PNJ Que la joie nous réunisse PV

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Tu étais si proche sans que je ne le sache

Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
24.07.2051

Sa grand-mère l'avait averti la veille. Aujourd'hui, ils rencontreraient de la famille. Des proches dont Émeline n'avait jamais entendu parler.

Des années en arrière, Émeline aurait apprécié cette nouvelle. Rencontrer des gens qui partageaient un lien de parenté, c'était tout ce dont elle avait rêvé, elle, l'enfant unique. Néanmoins, la gamine avait grandi. Elle avait eu la chance de croiser le chemin* d'un de ses cousins. Dans sa grande mansuétude, Edward, en plus de la rabaisser pour son sang, lui avait appris une chose : se méfier des autres était nécessaire. Même quand il s'agissait de la famille.

Comprendre cette reprise de contact après une si longue séparation n'était pas évident. Cela lui paraissait illogique. Elle ne trouvait aucune raison pour justifier la décision de sa grand-mère. Car Émeline s'en souvenait, de cette nuance de honte dans ses yeux. Poser des questions sur sa jeunesse revenait, à chaque fois, à transformer Seren en bloque de glace. Son visage se refermait. Instantanément. Sans qu'Émeline ne puisse le dérider sans changer de sujet.

Si réponse il y avait, elle restait détachée, manquant cruellement de véracité.

Au milieu de tous ces secrets et silences, Seren avait lâché un seul indice sans qu'elle ne puisse le contenir. À travers l'énervement, des mots en gallois lui avaient toujours échappé. La langue de son enfance s'était frayé un chemin en dehors de sa bouche, titillant la curiosité d'Émeline par ses apparitions incontrôlées. Elle prouvait son existence. S'expulsant à travers des mots incompréhensibles à son ouïe.

Seren avait pu brider son passé, mais aucunement son essence.

Pays de Galles.
Terres inconnues d'où provenaient ses racines, et c'était là-bas qu'elle allait les retrouver.

- Ne fais pas cette tête. Tu vas les faire fuir, lui avait lancé Folma sur un ton taquin.

Ça ne la dérangeait pas de ne pas paraître accessible.

En gardant ses distances, elle s'assurait de ne pas créer de brèches supplémentaires. Elle était déjà occupée par le cas "famille proche". Émeline avait la désagréable sensation de marcher sur des œufs avec eux depuis qu'ils s'étaient retrouvés, et ce malgré tous ces jours passés en leur compagnie.

Deux ans avaient suffi à insinuer des doutes, des interrogations qu'elle ne possédait pas avant.

Elle n'avait pas le cœur aux rencontres. Encore moins d'y créer une place à de parfaits inconnus. Mais elle était là, à les accompagner jusqu'à l'habitation. Il n'y avait que les efforts qui pouvaient refermer les fissures. Alors, elle le ferait, cet effort. Autant pour faire plaisir à Seren, que pour retrouver le sourire.

- C'est ici.

Seren s'était avancée, prenant la tête de leur groupe. Non loin d'elle, Phyneas était présent, tel un pilier sur lequel elle pouvait se reposer. En troisième s'y trouvait Folma, sa tignasse flamboyante détachée et la démarche détendue. Tandis qu'elle, elle fermait la marche.

Ce ne fut pas sa main qui se leva pour toquer. Ce ne fut pas non plus elle qui se tenait en face de la porte d'entrée quand elle s'ouvrit.

Son souffle s'était tout de même bloqué dans sa poitrine.

Une question s'était imposée dans son esprit, limpide : Qu'est-ce qui m'attend à l'intérieur ?

522 mots
@Paige Barrow - voici ma promesse <3

Reducio
PNJ présents : Seren Joyner / #9a6b18
Phyneas Joyner / #094e30
Folma Joyner / #9b0303

- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
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24.07.51- Avec @Émeline Joyner

Reducio
PNJ présents : Owen Barrow / #5c0700
Ruth Harrison Barrow / #263e0f
Jake Barrow / #7a4a00
Catrin Barrow / #791a3e
Lucy Barrow / #ed719e
Six. Comme les pétales d'une fleur.

