Le prisme du Domovoï
Appartements....de....
Soren Mayfieldet Simon BrennenColocation....
3 AVRIL 2051....

SIMON O. BRENNEN
Galeriste42 ans
𓇼 𓏸𓈒 𓂃 PNJ 𓂃 𓈒𓏸 𓇼
Entrée en matière :
La maison c'est le parcours du combattant, et toutes les montagnes du monde qui se dressent devant toi. C'est la séparation entre la demeure luxueuse et la misère humaine. C'est les vases de porcelaine, les rideaux rouge sang, et le canapé doux, tendre, confortable et élégant sur lequel git une chemise.Le Domovoï (en russe : домово́й, dérivé du mot dom [дом], maison) est un esprit issu du folklore slave, protecteur du foyer et de la famille. Egales à Hestia ou aux Lares, les figures des foyers ont une importance majeure dans le quotidien des anciennes civilisations : elles apportent protection et sérénité aux individus qui habitent les logis. Autrefois, les acteurs de protection du domicile reposaient principalement sur la préservation du feu, ressource essentielle à l'humain, pour se chauffer, se nourrir, s'éclairer, pratiquer divers artisanats, mais aussi et surtout pour accomplir des rituels religieux. L'esprit du Domovoï s'est répandu dans les contes populaires russes, mais s'est aussi perdu chez d'autres peuples lors de la christianisation : on a observé chez les Serbes une disparition progressive du culte, et une nouvelle thèse croyante selon laquelle les familles possèdent de nos jours un saint protecteur restituant la sécurité à l'intérieur du foyer qu'apportait l'esprit du folklore slave, s'étant perdu en Serbie lors de la christianisation du peuple au VIIIe siècle. La croyance du Domovoï repose à l'origine sur l'esprit de l'isba, la maison traditionnelle russe en bois caractéristique des paysans. Face à l'expansion et à la densification urbaine, l'esprit du Domovoï s'efface progressivement, en raison de la modernisation, de l'industrialisation et de l'évolution graduée des infrastructures d'habitations : plus fortes, plus sûres, et plus fonctionnelles, mais aussi plus « froides », dont les murs ne laissent ainsi plus passer les esprits divins.
Sources : Mythological Characters of the Domestic Space in Russian Folk Beliefs: Lexicographic and Ethnographic Aspects | Domovoy | The Heart of the Home: A History of the Hearth | Lares et Pénates
La maison c'est comme une course à obstacles : c'est pour ceux qui savent slalomer et se déplacer en pirouettes sans perdre l'équilibre. Heureusement, je suis bon danseur. Ou du moins, avec Soren, j'ai vite appris.
Je suis rentré du boulot. Sur mon porte-manteau, il y a une veste rayée et cintrée, puis celle de Soren. Je pense à Adélaïde et à la façon dont elle range sa canne. Je suis toujours fascinée par une multitude de questions : comment la range-t-elle, où, jusqu'à quel stade de son retour à la maison utilise-t-elle la fameuse canne de Cinaed. C'est à se demander si elle n'en a pas deux, voire plus : une pour l'extérieur, une autre pour l'intérieur, ainsi qu'une dernière, pour les occasions spéciales, peut-être. Mais il n'y a pas vraiment d'occasion spéciale dans la vie d'Adélaïde. Cette femme est la définition du monotone : sa maison c'est le silence, et le cri sinistre des objets d'argent sur les étagères noires.
Chez moi, chez nous, c'est une toute autre question. Une question de type conflit géopolitique, mais sur une surface de catégorie enclave : j'ai l'impression de vivre au milieu de Godric's Hollow, dans une cité-état indépendante où règnent la pagaille et l'anarchie.
Mes épaules débarrassées de ma lourde veste, le talon surélevé de ma botte noire cogne contre le parquet lorsque j'entre dans le salon. Mon âme c'est une machine, et mes neurones, un capteur à bazar. Le bazar, c'est moi, mais la netteté du lieu de vie ne peut pas refléter ce qu'il se passe à l'intérieur de moi. Je pense à Axelle, et à Fieberhaft, ma petite chouette, posée dans sa cage ouverte à côté de la bibliothèque. Cela fait bien un moment que la pauvre bête attend des nouvelles de notre amie. Chaque soir, c'est la même histoire : le feu des lumières oranges qui glisse sur le tapis du salon, le bleu de la nuit qui s'infiltre entre les fentes des volets et les cris stridents de Fieberhaft qui s'ennuie, s'ennuie de n'avoir plus personne à qui envoyer de missives. Je caresse le ventre de l'oiseau du dos de mon doigt, puis je fais l'état des lieux.
L'état des lieux dure une seconde parce qu'il est le même qu'hier, et celui d'avant-hier encore : rien ne change, ou tout se répète, je vous avoue ne pas avoir vraiment envie de savoir si la chaussette sous le fauteuil est la même qui y traînait il y a trois jours ou non. Alors, naturellement, je me faufile jusqu'à la chambre de mon colocataire.
Je toque. Droit comme un vieillard aigri, j'ouvre la porte lorsque j'en reçois l'autorisation.
« Gars. »
Je m'appuie dans l'encadrement de la porte, les bras croisés dans le dos. Je crois que l'agacement ne se lit plus sur mes traits : peut-être parce que je ne le suis plus depuis un moment —habitué, fatigué, je me fiche de savoir ce que c'est, je suis juste ravi de savoir que c'est parti.
« C'est quoi ça ? » demandé-je rhétoriquement, en dévoilant la fameuse chaussette de derrière mon dos. Je la laisse se dandiner entre mes deux doigts pincés. Mon regard est ancré dans celui de Soren. Un regard qui veut dire Hm ?, un regard qui veut dire tu te fiches de moi, mais surtout un regard qui a quelque chose de pétillant, quelque chose d'une moquerie enfantine, parce qu'à force de jouer au brigadier-chef, je commence à me plaire à ce rôle de policier ambulant.
