Démon
démon, [ˈdēmən], n.m.
ange déchu qui s'est rebellé contre Dieu et représente l'esprit du mal, comme le diable.
ange déchu qui s'est rebellé contre Dieu et représente l'esprit du mal, comme le diable.

Miya, 34 ans
"are you straight ?"« straight from hell. »jeu de mot intraduisible
{moitié de l'an 2047}
Je vais leur dire. Cette fois, c'est promis, je vais leur dire. Je vais le leur dire en les regardant en plein dans les yeux, et ils n'auront pas d'autre choix que d'accepter ce que je vais leur dire. Ouais, je vais leur dire. Je vais leur dire la vérité. Je continue de me répéter ce mantra tandis que je marche dans les rues de Godric's Hollow à une allure soutenue, mon long manteau noir claquant dans l'air derrière moi à chaque pas que je fais. J'ai envie de leur dire, j'ai besoin de leur dire. Et ça devrait pas être si compliqué, ça devrait pas poser de problème. Mensonge, mensonge, mensonge. Je serre les dents et accélère le pas, tendue. Pourquoi ? Pourquoi est-ce si difficile, pourquoi est-ce si douloureux ? Cela ne devrait pas l'être, cela devrait me remplir de joie, cela devrait faire de moi la personne la plus heureuse sur terre. Si seulement on pouvait choisir sa famille. Si seulement je ne portais pas le nom maudit de Ryuū. Si seulement Mère n'était pas une Van Hagen. Si seulement j'avais le pouvoir de les changer au moins un peu. Si seulement.
Avec des "si", on refait le monde. Avec des "si", on refait ma vie. Avec des "si", on reconstruit toute une identité, toute une histoire, toute une famille, tout un pays. Si je pouvais changer les choses, je le ferais. Si j'avais la force de les combattre, de les persuader, de les pousser à changer.
« Je vais leur dire, je marmonne dans le vide. Aujourd'hui, c'est promis je leur dis. »
Je leur dis et j'assume. Je leur parlerais d'elle, ils comprendront. Ils sauront. Ils verront. Ils seront obligés de voir que je suis amoureuse d'elle, ils seront obligés d'accepter et ils seront obligés de me donner leur bénédiction, obligés d'être de mon côté. Il le faut. Il le faut absolument. On se calme, pense à elle, détends-toi, je m'ordonne en prenant une respiration. Puis une deuxième. J'essaye de garder la tête hors de l'eau, de me sauver de la tempête qui menace de m'engloutir. Tout va bien. Pour l'instant. Tout va bien, pour l'instant. Tout va bien se passer tout va bien se pass-
Mon pied, cet idiot de pied, bute sur une dalle, je manque de m'étaler par terre. Essayant de ne pas y voir là un mauvais présage, je me reprends, inspire profondément et termine d'avancer jusqu'au pallier de porte de la demeure Ryuū. La demeure Ryuū. C'est bizarre, ça sonne comme un truc de bourges, ça me déplait. Pourtant c'est comme ça qu'on m'a éduquée à l'appeler, à la voir.
Je reste là sans oser entrer. Chez moi. Pourtant je me suis jamais sentie aussi loin de ma maison.
J'entre. Silencieusement, précautionneusement. D'aucun pourrait dire comme une voleuse. Je me permets d'entrer dans ce grand hall carrelé silencieux, propre, parfait, trop parfait. Ce hall défait de toute personnalité, ce hall qui est là et qui me hurle de faire demi-tour, qui me hurle de repartir tant que je le peux encore, tant que je peux sauver ma peau. Frisson. Inspire. Expire. Ma main plonge dans une poche, taquine nerveusement le briquet moldu que je garde là. Je ne fume plus, pourtant. Presque deux ans que je n'ai plus touché à la cigarette. Pour elle, parce qu'elle n'aime pas ça, parce qu'elle mérite mieux. Penser à elle me détend, me relaxe. Je desserre mes doigts, relâche mes muscles, arrive même à hisser un sourire poli sur mes lèvres. Je vais leur dire.
« Bienvenue à la maison, maitresse Miya »
Me salue une voix râpeuse, lente et profonde. Un faible sourire étire ma bouche.
« Bonsoir Franky, je salue notre elfe de maison familial. Comment vas-tu ? »
Tout en parlant, je me débarrasse de mon manteau et le lui remet. Cependant, ma baguette reste dans son étuis bien accroché à ma cuisse. Pas que je craigne que Père ou Mère puissent s'en prendre à moi — ils n'ont que très rarement utilisé les punitions physiques — mais je préfère la garder à proximité. A ma question, notre elfe de maison tressaille, peu habitué à la politesse.
« Bien maitresse Miya, merci maitresse Miya, répondit-il en courbant l'échine, toujours trop poli. Madame Ryuū vous attend dans le grand salon maitresse Miya. »
Et sur ces mots, il s'empresse de disparaitre.
Je lance un rapide Tergeo sur mes chaussures, plus par précaution que réelle inquiétude. Même si je ne souhaite pas m'attirer les foudres de mes géniteurs en salissant leur précieux hall.
Je suis vêtue d'une robe de sorcière noire élégante aux broderies vert sombre avec des émeraudes cousues dessus. L'une des robes que j'ai achetées pour me vêtir lorsque je leur rends visite. Je ne l'aime pas, pas du tout. Elle est trop lourde, elle couvre mes tatouages, elle me fait l'effet d'un costume que j'aurais enfilé pour jouer un rôle. Un rôle qui ne me convient pas, et un rôle que je ne suis pas prête à endosser. Mais je le fais. Lentement, douloureusement, je déglutis.
Pense à elle. Pense à ses longs cheveux qui te taquinent lorsqu'elle se penche sur toi, pense à ses lèvres roses, appétissantes et délicieuses qui te murmurent des mots d'amour, pense à ses mains si douces et si aimantes, qui savent si bien te câliner, prendre soin de toi. Pense à ses yeux, pense à son parfum, pense à sa silhouette. Pense à son prénom, à la façon dont il roule sur ta langue, comme une vague qui s'en va mais finit toujours pas s'en retourner, comme le refrain d'une chanson que l'on attend avec impatience, comme un "je t'aime" resté trop longtemps enfermé dans un coeur. Pense à sa façon d'aimer, à sa façon de t'aimer, à sa façon de vivre, à sa façon de rire, de te faire rire. Pense à elle. Pense à ses vêtements, pense à son parfum de cerise qui te donne envie de la mordiller comme un chaton, pense à son talent de cuisinière, pense à sa paresse matinale, pense à son amour pour sa nièce, pense à elle. Pense à elle et ne t'arrête plus jamais. Parce que je ne veux plus, je ne veux plus jamais penser à quelqu'un d'autre qu'elle. Elle, mon ensorceleuse, ma reine, ma lumière, mon étoile. Je pense à elle sans m'arrêter, avec force, la force désespérée de la condamnée, la force de la martyre. Pense à elle. Mes doigts se referment sur la bague.
