Les chroniques d’une étoile.
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Nom et prénom des PNJs (+ lien avec le PJ) : Michael et Uriel Saul, ses pères, et Callisto Saul, sa petite sœur adoptive
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Intérêt de ce RP pour votre PJ : Développer la relation avec sa famille, et malheureusement, annoncer le décès du Croup de la famille
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Légendes :
*Pensées*
Gestes / Narration
*Pensées*
Gestes / Narration
Paroles
Paroles d’Uriel
Paroles d’Uriel
Du jeudi 27 juillet, au vendredi 28
TW : Crise de panique, blessures impulsives, vomissements, décès
Brûlant, plein de sueur, j’ouvre la porte de ma chambre avec fracas, mes mains tremblantes serrant son cadrant jusqu’à ce que mes phalanges en deviennent blanches. Mes yeux sont écarquillés d’horreur, mes larmes, des perles presque parfaites, roulant le long de mes joues pour s’écraser avec violence sur le sol. Je n’arrive pas à récupérer mon souffle, ma main venant lentement se glisser autour de mon cou, comme un python s’enroulerait autour de sa branche. Je serre, je griffe, enfonçant mes ongles dans ma chair comme si ma mort en dépendait. De la bave dégouline le long de mon menton, je m’étouffe, mes yeux de chrome grands ouverts, incapables de se refermer, terrifiés à l’idée de voir de nouveau les horreurs que mon esprit s’est créé il y a un instant. Le temps me paraît si long, mes mouvements ralentis jusqu’à me sembler immobiles alors que je me dirige vers les escaliers. Je m’étrangle, je trébuche et tousse, me tenant à la rambarde comme un homme à la mer tiendrait sa bouée de sauvetage. Appuyé au mur, traînant ma coquille de chair jusqu’à la salle de bain, ma vision se fait floue, la lumière de la lune m’éclairant comme un intrus dans cette maison, offrant ma position de proie blessée à quiconque voudrait m’attaquer. Je me sens observé, jugé par le silence, jusqu’à ce que la porte de la salle de bain se referme derrière moi.
Je m’abandonne au sol, mes genoux frappant le carrelage de plein fouet. Mon visage au-dessus de la cuvette, mon reflet dans l’eau se renvoi en miroir dans mes iris orageuses. Mes cheveux d’or, collés à mon front, aplatis par mon chagrin, mon visage épuisé, creusé par la fatigue et séché par mes larmes. Pris de court, je vomis directement, mon estomac déjà vide se recroquevillant sur lui-même. Par réflexe, ma main se resserre de nouveau autour de ma gorge, m’empêchant de respirer correctement, la bave dégoulinant le long de mon menton, se mélangeant peu à peu avec le sang sur mes doigts, les griffures sur ma nuque en étant les causes. Des gargouillis sortes de ma bouche, des sons improbables, s’apparentant aux chants des créatures de la nuit alors que le goût acide et putride de mes déjections s’accroche à ma langue.
Après ce qui paru une éternité, mes muscles fatiguent, mes mains se relâchent, et je laisse tomber mes bras sur mes côtés, posant mon front sur le bord froid de la cuvette. Épuisé, mes larmes se sont arrêtées, cet événement se perdant dans le vide infinie qu’est la nuit. Parce que tout, vient de se passer dans le plus grand des calmes. Discret, c’est silencieux que j’en suis venu à ce point final. Mon cerveau commence à s’éteindre, je me sens partir petit à petit, le sommeil se faisant sentir, le froid se glisse entre mes côtes comme le ferait une vipère. Mais un petit bruit me fais tiquer, une fois.
Puis deux.
Puis cinq.
Avec une force dont je me croyais incapable, je me lève lentement, tirant la chasse pour faire disparaître le résultat de ma faiblesse. J’ouvre la porte, cherchant du regard la source de ce petit son familier et rassurant, que je reconnais directement comme étant les griffes de Soun au moment où mon chien pose sa truffe sur ma jambe nue. Je lâche un soupir apaisé, et m’accroupis face au croup qui se met à couiner doucement, nettoyant mon genoux du bout de sa langue.
"Je suis là, je suis là je vais bien..."
