Mécanique des souvenirs
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Couloir du premier étage
Mercredi 16 novembre 2050
avec @Aaron Bagans
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Le mois de novembre avait recouvert le domaine d'un manteau d'humidité glaciale et d'un brouillard persistant qui refusait de se dissiper même au plus fort de la journée. Derrière les vitraux épais du couloir du premier étage, le parc n'était plus qu'une étendue terne de pelouses détrempées et d'arbres dépouillés de leurs feuilles dont les branches nues découpaient des silhouettes sombres sur un ciel couleur d'étain. La mi-journée était passée depuis longtemps et profitant de ce mercredi après-midi sans cours, la plupart des élèves avaient déserté les coursives pour rejoindre la chaleur des salles communes ou la Grande Salle. Le calme feutré propre aux vieilles bâtisses de pierre régnait dans cette aile habituellement passante.
Lucas n'avait pas rejoint la tour des rouge et or. En cette fin de journée, la salle commune de Gryffondor devait être bondée, surchauffée par l'immense feu de cheminée et rythmée par les éclats de voix de ceux qui profitaient de leur temps libre. Le jeune homme avait besoin de calme. Il avait donc marché au hasard des couloirs cherchant un recoin tranquille, avant d'élire domicile dans l'embrasure d'une haute fenêtre ogivale. Le rebord en pierre calcaire, large et relativement plat, formait une banquette improvisée tout à fait convenable bien qu'un peu fraîche à travers le tissu épais de son pantalon d'uniforme.
Assis en tailleur sur la banquette de pierre, la cape rejetée en arrière sur ses épaules pour libérer ses mouvements, Lucas avait disposé autour de lui un attirail qui détonait singulièrement avec le décor médiéval du château. Sur un chiffon de coton gris étalé devant lui reposait un vieux boîtier en métal argenté et gainé de cuir noir grené. C'était un vieil appareil photographique argentique, un modèle compact et entièrement mécanique que son grand-père utilisait autrefois dans les rues de Londres. Le paquet était arrivé quelques jours plus tôt par le courrier du matin soigneusement emballé dans du papier kraft par sa mère. Dans sa lettre, elle lui expliquait avoir retrouvé l'objet au fond d'un tiroir du grenier familial. Sachant que son fils aimait capturer des scènes de vie dans ses carnets de croquis, elle avait pensé que l'objet lui ferait plaisir tout en précisant que le mécanisme d'armement semblait bloqué depuis des lustres.
Lucas savait pertinemment que l'électricité et les gadgets électroniques modernes ne fonctionnaient pas à l'intérieur de l'enceinte de Poudlard. Mais cet appareil-là n'avait besoin d'aucune pile, d'aucun composant électronique, d'aucun écran. Tout reposait sur une mécanique d'horlogerie avec des engrenages de laiton, des ressorts minuscules, un obturateur en lamelles d'acier et une molette crantée pour faire défiler le film argentique à la main.
C'était un pur produit de l'ingénierie moldue du siècle dernier, solide, précis et entièrement autonome. Muni d'un minuscule tournevis de précision qui étais joins avec le colis, le Gryffondor avait entrepris de démonter délicatement la plaque inférieure du boîtier pour accéder au mécanisme de déclenchement. Il avait déjà retiré trois minuscules vis à tête plate, alignées avec soin sur le bord du chiffon pour ne pas les égarer. Il tentait désormais de déloger une fine lamelle de cuivre qui semblait coincer l'axe de rotation de la molette d'avancement. L'exercice demandait une concentration extrême et des doigts parfaitement stables. Avec l'air froid qui s'infiltrait à travers les jointures anciennes de la vitre, les extrémités de ses doigts commençaient malheureusement à s'engourdir.
- Reste bien en place... murmura-t-il pour lui-même en plissant les yeux pour distinguer les détails sous la lumière grise de la fin d'après-midi.
Il appliqua une très légère pression avec la pointe métallique de son outil pour faire levier. Ce fut une erreur. La pointe en acier glissa sur le bord du rouage. Le petit ressort hélicoïdal logé juste en dessous, libéré brutalement de sa tension se détendit d'un coup sec. Dans un claquement minuscule mais parfaitement audible dans le couloir désert, la quatrième vis qui n'était pas encore totalement dévissée fut éjectée hors de son logement. La pièce de métal, pas plus grosse qu'une tête d'épingle rebondit sur l'appui de fenêtre percuta le genou de Lucas puis acheva sa course sur les dalles de granit du couloir dans un cliquetis clair avant de rouler sur plusieurs mètres le long du mur. Lucas lâcha un juron étouffé crispant un instant les paupières avant de poser prudemment le corps de l'appareil et son tournevis sur le chiffon.