Je prends une inspiration et m'avance dans le grand salon, minuscule au milieu de ce décor.
« Ah. Miya. »
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1103 mots
@Paige Barrow, pour ta Cat
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Démon
« Ah. Miya. »
A mon tour de tressaillir. Soudain, je suis toute petite, je suis rikiki. Miya ? Non, un simple être en quête d'identité, en quête de soi, en quête d'une minuscule quantité de pouvoir.
Elle a prononcé mon prénom comme si j'étais une chose répugnante, une chose décevante, une chose qu'elle aurait préféré ne jamais voir. Elle me regarde comme si j'étais un monstre, une sorte de créature immonde qu'elle ne souhaite pas voir dans son salon. Elle me jauge depuis l'endroit où elle est assise. Son regard noir, acéré, cruel, froid. Il me déchiquète, il lit en moi, il me déchire il me brûle, il démantèle mon armure. Elle lit en moi comme dans un livre ouvert, elle voit tout, elle sait tout. Je serre les dents, résiste à l'envie de prendre mes jambes à mon cou. Fuis. Mais j'peux pas fuir, parce que si je fuis, j'admets qu'elle a gagné, j'admets qu'elle est plus forte et je reconnais qu'elle me vaincra toujours. J'avale ma salive. Ma gorge est nouée, je dois tousser. Je ne le fais pas. Plutôt crever que briser en première le silence qui s'est installé entre nous deux.
« Où sont passées tes manières ? »
De nouveau, sa voix claque dans la pièce comme un coup de fouet, comme un coup de feu. Je me recroqueville dans ma coquille, je me cache dedans, je voudrais disparaitre. Merlin. J'ai plus de trente ans et je suis toujours incapable de faire face à ma mère, de lui expliquer, de lui montrer.
Dans ses mots, dans son ton, dans sa voix, je ressens toute la déception que je représente.
Agissant comme une automate, je m'approche. Chaque fibre de mon être me hurle de partir, de me sauver, de m'éloigner d'elle. Mais je ne le fais pas. Je continue d'avancer dans la gueule du loup qui jubile, ricane, se délecte de ma peur, de mon incapacité à faire autre chose qu'obéir sans poser de questions. Je m'approche lentement. Et je lui adresse un signe de tête respectueux ainsi que ce qui s'apparente à une révérence. Maladroite, cette révérence, je le vois d'ici, je sais qu'elle va faire un commentaire, qu'elle va l'utiliser pour m'attaquer. Mais je ne recommence pas, je me dis que ça devra bien suffire. Je me dis que je préfère qu'elle me reprenne sur ma révérence que sur autre chose. Alors, quand je me redresse, je prie pour ne pas avoir à croiser son regard. Oh par Merlin, Morgane et tous les saints, ce que je ne donnerais pas pour pouvoir sortir de cette situation ô combien désagréable, m'enfuir de la pièce, m'échapper sur mon balais. Je bouge plus. Une seconde passe, puis une autre. Je sais ce qu'elle fait ; elle me fait payer mon silence qu'elle prend pour de l'insolence par le traitement du domestique. Attendre jusqu'à ce qu'elle juge qu'elle m'a assez fait attendre. Et je n'ai pas intérêt à bouger, ah ça non, certainement pas.
« Assieds toi. »
L'ordre me fouette, me heurte de plein fouet.
Et moi, pauvre marionnette, petite statue de bois, bête création de Merlin, j'obéis. Je me rends vers le fauteuil qui m'es destiné, celui qui m'appartient, la seule chose qui me soit familière dans ce décors hostile. Je vais vers lui et je m'assois distinctement. Avec grâce. Comme on m'a appris. Je m'assois et je trouve, quelque part au fond de mes tripes, le courage de redresser les yeux.
Deux blocs ronds, parfaits, glacials, antipathiques. Voilà ce que mes iris rencontrent, voilà ce que je suis forcée d'affronter sitôt que nos regards se percutent dans une explosion d'étincelles. Je ne veux pas l'affronter. Je ne veux pas me battre contre elle parce que je sais que je n'ai pas la force nécessaire pour l'emporter, je n'ai pas la force nécessaire pour lutter et m'assurer la victoire. Je ne veux pas me battre et pourtant j'y suis forcée dès que nos iris entre en collision, dès que j'enfonce mon être dans son âme. Les yeux sont la fenêtre de l'âme, n'est-ce pas ? Voilà peut-être pourquoi ceux de la famille sont exclusivement noirs, noirs comme les abysses, noirs comme les abymes, noires comme l'enfer le plus insupportable. Et le sien, d'enfer, celui qui brûle dans ses yeux à elle, il est plus terrible que tout ce que l'on pourrait imaginer. Il est invivable, inconcevable.
Et je me noie dedans, je me perds dedans.
Dès l'instant où mon regard glisse dans le sien me voilà perdue, l'arachnide a tissé sa toile, elle me tient dans son piège, elle a fait de moi sa proie et sa prisonnière. Je suis impuissante.
« ..Mère. »
Faites qu'elle n'ait pas entendu l'hésitation faites qu'elle n'ait pas entendu l'hésitation faites qu'ell- Un froncement de sourcils. Sa main qui se tend imperceptiblement, son visage se plisse. Et mon coeur à moi qui s'emballe, les battements de l'instrument de ma vie qui se font plus précipités, plus agités, plus désordonnés. Elle a vu. Elle va m'insulter. Me dire quelque chose de si douloureux que je vais avoir envie de sortir de la pièce, que je vais avoir envie de fondre en larmes sur ce stupide fauteuil, que je vais me défaire dans cette pièce. Elle va avoir ma peau, elle veut avoir ma peau. Je ne suis qu'une proie de plus dans la partie de chasse qu'elle a décidé de mener.