Ma voix est râpeuse, mais porte une tendresse indéniable malgré l’état dans lequel je suis. Mes réflexions semblent revenir peu à peu, et soudainement, mon chien me paraît si fragile sous la lumière de la lune qu’un petit sanglot désespéré m’échappe. Je suis incapable de protéger cette petite chose qui m’aime depuis tant de temps, et le voilà à m’en donner encore, malgré son affaiblissement évidant. Sans un bruit, les lèvres pincées et le regard baissé, je ramène Soun contre moi, son poil chocolat maintenant rêche raclant contre ma peau. Son odeur, apaisante, je suis incapable de la décrire. C’est chaud, c’est rassurant, c’est lui.
Malgré la douleur de mes membres fatigués, je le garde collé à mon cœur, avant de le porter pour l’emmener avec moi. Je monte doucement chaque marche de l’escalier, jusqu’en direction de ma chambre, et comme les chouettes au milieu de la nuit, je ne fais pas un bruit, jusqu’à ce que je me trouve de nouveau face a ma tanière. Une fois la porte de ma chambre fermée, mes bougies rallumées, Soun assis au bout de mon lit, et mon corps fatigué jeté sur le matelas, un soupir d’épuisement s’échappe de ma bouche. Je tourne mon visage vers lui, des petits grognements joyeux, mais fatigués, se glissant entre ses petites dents pointues.
*Je t’aime…*
Lentement, comme un enfant après un mauvais rêve, je viens me mettre à côté de lui, mon visage enfouis dans son pelage. Je ne dis rien, et ferme mes yeux douloureusement, l’épuisement brûlant mes paupières, et ma nuque me piquant. Malgré tout, le sommeil me vient de nouveau, et plus détendu cette fois, mes doigts fins aux bouts de lilas se glissent entre ses oreilles, avant que je ne m’endorme contre lui.
-------------
J’ouvre les yeux d’un coup au son d’une porte qui claque. Mes mains cherchent cette boule de chaleur qui était à mes côtés sans pour autant la trouver. Mon cœur accélère, je me redresse et cette fois-ci, toute ma maison semble en flammes. J’ouvre ma porte, des pleurs me parviennent, un bruit de clé, des voix fortes, une porte qui s’ouvre. Je détale les escaliers, mes ongles raclant contre les murs alors que je me cogne contre chaque mots qui me parviennent.
"Médecin". "Piqûre". "Fatigue". "Soun".
Le nom de mon chien résonne dans ma tête, accélérant mes pas sans que je m’en rende compte. Arrivé dans le salon, c’est contre Callisto que je me cogne en premier, de grosses larmes dégoulinant le long de ses joues alors qu’elle pointe du doigt une couverture dans les bras d’Uriel. J’entends un souffle difficile, et les pattes que je vois dépasser du tissu me font comprendre ce que je redoutais depuis des mois, mon estomac s’en retournant complètement. Michael est déjà dehors, Uriel lui semble en panique, son regard plongé dans le mien. Une voix suppliante m’échappe sans que je le veuille.
"Non, non non… Vous avez pas le droit, me fais pas ça à moi..!"
"Arta, la vie est comme ça… je- écoute, restez ici, tout les deux. On va revenir-"
Ses jolis iris marrons se font recouvrir par un voile de mensonge, de tristesse, de deuil. Je sens mes jambes trembler, mon souffle se couper, et me voilà incapable de faire ou dire quoique ce soit. La petite s’accroche à moi, son visage contre ma cuisse alors que j’avance de quelque pas. Avec une dernière excuse qui ne m’atteint même pas, mon père passe la porte et ferme à clé, me laissant moi et ma sœur derrière.
Ma gorge se débloque, un cri s’en échappe et je me jette sur la porte, le bruit du moteur de l’autre côté du bois me faisant prendre conscience que je ne verrais sûrement plus jamais mon chien. J’essai de l’ouvrir, la frappe à grands coups, mon cri continuant alors que de nouvelles larmes coulent sur mon visage grimaçant douloureusement de colère. De tristesse. De deuil.
"Non, non ! Sans lui, vous allez revenir sans lui je veux pas, tu- Uriel, Urie- papa ! PAPA !"
