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PARTIE 5 : Retour aux navires






Artamiel transplana sur un navire, paniqué, l'homme cherchait un grand à qui se référer car la situation était critique sans même que personne ne le sache. La maladie était une chose, cette fièvre n'avait pas coûté la vie à grand monde, mais là, c'est l'équipage entier qui se retrouve menacé et pourtant, le calme règne. Les membres de l'équipage joue d'un coin à l'autre de la plage, certains se reposent, d'autres aident, sans parler de ceux qui nettoient, cuisinent, ou soignent les malades. Aucun n'a la boule au ventre ni la moindre idée de ce qui risque de leur tomber dessus d'une minute à l'autre.

Bergelmir fut le premier grand qu'Artamiel aperçu, mais en observant autour de lui, il pouvait apercevoir les tentes blanches de l'infirmerie. Élisabeth devrait y être, l'homme couru aussi vite qu'il le pouvait pour atteindre Élisabeth. Éli ! L'interpelle t-il, Élisabeth se contenta de lui adresser un court regard avant de se repencher sur son patient. Désolé Arta j'ai vraiment pas le temps. Lui répond t-elle du tac au tac. Les deux sorciers se toléraient même si leurs personnalités étaient aux antipodes l'une de l'autre, quand Artamiel se laisse porté par le courant, Élisabeth lutte. Quand Artamiel est en quête de vulnérabilité nouvelle, Élisabeth est en quête de force nouvelle.

Seulement, quand il faut coopérer, leur équipe a toujours du succès. Qu'il s'agisse de partir à la cueillette d'ingrédients, de rédiger des documents administratifs, de s'occuper d'enfants ou d'organiser un anniversaire, ce duo fonctionne à merveille et révèle une efficacité rare. Même s'ils s'embrouillent tout au long du projet. Il faut qu'on quitte cette île le plus vite possible. Lance t-il, attirant l'attention d'Élisabeth. D'ordinaire, elle se serait contenté de dire que ce n'est pas possible, sans omettre de le taquiner un peu, seulement, ce n'est pas un crétin qu'elle a en face d'elle, c'est Artamiel. En dehors d'Eden et de Redose, c'est l'une des plus grosses têtes de la Ruche et il ne crierait pas au loup sans être certain de ce qu'il avance. La jeune femme lui accorda plus qu'un court regard, l'homme paraissait paniqué, ça ne ressemblait pas à Artamiel et n'importe qui d'autre vérifierait son identité, seulement Élisabeth voyait bien qu'il ne souffrait d'aucune substance ni d'aucun sort grâce à sa vaste expérience et le don qu'elle possède, quelque chose doit lui faire peur, quelque chose de terrible. La femme abandonna son patient à un guérisseur à proximité.

Élisabeth prit Artamiel par le bras et tout les deux ils s'éloignaient en direction de la mer. Vas-y. Lance t-elle simplement, les pensées de l'homme étaient beaucoup trop diffuses et confuses pour être lues correctement par une débutante comme elle et elle ne voulait pas comprendre de travers. Artamiel prit une grande inspiration avant de débiter sans s'arrêter. L'île est peuplée d'elfes corrompus guidée par une femme qui se fait appeler la mère des fées, elle peut nous envoyer ces elfes d'une seconde à l'autre. Déclare Artamiel, Élisabeth s'apprêtait à répondre, mais avant de pouvoir dire quoique ce soit, Artamiel continua. Elle s'attaque systématiquement à ceux qui s'égarent sur cette île, et ils finissent dans une prison souterraine. Conclut le serpent blanc.

Élisabeth prit quelques secondes précieuses de réflexion, elle avait déclaré qu'ils ne quitteraient pas cette île avant d'avoir soigné les malades, seulement, là il ne semblait pas qu'elle avait vraiment le choix. Son autorité en prendrait un coup, et il y'aura probablement encore des morts jusqu'à l'île suivante, les tensions préexistantes vont s'intensifier et le risque de mutinerie dû au découragement, à la peur ou à l'espoir deviendrait plus fort. Merci de m'en avoir parlé avant de semer la panique, fait courir le mot, on retourne tous aux navires. Le garçon hocha la tête et ensemble ils se dirigeaient vers la foule.

Alors qu'Artamiel était sur le point de se séparer d'Élisabeth pour courir jusqu'à l'autre côté de la plage en criant de retourner aux navires, une sorte de chauve-souris géante se dirigeait vers eux. Élisabeth dégaina instinctivement sa baguette et la pointa sur le petit groupe, mais Artamiel lui fit baisser le bras. Pas eux ! Lance t-il avec conviction, il ne semblait pas avoir subit de lavage de cerveau ou quoi que ce soit qui y ressemble.
Un vide se creusait dans la foule, où atterrissaient les quatre créatures, des elfes aux ailes de chauve-souris. Le petit groupe d'elfes était visiblement terrifié par la foule qui les entoure, et ils avançaient d'un pas incertain vers Artamiel comme pour y trouver un soutien. Ce sont des elfes de lumière, fais-moi confiance, ils sont là pour nous aider. Déclare t-il à Élisabeth avant de la laisser seule avec ces "elfes de lumière" dans le cercle délimité par cette foule de camarades terrifiants. L'homme courait jusqu'au bout de la plage, et très vite, on entendait sa voix se perdre dans le vide, ordonnant de retourner aux navires sans délai.

Élisabeth fit de son mieux pour faire confiance à Artamiel, mais d'un côté il prétendait que des elfes corrompus sont leurs ennemis, et ensuite, que ces elfes chauve-souris sont des alliés. La confusion est totale. Bonjour ? Demande Élisabeth dans un sourire crispé et nerveux, l'un des elfes s'approcha d'elle et fit une étrange révérence à l'aide de ses ailes. Enchanté ravissante demoiselle, je m'appelle Larry, et voici Grumpy, Philly et Chaussette. Déclara l'elfe qui s'était avancé, arrachant un sourire à Élisabeth par la flatterie. Un peu plus détendue, elle se rendait compte que leur présence était assez apaisante. Votre ami nous a expliqué votre situation. Déclare l'elfe, et Élisabeth perdait d'un coup son apaisement. Artamiel ne pouvait pas se permettre de révéler à n'importe qui leur situation, encore moins à des inconnus tel que ces elfes. Ceci dit, malgré la colère, Élisabeth demeurait calme. Elle lisait à la surface de l'esprit de ces elfes des pensées pures et bonnes, et Artamiel ne semblait pas avoir révéler d'informations compromettantes.
Nous allons quitter cette ville au plus vite, que voulez-vous ? Demande la jeune femme avec autorité. Il fallait qu'elle les pousse à penser dans une certaine direction pour lire avec clarté, et elle réussissait.

Les elfes s'échangeaient des regards discrets, comme s'ils n'avaient pas discutés plus tôt de la marche à suivre. Nous souhaitions vous aider... Vous avez des malades à soigner apparemment. Déclare Grumpy, un elfe au visage écrasé et aux oreilles de lion, en regardant l'infirmerie du coin de l'œil. Élisabeth lisait dans ces elfes une sincère confiance en leurs capacités curatrices et en leur volonté, la jeune femme s'écarta de leur chemin la bouche béante. Il n'est pas possible de réussir à les soigner avec si peu de moyens à disposition pensait la potionniste, mais un miracle se produisit. Larry toucha seulement quelques secondes le front d'un malade, et celui-ci reprenait des couleurs, mieux, il se releva avec une facilité affligeante, en pleine forme. Il prétendait ne ressentir aucun symptôme de la maladie, et même se sentir mieux qu'avant. Larry offrit un sourire gêné à Élisabeth, celle-ci lui rendit un sourire plein de gratitude.