« Mère. »
Plus sûre. Plus confiante. Moins vulnérable. Je me redresse doucement, je carre les épaules.
« Ne sais-tu rien dire d'autre ? »
Toute ma confiance s'étale par terre. Comme mon pied a buté sur le pavé tout à l'heure, je tombe de haut et je tombe longtemps. Mon égo, ma force, mes mots, mon discours. Tout ce que j'ai préparé se dissous dans ma bouche, me voilà désormais privée de la parole et incapable de m'exprimer. Miya est redevenue une enfant, une bête enfant figée face à sa mère, sa génitrice.
« Comment allez-vous ? »
J'ai osé. Son sourcil se hausse, sa jugulaire se tend, ses doigts ornés de bagues pianotent avec un rythme agacé. Je ne la satisfait pas. Quoi que je dise, quoi que je fasse. Elle n'aimera pas. Parce que c'est moi qu'elle n'aime pas. Moi, sa première née, celle qui l'a faite mère. Elle ne m'aime pas.
Je suis sa chair, je suis son sang, je suis sa fille.
Je suis sa plus grande déception.
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1074 mots
A mon tour de tressaillir. Soudain, je suis toute petite, je suis rikiki. Miya ? Non, un simple être en quête d'identité, en quête de soi, en quête d'une minuscule quantité de pouvoir.
Elle a prononcé mon prénom comme si j'étais une chose répugnante, une chose décevante, une chose qu'elle aurait préféré ne jamais voir. Elle me regarde comme si j'étais un monstre, une sorte de créature immonde qu'elle ne souhaite pas voir dans son salon. Elle me jauge depuis l'endroit où elle est assise. Son regard noir, acéré, cruel, froid. Il me déchiquète, il lit en moi, il me déchire il me brûle, il démantèle mon armure. Elle lit en moi comme dans un livre ouvert, elle voit tout, elle sait tout. Je serre les dents, résiste à l'envie de prendre mes jambes à mon cou. Fuis. Mais j'peux pas fuir, parce que si je fuis, j'admets qu'elle a gagné, j'admets qu'elle est plus forte et je reconnais qu'elle me vaincra toujours. J'avale ma salive. Ma gorge est nouée, je dois tousser. Je ne le fais pas. Plutôt crever que briser en première le silence qui s'est installé entre nous deux.
« Où sont passées tes manières ? »
De nouveau, sa voix claque dans la pièce comme un coup de fouet, comme un coup de feu. Je me recroqueville dans ma coquille, je me cache dedans, je voudrais disparaitre. Merlin. J'ai plus de trente ans et je suis toujours incapable de faire face à ma mère, de lui expliquer, de lui montrer.
Dans ses mots, dans son ton, dans sa voix, je ressens toute la déception que je représente.
Agissant comme une automate, je m'approche. Chaque fibre de mon être me hurle de partir, de me sauver, de m'éloigner d'elle. Mais je ne le fais pas. Je continue d'avancer dans la gueule du loup qui jubile, ricane, se délecte de ma peur, de mon incapacité à faire autre chose qu'obéir sans poser de questions. Je m'approche lentement. Et je lui adresse un signe de tête respectueux ainsi que ce qui s'apparente à une révérence. Maladroite, cette révérence, je le vois d'ici, je sais qu'elle va faire un commentaire, qu'elle va l'utiliser pour m'attaquer. Mais je ne recommence pas, je me dis que ça devra bien suffire. Je me dis que je préfère qu'elle me reprenne sur ma révérence que sur autre chose. Alors, quand je me redresse, je prie pour ne pas avoir à croiser son regard. Oh par Merlin, Morgane et tous les saints, ce que je ne donnerais pas pour pouvoir sortir de cette situation ô combien désagréable, m'enfuir de la pièce, m'échapper sur mon balais. Je bouge plus. Une seconde passe, puis une autre. Je sais ce qu'elle fait ; elle me fait payer mon silence qu'elle prend pour de l'insolence par le traitement du domestique. Attendre jusqu'à ce qu'elle juge qu'elle m'a assez fait attendre. Et je n'ai pas intérêt à bouger, ah ça non, certainement pas.
« Assieds toi. »
L'ordre me fouette, me heurte de plein fouet.
Et moi, pauvre marionnette, petite statue de bois, bête création de Merlin, j'obéis. Je me rends vers le fauteuil qui m'es destiné, celui qui m'appartient, la seule chose qui me soit familière dans ce décors hostile. Je vais vers lui et je m'assois distinctement. Avec grâce. Comme on m'a appris. Je m'assois et je trouve, quelque part au fond de mes tripes, le courage de redresser les yeux.
Deux blocs ronds, parfaits, glacials, antipathiques. Voilà ce que mes iris rencontrent, voilà ce que je suis forcée d'affronter sitôt que nos regards se percutent dans une explosion d'étincelles. Je ne veux pas l'affronter. Je ne veux pas me battre contre elle parce que je sais que je n'ai pas la force nécessaire pour l'emporter, je n'ai pas la force nécessaire pour lutter et m'assurer la victoire. Je ne veux pas me battre et pourtant j'y suis forcée dès que nos iris entre en collision, dès que j'enfonce mon être dans son âme. Les yeux sont la fenêtre de l'âme, n'est-ce pas ? Voilà peut-être pourquoi ceux de la famille sont exclusivement noirs, noirs comme les abysses, noirs comme les abymes, noires comme l'enfer le plus insupportable. Et le sien, d'enfer, celui qui brûle dans ses yeux à elle, il est plus terrible que tout ce que l'on pourrait imaginer. Il est invivable, inconcevable.
Et je me noie dedans, je me perds dedans.
Dès l'instant où mon regard glisse dans le sien me voilà perdue, l'arachnide a tissé sa toile, elle me tient dans son piège, elle a fait de moi sa proie et sa prisonnière. Je suis impuissante.
« ..Mère. »
Faites qu'elle n'ait pas entendu l'hésitation faites qu'elle n'ait pas entendu l'hésitation faites qu'ell- Un froncement de sourcils. Sa main qui se tend imperceptiblement, son visage se plisse. Et mon coeur à moi qui s'emballe, les battements de l'instrument de ma vie qui se font plus précipités, plus agités, plus désordonnés. Elle a vu. Elle va m'insulter. Me dire quelque chose de si douloureux que je vais avoir envie de sortir de la pièce, que je vais avoir envie de fondre en larmes sur ce stupide fauteuil, que je vais me défaire dans cette pièce. Elle va avoir ma peau, elle veut avoir ma peau. Je ne suis qu'une proie de plus dans la partie de chasse qu'elle a décidé de mener.