Parce que, quelque part, c'est devenu drôle de confronter le jeune blond, et d'utiliser mon savoir d'homme juvénile pour le remettre à sa place, alors qu'à bien regarder, de ce qui nous sépare il ne reste que l'âge.
Et parce que, dans les pupilles de mon coloc', je retrouve quelque chose de Jakob.
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Le prisme du Domovoï
Aujourd'hui, y a un gamin qui a failli se prendre un arbre. Je jure que c'est vrai. C'était sa troisième fois sur un balai, il a pris la confiance, et par Merlin, il a failli se prendre un arbre. J'aurais pu en rire pendant des heures, mais bon, j'étais responsable de lui, alors bah je suis aller l'aider, au lieu de m'écrouler en riant. N'empêche, c'est drôle. Je pourrais le raconter à Simon, quand on mangera. Peut être que ça le fera rire, non ? Je lui tirerais probablement un sourire amusé, si je m'en sors bien. Ou alors il me dira que je suis aussi irresponsable que ce gosse. C'est probablement vrai, en soit.
Mais bon, tout le monde va bien, le garçon comme l'arbre, alors j'ai pu rentrer sans plus de soucis, et je suis posé sur mon lit, avec un carnet de brouillon sur les genoux entre les mains. Je dessine pas vraiment. J'ai commencé à faire quelques traits, mais là, j'en suis plutôt à tapoter le papier avec la mine, en attente de l'inspiration. Elle viendra probablement pas : bientôt, j'aurais besoin de bouger, alors j'irais peut être faire à manger. Ou autre chose, je sais pas. On verra bien.
J'entends des pas dehors. Simon est rentré. Je redescends mes yeux sur le papier, pince les lèvres, et l'image de ce gamin qui fonce vers le tronc me revient, alors je souris, forcément, parce que c'est drôle. Ca pourrait être marrant de le dessiner, aussi, mais c'est allé si vite... Pas sûr de connaître les détails de la scène assez bien pour la transmettre au papier comme il se doit.
J'ai pas le temps d'y réfléchir plus que ça, cependant. Ca toque à la porte, et je relève les yeux en disant à Simon d'entrer. Il ouvre la porte, et sans me saluer le moins du monde, il m'interpelle, en s'appuyant contre le cadre de la porte. Ca me fait sourire. Qu'est ce qu'il a ? J'ai encore dû faire quelque chose qui lui plaît pas. Il va me le rappeler, ça va me faire rire, et je pense que lui va sourire. Il a même pas l'air énervé. Donc ça veut dire que c'est pas grave, que je peux me permettre de pas être sérieux. Il le sait, t'façon, que j'en suis quasiment incapable, d'être sérieux.
Alors, il sort de derrière son dos une chaussette, et me demande ce que c'est. J'écarquille les yeux. C'est MA chaussette ! Celle qui est rouge foncée, que je trouve tellement assortie à ma veste en cuir que s'en est presque fou. Quand je la mets, ça fait pas une grande différence si mes chaussettes s'accordent avec elle, mais moi je trouve ça drôle, alors je les aime bien, cette chaussette. Et il se trouve que je n'en avais plus qu'une, esseulée dans mon placard, pleurant sa jumelle disparue. Impossible de retrouver la deuxième, vraiment. Et la voilà, dans les mains de Simon.
- Purée, tu l'as retrouvée !
Je me lève d'un bond, lui prend la chaussette des mains, et la regarde. Ouais, c'est carrément la même. Celle dont la disparition fait se lamenter les autres chaussettes dans mon placard, celle qui manque tellement à sa soeur. Enfin, j'imagine, parce que je ne suis pas capable de communiquer avec les chaussettes. J'aurais retrouvé celle-ci plus facilement, sinon, j'imagine. Peut être que ça viendra ? On sait bien parler le troll, il n'y a pas de raisons pour qu'on ne comprenne pas le langage des chaussettes.
- Je la cherche depuis genre... trois siècles. Elle était où ?
Histoire d'éviter de la reperdre immédiatement, je vais la ramener tout de suite auprès de sa soeur, je ferme le tiroir, et je me retourne vers Simon. Je sais qu'il est amusé. Je ne sais pas exactement ce à quoi il s'attendait en s'installant avec moi, ce qu'il espérait trouver chez moi, si ce n'est de la compagnie, mais je ne suis pas sûr que ce soit ça, ce bazar que je laisse autour de moi et ce sourire espiègle qui apparaît sur mon visage à chaque fois qu'il me reprend. Ca a l'air de lui convenir, toutefois. Il s'est adapté à moi, je me suis adapté à lui. Je crois que ça l'amuse, maintenant, de me reprendre.
Mais bon, tout le monde va bien, le garçon comme l'arbre, alors j'ai pu rentrer sans plus de soucis, et je suis posé sur mon lit, avec un carnet de brouillon sur les genoux entre les mains. Je dessine pas vraiment. J'ai commencé à faire quelques traits, mais là, j'en suis plutôt à tapoter le papier avec la mine, en attente de l'inspiration. Elle viendra probablement pas : bientôt, j'aurais besoin de bouger, alors j'irais peut être faire à manger. Ou autre chose, je sais pas. On verra bien.
J'entends des pas dehors. Simon est rentré. Je redescends mes yeux sur le papier, pince les lèvres, et l'image de ce gamin qui fonce vers le tronc me revient, alors je souris, forcément, parce que c'est drôle. Ca pourrait être marrant de le dessiner, aussi, mais c'est allé si vite... Pas sûr de connaître les détails de la scène assez bien pour la transmettre au papier comme il se doit.
