Recueil d'OS N'est pas irlandais qui veut

2 juillet 2051
Dublin


Les jambes encore tremblantes, Noémie sortit du Magicport de Dublin. Il lui fallait atteindre rapidement la station de bus si elle ne voulait pas manquer celui qu'elle souhaitait prendre. Une longue randonnée était prévue, et elle voudrait éviter l'ascension sous le lourd soleil de midi. Se faufilant parmi les foules de touristes, la jeune fille arriva à destination. Heureusement qu'à Poudlard tous les accents étaient représentés, facilitant sa compréhension du vendeur au guichet. S'asseyant à sa place dans le bus, elle s'autorisa une sieste sur l'heure et demie de trajet. Le réveil avait été matinal. Et la veille avait donné lieu à une dispute, ayant prévenu Cora au dernier moment de son plan. Non pas qu'elle ait donné le choix à sa mère. L'intérêt d'être majeure est de pouvoir se balader. Et Cora n'étant pas férue de marche, la brune n'avait pas jugé bon de l'accompagner. De plus, elle voulait par-dessus tout être seule.

L'ascension s'était révélée plus compliquée que prévu. Fort heureusement, l'aiglonne avait été prévoyante sur les bouteilles d'eau. À de nombreuses reprises, elle dut se mettre sur le côté pour rattraper son souffle, laissant passer des petits vieux avec leurs bâtons en pleine forme. Tout le monde saluait tout le monde ici, ce qui était choquant pour la Londonienne, plus habituée aux regards circonspects dans la rue pour tout comportement sortant de la norme. Au mieux, elle réussissait à hocher la tête.

Merlin avait été de son côté, il n'avait pas plu durant la montée. Elle n'aurait pas survécu à la boue. Quand enfin elle arriva au sommet, Noémie ne regrettait pas ses efforts. Un sentiment de fierté l'envahit. Déposant son sac sous un arbre, elle s'assit, profitant de la vue et d'un sandwich. Le bruit du vent sur les arbres, ce lac, tout était apaisant. Le dernier adjectif qu'elle aurait pu utiliser pour décrire son année scolaire. Peut-être était-ce l'air de la campagne, mais elle avait la sensation de mieux respirer. Au lieu d'y rester les 15 minutes qu'elle avait prévues pour manger, la jeune fille passa une heure à contempler le paysage. Ça valait le coup de s'être disputée avec Cora. Ce fut la fameuse pluie britannique qui réussit à la déloger de là et à commencer la descente. Ce furent les genoux pleins de boue qu'elle monta la tente ce soir-là. Main sur la baguette, elle dormit comme une masse, vannée de toute cette marche.



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6ème année RP- préfète INRP de Septembre 2047 à Février 2048 et de nouveau à partir du 17 Avril 2051

Recueil d'OS N'est pas irlandais qui veut
TW : Ici Noémie s'interroge sur la religion/Dieu et tout ce qui va avec, avec parfois des pensées durs sur ces dernières.

Lustea sur l'épaule, Noémie avait l'esprit vide. Des heures qu'elle marchait dans la campagne verdoyante. Et à chaque pas, une pensée s'échappait. Une crainte, un doute. Au début de la journée, sa tête était une fourmilière, et la jeune fille n'allait pas se plaindre de la disparition des insectes. Au bout de quelques heures, elle avait eu mal aux jambes, mais à force de continuer, c'était comme si elle avait oublié qu'elle avait un corps. Seul la pellicule de transpiration entre sa peau et son tee-shirt, et son souffle s'accélérant sur les montées, lui rappelaient cet état de fait primaire. Voilà ce qu'elle était venue chercher durant ce voyage solitaire.

Ce qui la stoppa, fut la présence d'une église abandonnée au bord de la route. La végétation avait repris ses droits, et elle n'aurait jamais deviné la qualité sainte si ça n'avait été la petite croix sur le dessus du bâtiment.

Curieuse, elle poussa la porte en bois pourri, qui ne tenait que sur une charnière, dévoilant l'intérieur. Les murs de pierres noircies, détonant avec la lumière colorée provenant des vitraux vieillis. L'autel au niveau de la nef s'est depuis longtemps effondré à moitié. L'écho de ses pas au fur et à mesure qu'elle avance au centre semble être un cri en perspective.

Une pierre, sûrement tombée d'un mur trône au centre, l'invitant à s'assoir, ce qu'elle fait. L'aiglonne fixe l'endroit où devait se trouver avant une croix, avec Jésus. Sur tout les sujets qui ont peuplés ses réflexions, la religion a étonnamment pris peu de place. Réglons la question maintenant. Généralement, les gens suivaient la religion de leurs ancêtres. Ses grand-parents vont à l'église à l'occasion des baptêmes, mariages et enterrements, mais sont plus prompts à en appeler Merlin et Morgan. Sa mère a rejeté toute idée de cultes, considérant que les religions c'était une allumette à conflit. Et Jonathan.. Jamais ils n'avaient évoqué le sujet. C'est qu'il ne prenait pas une place particulièrement important dans sa vie.