« Mère. »
Plus sûre. Plus confiante. Moins vulnérable. Je me redresse doucement, je carre les épaules.
« Ne sais-tu rien dire d'autre ? »
Toute ma confiance s'étale par terre. Comme mon pied a buté sur le pavé tout à l'heure, je tombe de haut et je tombe longtemps. Mon égo, ma force, mes mots, mon discours. Tout ce que j'ai préparé se dissous dans ma bouche, me voilà désormais privée de la parole et incapable de m'exprimer. Miya est redevenue une enfant, une bête enfant figée face à sa mère, sa génitrice.
« Comment allez-vous ? »
J'ai osé. Son sourcil se hausse, sa jugulaire se tend, ses doigts ornés de bagues pianotent avec un rythme agacé. Je ne la satisfait pas. Quoi que je dise, quoi que je fasse. Elle n'aimera pas. Parce que c'est moi qu'elle n'aime pas. Moi, sa première née, celle qui l'a faite mère. Elle ne m'aime pas.
Je suis sa chair, je suis son sang, je suis sa fille.
Je suis sa plus grande déception.
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#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Démon
Je le sais, au fond, que je suis la plus grande déception de ma mère. Je le suis depuis que je suis née. Non. Je l'étais avant même de naître. Je l'étais déjà lorsque le hasard a fait de moi une fille, lorsque la vie a décidé que je serais une Elle. Une héritière, une fille, une humaine. Une, juste une, toujours une. Parce que la vie est injuste, parce qu'elle n'a pas donné à mes parents tout ce qu'ils désiraient, parce qu'elle n'a pas comblé Yuuto et Hana de leur vœux le plus cher. Celui de voir naître un garçon. Un héritier, un homme, un être. Pas un Elle, mais bien un Il, le plus beau Il qui soit. Oh, la vie s'est bien moquée de Yuuto et Hana, elle leur a bien rit au nez en faisant de ce qu'ils espéraient être un cadeau un présent empoisonné. Une Elle, et en plus une Elle ratée. Une Elle incapable d'être une bonne héritière, une Elle qui aime les femmes, une Elle qui n'est jamais rien de plus qu'une perte de temps, d'argent et d'attention. Oui, la vie rit de Yuuto et Hana. N'est ce pas, Mère, que la vie vous rit au nez ? N'est-ce pas que vous avez mal, au fond de vous, que je sois un tel désastre, une telle déception. Eh bien croyez moi je ris aussi.
Je ris de votre petitesse d'âme, de votre étroitesse d'esprit, de votre méchanceté, de votre cruauté, de votre dureté émotionnelle, de votre impossibilité à ressentir comme un être humain. Je ris de ressentir toutes ces choses que vous ne serez jamais capable d'effleurer de votre main jeune, bon dieu si jeune pour l'âge de vos enfants. Je ris de votre visage parfait, je ris de toutes les choses que vous n'expérimenterez jamais, je ris de votre perfection, je ris de l'absence de rides sur votre visage, je ris, je ris. Je ris si fort que j'en pleure, que j'en souffre, que je me meurs.
Regardez, Mère, regardez moi. Contemplez moi, admirez votre déception, votre échec. Regardez donc votre pire échec, votre essai raté, votre brouillon inaccomplis, votre création. Regardez moi.
Oh, je vous en prie Mère, regardez moi. Je vous en supplie, à genoux je vous le demande, je vous en prie, Mère, regardez moi. Posez vos yeux sur l'être abject que je suis et aimez moi, aimez moi comme votre fille, comme votre enfant. Aimez moi comme vous auriez dû le faire dès l'instant où je suis née. Ayez pitié, Mère, ayez pitié des pauvres, des miséricordieux, de ceux qui vous supplie de leur accorder votre amour, votre pardon pour exister, pour oser être une chose informe, une chose jamais terminée, une esquisse raturée. Je vous en prie, Mère, posez donc vos yeux sur moi et admirez moi. Aimez moi, aimez moi je vous en supplie. Je ne demande rien d'autre que cela, rien d'autre qu'un peu d'amour, un peu de reconnaissance, un peu de bonheur, un peu de sourire de votre part. Ô Mère, ô ma mère, ayez donc pitié de moi. Vous que je supplie, ayez pitié de moi.
Ayez pitié, oui, et abrégez donc mes souffrances. Détournez donc votre regard, je n'en veux pas. Il n'est que poison, venin, méchanceté, cruauté, froideur. Vos yeux me racontent toutes les choses que vous n'avez pas la décence de prononcer à haute voix. Oui, vos yeux me disent tout ce que j'ai à savoir, ils me murmurent toutes les horreurs que vous pensez, toutes les terribles inepties que vous vous racontez à mon sujet, toutes les absurdités dont vous êtes persuadée. Je le sais.
Je sais que vous me voyez comme cette chose dont vous ne voulez pas, cette créature mauvaise à laquelle vous avez donné jour. Dites moi mère, confiez vous ce pêché à notre bon dieu ? Dites moi à quel point vous lui avez parlé de moi sans jamais lui dire que je suis votre fille, que je suis votre enfant. Dites moi combien de fois vous avez parlé de cette créature folle, de cette chose, de ce démon, de ce diable que vous avez mis au monde. Dites moi combien de fois vous avez demandé à notre bon dieu de déchirer cette créature, de la mettre sous terre, de la faire à tout jamais disparaitre, de lui demander de ne plus exister, de ne plus envenimer votre vie, de ne plus vous poursuivre, vous, pauvre femme condamnée à errer pour l'éternité avec ce monstre dans vos traces. Dites moi, mère, combien de fois avez vous parlé de moi comme d'un monstre ?
