Id Coucou Rapeltout Jusqu’à ce que l’administration nous sépare A. D.

18 JUIN 2051
19 ANS
Secrétariat à l'identité Sorcière, Consilium — Godric’s Hollow
@Alienor Delphilia

JUSQU'A CE QUE L'ADMINISTRATION NOUS SEPARE
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COUNTING CROWS — ACCIDENTALY IN LOVE

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La file d’attente devant le Secrétariat à l’Identité Sorcière devrait me faire rebrousser chemin. Elle s’étale dans le couloir, comporte plusieurs rangées de chaises occupées par des sorciers à bout de nerfs et déborde jusque sous la verrière centrale. Non loin, on entend des bruits de pas, des froissements de parchemins et des gens pressés. Des gens en manque de café. Chaque personne dans la file d’attente semble avoir perdu tout espoir d’être rentrée avant la fin de l’après-midi. Moi aussi. Pourtant, je reste.

J’ai besoin de faire remplacer ma carte d’identité. Je prétends depuis trois semaines qu’elle va réapparaître au fond d’une poche et qu’elle est simplement vexée. Mais j’ai dû finir par admettre qu’elle se trouvait quelque part dans un caniveau de l’Allée des Embrumes. Ou bien réduite en cendres dans une cheminée. Peut-être même entre les mains de quelqu’un. Que ce quelqu’un ait désormais connaissance de mon deuxième prénom, ça, c’est vraiment flippant.

Après plusieurs heures d’attente, lorsque mon tour arrive enfin, la fonctionnaire derrière le guichet ne lève même pas les yeux de son registre. Elle me demande la raison de ma venue, considère que ma situation de « disparition mystérieuse » correspond à une perte et coche une case. Elle me tend ensuite une liasse de formulaires particulièrement épaisse. Tout ça pour une simple perte. Je n’imagine même pas les papiers qu’ont dû remplir Hector et Cressida pour leur mariage. La secrétaire m’indique ensuite le pupitre quatre, me précise qu’il faut signer au bas de chaque feuille et parapher avec mes initiales dans les marges vertes, puis me congédie d’un geste de la main en appelant la personne suivante.

Je m’installe à l’endroit désigné, où je reconnais ma voisine. Tiens, que fait Aliénor Delphilia ici ? Je la croyais scotchée à l’Irlande. J’ai encore en tête quelques souvenirs de nos aventures irlandaises. C’était quand même vachement marrant. Cela dit, je n’ai pas trop le temps de lui taper la causette : mon formulaire B353 exige le lieu exact de la perte, l’heure approximative et le nom de tous les témoins. J’ignore les premières questions et choisis de n’impliquer aucun témoin en répondant à la troisième. Difficile de faire témoigner un rat d’égout.

Je remplis quelques lignes, j’en barre deux, avant de rendre mon dossier à la fonctionnaire. Aliénor termine également le sien au même moment. L’employée nous tend alors deux récépissés à signer afin de confirmer le dépôt de nos demandes. Je signe sans lire et Aliénor fait de même. La secrétaire récupère nos deux feuillets avant de les poser mécaniquement sur une pile restée près du cachet d’authentification.

Instantanément, l’enchantement s’enclenche et transfère nos signatures sur le document situé juste en dessous. Le document s’élève au-dessus du bureau, tandis qu’une nouvelle ligne émerge à sa surface :

Déclaration conjointe d’union matrimoniale.


Je ne comprends que trop tard ce que cela signifie. La feuille se replie sur elle-même avant que deux rubans de papier ne jaillissent de ses extrémités et ne viennent s’enrouler autour de nos poignets. Je jette un coup d’œil sur le document, puis sur Aliénor, et enfin sur la secrétaire, qui vient tout juste de relever la tête.

— Non. Je venais juste remplacer ma carte d’identité, pas modifier mon état civil.

La secrétaire admet son erreur. Elle comprend que l’enchantement d’authentification a fait reporter nos signatures sur une déclaration d’union matrimoniale restée sous les récépissés. Elle nous explique également que le document est maintenant provisoirement valide. Seul le Bureau des rectifications matrimoniales peut encore interrompre son enregistrement avant sa transmission automatique aux Archives, dans trente minutes. Son ton ne semble pas particulièrement surpris, ce qui laisse croire que l’existence d’un tel bureau pour corriger ce genre d’erreur n’est pas étonnante.

Je tente de tirer sur le ruban qui me lie à Aliénor. Il s’étire de quelques centimètres avant de se contracter brusquement et de me ramener vers elle, mon épaule manquant de heurter la sienne.

— Et ça, on peut au moins l’enlever ?

