Fanfiction Le heaume rouge En cours

CHAPITRE 12 : Prince, Kasongo Prince

~ TRIGGER WARNING ~


Reducio
• Violence : Fait d'attenter à l'intégrité mentale ou physique d'un individu [...]
Violence avec arme : [...] En employant une arme.
Séquestration : Fait de maintenir une personne enfermée de manière arbitraire, la privant de sa liberté et de ses droits.
PARTIE 1 : La gardienne du silence






Je n'aime pas être enfermée, et j'aime encore moins quand Adonis et Eden se font la gueule, d'habitude c'est moi, maman, papa, ou n'importe qui d'autre qui les raisonne et les réconcilie, mais ici je suis encore plus muette qu'ailleurs. Ils nous ont entravés les mains pour éviter toute résistance et toute tentative d'évasion, ça, et le fait que ça les fait rire. Ils rigolent tout le temps, c'est insupportable, ça fait une semaine qu'on est sur les routes, on s'arrête régulièrement, mais on ne sort qu'une fois par jour, et chaque fois qu'on s'arrête on a le droit aux mêmes blagues, chaque fois qu'on sort on a le droit aux mêmes blagues, toujours les mêmes.

J'ai vraiment du mal avec Adonis et Eden, ils boudent chacun dans leur coin et aucun ne me parle, je peux pas répondre, mais quand même... Moi aussi j'existe, eux parlent avec ceux qui les entoure pour faire passer le temps, nos ravisseurs l'autorise, mais moi je suis plus muette que jamais. Et Crane s'est fait cloué le bec lui aussi, quand il a appris que sa petite amie c'était Prince Kasongo, un agent de Rouge qui n'a été avec lui uniquement pour tendre un piège, ça l'a dévasté. La rage l'a emporté pendant au moins deux jours, et depuis il est calme, trop calme.

C'est insoutenable toute cette... Toute cette douleur qu'il doit ressentir, j'ai déjà versé des larmes, mais là encore ça risque de couler rien que d'y repenser. Adonis fait copain copain avec l'ennemi, Eden discute avec les gens à côté d'elle, Crane s'est fait cruellement trahir et est dévasté, et moi je ne peux pas communiquer. Je ne peux pas réparer les choses. Je ne peux pas exprimer ce que je ressens, je ne peux pas dire à Adonis à quel point je suis désolé de ne pas...
De ne pas au moins l'avoir défendu devant Eden, tout ça c'est de ma faute. Ma faute à moi seule. Si j'avais pris sa défense, il serait peut-être resté, on aurait peut-être gagné. J'ai laissé faire, pas seulement chez Crane, mais tout le long du voyage et encore avant, quand ils s'embrouillaient j'aurais pas dû les réconcilier, j'aurais dû faire plus, faire en sortes qu'ils s'entendent mieux. Je sais qu'ils s'aiment, mais ils se chamaillent comme chien et chat.
Et le pire, c'est qu'on va peut-être tous bientôt mourir, et que je ne peux pas leur dire que je les aime, je veux pouvoir le leur dire, au moins me soulager de ce sentiment. Je ne supporte pas qu'ils ne s'entendront pas se le dire l'un à l'autre, qu'ils meurent en se faisant la gueule, je ne supporte pas qu'on meurt tout simplement. Je ne veux pas mourir. Je ne veux surtout pas mourir. Je veux vivre, je veux qu'on vive tous.

Mais j'ai beau essayer, les mots ne sortent pas. Ils restent coincés dans mon esprit, rien ne sort de ma bouche, pas même de l'air quand j'essaie de parler. J'aimerais tant pouvoir dire ne serait-ce que trois mots, mais rien. Rien, et ils m'ignorent. Ils s'ignorent.

Finalement, c'est l'heure de sortir. Prince ? Lance un homme en ouvrant les portes du camion. Les trois individus qui nous gardent répondent en cœur. Oui ? Et voilà qu'ils se mettent à rire aux éclats, encore. Ils explosent de rire, comme si c'était la chose la plus drôle qu'ils avaient jamais entendu. Tout les Prince doivent être ainsi, le premier qu'on a rencontré en est mort, on pensait que c'était une malédiction, mais peut-être au final est-il vraiment mort de rire.
J'arrive toujours pas à m'y faire... Et je sais qu'Adonis en fait des cauchemars, il essaie de pas en parler, et de pas y penser, mais ça lui pèse je le connais. Jusqu'au moment où j'ai rencontré plusieurs Prince en même temps, je pensais qu'il était un peu comme Rouge, qu'il pouvait changer de corps un peu "à volonté", et que sa version de cette capacité était plus développée que celle de Rouge, permettant à son esprit de changer de corps librement, quand Rouge doit se déplacer sur la tête de son hôte pour prendre la place de son esprit. Adonis pensait pareil, il se disait que tuer Prince c'était immonde, mais que ce n'était pas non plus une personne à part entière.

Il se trouve que si, c'était une personne à part entière. Ce n'est pas comme Rouge qui peut changer de corps, non, Prince est une personnalité présente dans plusieurs corps, et contrairement à Rouge, Prince a des sentiments. Le comprendre a dû détruire mon frère, à sa place je le supporterais pas, mais il est fort. Seulement... La force ne suffit pas, sinon ce n'est pas Eden que j'aurais décidé de suivre. Bon, Prince ? Demande l'individu aux portes du camion, l'un des Prince leva la main et descendit du camion pour le contourner, probablement pour monter à l'avant et conduire. Hé, Prince, que dit une balançoire à une balançoire ennuyante. Demande l'homme à l'un de nos gardiens pendant qu'on descend tous à la file indienne. Qu'elle s'en balance ! S'exclame t-il avant d'exploser de rire, provoquant une explosion de rire chez les autres gardiens.

L'une des prisonnières se mit à courir en direction de la forêt pour s'y enfoncer, elle est suffisamment dense pour la cacher si elle arrive à mettre un peu de distance avec les Prince, ils ne semblent pas si troublés que ça. Allez, vas-y, tu peux le faire !

Un Prince sort sa baguette, et je voudrais bien me jeter contre lui pour lui donner le temps de fuir, mais la peur me paralyse et il dessine un trait avec sa baguette. La prisonnière tombe simplement à terre, est-ce qu'il l'a... Tué ? Mon cœur bat intensément, et tout les prisonniers se taisent, regardant un Prince se diriger vers le corps de la femme pour la ramener comme il ramènerait un sac à patates. J'ai la bouche béante, je me dis qu'il ne l'a pas tué, sinon il ne prendrait probablement même pas la peine de la ramener, or, là, il la ramène dans le camion et l'installe comme si elle était en vie. C'était quoi ça... Demande Adonis à un Prince, ébahit devant ce qu'il vient de se passer, me lançant un regard discret et terrifié que je lui renvoie sans hésiter. Un sort qui rend tétraplégique, sourd, aveugle, et toute la panoplie. Lance l'un des Prince en riant à plein poumons. Mais bon, on préfère quand même vous garder entiers. Poursuit-il avant de jouer avec la joue d'un Adonis pétrifié, pétrifié ? C'est peut-être moi qui le suit après tout... C'est horrible.
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PARTIE 2 : Le trio brisé






La femme qui avait essayé de s'échapper avait été installé à côté de moi, elle ne semblait plus qu'être une coquille vide, un sac de chair et d'os sans âme ni esprit... Prince n'a pas dit qu'elle ne pensait plus, alors peut-être... Peut-être sa conscience a survécu ? Ce serait un sort autrement pire que la mort, bien pire, la solitude absolue dans le vide absolu. Je ne souhaiterais pas ça à mon pire ennemi, pas même à Rouge.

Mais j'y pense... Rouge a besoin d'un hôte pour "vivre", je me demande si son esprit n'est pas enfermé dans le casque, ça expliquerait pourquoi il déploie tant d'efforts pour se protéger, et peut-être que ça expliquerait pourquoi rien ne lui tient à cœur. Vivre sans vivre, n'être qu'un parasite et en avoir conscience, c'est horrible. Mais ça n'explique pas et ça justifie encore moins pourquoi il enlève des gens et les met dans des camions, et pourquoi ? J'aimerais poser la question, mais ça ne semble intéresser personne ici. Certains passagers sont paniqués, d'autres discutent comme Eden et Adonis, puis il y'a Crane et moi que personne ne calcule. Athéna... Crane me sort de mes pensées, enfin il parle, sa tête tournée vers moi je vois la mine dépitée qu'il tire. Tu penses que je suis un idiot ? Il me demande d'une voix brisée, ma mâchoire se décroche, il n'est clairement pas le plus futé de la famille, mais c'est un malin, et puis il a toujours été bon avec nous... Je n'arrive pas à croire qu'il pense ça. J'aimerais tellement lui dire tout ce que je pense qu'il a de bon en lui, mais je ne peux rien dire. Je ne peux que secouer la tête pour dire non, mais ça ne suffit pas, je le sais. Un simple geste n'a jamais suffit à atténuer la peine de quelqu'un, un simple geste ne peut faire partir la détresse.