Un monstre ingrat, un monstre incapable de vous aimer correctement, un monstre que jamais vous n'avez voulu, un monstre qui vous suce le sang, qui aspire votre âme, qui vous détruit. Oui, une chose si atroce qu'elle ne mérite pas de nom. Un monstre dont seuls les contes les plus terribles mentionnent le nom, un monstre si atroce qu'il insulte la vie, qu'il pourrit tout ce qui l'entoure, qui réduit en cendres tout ce qu'il touche, qu'il détruit son univers et ceux qui le peuplent avec. Je suis un monstre, mère, je suis le monstre que vous avez créé, le monstre que vous avez engendré et qui n'aurait jamais dû être, qui n'aurait jamais dû devenir. Je suis un monstre mère, je suis votre monstre. Alors regardez donc votre création, regardez votre chose, regardez votre monstre. En êtes-vous fière, êtes vous fière du monstre que vous avez créé, de ce que je suis ? Je le sais, que vous me voyez comme un monstre, comme une créature, comme une chose ignoble dont vous avez honte. Oh comme vous avez honte, mère. Honte de cette chose qui sied dans votre demeure, honte de cette chose qui porte votre nom, honte de cette chose qui porte en elle votre sang, honte de cette chose qui est née de vous.
Mais n'ayez pas peur, mère, parce que le monstre ne sait plus mordre. Il a arrêté il y'a longtemps de vouloir vous mordre. Le monstre n'attend rien de vous, mère, alors ne craignez rien.
Vous êtes en sécurité avec votre monstre dompté. Votre créature apprivoisée. Votre fille brisée.
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1033 mots
Je ris de votre petitesse d'âme, de votre étroitesse d'esprit, de votre méchanceté, de votre cruauté, de votre dureté émotionnelle, de votre impossibilité à ressentir comme un être humain. Je ris de ressentir toutes ces choses que vous ne serez jamais capable d'effleurer de votre main jeune, bon dieu si jeune pour l'âge de vos enfants. Je ris de votre visage parfait, je ris de toutes les choses que vous n'expérimenterez jamais, je ris de votre perfection, je ris de l'absence de rides sur votre visage, je ris, je ris. Je ris si fort que j'en pleure, que j'en souffre, que je me meurs.
Regardez, Mère, regardez moi. Contemplez moi, admirez votre déception, votre échec. Regardez donc votre pire échec, votre essai raté, votre brouillon inaccomplis, votre création. Regardez moi.
Oh, je vous en prie Mère, regardez moi. Je vous en supplie, à genoux je vous le demande, je vous en prie, Mère, regardez moi. Posez vos yeux sur l'être abject que je suis et aimez moi, aimez moi comme votre fille, comme votre enfant. Aimez moi comme vous auriez dû le faire dès l'instant où je suis née. Ayez pitié, Mère, ayez pitié des pauvres, des miséricordieux, de ceux qui vous supplie de leur accorder votre amour, votre pardon pour exister, pour oser être une chose informe, une chose jamais terminée, une esquisse raturée. Je vous en prie, Mère, posez donc vos yeux sur moi et admirez moi. Aimez moi, aimez moi je vous en supplie. Je ne demande rien d'autre que cela, rien d'autre qu'un peu d'amour, un peu de reconnaissance, un peu de bonheur, un peu de sourire de votre part. Ô Mère, ô ma mère, ayez donc pitié de moi. Vous que je supplie, ayez pitié de moi.
Ayez pitié, oui, et abrégez donc mes souffrances. Détournez donc votre regard, je n'en veux pas. Il n'est que poison, venin, méchanceté, cruauté, froideur. Vos yeux me racontent toutes les choses que vous n'avez pas la décence de prononcer à haute voix. Oui, vos yeux me disent tout ce que j'ai à savoir, ils me murmurent toutes les horreurs que vous pensez, toutes les terribles inepties que vous vous racontez à mon sujet, toutes les absurdités dont vous êtes persuadée. Je le sais.
Je sais que vous me voyez comme cette chose dont vous ne voulez pas, cette créature mauvaise à laquelle vous avez donné jour. Dites moi mère, confiez vous ce pêché à notre bon dieu ? Dites moi à quel point vous lui avez parlé de moi sans jamais lui dire que je suis votre fille, que je suis votre enfant. Dites moi combien de fois vous avez parlé de cette créature folle, de cette chose, de ce démon, de ce diable que vous avez mis au monde. Dites moi combien de fois vous avez demandé à notre bon dieu de déchirer cette créature, de la mettre sous terre, de la faire à tout jamais disparaitre, de lui demander de ne plus exister, de ne plus envenimer votre vie, de ne plus vous poursuivre, vous, pauvre femme condamnée à errer pour l'éternité avec ce monstre dans vos traces. Dites moi, mère, combien de fois avez vous parlé de moi comme d'un monstre ?
Un monstre ingrat, un monstre incapable de vous aimer correctement, un monstre que jamais vous n'avez voulu, un monstre qui vous suce le sang, qui aspire votre âme, qui vous détruit. Oui, une chose si atroce qu'elle ne mérite pas de nom. Un monstre dont seuls les contes les plus terribles mentionnent le nom, un monstre si atroce qu'il insulte la vie, qu'il pourrit tout ce qui l'entoure, qui réduit en cendres tout ce qu'il touche, qu'il détruit son univers et ceux qui le peuplent avec. Je suis un monstre, mère, je suis le monstre que vous avez créé, le monstre que vous avez engendré et qui n'aurait jamais dû être, qui n'aurait jamais dû devenir. Je suis un monstre mère, je suis votre monstre. Alors regardez donc votre création, regardez votre chose, regardez votre monstre. En êtes-vous fière, êtes vous fière du monstre que vous avez créé, de ce que je suis ? Je le sais, que vous me voyez comme un monstre, comme une créature, comme une chose ignoble dont vous avez honte. Oh comme vous avez honte, mère. Honte de cette chose qui sied dans votre demeure, honte de cette chose qui porte votre nom, honte de cette chose qui porte en elle votre sang, honte de cette chose qui est née de vous.
Mais n'ayez pas peur, mère, parce que le monstre ne sait plus mordre. Il a arrêté il y'a longtemps de vouloir vous mordre. Le monstre n'attend rien de vous, mère, alors ne craignez rien.
Vous êtes en sécurité avec votre monstre dompté. Votre créature apprivoisée. Votre fille brisée.
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1033 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Démon
tw : homophobie
Elle me regarde en silence. Sans rien dire, sans répondre à ma question. Pense à elle. Pense à elle, pense à l'amour de ta vie, pense à la raison pour laquelle tu es assise sur ce fauteuil si froid, pense à ce pourquoi tu endures ce silence, ce regard, cette présence. Je pince les lèvres et serre les dents. Je mords mon coeur, je retiens mes pensées, je m'empêche de parler. Mère est telle le marbre, elle ne dit rien, elle ne bouge pas. Une statue, voilà à quoi elle ressemble.