J'ai pas le temps d'y réfléchir plus que ça, cependant. Ca toque à la porte, et je relève les yeux en disant à Simon d'entrer. Il ouvre la porte, et sans me saluer le moins du monde, il m'interpelle, en s'appuyant contre le cadre de la porte. Ca me fait sourire. Qu'est ce qu'il a ? J'ai encore dû faire quelque chose qui lui plaît pas. Il va me le rappeler, ça va me faire rire, et je pense que lui va sourire. Il a même pas l'air énervé. Donc ça veut dire que c'est pas grave, que je peux me permettre de pas être sérieux. Il le sait, t'façon, que j'en suis quasiment incapable, d'être sérieux.
Alors, il sort de derrière son dos une chaussette, et me demande ce que c'est. J'écarquille les yeux. C'est MA chaussette ! Celle qui est rouge foncée, que je trouve tellement assortie à ma veste en cuir que s'en est presque fou. Quand je la mets, ça fait pas une grande différence si mes chaussettes s'accordent avec elle, mais moi je trouve ça drôle, alors je les aime bien, cette chaussette. Et il se trouve que je n'en avais plus qu'une, esseulée dans mon placard, pleurant sa jumelle disparue. Impossible de retrouver la deuxième, vraiment. Et la voilà, dans les mains de Simon.
- Purée, tu l'as retrouvée !
Je me lève d'un bond, lui prend la chaussette des mains, et la regarde. Ouais, c'est carrément la même. Celle dont la disparition fait se lamenter les autres chaussettes dans mon placard, celle qui manque tellement à sa soeur. Enfin, j'imagine, parce que je ne suis pas capable de communiquer avec les chaussettes. J'aurais retrouvé celle-ci plus facilement, sinon, j'imagine. Peut être que ça viendra ? On sait bien parler le troll, il n'y a pas de raisons pour qu'on ne comprenne pas le langage des chaussettes.
- Je la cherche depuis genre... trois siècles. Elle était où ?
Histoire d'éviter de la reperdre immédiatement, je vais la ramener tout de suite auprès de sa soeur, je ferme le tiroir, et je me retourne vers Simon. Je sais qu'il est amusé. Je ne sais pas exactement ce à quoi il s'attendait en s'installant avec moi, ce qu'il espérait trouver chez moi, si ce n'est de la compagnie, mais je ne suis pas sûr que ce soit ça, ce bazar que je laisse autour de moi et ce sourire espiègle qui apparaît sur mon visage à chaque fois qu'il me reprend. Ca a l'air de lui convenir, toutefois. Il s'est adapté à moi, je me suis adapté à lui. Je crois que ça l'amuse, maintenant, de me reprendre.
@Adélaïde Brennen le 3 avril 2051, ça te va ? (j'ai pris au pif
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717 mots
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28 ans - Enployé à Keddle & Leather depuis le 25 juillet 2051
Ouvert à tous les RPs !
Vava par la merveilleuse Sage Matthews
Le prisme du Domovoï
La chaussette rouge se balance devant mes yeux. Gauche-droite, gauche....droite. On dirait un pendule, et entre ce pendule qui se dandine, j'observe le regard écarquillé de Soren. Ce qui est bien avec lui, c'est que tu sais jamais trop comment il va réagir, mais tu sais, pour sûr, qu'il va réagir. Je crois lire dans son regard une émotion plus forte que le soulagement, plus puissante que l'amour et plus tordante que celles de retrouvailles entre un sous-vêtement et son propriétaire. Je sais même pas comment réagir. C'est un enfant. Un de ces enfants-oiseaux dont parle sans cesse Adélaïde. Je le regarde juste bondir comme un jaguar pour récupérer son hautement précieux bien. Limite s'il s'apprête pas à la coller contre son cœur et à la cajoler toute la nuit en s'excusant de l'avoir abandonnée si longtemps, sans lui, et sans sa jumelle qui se courbe de douleur en son absence.
Adé dit que l'enfant-oiseau c'est un enfant qui veut voler mais qui n'a pas d'ailes, alors il enfouit son âme dans tout le reste : dans tout ce qui peut le rapprocher de la sensation de n'avoir besoin que de soi-même pour flotter dans les airs. Courir sur les dunes, gravir les montagnes ou glisser sur une vague agitée. Ce n'est pas pour rien que Soren a fait l'ISMI, ou qu'il enseigne le vol sur balai aux gamins.
« Y'a trois siècles je payais déjà des impôts, alors que même ta grand-mère ne s'imaginait pas avoir des enfants. J'affirme solennellement. Petit souci de temporalité dans ton récit, vieux. »
Je me mords l'intérieur de la lèvre. Il y a quelque chose de profondément agaçant et pourtant si amusant dans sa façon...d'exister. Et ça me fascine.
« Disons qu'elle m'a davantage trouvé que le contraire. J'explique sur un ton de détective en pénétrant dans la pièce. Mes pas sont lents et me portent un peu n'importe où dans sa chambre, alors que je déclame mon discours. La disposition des vêtements de façon aléatoire dans l'appartement, c'est une forme d'expression artistique, ou juste le trouble de la personnalité bordélique ? »
Mon doigt glisse sur un des meubles de rangement, et y récolte une fine couche de poussière. Je le foudroie du regard, mais continue sur le même ton :
« Tu sais So', j'ai l'œil pour dénicher les jeunes talents. Et, l'art moderne, ça plaît beaucoup. La mise en scène, tout ça. » Ma voix est monotone, c'est un discours perdu par les pupilles plongées de l'autre côté de la fenêtre. Elle donne sur la rue. Je zieute un passant au haut-de-forme gris disparaître au bout de l'immeuble. Je veux m'appuyer dos à l'allège, mais, forcément, elle aussi, elle est obstruée par un bazar plus ou moins hasardeux. Peut-être est-ce un bazar rangé, qui sait ? Quoi qu'il en soit, je pince la chose qui traîne et l'envoie valser sur le sol, avec une légère grimace de jugement qui accentue les plis de mon visage sénile.