Ses pauvres petits yeux larmoyants me disent tellement de choses, elles me disent qu'il l'aimait vraiment sa petite amie, elles me disent qu'il a tellement mal, et que Crane pense que c'est de sa faute. Il se sent coupable, mais il n'a pas à s'en faire. Entends-moi, Crane, tu n'as pas à t'en faire ce n'était pas de ta faute. Crane, pitié, regarde moi et lis dans mes yeux que ce n'était pas ta faute, ce n'est pas ta faute si elle t'a manipulé, et ce n'est pas ta faute si on a été capturés, tu n'y pouvais rien, Crane, lis en moi. Ses yeux me percutent, et il détourne le regard, la mine plus abattue encore qu'il y'a quelques secondes. Adonis aurait pu lui dire la vérité. Mais il est trop loin, trop occupé à parler à nos ravisseurs, il semble s'amuser, pourquoi ? Pourquoi est-ce ainsi que les choses sont faites ? Pourquoi je n'ai pas de voix, pourquoi mes mots n'atteignent jamais personne, pourquoi jamais je ne pourrais m'exprimer tout ce que je ressens. T'as toujours été très gentille... Déclare Crane, abattu, son visage caché dans son cou. Il ne me croirait pas car je suis très gentille ? Il pense sincèrement que je ne serais pas capable de lui dire les choses en face si c'était de sa faute ? J'en serais capable, enfin, si mes mains n'étaient pas entravées...

Je dois m'exprimer, je dois lui dire quelque chose. Je tape sa si large épaule avec ma si petite tête, et il tourne la tête vers moi, regardant toujours vers le bas. Mes yeux montent vers lui, je n'ai pas réfléchis à ce que je ferais maintenant, j'essaie de mimer avec mes lèvres une phrase, je veux juste lui dire que je l'aime. Je le répète encore et encore, je dis même qu'il n'est pas stupide, mais rien n'y fait, il me regarde avec la même détresse et la même peine. Il ne lit pas sur mes lèvres, ça se voit. Pitié, Crane, fais un effort, je ne peux pas m'exprimer si tu ne tends pas l'oreille pour m'écouter. Je ne sais pas ce que tu essaies de dire. Me confirme t-il, je fais pourtant de mon mieux. J'articule comme je le peux chacune des syllabes, j'épelle même les lettres, j'ai juste besoin qu'il m'écoute, il a besoin de m'écouter, de se concentrer sur le mouvement de mes lèvres. Il doit juste, juste faire un effort, c'est tout. Juste un, un effort, Crane. Ça sert à rien, je suis trop bête pour ça. Dit-il avant de détourner le regard.

Une voix perce vers Crane. Elle dit que t'es pire. Lance Eden depuis l'une des extrémités du camion. La première chose qu'elle daigne dire à Crane, et par extension, la première chose qu'elle porte à mon attention, c'est une insulte ? Ma mâchoire se décroche, c'est pas du tout ce que j'ai voulu dire, mais elle l'a déclaré avec tellement de confiance que Crane ramène son regard vers le sol. N'importe quoi elle t'a dit qu'elle t'aimait ! Lance Adonis depuis l'autre extrémité du camion, mais le mal est déjà fait, Crane est abattu. C'est le seul qui a daigné communiqué avec moi depuis qu'on est là, même si c'était pour parler de lui, ça reste le geste qui m'a fait le plus me sentir exister.
Pendant que mon frère et ma sœur étaient trop occupés à s'ignorer et à faire la causette à des inconnus, lui souffrait, et moi aussi. Ça n'a rien d'amusant d'être muette, ça n'a rien d'amusant de ne pas pouvoir s'exprimer comme bon nous semble, de devoir espérer que la personne en face de nous sachent communiquer dans notre langage même dans mon propre pays, de n'avoir que deux personnes à qui parler et qu'il leur suffit de regarder ailleurs pour que je n'existe plus du tout. Je ne peux pas faire la causette, je ne peux pas crier, je ne peux rien faire d'autre que subir et subir encore.

Oh donc maintenant tu sais utiliser tes yeux, c'était pas le cas avec un fusil dans les mains ! Lance Eden en rigolant, j'arrive pas à y croire, même ici elle compte être cruelle à l'égard d'Adonis ? J'ai déjà dit que c'était pas grave, et puis ça m'a pas touché, mais là, là je ne peux pas m'interposer. Oh bah quoi, le bébé à sa moman n'a pas la force de répliquer ? Poursuit Eden, comme si Adonis n'était pas déjà assez dans le mal, les Prince autour de lui rigolent et à le voir, je me rends bien compte qu'il a mal lui aussi. Et les seules personnes avec qui il parlait dans ce camion se moquaient de lui, je sais bien que ce sont nos ravisseurs, et en aucun cas je cautionne qu'il dialogue avec eux comme si de rien n'était, mais lui mettre la honte comme ça c'est horrible... Faut bien être le dernier des idiots pour courir dans les jupons de sa mère et revenir seulement quelques heures plus tard dans les jupons de Prince. Ça fait vraiment rire les Prince, et elle n'arrête pas, Adonis n'ose pas répliquer, il fait la tête des jours où il a vraiment du mal à retenir ses larmes, il sourit comme s'il prenait du plaisir, mais je le sais, il n'en prend pas. Ferme-la, Eden. Et même quand il suffit d'avancer tu échoues ! Elle le lâche pas, ferme-la, ferme-la, Crane a relevé la tête, mais il n'ose rien dire. Quelqu'un doit lui dire.

Eden était sur le point de dire un mot de plus, mais j'ai bondis du sol du camion malgré les liens qui me gardent entravés. Je ne peux pas bouger librement, mais je peux au moins mettre un coup de tête à ma sœur.
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PARTIE 3 : L'enfer des benjamins au pays des Prince






Les Prince étaient hilares alors que je lançais un regard noir à ma sœur alors que mon corps était affalé sur le sien, du haut de sa position assise j'espère qu'elle, au moins, arriverait à lire dans mes yeux à quel point je méprise sa manière de s'adresser à notre frère. Adonis est très intelligent, même s'il n'est pas aussi courageux ou puissant que d'autres membres de la famille comme Eden ou maman, il a des connaissances diverses et variées, et contrairement à nous, lui, sait se donner corps et âme pour ce qu'il aime. Il n'est pas entravé par l'honneur, le respect, ou la peur. Eden a toujours été incapable de voir toute la force qui l'habite, elle ne voit que les défauts, et même s'il n'avait que ça, des défauts, il reste quelqu'un de notre famille. C'est notre frère, et il le sera pour toujours et à jamais. Je mime le mot "arrête" avec mes lèvres alors qu'un Prince me prend par la taille pour me remettre à ma place. C'est pas ma faute si c'est un bon à r- Je lui crache au visage avant qu'elle puisse finir de sa phrase.

Elle est choquée, mais moi aussi je peux sortir les crocs quand on me pousse à bout. Le Prince me laisse tomber au sol, visiblement mort de rire. Je peux rien dire, donc je me contente de lui assener un regard noir et assassin qui, j'espère, lui fera comprendre que je suis loin d'être de son côté.

Je suis muette, c'est vrai, mais garder le silence face à ce que mon frère subit c'est comme le cautionner. Je l'ai abandonné quand il avait besoin de moi, quand il avait besoin de me soutien. Je me disais qu'Eden était une tête brûlée qui avait besoin d'être entourée, mais peut-être qu'elle n'a que ce qu'elle mérite. Son arrogance la perdra, et le dédain avec lequel elle traite les autres ne peut plus être ignorée. Espèce de sal- Elle fut encore une fois coupée, mais pas par moi, l'un des Prince appuyait sur l'épaule d'Eden pour la plaquer contre la paroi du camion. Pour ma part, l'un d'eux me portait jusqu'à ma place. Tu nous as bien fait rire gamine. Lance celui qui m'a porté ici. Grave, pour la peine, tu voudrais du rab au dîner ? Me demande celui qui a son pied sur l'épaule de ma sœur. Je vois pas pourquoi j'accepterais, on est nourri à notre faim et j'ai pas envie de leur être redevable.
Je me contente de le regarder, lui et son pied, de quel droit il se permet de toucher à Eden comme ça, c'est pas un animal, et même un animal on le traite pas comme ça. J'aimerais tellement l'attaquer, mais je sais que si je l'attaque, je risque de finir comme la femme à côté de moi. Alors ? C'est injuste. Il a pas le droit de nous traiter comme ça, il a pas le droit de marcher sur ma sœur. Enlève ton pied. Mes dents sont tellement serrés que je pourrais jurer que même l'air peine à passer. ELLE EST MUETTE BANDE DE DÉBILES ! Crie Eden depuis sa place, ça a pas de sens, ils savent que je suis muette.
D'ailleurs, ils connaissent notre identité à tout les trois et ont des informations qui montrent bien que nous ne sommes pas des inconnus, alors bien sûr qu'ils savent que je suis muette. Tout ce qu'Eden réussit à faire, c'est entrer dans leur jeu, c'est clairement de la provocation leur truc.

Le Prince qui a son pied sur son épaule s'appuie dessus, ça doit faire vraiment mal. Bande de débiles ? Semble t-il demander. C'est pas très gentil ça, vous en dîtes quoi mes amis ? Leur demande t-il en tournant sa tête vers ses camarades.

Les deux autres Prince se regardent et s'échangent des regards joueurs, ils commencent à glousser comme des adolescents devant quelqu'un qui leur plaît. L'un des Prince lui balance un objet, un feutre je crois, oui, c'est un marqueur noir. Prince le secoue et... Il se met à dessiner des lunettes et une moustache à Eden, il passe le marqueur à un autre Prince qui continue et qui dessine un monosourcil, c'est vachement drôle, mais je peux pas rire. Ils plaquent sa tête contre la paroi pour pas qu'elle se débatte trop, tour à tour il font des dessins sur son visage, jusqu'à ce que finalement l'un d'eux dessine des dents et qu'elle finisse par manquer de le mordre. Je remercie ce Prince d'avoir un temps de réaction si rapide, je n'ose pas imaginer ce qu'ils lui auraient fait si Eden avait réussi à lui mordre les doigts. Je la connais, elle se serait pas contenter de mordre, elle lui aurait arraché deux doigts sans soucis.

Les Prince reprennent leur place et continuent leurs activités comme si de rien n'était, ils sont visiblement de bonne humeur, tant mieux pour eux. Mais je ne peux pas en dire autant d'Eden, elle garde le silence. Je connais ce silence, c'est le silence de la honte. Celui qu'elle prenait quand elle se faisait engueulé pour une bêtise quand on était jeune, Adonis est visiblement dans le même état, mais lui a l'air triste, quand elle a l'air en colère. Si ce sont nos derniers instants, je refuse qu'ils se passent ainsi, qui sait ce qui nous attend quand on sera arrivés à destination, ou même s'il y'a une destination. Le premier Prince qu'on a rencontré voulait assassiné maman et brûler la Ruche, le deuxième voulait nous envoyer dans un labyrinthe habité par des cocatris, qui sait ce que ceux-là nous réserve comme sort.

Je ne peux pas parler, et je ne veux pas mourir sans n'avoir rien essayé. Qu'importe si je finis comme cette femme à côté de moi, je suis une Omniak. Et une Omniak ne crève pas sans se battre.

Je me lève avec peine et retombe sur mes fesses quand le camion s'arrête brusquement, que se passe t-il ? C'était mon moment, c'est déjà l'heure de faire une pause ? Ça gâche tout. J'étais prête à faire un truc héroïque là, j'aurais pas le courage et l'adrenaline dans quinze minutes, le moment sera passé, je dois essayer. *Toc* *Toc* *Toc* Aux portes du camion, qui c'est ? Prince ? Non. D'habitude il ouvre brusquement la porte parce qu'il est pressé et qu'il aime surprendre apparemment. Peut-être des agents de la douane ? On a roulé vachement longtemps, on a probablement traversé plus d'une frontière. J'aimerais crier au secours, mais en plus du fait que ce plan est particulièrement stupide, je suis muette.

C'est probablement juste une blague de la part d'un Prince, ils se prank constamment.
Et voilà que les portes s'ouvrent particulièrement lentement, c'était sûr, encore une blague stupide. Dans le noir on voit à peine son œil brillé, il va probablement dire quelque chose du genre "Here's Johnyyy" comme dans Shinning. Il fait trop bon dehors pour rester cloîtrés chez vous... Dit l'homme derrière le camion, je crois reconnaître cette voix. Crane lève sa tête instantanément, comme si le diable lui apparaissait soudainement sous les yeux. Eden était bouche bée de son côté du camion, et Adonis était visiblement apeuré.
Cette voix... Les Prince sont heureux et excités, ils ont leur baguette sorties et de larges sourires marquent leur visage. Serait-ce Rouge ?
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Reducio
• Violence : Fait d'attenter à l'intégrité mentale ou physique d'un individu [...]
Violence avec arme : [...] En employant une arme.
Violence sans arme : [...] Sans employer d'arme.
Mutilations : [...] Amputation partielle ou totale d'un membre ou d'un organe.
Sang : Présence de sang.
Meurtre : Fait d'ôter la vie à un individu.
Séquestration : Fait de maintenir une personne enfermée de manière arbitraire, la privant de sa liberté et de ses droits.
PARTIE 4 : Clanul roz






L'homme ouvrit les portes du camion brutalement, sa longue chevelure dorée, son teint pâle et sans défaut, ces quelques rides qui plient son visage, et cette courte barbe, ça ne pouvait être qu'une personne. L'homme semblait tout droit sorti d'une saga nordique, ou d'un mythe grecque, il a le regard d'un renard et l'allure d'un fauve. Il plaça nonchalamment son pied sur le sol du camion, et se hissa jusqu'à ce qu'on puisse voir son corps entier. Vêtu d'une chemise blanche à manche bouffante et d'une tenue très élégante, il n'a pas de cape, juste une montre à gousset avec chaîne en or à la taille.

Je reconnais cet homme, ce n'est pas Rouge, et ce n'est à priori pas Prince. C'est... Papa ! Lance Crane juste à côté de moi, il n'a plus l'air si abattu.
Tonton est là, c'est merveilleux, il est pas très fréquentable c'est sûr, on l'est pas non plus, mais jamais il abandonnerait sa famille. J'ai les larmes aux yeux, peut-être bien qu'on va pas mourir après tout. Tonton Lars est le chef du clan rose, un des clanuri interlope en Roumanie. Ça a beau être une mafia terrifiante, ça reste la famille.

Lars prend une sorte de position de cow-boy, sa baguette au fourreau. Les Prince sont forts, mais je pense que tonton c'est un autre niveau. C'est peut-être pas le plus fort de tous, mais il a plus d'expérience qu'Eden, plus de polyvalence qu'elle, plus de préparation et plus d'alliés. Il serait pas venu à notre rencontre seul, ou alors il aurait profité de l'effet de surprise. Vous avez des membres de ma famille. Déclare t-il d'un ton qui montre bien que rien ne le presse.

L'un des Prince le pointe avec sa baguette et l'interpelle avec un grand sourire. T'aurais dû rester caché. Déclare t-il. Est-il suffisamment stupide pour croire qu'il viendrait sans garantie ? Quoique... Si sa garantie c'est le chauffeur, ou pire, si il pense vraiment pouvoir l'emporter à un contre trois dans un espace cloîtré ? Peut-être aussi bluffe t-il... Je ne suis plus si sûr de ça, il aurait dû conserver l'effet de surprise pour maximiser ses chances. Il pourrait l'emporter s'il les neutralisait tous des coup, vas-y, tonton. J'aime soigner mon entrée. Déclare t-il avant que des plis se mettent à se former sur les parois du container, puis en à peine quelques secondes les parois semblaient se mettre à gonfler, et enfin à être brutalement arrachées et envoyées en l'air.

L'air frais m'a surpris, dehors, tant de gens avec leur baguette allumée, il est pas venu seul Dieu merci, et il est probablement là pour nous sauver. L'un des Prince se saisit d'Eden par les cheveux et pointe sa baguette sur sa tempe, mais ça n'a vraiment pas duré longtemps. En un seul geste que je n'ai même pas pu voir, Lars lui avait tranché les mains à une vitesse ahurissante et sans bavure. C'est net, mais voir Prince tomber à genoux et hurler de douleur, même si je sais que c'est un ennemi, ça me retourne l'estomac. J'ai envie de vomir, Adonis pour sa part ne s'est pas retenu. C'est... Pas sympa... Déclare t-il après avoir hurlé, comme si au final, ça n'était plus si grave. Prince, celui qui n'avait plus de mains, se releva et fonça sur Lars à toute vitesse, mais celui-ci se contenta de lui trancher la gorge en pleine course et de l'esquiver quand son corps condamné tombait sur lui. La scène est horrible, je peux pas me retenir.

Après avoir vomis, je me laisse bousculer en arrière pour m'éloigner de la zone de combat, tout les autres l'ont fait, il ne restait plus sur le camion que les deux derniers Prince, Lars, la femme qui avait été victime de... Peu importe ce dont elle a été victime.

Les deux Prince étaient cernés de toute part, des sorciers partout autour d'eux, et un Lars particulièrement dangereux en face d'eux qui, alors qu'il n'était là que depuis moins d'une minute, avait déjà prouvé qu'il se suffisait à lui-même. Sa vitesse est folle, le cadavre n'avait même pas eu le temps de réagir, je me demande comment il peut envoyer un sortilège dans un mouvement aussi rapide sans perdre en précision. C'est tout simplement du génie.
On peut faire ça de deux manières. Déclare Lars du haut du camion, alors que j'essaie de reprendre mon souffle affalée contre une roue, il faut que je parte au cas où ça dégénère. Crane me fait signe de le suivre, et je le suis. On court vers ces sorciers, ils doivent être des alliés. En regardant en arrière, je vois juste un Prince essayer de lancer un sort avant de perdre ses mains, l'autre n'a même pas eu le temps de lancer son sort avant de les perdre.

Alors que je suis tourné vers Lars, je sens un bras m'agripper, non, m'enlacer plutôt. En me tournant je la vois, tata Chenmo, je suis... Je suis tellement heureuse de la voir... J'ai cru que j'allais y rester... Sentir la chaleur de son corps, et ses bras me tenir contre elle. Je peux pas retenir mes larmes, j'ai eu tellement peur. Shh... Shh... Tu es en sécurité maintenant. Déclare t-elle, j'arrive pas à y croire, on est vraiment... Je sens un torrent de larmes couler le long de mes joues, mes pleurs muets renforce l'étreinte, je suis tellement heureuse de la voir, je suis tellement heureuse d'être en vie. Un cri sourd essaie de sortir, j'ai vraiment cru que ce serait la fin, c'est pas la fin. C'est pas la fin.

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PARTIE 5 : Beau motel






Tonton a envoyé ses camarades faire le ménage, puis on est allé dans un motel. Je ne sais pas ce qu'il est advenu du reste, de tout ceux qui étaient avec nous dans le camion, j'espère juste que tonton n'a pas été cruel. C'est un homme nuancé, comme tout le monde, il est bon avec sa famille, les autres par contre... Il est du milieu criminel, comme tout son clan, sa mafia. Et j'ai absolument aucune idée de ce qu'ils trafiquent de leur côté, ni dans quels domaines d'activité ils sont impliqués, papa n'en a jamais dit suffisamment. Je ne sais pas si c'était sans intérêt ou s'il ne se sentait simplement pas d'en parler. J'aurais dû lui demander, ça fait une chose de plus.

