Place des grandes Femmes
Le silence retomba entre les deux jeunes femmes avec une douceur étrange, loin de la gravité implicite que portait leur conversation. Eileen ne chercha pas à le rompre. Pas immédiatement. Pas alors que les mots d'Alice résonnaient encore dans son esprit, réveillant une familiarité dont elle se serait volontiers passée.
Cette peur-là, Eileen la connaissait trop bien. La peur que tous les efforts, toutes les luttes consentis au nom d'une cause finissent par ne rien changer. C'était cette même peur qui avait nourri sa culpabilité autrefois. Celle qui l'avait poussée à inscrire son nom sur un bout de papier avant de le déposer dans l'Urne Noire. Celle qui l'avait contrainte à porter des cols roulés pour cacher une honte invisible, honte de ne pas avoir été choisie, de ne pas porter autour du cou le collier de ronces. Mais cette peur, Eileen avait appris à l'apprivoiser. Elle était devenue cette force silencieuse qui la poussait à s'entraîner jusqu'à l'épuisement, à étudier jusqu'au bout de la nuit, à continuer, coûte que coûte. Parce qu'à ses yeux, l'échec n'était plus une possibilité acceptable.
La châtain laissa glisser son regard vers le jardin qui s'étendait devant elles, alors qu'à côté d'elle, Alice semblait lutter contre ses propres démons, comme une flamme vacillante face au vent. L'Irlandaise ne voulait pas donner l'impression de l'observer dans un tel moment, elle doutait que la jeune Sangblanc souhaite être vue ainsi. Pourtant, malgré elle, elle ne manqua pas la main qu'elle porta à son cou, comme pour calmer les battements affolés de son cœur, ni la manière dont elle baissa le regard comme si le poids de ses pensées suffisait à lui faire courber la nuque.
« Ça servira à quelque chose, » souffla finalement Eileen alors que ses doigts se resserrèrent légèrement autour de la reliure de son livre.
Sa voix conserva ce calme neutre, mais cette fois, une conviction discrète venait soutenir chacun de ses mots.
« Peut-être pas tout de suite, peut-être pas autant qu'on le souhaiterait. Mais il faut un début à tout. »
Son regard revint doucement vers Alice.
Et plus doucement encore, elle parla : « Tu sais... Les gens qui portent le plus le feu finissent souvent par croire qu'ils doivent brûler seuls. »
Eileen laissa planer un léger silence alors qu'une légère brise faisait frissonner les buissons autour d'elles.
« Ce n'est pas le cas. »
Cette vérité, la châtain l'avait apprise dans la douleur lorsqu'elle avait décidé de taire les menaces de son père plutôt que de demander de l'aide, lorsqu'elle s'était persuadée qu'elle devait tout porter seule jusqu'à finir consumée par sa propre peur. Elle avait sombré lentement, jusqu'à ne plus reconnaître ce qu'il restait d'elle-même. Les regrets qu'elle avait nourris par la suite, les liens qu'elle avait presque laissés se défaire, les blessures qu'elle aurait peut-être pu éviter si elle avait accepté de partager son fardeau avec ceux qui tenaient à elle.
« Notre pays a besoin de gens capables de tenir sur la durée, Alice. Pas de ceux qui se consument jusqu'à l'épuisement. »
Il n'y avait dans sa voix ni pitié ni condescendance, seulement l'écho de sa propre expérience, parce qu'elle reconnaissait chez la Sangblanc certaines fissures qu'elle connaissait trop bien.
Cette peur-là, Eileen la connaissait trop bien. La peur que tous les efforts, toutes les luttes consentis au nom d'une cause finissent par ne rien changer. C'était cette même peur qui avait nourri sa culpabilité autrefois. Celle qui l'avait poussée à inscrire son nom sur un bout de papier avant de le déposer dans l'Urne Noire. Celle qui l'avait contrainte à porter des cols roulés pour cacher une honte invisible, honte de ne pas avoir été choisie, de ne pas porter autour du cou le collier de ronces. Mais cette peur, Eileen avait appris à l'apprivoiser. Elle était devenue cette force silencieuse qui la poussait à s'entraîner jusqu'à l'épuisement, à étudier jusqu'au bout de la nuit, à continuer, coûte que coûte. Parce qu'à ses yeux, l'échec n'était plus une possibilité acceptable.