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@Soren Mayfield c'est parfait, j'ajoute ça ! 𓂃 𓈒𓏸 𓇼
Adé dit que l'enfant-oiseau c'est un enfant qui veut voler mais qui n'a pas d'ailes, alors il enfouit son âme dans tout le reste : dans tout ce qui peut le rapprocher de la sensation de n'avoir besoin que de soi-même pour flotter dans les airs. Courir sur les dunes, gravir les montagnes ou glisser sur une vague agitée. Ce n'est pas pour rien que Soren a fait l'ISMI, ou qu'il enseigne le vol sur balai aux gamins.
« Y'a trois siècles je payais déjà des impôts, alors que même ta grand-mère ne s'imaginait pas avoir des enfants. J'affirme solennellement. Petit souci de temporalité dans ton récit, vieux. »
Je me mords l'intérieur de la lèvre. Il y a quelque chose de profondément agaçant et pourtant si amusant dans sa façon...d'exister. Et ça me fascine.
« Disons qu'elle m'a davantage trouvé que le contraire. J'explique sur un ton de détective en pénétrant dans la pièce. Mes pas sont lents et me portent un peu n'importe où dans sa chambre, alors que je déclame mon discours. La disposition des vêtements de façon aléatoire dans l'appartement, c'est une forme d'expression artistique, ou juste le trouble de la personnalité bordélique ? »
Mon doigt glisse sur un des meubles de rangement, et y récolte une fine couche de poussière. Je le foudroie du regard, mais continue sur le même ton :
« Tu sais So', j'ai l'œil pour dénicher les jeunes talents. Et, l'art moderne, ça plaît beaucoup. La mise en scène, tout ça. » Ma voix est monotone, c'est un discours perdu par les pupilles plongées de l'autre côté de la fenêtre. Elle donne sur la rue. Je zieute un passant au haut-de-forme gris disparaître au bout de l'immeuble. Je veux m'appuyer dos à l'allège, mais, forcément, elle aussi, elle est obstruée par un bazar plus ou moins hasardeux. Peut-être est-ce un bazar rangé, qui sait ? Quoi qu'il en soit, je pince la chose qui traîne et l'envoie valser sur le sol, avec une légère grimace de jugement qui accentue les plis de mon visage sénile.
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@Soren Mayfield c'est parfait, j'ajoute ça ! 𓂃 𓈒𓏸 𓇼
Le prisme du Domovoï
Je rigole à ses paroles. La différence entre lui et moi, c'est que lui il peu sortir des trucs très drôle en gardant un air très sérieux sans avoir l'air de faire le moindre effort pour ça, alors que moi, soit je me fends la poire en racontant ma blague, soit je mets plus d'énergie à garder une expression neutre qu'à raconter mon récit. Cela dit, c'est loin d'être notre seule différence.
- Tu m'as donc menti sur ton âge ?
Simon.... 'Fin, Simon, il est vieux, quoi. Il a pratiquement le double de mon âge. Une fois, j'ai calculé, il avait 15 ans quand je suis né. Et quand moi j'ai eu 15 ans, lui il en avait 30. Entre deux collocs, on voit pas souvent une telle différence d'âge. Mais du coup... Bah ça a conduit à une relation assez marrante, entre nous. J'en suis évidemment pas à le considérer comme mon daron, parce qu'il est hors de question que j'habite toujours avec mon père à vingt sept ans, mais à moitié, quoi. C'est un peu... un genre de grand frère, je me dis ? En tout cas, c'est lui le responsable, entre nous deux. J'pense qu'il me tempère un peu. Si je vivais tout seul... Ce serait carrément chaotique, ça c'est sûr. J'aurais la flemme de manger, je me commanderais plus souvent des pizzas que ce que je ne cuisinerais... Je crois que c'est pas plus mal, qu'on cohabite. Il me régule, j'pense.
- Parce que, trois siècles, va falloir que tu me dises quelle pierre tu veux pour ta tombe, je lâche, tout sourire.
Des fois je me dis que je suis un peu à l'aise avec lui, sachant qu'on a emménagé ensemble que depuis quoi... trois, quatre mois ? On apprend encore pas mal à se connaître, quoi. Mais bon, moi j'y peux rien, je sais juste pas filtrer ce que je pense et ce que je dis. Des que je connais quelqu'un depuis un peu longtemps, bah voilà, je dis ce que je veux sans réfléchir. Je pense qu'il s'en est rendu compte, à force.
Il me parle de ma chaussette. Il lui dit que c'est elle qui l'a trouvé, et ça me fait rire. Voilà, j'en étais sûr, elle cherchait à revenir jusqu'à moi, cette chaussette. Elle a pris le Simon taxi, et la voilà de retour dans mon placard, calée au milieu de ses copines.
Peut être aussi que ce n'est qu'une chaussette, et qu'elle se fiche d'être seule ou pas. Mais moi ça m'amuse d'imaginer que c'est pas le cas, alors voilà.
A nouveau, je souris quand il continue de parler, et je retourne m'étaler sur mon lit. De l'art, ou juste mon bordel ? Hm, je suis pas très art. C'est lui, l'artiste du foyer, pas moi. P'têtre qu'il voit une forme de beauté dans mon chaos, mais bon, pour moi, c'est surtout de la flemme : je rentre, j'enlève mes chaussures, mes chaussettes, et ma fois, j'en oublie une là où je l'ai laissé. C'est comme ça.
- Chais pas, à toi de me dire, c'est toi l'expert, hein.
Lui, il va regarder à ma fenêtre. Il me tourne le dos, donc je vois pas sa tête, mais pas grave, je le saurais, s'il sourit ou pas. Je l'entendrais, je pense ? Peut être pas, en fait.