Ils avaient toujours été six. L'ancien, en haut de la pyramide. Le roi du silence.
Les petites, les enfants, les soeurs. Deux. Comme les deux yeux, comme les deux parts de tout. Elle, l'ainée, qui rêvait trop. La petite, la cadette, qui parlait trop.
Et puis les adultes. Les parents, un binôme qui se tisse. Et l'ensorceleuse, comme la pièce manquante. Celle qui fait rire.

Ils avaient toujours été six, et possédait en ces six temps, une rythmique qui leur allait bien.

Pourtant, après le diner de la veille, Owen avait cessé de jouer dans le même tempo. Quelques mots. Une occasion rare, remarquable. Et que c'était remarquable. "Demain, viennent nous voir quelques membre de la famille."

Une tasse avait éclatée sur le sol, une toux violente déclenchée. Et à ses oreilles son coeur qui battait fort, trop fort.
Peu de ses questions avaient trouvés leur réponses. Peu de réponses avaient été donnés, à qui que cela soit.

Les murmures, entre adultes, avaient été échangés. Une fois que les petites avaient été couchées. Et par conséquent, elle n'avait rien pu écouter. Pas même depuis le haut de l'escalier.

Ce matin, le petit déjeuner avait été pris dans le silence. On s'étais préparés dans le silence. Le silence, encore, et encore. Celui qui ne durait jamais bien longtemps dans la maison du brouillard, qui n'y avait pas sa place.
Un silence qui durait pourtant.

Et trois coups. Toqués sur la porte de bois, qui dans un écho, feraient se dresser chacun des membres de la famille.
Mam's, affalée dans les bras de Jake sur le canapé, sirotant son café, se planterait sur ses pieds. Pop's la suivrait, glissant une main contre sa hanche. Lucy, assise dans l'escalier de colimaçon, se glisserait jusqu'au bar où elle se dissimulerait. Auntie Cat, jusqu'ici appuyée contre le plan de travail viendrait se planter derrière Lucy, tenant son épaule.
Et elle. Elle, se redresserait du canapé. S'y agenouillerait, face à la porte, coudes appuyés contre le dossier.

Et Taid1, enfin. Poserait tranquillement sa sculpture, s'essuierait les mains sur son tablier. Et du pas tranquille qui semblait tout sauf adéquat, se dirigerait vers la porte.
L'ouvrirait, sans la lâcher. S'écarterait à peine, si bien qu'elle ne voyait rien du tout. Elle sentait le courant d'air cependant, et avec lui, viendrait les présences.

"Bore da.2"

Que le spectacle commence.
403 mots
1 grand père
2 bonjour
@Émeline Joyner Bienvenue au terrier :3

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Elle n'était pas prête. Vraiment pas.

C'était quoi déjà, ce qui l'avait poussé à venir ? Ah oui, les efforts. Eh bah elle avait très vite oublié leur importance, car dans sa poitrine elle sentait son cœur s'affoler comme un beau diable. Il essayait de l'avertir du danger qui s'approchait.

Boom. Boom. Boom.

Ils allaient bientôt se manifester, ces étrangers au regard curieux.

Boom. Boom. Boom.

Bientôt, ils viendraient quémander ce qu'elle ne pourrait pas leur donner, ce qu'elle peinait déjà à faire pour ceux qu'elle considérait comme sa famille. Le reproche allait finir par arriver jusqu'à elle. Lui tomber dessus et lui rappeler à quel point l'amour l'avait fracassé.

Boom Boom. Boom Boom. Boom Boom.