La châtain laissa glisser son regard vers le jardin qui s'étendait devant elles, alors qu'à côté d'elle, Alice semblait lutter contre ses propres démons, comme une flamme vacillante face au vent. L'Irlandaise ne voulait pas donner l'impression de l'observer dans un tel moment, elle doutait que la jeune Sangblanc souhaite être vue ainsi. Pourtant, malgré elle, elle ne manqua pas la main qu'elle porta à son cou, comme pour calmer les battements affolés de son cœur, ni la manière dont elle baissa le regard comme si le poids de ses pensées suffisait à lui faire courber la nuque.
« Ça servira à quelque chose, » souffla finalement Eileen alors que ses doigts se resserrèrent légèrement autour de la reliure de son livre.
Sa voix conserva ce calme neutre, mais cette fois, une conviction discrète venait soutenir chacun de ses mots.
« Peut-être pas tout de suite, peut-être pas autant qu'on le souhaiterait. Mais il faut un début à tout. »
Son regard revint doucement vers Alice.
Et plus doucement encore, elle parla : « Tu sais... Les gens qui portent le plus le feu finissent souvent par croire qu'ils doivent brûler seuls. »
Eileen laissa planer un léger silence alors qu'une légère brise faisait frissonner les buissons autour d'elles.
« Ce n'est pas le cas. »
Cette vérité, la châtain l'avait apprise dans la douleur lorsqu'elle avait décidé de taire les menaces de son père plutôt que de demander de l'aide, lorsqu'elle s'était persuadée qu'elle devait tout porter seule jusqu'à finir consumée par sa propre peur. Elle avait sombré lentement, jusqu'à ne plus reconnaître ce qu'il restait d'elle-même. Les regrets qu'elle avait nourris par la suite, les liens qu'elle avait presque laissés se défaire, les blessures qu'elle aurait peut-être pu éviter si elle avait accepté de partager son fardeau avec ceux qui tenaient à elle.
« Notre pays a besoin de gens capables de tenir sur la durée, Alice. Pas de ceux qui se consument jusqu'à l'épuisement. »
Il n'y avait dans sa voix ni pitié ni condescendance, seulement l'écho de sa propre expérience, parce qu'elle reconnaissait chez la Sangblanc certaines fissures qu'elle connaissait trop bien.
« Free will does exist, it's just fucking hard.»
Étudiante à la GEAD - Membre de l’UDS [#601070]
Étudiante à la GEAD - Membre de l’UDS [#601070]
Place des grandes Femmes
Alice était d’un naturel pessimiste. Dés son jeune âge, elle avait été confronté à des déréalisations toujours plus cruelles les unes que les autres. En grandissant, force était de constater que la déception avait laissé place au poids trop lourd de la fatalité. Rien ne se passera jamais comme je l’espère. Voilà la seule conviction qui demeurait depuis de longues années, désormais.
La rage. Voilà ce à quoi Alice s’accrochait désespérément pour ne point se laisser aller submerger par son défaitisme assumé. Les choses devaient changer, et changeraient d’une manière ou d’une autre tant qu’Alice s’employait à la tâche.
Mais cette rage, Circée, dansait mollement dans un corps acculé par des poids toujours plus lourd.
Alice aurait aimé avoir la conviction d’Eileen.
Ses yeux d’argent sur le profil délicat de son ancienne camarade, elle écoutait les mots plein d’espoirs et d’assurance qui lui étaient confiés. Si les premiers n’eurent aucun effet sur l’épaisse armure de doute d’Alice, ceux qui suivirent l’entaillèrent :
Les gens qui portent le plus le feu finissent souvent par croire qu’ils doivent brûler seuls.
Pareil à une flèche acérée, cette simple phrase se ficha dans sa poitrine.
Brûler seule, voilà qui n’avait jamais fait peur à Alice. Elle avait compris très tôt que personne ne ressentirait jamais les choses aussi fort qu’elle. Toute Sang-Pur qu’elle était, Alice s’était montré toujours plus véhémente que d’autres face aux injustices de Grande-Bretagne. N’aurait-elle pas dû s’aplatir devant ceux qui pourraient faire d’elle une dame puissante ? Pourquoi se sentait-elle investie d’une mission sacrée, elle dont l’existence même découlait de grandes et puissantes alliances sorcières ? Pourquoi demeurait-elle enragée face au gouvernement alors que le peuple opprimé restait de marbre ?
Alice brûlerait seule, pas par choix, mais parce que personne d’autre qu’elle n’était en mesure de supporter les flammes de la rage.
Personne.
Voilà peut-être pourquoi ce poids semblait s’alourdir de jour en jour.
Le regard d’Alice restait fixe alors que pleuvait encore la rhétorique encourageante d’Eileen. Un maigre sourire ourla ses lèvres pâles.
Alice était endurante. C’était peut-être sa plus grande qualité.
« Ce dont notre pays à besoin, c’est d’un grand brasier dans lequel jeter tout les pleutres et les couards qui attendent que le temps passe et s’arrange à leur faveur », lança t-elle en se relevant. Alice fit un pas pour s’éloigner du banc, ses doigts venant se perdre dans ses boucles blanches. « Tu ne peux pas savoir à quel point cette… mascarade m’épuise. Brûler seule, c’est au moins avoir la certitude que quelque chose brûlera. »
Qui avait les épaules pour la soulager de ce fardeau ? Élicia ? Circée ! Alice avait dû être le corbeau prêt à lui dire qu’aucun Sang-Pur n’accepterait de se lier à elle à cause de sa naissance ! Malone Melrose ? De beaux yeux, de beaux discours, mais une prudence exacerbée qui enlaidissait son portrait.
Et aucun d’entre eux ne seraient prêt à brûler avec le pays.
Alors qui, Grands Ancêtres ? Qui d’autre qu’Alice et sa rage pour mettre le feu à tout ces oppresseurs ? Son fardeau était toujours un peu plus lourd, mais Alice était toujours debout.
La rage. Voilà ce à quoi Alice s’accrochait désespérément pour ne point se laisser aller submerger par son défaitisme assumé. Les choses devaient changer, et changeraient d’une manière ou d’une autre tant qu’Alice s’employait à la tâche.
Mais cette rage, Circée, dansait mollement dans un corps acculé par des poids toujours plus lourd.
Alice aurait aimé avoir la conviction d’Eileen.
Ses yeux d’argent sur le profil délicat de son ancienne camarade, elle écoutait les mots plein d’espoirs et d’assurance qui lui étaient confiés. Si les premiers n’eurent aucun effet sur l’épaisse armure de doute d’Alice, ceux qui suivirent l’entaillèrent :
Les gens qui portent le plus le feu finissent souvent par croire qu’ils doivent brûler seuls.
Pareil à une flèche acérée, cette simple phrase se ficha dans sa poitrine.
Brûler seule, voilà qui n’avait jamais fait peur à Alice. Elle avait compris très tôt que personne ne ressentirait jamais les choses aussi fort qu’elle. Toute Sang-Pur qu’elle était, Alice s’était montré toujours plus véhémente que d’autres face aux injustices de Grande-Bretagne. N’aurait-elle pas dû s’aplatir devant ceux qui pourraient faire d’elle une dame puissante ? Pourquoi se sentait-elle investie d’une mission sacrée, elle dont l’existence même découlait de grandes et puissantes alliances sorcières ? Pourquoi demeurait-elle enragée face au gouvernement alors que le peuple opprimé restait de marbre ?
Alice brûlerait seule, pas par choix, mais parce que personne d’autre qu’elle n’était en mesure de supporter les flammes de la rage.
Personne.
Voilà peut-être pourquoi ce poids semblait s’alourdir de jour en jour.
Le regard d’Alice restait fixe alors que pleuvait encore la rhétorique encourageante d’Eileen. Un maigre sourire ourla ses lèvres pâles.
Alice était endurante. C’était peut-être sa plus grande qualité.
« Ce dont notre pays à besoin, c’est d’un grand brasier dans lequel jeter tout les pleutres et les couards qui attendent que le temps passe et s’arrange à leur faveur », lança t-elle en se relevant. Alice fit un pas pour s’éloigner du banc, ses doigts venant se perdre dans ses boucles blanches. « Tu ne peux pas savoir à quel point cette… mascarade m’épuise. Brûler seule, c’est au moins avoir la certitude que quelque chose brûlera. »
Qui avait les épaules pour la soulager de ce fardeau ? Élicia ? Circée ! Alice avait dû être le corbeau prêt à lui dire qu’aucun Sang-Pur n’accepterait de se lier à elle à cause de sa naissance ! Malone Melrose ? De beaux yeux, de beaux discours, mais une prudence exacerbée qui enlaidissait son portrait.
