La chasse au trésor des souvenirs

RPG seule
Dans Édimbourg
Fin août 2050


Suite de c'est bien Arcachon, quand même !

Le voyage jusqu'à Édimbourg fut le plus long qu'Adélaïde ait jamais vécu.

Non pas parce que la route était interminable.

Mais parce qu'elle n'arrêtait pas de penser à la photographie.

Louise.

Bathilde.

La mystérieuse petite fille.

Et ce secret dont elles parlaient comme s'il avait traversé plus d'un siècle pour parvenir jusqu'à elle.

Quelques jours plus tard, les de Boinot arrivèrent enfin dans la capitale écossaise.

Adélaïde et Pia descendirent de voiture devant une vieille demeure de pierre grise située dans une rue calme non loin du centre historique.

Le bâtiment semblait plus ancien que tout ce qu'elles avaient vu à Arcachon.

— C'est ici ? demanda Pia.

Adélaïde consulta une nouvelle fois la lettre.

L'adresse correspondait parfaitement.

Les deux sœurs poussèrent la grille en fer forgé.

Un léger grincement résonna.

Le jardin était envahi de roses sauvages et de lierre.

Au fond se dressait une maison étroite aux hautes fenêtres.

Au-dessus de la porte était gravée une date :

1843

— Ça commence à devenir vraiment étrange...

Pia acquiesça.

Adélaïde monta les marches et remarqua immédiatement quelque chose.

Une hirondelle.

La même que sur la broche.

La même que sur la clé.

Elle était sculptée discrètement dans la pierre.

— Pia... regarde.

— Encore l'oiseau !

— Ce n'est pas un hasard.

Adélaïde glissa la main derrière la sculpture.

Clac.

Un petit compartiment secret s'ouvrit dans le mur.

Les deux filles échangèrent un regard stupéfait.

À l'intérieur se trouvait un unique objet.

Une vieille montre à gousset en argent.

Lorsqu'Adélaïde l'ouvrit, elle découvrit une photographie minuscule cachée sous le couvercle.

Cette fois, il ne s'agissait ni de Louise ni de Bathilde.

On y voyait un château gigantesque perché sur une colline rocheuse.

Au dos était inscrit :

"Là où les corbeaux veillent sur la ville."

Pia leva aussitôt les yeux.

— Le château d'Édimbourg !

Adélaïde sourit.

Pour la première fois depuis le début de l'aventure, elle avait l'impression de se rapprocher véritablement de la vérité.

Mais alors qu'elle refermait la montre, un petit papier plié glissa au sol.

Elle le ramassa.

Une seule phrase y était écrite :

"Si vous lisez ceci, c'est que la magie des de Boinot n'a jamais disparu."

Le sourire d'Adélaïde s'effaça.

Car cette écriture...

Elle était différente de celle de Louise et de Bathilde.

Beaucoup plus récente.

384 mots

"Rester fidèle aux siens, avancer malgré la peur et ne jamais céder forge les plus grands."

Adélaïde de Boinot
La chasse au trésor des souvenirs
Adélaïde relut plusieurs fois la phrase.

"Si vous lisez ceci, c'est que la magie des de Boinot n'a jamais disparu."

L'écriture était nette, moderne.

Bien trop moderne.

Louise et Bathilde étaient mortes depuis longtemps.

Quelqu'un d'autre avait donc poursuivi cette chasse au trésor.

— Adélaïde...

Pia observait le papier avec inquiétude.

— Ça veut dire quoi ?

— Ça veut dire que nous ne sommes peut-être pas les premières à chercher.

Un frisson parcourut les deux sœurs.

Le vent d'Édimbourg souffla dans la rue, faisant danser les feuilles autour de la vieille demeure.

Quelques heures plus tard, elles se retrouvèrent au sommet du célèbre château d'Édimbourg.

Les remparts dominaient toute la ville.

Au loin, les toits gris semblaient se perdre dans la brume.

Adélaïde sortit la photographie de la montre.

Le château représenté était bien celui-ci.

Mais un détail attira son attention.

Derrière les personnes photographiées apparaissait une petite tour ronde.

Une tour que les visiteurs ignoraient presque tous.

— Pia, regarde.

— Là-bas ?

— Oui.

Les deux sœurs se dirigèrent vers la vieille construction.

La pierre était usée par les siècles.

Lorsqu'elles arrivèrent devant la porte, Adélaïde remarqua immédiatement un symbole gravé dans le mur.

Une hirondelle.

Encore.

Toujours.

Comme si quelqu'un les guidait.

Sous le symbole se trouvait une inscription presque effacée :

"Pour trouver la vérité, regardez vers les étoiles."

Pia leva la tête.

— Les étoiles ? En plein jour ?

— Non...

Adélaïde réfléchissait déjà.

Puis elle aperçut une fenêtre étroite dans la tour.

Une fenêtre pointée exactement vers le ciel.

À l'intérieur, elles découvrirent une pièce minuscule contenant un ancien télescope.