La potionniste cria sur la foule qui assistait au spectacle pour qu'elle retourne au navire, pendant que les elfes soignaient un à un les malades avec une technique jusqu'alors inconnue à Élisabeth. Une espèce inconnue, une technique inconnue, et des miracles. Si elle avait pu, elle serait restée bien plus longtemps sur cette île, mais elle ne le peut pas. Rouge attend quelque part, mais ces elfes... S'ils sont si bons, alors ils risquent d'être corrompus. Si les navires partent, alors ces elfes risquent d'être les victimes de cette... "Mère des fées" et de ses elfes corrompues. Alors qu'elle assistait à la guérison de Redose, la femme fit quelque chose qu'il ne lui appartenait pas de faire.

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PARTIE 6 : Mutins






La jeune femme approcha de celui qui se faisait appelé Larry. Combien êtes-vous ? Vous voudriez nous rejoindre ? Propose la femme alors que Redose se redressait pour se relever et faire face à sa femme dans le dos de Larry. Il ne t'appartient pas de faire une telle proposition. Déclare Redose alors qu'il s'étire rapidement pour prendre la mesure de son énergie nouvelle. Élisabeth essayait de le convaincre, n'employant pas cette fois la colère, mais la compassion, et la logique. Mais ils sont en danger, nous avons de la place, et ils peuvent soigner ! Argumente Élisabeth, espérant faire entendre raison à son époux, mais celui-ci ne semblait pas prêt d'entendre quoique ce soit.

Il s'avança et maintenait sur son visage un air froid et neutre comme un vent d'hiver. Ça ne change rien, tu n'es pas la cheffe. Déclare l'homme alors qu'il dépasse son épouse, laissée dans son dos comme si elle n'était qu'une enfant. D'habitude, Redose la laissait faire ce qu'elle voulait, mais visiblement, il ne la laisserait pas outrepasser ses fonctions, quand bien même elle aurait des arguments solides.
La jeune femme demeurait interdite, il pourrait au moins considérer cette proposition au lieu de fermer la porte immédiatement, sans discuter. Ils ont guéris nos malades, et essaient de nous protéger. Déclare la femme, toujours dans le dos de Redose, celui-ci ne daigna même pas lui accorder une réponse.

L'elfe auquel Élisabeth s'était adressé s'approchait d'elle avec un sourire plein de compassion, et ses pensées pleines de bienveillance. Elle savait ce qu'il allait dire, Larry, et elle se sentait de le trahir de ne pas pouvoir l'aider. C'est gentil, mais cette île c'est chez nous... Et nos frères ne nous tuerons pas, ils sont seulement manipulés. Déclare l'elfe avec un regard mélancolique.

Élisabeth ne pouvait accepter cette issue, elle ne pouvait pas accepter de simplement partir en leur tournant le dos, à ces êtres bienveillants, qui les ont aidés alors que rien ne les y obligeaient, qui cherchent à les sauver quand Redose ne veut même pas considérer de les accueillir. La jeune femme se retourna et approcha de Redose à grands pas alors qu'il se dirigeait vers le navire de Bellamy. Elle lui agrippa l'épaule et le tourna vers elle. On doit faire quelque chose pour eux. Déclare la femme. N'es-tu pas le "briseur de chaînes" ? Demande t-elle avec agressivité. Fais quelque chose puisque tu es le chef, brise leurs chaînes, et on pourrait même affronter Rouge avec eux. Propose la jeune femme, elle faisait de son mieux pour que Redose l'écoute, mais celui-ci demeurait toujours aussi froid et tellement, tellement distant.

L'homme ne contenta pas sa femme d'une lueur de compassion dans le regard, sa langue était aussi acérée que la fourche de Satan. Je n'ai pas besoin de plus d'outils, ni de "guérisseurs". Déclare l'homme avec un air désintéressé au possible, la potionniste le lâcha tandis que sa mâchoire tombait. Rouge a une armée, il me fallait une armée, c'était le seul moyen d'être sûr de l'atteindre. La majeure partie des membres de l'équipage crèveront, mais qu'importe, du moment que moi, j'atteins Rouge. Déclare Redose, paraissant à Éli être... Rouge ? Ça semblait être une évidence maintenant, le même ton, la même allure, le même mépris de la vie, et si cet homme était Rouge ? La jeune femme en tout cas était loin de reconnaître son mari. Ces gens t'aiment... Pourquoi m'avoir permis d'apprendre à les connaître si tu comptes juste les sacrifier... Demande la femme, le cœur serré dans un nœud de fer. Sois pas naïve, tu nous as fait sortir, tu n'es qu'un o- Avant que l'homme ne puisse conclure sa phrase, Élisabeth le pétrifia sans autre forme de procès avant de l'enjamber.

Cette personne était-elle vraiment Redose ? Ou était-ce Rouge de connivance avec la déesse qui l'avait pourvu de ce don, ce serait la raison pour laquelle le futur lui est inaccessible ? Qu'importe. Défais ce sortilège, tu commets une trahison. Déclare l'homme, face contre le sol.

La jeune femme l'examinait et essayait de réfléchir, sa théorie ne sort pas de nul part, Redose et Rouge se ressemble, la principale différence est au niveau des émotions, et Redose n'avait montré aucun signe d'émotion depuis qu'il a été enfermé. Qu'est-ce qu'il se passe ici ? Demande Bellamy qui n'avait qui n'avait eu qu'à sauter du navire pour atterrir en lévitation. Élisabeth ne savait pas vraiment comment se justifier, elle espérait que Debora ne mette pas trop de temps à venir, Bergelmir ne descendrait probablement pas et Rebecca non plus, l'un se contente de suivre les ordres quand l'autre ne se préoccupe globalement que de son équipage. Debora saurait mieux expliquer qu'Élisabeth les raisons qui l'ont poussés à neutraliser Redose, mais pour l'instant, elle devait convaincre un Bellamy de ne pas la neutraliser ou de le libérer. Écoute Bel, je sais que ça va te paraître fou... La jeune femme laissa sa phrase en suspens, lorsque Bellamy, après avoir jeté un coup d'œil à Redose, reporta son regard sur elle, la baguette à la main. Éli... Dit simplement le lycanthrope. L'expression sur son visage montrait bien le dédain qu'il avait de devoir pointer sa baguette sur sa belle-fille, seulement, il avait l'impression de ne pas avoir le choix. Neutralise-la ! Lance Redose à son père, interprétant ce silence comme il se doit d'être interprété, un face à face entre Bellamy et Élisabeth, avec un enjeu inconnu et des conséquences dangereuses. Bellamy écoute- Commence Élisabeth avant d'être coupée par Bellamy. Laissez-moi réfléchir ! Crie t-il pour se faire entendre, mais Redose ne semblait pas prêt à le laisser faire. Papa, tu es mon meilleur ami, on est arrivé jusque là ensemble ! Déclare le garçon aux pieds de son père. Bellamy serrait les dents, que devait-il faire dans une telle situation ? L'homme libéra Redose du sortilège, un air frustré et déçu sur le visage.

Élisabeth savait qu'elle n'aurait pas pu gagner un duel face à Bellamy, elle comptait sur sa raison, sur le fait qu'elle soit écoutée. Il... Il ne nous considère que comme des outils. Déclare Élisabeth, sa voix se brisant à mi-phrase. Abattu, Bellamy n'osait pas regarder Élisabeth dans les yeux. Je sais. Cette seule phrase avait l'effet d'un pieu dans la poitrine.