Juste après m'avoir libéré de son étreinte, tata m'a retiré mes liens, et je pouvais enfin parler, mais j'ai gardé le silence. Qu'aurais-je pu dire à Eden ? À Adonis ? Ou à Crane ? Tous ont très mal vécus les récents événements, et moi aussi, je veux bien les réconforter... Mais quand moi-même je m'en serais remise. Pour l'instant je serais bien incapable d'aider qui que ce soit, j'y peux rien si j'en suis bien incapable, personne n'est invincible. Eden ne l'est pas, je ne le suis pas, et j'ai l'impression que la carapace dont elle se couvre me pousse à moi-même m'en couvrir. J'aimerais communiquer, m'exprimer, je n'ai pas pu depuis si longtemps... Et maintenant que je le peux, quelque chose que je ne saurais expliquer m'en empêche. Je me rends bien compte que ça ne concerne pas uniquement moi, c'est vrai après tout, les autres n'ont rien dit du trajet. Adonis a de la peine et du dégoût, Eden a de la colère et de la frustration, moi... Moi j'ai mal, et j'ai peur. Quant à Crane... Je ne sais pas quoi de la solitude, de la douleur, ou de la détresse l'affecte le plus, mais lui non plus ne parle pas, alors même que lui, a sa mère.

Le motel paraît assez grand, tata parle anglais, on est pas en Roumanie ni en Allemagne donc.
Je n'ai aucune endroit de l'endroit où on est, j'ai n'ai même pas la foi de prendre un prospectus ou de regarder autour de moi pour trouver une carte, ou n'importe quoi qui montre où on est.
Rien.

Après avoir attendu une dizaine de minutes dans la chambre, tonton arrivait. On était six, et c'était une grande chambre avec trois lits superposés, une table, et une télévision. Un motel moldu c'est probablement le mieux pour pas se faire remarquer. Tonton s'assied sur la table, comme s'il attendait des explications, ça devrait me faire peur, mais je trouve ça réconfortant.
Avoir ma fratrie à mes côtés, face à un père et une mère, j'ai l'impression d'être face à mes parents quand on a fait une bêtise. Papa... Tu nous manques tellement, prends soin de maman si tu es avec elle. Maman, je ne sais pas pourquoi tu as fait évader toute une prison, et prit la Ruche avec toi, mais prends soin de toi, et si papa est là, prends soin de lui. J'aimerais tant pouvoir leur écrire, ou leur "parler" à nouveau au moins. Leur dire que je les aime, qu'ils me manquent, que je veux les revoir. Que je veux pouvoir toucher leur visage, et prendre leurs mains, sentir qu'ils sont là avec moi. Sans que je le veuille les larmes se mettent à couler, je ne suis pas une pleurnicharde quoiqu'en disaient Jack, Berty, et tout ces cons à Poudlard. Je suis juste contente, et triste, ça arrive, c'est humain. J'essaie de m'essuyer et de me cacher, mais rien n'y fait. Oh ma belle tu n'y es pour rien. Me console tata alors qu'elle me prend dans ses bras et me caresse la tête quand je m'écroule sur ses cuisses.

Lars semble rester impassible du peu que j'en vois avec toute cette eau, il croise les bras et ne semble pas prêt de dire quelque chose de positif. Ça a dû être dur. Déclare t-il, il semble regarder ailleurs, il a honte ? Je suis désolé de ce par quoi vous êtes passés. Admet l'homme avec une sorte de difficulté pendant que mes larmes s'arrêtent progressivement de couler et sèchent.

L'homme se lève et nous tourne le dos pour se mettre face à la fenêtre. J'ai voulu intervenir plus tôt, mais je n'avais pas assez d'hommes, et ils... Ils ont mit du temps à venir. Déclare t-il, j'avais raison alors... Il n'était pas suffisant. Il avait besoin de tout ces gens, autrement il se serait probablement fait laminé. Il pose ses mains et s'appuie contre la bordure de la fenêtre. C'est de ma faute. Reconnait finalement tonton, pourtant, il a tort. Il n'a rien fait, il n'aurait rien pu faire de plus j'en suis sûr, s'il avait cru nos vies en danger plus tôt il serait intervenu plus tôt. Mais non... Essaie Crane de toutes ses forces, c'est à dire pas grandes forces. Si. Insiste Lars.

J'ai du mal à comprendre ce qu'il veut dire, j'ai finis d'essuyer mes larmes et je peux enfin me redresser, me redresser pour voir le visage de mon oncle laisser s'échapper une petite larme, pourquoi ? Il est si fort d'habitude, on est en vie, et il est... Il est celui qui nous a sauvé...
Tonton Lars est si fort, si stoïque, pourquoi pleure t-il... George... Un jour que je lui rendais visite... Sa femme m'a attaqué. Admet Lars, le visage froncé en un pli détruit. Elle a tenté de me tuer, elle l'a tué. Les mots deviennent difficile à dire. J'étais fou de rage, c'est là qu'elle m'a révélé son identité dans un rire glaçant, juste avant de mourir... Déclare tonton, ses doigts se refermant sur la bordure de la fenêtre avec rage. Kasongo... Prince... Laisse s'échapper Eden.

Lars se retourne complètement pour s'approcher de nous. J'aurais dû faire plus attention, j'aurais dû me mouiller au lieu de laisser mon frère pourrir en prison, au lieu de quoi... Il peine à trouver ses mots. C'est pas de votre faute. Déclare Adonis en se levant. J'ai laissé cet infâ- Commence tonton avant d'être coupé. Vous avez laissé Rouge agir en toute liberté ? Vous êtes pas le seul. Déclare Adonis avec force. À cause de lui, je ne sais même pas si mon père est en vie, ni ce que fait ma mère. Il sert le poing, lui aussi a mal.
Il ne peut pas continuer. Dit-il avec ferveur et passion, mais surtout de la colère, beaucoup de colère, une rage immense et je ne sais pas contre qui elle est dirigée, je ne connaissais pas cet aspect de lui pourtant si... Calme ? Soumis ? Voilà qu'il veut se soulever... Tu parles vrai Adonis. Lance tonton avec une claque dans l'épaule. Mon fils... Ton cousin... Il sera vengé, et notre sang ne sera plus ainsi attaqué par ce parasite de Rouge. Déclare Lars, rouge comme une tomate, il est énervé comme on peut se permettre de l'être lorsque notre fils est mort.

Tata à côté tourne légèrement la tête. Vous ne savez pas où sont vos parents ? Demande tata Chenmo, dubitatative. On se tourne tous vers elle, elle sait donc quelque chose qu'on ne sait pas, mais elle, elle se tourne vers Lars. Oh, oui, à ce sujet, mon père et mon frère devrait se trouver aux environs de l'Espagne ou de l'Algérie. Déclare tonton, ç'en est trop.

Je me lève et demande. Et nous, on est où ? Je signe avec maladresse. En Bulgarie. Répond Adonis sans hésiter.
Ce qui veut dire qu'on est... Je crois... Je crois qu'on est pas si loin les uns des autres, on pourrait se rejoindre, encore faut-il avoir un moyen de se localiser mutuellement avec précision. Mais c'est un problème pour plus tard, l'important c'est que les parents sont ensemble, enfin, de ce que dit tonton, reste à savoir comment il sait ça, non ? Non.
Qu'importe, je veux y croire, j'y crois, c'est mon droit le plus précieux après tout ce par quoi on a traversé. Ce n'est pas fini.

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~ TRIGGER WARNING ~


Reducio
• Violence : Fait d'attenter à l'intégrité mentale ou physique d'un individu [...]
Violence avec arme : [...] En employant une arme.
Violence sans arme : [...] Sans employer d'arme.
Mutilations : [...] Amputation partielle ou totale d'un membre ou d'un organe.
Sang : Présence de sang.
Meurtre : Fait d'ôter la vie à un individu.
Séquestration : Fait de maintenir une personne enfermée de manière arbitraire, la privant de sa liberté et de ses droits.
PARTIE 6 : Les seuls qu'on aura jamais






Tonton et se sont couchés tôt après avoir envoyé un message au clan, il semblerait que les discussions entre Adonis et Prince n'aient pas été dénuées d'intérêt. D'une manière ou d'une autre, il a réussi à déterminer que Rouge est probablement en Libye, en tout cas Prince y est.
C'est dans les journaux depuis quelques temps maintenant, mais nous on a pas lu un journal depuis tellement longtemps. Bien sûr on a vu le journal qui parle de maman et de son évasion, mais depuis qu'on est parti on a pas prit le temps de lire un journal, de lire un livre, ou de vraiment profiter de l'air frais. Ici au moins, on peut. Adonis s'est installé sur la terrasse, je lui ai pris un soda en utilisant un sortilège de confusion sur la machine, quite à être dans la criminalité, autant y être jusqu'au cou et commettre un crime ignoble en volant deux sodas.

Ce n'est pas comme si il y'a quelques heures, tonton n'avait pas découpé des gens avant de leur ôter la vie. C'était tellement... Parfait. Tellement lisse que j'ai pas pu m'empêcher de vomir, quand les cocatris mourraient c'était horrible, mais on aurait dit un spectacle totalement naturel. Des proies se faisant tuer par leur prédateur, ça arrive tout le temps dans la nature, c'est comme ça que ça marche. Et quand Eden a tué le premier Prince, il a juste disparu, on avait pas eu le temps de voir son cadavre. Le deuxième Prince c'était autre chose, il est mort tout seul, de rire, c'était horrible, je l'entends encore ce rire, j'en fais des cauchemars et je doute être la seule. C'était tout bonnement terrifiant, et en même temps il n'a pas vraiment été tué, il est mort seul, Adonis l'a seulement achevé pour abréger sa souffrance, c'était de la clémence, et je n'ai même pas vu la scène.

