Lonely Day
TW : passage exprimant la peur d'une agression S
Bientôt, Alice fut sur ses pieds. Se tenir droite ne lui avait jamais paru aussi difficile, elle qui s’employait chaque jour à adopter la plus élégante et gracieuse des positions. Son corps entier refusait d’être debout, comme si lui même se figurait que ce ne serait plus jamais possible. Du repos, par pitié, suppliait-il. Je n’aspire qu’à cela, et ton esprit tout autant. Laisse nous nous recroqueviller quelque part et attendre que passe les années.
Alice laissa Christopher la mener où bon lui semblait, leurs doigts liés. C’était eux qu’elle regardait. Lui et sa grande main à la peau mate joliment dorée avec l’Été. Elle et ses doigts malingre couleur cadavre. Sa main d’adulte. Ses doigts de fillette. Voilà ce que verrait les invités du mariage. Deux grandes mains avalant celles d’une gamine. Qui s’insurgerait d’une telle chose ? Qui oserait, alors que Père avait consenti ? Qui verbaliserait l’horreur d’une telle union ? Ils avaient été abandonné par ceux qui auraient dû se battre pour leur bonheur. Ils avaient été sacrifiés. Dans quelques mois, des coupes de champagne se lèverait pour célébrer cette mise à mort.
La lumière avait changé. Alice s’en rendit compte avant de prendre conscience qu’ils avaient changés de pièce.
Une chambre.
Une vilaine pensée, une peur partagée comme une conscience commune entre toutes les femmes de ce Monde se saisit de ses tripes pour lui tordre. Elle baissa les yeux sur ce lit tout en ordre, et, honteusement, s’imagina jetée dessus. Elle déglutit. Christopher n’était pas homme pareil. Christopher est un homme, et si toi tu partages la peur instinctive de toutes femmes… lui partage les désirs de tout homme.
Le lit ne fut qu’un détail sur son passage. Christopher ne s’y arrêta pas. Alice sentit ses épaules se détendre. Qu’aurait-elle pu faire, Circée ? Qu’aurait-elle fait ? Qu’aurait-elle tenté de faire ? Qu’aurait-elle pu seulement fait ?
Sur leur passage, une armoire accrocha le regard d’Alice. Une armoire où dégoulinait vêtements et vêtements. Un détail, comme le fut le lit.
Une nouvelle pièce s’ouvrit à eux. Alice comprit. Alice comprit, bien trop vite. Elle leva ses yeux sur Christopher pour ne pas avoir à affronter la bête qu’elle se refusait à combattre.
Son reflet.
Il ne lui en laissa pas le choix. Il avait décidé de l’emmener dans l’arène et, deux mains sur ses épaules, la jeter dedans.
Ses yeux se baissèrent sur le lavabo, mais pas assez vite. Elle avait vu. Elle avait vu son reflet, celui de Christopher, le sien, le leur. Un sanglot sauvage bondit dans sa gorge que la décence étrangla. Non, pitié, pas cela.
C’était trop tôt. C’était bien trop tôt. Alice n’était pas prête. Elle ne voulait pas. Elle ne pouvait pas. Il ne devait pas la forcer. Alice finirait par le faire, oui, mais pas de suite. Elle n’en avait pas le pouvoir pour l’heure.
Christopher n’était pas de son avis.
Vous allez bien devoir l’affronter un jour où l’autre.
Pas aujourd’hui. Alice ne se sentait pas prête. Elle ne voulait pas voir son visage. Elle ne voulait pas voir ses cheveux. Pourquoi ne voulait-il pas comprendre ? Pourquoi devrait-elle…
Découvrez votre nouvelle coiffure, appréciez-là.
Pourquoi ? Parce qu’il fallait s’en accommoder ? Il ne s’agissait pas que d’une coiffure, Christopher ? C’était une défaite. Une honte. La preuve flagrante qu’elle ne serait jamais assez. Si elle n’avait pas su protéger ses cheveux, si elle n’avait pas pu lutter contre lui, comme pourrait-elle espérer un jour accomplir son grand projet ? Comment ?
Alice tenait ses mains contre elle, triturait ses doigts. Non. Non. Non Pas ça. Pas ça. Pas ça.
Elle luttait pour ne pas fermer les yeux, de peur que Christopher ne la force à les ouvrir de ses doigts tirant ses paupières vers le haut. Elle entendait sa voix, là, juste à côté d’elle. Elle voyait son corps à côté du sien.
Son cœur battait un rythme effréné. Son corps luttait pour ne pas se dérober sous son poids. La douleur la sillonnait de part en part, et il faudrait en plus ébranler les maigres appuis qui demeurait encore ? Non, pitié.
Non. Christopher, vous ne comprenez pas. C’est trop pour qu’elle puisse le supporter. Pourquoi… pourquoi s’obstiner à insuffler un peu de courage à celle qui désire seulement mourir un peu ?
Dormir. Dormir des années. Ne plus rien penser. Ne plus rien vivre. Oublier. Se faire oublier. N’être qu’une corps qui gît dans un lit. N’être qu’un souvenir. Le temps de retrouver un peu de courage.
Aujourd’hui n’était pas un bon jour pour devenir ce qu’il fallait être.
Cette année n’était pas la bonne.
Ce siècle n’était pas le bon.
Cette vie n’était peut-être pas la bonne.
« S’il vous plait », murmura t-elle d’une voix éteinte. « Je n’en ai pas envie… »
Je n’en ai pas le courage, et je ne l’aurai plus jamais.