- C'est pas vrai... souffla-t-il en soupirant lourdement.
Perdre une pièce de cette taille sur un plancher en bois était déjà un cauchemar mais sur le sol d'un château centenaire aux pavés disjoints et poussiéreux, cela relevait de la mission impossible. Sans cette vis, il serait totalement incapable de refermer correctement le boîtier sans créer un jeu dans l'étanchéité à la lumière, ce qui voilerait irrémédiablement toute pellicule qu'il tenterait d'y insérer. Glissant à bas de son perchoir, Lucas posa un genou sur la pierre glacée du couloir, puis l'autre. Il se pencha en avant, le buste presque collé au sol pour raser le niveau des dalles, balayant des yeux chaque interstice entre les pierres. Il avançait lentement à quatre pattes, les paumes à plat sur le sol frais, cherchant le moindre éclat métallique brillant sous les rares torches qui commençaient à s'allumer automatiquement le long des murs.
C'est alors qu'un bruit régulier et feutré de semelles frappant la pierre résonna à l'autre bout de la galerie. Quelqu'un approchait d'un pas tranquille, venant manifestement de l'escalier qui desservait les salles de cours de cette aile. Lucas s'immobilisa un court instant, la main suspendue au-dessus d'une fente entre deux dalles. Il leva lentement les yeux et vit une silhouette d'adulte se découper dans la pénombre naissante du couloir, progressant précisément dans sa direction. En plissant le regard pour percer la pénombre, il reconnut les traits de son professeur d’études des moldus.
Le problème immédiat n'était pas tant la présence d'un professeur. Lucas n'était pas en train d'enfreindre le règlement intérieur mais plutôt la trajectoire de ses pas. L'enseignant avançait pile au milieu de la travée exactement là où la minuscule vis avait terminé sa course quelques secondes plus tôt. Un seul pas mal placé suffirait à écraser la pièce ou à la propulser sous une lourde armure décorative située un peu plus loin. Paniquant légèrement à l'idée de voir son après-midi de travail définitivement ruinée, Lucas se redressa à demi sur un genou, une main levée pour signaler sa présence tout en pointant l'autre vers les dalles à quelques pas devant les chaussures de l'adulte. Il avait encore une trace noirâtre d'huile mécanique sur l'index et le revers de sa manche droite était légèrement blanchi par la poussière du sol.
- Bonjour, Monsieur ! lança le jeune Gryffondor d'une voix précipitée mais respectueuse, tentant de garder un ton posé malgré l'absurdité de sa posture au ras du sol. Faites très attention où vous posez les pieds, s'il vous plaît... J'ai une vis d'un millimètre et demi qui vient de faire un vol plané et qui doit traîner exactement devant vous.
Il marqua une courte pause, esquissant une grimace mi-gênée, mi-amusée devant le tableau qu'il devait offrir, planté au beau milieu du passage avec son uniforme froissé et son regard fixé sur les rainures de la pierre.
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Je me suis permis de lancer ce RP Coucou Rapeltout
N’hésite pas à me dire si des choses ne te conviennent pas ou si la date ainsi que le titre ne te correspond pas.
Lucas Calme Fiche PR
"Rien ne sert de faire compliqué quand la vie est déjà assez étrange comme ça."
Mécanique des souvenirs

La lourdeur de la porte en bois de la salle d'Étude des Moldus pesait encore sur les épaules d'Aaron alors qu'il venait de la repousser pour finaliser officiellement la fin de sa période de correction ; il s'apprêtait — avec l'esprit encore encombré par toutes les notations de cours — à prendre le chemin du Lac Noir pour profiter, ne serait-ce qu'un instant, du temps brumeux typiquement écossais. Tout ce qu'il voulait c'était s'évader de ses obligations professorales et apprécier les faveurs que l'automne offrait et l'air humide du couloir enivrait déjà ses sens ; lui qui n'avait jamais vraiment été un homme d'été — au grand dam de sa famille — et qui trouvait dans le froid la plus belle des satisfactions : les plaisirs de l'enfance ; comme sauter dans les tas de feuilles vainement ramassés, bousiller ses godasses et se marrer.