Mais ce que tonton a fait sur le camion... Ça c'était d'un tout autre niveau, c'était horrible, on aurait dit un massacre déséquilibré. Sans justice, sans possibilité de sortie. Je commence à me dire qu'on est peut-être les méchants après tout, peut-être qu'on mériterait de mourir car on représente un réel danger. Les Prince ont des sentiments, ils ont de l'humour et une certaine sensibilité, même s'ils n'ont aucun scrupule à tuer ou à mutiler quelqu'un de manière irréversible, ils demeurent humains et jusque là j'ai l'impression qu'on a fait bien plus de victimes dans leur camp qu'eux dans le notre. Tout ce que je sais de Rouge c'est mes parents qui le disent, or ils sont loin d'être impartiaux. Et je sais que je devrais pas... C'est la famille...
Mais je me dis qu'on est peut-être dans le tort et qu'on devrait arrêter tout ça, on pourrait peut-être même vivre en paix ensemble ?
Je veux pas trahir ma famille, mais tout les crimes que Rouge est prétendu avoir commis je ne les ai pas vu, j'ai vu des attaques sur ma famille, mais est-ce qu'elles n'étaient pas justifiées ?
Maman aurait pu se contenter de libérer papa et de fuir, mais au lieu de ça, elle a libéré une prison remplie des pires criminels du Royaume-Uni. Papa pour sa part a peut-être bien été torturé pour une raison, et enfermé pour une raison. Je ne sais plus qui croire entre lui et le gouvernement, bien sûr il a toujours été bon avec nous, mais qui est-il vraiment ? Qui le sait ?
Rouge a arrêté la torture, il lui a permis de rentrer chez lui, il l'a aidé à vivre au mieux sa condition nouvelle, je l'ai même vu ça. Pourtant...

Non, je sais pas quoi faire. J'ai beau retourner la question dans ma tête je suis totalement bloqué, c'est insupportable, et ébouriffer mes cheveux dans un mouvement de folle n'aide clairement pas. Ça va ? Me demande Adonis. Je m'étais pas rendu compte que j'étais déjà arrivé sur la terrasse, je remets rapidement mes cheveux en place et m'approche de lui. Oui et toi ? Je lui réponds, ça fait tellement du bien de pouvoir signer, de pouvoir m'exprimer et communiquer avec les gens qui m'entourent.
Pas tous, c'est vrai, mais au moins mon binoclard de jumeau. Je sais pas pour être honnête... Admet mon frère, les genoux dans ses mains, il regarde le ciel rosé.

Je fais un geste de la main pour qu'il élabore. Prince est président de la Libye, et je me sens coupable... Je vois, il doit se trouver face à la même contradiction que moi, je peux pas faire grand chose d'autre que mettre ma tête sur son épaule. Notre famille s'est mis à dos plusieurs pays, et voilà qu'on continue sur notre lancée en voulant nous en prendre au président de la Libye, comme si on était maudit à répéter les mêmes erreurs, à faire le mal autour de nous. Papa nous a parlé de la malédiction dont il pensait être frappé, lui, et toute notre famille. Peut-être bien qu'elle frappe vraiment. Peut-être qu'on aurait jamais dû partir, ou alors pas vers le danger... Je comprends ce qu'il veut dire, ces derniers temps ont vraiment été compliqués, on a jamais été aussi proche de la mort de toute notre vie et on a même pas vingt-cinq ans. Et en même temps, si on avait pas été là, Eden l'aurait rencontré. Elle aurait été seule dans le labyrinthe, seule face aux cocatris, seule face à Prince, seule, tout simplement.

C'est quoi cette odeur ? Salut les nuls. Lance Eden de derrière nous, je tourne la tête même si Adonis reste immobile et lance un coup d'oeil par dessus mon épaule. elle a un pack de sodas et trois pizzas, visiblement elle a pas perdu de temps.

Elle s'assoit à côté de nous, et entame la première. Mangez, c'est tonton qui régale. Lance t-elle comme si elle lui avait demandé sa permission, elle a sans doute voler son portefeuille. Papa lui a déjà fait ça apparemment, il parait même qu'il a acheté un kilo de maïs qu'il a mis dans son matelas, et qu'il aurait rempli ses toilettes avec du gravier.
Quand je me rappelle ces histoires qu'il nous raconte, j'ai du mal à ne pas le voir comme le père qu'il a presque toujours été... C'est quoi cette mine de déterré le débile. Lance Eden, visiblement elle a rien appris. Adonis ne réagit pas, et moi je suis trop fatigué pour tenter un coup de tête comme dans le camion, et j'aimerais pas lui rappeler cet événement d'ailleurs.

Adonis tourne particulièrement lentement sa tête vers Eden. Qu'est-ce qui a changé ? Demande t-il, mais j'avoue que je suis confuse. Comment ça "qu'est-ce qui a changé" ? Tout a changé, on est plus les mêmes, on a d'autres objectifs, d'autres parcours. Et en même temps... Rien n'a changé, on est toujours les mêmes au fond. Je sais même pas s'il parle de nous, de la situation, ou c'est un jeu. Sans détail, impossible de donner une réponse.
Alors que j'allais lui demander d'étoffer, il étoffait lui-même. Entre nous, tu nous crachais pas autant dessus avant. Déclare t-il, et soudain je comprends mieux.
Qu'est-ce qui a changé entre nous... C'est une vaste question, c'est probablement le meilleur moment pour la poser, tant qu'on est tout les trois et que le ciel est rose. Je me la pose aussi régulièrement, j'essaie de comprendre, mais je ne sais pas si c'est malin. Cherchait l'origine du changement c'est comme chercher un problème à une solution, et puisque nous sommes la solution, alors on devrait éviter le problème.

Non. Non j'en ai marre de pas me mouiller. Il s'agirait d'enfin savoir, et tant pis s'il y'a des problèmes. Pfft, quelle question bête. Répond Eden, sans surprise, elle esquive. Adonis ramène sa tête vers le ciel. Tu me hais ? Demande t-il. Pauvre chochotte, qu'est-ce qu- Il la coupe. Est-ce que tu me hais ? Insiste Adonis. Il ne lâchera pas l'affaire avant de savoir, qu'importe si ça le blesse. En ça, clairement, il est plus fort que moi et Eden réunies. Il a peut-être la lâcheté de pouvoir fuir au combat et ça ne le rend pas fiable dans ces rares cas, mais il n'a pas la lâcheté de choisir l'abandon ou la facilité le reste du temps.

Eden regarde le ciel à son tour. Non... Bien sûr que non... Répond t-elle, et Adonis se retourne à nouveau vers elle. Dans ce cas qu'est-ce qui a changé ? Pourquoi suis-je soudainement devenu une honte à tes yeux. Il abandonnera pas, et au vu de l'ambiance, je pense qu'Eden va donner une réponse sérieuse. Je sais que c'est pas vraiment le moment, mais je prend une part de pizza que je commence à manger. C'était dur, voilà. Admet finalement Eden, mais je sais pas vraiment de quoi elle parle.

Je continue à manger et Adonis ne répond pas, elle est partie pour donner une réponse, enfin, alors rien ne doit l'en empêcher je suppose. À Poudlard quand on se faisait harceler parce que papa a finit à Azkaban, j'ai presque tout pris. Comment ça, presque tout pris ? J'étais géniale et terrible, et toute l'attention qu'on me portait vous évitait la plupart des problèmes. Poursuit-elle sans rire, avant de croquer dans sa part de pizza, un pied ramené vers elle, l'autre pendant dans le vide. J'ai tout perdu, mes amis, mes titres, mon honneur, et même dans le monde étudiant et le monde du travail, c'était... Insupportable. Déclare Eden avec peine.

Si je ne la connaissais pas, je penserais presque qu'elle ferait du sentimentalisme. À partir d'un moment j'ai juste pété les plombs, ta voix a commencé à m'être insupportable, et je me suis défoulé sur toi. Je m'en rappelle, c'était absolument terrifiant, il a mis des heures à s'en relever. Je dois avouer que... C'était tellement agréable, je suis désolé... Mais c'était vraiment bon quoi. Ça devient vraiment bizarre, mais je comprends. J'ai prétendu que c'était pour t'endurcir, mais t'as jamais été faible, j-... Je suis juste une brute épaisse. Admet finalement Eden sur un léger pouffement mélancolique, Adonis ne répond pas, il ne daigne pas répondre. Il pourrait infirmer, confirmer, c'est son moment, mais il garde le silence. Je le reconnais bien là, il se contente de prendre une part de pizza en regardant le ciel, j'imagine que c'est au moins un pas vers l'autre, j'imagine que... Ça fait plaisir

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CHAPITRE 13 : Alfheim


PARTIE 1 : L'île aux zombies






Il faisait encore tôt cette journée là, quand les cloches se mirent à sonner. Terre ! Terre ! Criaient certains des marins. Une terre, enfin. La dernière fois que la flotte avait pu poser pied à terre c'était au Canada, il y'a des semaines. Grâce à la magie et à la mer, ni l'eau, ni la nourriture ne manquait, mais plus le temps passe, plus les navires paraissent être de nouvelles prisons. Certes la cellule est plus grande, mais le manque de liberté n'apparaissait pas plus explicit. Il y'avait toujours ceux qui décident et ceux qui suivent, toujours un espace fermé, et toujours la mer autour. Les conditions sont meilleures qu'à Azkaban, l'air est bon, l'ambiance plus paisible, et surtout il n'y a plus de détraqueurs. Mais maintenant, tout ce que l'équipage espérait, c'était trouver enfin la terre qu'ils étaient venus chercher. Jusqu'à quand est-ce que Redose et les grands garderaient le secret ? Combien de temps encore allaient-ils tous naviguer ? Toutes les questions que soulèvent le voyage ne sortent pas des navires, et commencent à créer un climat de tension au milieu de l'anxiété, et dans ce climat, une maladie a fait son apparition sur le bateau depuis Gibraltar. Aujourd'hui, ils étaient proche de la Sardaigne, et même si les "médecins" font de leur mieux, il est nécessaire de jeter l'ancre et de faire une pause pour permettre à tout le monde de se reposer et aux malades de bénéficier de meilleurs soins.