Si elle attrapait sa grand-mère dès maintenant, qu'elle leur disait qu'elle ne se sentait pas bien, ils pourraient repartir sans que cette étrange réunion n'ait lieu. Elle leur éviterait tous les tracas futurs. Oui, c'était ça la solution. Fuir pour mieux rebondir. Fuir pour mieux se reconstruire. Un pas, puis deux, sa gorge prête à appeler sa grand-mère.

L'ouverture de la porte d'entrée la figea sur place. Des mots en gallois, destinés à Seren, lui parvinrent à l'oreille.

- Bore da, Owen.

Il était trop tard pour reculer, car Seren s'avançait déjà à l'intérieur de la maison, ne se doutant pas un instant de la détresse que ressentait sa petite-fille. Après elle, ce fut au tour de Phyneas de rentrer. Il salua le frère de sa femme, passant le pas de la porte à la suite de cette dernière.

Dans une ultime tentative, Émeline voulut avertir sa tante. Folma, en voyant la panique dans ses yeux, serait évidemment de son côté, n'est-ce pas ? L'adolescente rattrapa la rouquine avant qu'elle ne monte les marches du perron, lui soufflant ses prochains mots.

- Je ne le sens pas.

Folma se retourna, les sourcils relevés. Elle l'observa, trouvant la lueur de crainte dans son regard. Voilà, elle allait finalement lui dire qu'elles pouvaient rentrer, qu'elles n'avaient pas besoin de les suivre à l'intérieur. Pourtant, la délivrance tant espérée ne vint jamais. Sa tante lui accorda un sourire avant de frapper affectueusement son épaule.

- T'es une grande fille. Ça va le faire !

Ah. Non, on était loin du soutien qu'elle attendait d'elle. Folma prenait même un certain plaisir à la regarder galérer. La chevalière à l'armure fracturée de cette lointaine soirée n'était plus. Folma avait rapidement retrouvé son sourire et le grain de folie qui faisait d'elle ce qu'elle était.

Sous son regard rempli de trahison, sa tante gravit les marches et s'approcha du fameux Owen.

- Oh ! Mais vous devez être mon oncle ! l'entendit-elle dire d'une voix enjouée. Je suis Folma, sa fille ! C'est un plaisir de pouvoir vous rencontrer. J'ne pensais pas vous croiser avant l'enterrement de ma mère !

Émeline porta une main à son visage, dévastée par les salutations qu'elle venait d'entendre. Folma avait, depuis longtemps, oublié à quel point la honte pouvait être dure à porter. Comme celle-ci lui avait légué la sienne, l'adolescente devait subir l'assaut de la gêne et son désir de prendre ses jambes à son cou.

Malheureusement, Folma s'engouffra dans l'habitation, la laissant comme dernière invitée à attendre. Elle avala difficilement sa salive en sentant le regard du vieil homme se poser sur elle. Il n'avait pas l'air commode le soi-disant frère de Seren. Si elle devait subir sa colère à cause de sa tante, elle se promettait de lui faire payer en retournant fissa chez Alexander.

À son tour, elle s'approcha, passa les marches du perron et se présenta à l'entrée. Elle le salua d'un signe de tête, n'osant pas rajouter le moindre mot après l'intervention de Folma.

Gênée au possible, elle prit le même chemin que ses proches pour l'amener dans ce salon inconnu. De là où elle était, elle voyait sa tante aller saluer avec énergie ces personnes qui faisaient, apparemment, partie de leur famille. Les adultes n'avaient pas l'air d'avoir du mal à se présenter, contrairement à une enfant qu'elle avait perçue non loin d'un escalier. De leur côté, c'était elle qui jouait le rôle de la gamine terrifiée.

En essayant de mettre de côté tout son malaise, elle voulut débuter les bonjours de façade et rapidement se trouver un coin plus tranquille. Seulement, son regard tomba sur elle. Son moineau. Ce reflet qu'elle s'était trouvé à Poudlard.

Incrédule, elle prononça le nom du reflet :

- Paige ?

