Pierres qui roulent PV : Adélaïde Brennen

[PV : Adélaïde Brennen]

Samedi 21 mai 2050
Après-midi
Cimetière de Godric’s Hollow


La veille au soir, tout le monde n’a parlé que de ça. Une pluie d’étoiles s’est abattue sur le ciel britannique, une vraie, pas juste trois traînées lumineuses. Pendant près d’une heure, le ciel a semblé s’être fendu sous des dizaines d’éclats blancs, bleus et argentés. Les jumeaux de Diane sont restés collés aux fenêtres de leur piaule, et moi aussi, j’avoue. J’ai dit que c’était pour surveiller les mioches, mais c’était faux bien entendu, et Diane le savait bien. Aujourd’hui, je me retrouve donc dans le vieux cimetière. Si quelqu’un m’avait dit un jour que je passerais mon samedi à fouiller la terre qui pue entre les tombes à la recherche de cailloux tombés du ciel, je lui aurais probablement demandé s’il avait oublié de prendre sa potion anti-débile. Pourtant, me voilà accroupi, les mains dans l’herbe à chercher des pierres.
Je soupire. « Super, Cass’ ». T’as plus de trente ans, et tu fais exactement les mêmes conneries qu’à douze. J’entends le vent dans les arbres souffler autour de l’église Saint-Jérôme. Avec l’orage d’hier, le sol est encore trempé, et les vieilles pierres tombales sont encore toutes humides. Il y a des flaques à certains endroits, je sens que je vais finir noir de boue. L’endroit est calme comme souvent ici. Je dois avouer que ça ne me déplaît pas. Je passe devant une tombe à moitié de traviole, et dont l’inscription a disparu depuis longtemps. Mon regard balaie le sol.
Une idée me trotte dans la tête depuis ce matin. Matthew et Esther adoreront ça. Je les imagine déjà assis sur le tapis devant les fragments de roche en essayant de deviner lesquels viennent vraiment de l’espace, et lesquels ne sont que des cailloux ordinaires. Du coup, je me suis dit aussi pourquoi ne pas en faire un atelier à Maeve Queen ? Les gamins adorent les trésors. Je longe un vieux muret couvert de mousse. Si quelqu’un passe, j’espère qu’il n’hurlera pas au profanateur de tombes.
Quelque chose attire soudain mon regard, comme un éclat sombre à moitié enfoncé dans la terre. Je m’agenouille et je le dégage du bout des doigts. C’est petit et noir. Ça a l’air, au toucher, d’être du fer. Mais ce n’est peut-être rien du tout. Je le retourne plusieurs fois à la lumière du jour. Un sourire apparaît sur mes lèvres, puis le fragment rejoint une petite boîte en métal que j’ai apportée avec moi. À l’intérieur, j’ai déjà quelques trouvailles. Pour récapituler, j’ai trouvé un petit grain métallique, deux pierres en verre, une roche grise couverte de paillettes argentées, et plein d’autres éclats du même genre. Il n’y a dans tout ça sûrement rien de bien exceptionnel, mais l’imagination des enfants fera le reste.
Je poursuis mes recherches. Autour de moi, on dirait que certaines sculptures ont été abandonnées depuis des générations. C’est là que je remarque autre chose, un point qui brille, vraiment minuscule. Je tends la main. C’est une petite bille à peine plus grosse qu’une tête de cerise. Je hausse les épaules. Ce n’est peut-être qu’un résidu quelconque, mais les monstres diront qu’elle vient des étoiles. Je glisse ma trouvaille dans la boîte. Je pose mes fesses sur un vieux tombeau, ou du moins ce qu’il en reste, et j’écoute le silence. C’est bizarre comme cet endroit me paraît différent aujourd’hui, moins triste. Je relève la tête quand un morceau de ciel bleu se fait un chemin à travers les nuages gris. Bon, encore quelques fragments, et je pourrai raconter n’importe quoi à Matthew et Esther avec un minimum de crédibilité. Je referme ma boîte, et je reprends ma chasse aux trésors entre les tombes des morts, à la recherche de morceaux d’étoiles.