Debora n'était pas ravi par ce choix qui s'impose par lui-même, et Redose s'il avait véritablement son mot à dire continuerait probablement d'avancer. Seulement, même si les "grands" commandent, l'équipage se devait d'avoir son mot à dire. Quand on passe autant de temps que la plupart d'entre eux ont passé à Azkaban, et qu'on goûte enfin à la liberté, on serait prêt à tout pour la garder. Et quand on passe autant de temps que la plupart d'entre eux ont passé à Azkaban, on sait ce que signifier "prêt à tout".

L'île semblait déserte, ou du moins, la partie sur laquelle avait accosté les navires l'est. Pas de trace de la civilisation, pas de fumée au loin, simplement une plage de sable, une plaine, de petites forêts à droite à gauche. C'est tout ce qu'a réussit à décrire Hermann lorsqu'il est descendu du mat pour poser pied à terre.

L'équipage découvrait un peu les lieux sans trop s'enfoncer dans la plaine, de peur d'être abandonné, et de peur de ce qui pourrait se cacher sur l'île. L'atmosphère autour de l'île et en son sein est particulière, et peu de gens savent mettre le doigt sur l'origine de cette sensation.
Alors que les peurs et les mauvais pressentiments se diffusaient comme une traînée de poudre, Élisabeth monta sur la proue et amplifia sa voix à l'aide d'un sortilège. Mes amis, ne vous éloigner pas de la plage. Annonce t-elle d'abord, Debora se tient derrière elle, et Bergelmir non très loin. Bellamy et Redose pour leur part se sont volatilisés dans la foule. Nous resterons ici pour nous reposer et soigner nos malades. Poursuit la blairelle avec vigueur. Essayez de vous reposer et de vous détendre, cette île sera probablement notre dernière escale avant notre arrivée à destination. Conclut la sorcière alors que des murmures parcourent la foule, Redose avait demandé à ce que la destination finale ne soit partagée qu'à certains membres de l'équipage, à savoir à Bergelmir et Rebecca, les deux grands restés sur leur navire, à ceux qui permettent la navigation, et les membres du culte.

La foule se dispersait et Élisabeth ne s'inquiétait pas vraiment de la disparition de son mari et de son beau-père. Elle avait autre chose à faire, notamment gérer plus de mille personnes, et faire en sortes que tout le monde survivent.

La jeune femme aurait du travail sur les bras, elle devait faire profiter de ses compétences et de ses connaissances en médicomagie, occuper la fonction de "cheffe" que Redose semble mépriser, et surveiller ceux qui sont nés à Azkaban. Ceux-là ont dû gardés leur inhibiteur de magie sur la nuque et pourraient bien se révéler être des bombes à retardement.

De son côté, Bellamy suivait Redose pour le surveiller et le protéger. L'instigateur de tout ça avançait avec des poches bleues sous les yeux, une difficulté apparente, et une peau dégoulinante de sueur. Bellamy aurait bien aimé l'assommer pour l'emmener se faire soigner, seulement l'homme prétend qu'il y'a quelque chose sur cette île. Il pourrait s'agir d'une hallucination, ou d'un trésor, Bellamy ne peut pas ignorer ça, et du moment qu'ils traversent une plaine, ils ne risquent pas grand chose. Grâce à son odorat, son ouïe, et sa vue surdéveloppée, Bellamy pouvait repérer une créature à trois kilomètres.
Redose, pour sa part, grâce à sa maladie pouvait trébucher pour la énième fois, mais la énième fois de trop le fit tomber au sol. Cette fois ça suffit, on retourne au navire. Déclare Bellamy lorsqu'il aide Redose à se relever. Seulement, sous le corps de Redose, le lycanthrope jurerait avoir vu une petite main s'enfoncer dans la terre comme si elle en sortait. Il regardait autour de lui, sentait autour de lui et tendait l'oreille, mais il se pourrait que quelque chose se cache en dessous de lui sans qu'il ne le remarque. Bellamy se concentra comme il pouvait pour essayer de ressentir par le toucher des vibrations et mouvements dans le sol. Rien à déclarer, des insectes, un lapin dans son terrier...

L'homme rouvrit les yeux sur un visage qui sortait de la terre. Un petit visage, une petite tête, comme ceux d'un enfant, et soudain, des yeux d'un bleu et de motifs évoquant la mer et ses nuances s'ouvraient, puis se dirigeaient vers le lycanthrope. Celui-ci, qui avait Redose dans une main recula lentement. Bel... Il y'a... Un visa- L'homme fut coupé par une secousse, c'est Bellamy qui le balança sur son épaule comme un sac à pattes et courut à pleine vitesse jusqu'aux navires. Ce n'est pas que Bellamy avait particulièrement peur, seulement il devait avertir ses camarades, et si cette créature est amicale, alors mieux vaut ne pas la blesser ni lui donner cette première impression. Et en même temps, courir face à la créature n'est pas le meilleur moyen de s'assurer de quoique ce soit, Redose n'aurait pas permis un tel comportement, seulement Redose se fait secoué sur un dos et lâche une trainée de vomis derrière lui, alors il n'a pas vraiment son mot à dire.

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PARTIE 2 : L'île cimetière






Après une dizaine de minutes à courir comme une bête sauvage paniquée, Bellamy atteignait les navires, Redose sur son dos, et des regards braqués vers lui. Instinctivement, la première personne qu'il s'en allait chercher était Bergelmir, c'est aussi le plus facile à localiser dans toute cette foule. Arrivé aux pieds du géant, le lycanthrope se laissa tombé sur ses genoux, et déposa Redose à terre, sans aucune forme de délicatesse. Ber... Essaie t-il d'abord, la respiration difficile. Bergelmir s'agenouilla pour s'approcher. Bergelmir... Essaie t-il à nouveau sans réussir à terminer, mais le géant patientait malgré tout. On est pas... Cette fois, l'homme se force. On est pas tout seul. L'homme prit son temps pour reprendre son souffle, Bergelmir le laissa sans réponse, et fit signe à Debora qui supervisait l'installation temporaire sur la berge.

Elle mit une à deux minutes à arriver, permettant à Bellamy de reprendre son souffle, au moins suffisamment pour pouvoir parler. Debora ! Lui lance t-il alors qu'elle approchait, mais l'homme ne comptait pas en dire plus, Debora avait déjà entendu tout ce que Bellamy cherchait à lui dire. Je vais demander aux gardiens de sécuriser la zone, il faut que tu emmènes Redose à l'infirmerie. Ordonne t-elle avant de lancer un rapide coup d'œil vers la plaine. Même si elle peut connaître les pensées à la surface d'un individu, et même si elle est l'adepte de la déesse de la vérité, ce qui se trouve dans ces plaines, c'est l'inconnu. Quelle rencontre a bien pu faire Bellamy, ce visage ayant émergé du sol est-il unique, ou y'en a t-il d'autres, sont-ils raisonnables, ou hostiles. Les questions fusent, et le temps dont le groupe dispose n'est pas illimité. Il faut soigner les malades et quitter cette île au plus vite pour atteindre Rouge avant que l'ivresse de la liberté ne s'estompe, et que le groupe finisse par se déchirer. Certaines personnes pensaient même que cette île n'était pas si mal, et osaient envisager d'y rester, seulement, avec ce genre de raisonnement, Rouge ne sera jamais défait, Debora n'aura pas sa vengeance, et cette terre dont ils rêvent s'éloignera de plus en plus d'eux. La facilité n'est pas une option. Se lance Debora avant de se retourner pour faire tourner l'info parmi les membres du culte et les gardiens, ainsi que quiconque pourrait s'avérer utile, comme Hermann le faucon ou Charlie Omniak.

De son côté, Bellamy arrivait à Élisabeth avec Redose sur le dos. Éli... L'interpelle t-il alors qu'elle est à quatre pattes au dessus d'un patient. J'ai pas le temps Bel... Lance Élisabeth instinctivement, avant de se tourner vers le lycanthrope. Bel ! Et tu ramènes Redose, installe le là où y'a de place. Ordonne Élisabeth avant de retourner à son patient, Bellamy s'exécuta pour pouvoir soulager son dos et enfin parler de ce qu'il y'a de préoccupant. On est pas tout seul. Bellamy et Élisabeth s'étaient rapprochés succinctement il y'a cinq ans, et depuis Azkaban puisqu'ils ont tout les deux la charge d'un navire. Avec le temps, Bellamy s'était de plus en plus mis en retrait par rapport aux ordres, se contentant d'obéir plutôt que d'innover et de prendre les rennes. C'était déjà le cas à Azkaban, il obéissait à l'ordre de Debora et devenait de moins en moins autonome, et avec tout le travail qu'il a fait à Azkaban, Bellamy est fatigué. Alors il en réfère à Élisabeth. On est pas tout seuls, sur l'île, il y'- Commence t-il avant d'être coupé, Élisabeth l'avait regardé du coin de l'œil suffisamment longtemps pour entendre ce qu'il avait à dire avant qu'il le dise. Faut envisager le pire des cas. Déclare Élisabeth alors qu'elle continue à ausculter son patient avec les moyens du bord. Mais même dans le pire des cas, on est pas chez nous. Admet la jeune femme. Bellamy comprenait ce que ça voulait dire, et il comprenait aussi qu'il fallait à tout prix avorter le moindre conflit avant qu'il n'advienne. Seulement ça... Tout le monde ne peut pas s'en charger, Redose est malade, Élisabeth est occupée, Bergelmir est... Vraiment très grand, trop pour avoir l'air d'un émissaire de la paix, il est terrifiant. Il ne reste plus que lui et Debora. Va à leur rencontre avec Artamiel et Bean. Ordonne t-elle, et avant même que Bellamy ne puisse dire quoique ce soit, la jeune femme lança un regard assassin à l'attention du lycanthrope. Ne discute pas. Lui ordonne t-elle, et visiblement, ça suffit à Bellamy pour s'exécuter.