Sur son socle reposait un carnet.

Un carnet beaucoup plus récent que tous les autres.

Adélaïde l'ouvrit.

La première page était signée.

Éléonore de Boinot.

— Encore une de Boinot ! s'exclama Pia.

Adélaïde tourna rapidement les pages.

Éléonore racontait avoir découvert les indices de Louise et de Bathilde lorsqu'elle était enfant.

Elle avait suivi leur piste.

Trouvé leurs secrets.

Puis ajouté les siens.

Comme si chaque génération enrichissait le mystère.

Arrivée à la dernière page, Adélaïde sentit son cœur accélérer.

Il n'y avait qu'une seule phrase.

"Si tu lis ceci, Adélaïde de Boinot, alors tu es arrivée plus loin que nous tous."

Le monde sembla s'arrêter.

Pia ouvrit de grands yeux.

— Attends...

— Oui...

— Elle a écrit ton nom.

Adélaïde resta immobile.

Son nom.

Son prénom.

Comme si quelqu'un avait su qu'elle viendrait.

Comme si toute cette chasse au trésor l'attendait depuis le début.

Et sous cette phrase se trouvait une enveloppe cachetée portant ces mots :

À n'ouvrir qu'en présence de Pia.

434 mots

"Rester fidèle aux siens, avancer malgré la peur et ne jamais céder forge les plus grands."

Adélaïde de Boinot
La chasse au trésor des souvenirs
Pendant plusieurs secondes, ni Adélaïde ni Pia ne parlèrent.

Leur regard était fixé sur l'enveloppe.

Le sceau de cire verte représentait une hirondelle entourée d'étoiles.

— Elle connaissait mon nom..., murmura Adélaïde.

— C'est impossible.

— Je sais.

Pourtant, l'enveloppe était bien là.

Adélaïde la prit délicatement.

Le papier semblait ancien mais parfaitement conservé.

— Tu es prête ?

Pia hocha la tête.

— Ouvre-la.

Adélaïde brisa le sceau.

À l'intérieur se trouvait une lettre pliée ainsi qu'une petite clé en argent beaucoup plus fine que la précédente.

La lettre commençait ainsi :

"Ma chère Adélaïde,"

Le cœur de la jeune fille manqua un battement.

"Si tu lis ces mots, c'est que la curiosité qui animait Louise, Bathilde et moi vit encore dans notre famille."

"Ne cherche pas à comprendre comment je connais ton prénom."

"Disons simplement que certaines choses sont écrites bien avant d'arriver."

Adélaïde fronça les sourcils.

Cette phrase n'avait aucun sens.

Ou peut-être en avait-elle trop.

Elle continua.

"Le véritable trésor n'est ni de l'or, ni des bijoux."

"Il repose dans le lieu le plus ancien de notre histoire familiale."

"L'endroit où la première de Boinot posa le pied en Aquitaine."

Au bas de la lettre figurait un dessin.

Une petite chapelle.

Derrière elle, une colline.

Et un grand arbre solitaire.

— Tu sais où c'est ? demanda Pia.

— Pas du tout.

Pia pointa alors quelque chose du doigt.

— Regarde derrière la lettre.

Adélaïde retourna la feuille.

Une carte y était dessinée.

Une carte très ancienne des environs de Bordeaux.

Une croix rouge marquait un lieu situé à plusieurs kilomètres de la ville.

À côté était écrit :

Chapelle Saint-Marguerite. Ancien domaine des de Boinot.

— On a une nouvelle destination.

— Encore !

— Encore.

Quelques heures plus tard, elles quittèrent le manoir.

Le ciel écossais se couvrait lentement de nuages gris.

Après un court trajet de quelques minutes de transplanage en compagnie de leur père, elles atteignirent finalement une vallée isolée.

La petite chapelle existait réellement.

Vieille.

Silencieuse.

Presque oubliée.

L'herbe haute entourait les murs de pierre.

Et derrière le bâtiment se dressait un immense chêne.

Exactement comme sur le dessin.

— C'est lui...

Pia courut vers l'arbre.

Puis elle s'arrêta net.

— Adélaïde !

La jeune fille accourut.

Au pied du tronc, à moitié cachée sous les racines, se trouvait une dalle de pierre.

Et gravé dessus, malgré le temps :

Famille de Boinot

Juste en dessous apparaissait une date.

1682.

Adélaïde sentit un frisson lui parcourir l'échine.

Le mystère venait de remonter bien plus loin que Louise, Bathilde ou même Éléonore.

Bien plus loin.

Jusqu'aux origines mêmes de sa famille.

434 mots
Dernière modification par Adélaïde de Boinot le 10 juin 2026, 13:13, modifié 1 fois.

"Rester fidèle aux siens, avancer malgré la peur et ne jamais céder forge les plus grands."

Adélaïde de Boinot
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La Suite en Europe.

"Rester fidèle aux siens, avancer malgré la peur et ne jamais céder forge les plus grands."

Adélaïde de Boinot