Et aucun d’entre eux ne seraient prêt à brûler avec le pays.
Alors qui, Grands Ancêtres ? Qui d’autre qu’Alice et sa rage pour mettre le feu à tout ces oppresseurs ? Son fardeau était toujours un peu plus lourd, mais Alice était toujours debout.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Place des grandes Femmes
Si Eileen se fiait à la réaction de la jeune Sangblanc, cette dernière n’avait pas aperçu la main qu’elle venait de lui tendre. Ou bien elle avait sciemment choisi de l’ignorer. Était-ce parce qu’elle estimait ne pas avoir besoin d’aide, ou parce qu’elle craignait que son geste ne soit dicté par la pitié qu’Eileen aurait pu ressentir à son encontre ? L’Irlandaise ne préférait pas réfléchir aux implications de la première option, et aurait pu s’offusquée de la deuxième si elle n’était pas convaincue de la sincérité de son intention. Car au-delà d’une simple main tendue, c’était une invitation qu’elle lui adressait. Une invitation à partager ce combat dont elles avaient toutes deux fait leur fardeau.
Intérieurement, l’Irlandaise retint un soupir. Il était indéniable que sa rage avait donné à Alice une force redoutable, mais elle avait aussi fini par déposer un voile opaque sur son regard, déformant ainsi sa vision de la réalité.
Sans un mot, Eileen regarda sa camarade lorsqu’elle se leva et s’éloigna du banc de quelques pas. Son discours était aussi incandescent que le brasier qu’elle souhaitait voir s’embraser. Plus Alice parlait, plus la châtain commençait à la comprendre. Ce n’était pas seulement la colère qui animait la Sangblanc, mais aussi la conviction qu’elle seule était capable de mener cette lutte, que personne d’autre d’elle n’était prêt à s’y consacrer entièrement.
Et c’était là qu’elle se trompait.
Elle n’était pas seule. Elle ne l’avait jamais été. Le MERLIN n’en avait-il pas été la preuve ?
Un léger silence s’installa entre les deux jeunes femmes. Le regard d’Eileen quitta le visage de sa camarade le temps d’un instant, trouvant refuge dans le feuillage verdoyant des arbres au loin.
Après une longue expiration, Eileen reporta son attention sur la jeune Sangblanc, « Tu te trompes sur une chose, Alice, » reprit-elle, la voix toujours étonnement douce. « Il existe des personnes qui se battent autrement, en silence. Ce n’est pas parce qu’on ne les voit pas qu’elles n’existent pas. Ça ne fait pas pour autant d’elles des lâches. »
Ses yeux bleus ne quittèrent plus les orbes argentés d’Alice.
« Elles refusent simplement que le feu de leur rage ne les dévore avant d’avoir eu le temps de s’en servir. »
L’Irlandaise pensa aussitôt à ceux qui, comme elle, agissait sous le couvert de l’ombre et de la clandestinité. Non pas par couardise, mais parce que leur survie conditionnait la poursuite de leur combat.
« Les flammes éclairent autant qu’elles détruisent, elles guident autant qu’elles consument. C’est à nous de choisir ce que nous sommes prêt à détruire pour espérer voir se lever un jour meilleur. »
Pour la première fois depuis qu’Alice l’avait rejoint dans ce coin isolé du domaine de la GEAD, sa voix se fit plus grave et son regard plus dur.
« Ne te consumes pas avant d’avoir vu les fruits de notre combat. »
Intérieurement, l’Irlandaise retint un soupir. Il était indéniable que sa rage avait donné à Alice une force redoutable, mais elle avait aussi fini par déposer un voile opaque sur son regard, déformant ainsi sa vision de la réalité.
Sans un mot, Eileen regarda sa camarade lorsqu’elle se leva et s’éloigna du banc de quelques pas. Son discours était aussi incandescent que le brasier qu’elle souhaitait voir s’embraser. Plus Alice parlait, plus la châtain commençait à la comprendre. Ce n’était pas seulement la colère qui animait la Sangblanc, mais aussi la conviction qu’elle seule était capable de mener cette lutte, que personne d’autre d’elle n’était prêt à s’y consacrer entièrement.