740 mots
@Paige Barrow - :blush:

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Tout allait très vite. Trop vite. Un peu comme lorsqu'elle courait dans la pente et que ses jambes s'animaient toute seule. Elle ne contrôlait rien. Dans la plaine, elle adorait ce sentiment. Ouvrir les bras tout grands, laisser le vent la porter et pour un instant, avoir l'impression de voler.
Ici, elle détestait tout ce qui la traversait. Elle volait, trop haut, trop vite.
Des visages inconnus passaient la porte. Des visages dont elle ne retenait rien, à l'exception d'une chevelure de feu. Les adultes se saluaient, de politesse et de bonne éducation.

Mam's ne tarderait pas à leur offrir le thé peut être, attendant patiemment que les poignées de mains soient échangés. Les poignées et les mots un peu vides. Les parents soufflent les mots des parfaits maitres de maison, Auntie Cat est étrangement enjouée.
Puis la femme aux cheveux de feu parle, et ses mots sont bien différents. Comme une seule corde, les Barrow se figent.

Seul Owen résiste. Son visage tressaille à peine, et c'est finalement un rictus qui trouve ses lèvres. Cela ne lui ressemble pas. Et à la petite, ça ne lui plait pas.

"On ne vous a pas prévenu? Je n'arrive jamais quand on l'attend.", un regard vers sa soeur, échappé, "Enchanté Folma, Owen."

Il n'ajoutera rien. Il devrait peut être mais il ne fait pas. Personne ne dit plus rien, hormis pour les saluts qui continuent.
Elle devrait s'avancer elle aussi. Se présenter peut être, dessiner un sourire même si elle voudrait s'enfuir.
Elle s'avance. Elle ouvre la bouche sans savoir ce qu'elle va dire et- Une note sort du lot. Presque rien, à peine perceptible dans le léger chaos d'un salon trop petit pour ses habitants.

Son nom. D'une voix qu'elle connait, dont la douceur est familière. Émeline, sa Mélancolique, se tient dans son salon. Dans son salon. Plantée entre ses parents et la femme à la chevelure de feu.
Elle ne dit rien. Que doit-on dire lorsque son ainée, peut être amie de Poudlard arrive dans son salon? Personne n'a jamais écris de manuel à ce sujet, évidemment.

Elle ne dit rien et ne bouge pas. Le canapé lui parait soudain comme des remparts où elle se sent protégée.
Ce n'est pas qu'elle n'est pas heureuse de la voir. C'est que rien ne fais sens.
Apprendre qu'on a de la famille est une chose. Apprendre qu'elle en fais partie en est une autre. Peut être qu'au fond, ce n'est pas si étrange. Son reflet pensait-elle. Peut être bien, oui, que tout cela fais soudain beaucoup plus de sens.

"Vous.. vous connaissez?", souffle l'accent plus que jamais écossais de Mam's.

Elle l'ignore. Elle descend de son fichu canapé, et s'ouvre à vif. Elle court ou elle marche, elle ne sait plus bien. Et elle se jette contre Émeline.
C'est marrant, elle n'avait jamais osé lui faire un câlin.
476 mots
@Émeline Joyner :grin:

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Il bougea, ce minuscule reflet. Lui qui n'avait pas poussé le moindre son à sa vue, se mouva enfin sur ses jambes hésitantes. Émeline ne savait pas comment elle sut avant même de le voir, mais ses bras s'ouvrirent pour accueillir la course de l'enfant. Son être lui avait murmuré la réponse et indiqué ce qu'elle devait faire. En sentant son corps venir se plaquer contre le sien, ses genoux se plièrent pour qu'elles puissent être à la même hauteur. Jambes à terre, son dos arrondi pour venir s'enrouler autour de la précieuse âme, Émeline n'arrivait pas réellement à y croire. Paige, son moineau du dortoir, la fillette qu'elle avait consolée sur le terrain d'entraînement pour qu'elle puisse avoir le courage de s'envoler, partageait un lien avec elle. Toutes les similitudes qu'elle avait vues à travers son visage, prenant même l'apparence d'un écho de son passé, n'étaient pas de simples impressions. Elles étaient réelles. Elles avaient tenté de la prévenir bien avant ce jour, mais l'adolescente n'aurait jamais pu le deviner malgré tous les signes. Ça faisait de longues années qu'elle avait oublié cette idée, celle d'un jour retrouver ceux qui partageaient ses racines.