Bientôt, Alice fut sur ses pieds. Se tenir droite ne lui avait jamais paru aussi difficile, elle qui s’employait chaque jour à adopter la plus élégante et gracieuse des positions. Son corps entier refusait d’être debout, comme si lui même se figurait que ce ne serait plus jamais possible. Du repos, par pitié, suppliait-il. Je n’aspire qu’à cela, et ton esprit tout autant. Laisse nous nous recroqueviller quelque part et attendre que passe les années.
Alice laissa Christopher la mener où bon lui semblait, leurs doigts liés. C’était eux qu’elle regardait. Lui et sa grande main à la peau mate joliment dorée avec l’Été. Elle et ses doigts malingre couleur cadavre. Sa main d’adulte. Ses doigts de fillette. Voilà ce que verrait les invités du mariage. Deux grandes mains avalant celles d’une gamine. Qui s’insurgerait d’une telle chose ? Qui oserait, alors que Père avait consenti ? Qui verbaliserait l’horreur d’une telle union ? Ils avaient été abandonné par ceux qui auraient dû se battre pour leur bonheur. Ils avaient été sacrifiés. Dans quelques mois, des coupes de champagne se lèverait pour célébrer cette mise à mort.
La lumière avait changé. Alice s’en rendit compte avant de prendre conscience qu’ils avaient changés de pièce.
Une chambre.
Une vilaine pensée, une peur partagée comme une conscience commune entre toutes les femmes de ce Monde se saisit de ses tripes pour lui tordre. Elle baissa les yeux sur ce lit tout en ordre, et, honteusement, s’imagina jetée dessus. Elle déglutit. Christopher n’était pas homme pareil. Christopher est un homme, et si toi tu partages la peur instinctive de toutes femmes… lui partage les désirs de tout homme.
Le lit ne fut qu’un détail sur son passage. Christopher ne s’y arrêta pas. Alice sentit ses épaules se détendre. Qu’aurait-elle pu faire, Circée ? Qu’aurait-elle fait ? Qu’aurait-elle tenté de faire ? Qu’aurait-elle pu seulement fait ?
Sur leur passage, une armoire accrocha le regard d’Alice. Une armoire où dégoulinait vêtements et vêtements. Un détail, comme le fut le lit.
Une nouvelle pièce s’ouvrit à eux. Alice comprit. Alice comprit, bien trop vite. Elle leva ses yeux sur Christopher pour ne pas avoir à affronter la bête qu’elle se refusait à combattre.
Son reflet.
Il ne lui en laissa pas le choix. Il avait décidé de l’emmener dans l’arène et, deux mains sur ses épaules, la jeter dedans.
Ses yeux se baissèrent sur le lavabo, mais pas assez vite. Elle avait vu. Elle avait vu son reflet, celui de Christopher, le sien, le leur. Un sanglot sauvage bondit dans sa gorge que la décence étrangla. Non, pitié, pas cela.
C’était trop tôt. C’était bien trop tôt. Alice n’était pas prête. Elle ne voulait pas. Elle ne pouvait pas. Il ne devait pas la forcer. Alice finirait par le faire, oui, mais pas de suite. Elle n’en avait pas le pouvoir pour l’heure.
Christopher n’était pas de son avis.
Vous allez bien devoir l’affronter un jour où l’autre.
Pas aujourd’hui. Alice ne se sentait pas prête. Elle ne voulait pas voir son visage. Elle ne voulait pas voir ses cheveux. Pourquoi ne voulait-il pas comprendre ? Pourquoi devrait-elle…
Découvrez votre nouvelle coiffure, appréciez-là.
Pourquoi ? Parce qu’il fallait s’en accommoder ? Il ne s’agissait pas que d’une coiffure, Christopher ? C’était une défaite. Une honte. La preuve flagrante qu’elle ne serait jamais assez. Si elle n’avait pas su protéger ses cheveux, si elle n’avait pas pu lutter contre lui, comme pourrait-elle espérer un jour accomplir son grand projet ? Comment ?
Alice tenait ses mains contre elle, triturait ses doigts. Non. Non. Non Pas ça. Pas ça. Pas ça.
Elle luttait pour ne pas fermer les yeux, de peur que Christopher ne la force à les ouvrir de ses doigts tirant ses paupières vers le haut. Elle entendait sa voix, là, juste à côté d’elle. Elle voyait son corps à côté du sien.
Son cœur battait un rythme effréné. Son corps luttait pour ne pas se dérober sous son poids. La douleur la sillonnait de part en part, et il faudrait en plus ébranler les maigres appuis qui demeurait encore ? Non, pitié.
Non. Christopher, vous ne comprenez pas. C’est trop pour qu’elle puisse le supporter. Pourquoi… pourquoi s’obstiner à insuffler un peu de courage à celle qui désire seulement mourir un peu ?
Dormir. Dormir des années. Ne plus rien penser. Ne plus rien vivre. Oublier. Se faire oublier. N’être qu’une corps qui gît dans un lit. N’être qu’un souvenir. Le temps de retrouver un peu de courage.
Aujourd’hui n’était pas un bon jour pour devenir ce qu’il fallait être.
Cette année n’était pas la bonne.
Ce siècle n’était pas le bon.
Cette vie n’était peut-être pas la bonne.
« S’il vous plait », murmura t-elle d’une voix éteinte. « Je n’en ai pas envie… »
Je n’en ai pas le courage, et je ne l’aurai plus jamais.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050