Le sorcier monta sur la proue d'un navire pour appeler Artamiel, Bean, et Debora à le rejoindre. S'il avait pu avoir son mot à dire, il aurait probablement choisit Hermann et Wolfgang, il ne s'entend pas très bien avec Bean, Artamiel lui semble un peu bizarre et il ne le connait pas bien, même s'il est le meilleur ami de Redose.

Seulement, Bean et Debora sont de très bonnes combattantes, le lycanthrope l'est également en plus de voir ses sens améliorés, Artamiel pour sa part est une véritable tête, tout comme Redose même s'il a des compétences que le malade n'a pas : Artamiel est un polyglotte accompli, il a étudié l'histoire, la philosophie, les sciences sociales, les langues et beaucoup de domaines "littéraires". Niveau diplomatie il n'y avait pas mieux à la Ruche, et Élisabeth ne connait pas très bien les anciens détenus ou les anciens gardiens, mais après avoir passer autant de temps à Azkaban, elle ne peut que remettre en question leurs capacités sociales.

Après avoir expliqué la situation à Bean et Artamiel, le petit groupe était en route vers la plaine. Bean était toute excitée, mais c'était bien la seule à l'être : Debora et Bellamy étaient particulièrement vigilant, quand Artamiel n'avait pas l'air d'en avoir quoique ce soit à faire de toute cette situation. L'homme était indifférent à cette histoire de visage sortant de la terre, et préférait admirer le paysage en se questionnant avec curiosité sur l'origine de tout ça.

Après environ vingt minutes à marcher, le groupe arrivait à l'endroit même où Bellamy les guidait. Voilà, c'est ici, la terre est encore retournée, l'odeur est faible, mais perceptible. Admet l'homme, regardant la terre autour de lui pour ne pas être surpris une seconde fois par une main, un visage, ou qui sait ce qui sortirait de terre cette fois. Debora mit un genou à terre et lança un sort pour essayer de repérer les traces de magie, et il y'avait bien une empreinte, faible, mais présente. Seulement... Cette "empreinte", n'est pas unique. Peut-être bien qu'elle est faible, mais elle est loin d'être seule, tout autour d'eux dans un large rayon, Debora sentait des traces de magie et sa mâchoire se décrochait. S'il y'a des créatures sous la terre, elles sont suffisamment nombreuses et mystérieuses pour causer de lourdes pertes parmi les membres de l'équipage. Tu vas pas me faire ta demande là quand même !? Lança Bellamy dans un rire nerveux vu l'expression qu'elle portait sur son visage. Le lycanthrope avait assez peur de son diagnostic, Debora se releva. Il y'a un tas d'empreinte magique autour de nous, toutes provenant de la terre. Déclare t-elle sans faire attention à la remarque de Bellamy, d'ordinaire elle aurait sans doute flirté en retour, mais là, la situation s'avérait compliquée. J'ai vu ça en Amérique du Sud. Déclare Artamiel avec dédain. Un individu avait fait d'un cimetière un nid à zombies. Admet t-il, soulageant Debora. Les zombies ne sont pas bien dangereux, ce ne sont que des cadavres en décomposition avançant sans volonté ni instinct de survie, ils perdent des membres et il n'y a rien de plus facile que de les éliminer puisque leur corps est particulièrement faible. Si c'est ce que l'on conclut... Déclare Debora. Il s'agit probablement de zombies, Artamiel, érudit comme il est, a vu cette situation arriver et ne semblait pas avoir d'autres hypothèses en tête. Seulement, Debora a vu ce qu'elle pouvait voir, elle n'a aucune idée du nombre réel de zombies, et s'ils sont vraiment, vraiment nombreux, alors qu'importe qu'ils soient faibles et lents, il leur suffit d'inonder l'équipage pendant la nuit. Le petit groupe quitte cet endroit, une lueur de méfiance dans l'œil de Debora, du soulagement dans celui de Bellamy, de la déception dans celui de Bean, et du doute dans celui d'Artamiel.

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PARTIE 3 : Cherry






Et c'est comme ça qu'il est mort. Déclare Bean avant d'exploser de rire.
Tu racontes cette histoire à chaque fois. Réplique Artamiel. Bean racontait l'histoire de la mort du roi Louis III d'Aquitaine. Bien sûr, Bean avait bien d'autres histoires à raconter, en fait, elle en avait bien plus que quiconque ici présent. Seulement, ça l'amusait bien plus de raconter la même histoire encore et encore jusqu'à ce que quelqu'un craque.

Bellamy se disait qu'il était peut-être temps pour lui de s'improviser comédien, pour se rapprocher un tant soit peu de Bean qui a vraiment l'air de le détester lui spécifiquement. C'est un elfe de maison, un géant, une licorne qui entrent dans un bar... Commence t-il avant de s'arrêter, l'homme n'avait pas la moindre idée de quoi dire ensuite, il croyait sincèrement que ce serait bien plus simple et que ça lui viendrait d'un coup. Non, c'est l'histoire d'un elfe de maison, d'un gobelin, et d'un aveugle qui entrent dans un bar. Recommence le lycanthrope, seul face au silence pesant de trois personnes qui ne lui ont rien demandé. L'elfe de maison prend une serpillère, l'aveugle le comptoir, et le gobelin, l'argent de l'aveugle ! Lane t-il en explosant de rire, mais il était bien le seul. Sur les navires, les marins racontent souvent des blagues, et c'est quasiment toujours de l'humour noir. Bellamy regrettait de ne pas en avoir retenu une ou deux, ça lui aurait probablement été bien utile.

Soudain, Bellamy ne se préoccupait plus de son bide, une odeur venait d'apparaître un peu de nul part, et le lycanthrope se tourna immédiatement pour repérer deux yeux bleus le fixant depuis un arbre mort. C'est si drôle la souffrance des elfes. Lance une voix depuis l'arbre. L'ensemble du petit groupe était surpris et sur ses gardes. C'est toi... Déclare Bellamy la baguette à la main, prêt à lancer un sort si la situation dégénère. Heureusement, personne ici n'était faible ou malade, alors s'ils devaient fuir, il leur suffirait de transplaner. Je reconnais tes yeux. Lance le lycanthrope, son regard ancré dans la créature de l'arbre. De grands yeux d'un bleu tout particulier, semblant presque avoir une vie propre et distincte de la créature qui les porte.
Artamiel se retourna vers Bellamy avec confusion et une nervosité palpable. Des yeux ? Demande t-il à Bellamy, celui-ci avait l'impression que ce n'était pas vraiment le plus important actuellement, car une créature inconnue lui parlait depuis un arbre, et que cette créature venait probablement des entrailles de la terre. Bah oui des yeux, des yeux pour voir ! Lance Bellamy, visiblement sous pression. J'aurais préféré avoir cette information plus tôt. Admet Artamiel dans un soupir exaspéré. Bellamy, à fleurs de peau, se retourna brutalement vers le jeune blond. Qu'est-ce qu'on en a faire des détails d'un VISAGE. QUI SORT. DU SOL ? Demande Bellamy à un Artamiel pas du tout impressionné, croisant les bras et le prenant de haut alors même qu'il est bien plus petit et fin que le lycanthrope. Oh je sais pas peut-être parce qu'il ne faut qu'une à deux semaines pour que les yeux d'un cadavre s'aplatissent au fond de l'orbite. Réplique Artamiel avec conviction, l'homme était un intellectuel et un rigoureux chercheur, ce que Bellamy considère n'être qu'un "détail" il s'agit d'une mine d'informations. Mais on s'en tape ! Réplique à son tour Bellamy, armé d'arguments... Inexistant. Il n'avait jamais été qu'un fleuriste puis un détenu dans ses souvenirs. Et maintenant qu'il était un marin à la tête d'un navire, il était compliqué pour lui d'admettre ses torts. Les zombies sont des cadavres, les cadavres n'ont pas de yeux. Lance Artamiel en disséquant chaque mot syllabe par syllabe, et tapant du poing dans sa paume pour appuyer son argument. Bellamy n'eu d'autre réponse à lui offrir que des yeux qui se lèvent au ciel. Il n'admettrait pas qu'il a eu tort, en particulier quand il sort d'années de réflexion, puis de mois de détention, et maintenant des semaines en mer, et qu'il est tellement à fleur de peau que son humeur peut changer d'une seconde à l'autre. Bon, t'es qui ? Demande Bellamy à la créature dans l'arbre.

Celle-ci ne daigne pas répondre. Spéciste. Se contente de lancer sèchement la créature depuis son arbre. Alors que Bellamy était sur le point de perdre patience, Debora tendit son bras devant lui pour le retenir et s'avancer devant lui. Tu t'appelles Cherry, tu es une elfe de- Commence Debora, mais une pierre l'atteint au visage et la coupe. Je ne suis pas une elfe de maison. Lance Cherry à l'attention du groupe, Bellamy sert le poing sous la colère, mais Debora continue de le repousser pour l'empêcher de se rapprocher de l'arbre. Tu es une elfe. Déclare Debora, choisissant ses mots avec plus de soins.