L'idée d'un être créateur semblait pour Noémie aussi rassurante que terrifiante. Elle ne laissait place à aucun hasard, mais avait inventé la présence de l'aléatoire sur chaque pans des vies de chacun. Ou bien ça impliquait que tout était décidé d'avance. Qu'un dieu l'ait créé, ait prévu la succession de malchance qui lui était tombé dessus ces dernières années, et ait décidé que c'était juste. Qu'il ait créé la magie, mais n'en ait doté qu'une minorité d'humains, laissant le reste se débrouiller avec leur inventivité. Qu'il soit d'accord avec le fait que les pays riches se goinfrent sur le dos des autres. Si Dieu existait, Noémie s'accorda pour dire qu'il n'était soit pas très bienveillant, soit pas très prévoyant. Il restait aussi la possibilité qu'il ait juste peuplé la terre, et l'ait laissé prospérer au grès du vent et du libre arbitre de chacun. Dans ce cas, pourquoi avoir insuffler la violence en chacun d'eux. D'un doigt pensif, elle caressa sa rate. Même elle pouvait avoir ses accès d'agressivité. Les mains de Noémie en avait fait les frais aux premières années.

La jeune adulte resta un long moment ici, à creuser toutes les possibilités, sans jamais y voir la lumière. Chaque idée de ce que pouvait être un créateur se soldait par une contradiction, ou bien une qualité négative du dit Dieu. Laissons ça aux philosophes et théologiens, se dit-elle bien consciente qu'elle n'était pas équipée pour de tels questionnements.

Elle vida chacune de ses pensées au fil de ses pas.

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Recueil d'OS N'est pas irlandais qui veut
TW : Mention d'alcool

Elle ne sait pas comment elle a atterri là. Il était tard. Elle cherchait un endroit reculé où monter sa tente et poser les sorts nécessaires pour ne pas se faire remarquer par des moldus. Mais la jeunesse du coin avait décidés d'organiser un évènement dans un champs. Au départ, la musique l'avait rendue curieuse, elle s'était approchée. Son sac et Lustea sur les épaules. Eux aussi étaient bien intriguées de voir débarquer cette jeune fille de nulle part. Mais l'ambiance est à la fête, aux rires, et un roadtrip ça semble marrant. Ils sont curieux de ce qu'elle a vu jusque là. Et puis c'est cool, parce que jamais leurs parents ne les laisseraient faire ça. Un groupe la prends à part, lui tendent une bière sortie de la glacière. L'un d'entre eux lui laisse mettre ses affaires dans sa voiture fermée. Il fait même un coin cocooning pour Lustea. Ils sont étonnés de son silence. Mais l'alcool montant, ils trouvent des sujets de discussions communs. Les profs, les randonnées, les copains. Noémie elle ne comprends pas, parce qu'elle réussit même à glousser. Ils se moquent de son accent londonien, elle réplique. Et ces moldus aussi sont magiques, ils font apparaître des bouteilles tièdes de 1664 dans sa main. Ils sont magiques aussi, puisqu'en une heure, c'est comme si elle les avait toujours connus.

La nuit avance, le son des basses du DJs s'amplifient dans sa poitrine. La jeune fille est au milieu d'une foule, ne fait plus qu'un avec. Ils deviennent une masse informe qui saute approximativement en rythme. La substance la désinhibe. Elle s'autorise à rire, bouger d'une manière incertaine, raide. Mais tout le monde s'en fiche. En cet instant, demain n'existe plus, le temps s'étire de manière infinie. Morgan, le Dominion, sa mère, Poudlard, les ASPICs, plus rien de tout ça n'existe. Il n'y a que cette foule qui saute en criant et riant, et elle n'est qu'un atome d'une longue chaine de molécule. Elle ne les reverra plus jamais, alors la honte n'a plus sa place. La lumière des vieux projecteurs discos à plusieurs couleurs lui font oublier qu'ils sont dans un champs, voir même qu'elle est sur cette terre. Quelqu'un lui tends une cigarette, et Noémie ne réfléchit pas. Elle tire dessus, s'étouffe, la redonne à quelqu'un d'autre dans l'hilarité générale.

Celui qui lui avait permis de mettre ses affaires dans sa voiture, l'aide à atteindre la banquette arrière, et mets sa veste en jean par dessus son corps endormi. Après tout, il habite pas loin, il préfère savoir cette drôle de fille là, que dans une tente toute seule alors qu'elle est en état de vulnérabilité. Le garçon prépare un petit bol d'eau pour sa rate qui se trouve dans le coffre et semble fort mécontente de l'abandon de sa maitresse. Il tente d'approcher sa main avant de la récupérer aussi sec quand il voit le coup de dent arriver. Il dresse une tente à côté avec ses copains, comme ça s'il y a des problèmes ils entendront. En plus, aucun n'est en état de conduire. Ils la ramèneront à sa prochaine étape dans la matinée décident-ils.

Ils sont tous perplexe le lendemain quand ils retrouvent la voiture vide. Peut-être qu'ils l'ont imaginés cette fille ?

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