Ma voix erayée se meurs dans ma gorge et je cours à la cuisine. Par la fenêtre, je ne vois que les phares de la voiture, qui disparaissent en derniers lorsqu’elle s’éloigne entre les champs. Le silence revient, il est lourd, m’écrase et m’immobilise. Ma poitrine semble vide, mon souffle m’échappe, il n’y a que Callisto qui est en capacité de bouger à ce moment là. Elle s’approche, s’accroche à ma jambe et pose sa tête contre moi, sa morve dégoulinant le long de son menton. Mes côtes semblent se recroqueviller sur elles-mêmes, plantant douloureusement mon cœur de milliers d’aiguilles. Peut-être que je ne ressens pas les émotions correctement, mais apparement, physiquement, le message passe clairement jusqu’à mon cerveau, les griffures sur ma nuque pulsant a leurs tour.
Vaincu, je me laisse glisser contre un meuble, la tête contre la poignet d’un tiroir. Les yeux grands ouverts, mes larmes coulent le long de mes tempes, sans un seul sanglot, sans un seul tressaillement. La petite fille vient se glisser sur mes genoux, chouinant contre mes jambes, tout en tenant mes mains abîmées dans les siennes. Ses doigts, si petits, caressent mes phalanges couvertes de sang par la force de mes coups. Le picotement de mes blessures ne semble même pas m’affecter, mon esprit prenant peu à peu conscience de la situation.
"…"
Ma voix est basse, complètement cassée, tellement que rien ne sort de ma bouche malgré le reste de mes efforts. Une main sur le dos de ma petite sœur, je ferme mes paupières, douloureusement, recouvrant la tempête que sont mes iris. Elles me brûlent, à cause de mes larmes, de ma fatigue, mais cette fois-ci, je n’ai plus le pelage doux et chocolat de Soun pour m’y réfugier.
1550 mots
"I don’t belong in the world.
That’s what it is."
That’s what it is."
Les chroniques d’une étoile.
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Paroles
Paroles de Callisto
Paroles de Callisto
Mardi 15 août, dans la nuit du 16
Je n’est plus vraiment conscience de mon environnement depuis ce soir là. Peut-être parce que la perte de Soun m’alourdissais, et m’alourdiras toujours. Ou je ne veux tout simplement pas accepter la vérité de voir ma famille changée, différente. Je n’ai jamais vraiment aimé le changement, mais au point d’en piquer une crise pareille, je n’y aurais pas cru.
Complètement avachi sur mon bureau, ce qui n’arrive presque jamais, c’est ainsi que je passe mes journées. Les cernes sous mes yeux grisâtres maintenant fades se creusent de plus en plus, ma perte d’appétit autant que de sommeil devenant bien visible. Depuis plusieurs jours déjà, Uriel et Michael viennent tour à tour vérifier mon état, sans pouvoir rien y faire. Non pas que je leur en veux, ce n’est pas de leur faute, ils doivent en souffrir eux aussi, de cette perte. Mais je refuse de les voir, d’ouvrir cette porte, de faire face à leur déception. Je ne veux pas leur montrer ce petit garçon sans nom d’il y a 7 ans, la peau sur les os, et le regard vide de la vie qu’ils ont mis tant de temps à guérir.
-------------
Encore au centre d’une nuit sans sommeil, mon regard perdu sur le plafond de ma chambre, la tête en arrière, je suis assis sur ma chaise, mon souffle sifflant étant la seule preuve que mon cœur bas encore. Jusqu’à ce qu’un battement m’échappe, accompagnant le tapotement d’une main sur le bois. Je déglutis et me redresse, observant l’entrée de ma chambre comme une ombre floue. Je me lève, le craquement de ma chaise me fait grincer des dents. J’ai mal partout, je ne bouge presque plus depuis des semaines, je redoute de ressentir encore une fois une vague d’émotions pareille. Je glisse ma main sur la poignet, avant de l’enclencher en prenant une grande inspiration. Si ce sont mes parents, je ne tiendrais pas debout une seconde de plus.
Mais quand j’ouvre, je sens quelque chose de chaud se glisser contre mes jambes. Sa tête enfouis dans mon ventre creux, mes côtes saillantes attaquant sa tête comme des épines planteraient un animal, Callisto est immobile, aussi amorphe que moi. Mon sang, glacé quelque secondes avant, se remet soudainement à couler dans mes veines. Ce n’est pas forcément la personne que j’ai envie de voir, ça serait même tout l’inverse. Mais c’est moins intense que d’être face à face avec mes pères. Lentement, je laisse échapper un long soupir, appuyant ma paume de main contre le front de la petite pour l’éloigner de moi, sans succès.
"Que fais-tu dehors, petite souris ? Tu sais qu’elle heure il est ? Ce n’est pas celle à laquelle les princesses se lèvent. Retourne dans ta chambre."