J'vire le crayon et le carnet de mon lit, avant de m'allonger dessus, et je me redresse un peu pour le regarder, pendant qu'il continue à parler. Je rigole à c'qu'il dit, même si je sais pas vraiment si c'est une blague ou pas. Peu importe, de toute façon, moi, je réponds en blaguant.
- Je te donne les droits d'auteur, si tu veux, fais ce que tu veux de mes oeuvres.
Les droits d'auteurs ? C'est ça non ? C'est pour empêcher les autres de copier tes travaux, je crois. Donc si je lui les donne... Ah, je sais pas. Tout ça pour dire qu'il peut bien s'approprier mon "art", s'il le veut. Il peut le remettre dans mon placard si ça lui chante, ou bien le laisser éparpiller un peu partout dans l'appart, ça m'est égal. En général, je perds les trucs, mais pas pour longtemps. La plupart du temps, je les retrouve quelques jours plus tard, par hasard, alors c'est pas ultra grave.
- Tu m'as donc menti sur ton âge ?
Simon.... 'Fin, Simon, il est vieux, quoi. Il a pratiquement le double de mon âge. Une fois, j'ai calculé, il avait 15 ans quand je suis né. Et quand moi j'ai eu 15 ans, lui il en avait 30. Entre deux collocs, on voit pas souvent une telle différence d'âge. Mais du coup... Bah ça a conduit à une relation assez marrante, entre nous. J'en suis évidemment pas à le considérer comme mon daron, parce qu'il est hors de question que j'habite toujours avec mon père à vingt sept ans, mais à moitié, quoi. C'est un peu... un genre de grand frère, je me dis ? En tout cas, c'est lui le responsable, entre nous deux. J'pense qu'il me tempère un peu. Si je vivais tout seul... Ce serait carrément chaotique, ça c'est sûr. J'aurais la flemme de manger, je me commanderais plus souvent des pizzas que ce que je ne cuisinerais... Je crois que c'est pas plus mal, qu'on cohabite. Il me régule, j'pense.
- Parce que, trois siècles, va falloir que tu me dises quelle pierre tu veux pour ta tombe, je lâche, tout sourire.
Des fois je me dis que je suis un peu à l'aise avec lui, sachant qu'on a emménagé ensemble que depuis quoi... trois, quatre mois ? On apprend encore pas mal à se connaître, quoi. Mais bon, moi j'y peux rien, je sais juste pas filtrer ce que je pense et ce que je dis. Des que je connais quelqu'un depuis un peu longtemps, bah voilà, je dis ce que je veux sans réfléchir. Je pense qu'il s'en est rendu compte, à force.
Il me parle de ma chaussette. Il lui dit que c'est elle qui l'a trouvé, et ça me fait rire. Voilà, j'en étais sûr, elle cherchait à revenir jusqu'à moi, cette chaussette. Elle a pris le Simon taxi, et la voilà de retour dans mon placard, calée au milieu de ses copines.
Peut être aussi que ce n'est qu'une chaussette, et qu'elle se fiche d'être seule ou pas. Mais moi ça m'amuse d'imaginer que c'est pas le cas, alors voilà.
A nouveau, je souris quand il continue de parler, et je retourne m'étaler sur mon lit. De l'art, ou juste mon bordel ? Hm, je suis pas très art. C'est lui, l'artiste du foyer, pas moi. P'têtre qu'il voit une forme de beauté dans mon chaos, mais bon, pour moi, c'est surtout de la flemme : je rentre, j'enlève mes chaussures, mes chaussettes, et ma fois, j'en oublie une là où je l'ai laissé. C'est comme ça.
- Chais pas, à toi de me dire, c'est toi l'expert, hein.
Lui, il va regarder à ma fenêtre. Il me tourne le dos, donc je vois pas sa tête, mais pas grave, je le saurais, s'il sourit ou pas. Je l'entendrais, je pense ? Peut être pas, en fait.
J'vire le crayon et le carnet de mon lit, avant de m'allonger dessus, et je me redresse un peu pour le regarder, pendant qu'il continue à parler. Je rigole à c'qu'il dit, même si je sais pas vraiment si c'est une blague ou pas. Peu importe, de toute façon, moi, je réponds en blaguant.
- Je te donne les droits d'auteur, si tu veux, fais ce que tu veux de mes oeuvres.
Les droits d'auteurs ? C'est ça non ? C'est pour empêcher les autres de copier tes travaux, je crois. Donc si je lui les donne... Ah, je sais pas. Tout ça pour dire qu'il peut bien s'approprier mon "art", s'il le veut. Il peut le remettre dans mon placard si ça lui chante, ou bien le laisser éparpiller un peu partout dans l'appart, ça m'est égal. En général, je perds les trucs, mais pas pour longtemps. La plupart du temps, je les retrouve quelques jours plus tard, par hasard, alors c'est pas ultra grave.
724 mots
28 ans - Enployé à Keddle & Leather depuis le 25 juillet 2051
Ouvert à tous les RPs !
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Le prisme du Domovoï
Je me contente de le regarder avec un rictus fier. Le gars est tellement p'tit que je pourrais facilement lui faire gober que je suis véritablement un vampire, je pense. J'irais jusqu'à débarquer dans sa chambre la nuit, caché sous en plaid comme une créature des ténèbres pour lui faire croire que je m'apprête à boire son sang. Cette réflexion m'arrache un gloussement. Je préfère crever que de boire le sang de ce type. C'est mon poto, pas mon dîner.
Le dos appuyé contre la fenêtre, je l'observe. Je me demande régulièrement s'il sort ses punchlines naturellement, ou s'il a besoin de réfléchir avant d'ouvrir la bouche. C'est très paradoxal parce que ça a l'air à la fois très expérimental —on dirait qu'il découvre l'effet de sa blague au moment où il la prononce— et très abouti. Du moins la pertinence de ses réactions mériterait d'être étudiée.
Ma tombe ? Oh wow. Je penche la tête sur le côté et lui adresse un sourire sincère.