Il sait, mais que sait-il exactement, sait-il tout, ou ne sait-il que ce que Redose voulait qu'il sache, est-il un Bellamy manipulé par Redose, ou un Bellamy manipulé par Rouge. Neutralise la. Ordonne Redose à son père après s'être relevé et dépoussiéré. On pourrait simple- Commence le lycanthrope. Elle a commis une trahison et outrepassé sa fonction, elle doit être neutralisée et sanctionnée. Déclare Redose sans bégayer. Le fait qu'il puisse suggérer une telle chose est difficile à encaisser pour Bellamy, et encore plus pour Éli qui se sentait maintenant avoir deux pieux dans la poitrine. C'est ta femme... Dit Bellamy alors qu'il baisse sa baguette et tourne la tête vers Redose, interdit. Ce n'est pas à lui de lui apprendre la nature de leur relation, l'histoire qu'ils ont partagés, même si une grande partie demeure floue ou évaporée pour le garçon. C'est un outil, et je suis votre maître. Déclare Redose, la main portée à la dague qu'il garde à sa ceinture, comme une menace. Mais Bellamy, désabusé, ne le laissa pas libre plus longtemps, et il le stupéfixia, meurtri. Redose avait planté deux pieux dans la poitrine d'Élisabeth, Bellamy en partageait la souffrance. Même s'il savait bien comment Redose les voyait, tous, qu'il aille jusqu'à le dire à haute voix et les menacer, qu'il aille jusqu'à faire souffrir ceux qui le peuvent encore... Redose ne pouvait plus être considéré comme un chef, pas avant que son comportement ne change. La plus grande revendication des anciens détenus d'Azkaban, c'est de ne pas être considérés comme des objets ou des animaux qu'on peut mettre en cage et muselés jusqu'à la fin de leur vie. Jamais ils ne suivraient un chef qui déclare sans honte que tous à ses yeux ne sont que des objets, des outils destinés à servir ses desseins et ses propres intérêts. En l'état des choses, Redose est devenu trop imprévisible pour continuer d'assurer son rôle, et les grands firent ce qu'ils avaient à faire.

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CHAPITRE 13 : Les êtres de la brumes


PARTIE 1 : Pas plus grand qu'une fourmi






Hm, hm, chest rudement bon dites donc ! Lance Crane, la bouche pleine, encore. On a compris que c'est bon, on mange pas grec depuis hier, mais c'est sûr que sur la mer on aurait pu s'attendre à moins bon. C'est sans doute notre prime de risque, ou notre dernier repas. Ça fait quelques temps déjà qu'on a quitté l'île de Kefalonia, notre prochain arrêt c'est la Libye, je vais enfin pouvoir faire sa fête à Rouge. Cet enflure a brisé notre famille, voler papa et essayé de faire tuer maman, il n'est pas question que je m'attarde sur une île ou sur une autre à faire du tourisme ou à profiter de la bouffe quand il court en toute impunité on ne sait où en Libye, mais ça va pas durer. J'y pense depuis tellement longtemps, je vais pas le laisser en placer une, dès que je le vois je l'extermine. Quand je pense aux têtes qu'ils feront, tous. Maman, Adonis, Athéna, et même les cousins, les tantes, les oncles, fin tout le monde. Eden l'héroïne... Oh mais chut, c'est ridicule, je fais ça pour ma famille. Ou pour moi ? Je... Non. Je fais ça pour ma famille, devenir une héroïne c'est qu'un effet indépendant de ma volonté, qu'importe que je sois considérée comme une meurtrière ou une héroïne j'empêcherais Rouge de nuire... Donc je fais pas ça pour mon image ! Et en même temps... Non, stop.

Tonton regarde par la fenêtre de la cabine, il n'y a rien de très intéressant dehors. La mer est calme, les vents sont plutôt doux, et on en a pour un bon paquet d'heures, il doit bien y avoir des jeux intéressants sur ce bateau, il pourrait y jouer. J'aimerais bien jouer. Juste... Poser ma responsabilité et mon cerveau dans un coin et me détendre, mais j'y arrive pas. J'essaie de trouver du réconfort là il y'en a, mais c'est tellement difficile. Je vais affronter un adversaire mortel et dangereux, qui a probablement un pied aux quatre coins du globe, j'ai l'air confiante parce que ma famille est là et je dois garder mon image de sœur invincible, mais...Mais si je perdais... Non. Je ne peux pas perdre, je ne vais pas perdre. Si je peux pas le vaincre, qui le pourra ? La magie repose sur la visualisation et les sentiments, si je pars perdante et sans confiance, je vais perdre.

En fait, ce n'est pas vraiment perdre qui me fait peur... Je ne peux pas perdre, pas avec le sort que j'ai en réserve... Mais je pourrais en mourir, et pas que moi. C'était une bêtise de les laisser m'accompagner, mais je pouvais pas simplement les abandonner... Et pourtant, je l'ai fais, et je continuerais à le faire. Quel intérêt de vivre dans la peur, je vais supprimer Rouge, même si je meurs. À choisir, je veux vivre, mais le choix ne m'appartient pas.

Quand je les vois tout les deux, j'arrive pas à me dire qu'ils sont adultes. Hier encore c'était seulement deux petits idiots qui traînaient sans cesse dans mes pattes et qui allaient tout le temps chercher leur grande sœur adorée face à un problème minime. Adonis a raison de poser la question, qu'est-ce qui a changer ? Quand suis-je devenue si... Égoïste ? Les enfants. Nous interpelle tonton alors qu'il se dirige vers la porte de sortie de la cabine, un rapide coup d'œil me permet de voir du brouillard aux fenêtres, c'est bizarre qu'il apparaisse d'un coup, non ? Remarque, je suis pas marine. Restez là. Nous ordonne t-il avant de sortir, et un rapide échange de regards nous permet de mettre en évidence nos liens de parenté, nous ne sommes pas de la même famille pour rien.

Je sors en première, suivie des autres, mais j'avoue que... C'est pas le plus intéressant. Nom de Merlin... Déclare Adonis lorsqu'il assiste à ce qu'on assiste tous. J'y crois pas... Un géant, mais pas un géant du genre nos géants géants, non, un géant. Un vrai Géant. Un Géant avec un grand G, notre bateau n'est pas si petit, pourtant il arrive seulement à la cheville de ce Géant. On doit lever notre tête au maximum pour le voir, mais cette brume nous en empêche, on discerne sa silhouette, mais sans plus. Je croyais vous avoir dit de rester à l'intérieur ! Nous engueule tonton, mais comment voulait-il qu'on suive un ordre, on est des Omniak et Crane est un Roşu, impossible qu'on fasse ce qu'il demande et, bordel, on a bien fait. Qu'est-ce que c'est que ça ? Demande Adonis à tonton, mais je peux pas détourner le regard de cette créature, elle est menaçante et j'ai pas envie de mourir et encore moins en mer comme une inconnue. Mais on peut rien faire face à ÇA. Mon plus puissant sort pourrait lui arracher une partie du genou, mais même s'il arrachait le genou entier, on coulerait. On peut transplaner avec un peu de chance, mais c'est notre seul espoir.
Il faut juste le surveiller, je fais que ça, je peux pas retirer mes yeux de cette chose.

Aucune idée et le capitaine n'en sait pas plus, on va essayer de le contourner et d'accélérer, alors accrochez-vous et si vous avez peur, transplanez à la berge. Il vaut mieux perdre du temps que perdre la vie, mais s'il nous bloque le chemin pour aller en Libye, maman risque d'arriver en première, alors qu'on est censé arriver en même temps.
Il suffit d'une distance et d'une durée pour calculer leur vitesse, j'ai ces deux éléments, et on devrait arriver à environ cinq heures de décalage ce qui est peu, peu considérant qu'un géant pourrait nous bloquer le passage et nous forcer à perdre plusieurs jours, alors même que je suis la meilleure chance qu'on ait de vaincre Rouge.

Après avoir navigué suffisamment longtemps pour perdre le géant de vue dans la brume sèche, voilà qu'un autre géant, cette fois plus gros, apparait non loin de nous. Merde. On est vraiment, mais alors vraiment, vraiment très mal. Ils doivent bien faire dans les 80 mètres, c'est presque la taille d'un petit gratte-ciel moldu. Sauf que les gratte-ciel sont fait de bêton et de verre principalement, et ils se trouvent sur terre, ils n'ont pas de jambes, ni de bras, fin, ils ne sont pas terrifiants. Plus on avance, plus il sera difficile de transplaner à la berge. Déclare Adonis, ou devrais-je dire qu'il supplie ? Il a raison, c'est déjà difficile pour un sorcier expérimenté, mais alors quand on sait qu'il y'a deux géants, et peut-être même plus... Sois pas lâche. J'ordonne, mais il a raison, le plus sûr serait de faire demi-tour.

Seulement, je suis Eden Omniak, je ne joue pas la prudence. Il faut qu'on avance. Je déclare.