Mais la gamine ne bouge pas, ses petites mains serrant un peu plus le dos de mon t-shirt. Le silence de la maison, qui me paraissait lourd depuis plusieurs jours, se fait de plus en plus léger, au fur et à mesure que les larmes de Callisto mouillent mes vêtements. Je ne dis rien, comparant ses petits sanglots à des bruits d’animaux blessés, étouffés dans ma chair. Son chagrin rencontre soudainement le mien, de cette manière, mon agacement autant que ma tristesse se calment. Je glisse une main dans les mèches épaisses de ses cheveux châtains, mes doigt fins si perdant presque.
*Ils sont si épais, si rêches. Cette petite est si différente.*
Callisto calme ses sanglots, ses bras desserrant lentement ma taille. Gentiment, je me détache d’elle, et me baisse en avant, avant de la porter, lui arrachant un petit cri de surprise. Même étonnée, elle ne perds pas une seconde avant d’enfouir son visage contre mon cou, ses bras enroulés autour de ma nuque. Osseux que je suis, je ne sais pas comment elle arrive à y trouver du réconfort, quand mon propre corps plante et rejette n’importe quel toucher avec une telle ferveur. Je referme la porte de ma chambre, avant de m’asseoir sur mon lit, adossé au mur, et face à l’immense fenêtre qui compose le mur de ma chambre, au-dessus de mon bureau. Sur mes genoux, je place les jambes de Callisto en perpendiculaires des miennes, sa tête contre mon torse, et ses petites mains ramenées contre elle. Une fois que j’ai réussi à attraper une sur-couette plutôt douce, je l’enroule autour de mes épaules, enfermant la petite contre moi pour essayer de la réchauffer malgré la froideur de ma propre peau.
Pendant un moment, rien d’autre ne se passe. Callisto ne pleure plus, je ne réfléchis plus, la lumière des bougies de ma chambre illuminant avec une douce chaleur la pièce, sans pour autant bloquer la belle vue des étoiles. La petite commence à gigoter, se blottissant un peu plus, son petit nez brûlant collé contre mes clavicules, avant que sa petite voix fatiguée atteigne mes oreilles.
"Tu disparaîtra aussi..? Parce que t’es une étoile ? Papa dis tout le temps que t’as la couleur d’une zolie étoile…"
Je ne réagis pas tout de suite, analysant cette conclusion étrange à laquelle est arrivée cet enfant. Je laisse échapper un soupir amusé, sans pour autant changer mon expression neutre, ou fade. Je ne sais plus. Je descends légèrement mon dos, permettant autant à moi qu’à la petite d’avoir une vue du ciel à travers ma fenêtre. Du bout des doigts, je commence à énoncer une liste de noms d’étoiles, les montrant unes à unes. Sirius. Arcturus. Véga.
"Nombres de ces étoiles sont peut-être déjà mortes. Mais elles sont si loins, qu’on ne voit que leur passé, lui encore lumineux. Je ne suis pas une étoile Callisto, loin de là. Et même si j’en étais une, je prendrais des milliers d’années avant de mourir."
Je baisse la tête vers Callisto, ses yeux bleus accrochés à mes lèvres, comme si je détenais les secrets de l’univers. Je souris, n’arrêtant pas mes caresses dans ses cheveux, un petit bâillement lui échappant.
*Je suis un lâche.*
Je ne supporte pas d’avoir été laissé derrière, le changement, la douleur que ça engendre. Alors je me laisse m’éteindre, comme c’est lucioles à la fin de l’été, en osant penser une seconde de laisser derrière moi ma famille. Je suis infecte, vraiment. Demain, j’irais voir mes parents. Je m’excuserais, de quoi, je ne sais pas vraiment. Mais je le ferais, parce que le temps que je possède avec eux n’est pas infini. Je dois le chérir, et non le gâcher en me laissant couler au fond des eaux troubles de ce vide qui est le mien. Mon sourire s’attriste, mais ça ne m’empêche pas de déposer un baiser glacé sur la tempe de l’enfant endormie dans mes bras, remontant un peu plus le plaide sur ses épaules.
"Mais si je disparais, je brillerais toujours pour toi, parce que tes souvenirs me garderont en vie autant que tu le désires."
1160 mots
"I don’t belong in the world.
That’s what it is."
That’s what it is."