Et pourtant...Elle était là, juste .

À partager l'endroit où elle dormait, à s'asseoir près d'elle durant ses repas, à lui dédier des sourires quand elle n'avait pas la force de le faire. Elle avait toujours été présente, chaque jour, se forgeant elle-même sa propre place au sein de son cœur.

Pas une seule fois elle n'avait failli. Pas une seule. Et désormais, elle se tenait dans ses bras, à la serrer avec toute la force qu'elle possédait. Avait-elle eu peur qu'elle ne réapparaisse jamais ? Craignait-elle qu'elle ne réponde jamais à sa lettre, qu'elle l'oublie ? Impossible. Émeline n'aurait jamais pu l'abandonner et mettre de côté tous ces mois durant lesquels elle avait réussi à retrouver une part d'elle grâce à elle, son reflet.

Elle n'avait jamais osé lui dire tout ce que son cœur lui murmurait. Elle n'avait jamais osé lui transmettre toute sa reconnaissance. Émeline souhaitait la remercier pour ne pas lui avoir tourné le dos, d'avoir continué à venir la voir malgré ces moments difficiles et de lui permettre de rire, même durant les heures où elle perdait pied.

À travers cette étreinte, elle lui disait tous ces mercis qui n'attendaient qu'à être transmis.

Ces retrouvailles pleines de chaleur devaient finir par s'arrêter. De nombreux regards les fixaient, tous alimentés par la lueur de l'étonnement. Personne n'aurait pu prévoir un tel dénouement.

- On dirait bien qu'elle t'a devancé, souffla Phyneas à l'oreille de sa femme, un fin rictus aux lèvres.

D'une tape sur le bras, Seren le fit taire. Elle jeta un regard en direction de son frère, affichant à son tour un sourire qui se voulut sincère. L'initiative qu'elle avait prise pour tous les réunir était, à la base, destinée à reforger sa petite-fille. Seulement, en voyant Émeline se jeter avec tant d'empressement sur cette enfant pour l'entourer de ses bras, elle sentit à nouveau la pointe du regret faire son chemin vers son cœur.

Dans un autre monde, Seren aurait pu être cette personne dans laquelle Owen pouvait aller se réfugier.

- Blodyn*...Veux-tu bien nous présenter à ta jeune cousine ? dit-elle avec douceur à l'attention d'Émeline.

La prise de l'adolescente se resserra sans le vouloir autour de Paige. Ce fut comme la dernière fois, quand Christopher avait tenté de lui arracher Dorian des bras. Ici, elle n'était pas en pleurs et n'avait pas peur que quelqu'un lui enlève la petite, mais son corps avait réagi tout seul, embarqué par ce souvenir encore fugace.

Ce fut la main de Folma sur son épaule qui la rappela à elle. Sa tante s'était approchée avec douceur de leur espace et s'était abaissée à son tour, nullement embêtée de se retrouver au niveau du sol. Dans le regard ambré de sa tante, Émeline trouva la force de desserrer son étreinte. Plus personne n'allait partir.

- Coucou toi, je suis la tata d'Émi, Folma. Tu peux m'appeler Folmy, si tu préfères, adressa-t-elle à Paige, un grand sourire aux lèvres. Wow, comme tu ressembles à Émi au même âge ! Des vraies copies ! Vous n'êtes pas d'accord avec moi ?