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PARTIE 2 : Les caprices de Poséidon






Juste après avoir déclaré qu'il fallait qu'on avance, la mer commençait à s'agiter, le capitaine essayait aussi bien que mal de contourner les géants avec des manœuvres couplées à la magie de lui et de tonton. Il faut qu'on accélère, on peut rien faire pour les manœuvres car on pourrait compenser la force des manœuvres effectuées par le capitaine et les rendre inutiles, pire, si on exerce la mauvaise force au mauvais endroit on pourrait condamner toute manœuvre et tentative de contrôler la trajectoire sans magie, pour l'accélération c'est une autre histoire, l'accélération c'est la force par la masse, si j'applique une force alors je pourrais compromettre le travail de tonton et du capitaine, alors il faut que je diminue la masse du bateau pour leur faciliter le travail. Je pose les deux mains sur le sol, la baguette dans la main droite, et je visualise le bateau perdre en masse. Crane, Adonis, Athéna, vous devez essayez de nous protéger ou de rendre la mer plus calme. Je doute qu'ils puissent faire grand chose contre ces géants, mais ils peuvent peut-être modifier la météo, si le bateau tangue moins, notre travail à moi tonton et au capitaine sera facilité.

Seulement, après quelques minutes, la situation ne fait qu'empirer. Qu'est-ce que vous faites ? Je crie. Rien n'y fait ! Crie Crane dans la tempête, à tout les coups ils doivent se tirer dans les pattes et lancer des sortilèges incompatibles ou ratés, c'est pas possible qu'ils ratent comme ça, qu'est-ce qui leur prend sérieusement. Je sais bien que c'est un sortilège de niveau 8, mais Crane devrait en être capable, Adonis et Athéna ont leurs chances, ça ne peut vouloir dire qu'une seule chose.
Quelque chose empêche ce sortilège d'aboutir, mais ce n'est pas un blocage de magie puisqu'on peut l'utiliser, et ce n'est pas directement dirigé contre nous, autrement il aurait probablement suffit de nous attaquer de front, quelqu'un manipule la météo. Il n'y a rien de plus suspect, des géants en pleine mer, une tempête soudaine... Je crois que nous aussi on est manipulés, ces géants sont immobiles, ils ne bougent pas, j'arrive pas à croire que le capitaine ne les voyait pas de loin, il les a forcément vu, mais il a l'air paniqué et il essaie de les éviter. Il essaie de les éviter... On contourne des géants immobiles et on semble suivre une chemin tout tracé en fin de compte, c'est pas une coincidence. Ce serait une attaque ? Pourtant, personne à part nous savait qu'on prendrait le chemin qu'on a prit, pas même tata...

Quelque chose m'échappe, je le sais bien, pourtant j'ai beau me creuser l'esprit, je vois pas quelle est la solution à notre problème, cette énigme semble insoluble, j'ai beau savoir qu'il y'a une vérité qui m'échappe, ça ne suffit pas pour l'atteindre, mais je dois l'atteindre, pense Eden, pense...

Je pourrais... Je pourrais utiliser la relativité générale pour plier l'espace-temps de sortes à ouvrir un trou de ver d'ici à la Libye ? Je l'ai jamais fait, mais c'est possible en théorie, même s'il faut une énergie phénoménale pour le faire et encore plus phénoménale pour le maintenir ouvert, mais cette énergie je peux la trouver, cette tempête et ces géants pourraient être la parfaite source d'énergie après tout l'énergie équivaut à la masse multipliée par la vitesse de la lumière au carré et entre la mer, l'air, et ces géants, on a une quantité extraordinaire d'énergie, je peux le faire, je peux le faire, je dois... Je dois le faire... Je le dois... Pour... Pour ce qui est... Ce qui est. Précieux. ATHÉNA ! Quoi ? Adonis crie, j'ai juste le temps de tourner la tête pour le voir courir vers le bord du bateau pour essayer de rattraper ce qu'il reste d'Athéna, merde, je vois seulement sa main tendue en direction du ciel. Athéna... J'abandonne mon incantation pour courir en direction d'Adonis et d'Athéna, mais d'un coup j'entends un craquement du bois.

C'était pas une bonne idée de brutalement rendre sa masse au bateau, il a l'air de se retourner et je me retrouve projetée à l'autre bout, j'utilise un sortilège pour me permettre d'adhérer au pont qui se retrouve quasi à la verticale et court vers le bout du bateau où Adonis s'est accroché, dans ces conditions, si le bateau retourne à l'horizontal, Athéna risque vraiment d'y passer. Elle peut respirer sous l'eau et trouver un moyen de survivre aux mouvements rapides de l'eau, mais si un bateau lui tombe dessus, c'est une autre histoire.

Alors que j'arrive enfin à l'autre bord et que je m'apprête à plonger, le bateau se renverse dans l'autre sens et un craquement éclate à travers le bruit de la tempête, mes pieds perdent leur adhérence, et j'ai tout juste le temps de voir le bateau se déchirer en deux morceaux distincts, et comme par hasard je me retrouve à tomber entre ces deux morceaux, et le mat se met à tour- BONK

Le capitaine ayant brutalement lâché ses manœuvres lorsque le bateau s'est brisé, le cordage s'est rompu, et le mat à tourné à une vitesse folle sur lui-même. L'une des poutres entraînées dans cette rotation, heurta brutalement Eden qui était déjà en train de tomber. Elle avait été assommée et entrainée dans la rotation du mat avant d'être envoyé en plein dans la mer, inconsciente, et seule. Crane et Athéna étaient tombés d'un côté et de l'autre du bateau avant qu'il ne se brise, Adonis avait glissé lorsque le bateau retrouvé sa position à l'horizontale, le capitaine a trébuché sur sa baguette avant d'être engloutit par la mer lorsque le bateau se brisa, quant à Lars, il avait disparu dans la panique. La plupart des membres de ce petit équipage se retrouvaient seuls, en mer, sans grand espoir de s'en sortir.

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PARTIE 3 : Terre






Dit Eden, t'as un rêve ? Un rêve, j'en avais un, quand j'étais plus jeune je voulais synthétiser la pierre philosophale. Pourquoi ? Pourquoi synthétiser la pierre philosophale ? Parce que c'est la classe, et parce que c'est le point culminant de ma passion. J'ai toujours cru que la pierre philosophale qu'avait synthétiser Nicolas Flamel était imparfaite... Elle pouvait entre autre transformer n'importe quel métal en or pur et produire l'élixir de longue vie, seulement, elle ne protège pas de l'âge, et la pierre transforme n'importe quel métal en or pur, seulement de valeur égal. Il faudrait un paquet d'étain pour obtenir de l'or... Enfin, c'est ce que je crois. Moi je veux une pierre qui puisse vraiment me rendre immortelle, comme ça, j'aurais tout le temps qu'il faut pour étudier, apprendre, et découvrir. La transmutation des métaux c'est intéressant, mais quand on a le pouvoir de Dieu entre ses mains ça passe en second plan. Avec la pierre philosophale je pourrais satisfaire cet appétit, cette faim que je ressens et qui ne s'arrête jamais de me ronger l'esprit. Je veux dévorer les secrets de ce monde, transcrire les lois qu'il nous communique, puis les violer. Violer les lois du monde... T'es folle... C'est plus fort que moi, je dois voir, je dois comprendre. Pourquoi ne pas dépasser la vitesse de la lumière ? Que se passerait-il ? Et si je créais, ou si je supprimais, comment le monde réagirait-il ? Je veux explorer ce monde infiniment grand et ce monde infiniment petit et satisfaire mon appétit. Ton rêve est un cauchemar pour les autres. Leur vie n'a pas de valeur s'ils ne m'apportent rien, seule compte une humaine dans un monde de fourmis, mon père me l'a bien fait comprendre. Il n'est que ce qu'il veut être, et ne fait que ce qu'il veut faire, les règles ne sont pas absolues, les gens ne sont pas précieux, seule une chose l'est et c'est l'esprit. Ceux qui n'ont pas d'esprits ne servent à rien dans le monde idéal, ils ne sont guère que des esclaves du monde sensible, où la vérité perd plus qu'elle ne triomphe, où les opinions fusent de tout sens dans un chaos immonde. Je suis une génie, ma vie a de la valeur. Ma vie est la seule qui compte car je suis la meilleure. Je rêve de la pierre philosophale, mais quand je l'aurais, je ne rêverais que de la prochaine étape vers mon ascension. T'es horrible, j'arrête de traîner avec toi. Attends... Et toi... C'est quoi ton rêve...