Apparemment non. Le ruban restera autour de nos poignets jusqu’à ce que nous quittions le bâtiment en étant officiellement mariées, ou que nous invalidions le document. Toute tentative pour le couper ne fera que le raccourcir.

L’employée nous précise également que nous devrons présenter l’exemplaire original du document, deux témoignages, remplir un formulaire violet et fournir une attestation. Le simple nom de ce document me fait déjà regretter d’avoir posé la question.

Elle répète calmement le nom du document et nous conseille de passer d’abord par le guichet numéro douze. Je perçois des regards autour de nous et même un petit rire. Je ferme les yeux pendant une seconde avant de fixer à nouveau Aliénor.

— Dans mes souvenirs, je ne t’ai jamais demandée en mariage.

Au-delà du secrétariat, le grand escalier mène aux étages du Consilium tandis que la montre à mon poignet libre égrène déjà les minutes.

— Apparemment, on a 30 minutes pour divorcer avant que le Consilium rende cette connerie officielle.

828 mots

Je t'avais bien dit que cet idée était totalement absurde, j'espère que ça te conviendra et que tu te laissera embarquer dans ce RP qui s'annonce carrèment rocambolesque

A genius in a foolish disguise - Sir Adidas Vance du Ouin Ouin - Le Gang des Licornes - Toujours partant pour un RP (cf ici)

Id Coucou Rapeltout Jusqu’à ce que l’administration nous sépare A. D.
Changement de résidence. Voilà qui rendait son départ de l’ISMI bien plus concret. Aliénor remplissait les papiers en avance, elle allait vivre en Irlande. C’était un autre pays en soi même si la Grande-Bretagne et l’Irlande avait toujours eu un certain lien cela demandait forcément de mettre à jour quelques papiers. Elle avait trouvé un petit appartement dans le Dublin sorcier à partir d’août, donc tous les changements administratifs devaient être prêts. Elle avait pris sa décision, elle rejoindrait les Chauves-Souris, elle devait donc tout organiser pour son futur emménagement.
Visiblement elle n’était pas la seule à avoir des démarches administratives à faire et vu son enthousiasme sur la chose, elle était ravie de croiser le regard de quelqu’un de connu pour râler avec lui sur le chemin du retour.

A vrai dire, la vie d’adulte avait des secrets qu’Aliénor ne saisissait pas encore tout ce qu’elle devait changer ni même tous les documents qu’elle devait signer. Elle faisait naïvement confiance au secrétariat essayant juste de ne pas se faire… Quoi ?

-Attendez… C’était modifier l’adresse et travailler en Irlande hein, vous venez de…

Le lien qui apparut entre les deux adultes fit pâlir la jeune fille. C’était une blague ? Non, on lui faisait une blague… Elle avait vraiment autre chose à faire de son dimanche que de se retrouvée accroché à Vance dans un soi-disant mariage. Aliénor écoute avec attention les documents à récupérer. Ils avaient vraiment besoin d’écrire une attestation sur l’honneur qu’ils ne voulaient pas se marier ? Sérieusement ? Ils étaient là avec leurs cartes d’identités devant eux. Elle coula un regard vers l’ancien Serpentard. Il avait bien sa carte d’identité sorcière non ?

-Tu venais remplacer ta carte d’identité ?

Elle tourna la tête vers la femme.

-Ne me dite spas qu’il faut une pièce d’identité pour remplir les formulaires…

Elle affirma ne pas savoir et que le guichet 12 pourrait les renseigner. Aliénor leva les yeux au ciel. Mais quelle plaie ! Ils sont vraiment incapables par moment et en plus ils attiraient l’attention de gens bien trop curieux pour être bienveillants.

-Allez, guichet 12. Et vite parce que je sens que je vais me la faire.

Apparemment les guichets dans la dizaine étaient au premier étage, ils devaient donc emprunter l’escalier. Aliénor fila sans vraiment attendre Léonidas qui n’avait, de toute façon, pas d’autre choix que de la suivre.

-Mais quelle gourdasse celle-là ! Franchement, changer l’état civil alors que nos demandent n’avaient rien à voir ! Mais qu’est-ce qu’elle a foutu ?

Oui elle était en boucle et énervée et il y avait de quoi ! Non mais c’es fou ça, elle avait autre chose à faire que courir dans tout le consilum pour annuler un mariage qu’elle n’aurait jamais demandé. Ils arrivèrent heureusement assez rapidement devant le guichet 12. Mais celui-ci était vide. Il n’y avait personne…

-Excusez-nous ? Il y a quelqu'un ?

Une vox répondit d’attendre deux minutes ce qui agaça d’autant plus Aliénor qui appuya son coude sur le comptoir un air agacé bien marqué sur le visage qu’elle ne comptait absolument pas cacher quand cette charmante dame se décidera à se montrer.

Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel