tout le monde s'active, des sorciers posent des mains choquées sur leur bouche, pétrifiés. Et Victoria ne comprend pas. Qu'est-ce qu'il y a ? Elle essaye de les interpeller, s'énerve. C'est comme si un brouillard l'enveloppait. Elle ne discerne rien. La panique règne et l'entraîne car le monde semble devenir fou.

Suzan sort brusquement de nulle part. Ah, quel hasard ! Étaient-elles venues ensemble ? Non, Victoria était seule... Mais alors qu'est-ce qu'elle fait là ? Elle ne travaille pas ? C'est qu'il se passe vraiment quelque chose... Ça inquiète encore davantage Victoria. D'autant plus que Suzan pleure. Sa petite sœur sanglote, le visage rouge, de la morve lui coule du nez et ses joues sont sillonnées de larmes.

« Vic' ! C'est Poudlard ! Ils ont attaqué Poudlard ! Et il y a Remi dedans, et... »

Le sang de Victoria se fige dans ses veines. C'est ce que les autres sorciers disaient, elle en est désormais convaincue, mais il n'y a que lorsque sa sœur le formule que les mots lui sont compréhensibles. Pourtant une part d'elle ne veut pas comprendre, se refuse à comprendre.

« Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ? »

Elle a l'impression de parler à travers un rideau de pluie battante. D'ailleurs, il s'est mis à pleuvoir. Son cœur bat fort, elle ne s'en était pas rendue compte, mais il s'est mis à pleuvoir et elles sont toutes les deux trempées, Suzan et elle. Mince, la fenêtre de toit de sa maison était restée ouverte. Et son balai dehors.

« Il faut que j'y aille, Vic', lâche-moi ! »

Suzan se débat pour que Victoria ne la retienne plus par le bras. Elle secoue jusqu'à arracher son bras de la poigne de sa sœur. Elle pleure, le monde est fou, tout est bruyant et il pleut.

« Suzan ! Je ne comprends pas !
– Je peux transplaner à Poudlard, il faut que j'y aille tout de suite ! »

Quoi ? Comment ? Poudlard ? Mais c'est impossible de transplaner à Poudlard ! Poudlard attaqué ! Remi à l'intérieur !

Et Suzan, Suzan... qui transplante soudainement.

Victoria a envie de hurler.

Pourquoi Suzan est partie sans elle ?! Pourquoi Suzan est partie comme ça ?! Poudlard est attaqué et elle fonce là-bas ! Suzan ! Sa Suzan !

Le souffle de Victoria se fait court. Elle essaye de héler les passants mais les sorciers transplanent un à un et elle ne comprend rien à ce qu'ils racontent, comme s'ils étaient dans un autre monde. Tout le monde s'en va et elle reste là ! Comment ça elle reste là ? Non, elle peut aussi transplaner ! Mais pour aller où ? Elle entend quelqu'un parler de Pré-au-Lard. Un nom qui surgit et la pousse à l'action.

La sorcière sort sa baguette. Tout va trop vite à l'intérieur d'elle, son cœur bat trop vite et ses mains tremblent. Poudlard est attaqué. Remi est à Poudlard. Suzan est à Poudlard. Mais attaqué par qui ? Il y a déjà eu d'atroces événements il y a quelques mois... Elle n'a toujours pas revu Remi depuis. Tout recommence... Poudlard est attaqué !

Victoria essaye de transplaner, mais c'est vain. Elle n'y arrive pas. Elle a toujours eu du mal à faire de ses transplanages une réussite, mais là c'est pire que tout. Tout le monde s'en va et elle est bloquée au Chemin de Traverse ! Elle n'arrive pas à transplaner, sa magie l'abandonne encore une fois parce qu'elle a toujours été nulle avec une baguette. Peut-être qu'elle devrait arracher un balai, ou chercher une cheminette ? Elle se met à courir dans toutes les directions, affolée, paniquée. Ah la magie, quel fléau !

Que faire ? Que faire ? Elle se retourne, se retourne, en pleine crise. Tout le monde s'en va ! Tout le monde la laisse là !

Soudain Aisha pose une main sur son bras et la secoue doucement.

« Vic', Vic', calme-toi, reprend-toi, c'est rien... C'est juste un rêve, tout va bien...
– Mais Poudlard...
– Chhht, c'est un cauchemar, un cauchemar. »

Dans le lit qu'elles partagent, Aisha se rapproche de Victoria pour la serrer contre elle. Victoria n'en revient pas, elle est encore là-bas, son cœur bat trop vite et elle a envie de pleurer. Mais ce n'est qu'un cauchemar...

Depuis l'attaque du 21 mai, Victoria en a plein, des nuits comme celle-là. Elle a peur, elle s'inquiète. À chaque fois c'est le même scénario : elle est au milieu d'une foule, tout le monde s'agite et elle ne comprend pas pourquoi, puis elle apprend que Suzan et Remi sont en danger, les autres sorciers s'en vont, agissent, utilisent leur magie, et la sienne lui fait défaut, la sienne la lâche et l'abandonne, et elle se retrouve seule et inutile jusqu'à se réveiller en sursaut, tremblante dans ses draps. À chaque fois c'est la même chose. Elle a peur. Désormais, elle a même presque peur de s'endormir.

Victoria McBee, malgré son optimisme et sa force, est une femme à cauchemars.

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Directrice de la Poste Magique depuis août 2051

Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre
INK'TOBER DE L'EEC - JOUR 8 : Puant
Mots placés : arbres, pluie, feuilles, bruine


février 2008
dans le parc de Poudlard


Victoria, assise dans le parc de Poudlard près d'un arbre, attend que la pluie tombe. Elle ne cherche pas à se prévenir des gouttes d'eau en se plaçant sous les feuilles. Elle veut être trempée, comme si elle était tombée dans l'eau.

La Serpentard sort d'un cours de Soins aux Créatures Magiques axé sur le Bandimon, créature répugnante rencontrée pour l'occasion. C'est une sorte d'amas de pourriture hideux, et à l'odeur incomparable, pire que celle d'une bombabouse, une odeur intolérable, percevable des mètres avant de voir l'horrible animal. Une odeur qui vous colle à la peau, et qu'elle vient d'avoir le plaisir de sentir. Maintenant, elle a l'impression de l'avoir incrustée à ses vêtements, sur la peau comme un parfum, que ça s'accroche à elle, qu'elle ne peut pas s'en défaire. Une odeur à donner la nausée.

Un moment, une des habitations voisines à la sienne dans les Hébrides s'est vue occupée par une telle créature. Victoria s'en souvient très bien car c'est son père et la voisine qui sont intervenus pour se débarrasser de l'animal. Curieuse, elle était allée voir, ou plutôt sentir, avec un de ses frères, pour savoir ce qu'on qualifiait d'aussi horrible et pestilentiel. À l'époque, elle avait déjà senti une bombabouse, et rien ne lui semblait pire que ça. Mais quand elle s'est approchée de la maison infestée... Même des années après, elle en a encore des frissons. Ça lui revient facilement, maintenant, avec sa deuxième confrontation avec l'insupportable animal. Elle en rirait presque au souvenir de cette maison inhabitable qu'elle a évité encore de longs mois après que le Bandimon soit chassé.

Mais aujourd'hui cela lui rappelle surtout ses îles, les Hébrides. Ses parents, sa maison, les vaches, Suzan : tout lui manque. C'est bizarre d'être nostalgique de chez soi à cause d'une odeur qu'on espère ne jamais retrouver. C'est le genre de truc qu'on ne peut pas raconter à des amis, parce qu'ils ne comprendraient pas, parce qu'ils imagineraient alors que Victoria a grandi au milieu des Bandimons, ce qui est tout à fait faux, et répugnant à imaginer. C'est juste que là, comme ça, ça lui a rappelé un passé joyeux, étonnant, et la grandeur des Hébrides. Rien d'autre.

Elle a juste une petite pointe de nostalgie dans le ventre accrochée comme une vieille odeur moisissante.

La pluie commence à tomber, d'abord en petite bruine puis progressivement en véritable averse. Victoria fourre son manuel de Soins aux Créatures Magiques dans son sac et se met à courir vers le château. Entre sa course et la pluie qui la trempe en quelques minutes, la voilà dénouée et de l'odeur et de la nostalgie, désormais amusée par sa robe de Poudlard qu'elle déteste et qu'elle peut désormais mettre à sécher.