Ne pars pas, c'est rien de personnel, c'est pas ta faute si t'es stupide.

On est différents c'est tout, reste, s'il te plaît.

Ne me laisse pas seule, on est pareilles.

Par pitié m'abandonne pas.

Je suis stupide

Stupide.
Stupide.
Stupide.

PAPA ! Je me réveille en sursaut, je crois que j'ai rêvé de mon père, je suis resté dans les vapes combien de temps ? Mon ventre me fait hyper mal, je suis où ? J'ai beau regardé autour de moi je vois rien, rien que du sable, la mer, et du bois. Et j'ai un de ces maux de ventre... Comment j'ai fait pour arriver là, c'est flou. Je crois que je me suis pris une poutre et que j'ai été envoyé dans l'eau ? C'est un miracle que je sois en vie.

En y regardant d'un peu plus près, je crois voir une veste bleue contre un rocher non loin, j'essaie de m'approcher même si je suis faible et fatigué, et découvre le capitaine du navire, légèrement ensanglanté, mais rien de très grave. Vous allez bien ? Je demande, il tousse, mais ne répond pas. J'ai pour seule réponse un faible regard avant que ses yeux se ferment, il est en vie, mais clairement ça va pas fort. Mieux vaut ne pas le déplacer pour l'instant, j'ai pas ma baguette et visiblement, il a pas la sienne.

Je vois aucune trace de pas sur la plage, la mer les a peut-être emporté, mais vu ce vent calme, il n'aurait pas dû emporté les traces loin de la mer, ce qui signifie qu'on est que deux ici. Ce vent change de la tempête, et l'horizon est dégagé, je pense que je vais faire un petit tour autour de la plage et suivre le bois comme je peux, il faut à tout prix que je retrouve Adonis et Athéna, idéalement Crane et tonton, mais ils sont pas ma priorité, et ils sont bien meilleurs que ma fratrie. Adonis ! Je crie alors que j'avance le long de la plage, je sais que c'est pas la meilleure idée, j'ai pas de baguette et qui sait quels ennemis pourraient se trouver là, seulement, j'ai pas vraiment le choix. Athéna ! Je continue d'avancer, mais je trouve rien, rien n'y personne, pourtant ça fait bien quinze minutes que je cherche et le bois s'arrête là... Il n'y a pas d'île à l'horizon et soudain ma respiration se fait difficile, et si je les avais perdu, genre, pour de bon. Non. Je dois pas penser à ça, je dois respirer, il se peut qu'ils aient quittés la berge, ou qu'ils ne soient pas arrivés, ou qu'on est séparé par le temps, après tout, c'est possible, et ça expliquerait pourquoi il n'y a pas de traces de pas.

Bon, je vais retourner au capitaine et économiser mon énergie, c'est le mieux pour l'instant, surtout avec cette douleur à la poitrine, et à la tête, et au ventre surtout... Je crois que j'ai des os cassés, je peux pas réparer ça pour l'instant ni m'inspecter malheureusement, j'espère ne pas trop tarder avant de les retrouver, oui, je vais les retrouver, ils sont forcément en vie. Jamais je n'aurais laissé quoique ce soit leur arriver, je suis leur grande sœur, je les protège toujours.

Hm. C'est bizarre ça. J'étais absorbé par mes pensées donc je m'en étais pas rendu compte de loin, mais ce rocher, c'est là où il y'avait le capitaine, il y'a même toujours des tâches de sang...
Il a disparu dans la forêt, mais vu les traces, il a été trainé. Je doute qu'il ait été soigné et trainé avec son consentement, on est probablement pas seul, et ce sont probablement des ennemis, il n'y a que ça, constamment. Il a peut-être aussi juste ramper... Nah.

Pour l'instant je ferais peut-être mieux de me cacher tant que je n'ai pas été repéré, ou qu'en apparence je ne l'ai pas été tout du moins. Seulement, même si je l'avais été, sans baguette je ne peux rien faire. Où est ma famille bordel ?

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PARTIE 4 : La bête






Je sais pas ça fait combien de temps que je suis caché, peut-être une dizaine de minutes ? Une dizaine de minutes et rien, je pensais qu'il y'aurait un ennemi ou quoi qui m'aurait repéré ou qui patrouillerait, mais rien. Je peux pas continuer à rester cachée, personne ne viendra, mais au moins cette dizaine de minutes m'a permis d'établir ma stratégie. La forêt de l'autre côté de la mer semble plutôt épaisse, les arbres sont grands et espacés les uns des autres, les feuillages sont hauts et ils pourront me dissimuler, ça risque de faire un peu de bruits, mais c'est mon meilleur moyen de me déplacer en sécurité.

Je jette un coup d'œil pour vérifier qu'il y'a personne, le chemin est dégagé, je me rue sur le premier arbre que je vois à toute vitesse et je grimpe aussi vite et aussi habilement que je le peux. J'aimais bien grimpé aux arbres quand j'étais plus jeune, en grandissant j'ai commencé à avoir peur et à trouver ça futile, mais visiblement, ça l'était pas. Arrivé au niveau du feuillage, je me dis que j'avais raison. Je suis bien cachée, malheureusement, en contrepartie, je vois vraiment pas grand chose. Qu'importe. Je rampe de branche en branche en me forçant à rester au ras du bois pour limiter le plus possible la surface de mon corps, ça limitera le risque que la branche casse ou se torde trop au vu de la flexibilité du bois et de la taille de la branche.

J'ai l'impression d'avoir six ans à nouveau et de fuir de la maison parce que j'ai cassé un vase, sans me douter qu'il suffisait d'un sort mineur pour le réparer. Dire que mes parents m'ont punis malgré tout... Je commence à croire que c'était par sadisme plutôt que parce que c'était mal.

Après m'être déplacée sur plusieurs arbres, je me rends compte de deux choses, j'ai aucune visibilité et je suis terriblement lente. Ce moyen de transport est dangereux aussi, si je tombe, je me blesse. J'ai rien pour ralentir ma chute ou ramollir le sol, il faut que je trouve une baguette le plus vite possible, je doute retrouver ma baguette un jour. Il faudra qu'on fasse une escale à une boutique de baguette ou que j'en pique une à un sorcier avant de tomber sur Rouge, autrement j'ai aucune chance. Ça m'énerve de l'avoir perdu, tout ça à cause de cette fichue tempête, elle était pas censée apparaître de nulle part comme ça, sans parler des géants, qu'est-ce qu'ils faisaient là et pourquoi ils étaient immobiles ? Toute cette histoire cache quelque chose j'en suis persuadé, quelque chose, mais quoi ? J'ai jamais vu ça de ma vie, je suis complètement paumé, et Adonis et Athéna ont disparus. Tout ça m'énerve au plus haut point, tout, pas seulement ma baguette, mais tout ces obstacles que je dois traverser, pourquoi je dois les traverser, et pourquoi Rouge lui peut tranquillement menacer ma vie sans bouger le petit doigt. C'est rageant, rageant au plus haut point.