Cassidy Powell - Éducateur à l’école Maeve Queen
Godric’s Hollow

Pierres qui roulent PV : Adélaïde Brennen
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ADÉLAÏDE BRENNEN
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Aucune voix aimée ne disparaît. Celle qui la portait s'en va, meurt, s'enfonce dans les eaux sur lesquelles des années durant elle marchait sans connaître ce prodige (vivre n'est rien que miracle) mais sa voix infuse le bleu du ciel.
Dors, mon bébé, dors. Tu n'es qu'un éclat sur la rivière et la rivière est sans fin, intarissable son chant. Celle que tu aimais jadis ne tombera jamais dans ton passé, là où vieillissent tes jouets et tes idées. Sa voix est devant toi, autour, partout.

Christian Bobin, Le Murmure.
Il y a des visages que je ne veux pas voir. Des yeux que je ne veux pas croiser. Des sourires à éviter. Mais la plupart du temps, ceux que je fuis tirent la grimace. Je ne sais pas ce que je fuis. Je ne sais pas non plus ce que je déteste le plus entre l'humain ou le ressentiment. C'est une fausse interrogation. Les deux sont liés. Arrivent des temps où je ne supporte plus aucun des deux. Pas par agacement.

La fin de semaine est aussi lourde qu'un rocher qui s'écroule sur le dos. Il tombe d'abord ; d'un coup. C'est la chute. Il s'enfonce, ensuite. Il roule sur la colonne vertébrale, mais surtout, il la frappe, la morcèle : il l'enfonce. Du vendredi jusqu'au dimanche, du lever de l'orangé du jour à la vaporisation de la nuit violette, je suis une tortue qui voudrait bien quitter sa maison, parfois.

Un escargot qui envie de loin la limace qui glisse sur le trottoir.

Alors je fuis. Je m'extirpe. Je m'extrais de ce mélange acide d'humains vaniteux et bruyants qui pique sur la langue, qui brûle presque, lorsque la parole advient. J'ai marché en silence hors de mon fief. Hors de mon musée qui va si bien se porter sans moins quelques instants. Il me verra revenir.

Je me connais trop bien et ça m'effraie. Alors je me tais, et dans le silence, je laisse un pas me guider. Pas celui qui avance pour me transporter ; celui qui progresse pour me calmer. C'est dans cette promenade muette que je reconnais le mieux la paix qui est mienne. Elle remonte progressivement à l'intérieur de mes veines. Je la sens y couler comme un élixir de vie. Un liquide doré qui renforce, qui redonne du cran. Une potion honteusement magique qui agit comme une bouffée d'air frais sur le visage. Comme une vague glacée qui gifle le visage à trois heures du matin sur le rivage. J'aime ce qui réveille tout en laissant endormi. Ce qui fait réaliser que, peut-être, la vérité du monde d'où provient mon pied compte en son essence une part de rêve. Et alors, plus besoin de dormir pour fabuler contes de fées et exploits glorieux. Ou société merveilleuse. Terres propices à un bonheur grandissant. Des champs remplis de blé d'or, et des plaines entières où habitent les orangers qui vibrent au rythme du murmure zéphyral.

Des tâches couleur soleil qui se projettent à l'infini sur l'horizon. Des points déposés délicatement du bout d'un pinceau.

Celle qui a dessiné l'univers était une peintre solitaire.

Le cimetière est un endroit trop bruyant pour qui y cherche le silence. Il est habité d'une mélodie lancinante. Elle siffle entre les sépultures.

Le cimetière est comme une mer.

Le souffle des âmes fatiguées s'écrase comme une vague sur les rochers. Il s'arrache à la poitrine de ceux qui nous ont quitté. Ils fuient. Leur chant est l'écume d'une vague rebelle. Le dernier soupir silencieux de cette chanson presque ignorée est ce qu'il reste de la marée.