« J'ai toujours voulu une pierre très brutaliste, à vrai dire. Quelque chose de simple, mais qui claque. lui confié-je, perdu dans ma réflexion. Parce que je me languirais d'avoir une tombe trop sophistiquée. J'veux pas passer l'éternité de ma perte à jalouser les vivants qui peuvent admirer mon sépulcre, tu comprends. »
Il y a quelque chose de sincère dans ma phrase. Tout ce qu'il y a de beau, je veux le voir de mes yeux de mortel, de mes yeux de vivant. Je veux m'en aller sans bruit et sans encombre, avec l'espoir égoïste d'emporter avec moi tous les trésors du monde. Je ne veux pas en laisser un derrière moi, qui sera moi. J'observe les sépultures élégantes. Je ne veux pas en être une pour autant.
J'appuie ma tête contre la vitre en réfléchissant. Je me perds un peu trop longtemps dans ma réflexion sur l'après-vie, puis elle m'échappe dans un rire étouffé sur "l'art" de mon coloc. « Pft, Ma poitrine se soulève dans un rire moqueur. C'est en effet moi l'expert. »
Je prends un peu d'élan pour m'extirper de la fenêtre. Machinalement, mes pas me mènent vers un de ses meubles bibliothèques, duquel je sors un bouquin au hasard. Tout en le feuilletant sans grand intérêt, j'explique, dos à mon interlocuteur : « J'ai effectivement l'œil pour ce genre de choses. Et je te le dis, So', puisqu'apparemment tu meurs d'envie de le savoir : t'es pas doué ma princesse. Vraiment... Mon index glisse sur la reliure qui, pas... elle, a quelque chose clinquant dans sa manière de...relier. ...doué. »
Je referme le livre dans ma paume dans un grand claquant, tandis que je pivote vers le blond en m'appuyant sur le talon de ma botte.
« Si tu veux tout savoir, je pense que ton art est aussi signifiant qu'une feuille blanche, aussi utile qu'un bouton de manchette sur un t-shirt en bambou et aussi palpitant qu'une vague plate. Je délivre méticuleusement. En d'autres termes : inutile, sans intérêt et qui ne provoque aucune sensation salvatrice, si ce n'est celle de vouloir te balancer une chaussette sale à la figure en espérant qu'elle te donnera l'idée de, peut-être, dans un élan de volonté presque cosmique, la ranger. » Finis-je par vociférer en plongeant vers le sol pour ramasser un autre vêtement de type non-identifié.
Je lui lance pas dessus, je suis pas un homme violent. Cela dit, je le garde en main —le bras tendu très loin de moi, au cas où il serait sale— au cas où il pourrait me servir d'arme si...Il m'attaque avec un coussin.
« Pitié, je t'en conjure, tout, mais pas les droits d'auteur sur tes œuvres post-apocalypse. Je suis pas prêt mentalement à être propriétaire d'un tas de linge sale et d'une tasse avec des restes de café. » Je fais légèrement avec un petit sourire en coin amusé. Je ne suis pas vraiment énervé. Mais juste, par Adélaïde (oui oui), j'en peux plus de ce bordel !
Je cherche une vaisselle sale quelconque dans la pièce pour appuyer mon propos, mais je n'en trouve pas. Tant pis. Là, j'me jette dans le lit de So' et je m'assois dessus. J'l'invite à venir à côté de moi en tapotant doucement le matelas. Lorsqu'il s'installe à mes côtés, je passe un bras autour de ses épaules, comme un grand frère. « Tu sais So', être artiste, c'est une infinité de possibilités qui s'offrent à toi. je dessine mon propos d'un grand geste de l'autre bras pour dévoiler devant nos yeux un horizon infini d'opportunités invisibles. Ce serait bête que j'en fasse ce que je veux, alors que t'as tant à en faire, toi ! »
Mes iris s'ancrent dans les siens, agités par une petite lumière enfantine et émerveillée.
« Je sais exactement ce que tu pourrais faire de tes œuvres d'art. » Je déclare avec certitude et impatience.
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@Soren Mayfield, mon artiste du dimanche 𓂃 𓈒𓏸 𓇼
Le dos appuyé contre la fenêtre, je l'observe. Je me demande régulièrement s'il sort ses punchlines naturellement, ou s'il a besoin de réfléchir avant d'ouvrir la bouche. C'est très paradoxal parce que ça a l'air à la fois très expérimental —on dirait qu'il découvre l'effet de sa blague au moment où il la prononce— et très abouti. Du moins la pertinence de ses réactions mériterait d'être étudiée.
Ma tombe ? Oh wow. Je penche la tête sur le côté et lui adresse un sourire sincère.
« J'ai toujours voulu une pierre très brutaliste, à vrai dire. Quelque chose de simple, mais qui claque. lui confié-je, perdu dans ma réflexion. Parce que je me languirais d'avoir une tombe trop sophistiquée. J'veux pas passer l'éternité de ma perte à jalouser les vivants qui peuvent admirer mon sépulcre, tu comprends. »
Il y a quelque chose de sincère dans ma phrase. Tout ce qu'il y a de beau, je veux le voir de mes yeux de mortel, de mes yeux de vivant. Je veux m'en aller sans bruit et sans encombre, avec l'espoir égoïste d'emporter avec moi tous les trésors du monde. Je ne veux pas en laisser un derrière moi, qui sera moi. J'observe les sépultures élégantes. Je ne veux pas en être une pour autant.