Terré dans l'ombre et à cette distance, son don était quelque peu difficile à utiliser, elle n'avait pas les détails. Soit ça, soit cette créature ne pense pas beaucoup. La tête de Cherry se mit à pendre d'une branche de l'arbre, laissant apparaitre des oreilles semblables à celles d'un lapin.

L'elfe se laissa tomber au sol, et quand le groupe pensait qu'elle se rattraperait ou qu'elle s'équilibrerait pour retomber sur ses jambes, l'elfe se contenta de faire un plat sur le sol avant de se relever lentement et mollement, et de tourner sa tête vers le groupe, leur lançant un regard bleu de mépris. Debora arrivait à mieux lire ces pensées, seulement maintenant, elle ne le voulait plus. Ce qu'elle arrivait à savoir de l'esprit de cet elfe est terrifiant, et profondément sombre, l'elfe avait clairement un esprit plus noir que la nuit.
Lorsque Debora "lit" un esprit, il lui suffit de considérer la présence de la créature, et elle n'entend pas les mots, elle "sait" ou "connait" les pensées à la surface de l'esprit. Elle sait que le don est actif et sait qu'elle acquière des connaissances sur l'esprit lu. Mais avec cette elfe, Cherry, c'est comme si les connaissances qu'elle acquérait étaient ensanglantés, couvertes d'une odeur putride et fétide, immonde et corruptrice. Ces pensées que Debora lisait, elle n'en voulait pas, elle ne désirait qu'une chose, que ça cesse, au point demander à ce que Veritas ne coupe son don et la déesse le fit. Elle aurait pu le faire avant cet expérience puisqu'elle savait ce qui allait se produire en théorie, seulement elle a laissé Debora connaître une partie des pensées de cet elfe. Je m'appelle Cherry, et je suis une elfe noire. Déclare l'elfe depuis le pied de l'arbre.

Le groupe se trouvait soulagé, soulagé de pouvoir parler avec un autochtone plutôt que de devoir se battre car ils sont incapables de se comprendre. L'autochtone parle anglais avec un certain accent, mais il parle anglais, heureusement, la communication est le meilleur moyen de prévenir les effusions de sang.

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Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha

Fanfiction Le heaume rouge En cours
PARTIE 4 : Les fées papillons






Cherry ne semblait s'être levé que pour s'asseoir sur un petit rocher . Le groupe portait sur la créature un regard plein de curiosité et d'incompréhension, elle pourtant, n'avait pas l'air d'accorder une quelconque importance à la présence du groupe, et se contentait de regarder ses pieds et de se gratter les mollets. Cette rencontre est le premier contact entre l'autochtone et l'étranger, pourtant, il semblait s'agir d'une rencontre on ne peut plus anodine. Un simple elfe, seul, qui se balade sous terre, grimpe à un arbre, et se présente comme un elfe noir, pourtant, il était particulièrement pâle, tout comme les elfes restés trop longtemps à Azkaban. Et... C'est tout ? Demande Debora pour tout le monde, quel est l'intérêt de se montrer uniquement pour garder le silence ?

L'elfe ne semblait pas intéressé le moins du monde par cette question, et ne daignait accorder que l'ombre du quart d'un regard. Et c'est tout quoi ? Demande Cherry d'un air condescendant et agacé. D'habitude les elfes ont plutôt une faible personnalité, assez soumise et désolée, ils ont tendance à se comporter en être inférieur. C'était le cas de beaucoup d'elfes d'Azkaban, mais Cherry, elle, ne laissait rien trahir de ce trait dans sa voix, dans ses mots, ou dans son comportement. Quand même les elfes de maison qui se disent "libres" demeurent serviables et malléables. Bien sûr, même si l'effet était bizarre pour l'ensemble du groupe, seul Artamiel comprenait pourquoi. À Poudlard, on leur a toujours appris que les elfes avaient peu de personnalité, pas de sens de la mode, et demandaient à être utilisés comme des esclaves, alors être confronté à une réalité inconnue, c'est étrange.

Bellamy s'avança légèrement pour se mettre au même niveau que Debora et pouvoir poser la question pendant aux lèvres de tout les membres du groupe, seulement, Cherry souffla, et roula les yeux au ciel. Vous vous attendiez à quoi ? Lance t-elle avant de se lever. Nous ne sommes pas des zombies, ce n'est pas un cimetière, et si j'étais vous je partirais tant qu'il est tant. Lance Cherry en s'avançant vers le groupe, bien que ses mots sonnaient forts, ils ne l'étaient en aucune façon. L'elfe ne donnait aucun poids à ses mots, et du haut de ses soixante-dix centimètres, la créature n'avait aucun charisme.

Mais Bellamy n'était pas assez stupide pour se laisser prendre par les apparences. C'est une menace? Demande t-il sur un ton à la fois sévère et interrogé. Mais l'elfe ne se contente pas de répondre, il fait quelques pas vers le lycanthrope et le regarde droit dans les yeux. Un conseil, à prendre ou à laisser, je m'en fiche. Déclare l'elfe avec conviction et confiance, seulement, ce n'est pas au petit groupe de prendre la décision. Madame Cherry... Pourquoi ?
Demande le jeune Artamiel après s'être mis sur les genoux pour être à la hauteur de l'elfe.

Cherry contournait Bellamy pour faire à Artamiel. Car la mère des fées est en colère. Affirme Cherry. Seulement, personne dans le groupe n'avait jamais entendu parlé de "mère des fées", et quand bien même, les fées sont des animaux ridicules qui ne sont rien de plus que des mouches magiques à l'apparence humaine. Entre les zombies et les fées, les zombies étaient bien plus susceptibles de poser une menace. Les elfes ont après tout assez tendance à prendre les chats pour les lions et des roues pour un guidon. Bon, on retourne à la plage, elle nous a fait perdre suffisamment de temps. Déclare Bellamy alors qu'il se dirige vers la plage, le groupe le suit, enfin, tous sauf Artamiel. Il ne semblait pas décidé à les suivre et il était suffisamment grand après tout pour prendre ses propres décisions.

L'homme s'asseyait pour converser plus confortablement avec l'elfe. Celui-ci ne semblait pas avoir envie de partir. J'ai plusieurs questions, si vous êtes disposez à y répondre. Déclare Artamiel à l'elfe, celui-ci déplacer le petit rocher devant Artamiel et s'asseyait dessus, comme pour accepter de parler. Artamiel sortit son journal et sa plume qu'il gardait dans sa veste et s'apprêtait à écrire. Vous n'avez pas l'air de nous apprécier... Alors pourquoi nous mettre en garde ? Demande le chercheur, cette question lui pendait aux lèvres depuis tout à l'heure. Cherry baillait et soupirer comme s'il essayait de prouver à quel point il en avait rien à faire de tout ce que pouvait avoir envie de lui demander le garçon. Passe. Répond t-il simplement, un peu déçu, Artamiel se dit qu'il lui suffisait de continuer, ça pouvait être un sujet sensible après tout. Vous vous présentez comme une elfe noire... Qu'est-ce que cela signifie ? Poursuit l'homme, non découragé. Passe. Se contente à nouveau de répondre l'elfe. Déçu, Artamiel se disait qu'il était peut-être préférable de poser une question sur quelque chose de moins personnel. Qui est la mère d- Commença le garçon avant d'être coupé. Passe. Lance l'elfe en se curant le nez et en examinant leur produit. Clairement, il n'était pas aussi ouvert à la discussion que son comportement l'avait laissé présager. Cherry ne dit rien d'intéressant, et Artamiel commence à croire qu'il ne s'agit qu'une sorte de farceur comme l'était Redose à Poudlard, agissant de façon bête et méchante, avec beaucoup de haine en lui, appréciant les farces de mauvais genre. Si Artamiel s'en fichait et aimait presque cet aspect de Redose, cet aspect de l'elfe ne le séduisait pas du tout.

L'homme se leva et se contenta de partir, frustré, il ne se posait pas plus de questions. Cet elfe devait être un cas désespéré, dommage que la première interaction soit aussi ratée, mais qu'importe après tout, il pourrait profiter de sa solitude durant le trajet du retour. Mais alors qu'Artamiel avait fait dix mètres, il fut interrompu par un bruit étrange dans son dos. Des battements d'ailes et des branches qui tanguent. L'homme se retourna sur une scène tout droit sortie d'un rêve. De grandes paires d'ailes, rattachées à des elfes perchés sur l'arbre, comme si des anges aux ailes de chauve-souris venaient de descendre du ciel.

Artamiel était abasourdi par cette vue, et ne sachant pas vraiment quoi faire, sa curiosité pris le dessus. Le blond s'avançait lentement vers le groupe d'elfes. Cherry et eux semblaient se connaître, ils allaient jusqu'à discuter. Malheureusement pour lui, Artamiel ne connaissait pas cette langue malgré sa grande culture linguistique. C'était une langue proche du latin et de l'italien, mais le vocabulaire demeurait un mystère pour le garçon. Ce qu'il se passait devant lui était inédit, cette espèce il ne la connaissait pas, il ne l'avait jamais vu et n'en avait même jamais entendu parler, c'est une découverte extraordinaire pour son génie. Une découverte qu'il garderait pour lui, et éventuellement Arthur et Redose, mais une découverte minime par rapport à ce que pourrait révéler ces nouveaux individus.

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