Et c’était là qu’elle se trompait.
Elle n’était pas seule. Elle ne l’avait jamais été. Le MERLIN n’en avait-il pas été la preuve ?
Un léger silence s’installa entre les deux jeunes femmes. Le regard d’Eileen quitta le visage de sa camarade le temps d’un instant, trouvant refuge dans le feuillage verdoyant des arbres au loin.
Après une longue expiration, Eileen reporta son attention sur la jeune Sangblanc, « Tu te trompes sur une chose, Alice, » reprit-elle, la voix toujours étonnement douce. « Il existe des personnes qui se battent autrement, en silence. Ce n’est pas parce qu’on ne les voit pas qu’elles n’existent pas. Ça ne fait pas pour autant d’elles des lâches. »
Ses yeux bleus ne quittèrent plus les orbes argentés d’Alice.
« Elles refusent simplement que le feu de leur rage ne les dévore avant d’avoir eu le temps de s’en servir. »
L’Irlandaise pensa aussitôt à ceux qui, comme elle, agissait sous le couvert de l’ombre et de la clandestinité. Non pas par couardise, mais parce que leur survie conditionnait la poursuite de leur combat.
« Les flammes éclairent autant qu’elles détruisent, elles guident autant qu’elles consument. C’est à nous de choisir ce que nous sommes prêt à détruire pour espérer voir se lever un jour meilleur. »
Pour la première fois depuis qu’Alice l’avait rejoint dans ce coin isolé du domaine de la GEAD, sa voix se fit plus grave et son regard plus dur.
« Ne te consumes pas avant d’avoir vu les fruits de notre combat. »
« Free will does exist, it's just fucking hard.»
Étudiante à la GEAD - Membre de l’UDS [#601070]
Étudiante à la GEAD - Membre de l’UDS [#601070]
Place des grandes Femmes
Le silence s'était installé entre les jeunes femmes, poisseux de virulence et de non-dits qui ne demandaient qu’à être vomi. Alice n’avait pas peur de brûler, pas plus qu’elle ne craignait de finir seule dans ce combat désespéré. Tout était déjà bien trop dur, pourquoi devrait-elle vivre le fracas de la déception en voyant ses flammes dévorer une autre qu’elle. Une autre, oui, car Alice savait qu’un homme ne serait jamais assez solide pour supporter ses fardeaux.
Eileen reprit la parole pour oser dire à Alice qu’elle se trompait. La douceur présente dans sa voix n’aurait su calmer la violence qu’avait soudain ressenti la française. Peut-être n’en montra t-elle rien, peut-être exsudait-elle déjà de colère, elle n’aurait su dire. Circée, rien n’allait. Les propos d’Eileen lui rappelaient ceux qu’avait eu un jour Tante Élise pour répondre à la véhémence d’une Alice agacée par la passivité d’une Loewy ou autres directeurs de grandes et fameuses écoles face à ce qui était arrivé dans les heures les plus sombres de l’époque contemporaine sorcière. : « tout les plus grands combats ne se déroulent pas toujours sous nos yeux”. Des inactions cachées derrières de jolies tournures de phrase. Ils se mentaient. Tous autant qu’ils étaient, ils se mentaient. Ou peut-être pas ? Peut-être pensaient-ils sincèrement agir dans l’ombre, en silence. Mais en ce cas, chacun d’entre eux étaient d’une inefficacité affligeante.
Alice ne détournait pas le regard d’Eileen, sa gorge étranglée par une colère teintée d’angoisse. Elle détestait ce qu’elle entendait. Elle détestait sentir qu’Eileen cherchait à la convaincre qu’un feu froid valait mieux qu’un feu incandescent. Tu as tort, crevait-elle de dire. Mais Alice n’en fit rien, bien éduquée. Elle ne couperait pas la parole. Elle laisserait Eileen vomir des inepties. Le feu de la rage, Circée ! La rage est flamme. La rage est brasier destructeur. La rage dévore. C’est pour cette raison que la rage demeure et demeurera à jamais le plus précieux des poisons. Sans elle, pas de volonté. Sans volonté, pas de combat. Et sans combat, une multitude de petits êtres convaincus que se cacher des flammes est une solution face à l’injustice qui dévore la Grande-Bretagne.