Et pourtant, son regard fut attiré par une certaine agitation plus loin dans le couloir — à seulement quelques pas de lui — au près de l'embrasure d'une haute fenêtre ; un élève semblait mener une lutte acharnée contre les éléments, mais aussi contre sa propre maladresse. Aaron plissa les yeux derrière ses lunettes pour tenter de comprendre, mais il fut surpris de ne voir qu'une tignasse qu'il connaissait bien pour l'avoir eue dans la matinée : celle de Lucas Calme. Un élève de quatrième année qui excellait dans la matière et qui l'avait impressionné à de très nombreuses reprises. Cependant, voir ce garçon planté à genoux sur la pierre froide, l'uniforme froissé par cette position inconfortable, le fit s'avancer en sa direction avant d'être brutalement arrêté : il était peut-être sur le point d'écraser une pièce d'horlogerie. Une pièce assez fine, fragile : ce qui n'étonna nullement Aaron lorsqu'il posa son regard sur ce qui semblait être un vieil instrument de photographie moldu.
Conscient du désarroi de l'adolescent, Aaron esquissa un pas sur le côté afin d'écarter tout risque de piétinement avant de prendre sa baguette — fourrée dans la poche sans fond de sa veste en cuir — et de lancer un sortilège d'attraction ; imaginant à la perfection ce dont à quoi ressemblait cette pièce. Le métal fendit l'air et quitta le sol — happé par la magie — pour se loger dans le creux de sa main ouverte.
— Tu peux souffler, Lucas, elle n'ira pas plus loin pour le moment.
Il sourit avant de s'accroupir tout en conservant une certaine distance et de tendre la main où se trouvait l'objet des convoitises de son élève. Après tout, cela n'était pas tous les jours qu'un étudiant prenait pour passe-temps de construire un appareillage aussi complexe à même le sol de l'école. Et même si cela l'intriguait, Aaron s'inquiétait plus pour l'état de son élève que pour l'objet entre ses mains : il ne devait pas risquer la réfrigération pour arriver à ses objectifs.
— Tu sais, Lucas, ce n'est pas le coin le plus hospitalier du château pour s'attaquer à de l'horlogerie d'une telle précision. Un simple courant d'air pourrait mettre à mal ta conception en te faisant simplement perdre une pièce. Après, je comprends, la salle commune peut être bruyante un mercredi après-midi, mais la salle d'étude ou la salle de classe aurait pu être un endroit plus calme et plus chaud que le couloir et tu aurais des tables pour te poser plus convenablement, tu ne trouves pas ?
Ma princesse c'est Lila Rose
Vav-mi-ia.
Lieu froid #5f084e | Lieu chaud #500442 | Lieu neutre #53124d
Mécanique des souvenirs
Le claquement de la petite pièce de métal venant se loger directement dans la paume de l'enseignant fit l'effet d'un véritable miracle. Lucas qui s'était figé sur un genou laissa échapper un immense soupir de soulagement. Sa poitrine se dégonfla d'un coup et la tension qui lui nouait les épaules depuis la fuite de la vis s'évapora instantanément.
- Merci infiniment, Monsieur ! s'exclama le Gryffondor en se redressant enfin, poussant un soupir teinté d'amusement. Je croyais vraiment qu'elle était perdue pour de bon dans les fentes du parquet.
Il s'avança prudemment vers son professeur d'Étude des Moldus et tendit la main avec précaution pour récupérer le minuscule trésor de métal. Lucas saisit la vis entre le pouce et l'index observant avec soulagement que la tête n'avait pas été tordue lors du vol plané puis la replaça bien au centre du chiffon de coton gris resté sur le rebord de la fenêtre, à côté des trois autres. Le jeune homme écouta les remarques avec un sourire se frottant la nuque d'une main embarrassée tout en jetant un coup d'œil aux dalles de pierre glacées sur lesquelles il venait de passer les dix dernières minutes. Le professeur avait évidemment raison. Le sol d'un couloir balayé par les courants d'air de novembre n'était certainement pas l'atelier idéal pour de la mécanique de précision.
- Vous avez totalement raison, Monsieur... avoua Lucas en hochant la tête, une lueur d'amusement brillant dans ses yeux sombres. J'avoue que je n'ai pas très bien calculé mon coup. La salle commune était prise d'assaut par d’autres élèves qui révisaient en braillant et je cherchais juste un endroit avec un peu de lumière naturelle pour y voir clair. Mais j'aurais clairement dû penser à la salle de classe ou à la salle d'étude.
Le garçon se tourna vers la haute fenêtre ogivale et désigna du bout du doigt le boîtier en métal et cuir noir posé sur le tissu. La plaque inférieure était toujours entrebâillée laissant entrevoir la dentelle complexe de rouages de laiton et de ressorts d'acier qui composaient le mécanisme d'armement.