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Directrice de la Poste Magique depuis août 2051

Recueil d'OS PNJ Slalomante couleuvre
INK'TOBER DE L'EEC - JOUR 9 : Bélier
Mots placés : carrière, évolution, café


juin 2026
dans les Hébrides, maison du grand-père de Victoria


Le grand-père de Victoria, Lennox McBee, est un homme dur, forgé dans le vent. Il a passé toute sa vie dans les Hébrides et a construit lui-même sa maison, sur une île heureusement différente de celle de la famille proche de Victoria. La commerçante ne l'a jamais vraiment apprécié, le jugeant froid, insensible aux élans de la jeunesse et enfermé dans un mode de vie qu'elle ne lui envie pas. Toute une carrière au même endroit, sans évolution, sans voyage, c'est déprimant. Victoria adore les Hébrides, mais il faut être une tête de mule pour ne jurer que par ça et défendre que le reste du monde n'a aucun intérêt quand on connaît ces îles écossaises. Son grand-père est une tête de mule, et c'est pour cette raison qu'elle a du mal avec lui.

D'autant plus qu'il a dans sa maison, accroché à un mur de la salle à manger, un effroyable crâne de bélier tout droit sorti des enfers.

Avec ses trous et sa pâleur, le crâne est véritablement répugnant. Exhibé comme un trophée d'une autre époque, il a longtemps fait frissonner Victoria et a toujours terrorisé Suzan. La sœur de la commerçante n'a jamais osé l'observer ou croiser ce qu'on pourrait appeler son regard : elle l'évitait en posant les yeux ailleurs. Pourtant cela n'empêche pas de sentir sa présence. C'est lugubre. Trop lugubre.

Une fois, Victoria a pris son courage à deux mains pour demander à son grand-père de l'enlever. Juste le mettre ailleurs, le dissimuler, ou si possible tout simplement le jeter, parce que ça fout des frissons ce crâne de bélier avec ses cornes et ses deux orbites vides. Personne ne veut voir ça en mangeant ! Mais Lennox McBee s'est froissé à cette proposition et ne s'est pas gêné de sermonner Victoria, sous prétexte qu'elle n'y connaît rien, qu'elle n'a donc aucun respect, qu'elle n'est qu'une froussarde et qu'un bélier, c'est un symbole fort, que... Pas de quoi faire une liste, Victoria a levé les yeux au ciel et s'est résignée. Mais seulement un moment.

Depuis, à chaque fois qu'elle revoit se crâne, elle a une grimace. Personne n'y touche, tout le monde évite le sujet, elle a essayé de l'aborder quelques années après, mais rien n'y fait : le crâne de bélier reste à sa place, ornant le mur de son ombre.

Mais son règne est fini. Lennox McBee peut toujours s'indigner, il y a une fin à tout.

Dans quelques mois, le fils de Suzan naîtra, et il est hors de question que la première vision qu'il ait de la maison de ses grands-parents soit ce vieux bélier que personne n'aime et qui a terrorisé tous les enfants McBee. Lennox se fera une raison, ou maudira Victoria sur des générations, mais tant pis, elle n'en a que faire, ç'en est fini de ce règne horrible. Toutes les vieilles choses doivent retourner dans le noir des poussières, et ce crâne de bélier sera le premier à faire le chemin.

Alors un jour de juin, Victoria a invité son grand-père à prendre un café avec son père, elle s'est débrouillée pour que son aïeul s'éloigne enfin de sa vieille maison, et elle y est entrée sans que qui que ce soit ne l'aperçoive. Ni une ni deux, après un petit sort pour s'aider sans faire de bruit, elle a décroché le crâne de bélier du mur. L'avoir dans les mains l'a répugné encore davantage que de le regarder d'en bas. Mais désormais, au moins, il ne surplombe plus rien.

Victoria a réduit la taille de son trophée pour le glisser dans un sac, avant de transplaner jusque chez ses parents pour rejoindre les hommes de sa famille, comme une gentille sorcière. Elle n'en a jamais rien dit à personne, à part à Aisha, et son implication dans la disparition du fameux et terrorisant bélier n'a pas été révélée. Si Lennox McBee s'en est plaint en le remarquant, criant au voleur, il ne l'a jamais remplacé. Comme quoi, il n'y était peut-être pas si attaché que ça.

Victoria a longtemps conservé le crâne chez elle dans un coin avant de finir par l'enterrer dans les Hébrides, oubliant progressivement sa localisation, jusqu'à son existence.

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Directrice de la Poste Magique depuis août 2051