Alice ferma les yeux. Elle prit une longue, si longue inspiration. Ses doigts avaient abandonnés ses longues boucles blanches pour tenir sa nuque.
« Notre combat ? » répéta Alice.
Ses grands yeux s’ouvrirent à nouveau. Son menton dressé, Alice confronta Eileen d’un regard qu’elle détestait sentir méprisant.
Un rire jaune franchit la barrière de ses lèvres, bref, comme un sifflement de serpent. Son visage se détourna de celui d’Eileen. Elle déglutit, alors que sa main remontait dans ses cheveux, mais seulement pour les remettre bien en place. Avec grand peine, Alice se retint de cracher son venin. Un venin qu’elle refusait d’avoir envers Eileen. Elle ne le méritait pas.
« Il est trop tard pour faire preuve de prudence et de retenue », dit-elle finalement d’une voix étranglée. Elle se refusait à une nouvelle montée de rage. « Pendant que vous combattez avec des flammes qui ne brûlent pas… eux nourrissent les leurs. Et celles-ci guident autant qu’elles détruisent. Je ne serai pas du côté des cendres, et j’espère que ce ne sera pas ton cas également. »
Eileen reprit la parole pour oser dire à Alice qu’elle se trompait. La douceur présente dans sa voix n’aurait su calmer la violence qu’avait soudain ressenti la française. Peut-être n’en montra t-elle rien, peut-être exsudait-elle déjà de colère, elle n’aurait su dire. Circée, rien n’allait. Les propos d’Eileen lui rappelaient ceux qu’avait eu un jour Tante Élise pour répondre à la véhémence d’une Alice agacée par la passivité d’une Loewy ou autres directeurs de grandes et fameuses écoles face à ce qui était arrivé dans les heures les plus sombres de l’époque contemporaine sorcière. : « tout les plus grands combats ne se déroulent pas toujours sous nos yeux”. Des inactions cachées derrières de jolies tournures de phrase. Ils se mentaient. Tous autant qu’ils étaient, ils se mentaient. Ou peut-être pas ? Peut-être pensaient-ils sincèrement agir dans l’ombre, en silence. Mais en ce cas, chacun d’entre eux étaient d’une inefficacité affligeante.
Alice ne détournait pas le regard d’Eileen, sa gorge étranglée par une colère teintée d’angoisse. Elle détestait ce qu’elle entendait. Elle détestait sentir qu’Eileen cherchait à la convaincre qu’un feu froid valait mieux qu’un feu incandescent. Tu as tort, crevait-elle de dire. Mais Alice n’en fit rien, bien éduquée. Elle ne couperait pas la parole. Elle laisserait Eileen vomir des inepties. Le feu de la rage, Circée ! La rage est flamme. La rage est brasier destructeur. La rage dévore. C’est pour cette raison que la rage demeure et demeurera à jamais le plus précieux des poisons. Sans elle, pas de volonté. Sans volonté, pas de combat. Et sans combat, une multitude de petits êtres convaincus que se cacher des flammes est une solution face à l’injustice qui dévore la Grande-Bretagne.
Alice ferma les yeux. Elle prit une longue, si longue inspiration. Ses doigts avaient abandonnés ses longues boucles blanches pour tenir sa nuque.
« Notre combat ? » répéta Alice.
Ses grands yeux s’ouvrirent à nouveau. Son menton dressé, Alice confronta Eileen d’un regard qu’elle détestait sentir méprisant.
Un rire jaune franchit la barrière de ses lèvres, bref, comme un sifflement de serpent. Son visage se détourna de celui d’Eileen. Elle déglutit, alors que sa main remontait dans ses cheveux, mais seulement pour les remettre bien en place. Avec grand peine, Alice se retint de cracher son venin. Un venin qu’elle refusait d’avoir envers Eileen. Elle ne le méritait pas.
« Il est trop tard pour faire preuve de prudence et de retenue », dit-elle finalement d’une voix étranglée. Elle se refusait à une nouvelle montée de rage. « Pendant que vous combattez avec des flammes qui ne brûlent pas… eux nourrissent les leurs. Et celles-ci guident autant qu’elles détruisent. Je ne serai pas du côté des cendres, et j’espère que ce ne sera pas ton cas également. »
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050