- C'est l'ancien appareil photographique de mon grand-père, expliqua Lucas avec une pointe d'enthousiasme dans la voix. Ma mère me l'a envoyé par hibou ce matin après l'avoir retrouvé dans un grenier à Londres. C'est un modèle entièrement mécanique des années cinquante je crois. Aucune pile, aucun composant électronique. Tout fonctionne grâce à une horlogerie miniature et des ressorts de tension.
Il s'approcha du rebord de fenêtre et ramassa délicatement le corps de l'appareil entre ses doigts veillant à ne pas faire tomber les pièces restantes.
- Le mécanisme d'avancement de la pellicule était complètement bloqué par une fine lamelle de cuivre qui avait bougé avec le temps, continua-t-il en montrant du bout de son minuscule tournevis l'intérieur du boîtier. Je tentais de la remettre dans son axe quand le ressort m'a surpris. C’est affreusement fragile quand on a les doigts engourdis par le froid !
Lucas tourna la tête vers son professeur, esquissant un grand sourire franc et reconnaissant tout en commençant à rassembler ses affaires sur le chiffon pour libérer l'espace.
- Si la proposition tient toujours, je crois bien que je vais suivre votre conseil et me réfugier dans la salle d'étude pour finir de remonter tout ça au chaud. À moins que... ça ne vous dérange pas que je jette un coup d'œil au mécanisme avec vous, si vous avez deux minutes ?
@Aaron Bagans
- Merci infiniment, Monsieur ! s'exclama le Gryffondor en se redressant enfin, poussant un soupir teinté d'amusement. Je croyais vraiment qu'elle était perdue pour de bon dans les fentes du parquet.
Il s'avança prudemment vers son professeur d'Étude des Moldus et tendit la main avec précaution pour récupérer le minuscule trésor de métal. Lucas saisit la vis entre le pouce et l'index observant avec soulagement que la tête n'avait pas été tordue lors du vol plané puis la replaça bien au centre du chiffon de coton gris resté sur le rebord de la fenêtre, à côté des trois autres. Le jeune homme écouta les remarques avec un sourire se frottant la nuque d'une main embarrassée tout en jetant un coup d'œil aux dalles de pierre glacées sur lesquelles il venait de passer les dix dernières minutes. Le professeur avait évidemment raison. Le sol d'un couloir balayé par les courants d'air de novembre n'était certainement pas l'atelier idéal pour de la mécanique de précision.
- Vous avez totalement raison, Monsieur... avoua Lucas en hochant la tête, une lueur d'amusement brillant dans ses yeux sombres. J'avoue que je n'ai pas très bien calculé mon coup. La salle commune était prise d'assaut par d’autres élèves qui révisaient en braillant et je cherchais juste un endroit avec un peu de lumière naturelle pour y voir clair. Mais j'aurais clairement dû penser à la salle de classe ou à la salle d'étude.
Le garçon se tourna vers la haute fenêtre ogivale et désigna du bout du doigt le boîtier en métal et cuir noir posé sur le tissu. La plaque inférieure était toujours entrebâillée laissant entrevoir la dentelle complexe de rouages de laiton et de ressorts d'acier qui composaient le mécanisme d'armement.
- C'est l'ancien appareil photographique de mon grand-père, expliqua Lucas avec une pointe d'enthousiasme dans la voix. Ma mère me l'a envoyé par hibou ce matin après l'avoir retrouvé dans un grenier à Londres. C'est un modèle entièrement mécanique des années cinquante je crois. Aucune pile, aucun composant électronique. Tout fonctionne grâce à une horlogerie miniature et des ressorts de tension.
Il s'approcha du rebord de fenêtre et ramassa délicatement le corps de l'appareil entre ses doigts veillant à ne pas faire tomber les pièces restantes.
- Le mécanisme d'avancement de la pellicule était complètement bloqué par une fine lamelle de cuivre qui avait bougé avec le temps, continua-t-il en montrant du bout de son minuscule tournevis l'intérieur du boîtier. Je tentais de la remettre dans son axe quand le ressort m'a surpris. C’est affreusement fragile quand on a les doigts engourdis par le froid !
Lucas tourna la tête vers son professeur, esquissant un grand sourire franc et reconnaissant tout en commençant à rassembler ses affaires sur le chiffon pour libérer l'espace.
- Si la proposition tient toujours, je crois bien que je vais suivre votre conseil et me réfugier dans la salle d'étude pour finir de remonter tout ça au chaud. À moins que... ça ne vous dérange pas que je jette un coup d'œil au mécanisme avec vous, si vous avez deux minutes ?
@Aaron Bagans
Lucas Calme Fiche PR
"Rien ne sert de faire compliqué quand la vie est déjà assez étrange comme ça."