Elle s'était un peu retournée vers ses parents, impressionnée par la ressemblance entre les deux cousines. Les deux grands-parents s'avancèrent pour mieux voir le visage de l'enfant.

- Il est vrai que c'est frappant.

- On voit qu'elles tiennent toutes les deux des Barrow.

Barrow, le nom de Paige, celui qu'elle avait lu tant de fois sur les listes d'élèves de sa maison. Voilà donc le lien qu'elles partageaient, cette famille dont Émeline avait tant rêvé dans ses jeunes années.

- Mais arrêtez, vous allez la mettre mal à l'aise, rouspéta-t-elle avant de baisser son regard vers Paige et de lui dédier son premier sourire de la journée. On fait la présentation de tout le monde ?

Les Joyner ne devaient pas être les seuls à être curieux.

834 mots
@Paige Barrow
*Blodyn = Fleur

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Dans l'ombre de la falaise, l'oiseau des mers trouve l'abri. Le vent ne l'atteint plus, il peut reposer ses ailes, reprendre son souffle.
Dans les bras d'Émeline, elle se sentait comme l'oiseau dans la falaise. Il faudrait pourtant faire face aux vagues, à la tempête. La tempête qui secouait son coeur de mille façons, jusqu'à ce qu'elle ne sache plus bien quoi ressentir.

Son reflet la serrait contre elle, conservant sa poigne, et elle ne s'en plaignait pas. Émeline en chevalière, son coeur pouvait tambouriner sans jamais la faire trembler.

Les regards sur elles se posaient. Celui d'Owen, qui sentit celui de sa soeur sans jamais lui rendre. Celui de Ruth, qui se retrouva plongée dans une enfance où elle se languissait d'une soeur. Et puis les autres qui devaient bien se demander ce qu'il fabriquaient ici. Tous avaient entendu parler d'Émeline, la petite n'avait pas tari de mots sur sa merveilleuse et fabuleuse ainée, mais rien ne les avaient préparés à la voir débarquer sur le palier.

L'aiglonne, elle, ne savait plus où poser son regard. Il trouva tout naturellement la chevelure rousse - et presque magique - de Folma qui se présentait à elle. Un sourire, un joli nom et un plus joli surnom encore.
Elle dessinerait un sourire et pour la première fois depuis que les Joyner avaient passé le pas de la porte, souffleraient quelques mots.

"Bonjour Folma-y.", stupide hésitation. Superbe première impression Paige, vraiment, tu t'illustres. Les joues rougirent immédiatement, certainement pas aidées par les grands parents qui approchaient également.
Sous ces regards, la petite fondit presque littéralement. Joues brûlantes, regard obstinément posé sur le sol.

Un rayon la frapperait malgré tout. Le sourire d'Émeline, doux sourire de sa mélancolique, et voilà qu'elle redressait la tête et reprenait des couleurs à peu près humaines.

"Hmhm oui", approuverait-elle, hochant la tête, feignant soudain l'assurance, "tous le monde, voici Émeline. Elle était en septième année à Poudlard, avec moi dans le dortoir- enfin vous savez. Émeline, voilà tous le monde- Owen, mon grand père", la main pointe le grand père, qui incline poliment la tête, " Cat..rin, ma tata, " l'ensorceleuse dessine un sourire, agite doucement le bout des doigts en l'air, " Lucy, ma petite soeur ", le doigt suit les silhouettes, et Lucy fait elle aussi un sourire, "et enfin Mam's et Pop's.. euh.. Ruth et Jake, mes parents", les deux sourient, davantage à leur fille qu'à son invitée.
Elle retrouve le silence, danse dans le léger balancement de ses jambes, bras à présent libres se croisant dans son dos. Voilà, c'est la petite tribu, qui ne sort de toute évidence pas assez puisqu'ils ne semblent soudainement plus posséder aucun codes sociaux.
447 mots
@Émeline Joyner

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