Je voudrais que son visage s'étire, que ses traits se plissent, qu'un sourire éclaire son image, que sa présence cesse de rester figée. Hana, la parfaite épouse. Hana, la parfaite fille. Hana, parfaite mère, Hana, parfaite diplomate. Hana, parfaite. Et pourquoi, dis-moi, pourquoi est-elle aussi... si bien ? Pourquoi ma mère est-elle aussi bien aux yeux des autres mais aussi terribles au miens ? Il faut que je comprenne, il faut que je sache. Pourquoi, mère, pourquoi restez vous aussi glaciale alors que vous pourriez sourire, exprimer une étincelle de chaleur ? Oh, mère, s'il vous plait je ne vous comprends pas, je ne vous entends pas de ma prison, je ne vous vois pas derrière tous les barreaux qui me retiennent. Vous avez fait de moi une prisonnière et vous me gardez dans votre tour, vous, ma geôlière, le témoin de ma captivité. Je vous en prie, mère, libérez moi. Expliquez moi votre personne, expliquez moi pourquoi vous ne m'avez jamais aimée, expliquez moi pourquoi vous avez fait de moi un monstre, pourquoi vous me regardez comme la chose du diable.
Je demande simplement à comprendre, mère, pourquoi vous faites de moi une telle horreur.
Est-ce pour le pêché que j'ai commis, celui d'avoir posé mes lèvres sur celles d'une femme, celui de lui avoir cédé mon coeur et mon corps, celui d'aimer une Elle ?
Dites moi, mère, est-ce que je vous dégoûte ? Est-ce que la simple vue de ma personne vous donne des remontées acides, des réflexes répugnants, des envies de meurtre ? Dites moi tout mère, dites moi que vous me haïssez pour ce que je suis, dites moi que vous haïssez la personne que je suis. Votre fille, votre chair, votre sang. Oser embrasser une autre femme, une humaine, un être du même sexe. Dites moi, mère, est-ce que le simple fait de savoir que j'ai pu aimer par les mots et le corps une autre femme vous dégoûte ? Est-ce que vous détournez la tête en public lorsque vous voyez deux hommes ou deux femmes ? Répondez moi, mère, et dites moi si oui ou non vous avez honte de moi, honte de votre chair, honte de votre enfant. Dites moi que vous n'avez pas pensé devoir me soigner, devoir me sauver, devoir me remettre sur le droit chemin, devoir me faire aimer les hommes à tout prix. Regardez moi ! Regardez l'être que vous avez mis au monde et regardez vos pêchés. Regardez ceux que votre enfant a commis et acceptez les, prenez les, gardez les. Regardez donc la terrible chose que votre fille a faite. Oser aimer une femme.
« Je vais bien. »
Une réponse, enfin. Dites moi, mère, qu'est-ce que cela vous coute de parler à l'objet du diable ?
Je me tortille dans mon siège. Nerveuse, je voudrais sortir ma baguette et jouer avec mais je me force à rester bien immobile. C'est déjà assez d'embrasser les femmes, il ne faudrait pas que je commette d'autre erreur, il ne faudrait pas que j'accuse d'autres pêchés.
Le silence.
Il s'étend entre nous, telle la sombre cape de la nuit. Elle, d'un côté, et moi, de l'autre. Elle, Hana, elle est normale. Moi, Miya, je suis détraquée. Hana aime les hommes, elle est normale. Et Miya aime les hommes et les femmes, elle est détraquée, anormale, cassée. Il faut savoir que Hana aime un homme, elle est socialement acceptable, et que Miya aime une femme, elle est socialement dysfonctionnelle. Mes cuticules me démangent, je voudrais les retirer, les arracher une à une, les défaire, les détruire, me faire saigner. Est-ce que le sang de Miya coulerait d'une façon différente parce qu'elle est cassée ? Je mords ma lèvre inférieure avec force, espérant que la douleur me tirera du cercle vicieux de pensées dans lequel je suis engagée. Tais-toi Miya.
Oui, tais-toi créature ignoble. Non, c'est mère qui parle à travers moi.
« Yuuto ne va pas tarder. »
Je cligne des yeux, hébétées. D'accord ? Père arrive. Oh, père, verrez vous votre fille installée sur ce fauteuil ou serez vous également abusé par les illusions qui empoisonnent l'esprit de mère ? Dites moi, père, que vous voyez votre enfant. Votre fille. Votre première née. Dites moi que celle que vous voyez est une humaine, dites moi que je ne suis pas qu'une créature, une bête infame, une chose à tenir à distance des véritables êtres. Aimer n'est pas un pêché, père.
Le temps s'écoule entre nous. Je ne sais pas quoi en faire, de ce temps qui m'échappe et me fuis, de cette chose que l'on ne peut nommer et pourtant que nous poursuivons tous au lieu de vivre l'instant présent. Le temps, le temps, le temps. Une éternité avec elle, voilà ce que je veux, ce que je suis venue demander. Je la veux elle, pour l'éternité, pour toujours, pour des siècles et des siècles et encore après ces siècles. Je la veux jusqu'à ce que je devienne si vieille que je ne pourrais plus la voir, que je ne pourrais plus l'entendre, que je ne pourrais plus lui murmurer mes "je t'aime", que je ne la sentirais plus sous mes doigts fripés. Et dans la vie que je vivrais ensuite, je veux vivre de nouveau à ses côtés. Je veux la rencontrer, je veux retomber amoureuse, encore et encore, sans m'en lasser, même quand les dieux en auront marre de nous voir répéter la même histoire. Je veux que mon chemin, mon coeur, mon âme, tout lui soit lié. Je veux qu'elle soit mon infini, mon éternel, mon oiseau bleu. Mon soleil, mon tournesol, ma jolie lumière, ma petite étoile. Oh, ma belle, si seulement tu savais toutes les belles choses que je voudrais te dire et toutes les choses terribles sur ma mère et mon père pensent de nous. Oh, comme je t'aime.
Soudain, le voilà. Il est là, dans l'encadré, sur le pas de la porte, et je ressens sa présence jusque dans mes os, dans mes muscles dans mon sang, dans ma chair. Sa présence imposante et ses sourires glacials. Son corps massif et son esprit anguleux. Il est là, il prend toute la place.