Des coquillages colorés.

Il y a un quelqu'un dans le sentier. Je ne prête pas attention aux inconnus. Je suis hypocrite de profiter de la disparition d'autrui pour m'accorder un moment de paix, quand d'autres trouvent ici une plage de tombeaux si bruyants. Je n'ose pas imaginer la douleur des tympans. Des adieux qui hurlent d'une voix tonitruante à l'oreille déjà éteinte. Elle est sourde. Elle n'entend plus rien. Elle se fait ignorante de ce qui la blesse.

Mais celui-ci ne se recueille pas. Il se promène. Je suis une ombre miroir. Je tourne dans le sens opposé de son sillage. Je suis devant une glace et le sorcier est mon reflet dans l'eau perturbée d'ondes marines.

Mes pas me mènent naturellement auprès de l'inconnu. De la pointe de mes talons, si hauts, qui semblent me projeter vers le bleu azuré, l'ocre saveur de mon regard l'observe plonger vers la terre encore fraîche des tempêtes d'autrefois pour y ramasser des cailloux.

Son geste m'intrigue. Il scrute, il guette le sol avec une attention et une concentration absolument magnifique : quelque chose qui semble susurrer aux passants alentours "voilà la simplicité de ce que je fais, et je me moque de ce que tu penses de cela".

Alors je m'approche. Je m'en veux de rompre le calme blanc de ces anciens qui dorment. Ma voix ne respecte pas suffisamment la douceur du silence. Je la sens comme une épée dans ma gorge, qui fend le mur de la tranquillité, du ciel, de la mer et de la terre.

« Je n'avais jamais pensé à la nécropole comme domaine de chasse aux trésors. Je plaisante lentement. J'ose espérer que les pièces d'or y sont nombreuses. »

Ma tête vole par-delà la silhouette du sorcier, pour partir à la recherche de ces choses qu'il convoite.

« À moins que votre butin soit tout autre. »

Un sourire d'une tendresse argentée s'étire sur mes lèvres. Il fait gonfler les pommettes osseuses.

Comme la suffisance d'un ballon rouge.

Comme la fierté d'une mer odieuse.

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Directrice de l'Astronarium since Octobre 49 • Αδελαΐδα Μπρένεν
PNJs • Demande de relations •
Impératrice-Sirène des Contrées Germaniques, Célestes et Maritimes • Idole d'Elam • Adézheimer

Pierres qui roulent PV : Adélaïde Brennen
Je relève la tête si brusquement que je manque de lâcher le caillou que je viens de ramasser, et pendant une seconde, je me demande si je suis en train d’entendre les morts. Je regarde autour de moi, mais le cimetière est vide, ou presque. J’aperçois une silhouette noire qui se tient un peu plus loin sur le vieux sentier. Je fronce les yeux afin de mieux voir. Ce n’est pas un spectre, mais la différence n’est pas flagrante non plus au premier regard. Elle porte une robe sombre sur laquelle coulent des cheveux noirs. Elle semble glisser sur l’herbe plutôt que de marcher dessus. J’ai eu, pendant un instant, l’impression d’une apparition venue m’adresser la parole. Finalement, je remarque ses talons, et les fantômes portent rarement des talons. Du moins, j’imagine car ça ne doit pas être bien pratique pour déambuler dans les cryptes boueuses. Je m’attarde malgré moi sur sa tenue, réflexe professionnel même si je ne tiens plus le Gai Chiffon depuis un moment. Le tissu est superbe, et la coupe aussi. Ce n’est pas une tenue ordinaire. Serait-ce une ancienne cliente peut-être ? Maudite mémoire… J’ai habillé tellement de sorciers que j’en croise parfois encore dans la rue. Non, ce n’est pas mon style de travail. Je dessinais des vêtements élégants, mais pas de ce genre. Alors je continue à me triturer les méninges. Je me demande si ce n’est pas une mère d’élève de Maeve Queen, mais c’est également impossible, parce qu’une femme pareille, on la remarque. Je trouve finalement la réponse : L’Astronarium. Je l’ai déjà aperçue là-bas une ou deux fois lorsque je préparais des ateliers autour des planètes et des constellations pour les mioches de l’école. C’est la directrice du lieu je crois, mais je n’en sais pas beaucoup plus car nous n’avons jamais papoté ensemble. Et puis, à Godric’s Hollow, il y a une règle que tout le monde respecte plus ou moins. On connaît les gens, souvent leur nom, leur métier, et on sait même parfois où ils habitent. Mais on reste mutuellement discrets les uns avec les autres. Si les gens viennent s’installer ici, ce n’est pas pour répondre à cinquante questions chaque fois qu’ils croisent un voisin. En tout cas moi, ça me ferait bien chier que l’on me demande sans cesse si ça se passe bien à Maeve Queen lorsque je vais faire mes courses. J’appréciais déjà ça à Pré-au-Lard quand j’y vivais. Je me contente donc de lui adresser un sourire.
- Si les vieux cailloux se vendent en gallions, alors je crains que ma fortune ne soit extrêmement décevante.
Je soulève ma petite boîte métallique.
- J’en suis pour l’instant à trois cailloux, une bille bizarre, et probablement un morceau de ferraille. Dans certains milieux scientifiques très exigeants, ça s’appelle un début de collection.
Je pointe le ciel du doigt.
- Il y a eu une pluie d’étoiles hier soir. Mes neveux ont passé une heure le nez collé aux fenêtres.
Je repense à leurs bouilles attentives, et un sourire s’installe sur mon visage, malgré moi.
- Je suis venu ici chercher des fragments de météorites, ou quelque chose qui y ressemble assez pour les faire rêver encore un peu.
Je baisse les yeux vers ma boîte.
- Si j’en trouve assez, je ferai aussi un atelier là-dessus à Maeve Queen. Mais pour l’instant, ce n’est pas gagné…

Cassidy Powell - Éducateur à l’école Maeve Queen
Godric’s Hollow

Pierres qui roulent PV : Adélaïde Brennen
La voix est le métronome du réel. Le silence ne rythme rien. Mais les vocalises font tout avancer si vite. C'est pour cette raison que les cimetières sont silencieux. On tente de figer à jamais l'instant présent ; peut-être que les aimés n'en resteront que plus près. Et ceux qui déversent l'océan de leur tristesse recroquevillés sur la pierre froide, préfèrent ignorer le temps qui défile sans qu'ils parviennent à se relever. C'est un sujet que personne ne veut aborder. Certains pensent que le bruit ne rend pas hommage à ceux qui dorment. Que dans le silence, le Zéphyr propage mieux le souffle des fantômes. Mais au diable le vacarme ou la tristesse discrète : personne, ici, ne sait écouter. Les gens parlent et divaguent, se perdent dans des lamentations trop lourdes pour eux. C'est peut-être pour cette raison que les visiteurs de Saint-Jérôme ont tous le dos vouté.

On n'entend bien qu'avec le cœur. Je suis la personne la plus sourde de l'univers mais je suis constamment hantée par des voix qui ne m'appartiennent pas. J'ai voulu les amener à moi. Depuis, elles collent à ma peau comme un tissu mouillé en été. Elles s'agrippent à mon sang en imitant le sifflement du moustique. Sois sourd, mon enfant, tu apprendras à conduire ton cœur sans te soucier du brouhaha de la circulation triptyque.

Mais la voix de mon inconnu ne semble pas altérer le réel. C'est une douceur sans pareil qui se préfère à le défier. Je l'écoute en silence. Dans ma tête, un hérisson envahi de piquants, mais ces piquants sont des fleurs que personne ne veut cueillir. Le vent qui caresse mon vêtement me rappelle la mer.

Je ne l'interromps pas. Lorsque ses lèvres se referment, et emportent avec elles toute la lumière qu'elles ont laissée derrière elles, quelques secondes s'écoulent sans un mot. Sans un bruit. Les esprits qui s'agrippent à mon sillage se sont abstenus d'intervenir ; pour une fois.

C'est durant cet instant que je commente la scène. C'est un portrait figé et nous sommes des modèles, peints d'un rouge vif, qui fusionnent avec les poitrines. La silhouette de l'homme a été travaillée d'un pinceau fin : c'est le travail d'un impressionniste. L'harmonie de sa personne est suffisante pour être félicitée, mais point assez nette pour être comprise. Je mets un instant à assimiler ses paroles pour comprendre qu'il s'agit de l'homme que l'on voit entrer et sortir de Maeve Queen tous les jours.

Mes lèvres s'ouvrent lentement. Un filet d'air se glisse à l'intérieur.

« Vous savez, J'hésite une seconde, ce qui fait rêver n'a pas besoin d'être authentique. C'est l'histoire que vous leur inventez qui compte. »

L'éther est un linge bleu étiré par les dieux. À force de se battre des deux côtés, ils finiront par le déchirer. Lorsque cela arrive, des fissures s'y dessinent. Ce qui n'est pas propre à la Terre s'y insère et s'y écrase.

« Je suis au courant pour la pluie d'étoiles. » Je reprends ses mots. Mon pas glisse sur le sol, j'ai l'impression de nager sur la mer. Il m'amène un peu plus loin sur les tombes. Je me suis écartée du sorcier mais il sait que je m'adresse encore à lui.

La proximité ne devrait pas être un facteur d'intérêt. Ce qui est aux antipodes devrait tout autant être gravé dans le cœur.

« Voulez-vous que je vous aide à chercher ? »

Mon regard l'évite encore. Il fuit comme un voleur. Comme un aventurier à la recherche du bonheur.

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Pierres qui roulent PV : Adélaïde Brennen
Je me gratte la joue avec l’index.
- Refuser l’aide de la directrice de l’Astronarium pour chercher des météorites serait quand même très prétentieux.
J’ouvre ma boîte métallique pour la tourner vers mon interlocutrice.
- Vous pourriez peut-être me dire si j’ai déjà trouvé au moins un seul vrai morceau de météorite. J’étais couturier, avant, alors les seules pierres que je savais reconnaître étaient celles que je cousais.
Je soupèse la roche grise couverte de paillettes.
- Celle-ci brille, mais c’est mon unique information « scientifique ».
Mes yeux se posent sur la femme. Je me dis qu’elle a sans doute raison, les gosses n’ont pas besoin que les histoires soient toujours vraies. Un vieux galet peut devenir un morceau de lune si on le raconte avec conviction. À leur âge, une flaque devient un océan, trois bouts de tissu font un château, et n’importe quel morceau de bois devient une baguette puissante.
- À Maeve Queen, on essaie de ne pas trop leur raconter de conneries, mais on tente de les laisser rêver quand même.
Soudain, un petit bruit sec retient mon attention.
Tic - Tic - Tic
Je baisse les yeux vers l’intérieur de ma boîte en fronçant les sourcils. Rien ne devrait bouger là-dedans, mais la petite bille sombre que j’ai ramassée un peu plus tôt roule toute seule au milieu des autres cailloux. Elle tape un des côtés pour repartir dans l’autre sens, puis recommence. Je penche la boîte vers la gauche, et la bille roule vers la droite.
- Ça, par contre, c’est bizarre….
Je dépose la boîte ouverte sur la tombe la plus proche, et me penche dessus. La bille continue son petit circuit en toute autonomie, attirée systématiquement par le même côté du boîtier, à peu près vers le nord. Je saisis la bille froide entre mes doigts.
- J’ai découvert le premier caillou têtu, avec en plus le sens de l’orientation.

Cassidy Powell - Éducateur à l’école Maeve Queen
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