POUM C'est quoi ça ? POUM Ce sont des bruits de pas ? POUM Ça m'en a tout l'air, mais ils doivent appartenir à quelqu'un de massif ? POUM Oui c'est forcément quelqu'un de massif, en tout cas c'est bipède. POUM C'est bipède et ça se rapproche dangereusement de moi, je retourne au tronc. POUM Il faut pas que je fasse le moindre bruit, il faut que je me calme, et que je reste immobile, pitié Eden. POUM Ça peut pas être un de ces géants qu'on a vu en mer, si ? POUM Non, c'est trop petit, les feuillages me laissent à peine apercevoir une fourrure brune, ce n'est pas un géant donc... POUM Les géants ont une peau, elle est pas forcément brune comme la notre, mais c'est pas une fourrure comme ça. POUM C'est vraiment très proche, il s'est arrêté, il s'est arrêté... À côté de mon arbre... HMMM. Il a dû voir quelque chose de bon pour faire un bruit pareil, je crois qu'il se baisse, ça fait bouger tout les feuillages autour de moi. CRUNCH Il a croqué dans quelque chose, je touche ma joue et j'ouvre les yeux, c'est rassurant, c'est pas moi. POUM Il reprend sa route, je pense que je vais rester immobile quelques instants de plus. POUM La bonne nouvelle c'est que contrairement à une nouvelle baguette, j'aurais pas besoin d'une nouvelle culotte. POUM Ce truc est tout bonnement terrifiant, j'ai vu des géants au Royaume-Uni, mais leurs pas étaient pas aussi lourds. POUM et j'ai jamais entendu parlé d'un géant avec une fourrure. POUM Quoique dans le monde moldu, il y'a ces singes géants... Ils sont bipèdes, non ? POUM Et ils sont féroces, capables de rivaliser avec l'artillerie moldue. POUM Si c'est un truc dans le genre, sans baguette, je suis perdue. POUM Il faut que je retrouve ma famille.

Il doit être assez loin pour que je continue ma route, mais je sens que je vais faire encore plus attention maintenant. POUM Et j'espère que cette créature ne les trouvera pas avant moi... Je pense pas. Adonis et Athéna sont intelligents, ils se cacheront, tonton et Crane aussi, et s'ils ont leur baguette, ça sera encore plus facile pour eux, ils sont peut-être même tous ensemble... Oui, c'est probablement ça. J'ai été assommée, mais eux je ne crois pas, ils ont dû être emportés par les flots consciemment, et ont pu survivre, oui, c'est forcément le cas. Ils ont survécu.

Après une vingtaine de minutes à ramper aux arbres, je suis fatiguée, mais je continue, seulement... Je crois que je suis arrivée à l'une des limites de la forêt, je pourrais continuer dans la forêt ou sortir ma tête du feuillage pour mieux voir... Je vais faire ça, je monte jusqu'à la cime de l'arbre pour pouvoir sortir ma tête, même si c'est avec difficulté, mes cheveux se coincent dans les petites branches c'est insupportables, dès que j'en ai l'occasion je me rase le crâne.

Quand finalement j'arrive à sortir ma tête, je vois un paysage magnifique, des montagnes jonchées de trous, j'arrive à voir au moins deux cascades et des forêts, et il y'a cette immense montagne qui semblent coupée en deux... Je crois que c'est un volcan ? Il n'y a pas la moindre trace de l'homme sur cette île, en tout cas, j'en vois aucune, à part nous. Pas de route, pas d'usine, pas de drapeau, rien... Rien qu'un singe immense, et nous, ses potentielles proies.
Je vais pas laisser ma famille se faire avoir, le paysage est magnifique, mais il ne mérite pas de s'attarder dessus. Je dois trouver mon frère et ma sœur, je continue dans la forêt.

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PARTIE 5 : La ruse du berger






Je sais pas combien de temps j'ai passé à ratisser la forêt, à aller d'un bout à l'autre dans ces feuillages, à ne rien entendre que le bruissements des feuilles et les pas des géants, ni ne rien voir d'autre que le feuillage. À force d'exploration, j'ai au moins découvert qu'il y'avait plusieurs géants, le singe n'est pas seul. Chacun d'eux a un rythme et une masse précise, mais ils restent rares dans la forêt, je me demande s'il ne serait pas temps de descendre, je pense que les buissons peuvent aussi me dissimuler, et il y'a moins de risque de tomber. Ce qui me gêne, c'est que je n'ai pas d'arme ni de connaissances sur ces singes et cet endroit, je doute être arrivé en Libye vu le climat, mais ce n'est pas impossible. J'y connais rien en géographie.

Si je descend, je m'expose, ils ont une meilleure connaissance de la forêt que moi... Et même si j'ai fais attention à leurs déplacements, suffisamment pour savoir qu'ils font des sortes de rondes, c'est ma vie que je mettrais en jeu si je descendait... Et franchement mourir dans cet endroit inconnu comme une mouche dans la nature ça me ravit pas. Je peux rien faire contre les géants, je peux rien faire contre la faim et la soif, ni contre le destin, je finirais par descendre tôt ou tard, mais si je descend maintenant j'en saurais moins que si je descend plus tard... Je suis prête à prendre ce risque.

Idéalement je devrais réfléchir à un moyen de me cacher, je pense que si j'arrive arracher une branche particulièrement feuillue je me dissimulerais mieux ? Ça se tente, je glisse le long du tronc et colle immédiatement mon oreille au sol. Pas de vibrations, il ne doit pas y avoir de géant à proximité. Ici, même les buissons sont grands, c'est forcément une île magique. La seule autre explication c'est le taux d'oxygène particulièrement élevé, mais je n'ai pas ressenti de différence, mes poumons ne me brûlent pas alors même que je supporte mal ces environnements. Qu'importe, j'arrache tant bien que mal une branche bien fournie et déchire mes manches pour me l'accrocher dans le dos, j'arrache une autre branche fournie que je garderais à la mains.

Je dois avancer dans le même sens que ces géants, en avançant suffisamment vite ils devraient pas pouvoir me rattraper. C'est assez étrange tout de même, ce sont des singes différents qui font des rondes, et je pense pas qu'ils font le tour de leur territoire puisqu'ils longent un chemin précis dans la forêt spécifiquement. Ils sont organisés, peut-être qu'ils font ça au hasard, ou peut-être qu'ils cherchent quelque chose, quelque chose ou quelqu'un, comme moi.
Il se pourrait qu'ils aient emmenés le capitaine, seulement, j'aurais remarqué leur trace de pas à côté de celle du corps du capitaine, et ils ne l'auraient pas trainés, ils l'auraient soulevés au vu de leur gabarit.

S'ils peuvent être organisés, ils peuvent être intelligents, s'ils sont intelligents, ils ne sont pas imprévisibles. Ils répondent à une logique précise que je peux découvrir, on sait bien moins de choses sur les créatures stupides que sur les créatures intelligentes, car on est bien plus proches d'elles. Je pense que ces créatures cherchent quelque chose, et par "quelque chose" j'entends nous, les rescapés du naufrage. Il y'a plusieurs raisons pour laquelle ils nous chercheraient, nous aider, nous faire du mal, ou par curiosité. Il y'a plein d'autres raisons, mais je pense que celles-ci sont les plus importantes à garder en tête. Les singes ne s'essaient pas à la discrétion, mais s'ils le faisaient ça ne marcherait pas, ils n'avancent pas avec de la colère, ils sont calmes et sereins, peut-être même confiant ? Je sais pas. Dans le doute, il vaut mieux jouer la prudence et se dire qu'ils nous veulent du mal, je prends déjà suffisamment de risque en allant au sol.

Je pense pas trouver grand chose d'autre dans cette forêt, je n'ai pas vu ni entendu grand monde à part quelques bruits d'oiseaux, d'écureuils, et de singes géants. Tout le monde a disparu et la plage est grande, je pense qu'il est temps que je sorte de cette forêt.

Lorsque j'en sors, je retombe sur le paysage que j'avais vu depuis la cime, mais en plus restreint. Un coup d'œil à droite et à gauche me permet de savoir que je suis apparemment seule, j'avance en rasant le sol, je n'aime pas être à découvert et je préfère éviter de courir, en plus de m'épuiser, ça me rend plus visible. Après une vingtaine de minutes de marche, j'arrive au sommet de la colline et j'ai une nouvelle vue sur les montagnes au loin. Mes yeux me jouent des tours, ou il y'aurait des constructions ? Non... Je rêve pas... Il y'a bien des édifices, et ils sont pas petits. Ces singes seraient suffisamment intelligents pour construire ? Je n'arrive pas bien à voir ce que c'est, mais je crois voir des colonnes de là où je suis.

Et j'arrive à voir... Des si-... Des singes ? Non... Non ce ne sont pas des singes... Je crois rêver, j'avance de quelques pas, puis de beaucoup plus, j'arrive pas à le croire, ce sont pas des singes...

POUM Non... POUM Non j'y crois pas. POUM J'ai à peine le temps de me retourner pour le voir foncer sur moi à pleine vitesse, c'est terrifiant. POUM Je cours aussi vite que je peux. POUM Mais je cours en direction de ses camarades ! POUM Je suis cernée, je peux pas tourner sinon il réussira à m'atteindre plus vite que prévu. POUM Il m'atteindra dans tout les cas, je peux pas sprinter pendant toute ma vie. POUM Soit je tourne, soit j'avance, soit je lui fait face. POUM Je m'arrête, et je lui fait face. POUMJE SUIS. EDEN... OMNIAK ! Je hurle pour me donner de la force alors que son ombre me recouvre et qu'il est en face de moi. POUM Le voilà finalement devant moi, il a décidé de pas ralentir, je peux utiliser son momentum pour lui grimper dessus en sautant sur son genou, puis sa hanche, puis son dos, et enfin sa nuque, sa posture est idéale, mais... Je suis fatiguée.

À peine ais-je posé le pied devant pour sprinter jusqu'à son genou, que mon corps se dérobe à moi, je n'ai plus de force. Tout ce que je peux voir, c'est son immense main me recouvrir, m'agripper, me serrer. J'ai beau me débattre, je suis impuissante, sans défense, Adonis... Athéna... Je suis désolée. Mes os me font tellement souffrir, encore plus maintenant qu'il me serre dans sa main, la douleur est tellement... J'en peux plus. ARRÊÊÊÊTE ! Je hurle de douleurs, les larmes aux yeux, j'ai tellement mal, mes dents se serrent et ma mâchoire se crispe autant qu'elle se détend dans une tentative d'oublier la douleur, mais rien n'y fait. J-... Jil vopl air lak air ma a ple de oil as air i

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PARTIE 6 : La fin de l'aventure






Où... Où suis-je ? Demande le dernier gars à nous avoir rejoint, j'hésite à lui répondre, ça coûte rien, mais j'aimerais m'épargner le supplice de nouvelles questions et de devenir son guide. D'un autre côté, si je dis rien, il va faire pitié et supplier, et ça va vraiment me mettre mal à l'aise. Et en même temps, notre situation est assez évidente, elle ne saurait d'ailleurs être plus évidente. En prison. Quoique s'il y'avait des barreaux ce serait plus évident je suppose, et des gardiens, mais il n'y a rien de tout ça.

Et en même temps, qui aurait l'idée de s'évader... Même avec de la magie ça ne servirait à rien, on est cerné, prit au piège, on peut pas s'en sortir et j'ai aucune idée de ce que j'attends. La mort peut-être ? Ou peut-être que j'attends d'être balancé dans une marmite, ou une poêle, je me demande en quoi je serais la plus délicieuse. Ma chair n'est pas très tendre, je suis trop musclée. Un ragoût serait le plus logique. S'il vous plaît, je... Je n'ai rien à faire ici ? Il me dit ça en rampant vers moi, c'est pathétique, comme si j'allais lui répondre. Comme si quiconque ici pensait sincèrement avoir quelque chose à faire ici. On est pas chez nous, ces géants qui nous ont enlevés ce ne sont pas des gens de notre peuple, ce n'est pas notre terre, ce ne sont pas nos lois. Qui ont est après tout pour penser qu'on mérite d'être à notre place, ou d'avoir le droit de vivre. S'il v- Il me grimpe ? PAF Un coup de pied dans le visage va lui remettre les idées en place à ce débile, j'en ai rien à faire qu'ils soient encore sous état de choc, ils croient que c'est comment pour les autres ? Plus facile ? Si c'était si facile ils auraient pas l'air aussi fous. Y'en a un dans le coin de la grotte qui baigne littéralement dans ses excréments et qui récite je sais pas quoi, puis y'a ces trois types qui prient depuis que je suis là, et probablement même avant alors que ça fait des heures que je suis là, des musulmans je crois. Sans parler de cette fillette qui dessine à côté, non, en fait elle elle m'a l'air plutôt sereine. Qu'importe, t'es là, c'est tout. J'en ai rien à faire qu'il comprenne, mais je préfèrerais qu'il comprenne, ou qu'il enquiquine quelqu'un d'autre, ou qu'il sombre dans la folie ailleurs que devant moi.

Le voilà qu'il se lève et qu'il inspecte chaque recoin de la cellule, je me suis même pas embêté à faire ça quand je suis arrivé ici, je savais que c'était déjà mort et en plus... Je sais pas si j'aurais vraiment la force d'avancer dans mon état, j'ai été posé ici, mais le trajet était douloureux, je me suis juste redressé pour m'asseoir, j'ai aucune idée de si je supporterais de me lever.
Respirer est devenu un supplice, je me sens si faible que je perçois la douleur avec une clarté dont je serais bien incapable habituellement. Je sens la douleur dans mes jambes, dans ma poitrine, et mes bras, je sens la douleur dans mon cerveau et dans mon cœur, je sens mon sang couler dans mon corps, et mes paupières menacer d'éteindre la lumière.
Aurais-je le courage de me réveiller, et puis, voudrais-je vraiment me réveiller si à mon réveil je me trouve dans une marmite, dans cette cellule, ou sur cette île. J'ai aucune chance de quitter ce lieu, je ne sais pas ce qui est arrivé à ma famille. Papa, maman, Athéna, Adonis, Crane, tonton, ils sont peut-être tous morts et moi... Moi je crois que finalement mon voyage s'arrête là... C'est de ma faute, j'ai voulu être la plus forte, j'aurais pu prendre mon temps même si maman aurait affrontée seule Rouge. Quoique... Ils étaient bien mille à Azkaban, si elles les a ramené elle a peut-être ses chances... Tout me pousse à croire que j'étais bien inutile au final.

J'aurais pu rester avec elle, j'aurais dû rester avec elle. J'aurais dû écouter Adonis, et prendre mon temps, au lieu de me précipiter en comptant sur mon arme secrète au cas où ça dégénère avec Rouge.

Au final, je vais mourir dans une montagne, seule, et sans avoir accompli quoique ce soit. Je ne déchiffrerait jamais plus rien, mon potentiel ne sera jamais exploité, je ne pourrais jamais résoudre les problèmes qui me hantent, ni achever les projets que j'ai commencé, je ne pourrais jamais déclarer mon amour à ceux que j'aime, ni m'excuser auprès de tout ceux que j'ai fait souffrir en étant moi. Je pourrais jamais m'améliorer et devenir une meilleure personne, ni épouser quelqu'un que j'aime et qui me comprend, je... Je ne verrais rien de ce que l'avenir nous réservait, car cet avenir, il s'écoulera sans moi.

Je suis là que depuis hier, mais je suis toujours suffisamment forte pour m'en rendre compte, cette cellule sera ma dernière demeure, mon tombeau. Vous ne comprenez pas, je ne suis qu'un touriste ! Il me gave celui la, il s'agrippe à mes épaules comme pour m'expliquer et il me crie dans les oreilles, il me fait mal, il faut que je le vire. J'étais sur un bateau de pêche et tout à co... Il me parle et il me serre les épaules. Bouge ! Je lui crie dessus en lui mettant un coup de tête, mince, je tombe. Cette chute relance toute ma douleur, j'ai tellement mal, pourquoi a t-il fallu tomber sur un idiot pareil, pourquoi je tombe que sur des idiots, pourquoi je peux pas avoir ne serait-ce qu'un moment de bonheur dans ma chienne de vie, un moment de répit où je peux être seule, ou où je peux être moi-même, où je peux être là où je veux, quand je le veux, au lieu de devoir subir subir subir toujours SUBIR.

Ma poitrine me serre, je sens mes os à l'intérieur, je sens qu'un mouvement brusque de plus et je perds un poumon c'est insupportable. Mes yeux menacent de se fermer, mais la douleur me pique et me force à les garder ouvert.

Voilà que la porte de la grotte s'ouvre à nouveau, le prochain prisonnier, déjà ? Cette fois j'ai appris de ma leçon, je lui parlerais pas, avec un peu de chance les deux cadets font faire copain-copain et me foutre la paix. Dire que je vais crever au milieu de nul part entouré de demeurés et avec l'odeur de la chiasse dans le nez, le corps ourdi de douleur et seule. Ça me semble plutôt approprié pour quelqu'un comme moi finalement. S'il vous plait, je n'ai rien à fai... Il refait son numéro au nouveau prisonnier, c'est vraiment la mort la plus pathétique qui soit... Je suis tellement... Désolé... Tout le monde...

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CHAPITRE 14 : L'île


PARTIE 1 : Pas plus grand qu'une fourmi






Bergelmir ! Hurle Bellamy à Bergelmir, mais rien n'y fait, la mer est tourmentée et elle continue d'amener les navires vers un cap opposé à la Libye. Qu'est-ce qu'il se passe ?! Demande Élisabeth qui vient d'atterrir sur le bateau des géants, visiblement, personne ne semble bien comprendre ce qu'il se passe, et Bergelmir a beau parler et parler à la mer, les navires continuent d'être repoussés vers la mauvaise direction. Ymir est partagée, quelqu'un d'autre lui parle. Déclare Bergelmir, l'air un terrifié. Ça n'était encore jamais arrivé avant, normalement, seul un géant possédant le don de murmurer à l'oreille d'Ymir pourrait produire un tel effet, seulement, tout les géants sont là et personne ne parle à la mer, certains prient, mais ils ne lui parle pas. Élisabeth examine rapidement les pensées de chacun d'entre eux, mais elle ne trouve rien, Bergelmir est bien le seul à lui parler. Peut-être Rouge les empêche t-il d'atteindre la Libye en employant un moyen inconnu ? Peut-être que les géants ne sont pas les seuls à posséder ce don... C'est pas logique, si Ymir était vraiment partagée alors la mer serait neutre, non ? Déclare Élisabeth qui essaie de trouver tant bien que mal un sens à cette situation. Leur influence sur la mer est plus importante, tout ce que je peux faire c'est l'apaiser. Et encore, si cette mer est apaisée, alors la mer déchaînée doit pouvoir détruire des navires. C'est absolument terrifiant, quoiqu'il en soit, le don de Bergelmir avait atteint ses limites, et il semblait bien inutile de résister à la mer. Bergelmir ! L'interpelle Élisabeth, celui-ci continuait de parler en vain à Ymir, avant de tourner sa tête vers elle. Laisse Ymir nous guider. Demande Élisabeth, après quelques secondes d'hésitation, Bergelmir sourit et murmure à l'oreille de la mer.

Soudainement, la mer devint bien plus calme, et en même temps, les navires étaient entraînés à vive allure dans la direction opposée à la Libye. Bergelmir était heureux de ne plus avoir à faire choisir Ymir entre lui et l'autre personne qui lui parle, c'est une torture.

Très vite, les navires entraient dans une épaisse brume sèche, et des jambes de géants apparaissaient sous les yeux de l'équipage. Seulement, au vu du calme de la mer et du ciel, il apparaissait évident pour une bonne partie de l'équipage que ces "géants" n'étaient pas réels.
Sans oublier toutes les histoires des géants sur leur peuple, les géants de cette taille ont disparus il y'a bien longtemps, et même s'il en restait, il n'y en aurait pas plus de cinq, or ça faisait maintenant trente minutes qu'Ymir les guidait, et il y'en avait tout un tas qui étaient apparus sur le trajet. Lorsque les navires se mirent à traverser ces géants, la seule conclusion plausible était celle de l'illusion.

Avec tout ce que l'équipage sait des géants, ce qu'il se passait devenait de plus en plus évident.
Des géants attirent des navires sur cette île grâce au don de chuchoter à l'oreille d'Ymir et au don de l'illusion.

Maintenant, même si les géants sont heureux de retrouver de potentiels pairs, il reste à déterminer s'il s'agit d'amis, ou d'ennemis, et vu qu'ils les empêchent d'aller en Libye, Élisabeth penche plutôt pour l'hypothèse des ennemis. Même s'il est possible qu'ils ne cherchent qu'à les protéger. Sur le trajet, la flotte avait croisé tellement d'ennemis que c'est à se demander s'ils ont des alliés quelque part, et cette histoire de géants ne sent pas très bon.
Quoiqu'il en soit, Élisabeth n'avait plus rien à faire auprès de Bergelmir et de son équipage, elle retournait donc au sien, il lui restait à mettre les points sur les i avec Redose. Celui-ci avait été enfermé dans une petite cabine, seul, là où il ne pourrait pas blesser qui que ce soit, ni pousser qui que ce soit à le libérer. Élisabeth avait été suffisamment stricte sur ce point pour que personne ne le libère.

Sautant de bateau en bateau, elle arrivait finalement sur le sien. L'expression sur son visage était fatigué et déterminé, donnant l'impression qu'elle était à la fois forte et faible, mais ce qui tapait le plus dans l'œil des membres de la Ruche, c'est l'absence de son sourire. Ça faisait tellement de temps qu'elle était en mer, ses enfants sont quelque part en ce monde et Redose n'a pas enseigné le sortilège permettant de les trouver à qui que ce soit. Elle a perdu Brian, elle a perdu Redose, elle est à des milliers de kilomètres de chez elle et de là où elle a toujours vécu. Il y'a des amis qu'elle ne reverra probablement jamais, il y'a sa sœur qu'elle ne reverra probablement jamais, et même si ça avait toujours été compliqué avec eux, il y'a ses parents qu'elle ne reverra probablement jamais. Il ne lui reste aujourd'hui que la Ruche, quatre navires de personnes auxquelles elle n'est pas tant attachée, et des objectifs. Trouver ses enfants, tuer Rouge.

Debout. Ordonne Élisabeth à Redose, celui-ci est menotté au sol, un bol de ragoût de poisson devant lui et un verre d'eau. C'est l'heure de manger. Déclare t-elle avant de le libérer de ses liens, gardant sa baguette pointée sur lui. Redose avança à quatre pattes jusqu'à son bol et commença à manger, avec les doigts, sans utiliser la cuillère qu'Élisabeth lui avait pourtant posé à côté. Donnant l'air d'un pauvre misérable. Ça prendra pas sur moi ton numéro. Déclare t-elle, et l'homme s'arrêta. Il lécha ses doigts et les essuya dans son pantalon avant de se saisir de la cuillère et de s'asseoir pour manger plus proprement. Élisabeth avait beau retourner le problème dans tout les sens, elle n'arrivait pas à comprendre ce qui avait bien pu lui arriver, même avant de prendre ses médicaments il n'était pas comme ça, et Azkaban n'a eu cet effet sur aucun d'entre eux. Aucun, sauf lui, pourquoi ? Qu'était-il devenu, ou qui... Impossible de le dire sans rentrer dans son esprit, mais aucun legilimens n'en avait tiré quoique ce soit, et Veritas ne lui permettait pas d'y voir plus, pourquoi ? La question demeure sans réponse, et Élisabeth n'est pas encore prête à abandonner son don, ni elle, ni personne d'ailleurs.

Les bateaux s'étaient mis à ralentir, en sortant de la calle, après avoir pris soin de remettre ses fers à Redose et de débarrasser l'assiette, et, naturellement, de fermer la porte de sa cellule, Élisabeth découvrait un paysage magnifique. Une terre verte, des montagnes, un volcan, et de loin Hermann distinguerait même des structures. Seulement, il ne le fait pas, bien trop concentré par ce qui approche des navires. POUM Des créatures immenses. POUM Mais en nombre raisonnable. POUM Des amis... POUM Ou des ennemis ? POUM

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