Roumanie les brumeuses

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12 août 2051 • Cetatea Cețurilor
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[photo non contractuelle, prise par moi-même]
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aux alentours de 23 heures 30

La nuit avait posé son voile de fraîcheur sur la vallée de Cetatea Cețurilor. Les cimes des arbres – principalement des conifères – tanguaient doucement au rythme d’une brise estivale et leur danse, régulière et uniforme, avait quelque chose d’apaisant, presque hypnotique si l’on s’y attardait trop longtemps. Bien bien que les troncs ne tourbillonnaient pas sur eux-mêmes, ils semblaient se draper de longues robes blanches au fur et à mesure que le temps passait ; de cette toile claire, humide et légère qui était celle de la brume. Une brume qui les reliait, qu’ils accrochaient et tendaient des uns aux autres du bout de leurs longues branches parées d’épines d’un vert aussi profond que les mystères autour du village mi-vampire mi-sorcier. Cette brume qui semblait ne jamais réellement se dissiper, dans la vallée….

Sans but précis, Fabio errait dans les rues doucement illuminée par quelques réverbères disposés ça et là – seul, en compagnie de ses pensées et du claquement de ses talons sur les pavés. Dans quelques minutes, la grande aiguille de le l’horloge du village allait rejoindre sa petite sœur sur le douze pour marquer la transition qui lui serait inexorablement rappelée par un paresseux carillon des cloches : trente-huit ans.

Par habitude, il leva le regard en direction du ciel avant de se rappeler qu’il n’y avait rien à voir, ici : le brouillard opaque ne laissait entrevoir tantôt que les plus téméraires des étoiles, tantôt rien du tout. Cette année, les Perséides – dont la pluie atteignait régulièrement son pic dans la nuit de son anniversaire – ne le prenaient visiblement pas dans leurs bonnes grâces.

Malgré les circonstances, Fabio avait l’humeur plutôt légère et la foulée insouciante. Il finit par s’installer sur un banc posé au pied d’un réverbère dont la lumière jaunâtre dispersait vaillamment la nuit et la brume.

Fab’ulous
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