J'appuie ma tête contre la vitre en réfléchissant. Je me perds un peu trop longtemps dans ma réflexion sur l'après-vie, puis elle m'échappe dans un rire étouffé sur "l'art" de mon coloc. « Pft, Ma poitrine se soulève dans un rire moqueur. C'est en effet moi l'expert. »
Je prends un peu d'élan pour m'extirper de la fenêtre. Machinalement, mes pas me mènent vers un de ses meubles bibliothèques, duquel je sors un bouquin au hasard. Tout en le feuilletant sans grand intérêt, j'explique, dos à mon interlocuteur : « J'ai effectivement l'œil pour ce genre de choses. Et je te le dis, So', puisqu'apparemment tu meurs d'envie de le savoir : t'es pas doué ma princesse. Vraiment... Mon index glisse sur la reliure qui, pas... elle, a quelque chose clinquant dans sa manière de...relier. ...doué. »
Je referme le livre dans ma paume dans un grand claquant, tandis que je pivote vers le blond en m'appuyant sur le talon de ma botte.
« Si tu veux tout savoir, je pense que ton art est aussi signifiant qu'une feuille blanche, aussi utile qu'un bouton de manchette sur un t-shirt en bambou et aussi palpitant qu'une vague plate. Je délivre méticuleusement. En d'autres termes : inutile, sans intérêt et qui ne provoque aucune sensation salvatrice, si ce n'est celle de vouloir te balancer une chaussette sale à la figure en espérant qu'elle te donnera l'idée de, peut-être, dans un élan de volonté presque cosmique, la ranger. » Finis-je par vociférer en plongeant vers le sol pour ramasser un autre vêtement de type non-identifié.
Je lui lance pas dessus, je suis pas un homme violent. Cela dit, je le garde en main —le bras tendu très loin de moi, au cas où il serait sale— au cas où il pourrait me servir d'arme si...Il m'attaque avec un coussin.
« Pitié, je t'en conjure, tout, mais pas les droits d'auteur sur tes œuvres post-apocalypse. Je suis pas prêt mentalement à être propriétaire d'un tas de linge sale et d'une tasse avec des restes de café. » Je fais légèrement avec un petit sourire en coin amusé. Je ne suis pas vraiment énervé. Mais juste, par Adélaïde (oui oui), j'en peux plus de ce bordel !
Je cherche une vaisselle sale quelconque dans la pièce pour appuyer mon propos, mais je n'en trouve pas. Tant pis. Là, j'me jette dans le lit de So' et je m'assois dessus. J'l'invite à venir à côté de moi en tapotant doucement le matelas. Lorsqu'il s'installe à mes côtés, je passe un bras autour de ses épaules, comme un grand frère. « Tu sais So', être artiste, c'est une infinité de possibilités qui s'offrent à toi. je dessine mon propos d'un grand geste de l'autre bras pour dévoiler devant nos yeux un horizon infini d'opportunités invisibles. Ce serait bête que j'en fasse ce que je veux, alors que t'as tant à en faire, toi ! »
Mes iris s'ancrent dans les siens, agités par une petite lumière enfantine et émerveillée.
« Je sais exactement ce que tu pourrais faire de tes œuvres d'art. » Je déclare avec certitude et impatience.
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Le prisme du Domovoï
Et puis il penche la tête et il se lance très sérieusement sur le sujet de la pierre tombale, quoi. Il me parle de ses préférences, et moi je dois probablement le regarder d'un air chelou, parce que bon, ok il a quarante deux balais (mais ne fonce pas dans quarante deux arbres, ahah, je suis drôle), mais bon, il est quand même pas prêt de mourir, quoi. Enfin, j'espère ? Si ça se trouve il a un problème de santé qu'il ne m'a pas mentionné ? Nan, il me l'aurait dit. J'aurais trop l'air con, s'il faisait une crise cardiaque sous mes yeux sans savoir quoi faire, quoi.
Et pourtant, le voilà quand même à me faire un cours de philo sur pourquoi il ne veut pas de jolie tombe, pas de trucs sophistiqués. Ok... Sans doute l'âme d'artiste ? 'Fin, moi, franchement, ma tombe, je m'en fous. Autant profiter d'la vie, avant de s'imaginer à bouffer les pissenlits par la racine. Puis même, qu'est ce que ça peut me faire, si ma tombe est à mon goût ou pas ? On s'en fout, je suis mort. Y a pas plus d'intérêt que ça à prendre en compte mes goûts, quoi.
Mais bref, c'est pas franchement les trucs auxquels on réfléchit quand on a vingt huit ans, quoi. Ni quand on en a quarante deux, d'ailleurs. A la limite on peut commencer à y songer à partir de quatre vingt cinq piges, mais pas avant.
- Je note, je rigole.
Je note pas du tout. Avant qu'il meure, je vais avoir le temps d'oublier, hein. Mais bon, j'pense pas que ce sera à moi de choisir sa tombe, t'façon, alors c'est réglé.
Il approuve ce que je lui dis. C'est lui l'expert. Sans blagueeee. Je suis pas bon en art, moi. J'veux dire, je dessine dès fois, mais et encore, je tiens pas assez en place pour tenir assez longtemps derrière un bout de papier. Jamais le temps de finir. Alors travailler sur l'art en général... Nan, j'pourrais pas. J'ai trop besoin de bouger.
Et puis là, il se tourne vers moi, et il me le confirme. Il emploi des expressions pour rabaisser mon "art", c'est incroyable. A noter dans le dictionnaire, le calendrier, le calendrier des records. Un t-shirt en bambou. Une vague plate. Et puis il s'arrête pas, quoi. Je me retourne et j'enfouis ma tête dans l'oreiller le temps qu'il finisse. Je me fais descendre, là ? J'ai l'impression d'entendre Maman, là. C'est pas mon père, en fait, c'est complètement ma mère. A deux doigts d'envoyer un hibou à la vraie pour lui dire que je lui ai trouvé une remplaçante. Enfin, un.
Je me retrouve donc à me faire engueuler sur un ton amusé, et il insiste et insiste. Il me dit qu'il veut pas de mes droits d'auteurs (il rate quelque chose, moi je le dis), il m'en conjure. Et quand il finit sa tirade en me disant qu'il sait ce qu'il veut que je fasse de mon art. Je sens le piège arriver, là. Quoi, il va me dire qu'il veut que je prenne mes oeuvres et que je les enferme dans mes placards ? Qu'il souhaite que je souhaite mes pauvres chaussettes, qui ne rêvent que d'aventure, sans qu'elles ne puissent jamais voir la lumière du soleil ? N'a-t-il aucune pitié pour les chaussettes ?
Je me redresse d'un bond, m'assois au bord du lit, et lui dit d'un air faussement boudeur :
- T'aurais pu me dire que t'étais là pour me descendre, je t'aurais pas laissé rentrer.
C'est faux. Je l'aurais totalement laissé rentré, curieux de voir comment il allait s'y prendre cette fois. Il ne me déçoit jamais, c'est toujours si créatif. Il me fait rire.
- Vas y dis moi, quelle est ton idée géniale ?
Evidemment que je tombe dans le piège. Pas dit que j'obéirais à ce qu'il va me dire, mais ne serait ce que par curiosité de voir qu'elle folie il va me sortir, je suis prêt à poser la question. Ca va être drôle. Il est tout le temps drôle, t'façon. Pas pareil que moi. Moi, je charme avec mon sourire et mes blagues à deux balles, et j'enchaîne avec des phrases à la con enchaînées les unes après les autres, et ça devient drôle. Lui, c'est plus subtil, il charme par ses mots, son style, et après il débite des conneries telles que celles qu'il vient de me sortir comme si tout le monde était tout à fait habitué à utiliser un tee-shirt en bambou pour décrire l'inutilité de quelqu'un. Non mais je vous jure, je sais pas comment il fait.
Et pourtant, le voilà quand même à me faire un cours de philo sur pourquoi il ne veut pas de jolie tombe, pas de trucs sophistiqués. Ok... Sans doute l'âme d'artiste ? 'Fin, moi, franchement, ma tombe, je m'en fous. Autant profiter d'la vie, avant de s'imaginer à bouffer les pissenlits par la racine. Puis même, qu'est ce que ça peut me faire, si ma tombe est à mon goût ou pas ? On s'en fout, je suis mort. Y a pas plus d'intérêt que ça à prendre en compte mes goûts, quoi.
Mais bref, c'est pas franchement les trucs auxquels on réfléchit quand on a vingt huit ans, quoi. Ni quand on en a quarante deux, d'ailleurs. A la limite on peut commencer à y songer à partir de quatre vingt cinq piges, mais pas avant.
- Je note, je rigole.
Je note pas du tout. Avant qu'il meure, je vais avoir le temps d'oublier, hein. Mais bon, j'pense pas que ce sera à moi de choisir sa tombe, t'façon, alors c'est réglé.
Il approuve ce que je lui dis. C'est lui l'expert. Sans blagueeee. Je suis pas bon en art, moi. J'veux dire, je dessine dès fois, mais et encore, je tiens pas assez en place pour tenir assez longtemps derrière un bout de papier. Jamais le temps de finir. Alors travailler sur l'art en général... Nan, j'pourrais pas. J'ai trop besoin de bouger.
Et puis là, il se tourne vers moi, et il me le confirme. Il emploi des expressions pour rabaisser mon "art", c'est incroyable. A noter dans le dictionnaire, le calendrier, le calendrier des records. Un t-shirt en bambou. Une vague plate. Et puis il s'arrête pas, quoi. Je me retourne et j'enfouis ma tête dans l'oreiller le temps qu'il finisse. Je me fais descendre, là ? J'ai l'impression d'entendre Maman, là. C'est pas mon père, en fait, c'est complètement ma mère. A deux doigts d'envoyer un hibou à la vraie pour lui dire que je lui ai trouvé une remplaçante. Enfin, un.
Je me retrouve donc à me faire engueuler sur un ton amusé, et il insiste et insiste. Il me dit qu'il veut pas de mes droits d'auteurs (il rate quelque chose, moi je le dis), il m'en conjure. Et quand il finit sa tirade en me disant qu'il sait ce qu'il veut que je fasse de mon art. Je sens le piège arriver, là. Quoi, il va me dire qu'il veut que je prenne mes oeuvres et que je les enferme dans mes placards ? Qu'il souhaite que je souhaite mes pauvres chaussettes, qui ne rêvent que d'aventure, sans qu'elles ne puissent jamais voir la lumière du soleil ? N'a-t-il aucune pitié pour les chaussettes ?
Je me redresse d'un bond, m'assois au bord du lit, et lui dit d'un air faussement boudeur :
- T'aurais pu me dire que t'étais là pour me descendre, je t'aurais pas laissé rentrer.
C'est faux. Je l'aurais totalement laissé rentré, curieux de voir comment il allait s'y prendre cette fois. Il ne me déçoit jamais, c'est toujours si créatif. Il me fait rire.
- Vas y dis moi, quelle est ton idée géniale ?
Evidemment que je tombe dans le piège. Pas dit que j'obéirais à ce qu'il va me dire, mais ne serait ce que par curiosité de voir qu'elle folie il va me sortir, je suis prêt à poser la question. Ca va être drôle. Il est tout le temps drôle, t'façon. Pas pareil que moi. Moi, je charme avec mon sourire et mes blagues à deux balles, et j'enchaîne avec des phrases à la con enchaînées les unes après les autres, et ça devient drôle. Lui, c'est plus subtil, il charme par ses mots, son style, et après il débite des conneries telles que celles qu'il vient de me sortir comme si tout le monde était tout à fait habitué à utiliser un tee-shirt en bambou pour décrire l'inutilité de quelqu'un. Non mais je vous jure, je sais pas comment il fait.
@Adélaïde Brennen 
780 mots
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28 ans - Enployé à Keddle & Leather depuis le 25 juillet 2051
Ouvert à tous les RPs !
Vava par la merveilleuse Sage Matthews