« Miya. »
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1124 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Démon
« Miya. »
De nouveau, la pitié, le dégoût.
Je me tourne, me lève avec déférence, incline la tête. Monsieur Ryuū est arrivé, monsieur Ryuū est dans la pièce alors il faut se mettre debout, il faut baisser la tête il ne faut plus respirer. Parce que monsieur Ryuū supporte mal qu'une autre présence outrepasse la sienne, qu'une personne ou un bête animal même paraisse plus important que lui. Oui, monsieur Ryuū est arrivée et avec lui, tous mes espoirs d'être enfin considérée comme une humaine, une vraie.
« Père. » Je le salue avec respect, celui d'une fille à son paternel.
Je le salue et tout mon être se hérisse, tous mes poils se dressent, tous mes muscles se tendent. Je n'aime pas Yuuto, je ne veux pas aimer cette personne, je ne veux pas faire partie de la même famille qu'elle. Et pourtant me voilà, toute petite dans cette pièce démesurée, seule face à Yuuto et Hana, ce couple uni qui, des années durant, a fait de ma vie le plus sombre des cauchemars. Il faudrait que je m'enfuie, que je sorte de cette salle austère et que je laisse derrière moi ce manoir si sombre, si impersonnel, si froid. Je veux retourner à Cardiff, je veux me cacher dans cet appartement si doux, si accueillant et si chaleureux qu'elle a façonné de ses bras. Je veux retrouver ses bras, ses mains, son visage, sa bouche, son corps, sa présence. J'ai besoin qu'elle fasse barrière entre eux et moi, j'ai besoin qu'elle prenne soin de moi comme elle l'a toujours si bien fait, j'ai besoin.... J'ai besoin d'elle. Voilà pourquoi je suis là, pourquoi je souffre. Je la veux, elle. Juste elle.
Je m'empêche de porter ma main à mon cou, geste devenu nerveux, familier, régulier lorsque je me sens mal ou que je suis en souffrance. Me rappeler que l'anneau est là suffit à m'aider.
« Ne me dérange pas pour des futilités. »
Il ordonne en s'asseyant aux côtés de Hana. Nul regard, nul sourire, nul contact. Rien que le froid et la glace, la distance entre eux. Pas une once de chaleur, pas une once d'amour dévorant que je peux ressentir, pas une once de douceur l'un pour l'autre. Parce que Yuuto et Hana ne sont pas amoureux l'un de l'autre. Ils ne s'aiment pas d'un amour brûlant, ils ne s'aiment pas d'un amour doux, ils ne s'aiment pas d'un amour possessif, ils ne s'aiment pas. Yuuto et Hana ne sont que des alliés, des camarades, des soldats côte à côte dans la légion. Il ne la touche pas et elle ne le regarde pas. Ils ne dorment pas ensemble, ne mangent pas ensemble, ne vivent pas ensemble. Il habite l'aile l'est et elle vit dans l'aile ouest. Parfois, rarement, ils dînent ensemble. C'est tout.
Yuuto et Hana ne connaissent rien à l'amour. Ils ne savent pas ce que c'est que de se sentir prêt à se sacrifier pour quelqu'un, ils ne savent pas ce que c'est que de vouloir donner sa vie et son futur à quelqu'un, ils ne savent pas ce que c'est que d'aimer quelqu'un de tout son coeur, au point de vouloir tout lui offrir, tout lui donner. Yuuto et Hana ne sont jamais tombés amoureux.
« Père, Mère. » Je marque une pause. « Je suis venue vous parler de quelqu'un. »
La bombe est amorcée. Quand explosera-t-elle ?
Il élève un sourcil, elle fronce les siens. Ses mains à lui se joignent, les siennes à elle pianotent sur les accoudoirs avec nervosité, avec agacement. Je déglutis difficilement. Parle, Miya. Dis-leur tout, maintenant. Toute cette comédie doit cesser, il est temps que tu leur dises tout, il est temps qu'ils sachent la vérité. Tu leur dois cette vérité, ils sont tes géniteurs. Ils doivent savoir.
Mais que doivent-ils savoir, exactement ? Que je suis amoureuse d'elle ? Que je lui ait achetée une bague ? Que je compte l'épouser qu'ils me donnent leur bénédiction ou non ? Que suis je supposée leur dire, que dois je leur expliquer ? Je déglutis de nouveau. Merlin. Il fait chaud. Je le savais, pourtant, que cette robe me tiendrait chaud, que je ne serais pas à l'aise. Et puis, où est donc passé Franky ? Maintenant serait le bon moment pour me proposer un café. Pourquoi me regarde-t-il comme si j'étais une création impie ? J'ai mal à la tête, la douleur bat à mes tempes. Je ne veux pas rester ici, je veux m'enfuir. Pourquoi l'ai-je quittée, j'étais bien dans ses bras ce matin. Je ne comprends pas ce que je fais ici, je ne veux pas les voir, je m'étais promis de ne plus venir les voir alors qu'est-ce que je fais ici ? D'où vient cette panique, je ne sais pas ce que je ressens, je ne sais pas pourquoi mes paumes sont aussi moites, pourquoi je me sens aussi mal. Elle me contemple en penchant légèrement la tête, comme pour avoir un meilleur angle d'attaque, comme pour pouvoir mieux me cerner. J'ai peur. J'ai peur j'ai peur j'ai peur. Pense à elle. Oui, pense à elle et cesse de te taire. Dis quelque chose, par Merlin parle, il faut que tu dises un mot ou deux, quelques uns. Aligne les et croise les doigts pour qu'ils fassent une phrase.
« Parle maintenant ou sors de chez moi. »
Le ton est froid, le regard aussi. Je ne tressaille pas, pas cette fois ci. Parce que face à lui, face à monsieur Ryuū, il ne faut surtout pas montrer que l'on a peur.
Il me jauge du regard. Plisse le visage, passe une main lasse sur ses traits. Brièvement, son âge se fait voir. Cinquante huit ans de vie, cinquante huit ans à supporter cette malédiction apposée sur ses épaules pourtant si solides. Et elle, du haut de ses cinquante trois ans, comment fait-elle pour paraitre aussi jeune ? On lui en donne quarante à tout casser, jamais on ne pourrait imaginer qu'elle est si âgée. Enfin. "Âgée". Elle n'est même pas encore arrivée à la moitié de sa vie.
« Parle. Ou va-t'en. »
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1025 mots
De nouveau, la pitié, le dégoût.
Je me tourne, me lève avec déférence, incline la tête. Monsieur Ryuū est arrivé, monsieur Ryuū est dans la pièce alors il faut se mettre debout, il faut baisser la tête il ne faut plus respirer. Parce que monsieur Ryuū supporte mal qu'une autre présence outrepasse la sienne, qu'une personne ou un bête animal même paraisse plus important que lui. Oui, monsieur Ryuū est arrivée et avec lui, tous mes espoirs d'être enfin considérée comme une humaine, une vraie.
« Père. » Je le salue avec respect, celui d'une fille à son paternel.
Je le salue et tout mon être se hérisse, tous mes poils se dressent, tous mes muscles se tendent. Je n'aime pas Yuuto, je ne veux pas aimer cette personne, je ne veux pas faire partie de la même famille qu'elle. Et pourtant me voilà, toute petite dans cette pièce démesurée, seule face à Yuuto et Hana, ce couple uni qui, des années durant, a fait de ma vie le plus sombre des cauchemars. Il faudrait que je m'enfuie, que je sorte de cette salle austère et que je laisse derrière moi ce manoir si sombre, si impersonnel, si froid. Je veux retourner à Cardiff, je veux me cacher dans cet appartement si doux, si accueillant et si chaleureux qu'elle a façonné de ses bras. Je veux retrouver ses bras, ses mains, son visage, sa bouche, son corps, sa présence. J'ai besoin qu'elle fasse barrière entre eux et moi, j'ai besoin qu'elle prenne soin de moi comme elle l'a toujours si bien fait, j'ai besoin.... J'ai besoin d'elle. Voilà pourquoi je suis là, pourquoi je souffre. Je la veux, elle. Juste elle.
Je m'empêche de porter ma main à mon cou, geste devenu nerveux, familier, régulier lorsque je me sens mal ou que je suis en souffrance. Me rappeler que l'anneau est là suffit à m'aider.
« Ne me dérange pas pour des futilités. »
Il ordonne en s'asseyant aux côtés de Hana. Nul regard, nul sourire, nul contact. Rien que le froid et la glace, la distance entre eux. Pas une once de chaleur, pas une once d'amour dévorant que je peux ressentir, pas une once de douceur l'un pour l'autre. Parce que Yuuto et Hana ne sont pas amoureux l'un de l'autre. Ils ne s'aiment pas d'un amour brûlant, ils ne s'aiment pas d'un amour doux, ils ne s'aiment pas d'un amour possessif, ils ne s'aiment pas. Yuuto et Hana ne sont que des alliés, des camarades, des soldats côte à côte dans la légion. Il ne la touche pas et elle ne le regarde pas. Ils ne dorment pas ensemble, ne mangent pas ensemble, ne vivent pas ensemble. Il habite l'aile l'est et elle vit dans l'aile ouest. Parfois, rarement, ils dînent ensemble. C'est tout.
Yuuto et Hana ne connaissent rien à l'amour. Ils ne savent pas ce que c'est que de se sentir prêt à se sacrifier pour quelqu'un, ils ne savent pas ce que c'est que de vouloir donner sa vie et son futur à quelqu'un, ils ne savent pas ce que c'est que d'aimer quelqu'un de tout son coeur, au point de vouloir tout lui offrir, tout lui donner. Yuuto et Hana ne sont jamais tombés amoureux.
« Père, Mère. » Je marque une pause. « Je suis venue vous parler de quelqu'un. »
La bombe est amorcée. Quand explosera-t-elle ?
Il élève un sourcil, elle fronce les siens. Ses mains à lui se joignent, les siennes à elle pianotent sur les accoudoirs avec nervosité, avec agacement. Je déglutis difficilement. Parle, Miya. Dis-leur tout, maintenant. Toute cette comédie doit cesser, il est temps que tu leur dises tout, il est temps qu'ils sachent la vérité. Tu leur dois cette vérité, ils sont tes géniteurs. Ils doivent savoir.
Mais que doivent-ils savoir, exactement ? Que je suis amoureuse d'elle ? Que je lui ait achetée une bague ? Que je compte l'épouser qu'ils me donnent leur bénédiction ou non ? Que suis je supposée leur dire, que dois je leur expliquer ? Je déglutis de nouveau. Merlin. Il fait chaud. Je le savais, pourtant, que cette robe me tiendrait chaud, que je ne serais pas à l'aise. Et puis, où est donc passé Franky ? Maintenant serait le bon moment pour me proposer un café. Pourquoi me regarde-t-il comme si j'étais une création impie ? J'ai mal à la tête, la douleur bat à mes tempes. Je ne veux pas rester ici, je veux m'enfuir. Pourquoi l'ai-je quittée, j'étais bien dans ses bras ce matin. Je ne comprends pas ce que je fais ici, je ne veux pas les voir, je m'étais promis de ne plus venir les voir alors qu'est-ce que je fais ici ? D'où vient cette panique, je ne sais pas ce que je ressens, je ne sais pas pourquoi mes paumes sont aussi moites, pourquoi je me sens aussi mal. Elle me contemple en penchant légèrement la tête, comme pour avoir un meilleur angle d'attaque, comme pour pouvoir mieux me cerner. J'ai peur. J'ai peur j'ai peur j'ai peur. Pense à elle. Oui, pense à elle et cesse de te taire. Dis quelque chose, par Merlin parle, il faut que tu dises un mot ou deux, quelques uns. Aligne les et croise les doigts pour qu'ils fassent une phrase.
« Parle maintenant ou sors de chez moi. »
Le ton est froid, le regard aussi. Je ne tressaille pas, pas cette fois ci. Parce que face à lui, face à monsieur Ryuū, il ne faut surtout pas montrer que l'on a peur.
Il me jauge du regard. Plisse le visage, passe une main lasse sur ses traits. Brièvement, son âge se fait voir. Cinquante huit ans de vie, cinquante huit ans à supporter cette malédiction apposée sur ses épaules pourtant si solides. Et elle, du haut de ses cinquante trois ans, comment fait-elle pour paraitre aussi jeune ? On lui en donne quarante à tout casser, jamais on ne pourrait imaginer qu'elle est si âgée. Enfin. "Âgée". Elle n'est même pas encore arrivée à la moitié de sa vie.
« Parle. Ou va-t'en. »
________
1025 mots
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage


